﻿The Project Gutenberg eBook of Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves, by Paul Éluard

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Title: Les nécessités de la vie et les conséquences des rêves

Author: Paul Éluard

Release Date: February 6, 2018 [EBook #56511]
[Most recently updated: December 24, 2020]

Language: French

Character set encoding: UTF-8

Produced by: Laura Natal Rodrigues and Marc D'Hooghe

*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LES NÉCESSITÉS DE LA VIE ***




PAUL ÉLUARD

LES NÉCESSITÉS DE LA VIE

ET

LES CONSÉQUENCES DES RÊVES

PRÉCÉDÉ D'EXEMPLES

NOTE DE JEAN PAULHAN

à Paris

au Sans Pareil, 37, avenue Kléber

1921




    _DU MÊME AUTEUR_

    LE DEVOIR ET L'INQUIÉTUDE.
    Un volume in-16, avec un bois gravé de Deslinières,
    A.-J. GONON, Paris, 1917.

    POÈMES POUR LA PAIX.
    Une feuille volante, 1918.

    LES ANIMAUX ET LEURS HOMMES, LES
    HOMMES ET LEURS ANIMAUX.
    Un volume in-8 écu, avec cinq dessins d'André Lhote,
    _au Sans Pareil_, Paris, 1920.




    _L'erreur singulière de Victor Hugo, de Stéphane Mallarmé
    et de Madame Mathieu de Noailles nous peut donner à penser,
    plus loin, que les mots, loin qu'ils portent goût, odeur
    ou musique, le sens même ne leur est pas une propriété
    tellement assurée qu'ils ne la laissent aller aussitôt que
    l'écrivain les néglige, ou les accueille sans brutalité
    d'esprit, ou bien encore ne tient pas compte de leurs
    veines, fil et sorte particulière de résistance. Pour les
    proverbes, exemples et autres mots à jamais marqués d'une
    première trouvaille, combien ce vide autour d'eux les fait
    plus absurdes et purs, pareillement difficiles à inventer, à
    maintenir. J'aime que Paul Éluard les reçoive tels, ou les
    recherche. Ensuite commencent ses poèmes._

                                                 Jean PAULHAN.





                               EXEMPLES





                            QUATRES GOSSES


                        Le gourmand dépouillé,
                          Gonflant ses joues,
                          Avalant une fleur,
                       Odorante peau intérieure.
                             Enfant sage,
                               Sifflet,
                        Bouche forcément rose,
                  Bouche légère sous la tête lourde,
                          Un a dix, dix a un.
                              L'orphelin,
               Le sein qui le nourrit enveloppé de noir
                           Ne le lavera pas.
                                 Sale
                   Comme une forêt de nuit d'hiver.
                                 Mort,
           Les belles dents, mais les beaux yeux immobiles,
                                Fixes!
                        Quelle mouche de sa vie
                  Est la mère des mouches de sa mort?




                             AUTRES GOSSES



                              Confidence:
                    «Petit enfant de mes cinq sens
                          Et de ma douceur.»
                          Berçons les amours,
                    Nous aurons des enfants sages.
                           Bien accompagnés,
                Nous ne craindrons plus rien sur terre,
                     Bonheur, félicité, prudence,
                              Les amours
                       Et ce bond d'âge en âge,
                Du rang d'enfant a celui de vieillard,
                          Ne nous réduira pas
                             (Confidence).




                                 FÊTES



                          La valse est jolie,
                Les grands élans du cœur le sont aussi.
                                 Rues,
                     Une roue valsait éperdûment.
            Des roues, des robes, des chapeaux, des roses.
                               Arrosée,
            La plante sera prête pour la fête a souhaiter.




                                MOURIR



                             Vérité noire,
                             Noire vérité.
                 On sort le mort et la maison recule.
           La pierre est dure, le mort n'est pas en pierre,
                        (Vérité déjà vieille).




                               JONGLEUR



                               Chaleur.
                         Le jour des massues,
                         Le jour des épaules,
                               Du luxe.
                        Armes devant la vitre,
                          L'armure de cristal
                          Parée de feuillage,
                           Ombrage, plumage.
              La force sépare l'homme de ce qu'il tient,
                           Ciel complaisant.
            Bientôt les yeux n'auront plus besoin des mains
                     Il pourra saisir une échelle.
                      La tête au bord du fleuve,
                       Espoir d'un seul bouquet.
                              Désespoir.




                               PROMENADE



                         Habitude de marcher,
                          Habitude de courir,
                     Terre couverte et découverte,
                       Plus petite qu'un empire,
                             Bien étendue,
                           Mienne ici et là,
                            Ailleurs aussi,
                        Avec le geste pour rire
                              De cueillir
                     Les arbres et les promeneurs,
                     Leurs ombres et leurs cannes,
                        Le sol partout divisé.




                              PROMENEURS



                               Entourée,
                      La mère, toujours la même,
                            La plus utile,
                        L'habitante, la belle,
                           L'inévitable mère
                        Et le manteau de tous.
                      Les nuages, leur contraire
                               À terre,
                    Masses lourdes, masses légères.


                          La famille mouillée
                      Malgré les arbres mouillés
                           Au bord de l'eau.
                      Les bois ont leur lumière.
                           Ombre des douces.
                              Importance.
                          La forêt au dedans
                   Et le ciel au dehors, la lumière
                               À terre.




                                OUVRIER



                  Voir des planches dans les arbres,
                    Des chemins dans les montagnes,
                     Au bel âge, à l'âge de force,
                 Tisser du fer et pétrir de la pierre,
                          Embellir la nature,
                       La nature sans sa parure,
                              Travailler.




                                BOXEUR



              Oh! et le charme d'un poing énorme, agité,
                           Ballon d'assaut.
                            Cœur bien placé
                      (Le cœur bat à sa hauteur),
                                Sauteur
                            Et non de peur.




                                DORMEUR



                 Triste, il va mourir d'étrange façon,
               Les veux tomberont dans le sac des joues,
                     Lèvres aspirées, nez étroit,
                          Espoir: il dormira.
                     Les mains, les pieds balancés
                 Sur tant de mers, tant de planchers,
                            Un marin mort,
                              Il dormira.
                  Fouets accrochés, poches, goussets,
                      La chaise est plus lourde,
                          Le sol plus étroit,
                Mais le sommeil ne compte en promenade.
                      Jeune mort, mort d'avenir.




                                DORMEUR



                    L'ombre du cœur vers le matin,
                               En hâte,
                               Au repos.
                    Rien n'enveloppe en son sommeil
                  Ce cœur plus gonflé que les vitres.
                        Ombre, nuit et sommeil.
                         Un cœur se débarrasse
                       De tout ce qu'il ignore.




                              NOCTAMBULE



                 Ciel écrasé sous l'ombre qui descend,
                          (Oubli-du-soleil),
             Les morts sans éclat sont moins vite oubliés,
                            (Ciel-disparu).
                      Les yeux sont nécessaires.
                      Moins de ciel que de terre
                    Mais savoir ou poser ses pieds,
                         (Montagne-à-grimper).
                           (Oubli-du-soleil)
                   Les paupières suffisent aux yeux,
                            (Nuit-disparue)
                    Et le sommeil connaît son lit.




                                LE CŒUR



                     Le cœur a ce qu'elle chante,
                      Elle fait fondre la neige,
                       La nourrice des oiseaux.




                                MODÈLE



                           Tant de lumières,
                   Tant de mains et tant de visages,
                    Tous ces jours parmi ces nuits,
                     Comme le ciel parmi les ailes
                             Des oiseaux!
                               Destinée.
                   L'homme, le seul, a tout trouvé.
                                Entrée.
                      Des horizons sont en scène.
                                Coulée.
                Chute de la lumière sur un dôme éteint.
                              Un désert,
           Une étoile de jour pour quelques jours seulement.




                           L'ART DE LA DANSE



              Demande dans la salle: l'heure ou l'ordre.
            Mais la danseuse aux pièces d'or, d'eau claire
                      Ne sait ni lire ni compter.


                       Aussi naïve qu'un miroir.
                         Elle n'a pas de toit,
                           RIEN QU'UN SOLEIL
                   Et l'ombre chaude sans les murs.


                     Galons d'or autour du corps,
                            Brillants crus,
                            Une fausse nue,
                      Les spectateurs ont oublié
                   Qu'elle est taillée pour danser.


                 La pluie fragile, soutien des tuiles
                   En équilibre. Elle, la danseuse,
                         Ne parviendra jamais
                          À tomber, à sauter
                            Comme la pluie.


              Vitres bleues, herbes, la pluie, danseuse,
                  La danseuse imitait les danseuses,
                   Images plusieurs fois découpées.
               Le caoutchouc tendu, le parapluie ouvert,
                Les pieds mouillés, les cheveux frisés,
                           Elle est partout,
                   Elle voyage pour ne plus voyager,
                     Elle danse de tous les cotés,
                     Dans les mains de l'aveugle,
                        Dans le miroir-gigogne,
                          AU--CŒUR--AU--CŒUR
                     Et dans la terre de sa danse,
                         Magie--magie--magie.




                               SENSIBLE



             Aux ombres débordant de la coupe trop pleine,
              Aux toits par dessus bord cachant les rues,
                      Aux arbres parmi les arbres
                     Montrer la perte d'une joie,
                  Une grimace usée jusqu'à la corde,
                             Face au sol.


                       La lumière creuse le ciel
                Et les oiseaux ne peuvent disparaître.
                      Il croit aimer les oiseaux
                     Et forme tantôt un faisceau,
               Tantôt un réseau de ses gestes en l'air.




                               MUSICIEN



                          Intelligence naïve
                        Au son des instruments
                              À musique,


                        À musique de lèvre nue,
                      Au bout de la terre connue
                           Et à l'autre bout


                            La tête perdue,
                        Les fines mains d'ici.




                                REFLETS



                  La terre, c'est la moitié de tout.
                    Enterré, c'est l'autre moitié,
                       Le surplace des étoiles,
                            Leur lendemain.




                                 ROUES



                           Roues des routes,
                       Roues fil à fil déliées.
                                Usées.




                           IMBÉCILE HABITANT



                          Visage hors saison,
                       Visage, vitre et pierre,
              Les murs de la maison me ressemblent comme
                              un masque,
                      Ils sont fixés à ma chair.


                          Le soleil développe
                       Jeune et femme et du mur
                         De peinture immobile
                         Sortent des pierres.


                 Sur les pierres, de gauche à droite,
              Un enfant est assis à côté d'un vieillard,
                              Un visage.


                               Au loin.
                                Ma mère
                      Danse comme une poussière.




                                  AH!



                Ah! Mille flammes, un feu, la lumière,
                             Une ombre!...
                          Le soleil me suit.




                                MAILLES



                          La rouge en bleue,
                          La bleue en rouge,
                                Gaîté,
                             L'eau versée
                      Les paupières l'entourent.
                    J'ai ouvert les yeux, respiré,
                              Soif-gaîté.


                          La rouge en bleue,
                          La bleue en rouge,
                                Gaîté,
                             L'eau versée
                      Les paupières l'entourent.
                    J'ai ouvert les yeux, respiré,
                              Soif-gaîté.




                                 BEAU



                          Beau avec bonheur,
                          Laid avec malheur,
                      Visible pour les aveugles.




                                SÉDUIRE



                        L'adoration des regards
           Séduit les yeux qui voient mal ce qu'ils voient.
                             Rougissante,
               Les yeux auront du plaisir sur ses joues
                 Et qu'ils en prennent pour toujours.


                 Qui la voit vierge et la sait vierge,
                           Vierge en satin,
             Connaît aussi, sous ses paupières couronnées,
                          La joie veilleuse.


                  Car la honte, toujours avoir honte,
                                 Non,
                        Mais ouvrir une maison
                      Et montrer son bon visage,
                               Celui-là.




                               SÉDUCTION



                        Le cœur est une image,
                         Le cœur est un moyen.


                      «...À l'allure distinguée.»


                             Et reprenons:
                            Fille aimable,
                       Écarquillant les doigts,
                             Tu attendais.


                       Le baiser s'est posé là,
                       Un bon baiser satisfait,
                          De haute antiquité
                         Mélange de serpents.


                      «...À l'allure distinguée.»
                               S'en va.




                              TOUT SÉDUIT



                         Acrobate des plates,
                    Amoureux des filles à l'étroit,
                 Il jette sa main et son bras sur toi,
                                 Bas,
                           Légère à prendre
                         Mais lourde à garder.




                                  UNE



           Une tristesse de mau-           Cette douce
             vais temps,les ébats          Cette belle,
             bondissants de la fu-      Assise de couleurs,
             mée et du vent, un             Tranquille
             ciel gris prêt à la      Et, surveillant le ciel,
             pluie, on dit que la      Négligeant la chaleur
             musique perd le sen-
             timent.





                                COURIR



                    Cette bouche dure, sans larmes,
                          Choisit les femmes
                        Et les yeux de couleur
                              Apprécient
                    Toujours un peu plus de chair.


                      Choisir ou tourner la tête.


                          Ce sourire de tête
                      Ajoute la chair à la chair,
                    La bonne chair à la meilleure.


                 Apprécier, pour l'orgueil de choisir.


                        Et besogne toute faite:
                               Réussir.




                               CANTIQUE



                   L'enfant regarde la nuit de haut,
                (Ne croyez pas aux avions, aux oiseaux.
                          Il est plus haut).
             Si l'enfant meurt, la nuit prendra sa place.




                                 IMAGE



                       Les gros animaux meurent
                       Et les petits s'en vont.
                          Animaux invisibles
                      Entre la terre et l'homme.




                            ENTRER, SORTIR



              La rue s'arrête ici et repart, l'inconnue.
                       La porte supprime la rue.
                          Marche sur marche,
                    Pierres tirées de bas en haut,
                     Que toute surface soit calme,
                     Que toute ligne se rejoigne.


                     Avenir. La main n'oublie pas
                     Ce que les yeux ont inventé.
                              Tête vide,
                            Tête parfaite.


                Pierres! Ce qui est enterré ressuscite,
             Ce qui est couché, fondu, se lève, se limite.
                         Avenir. Tête fermée,
                            Tête ancienne,
                               Ancienne.




                             ENFERMÉ, SEUL



                           Chanson complète,
               La table à voir, la chaise pour s'asseoir
                         Et l'air à respirer.
                              Se reposer,
                           Idée inévitable,
                           Chanson complète.




                                L'HEURE



                              Arbre vert,
                            Arbre en terre,
                                Terre.
                                À midi
                      Si le ciel est dans l'arbre
                      Le courage est en terre...


                         Du soleil aus doigts
                       (L'eau fine dans le vent)
                   Oublier tout travail qui descend.


            Mais le maître est dur comme un vol de pierres.
               Pommier aigre, des trous pour les pleurs
                             De la terre,
              L'œil et le cœur qui baigneront ces fleurs
                        Ont perdu leur saveur.




                               AIR NOIR



                     La ville cousue de fil blanc,
                     Les toits portant cheminées,
                      Le ciel parallèle aux rues,
                               Les rues,
                      La fumée sur les trottoirs,
                              TROUVAILLE.


                   Des pas les uns vers les autres,
                       Le soleil ou la lumière,
                          Souvenirs de ville,
                          L'HEURE À L'HEURE,


                      Du matin, de midi au soir,


                         Façades et boutiques,
                 Des lumières pliées dans des vitres,
                               VEILLER,


                               Ailleurs,
                    La nuit enfermée dans la nuit,
                Les chiens aboyant à la nuit des chats,
                              LA FATIGUE.




                               VIEILLIR



                            Ombre de neige,
                Cœur blanc, sang pauvre, cœur d'enfant.
                               Le jour.
           Il y a toujours le jour du soleil et le jour des
                                Nuages.
                  Le ciel, bras ouverts, bon accueil
                               Au ciel.




                                BERGER



                        L'animal comme la lampe
                     Un peu plus que l'allumette.
                      Qui le guide? Et son bâton,
                            Borne-barrière,
                           Est-il plus sûr?




                                 FINS



                 Les hommes seuls, les maisons vides.
                        Il n'y a pas d'abandon.
               Simple, trop simple et vieux, trop vieux
                          Pour être heureux.
                         Depuis sa fondation,
                     Rien ne reste dans la maison.






LES NÉCESSITÉS DE LA VIE ET LES CONSÉQUENCES DES RÊVES




LES NÉCESSITÉS DE LA VIE



    _Vrai._



    Huit heures, place du Châtelet, dans ce café où les
    chaises ne sont pas encore rangées, où la vaisselle
    opaque s'étale dans tous les coins.

    Je ne saurai jamais si je dors bien. Plus la pluie est
    fine, plus le monde est loin. Et il faudrait attendre,
    il faudrait descendre pour retrouver le soir sec, pour
    retrouver cent lumières au moins aux voitures fortes
    et justes, aux cloches des champs et, ni dans l'air,
    ni dans l'eau, tous les gracieux sillages des bonnes
    santés obscures. À la bonne heure, on n'abuse pas de la
    vie ici!




    _Les autres._



    Parpagnier?... Parpagnier?... C'est mon meilleur ami.
    Je l'admire et j'admire ceux qui lui ressemblent. Mais
    il meurt, nul ne lui ressemble plus et je l'admire
    toujours.

    Ce n'est pas l'hiver. Les déserts changent leur lumière
    et me couvrent la face. Le bel inconnu, le bel inconnu.
    Le ciel vient et me regarde dans les yeux charmeurs de
    serpents charmeurs de danseuses.




    _Les fleurs._



    J'ai quinze ans, je me prends par la main. Conviction
    d'être jeune avec les avantages d'être très caressant.

    Je n'ai pas quinze ans. Du temps passé, un incomparable
    silence est né. Je rêve de ce beau, de ce joli monde de
    perles et d'herbes volées.

    Je suis dans tous mes états. Ne me prenez pas,
    laissez-moi.

    *

    Mes yeux et la fatigue doivent avoir la couleur de mes
    mains. Quelle grimace au soleil, mère Confiance, pour
    n'obtenir que la pluie.

    Je t'assure qu'il y a aussi clair que cette histoire
    d'amour: si je meurs, je ne te connais plus.




    _Définitions._



    Boire du vin rouge dans des verres bleus et de l'huile
    de ricin dans de l'eau-de-vie allemande, horizon
    lointain.

    *

    Un homme vivant monté sur un cheval vivant rencontre
    une femme vivante tenant en laisse un chien vivant.

    *

    Une robe noire ou une robe blanche? Des grands souliers
    ou des petits?

    *

    Regarde. Là, en face, celui qui travaille gagne de
    l'argent.

    J'ai lu que «vieux malade honteux», que «fortune
    coquette à Paris» et que «cet éventail de belles
    arrêtes».

    *

    Flamme éteinte, ta vieillesse c'est fumée éteinte.

    *

    Je n'aime pas la musique, tout ce piano me prend tout
    ce que j'aime.




    _La paresse._



    J'ai jeté ma lampe dans le jardin pour qu'il voie clair
    et je me suis couché. Le bruit remuait tout au dehors.
    Mes oreilles dorment. La lumière frappe à ma porte.




    _Conséquences des rêves._



    Le château faisait le tour de la ville. Au fond, les
    habitants s'aimaient bien. En haine nécessaire et
    périodique, ils ne se passaient l'épée qu'autour du
    corps.

    LA VIE, grand-père, père et fils, trois hommes,
    d'évidence en évidence en évidence.

    Ombres sans ombres. Le soleil commença sa promenade
    dans la place. Des plantes et des fidèles
    accompagnaient son chant. Des nuages sur la tête et les
    pieds dans la poussière, grandirait-il?

    Nous, nous étions à l'ombre des anges, l'amour ancien.





LES CONSEQUENCES DES RÊVES



    Il nous a créés, nous, pour les
    ténèbres, et, pour vous, le
    jour vaut la nuit et la nuit
    le jour. (_Faust_, de GOETHE).




    _Quelques poètes sont sortis._


    À Philippe Soupault.

    Comme autrefois, d'une carrière abandonnée, comme un
    homme triste, le brouillard, sensible et têtu comme un
    homme fort et triste, tombe dans la rue, épargne les
    maisons et nargue les rencontres.

    Dix, cent, mille crient pour un ou plusieurs chanteurs
    silencieux. Chant de l'arbre et de l'oiseau, la jolie
    fable, le soutien.

    Une émotion naît, légère comme le poil. Le brouillard
    donne sa place au soleil et qui l'admire? dépouillé
    comme un arbre de toutes ses feuilles, de toute son
    ombre? O souvenir! Ceux qui criaient.




    _Si vous êtes né en automne._


    Bras nus d'homme chauve, le menton ce petit vieux et
    les yeux, vieil espoir des amoureux, il durera jusqu'à
    cent ans avec toutes les ficelles des sens.




    _En trois mots langage clair._


    Ton grave: oui, madame. D'un œil: il est né le 27
    juin. Flûté: oui, madame, oui, madame, oui, madame.
    Sous l'aile épaisse de votre langue, les mots les plus
    innocents gardent leur sens. Je ne vous donnerai pas
    mes vierges. Elles sont toute ma fortune. Il n'est pas
    question d'existence impossible. Étalez-vous.

    Avec un peu d'eau comme une étoile dans la main. La
    direction, les méandres, les écarts, l'inévitable
    labyrinthe, puisqu'il le faut, je vous conduis au
    sommet des cieux, des vœux, des bras tendus vers Dieu,
    je vous montre ce qui nous soutient, comme une jambe,
    aussi puissante qu'un litre d'alcool. Regardons-nous.

    Ce que je vous raconte, petits enfants d'âge, a pour
    bornes vos yeux, vos dents, vos mains, votre nez et vos
    pieds. Oui, madame.




    _Rendez-vous. n'importe où._


                                              À T. Fraenkel.

    Il y a tant de belles choses que je sacrifie, par exemple:

    l'intelligence merveilleuse des femmes aux yeux cernés,

    l'_espoir_ du miracle des photographes, le froid quand vient l'été,
    je plaisante,
    je plaisante.
    (l'orateur commença par déclarer qu'il n'avait
              absolument rien à dire.)




    _Public._


    Fils de nourrice, enfant de course, enfant intelligent,
    femme du monde inconnu, ma belle enfant, tu
    glisses (fleur fanée, péché mortel),
    petite? dans l'herbe morte, chaleur morte,
    fils soumis, une fois le bambin, les jeux, l'indécence,
    je joue du vieil ami, je joue du monologue,
    je joue du paysan.



     _Chez soi._


    La porte légère. Le voleur a tout pris. Il ne faut
    pas mourir. Il n'y aurait dans la maison que la porte
    légère ouverte. Ici ou au bout de la rue, la lumière
    est la même, moi aussi.




    _Seul, l'unique._


    Règne rose, bonds légers, tirer des herbes parfumées
    de ce qui m'entoure, règne rose plaine rose règne.
    J'achète très cher l'invisible richesse. La lumière
    s'est levée avec le rideau. Tous les jours: matinée.
    La lumière, aussitôt: ce qui ne se dit plus: qu'une
    femme est nue, car les femmes, avant les hommes, sont
    transparentes. Qui ne les voit plus? La lumière, la
    seule reine qui comprenne la plaisanterie. Il n'y en
    a pas dix, ni deux, ni trois, il n'y en a qu'une pour
    dire si bien qu'il n'y a rien à dire.




    _S'ils n'étaient pas morts._


    Ceux qui meurent sont légers, ils s'étendent et ne
    peuvent plus tomber. Pour dire qu'ils sont comme le
    vent du nuage...

    Fleurs d'avril, fleurs de mai, fleurs de juin, fleurs
    de juillet, fleurs d'août, fleurs de septembre, elles
    s'attendent dans le jardin, poudre de fleurs, les yeux
    dans une absence de sang, quel bonheur!

    Ombres creuses, ombres vides, ombres transparentes,
    ombres de l'imagination, au lieu des dix doigts tenant
    dix ailes de plumes pour toujours.




    _Ami? Non ou Poème-Éluard._


                                           À Jean Paulhan.


    Notre réunion est aussi pure que les verres de la table
    avant le repas.

    Nous sommes nombreux.

    Nous ne chantons pas, nous ne rions pas, nous ne
    pleurons pas.

    Nous parlons peu.

    Nous ne faisons des gestes qu'en rêve.

    Nos yeux sont noirs chez l'un, bleus chez l'autre, gris
    chez moi,

    Mais il est nécessaire.

    Nécessaire que nous ne nous connaissions pas.





    _Sans musique_

    Les muets sont des menteurs, parle.
    Je suis vraiment en colère de parler seul
    Et ma parole
    Eveille des erreurs,

    Mon petit cœur.




    _Jour de tout._


    Empanaché plat, compagnie et compagnie a la parole
    facile, tout à dire. Peur plus tiède que le soleil. Il
    est pâle et sans défauts. Compagnie et compagnie s'est
    habitué à la lumière.

    Est-ce avoir l'air musicien que d'avoir l'air des
    villes? Il parle, roses des mots ignorés de la plume.

    Et je me dresse devant lui, comme le mât d'une tente et
    je suis au sommet du mât, colombe.




    _L'espace._


    L'humble église que j'apprécie à sa valeur, personne,
    le chanteur se fait apprécier de la façon la plus
    flatteuse.

    Les plus difficiles sont morts. Ce fléau règne encore.
    Des milliers et des milliers ont vécu ici, à la
    porte--et des artistes--du glorieux édifice.




    _Le grand jour._


                                      À Gala Éluard.

    Viens, monte. Bientôt les plumes les plus légères,
    scaphandrier de l'air, te tiendront par le cou.

    La terre ne porte que le nécessaire et tes oiseaux de
    belle espèce, sourire. Aux lieux de ta tristesse, comme
    une ombre derrière l'amour, le paysage couvre tout.

    Viens vite, cours. Et ton corps va plus vite que tes
    pensées, mais rien, entends-tu? rien, ne peut te
    dépasser.




    _Force._


    Ses mains, ce sont ses mains, branches sans feuilles ou
    racines d'un ciel lourd et des fleurs des autres pays,
    aussi claires que le joli froid.




    _Cette question._


    Tu m'as fait peur. J'en ai soudain le corps sans os.
    Où sommes-nous, mes mains fortes? Nous ne connaissions
    qu'une chanson.




    _Malice._


    On dit que la robe des robes partout se pose et se
    repose, que la toilette est aux yeux du dimanche, que
    le repos suit la pente des bras.

    Toilette fine pour visites, propreté chez les autres,
    robe de tenue droite avec un paquet.

    Robe mise, porte ouverte; robe ôtée, porte fermée.




    _Les noms: Chéri-Bibi, Gaston Leroux._


    Il a dû bien souffrir avec ces oiseaux! Il a pris
    le goût des animaux, faudra-t-il le manger? Mais
    il gagne son temps et roule vers le paradis. C'est
    BOUCHE-DE-CŒUR qui tient la roue et non CHÉRI-BIBI. On
    le nomme aussi MAMAN, par erreur.




    _Baigneuse du clair au sombre._


                                       À Julien Vocance.

    L'après-midi du même jour. Légère, tu bouges et,
    légers, le sable et la mer bougent.

    Nous admirons l'ordre des choses, l'ordre des pierres,
    l'ordre des clartés, l'ordre des heures. Mais cette
    ombre qui disparaît et cet élément douloureux, qui
    disparaît.

    Le soir, la noblesse est partie de ce ciel. Ici, tout
    se bottit dans un feu qui s'éteint.

    Le soir. La mer n'a plus de lumières et, comme aux
    temps anciens, tu pourrais dormir dans la mer.




    _Cachée._


    Le jardinage est la passion, belle bête de jardinier.
    Sous les branches, sa tête semblait couverte de pattes
    légères d'oiseaux. À un fils qui voit dans les arbres.




    _L'héroïne._


                                   À Marie Laurencin.

    Toujours moins forte de ceux qui l'entourent, elle
    pleure à tout perdre et elle oublie que le désespoir
    l'amuse.

    Maintenant. Quelle fourrure est plus belle qu'une belle
    chevelure? Pourtant, elle garde la bête sur son visage.

    Et ne sourit pas n'importe où.




    _Comédienne._


                     À André Breton et Philippe Soupault.

    Porte-malheur d'avoir brisé le miroir de tristesse aux
    nombreux personnages, aventure de ne plus déplaire.
    Plaire, est-il besoin de garder ce visage?

    De ses rides debout près de sa bouche assise, elle
    couvre l'étendue de son malheur. Un autre jour, elle
    choisirait cet autre, cet autre près d'elle. Est-il
    besoin de garder ce malheur qui ne déborde pas et ce
    chagrin plus lourd que les deux mains?




    _L'inévitable._


    La maison, abri des autres maisons, ces maisons cachées
    autour des enfants à la promenade.

    La route est certainement plus claire qu'elle ne le
    devrait et je m'assieds plus bas que les cailloux trop
    durs, sur un tissu d'armes longues aussi molles qu'un
    mur de plume... Sur l'eau libre et mouvante dont l'iris
    fond ou s'entoure d'ailes.

    Par un soir d'été.




    _Berceuse._


                                           À Cécile Éluard.

    Fille et mère et mère et fille et fille et mère et mère
    et fille et fille et mère et mère et fille et fille et
    mère et mère et mère et fille et fille et fille et mère.




    _Le joueur._


                                          À Louis Aragon.

    Je plie d'abord mes mains, je réfléchis, je te donne
    mes mains, je réfléchis, je te donne un trésor qui peut
    brûler, je le laisse brûler. Nous nous aimons, j'en
    suis sûr et je n'en ai aucun souci, je réfléchis.




    _Le roi._


    Lourd de tête, gros et grand de cette heure à l'heure
    des autres, de sa mort à la mort des autres, de la tête
    aux pieds.




    _L'argyl'ardeur._


    Le temps ne passe pas. Il n'y a pas: longtemps,
    le temps ne passe plus. Et tous les lions que je
    représente sont vivants, légers et immobiles.

    Martyr, je vis à la façon des agneaux égorgés.

    Ils sont entrés par les quatre fenêtres de la croix. Ce
    qu'ils voient, ce n'est pas la raison d'être du jour.




    _L'aube._


                                         À Tristan Tzara.

    L'aube tombée comme une douche. Les coins de la salle
    sont loin et solides. Plan blanc. Aller et retour sans
    mélange, dans l'ordre. Dehors, dans un passage aux
    enfants sales, aux sacs vides et qui en dit long, Paris
    par Paris, je découvre. L'argent, la route, le voyage
    aux yeux rouges, au crâne lumineux. Le jour existe pour
    que j'apprenne à vivre, le temps. Façons-erreurs. Grand
    agir deviendra nu miel malade, mal jeu déjà sirop, tête
    noyée, lassitude.

    Pensée au petit bonheur, vieille fleur de deuil, sans
    odeur, je te tiens dans mes deux mains. Ma tête a la
    forme d'une pensée.




    _Premier tourment._


    Les femmes grosses ne sont pas seulement celles
    que vous imaginez fragiles, tout objet fragile est
    automatique et maigre. Maigre et gros se prononce bien,
    une femme malheureuse pour finir, une seule femme sans
    suite, une femme heureuse.




    _Vrai._


    Si son cœur ne l'endort pas, il tendra des pièges.
    Invisibles dessins du matin, d'une araignée du matin
    qui s'endort.




    _Dernier tourment._


    Dans sa cage, millette et billette et trillette,
    l'oiseau toute la journée mange et chante. Miroir et
    beauté. La terre est sous la cage. Graines en fuite:
    marguerites. Des heures, un chant sans plumes, presque
    des ronces d'os.




    _Un ami._


    Évidemment, s'il est monté sur la table, il a du
    mérite, il a du mérite à réparer l'horloge... Mais il
    la brise.

    Trois heures... Il attend. Il a peur. Il n'a pas encore
    vu son enfant. Si, parfois, oui.

    Trois heures. Musique de rien, presque tout le bruit.

    Quatre heures... Il arrive, il ouvre la porte, il entre:

    Un beau soleil qui n'est pas fleur et ne le deviendra
    pas, le reçoit.

    Cinq heures.




    _Julot._


    L'invité de Chariot--Chariot lui susurre, du bout
    des pieds, que la beauté est plutôt nuisible. Un
    gros homme, aux joues rondes. Personnage: Monsieur
    Douleur-aux-joues-rondes. Il siffle comme tous les
    trains. Il porte des bijoux et redoute certains gestes
    redoutables aux bijoux. Il ne sait pas que la parure
    ajoute le ridicule à la laideur. Il compte beaucoup
    sur les talents qui font vivre les orgueilleux: la
    nature les persuade qu'ils doivent avoir des métiers
    exceptionnels et ils ignorent tout ce que connaît
    Chariot. Julot oublie Chariot oublie Julot oublie
    Chariot oublie Julot, etc.




    _Amour._


                            À Georges Ribemont-Dessaignes.

    Tout doucement, il s'est couché sur le trottoir plat,
    Le trottoir part à toute vitesse.
    Il s'est assis par terre
    et son siège s'envole.
    Il n'espère plus de repos que sur la tête de ses
    enfants,
    Il les attend patiemment.




    _Définition._


                                       À Jacques Rigaut.

    La plus belle, sans idées, celle d'aujourd'hui rêve
    d'une autre. Fortune d'un rêve et d'un autre rêve par
    le sommeil d'un cœur à l'amour à plusieurs. Sur le
    champ, ils sont tous là.




    _Un mot dur--N° 58._


                      À Francis Picabia.

    Les petites rues sont             Tous les poètes
    des couteaux.                     savent dessiner.

        «Le bureau de poste est en face.
        --Que voulez-vous que ça me fasse?
        --Pardon je vous voyais une lettre à
        la main. Je croyais...
        --Il ne s'agit pas de croire, mais de
        savoir.»

    Le plancher des                   S'asseoir à l'aube,
    poissons.                         coucher ailleurs.







    _Montre avec décors._


                        À  René Bertrand.


    I

    Juges dont l'œil dix doigts accuse,
    Dans la lumière en bonne santé
    Un arbre ou il y a des fruits a l'endroit et des
    voleurs à l'envers.
    À son age.
    Une tache s'ouvre a l'imagination.
    Quel crime a commis sa mère?

    II

    Puis les pinceaux peignent une prison sur son
    Corps, sur le cœur,
    Une grille bien transparente.
    Il est soudain aussi fleuri qu'une poupée
    Déshabillée.
    Evasion pour deplaire.

    III

    Biais d'abord, comme à la nage.
    Il se partage la rue,
    Mais les maisons n'ont plus ni portes ni fenêtres,
    Les habitants s'ennuient
    Et comique s'inscrit sur le pain et la viande.

    IV

    Le moteur joue et perd des secondes.
    Piste noire, joues rondes,
    Les promeneurs peuvent user les promenades,
    Long rail dans la nuit rouler,
    Le domaine est ici.
    Ce n'est pas du domaine de l'évasion.
    «J'AI TRAVERSÉ LA VIE D'UN SEUL COUP.»




    _Plis._


    Régulier comme
    Mon plaisir
    Comme un gourmand
    Mon plaisir
    Le train mince
    Mon plaisir
    M'a pris où
    Mon plaisir
    Les lois les lois
    Mon plaisir
    Ou d'autres lois
    Mon plaisir
    Ou la poudre
    Mon plaisir
    Légère sans limites
    Mon plaisir
    Tout m'est égal.




    _Faites parler._


    Les brises se séparent et, fruits de ta faiblesse, les
    oiseaux se séparent. Un grand nuage blanc s'est abattu
    sur toi. Tu vis dans la fumée sans la voir. Mais tu
    pourrais être en verre, au soleil, et l'ignorer.




    _L'ami._


                        À René Hilsum.

    La photographie: un groupe.
    Si le soleil passait,
    Si tu bouges.


    Fards. À l'intérieur, blanche et vernie,
    Dans le tunnel.
    «Au temps des étincelles
    On débouchait la lumière.»
    Plus tard.


    Postérité, mentalité des gens.
    La bien belle peinture.
    L'épreuve, s'entendre.
    L'espoir des cantharides
    Est un bien bel espoir.




    _Meilleur._


    Boules creuses, boules de verre,
    On ne voit rien au travers
    Qu'une tête ramassée,
    O! Boules lumineuses!
    Roulant de ciel en ciel
    Avec ma tête heureuse.




    _Meilleur jour._


    Blanche éteinte des souvenirs,
    Dressée sur des fleurs avec les fleurs,
    Dressée sur des pierres avec les pierres,
    Perdue dans un verre sombre,
    Etalée, étoilée avec ses larmes qui fuient.
    Appreciation: _Rayonner de "rayonner" comme aimer_
    _d'"aimer_".




    _Simples remarques._


                                        À André Breton.

    Les Jardins de la rue       L'habit de la grande
    sont fermés, les Chutes     famille fait peur à
    de soleil sont condamnées,  l'homme trop petit pour
                                l'endosser.

    Une bouiteille de vin,
    Un verre d'eau,
    Deux paires de lunettes,
    Une douzaine de chemises,
    Beaucoup de peine,
    Un peu de beurre.

    mais je marie demain       mais les lampes bleues
    l'ombre de mes pieds à     d'un ciel de juillet sont
    celle de mon père.         les filles de mes filles.




    _Plusieurs enfants font un vieillard._

    et la satisfaction d'un vieillard
    je me promènerai  +  je me promène +
    je me promenais + je me suis promené
                  Je vis
            J'ai vécu comme toi




    _Déclaration._[1]


    POIDS PUBLIC, rencontre d'un homme et d'un
    homme, d'une femme et d'un homme.
    Les voyous inspirateurs sont ailleurs.
    Ils ont abandonné un homme, encore ne tient-il
    qu'à un fil.
    Au point de vue santé: absent, sur l'oreiller
    creux: présent, dans la maison: paresseux et dans
    la rue: perdu pour tout le monde,
    POUR L'OR DES RUES,
    POUR les regards en l'air POUR ce qui n'existe
    plus.


[1] Toutes les variétés du mot _intérêt_, si agréables ou
désagréables qu'elles soient, naissent en même temps.




_Le mien,_

_Gala, c'est dire est à toi._




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LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from. If you
received the work on a physical medium, you must return the medium
with your written explanation. The person or entity that provided you
with the defective work may elect to provide a replacement copy in
lieu of a refund. If you received the work electronically, the person
or entity providing it to you may choose to give you a second
opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If
the second copy is also defective, you may demand a refund in writing
without further opportunities to fix the problem.

1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO
OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT
LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of
damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement
violates the law of the state applicable to this agreement, the
agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or
limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or
unenforceability of any provision of this agreement shall not void the
remaining provisions.

1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in
accordance with this agreement, and any volunteers associated with the
production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm
electronic works, harmless from all liability, costs and expenses,
including legal fees, that arise directly or indirectly from any of
the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this
or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or
additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any
Defect you cause.

Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of
computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It
exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations
from people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future
generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see
Sections 3 and 4 and the Foundation information page at
www.gutenberg.org

Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by
U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the
mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its
volunteers and employees are scattered throughout numerous
locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt
Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to
date contact information can be found at the Foundation's web site and
official page at www.gutenberg.org/contact

For additional contact information:

    Dr. Gregory B. Newby
    Chief Executive and Director
    gbnewby@pglaf.org

Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment. Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements. We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance. To SEND
DONATIONS or determine the status of compliance for any particular
state visit www.gutenberg.org/donate

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations. To
donate, please visit: www.gutenberg.org/donate

Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project
Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be
freely shared with anyone. For forty years, he produced and
distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of
volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in
the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not
necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper
edition.

Most people start at our Web site which has the main PG search
facility: www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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