Project Gutenberg's Dictionnaire rotique moderne, by Alfred Delvau

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Title: Dictionnaire rotique moderne

Author: Alfred Delvau

Release Date: March 16, 2014 [EBook #45150]

Language: French

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Note de transcription:

Les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges.
Il y a une note plus dtaille  la fin de ce livre.




    DICTIONNAIRE
    ROTIQUE

    dition imprime exclusivement pour les membres de la
    _Biblio-Aphrodiphile Socit_, et non mis dans le commerce.




[Illustration: frontispice]




    DICTIONNAIRE ROTIQUE
    MODERNE

    PAR

    UN PROFESSEUR DE LANGUE VERTE

    (Alfred Delvau)

    _Nouvelle dition, revue, corrige
    considrablement augmente par l'auteur
    et enrichie de nombreuses citation_

    [Illustration]

    BALE
    IMPRIMERIE DE KARL SCHMIDT




[Illustration]

AUX ESPRITS LIBRES


_Quand nous sommes entre nous, en petit comit, nous n'avons pas
besoin de nous gner; aussi arrive-t-il souvent, comme dit Gresset
dans son_ Vert-Vert, _que les_ f., _les_ b. _voltigent sur notre bec.
Quand quelqu'un nous ennuie, nous lui disons_: Tu m'entrouducutes,
va te faire foutre. _Quand nous voulons dire qu'un individu
tmoignait le dsir de se comporter avec une femme de la manire la
plus satisfaisante pour elle, au lieu de faire toute cette longue
priphrase, nous disons_: Il bandait comme un carme. _Quand nous
voulons exprimer tout le contraire, nous disons que c'est_ un vit
mollet, un bande--l'aise. _Un homme qui a du courage est_ un homme qui
a des couilles au cul, _etc._

_Pour un tranger, tout cela est de l'hbreu. Il faut un dictionnaire
pour comprendre les mots en usage; mais ne comptez pas sur celui de
l'Acadmie, 6me et dernire dition; MM. les acadmiciens n'ont pas
assez de couille pour avouer de pareils termes. Il faut quelques hommes
d'esprit suprieur qui se dvouent._

_Pour la langue franaise, nous avions dj le dictionnaire intitul:_
Erotica verba _de M. de L'Aulnaye; ce dictionnaire se trouve  la
suite de l'dition de Rabelais publie par Desoer en 1820. Il est
certainement trs utile, mais il ne donne pas beaucoup d'expressions
contenues dans d'autres auteurs contemporains de Rabelais ou plus
modernes que lui. M. Auguste Scheler, l'rudit distingu, le savant
bibliothcaire du roi des Belges, crut devoir, pour ce motif, refaire
 nouveau ce dictionnaire, et il publia en 1861, sous le pseudonyme
de Louis De Landes, son_ Glossaire rotique de la langue franaise
(_Bruxelles, pet. in-8o de XII 396 p._).--_Notre excellent et spirituel
ami Alfred Delvau voulut aussi refaire  nouveau ce travail; car
lui, il avait eu le courage de descendre dans les bas-fonds sociaux,
dans les bordels, dans les bastringues, dans les halles. L, il
avait recueilli nombre d'expressions pittoresques inconnues  ses
devanciers. Il publia la premire dition de son Dictionnaire en 1864.
Tire  petit nombre, elle fut promptement enleve. Elle donna lieu 
de nombreuses contrefaons et  de fort mauvaises imitations. Delvau
cependant avait prpar une seconde dition de son oeuvre, plus chtie
et plus complte que la premire, lorsque la mort nous l'enleva, en
1867. Nous recueillmes ses paves avec soin, et nous en faisons faire
aujourd'hui,  petit nombre, une impression soigne pour les esprits
libres et clairs._

_Delvau n'a pas eu le temps de faire une nouvelle prface pour sa
nouvelle dition; nous allons, en consquence, reproduire simplement
la judicieuse_ Introduction _de sa premire dition. Nous la ferons
suivre du remarquable_ Avant-propos _plac par M. Auguste Scheler  la
tte de son_ Glossaire rotique. _Enfin, nous ajouterons, rivalisant
avec les deux prcdentes, la prface place par Moncrif  la tte
du_ Recueil du Cosmopolite; _c'est l'une des plus spirituelles pices
de cet ingnieux crivain, et en mme temps une des plus rares et qui
a rapport au sujet dont nous nous occupons: la petite rvolte de la
libert de l'esprit contre les prjugs plus encore que contre les
conventions sociales_.


_Un mot encore, et nous terminons. Dans la nouvelle dition, on
remarquera que l'auteur s'est rellement born cette fois au langage
moderne et qu'il n'est pas remont plus haut que Marot et Rabelais._

_Il a nglig beaucoup de fantaisies niaises, prtentieuses et
inusites de quelques auteurs modernes, comme Nerciat, Rtif, la_ Tour
du Bordel, _ou d'argots de voleurs, de chiffonniers, etc.; par exemple,
les mots_ inir (_de Nerciat_) hubir (_de la Tour_), pante, sinve (_qui
se trouvent dans le dictionnaire d'argot de Larchey_), _etc._

_Enfin, il a supprim quelques mots qui se retrouvent dans les
dictionnaires franais usuels:_ libidineux, lascif, impudicits,
tendron, autel de la volupt, calice, _etc. C'tait superflu 
rpter._




INTRODUCTION

(1re dition du _Dictionnaire rotique_.)


_Aucun crivain, jusqu' ce jour, ne s'est senti assez franc du collier
ni assez ferme des rognons pour entreprendre la publication d'un_
Dictionnaire rotique _complet; publication juge ncessaire cependant
par tout le monde, par les gourmets aussi bien que par les goinfres,
par les lettrs aussi bien que par les simples curieux_.


_Ce que nous avons sur la matire est bien peu de chose: le_ Glossarium
eroticum lingu latin _de Pierrugues, le_ Dictionnaire franois
contenant les mots et les choses _de Richelet, le_ Dictionnaire d'amour
_de Dreux du Radier, celui de Sylvain Marchal, celui de Girard de
Propiac, et enfin le_ Glossaire rotique de la langue franaise _de
M.***_ (_dit Louis De Landes_). _En apprenant, il y a trois ans, la
publication de ce dernier ouvrage, j'allais renoncer  continuer
le mien, que je supposais ds lors inutile; une rapide lecture me
dtrompa: le_ Glossaire rotique _de M.*** n'est autre chose que
les_ Erotica verba _du 3e volume de Rabelais, dition Desoer,--avec
cette diffrence que les_ Erotica verba _tiennent dans une trentaine
de pages et que M.*** les a dlays dans un fort volume in-12. Mais
les expressions modernes, mais les mots pittoresques, ns d'hier,
qui servent d'tiquettes aux choses de la coucherie, de l'amour et de
la polissonnerie, qui a eu la patience de les colliger et le courage
de les nomenclaturer? Personne. La littrature contemporaine compte
assurment nombre d'excellents esprits trs dignes de mener  heureuse
fin une oeuvre de l'importance et de la nature de celle-ci: il n'en est
pas un seul qui ait os emboucher le clairon de l'mancipation, pas un
qui soit parvenu  se dmailloter,  se dbarrasser de ses langes et de
ses lisires. Ce sont en effet de si grands seigneurs que les prjugs!
de si grandes dames, les conventions! Songez donc: appeler les choses
par leur nom,--la grosse affaire!_

_Pour moi, qui n'ai pas la vaine superstition du langage, et qui, au
contraire, possde au suprme degr la haine, presque le dgot de la
feuille de vigne que les hypocrites placent sur leurs discours--comme
les vieilles femmes un couvercle sur leur pot de chambre,--j'aborde
rsolment le taureau par les cornes, et j'essaie de faire,  mes
risques et prils, ce que personne jusqu'ici n'a eu le courage de
tenter. Car il est bien entendu que je compte pour rien le prtendu_
Glossaire rotique de la langue franaise _de M.***,  qui une pudeur
inexplicable a fait prendre la prcaution--inutile--de s'abriter
derrire un pseudonyme_.

_Ce qui m'a guid dans cette intressante besogne,  laquelle j'ai
consacr de nombreuses veilles et pour laquelle je ne demande aucune
rcompense,--m'en tant dj dcern une  moi-mme,--ce n'a pas t de
donner satisfaction aux curiosits malsaines des libertins, vieux ou
jeunes, qui se jettent sur les livres obscnes comme les mouches sur
des rayons de miel: j'ai trop le respect de moi-mme pour descendre
 une aussi purile infamie, quelque haut prix qu'elle rapporte 
son auteur. Le mtier de masturbateur intellectuel peut avoir des
avantages prcieux pour les gens qui croient, avec Vespasien, que
l'argent ne pue point; mais comme je ne me sens pas le moins du monde
port  l'exercer, je ne l'exerce pas. Mes vises sont plus hautes et
mes habitudes d'esprit moins malpropres. J'ai le style gaillard, mais
l'intelligence chaste._

_La langue franaise tant, de l'avis de Voltaire, une gueuse fire
 qui il faut faire l'aumne malgr elle, j'ai voulu essayer de
glisser dans la poche de son Dictionnaire lgal, si pauvre, la plupart
des expressions du Dictionnaire interlope, si riche, que je publie
aujourd'hui, malgr ses imperfections involontaires et ses omissions
invitables. Je me suis fait le saint Vincent de Paul des nombreux mots
orphelins qui grouillent dans le ruisseau, des nombreuses expressions
vagabondes qui se morfondent depuis si longtemps  la porte du
Dictionnaire de l'Acadmie, et je leur ai construit,  mes frais, un
petit hospice en attendant qu'on songe  les admettre dans le grand._

_Ce qui se parle doit s'crire, et tout doit se parler--mme devant
les jeunes filles. Les mots ne sont pas ordes, ce sont les penses
qui sont sales. La lecture de l'Artin et la vue des priapes du Muse
secret de Naples sont moins corruptrices que beaucoup de romans que je
pourrais citer, et je serais mme dispos  absoudre le marquis de Sade
(assur que je suis de la parfaite innocuit de sa_ Justine_) si ce
misrable avait crit en meilleur franais: les livres dangereux sont
les livres mal faits. Le libre langage de nos pres, qui effarouche
tant de ridicules pudeurs, vaut cent fois mieux que notre phrasologie
bgueule--et en mme temps embrene d'quivoques obscnes--dont ils se
seraient si justement crevs de rire. Langue chtre, peuple castrat.
O sont nos couilles du temps jadis? Qu'a-t-on fait du franais
mdullaire, si substantiel et si savoureux, de Mathurin Rgnier,
d'Agrippa d'Aubign, d'Amyot, de Rabelais, de Montaigne, de Brantme,
et de tant d'autres crivains qui besognaient fort et dru? On l'a
remplac par le petit franais d'un tas de petits crivassiers, les uns
membres--masculs--de l'Acadmie, les autres dignes de le devenir.
Et voil pourquoi notre langue est muette, d'loquente qu'elle tait
autrefois!_

_C'est  ne s'y pas reconnatre dans cette tour de Babel moderne, o
l'on est arriv, par le bgueulisme,  la confusion du langage. Jamais
on n'a aussi mal crit, ni aussi mal parl. L'htel de Rambouillet,
qu'on pouvait croire expropri et dmoli pour cause de clart publique,
existe avec plus de locataires que du temps de la_ Guirlande de
Julie; _il y en a depuis le sous-sol jusqu'aux combles, matres et
domestiques mls, Houssaye sur Lamartine, Musset sur Murger, Mrime
sur Aubryet, Janin sur Sainte-Beuve. Ces_ Prcieuses _mles--du moins
du sexe masculin, car mles emporte avec soi une ide de vigueur que
je ne veux pas attacher au nom de ces pronnelles en culottes,--ces
Prcieuses,  l'exemple de leurs anes en jupons, fesses  tour de
bras par Molire, ont frapp de proscription tous les mots virils de
notre langue, toutes les expressions bien bties, qui avaient jadis
droit au respect gnral et qui en sont rduites aujourd'hui  faire le
trottoir, comme de vulgaires prostitues._

_Ah! que cette horreur du mot propre est bte, dangereuse--et
inutile! Qu'est indcent et saugrenu cet amour de la priphrase et
du sous-entendu qui joue dans la conversation le rle d'nigme dont
tout le monde finit toujours par trouver la clef! Vilains hypocrites!
s'crie Denis Diderot avec une indignation sincre; foutez comme
des nes dbts, mais permettez-moi de dire foutre. Je vous passe
l'action, passez-moi le mot. Vous prononcez hardiment_ tuer, voler,
trahir, _et l'autre, vous ne l'oseriez qu'entre les dents!... Il est
bon que les expressions les moins usites, les moins crites, les
mieux tues, soient les mieux sues et les plus gnralement connues.
Aussi, cela est: aussi, le mot_ futuo _n'est-il pas moins familier que
le mot_ pain; _nul ge ne l'ignore, nul idiome n'en est priv; il a
mille synonymes dans toutes les langues, il s'imprime en chacune sans
tre exprim... et le sexe qui le fait le plus, a usage de le taire le
plus._

_Que rpondraient  cela nos Prcieuses--si on les consultait? Que
Diderot tait un crivain ordurier, qui aimait les vilains mots comme
certaines gens aiment les mauvaises odeurs, et qu'aujourd'hui on le
condamnerait  deux ou trois annes de prison pour outrage  la morale
publique et aux bonnes moeurs,--sans compter deux ou trois autres
annes pour outrage  la religion catholique._

_J'y consens--pour un instant. Mais Michel de Montaigne? Oserez-vous,
pcores, dire de ce gentilhomme prigourdin ce que vous avez niaisement
reproch au fils de l'ouvrier coutelier de Langres? Montaigne a crit
la mme chose, pourtant, et tout aussi clairement: Qu'a fait l'action
gnitale aux hommes, si naturelle, si ncessaire et si juste, pour
n'en oser parler sans vergongne, et pour l'exclure des propos srieux
et rglez? Nous prononons hardiment_ tuer, desrobber, trahir; _et
cela, nous n'oserions qu'entre les dents. Est-ce  dire que moins
nous en exhalons en paroles, d'autant nous avons loy d'en grossir la
pense? Car il est bon que les mots qui sont le moins en usage, moins
escripts, et mieulx teus, soient les mieux sceus et plus generalement
cogneus..._

    Vous les appelez des ordures
    Tous ces mots qui, ruisseaux de miel,
    Coulent avec de doux murmures
    Des lvres en qute du ciel!

    Vous vous signez lorsqu'on raconte
    Ce que signifie _tre heureux!_
    Vous vous cachez le front de honte
    D'avoir joui comme des dieux!

    Vous rougissez de vos ivresses
    Lorsque vous tes dgriss,
    Et vous reniez vos matresses
    Lorsque repus de leurs baisers!

    Quel mal trouvez-vous donc  dire
    Ce qu' faire vous trouvez bon?
    Pourquoi crime un charmant dlire?
    Comment _caca_ votre _bonbon_?

    Ah! libertins de sacristie
    Dont le coeur  la bouche ment,
    Pourquoi recrachez-vous l'hostie
    Gobe  deux si goulment?

_Ce_ cant _que nous reprochons si maladroitement aux Anglais, nous
l'avons au mme degr qu'eux; nous rougissons pudiquement, jeunes
vierges  barbe, des grossirets de notre Rabelais, comme ils
rougissent, ces pucelles  favoris rouges, de leur Shakespeare. Et
plus nous allons, et plus notre cant s'aggrave--avec nos vices. Je me
rappelle encore l'motion gnrale qui accueillit, il y a deux ans,
le chapitre des_ Misrables _de Victor Hugo o s'tale superbement
la rponse nergique de Cambronne  Waterloo. C'tait un scandale 
nul autre pareil. On ne voulait pas croire  tant d'audace, et, le
nez mme sur la page o cette shockinerie se trouve dpose, avec des
commentaires aggravants tout autour, on se refusait encore  y croire.
Des cris de paon taient pousss dans les salons et dans les cafs 
propos de cette incongruit littraire. Les acadmiciens se cachaient
la face et se couvraient de cendres. Arsne Houssaye mettait un crpe 
sa houlette de berger en chambre. Madame Louise Colet prenait le voile.
Champfleury allumait des lampions sur sa fentre, au grand bahissement
des habitants de Montmartre--qui se croyaient dj au 15 aot..._

_Victor Hugo avait crit_ MERDE!

_Sans doute. Aprs? et pourquoi toutes ces clameurs de pies en dlire?
Que prouve cette sainte--et ridicule--indignation? Rien, sinon que
depuis Boileau les lecteurs franais veulent tre respects quoiqu'ils
ne se respectent pas eux-mmes. Rien, sinon que la chastet de notre
langage tmoigne surabondamment du libertinage de nos moeurs. Rien,
sinon que nous ne trouvons les mots ordes et puants que parce que nos
actions sont malsaines et nidoreuses. Rien, sinon que notre me est un
fumier sur lequel poussent les fleurs--de rhtorique. Rien, sinon qu'au
lieu de laisser aux femmes le bgueulisme des paroles, nous l'affichons
comme la feuille de vigne de l'impudicit, faisant ainsi semblant
d'ignorer que jamais la puret de l'me humaine n'a t entame par
les familiarits les plus stercorennes du langage humain. Il ne nous
manquait que cette hypocrisie-l pour tre complets!_

_Les questions morales que cela soulve sont de la plus haute
importance, et j'aurais grande joie  les examiner ici avec dtails,
afin de vider une bonne fois sur la tte d'un public botien le panier
de mes colres et de mes ironies. Mais, par malheur, la place me
manque, mon cadre me force  me borner:  peine me reste-t-il quelques
lignes._

_J'abrge donc, ne voulant d'ailleurs prouver rien autre que mon
droit  runir en corps de livre une cohue d'expressions pittoresques
auxquelles le Dictionnaire de l'Acadmie fera faire ternellement le
pied de grue, sans daigner mme entrebiller un de ses feuillets pour
en laisser entrer quelques-unes chez lui. Toutes les langues roulent
de l'or, a dit Joubert,--et l'argot d'un peuple entier est une langue,
spcialement l'argot rotique; s'il vit en marge du Dictionnaire
officiel, comme les gens qui le parlent vivent en marge de la socit
officielle, il n'en finira pas moins,  un moment donn, par se
confondre comme eux dans la circulation gnrale._

_Au reste, peu me chaut! C'est dterminment que j'ai compos le
recueil pornographique que je publie aujourd'hui, sans arrire-pense
mauvaise; non pour tenter mes contemporains du gaillard pch de
luxure,--comme le diable de Papefiguire les nobles nonnains de
Pettesec,--mais  titre seul de documents pour l'histoire de la
langue et celle des moeurs au XIXe sicle, et avec cette conviction,
solidement ancre dans ma conscience, que s'il n'est utile  personne,
 personne non plus il ne sera nuisible. Les lecteurs vraiment
chastes ne s'en sentiront pas corrompus; les lecteurs corrompus n'en
deviendront pas plus libertins._

_Je n'aurai jamais  me couper le poignet par remords de l'avoir
crit._




AVANT-PROPOS

(du Glossaire rotique)


_Il faut avoir un certain courage pour faire un livre comme
celui-ci; car, tout d'abord, la plupart des personnes qui l'ouvriront
s'empresseront de le rejeter comme un tissu d'obscnits, qu'un homme
qui se respecte n'aurait jamais d mettre au jour. Pour beaucoup de
gens, sans doute, la premire impression sera telle; mais pour ceux
qui voudront un peu rflchir, ils reconnatront bientt qu'il y a un
but utile dans cette publication; qui n'est faite ni pour les jeunes
filles, ni pour les coliers._

_Pendant plusieurs sicles, on n'attacha aucune ide malhonnte  une
multitude de mots et d'expressions qui sont actuellement bannis de la
bonne compagnie, et les hommes les plus graves les employaient sans que
personne y trouvt  redire. Peu  peu, on a trouv que certains mots
devaient tre bannis de la langue, et on les a remplacs par d'autres,
ou bien par des priphrases qui expriment, il est vrai, la mme ide,
mais en bannissant le scandale. C'est sans doute une singulire manire
de voir que de regarder un mot comme obscne, et non pas ce qu'il veut
dire; car il semblerait raisonnable de ne blmer dans un crit que
les penses qui y sont reproduites, et de ne taxer qu'elles seules
d'immoralit, sans s'attacher aux mots, qui ne sont que le moyen de
rendre les ides palpables. Mais, enfin, la coutume est ainsi tablie,
et il faut s'y soumettre, sous peine d'tre honni. Un auteur qui ne se
conformerait pas  cet usage ne serait pas lu, et, de plus, il irait
faire un tour en police correctionnelle. Aussi n'avons-nous point le
projet de vouloir rformer le monde et de changer sa manire de voir
sur un sujet qui a t trait par Bayle beaucoup mieux que nous ne le
pourrions faire._

_La manire actuelle d'crire ne doit cependant pas faire proscrire
la littrature du XIIe au XVIIe sicle, et empcher de lire des
crivains distingus, qui n'ont commis d'autres fautes que d'employer
dans leurs crits des mots dont on se servait dans toutes les classes
de la socit. Tous les dictionnaires ayant soin de bannir de leurs
colonnes les mots rprouvs, il arrive que bon nombre d'expressions
employes autrefois deviennent inintelligibles pour les lecteurs,
qui ne les entendent pas dans la conversation. Cet inconvnient se
fait surtout sentir pour les trangers, car les nationaux ont parfois
occasion de les entendre employs par le peuple. Il semble donc que la
publication d'un glossaire rotique doit tre accueillie favorablement
par tous ceux qui veulent lire notre ancienne littrature, et qui sont
dsireux de bien comprendre les crivains qui n'ont eu d'autre tort
que d'appeler un chat un chat, et qui, sous des obscnits apparentes,
ont souvent cach des leons de morale et de philosophie, que les
perscutions religieuses les empchaient de publier ouvertement._

_C'est donc  la partie srieuse des gens lettrs que nous nous
adressons, notre unique but tant de rendre plus familire la lecture
d'crivains d'un grand mrite. Certains d'entre eux, il est vrai, ont
t publis avec un glossaire spcial; mais, en gnral, il est fort
incomplet, surtout en ce qui regarde les termes rotiques. Et puis ces
explications manquent presque toujours dans les anciennes ditions, qui
sont actuellement fort recherches._

_Dans cet ouvrage, tous les mots sont imprims en entier, aucune
lettre n'tant remplace par des points; car cette coutume semble
s'loigner tout  fait du but qu'elle se propose. Que veut-on, en
effet? Que l'attention ne se fixe pas sur des mots qu'on regarde
comme dshonntes. Et, de bonne foi, est-il meilleur moyen de l'y
fixer que de ne pas imprimer le mot tout entier, puisqu'alors on est
forc de faire des efforts d'imagination pour retrouver ce qui a t
omis, tandis que s'il en tait autrement on n'y ferait que fort peu
d'attention, l'examen ne se portant que sur la pense exprime dans la
phrase qu'on lit. On croirait vraiment que ce moyen a t invent par
quelque libertin._

_Quant  l'orthographe, nous avons suivi en gnral celle qui est
adopte actuellement, celle des temps anciens tant si variable, mme
dans le mme auteur, que nous n'aurions su laquelle choisir. Seulement,
nous avons indiqu toutes les manires diverses d'orthographier le mme
mot, en renvoyant pour les explications et les citations  celui qui
est crit  la moderne._

    L'AUTEUR




PRFACE

(du Recueil du Cosmopolite)


_Il semble que la philosophie ne fasse qu' regret (pour ainsi dire)
des progrs dans l'esprit de l'homme; si elle gagne  quelques gards
aujourd'hui, elle perd si considrablement par d'autres cts, que la
compensation n'est pas gale. Les connaissances physiques prennent, il
est vrai, de jour en jour, un essor plus rapide, mais combien l'esprit
de morale n'a-t-il pas dgnr?_

_Tandis que nos philosophes s'occupent de cette attraction qui
entretient le jeu des diffrentes parties de l'univers, l'impression
consquente que doivent leur faire les mots les plus estimables de
notre langue leur chappe, ou se mtamorphose dans leur imagination,
et ces mmes mots ne prsentent presque plus, pour la plupart, le vrai
sens auquel ils avoient t attachs._

_Faut-il chercher d'autre cause de la diffrence des moeurs de ce
sicle-ci  celles des sicles passs? Sans doute, la navet avec
laquelle nos pres s'nonoient, et qu'on a depuis si injustement
qualifie du nom de langage libre, toit la base et le garant de la
puret de leurs moeurs._

_Leur faon de vivre toit aussi simple que leur langage; parmi eux,
_oui_ vouloit dire effectivement _oui_, et _non_ exprimoit exactement
_non_. Point de ces subterfuges qui sont autant de ressources pour la
mauvaise foi, et d'cueils de la solidit de l'esprit._

_La malignit des termes quivoques, d'autant plus dangereuse qu'elle
fait les dlices des petits esprits, et par consquent du plus grand
nombre, n'toit point encore connue._

_Quelle contrainte ces fausses ides qu'on attache aujourd'hui  un
grand nombre de manires de s'exprimer, n'apportent-elles pas dans la
socit? Il faut en exposer ici quelques exemples._

_Qu'une femme  qui vous parlerez d'un voyage agrable et curieux que
vous aurez fait, vous dise: Je meurs d'envie de le faire, les sots
clatent de rire, et les fausses prudes rougissent._

_Cliante se donne la torture pour mettre son gant trop troit pour sa
main; vous n'oseriez jamais lui dire: Madame, voulez-vous que je vous
le mette? ni mme: que je vous l'te? parce que notre esprit corrompu
va plus loin que les termes propres ne signifient, et qu'il suppose
que, pour l'ter, il faut l'avoir mis, et qu'il soit dedans._

_Si vous vous servez de ces termes simples, vous passez pour un sot, ou
du moins pour un mauvais plaisant._

_A peine est-il permis de dire que la Marne se dcharge dans la Seine,
ou qu'un fusil est charg._

_Nos dvots, mme de la premire classe, avoient voulu faire passer
cette rformation prtendue de style jusque dans la manire de faire
des enfants  sa femme, et trouvant une ide trop libertine, et une
faon trop peu dcente de se mettre dessus  nu, ils avoient imagin
de faire un trou chacun  leur chemise, pour oprer, disoient-ils, plus
modestement et plus convenablement le grand oeuvre de la propagation du
genre humain._

_Je laisse  juger si ceux qui en agissent ainsi n'ont pas
l'imagination plus drgle que ceux qui tout uniment se mettent
dessus, dans la simple nudit que la sage nature nous a donne._

_Avec quelque puret d'intention que vous employiez les mots d'enfiler,
remuer, branler, large, troit, se retirer et cent autres, ils
rveillent  prsent des ides licencieuses. Personne n'ignore le rire
scandaleux qu'ont excit, dans les derniers temps, ces quatre vers du
grand Corneille:_

    Dis-moi donc, lorsqu'Othon s'est offert  Camille,
    A-t-il paru contraint? A-t-elle t facile?
    Son hommage auprs d'elle, a-t-il eu plein effet?
    Comment l'a-t-elle pris? Et comment l'a-t-il fait?

_La saine raison, lorsqu'elle conduisoit les hommes, ne leur avoit
point appris  faire une distinction imaginaire d'une expression
suppose gratuitement malhonnte, avec une autre qui ne blesse point la
pudeur._

_On prononce le mot crime sans remords, comme celui de vertu sans
dification; on croit avec justice n'tre point garant des ides
opposes que l'un et l'autre prsentent. Par quel garement va-t-on
dshonorer d'autres termes, qui ont le mme droit d'tre au rang de
ceux qui composent la langue? Pourquoi les exclure de la conversation
et des ouvrages littraires, o souvent ils seraient si naturellement
amens?_

[Illustration]




[Illustration]

    DICTIONNAIRE EROTIQUE

    PAR

    UN PROFESSEUR DE LANGUE VERTE




A


ABANDONNER (S'). Se livrer compltement  un homme, lui ouvrir bras et
cuisses, lui laisser faire tout ce que lui conseillent son amour et sa
lubricit.

    _Ce n'est pas le droit naturel
    A fille de s'abandonner._

      _(Farces et Moralits.)_

    Si ma femme, impatiente de ma langueur,  autrui se abandonne.

      RABELAIS.

    _Lise, qui partout s'abandonne,
    Ne fait qu'en flatter son mari._

      THOPHILE.

ABATTEUR DE BOIS. Fouteur,--son outil tant considr comme une cogne,
et la nature de la femme,  cause de son poil, comme une fort.

    Il n'toit pas grand abatteur de bois, aussi toit-il toujours
    cocu.

      TALLEMANT DES RAUX.

    Les beaux abatteurs de bois sont, comme les rois et les potes,
    des _rar aves_.

      Baron WODEL.

    Ce Jacques tait un grand abatteur de bois remuant.

      (_Moyen de parvenir._)

    Il lui prsenta cent mille choses que ces abatteurs de femmes
    savent tout courant et par coeur.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Je me connais en gens;
    Vous tes, je le vois, grand abatteur de quilles._

      RGNIER.

ABBAYE DE CLUNIS (L'). Le cul,--de _clunis_, fesse, croupe,--une abbaye
qui ne chmera jamais faute de moines.

ABBAYE DE S'OFFRE  TOUS. Bordel, dont les victimes clotres s'offrent
volontiers  tout venant qui tient  communiquer avec elles sur l'autel
de leur dieu des jardins.

ABBESSE. Grosse dame qui tient un pensionnat de petites dames  qui on
n'enseigne que les oeuvres d'Ovide et de Gentil-Bernard: autrement dit
Matresse de bordel,--le bordel tant une sorte de maison conventuelle
habite par d'aimables nonnains voues, toutes au dieu de Lampsaque.

    _Lorsque tu vas rentrer, ton abbesse en courroux
    Te recevra bien mal et te foutra des coups._

      LOUIS PROTAT.

ABEILARD. Nom qu'on donne  tout homme qui se trouve dans le cas de cet
abb, dont il est question dans les _Contes d'Eutrapel_, lequel en ses
jeunes ans avoit perdu ses deux tmoins instrumentaires.

ABEILARDISER. Rendre un homme impuissant en le chtrant, comme fit le
chanoine Fulbert  l'amant d'Hlose.

    _D'un colonel vous courtisez la femme;
    Surpris, il vous abeilardisera._

      POMMEREUL.

ABOUCHER (S'). Avoir trouv chaussure  son pied, et mettre son pied--
moelle--dedans.

    _On veut chercher
    A s'aboucher._

      COLL.

ABOULER DE LA BRAISE. Payer une fille, lui donner le salaire du plaisir
qu'elle va vous donner--avec la vrole ou la chaude-pisse.

    a me semble tout drle d'avoir  abouler d'la braise au lieu
    d'en recevoir.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _--Ange! murmurai-je, plein d'aise
    Comme un amoureux innocent.
    --Il faut abouler de la braise,
    Me dit-elle en me repoussant._

      A. DELVAU.

ABRICOT DE LA JARDINIRE (L'). La nature de la femme,--qu'elle soit
jardinire ou princesse.

ABRICOT FENDU. La nature de la femme, qui ressemble, en effet,  ce
fruit,--ce qui permet de supposer, vu l'absence de toutes preuves
contraires, que le Paradis terrestre tait un immense abricotier.

ABUSER D'UNE FEMME. En jouir charnellement, soit de gr, soit de
force,--mais le plus souvent de gr, les femmes se plaisant  tre
ainsi abuses.

    Vous tes un infme, vous avez lchement abus de moi pendant mon
    sommeil...--Vous m'en voulez donc?...--Oui, parce qu'il fallait
    attendre que je fusse rveille.

      Baron WODEL.

ACADMIE D'AMOUR. Lieu o on va pour jouer au jeu de Vnus--et de
Mercure: en bon franais, Bordel.--Le mot se trouve dans le _Francion_
de Ch. Sorel et dans les _Aventures burlesques_ de Dassoucy.

    Allons-nous  l'Acadmie, ce soir?--Non, je ne suis pas en queue.

      J. LE VALLOIS.

ACCIDENT. Manque d'haleine dans le discours amoureux; hasard
malencontreux qui fait tomber (_accidere, ad cadere_) le membre viril
au moment mme o il devrait relever le plus orgueilleusement sa tte
chauve.

    _La malheureuse Hortense
    Vient de perdre,  Paphos,
    Un procs d'importance
    Qu'on jugeait  huis-clos;
    Son avocat, dit-elle,
    Resta court en plaidant:
    Voil ce qui s'appelle
      Un accident._

      COLL.

ACCIDENT FMININ. Avoir ses rgles. vnement _prvu_ qui arrive juste
quand une femme, ayant un ou plusieurs bons coups  tirer, donnerait
tout pour qu'il y et retard.

    Nul autre que Pinange ne m'avait enfile; peu de jours avant de
    le rendre heureux, j'avais eu mon accident fminin; il tait donc
    bien avr que ce qui allait se dvelopper dans mes flancs tait
    son paternel ouvrage.

      A. DE NERCIAT.

ACHETER UNE CONDUITE. Se ranger aprs avoir t trs drange par les
michs; pouser un seul homme aprs avoir t marie au genre humain.

    Les filles qui ont fait des conomies en suant le plus possible
    du con, peuvent seules s'acheter une conduite; il y a des
    messieurs qui ne sont pas plus dlicats que Vespasien et qui,
    comme cet empereur, prtendent que l'argent n'a pas d'odeur.

      A. FRANOIS.

ACCOINTANCES (avoir des). Commercer charnellement avec un homme
lorsqu'on est femme, avec une femme lorsqu'on est homme.

    Je supposai qu'elle avait eu des accointances avec le baron ou
    avec son laquais.

      A. LIREUX.

    _De quelque valet l'accointance
    Serait-ce bien votre dsir?_

      THOPHILE.

    _C'est qu' l'ombre du crucifix,
    Souvent faites filles ou fils,
    En accointant les belles-mres._

      G. COQUILLART.

    Il faut que quelqu'un se soit accoint que notre mnage a ainsi
    renforc.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

ACCOLADE. Baiser qui engendre l'envie de baiser,-- ce point que le
mme mot sert aux deux actions, la chaste et la libertine.

    _Une catin s'offrant  l'accolade,
    A quarante ans il dit son introt._

      PIRON.

ACCOLER. Faire l'acte vnrien,--dont le dbut est presque toujours une
accolade mutuelle.

    _Quand le jeune et charmant champion
    Accola la charmante Armide,
    Notre morpion se hta
    De gagner la fort humide
    Qui devant lui se prsenta._

      B. DE MAURICE.

    C'tait un adieu que lui disaient toutes les femmes, filles et
    garces qu'il avait accoles.

      (_Moyen de parvenir._)

ACCOMMODER UNE FEMME. La baiser convenablement de manire qu'elle ne
rclame pas-- moins qu'elle ne soit trop gourmande.

    Mon drle met pied  terre, descend la demoiselle, et l'accommode
    de toutes pices.

      D'OUVILLE.

ACCOMPLIR SON DSIR. Faire l'acte copulatif, qui est et sera
l'ternelle _desiderium_ de l'humanit--mle et femelle.

    Il disait  ses gens de la tenir par les bras, tandis que Robin
    accompliroit son dsir.

      CH. SOREL.

ACCORDER SA FLTE. Se prparer  l'acte vnrien; bander,--la pine
de l'homme tant l'instrument dont les femmes connaissent le mieux
l'embouchure et dont elles jouent le plus savamment, soit avec la
langue, soit avec les doigts, soit avec le cul.

    Allons, mon bel ami, accordez votre jolie petite flte.

      DURAND.

    _Mais Jeannot plus se dlectait
    D'accorder sa flte avec elle._

      THOPHILE.

ACCORDER SES FAVEURS. Se dit d'une femme qui ouvre son coeur, ses bras
et ses cuisses  un homme pour qu'il use et abuse de cette ouverture.

    Ne sera-ce qu'une dclaration de sentiment? Faudra-t-il lui
    accorder les faveurs?

      LA POPELINIRE.

ACCOUPLEMENT (L'). L'acte copulatif, qui accouple souvent un jeune
homme avec une vieille femme, un vieillard avec une jeune fille, un
libertin avec une presque pucelle, une bte avec un homme d'esprit.

    _A tout prix je voulus la renvoyer chez elle;
    Mais elle rsista,--ce fut mon chtiment,
    Et jusqu'au rayon bleu de l'aurore nouvelle,
    J'ai d subir l'horreur de notre accouplement._

      HENRI MURGER.

ACCOUPLER (S'). Faire l'oeuvre de chair, qui consiste dans une
conjonction de deux cratures de sexes diffrents.

    Il en est de certains hommes comme des animaux; ils n'aiment
    pas, ils s'accouplent aux femmes, qui pour eux ne sont que des
    femelles.

      Baron WODEL.

ACCROC AU MARIAGE (Faire un). Faire son mari cocu; donner une rivale 
sa femme.

    _Mais quand tu s'ras dans ton mnage,
    Faut pas pour a t' priver d'amant,
    Car les accrocs faits au mariage,
            C'est du nanan._

      E. DEBRAUX.

ACCROCHE-COEURS. Petites mches de cheveux que les femmes se collent
sur les tempes, afin de se rendre plus sduisantes aux yeux des hommes
et d'accrocher ainsi le coeur qu'ils portent  gauche--dans leur
pantalon.

    _Sur nos nombreux admirateurs
    Dirigeons nos accroche-coeurs._

      LOUIS FESTEAU.

ACCROCHER. Faire l'acte vnrien--pendant lequel l'homme est accroch
 la femme avec son pingle, qui la pique agrablement pendant quelques
minutes.

    Et elle rit quand on parle d'accrocher.

      (_Moyen de parvenir._)

    Deux minutes encore, et je l'accrochais sans vergogne sur la
    mousse.

      EM. DURAND.

ACHEVER UN HOMME. Le sucer, ou le branler, ou le faire piner
tellement, dans la mme soire, qu'il tombe puis sur le flanc comme
un lapin.--Les anciens avaient le mme verbe; ils disaient, soit:
_peragere viros_; soit: _exhaurire crebro concubitu_.

    Tu l'as reint, ton homme; encore un coup, et tu l'achveras.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ACTE. Coup tir avec une femme,--par allusion sans doute  la chemise
qu'on lve et qu'on abaisse, comme le rideau d'un thtre, avant et
aprs chaque acte. Plus il y a d'actes, plus le vaudeville amuse la
femme--qui se garde bien de siffler.

    Quand nous en arriverons  l'acte, je te prouverai, carogne, que
    les petits en ont plus gros que les grands.

      EM. DURAND.

ACTONISER. Tromper son mari.

    Une marchande qui ds le lendemain de ses noces a actonis son
    mari.

      (_Les Caquets de l'accouche._)

ACTEUR (L'). L'homme qui joue le rle d'amoureux dans la comdie  deux
personnages dont l'auteur a dsir garder l'anonyme, et qui porte pour
titre: _La Fouterie_.

    Lui, un acteur! dit la dame, qui savait  quoi s'en tenir sur le
    jeu secret du sire. C'est un cabotin vulgaire, plutt, qui s'est
    us en jouant avec des drlesses.

      LON SERMET.

    _A peine fut cette scne acheve,
    Que l'autre acteur par sa prompte arrive,
    Jeta la dame en quelque tonnement._

      LA FONTAINE.

ACTION (L'). Le jeu de la pine et du con,--qui est l'action par
excellence.

    Arrivons tout de suite  l'action, veux-tu?

      LA POPELINIRE.

    _Et puis l'action ordinaire
    Est si sale aprs la faon._

      THOPHILE.

ACTION FRQUENTE (L'). La fouterie, qui est la chose que l'on fait le
plus souvent quand on est jeune, vigoureux et bien membr.

    Il concde indulgence plnire  tous les religieux de l'ordre
    de nature, de corps vreux que la dbilit de l'ge ou l'action
    frquente causera.

      MILILOT.

ACTION HONTEUSE (L'). La fouterie, dont rougissent le plus en public
les gens qui la font le plus sans vergogne en particulier.

    L'oeil pour regarder l'action honteuse avec une chaleur vive et
    reprsenter  la personne aime l'image du plaisir de son me...

      MILILOT.

ADMINISTRER UNE DOUCHE--Faire pleuvoir le sperme dans le cul brlant de
la femme,--cette adorable folle dont nous sommes tous fous.

    _Le dieu des jardins en ce lieu
    Une heureuse douche administre._

      _(Le Cabinet satyrique.)_

    Je lui administrai une douche qui l'inonda et lui fit crier comme
     Panurge: Je _naye_, je _naye_, je _naye_!

      Baron WODEL.

ADROITE EN AMOUR (tre). Se dit d'une femme ou d'une fille qui connat
sur le bout du doigt et de la langue l'art de faire jouir les hommes.

        _Adroite en amour,
      Elle y sait plus d'un tour.
        C'est une aisance!
        Une indcence!
    L'on croit voir une femme de cour!_

      COLL.

AFFAIRE. L'acte vnrien, le membre viril de l'homme, ou le con de la
femme.

    Le grand cordelier ayant achev son affaire.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Macette, on ne voit point en l'amoureuse affaire
    Femme qui vous surpasse en traits d'agilit._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Pense que peut en cela faire
    Qui se plat  l'affaire._

      JODELLE.

    Elle disait qu'il n'y avait si grand plaisir en cette affaire que
    quand elle tait  demi force et abattue.

      BRANTME.

    _Dites-vous que l'amour parfait
    Consiste en l'amoureuse affaire._

      THOPHILE.

    _Le jeune homme puceau l'appelle son affaire._

      PROTAT.

    _Mon cher ami, j'ai l'habitude
    De me couvrir, en me baignant,
    D'un sac qui me cache et me serre
    Des pieds jusques  l'estomac...
    --Parbleu! c'est prudent, dit Voltaire,
    Et votre affaire est dans le sac._

      C. FOURNIER.

    Que voulez-vous que je vous donne pour me permettre d'arracher un
    poil de votre affaire?

      D'OUVILLE.

AFFAIRE AVEC QUOI L'HOMME PISSE (L'). La pine,--un mot que n'osent
pas avoir  la bouche les femmes qui ont le plus au cul la chose qu'il
reprsente.

    N'en as-tu pas vu quelqu'un qui pisst, et cette affaire avec
    quoi il pisse?

      MILILOT.

AFFAIRE DE COEUR. Coucherie,--_coeur_ tant mis l pour _cunnus_.

    Vous tes en affaire? me cria-t-il  travers la porte, pendant
    que j'accolais ma drlesse et la suppditais avec nergie.--Oui,
    rpondis-je en prcipitant mes coups, je suis en affaire... de
    coeur.

      J. LE VALLOIS.

AFFAIRES (Avoir ses). Avoir ses menstrues, qui sont toute une affaire,
en effet.

    _Ce n'est pas le jour des affaires
    Qu'il parat le plus affair._

      EUGNE VACHETTE.

AFFILER LE BANDAGE. Bander,--_arrigere_.

    Ainsi que des amants temporels pigeonnaient la mignotise d'amour,
    affilant le bandage.

      (_Moyen de parvenir._)

AFFRIANDER UN HOMME. Le tenter du gaillard pch de luxure en lui
montrant un mollet bien tourn, une gorge bien ferme, des fesses bien
blanches, etc.

    Serais-je tonne de te voir un caprice pour ces princesses-l
    (des fesses)? Va, va, mon cher, elles en ont affriand bien
    d'autres.

      A. DE NERCIAT.

AFFRONT (Faire un). Dbander juste au moment o il faut bander le plus
roide,--seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.

    _Tournez en ridicule
    Ceux qui n'avancent pas
    Plus d'un pas,
    Ou qui font
    Un affront
    Au second._

      COLL.

AGACER LE SOUS-PRFET. Se masturber.--L'expression est tout  fait
moderne, et frquemment employe, quoique d'une tymologie difficile.

AGENT. Celui qui agit: le doigt, le vit ou le fouteur. Ce mot s'emploie
aussi pour les sodomites; le nom d'agent appartient  celui qui encule
par opposition au mot _patient_, donn  celui qui se fait enculer.

    Mais en un mot, si Monrose, agent de plein gr, ne devint pas
    patient avec autant de rsignation que le pre, c'est que...

      (_Flicia._)

AGIR. Faire l'acte vnrien,--celui qui exige la plus grande dpense
d'activit: _Res, non verba!_

    Les potes chantent la femme, les goujats la baisent; les uns
    agissent pendant que les autres pensent: les goujats sont plus
    heureux que les potes.

      Baron WODEL.

AGNS.--Jeune fille embarrasse de son pucelage; fausse ingnue qui
affecte de croire que les enfants se font par l'oreille, bien que son
petit cousin lui ait appris par quel autre endroit ils s'improvisent.

    Je n'aime pas ces Agns-l, je leur prfre des garces
    franchement dclares.

      LIREUX.

AGRMENTS NATURELS. Le membre viril.

    Il arrive de province ce matin, et la fatigue du voyage fait un
    peu de tort  ses agrments naturels.

      (_Les Aphrodites._)

AIDE-MARI. Amant,--qui aide en effet l'poux dans sa besogne conjugale,
mais  son insu, bien entendu.

    Il est assez gal que les enfants qu'elle pourra donner  son
    poux soient de lui ou du plus fcond des aide-mari qu'elle
    favorise.

      A. DE NERCIAT.

AIGRETTE CONJUGALE. Au figur: ornement de tte de MM. les cocus; les
cornes que leur font porter mesdames leurs pouses.

    X... a couch avec madame Z...? Encore un fleuron  ajouter 
    l'aigrette conjugale de son mari.

      (_Diable au corps._)

AIGUILLE. Le membre viril, avec lequel on _pique_ les femmes,--qui en
enflent pendant neuf mois.

    _Mariette est femme trs honnte,
    Et si ce n'est un jour de fte,
    Elle a toujours l'aiguille en main._

      THOPHILE.

    Un vieil homme est comme une vieille horloge, plus elle va avant,
    plus l'aiguille se raccourcit.

      TABARIN.

AIGUILLON. Le membre viril, avec lequel on pique les femmes pour les
rveiller quand elles sont endormies.

    _Et profitant d'un moment de faiblesse,
    Il lui glissa son fringant aiguillon._

      PIRON.

AIGUILLONNER. Travailler du bout de la langue sur un vit, ou sur un
clitoris.

    ... Ds lors, il a le nez sur la cleste mappemonde, et sa langue
    amoureuse aiguillonne le brlant bijou.

      (_Aphrodites._)

AIMANT. Ce qui attire l'homme  la femme, et _vice versa_.

    Quand mes baisers passionns lui coupent la parole, quand mes
    tmraires mains et le reste ont mis le feu partout... nos
    aimants se joignent, s'attirent, s'unifient... L'univers est
    oubli!...

      MONROSE.

AIMER. Synonyme lgant et pudique de _foutre_. Quand un homme dit
 une femme: Je vous aime, il veut lui dire et elle comprend
parfaitement qu'il lui dit: Je bande comme un carme, j'ai un
litre de sperme dans les couilles, et je brle de l'envie de te le
dcharger dans le con. Il n'y a que les potes, les impuissants et
les mlancoliques qui aient os jusqu'ici donner  ce verbe minemment
actif un sens passif--et ridicule.

          _... La fille entretenue
    Dit: Aimons!!!..._

      PROTAT.

AIMER A. Avoir un got fort vif pour les choses de la fouterie et pour
la fouterie elle-mme.

    _Monsieur, tout ce qu'il vous plaira.
            J'aime assez a,
            J'aime bien a._

      COLL.

AIMER LA FEMME. Avoir le temprament amoureux, aimer  aimer--quelque
femme que ce soit.

    Que voulez-vous, mon pre? j'aime la femme et je le lui prouve le
    plus souvent que je peux.

      J. DU BOYS.

AIMER LA MARE. Aimer  gamahucher une femme, se dit par allusion 
l'odeur _sui generis_ qu'exhale son vagin.--L'expression date seulement
du XVIIIe sicle, et elle vient de l'acadmicien Saint-Aulaire, le mme
qui avait fait sur la duchesse du Maine le fameux quatrain o il est
dj question de Tthys. Il serait dommage de priver la postrit de ce
second quatrain, qui mritait de devenir aussi fameux que le premier:

    _De l'cume des mers, dit-on,
    Naquit la belle Cythre:
    C'est depuis ce temps que le con
    Sent toujours un peu la mare._

AIMER LE COTILLON. Aimer la femme--surtout quand elle est dshabille.

    Vous aimez trop le cotillon, mon cher, il vous en cuira.

      E. DURAND.

AIMER LE GOUDRON. Aimer  enculer, soit les femmes, soit les
hommes,--ce qui embrne la queue.

    _Pour Jupiter, faon vraiment divine,
    Le con lui pue, il aime le goudron._

      (_Chanson anonyme moderne._)

AIMER L'HOMME. Avoir du got pour la pine, s'en servir le plus souvent
possible; jouer franchement des fesses lorsqu'on est sous l'homme.

    Les femmes qui aiment l'homme sont assez rares, aujourd'hui que
    les femmes aiment si volontiers la femme et que les tribades ont
    remplac les jouisseuses.

      A. FRANOIS.

AIMEUSE. Petite dame--galante,--qui fait profession
d'aimer.--Synonymes: putain, lorette, cocotte, grue, catin, vache,
etc., etc.

    _Les Juifs avaient leurs Madeleines;
    Les fils d'Homre leurs Phryns.
    Dlaons pour tous les baleines
    De nos corsets capitonns.
    Rousses, blondes, brunes ou noires,
    Sous tous les poils, sous tous les teints...,
    Qu'il pourrait raconter d'histoires,
    Le cercle de nos yeux teints!
        Foltres ou rveuses,
              Nous charmons;
        Nous sommes les aimeuses:
                Aimons!_

      EUG. IMBERT.

AIR COCHON (Avoir un). Avoir un visage provoquant, qui appelle l'homme,
qui le convie  manquer de respect  la femme qui a ce visage; avoir
les yeux grillards, la bouche voluptueuse, etc.

    Je vous ai un petit air cochon comme tout.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AJUSTER UNE FEMME. La baiser,--ce qui est ajuster le membre viril dans
son vagin avec la raideur d'une flche lance d'une main sre.

ALCIBIADISER. Agir en pdraste passif, se laisser enculer--comme
Alcibiade par Socrate.

ALLER  CYTHRE. Ce que les dlicats appellent _Ad summam voluptatem
pervenire_, et les voyous, _Aller au bonheur_,--le seul voyage que l'on
ne puisse faire seul, et que l'on fait toujours  cheval sur une belle
jument.

    _J'aime, dit Ros', quand on m'mne  Cythre,
    Qu'on se promn' pendant plusieurs instants;
            Ds qu'on r'ssort, a n' m'amuse gure._

      DIDA.

ALLER  DAME. Baiser; coucher avec une femme.--Cette expression,
emprunte au jeu de dames, a t invente par un _pion_ de
l'institution Sainte-Barbe.

ALLER  LA VISITE. Se dit des filles publiques qui, au jour fix par
les rglements de police, doivent se rendre au Dispensaire pour subir
un examen de sant de la part de mdecins _ad hoc_, qui les renvoient
si elles sont saines et les retiennent si elles sont malades.

    _C'est demain,  mes soeurs, le jour de la visite._

      ALBERT GLATIGNY.

ALLER  PINADA.--Faire l'acte vnrien,-- _dada_--sur une _pine_.

ALLER AU BEURRE. Baiser une femme, dont le con ne tarde pas  devenir
ainsi une baratte.

    Zut! je veux aller au persil pour aller au beurre, moi, na!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER AU BONHEUR. Jouir en baisant, parvenir  la flicit
suprme.--Cette expression, une des plus justes de la langue rotique
moderne, est prcisment celle qui se lisait comme enseigne sur les
bordels de Pomp: _Hic habitat felicitas_.

    Tu as donc envie d'aller au bonheur, mon petit homme!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER AU CAF. Gamahucher une femme. On dit aussi: _prendre sa
demi-tasse_ au caf des Deux-Colonnes.

ALLER AU GRATIN. Baiser une femme publique,-- l'oeil,--ce qui est
une gourmandise pour certains _travailleurs_. Allusion au gratin
que laisse un mets au fond de la casserole et qui trouve toujours un
amateur--quand _tout le monde_ est servi.

ALLER AU PERSIL. Se dit des femmes autorises qui se promnent le soir
dans les rues, sur les trottoirs, et qui ne cessent de se promener que
lorsqu'un galant homme, un peu gris, les prie de se reposer--pour tirer
un coup avec lui, dans une chambre de bordel ou dans un arrire-cabinet
de marchand de vins.--_Voy._ ALLER AU BEURRE.

ALLER AU VICE. Aller au bordel.

ALLER CHEZ LE VOISIN. Enculer une femme; se tromper, volontairement ou
involontairement, d'endroit.

    Tiens... me voil... Pas comme a, donc! Tu va chez le voisin...
    Laisse-moi te conduire.

      H. MONNIER.

ALLER D'ATTAQUE (Y). Baiser avec nergie, sur l'herbe ou sur une
chaise, sous le ciel du lit ou sous le ciel de Dieu, sans se proccuper
des passants et des enfants.

    La limace... l, bien blanche, avec ses creux et ses montagnes,
    a m'met sens sus d'sous... Allons-y d'attaque!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER DE SON BEURRE. Jouir copieusement, lorsqu'on est sous l'homme,
sans craindre la vrole et les enfants, et dcharger deux ou trois fois
sans qu'il ait dconn.

    Tu m'as fait crnement jouir, cochon! Voil la premire fois que
    j'y vas de mon beurre aussi franchement.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER DE SON VOYAGE. Les filles de bordel emploient cette expression
pour dire qu'elles ont joui avec un mich: J'y ai t de mon voyage.

ALLER DU CUL. Se trmousser dans la jouissance vnrienne, ou dans
l'attente de cette jouissance, qui est toujours prcde d'une foule de
friandises fort agrables.

    Il se trmoussa vers moi en se baissant, et moi vers lui en me
    haussant; les culs nous allaient  tous deux comme s'il et eu
    dj le vit au con.

      MILILOT.

ALLER ET RETOUR (Donner ou faire l'). Tirer deux coups avec une femme,
sans dconner.

    C'est un pauvre homme, dit-elle; il ne peut pas mme faire
    l'aller et retour sans tre sur les dents.

      A. FRANOIS.

ALLER L'AMBLE. Faire l'acte vnrien, soit parce que dans cette besogne
l'homme imite l'allure des chevaux qui vont l'amble, entre le trot
et le pas, entre fort et doucement, soit parce que pour aller l'amble
amoureux il faut tre deux--_ambo_.

ALLER SE FAIRE COUPER LES CHEVEUX. Aller au bordel.--L'expression
date de l'tablissement des bains de mer de Trouville, frquents
par la meilleure socit parisienne. Trouville est pour ainsi dire
un faubourg du Havre, mais un faubourg sans bordels. Les messieurs
sans dames qui ont des besoins de coeur s'chappent, vont au Havre et
reviennent l'oreille basse, la queue entre les jambes, comme honteux de
leurs mauvais coups.--D'o venez-vous? leur demandent les dames.--J'ai
t me faire couper les cheveux, rpond chaque coupable.--Les dames
trouvaient--trouvillaient, dirait Commerson;--qu'ils allaient bien
souvent se faire arranger--la chevelure.

ALLER TROP VITE  L'OFFRANDE ET FAIRE CHOIR LE CUR. Dcharger au
moment o l'on va baiser une femme que l'on a dsire trop longtemps,
et dbander immdiatement.

ALLONGER (S'). Bander,--dans l'argot des maquignons.

ALLUMELLE. Membre viril.

    _Plusieurs n'aimassent tout autant
    Pour chatouiller leur allumelle
    Le rservoir d'une pucelle._

      (_Heures de Paphos._)

ALLUMER (S'). tre en rection, soit devant une femme, soit devant une
photographie obscne.

    Il ne s'allume pas!... Je ne s'rais pourtant pas fche qu'i m'
    baise, car il a un rude membre.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLUMER LA CHANDELLE. Mettre un homme en tat de baiser, par des
attouchements habiles aux environs de son braquemard et sur son
braquemard lui-mme.

ALLUMER LE FLAMBEAU D'AMOUR. Copuler.

    _J' m'approch' crn'ment et j' lui propose
    D'allumer le flambeau d' l'amour;
    Cdant au dsir qui m'allche.
    De mon feu n' jaillit qu'un' flammche._

      F. DE CALONNE.

ALLUMER UN HOMME. Se dit des femmes lgres--comme chausson--qui, par
leurs regards incendiaires, provoquent les hommes  la fouterie.

    Elle! elle n'allumerait pas mme un homme en amadou.

      LEMERCIER.

ALLUMETTE. Le membre viril, avec lequel on met le feu  tant de jeunes
imaginations.

    N'approche pas de moi ton allumette: tu me brlerais, et je n'y
    suis pas dispose.

      Baron WODEL.

    _Modeste appelle une allumette
    Ce que lui montre son amant._

      E. T. SIMON.

AMANT. Nom que l'on donne, non pas  l'homme qui aime une femme, mais 
celui qui la fout.

    _Un vieux monsieur millionnaire,
    Remplaant le prince Charmant
    Rv par toute pensionnaire,
    De Manette et t l'amant._

      ALFRED DELVAU.

AMANT DE COEUR. Greluchon, maquereau, homme qui, s'il ne se fait pas
entretenir par une femme galante, consent cependant  la baiser quand
il sait parfaitement qu'elle est baise par d'autres que lui: c'est,
pour ainsi dire, un domestique qui monte le cheval de son matre.--Il y
a cette diffrence entre l'_amant_ simple et l'_amant_ dit _de coeur_
que le premier est un fouteur qui souvent se ruine pour sa matresse,
et que le second est un fouteur pour lequel sa matresse se ruine
quelquefois--quand il la fout bien. Aussi devrait-on appeler ce dernier
l'_amant de cul_, le coeur n'ayant absolument rien  voir l-dedans.

AMARRIS. Vieux mot hors d'usage signifiant matrice, employ dans un
sens obscne pour dsigner la nature de la femme.

    _Et madame qui perd l'attente
    Du bien que donnent les maris,
    Soupire de son amarris._

      J. GREVIN.

        _C'est ma matresse
    Qui a mal  son amatrix._

      (_Ancien Thtre franais._)

AMTINER (S'). Se prostituer  tous les hommes, comme une chienne
chaude  tous les mtins.

AMI. Synonyme dcent d'amant, qui est lui-mme synonyme de fouteur.

    Les autres qui auront plus de hte et prendront des amis par
    avance pour en essayer...

      MILILOT.

AMITI. Dans tout vocabulaire rotique, _amiti_ est le synonyme
d'_amour_.--C'est tout un petit drame intime et bourgeois, qui se joue
 trois personnages: la femme, le mari et l'amant. S'il en survient
un quatrime, c'est l'_ami_ de l'_amant_, qui, presque toujours, est 
l'amant...

    _... Ce que l'amant est au mari._

      GAVARNI.

AMOUR. Sentiment de cration moderne. Les anciens ne connaissaient
que la fouterie,--ce que Thophile Gautier, un pote, a si fort  tort
appel un sentiment ridicule accompagn de mouvements malpropres,--et
il tait donn  notre gnration, puise par tant de masturbations
intellectuelles, d'inventer cette sinistre plaisanterie qui
dpeuplerait promptement la terre, si les Auvergnats n'taient pas l.

    _L'amour est une affection
    Qui, par les yeux, dans le coeur entre,
    Et par forme de fluxion
    S'coule par le bas du ventre._

      RGNIER.

    AMOUR, substantif des deux genres: change de deux fantaisies;
    privilge pour toutes les folies que l'on peut faire; pour
    toutes les sottises que l'on peut dire.--On a de l'_amour_ pour
    les fleurs, pour les oiseaux, pour la danse, pour son amant,
    quelquefois mme pour son mari: jadis on languissait, on brlait,
    on mourait d'_amour_; aujourd'hui, on en parle, on en jase, on
    _le fait_, et le plus souvent on l'achte.

      E. JOUY.

    _De son vit coutur de chancreuses ornires,
    Pntrer, chancelant, au fond d'un con baveux.
    Mettre en contact puant les canaux urinaires,
    De scrofules pourris, nous crer des neveux.
    De spermes combins faire un hideux fromage;
    Au fond de la cuvette, humide carrefour,
    En atomes gluants voir le foutre qui nage...
                    Voil l'amour!_

      PAUL SAUNIRE.

AMOUREUSE ENTREPRISE (L'). L'acte vnrien.

AMOUREUX DES ONZE MILLE VIERGES. Jeune homme timide qui toutes
les nuits couche, en imagination, avec toutes les femmes qu'il
a rencontres dans la journe, et, en ralit, avec la veuve
Poignet,--qu'il a toujours sous la main.

    Je n'ai jamais srieusement aim qu'une femme, la mienne; et
    cependant, comme tous les jeunes gens, j'ai t amoureux des onze
    mille vierges.

      A. FRANOIS.

AMOUREUX LARCIN. La petite oie de la fouterie, la monnaie de la
jouissance,--baisers drobs, fesses pinces, etc.

    _Dans ses amoureux larcins,
    Le papelard se rengorge;
    Quand sa main fln' sur ma gorge,
    Il dit qu'il ador' les saints._

      JULES POINCLOUD.

AMOUREUX TRANSI. Baiseur plus chaud en paroles qu'en action, et qu'
cause de cela les femmes tiennent en maigre estime.

    Il arrive de l que ceux qui aiment le plus, comme ces amoureux
    transis, sont ceux qui chevauchent le moins.

      MILILOT.

AMOUR PHYSIQUE (L'). Le seul amour, le vritable amour, celui des
gens bien portants d'esprit et de corps,--enfin celui que prisent
srieusement toutes les femmes, mme celles qui lisent le plus de
romans.

    _En style nergique
    Mon amour physique
        S'explique._

      COLL.

AMOUR PLATONIQUE. L'amour ridicule par excellence, l'amour des potes,
des gens qui ont plus de cervelle que de queue, et qui aiment la femme
 distance respectueuse parce que leurs moyens ne leur permettent pas
de l'aimer plus prs.

          _Je fais grand cas
    De l'amour pur et platonique,
        Mais je n'en use pas._

      COLL.

AMOUR SOCRATIQUE. La pdrastie, que Socrate pratiquait si volontiers 
l'endroit--je veux dire  l'envers d'Alcibiade.

AMUSER UN HOMME. Le faire jouir par tous les moyens connus et inconnus.

    _Dans mon bordel il vient souvent beaucoup de vieux,
    Ce sont ceux-l, d'ailleurs, qui nous payent le mieux:
    Sais-tu par quels moyens, petite, on les amuse,
    Et de quelle faon  leur gard on use?_

      LOUIS PROTAT.

AMUSER (S'). Se branler.

AMUSETTE (Faire l'). Se peloter mutuellement en attendant le moment
de baiser, ou aprs avoir bais; plus spcialement, se branler avec
l'extrmit d'un membre viril, quand on est femme.

    Lorsque nous avions couru quelques postes et que j'avais quelque
    peine  remonter sur ma bte, elle, qui n'tait ni fatigue ni
    rassasie, s'emparait avec autorit de ma lavette et faisait
    l'amusette.

      A. FRANOIS.

ANANDRYNE. Femme qui n'aime pas les hommes, ou au moins leur prfre
les femmes pour se livrer au libertinage et  la fouterie. Sapho tait
anandryne; elle avait un long clitoris et s'en servait comme un homme
de son vit avec les femmes. Horace appelait Sapho _mascula_, femme
mle, femme hommesse, comme le dit Mirabeau dans son _Erotika Biblion_.
Les Vestales  Rome, les Gymnopdistes  Sparte, institues par
Lycurgue, taient anandrynes.

ANCHOIS. La verge d'un petit garon, et mme la queue d'un homme
lorsqu'elle a des dimensions trop grles,--par allusion  la gracilit
de ce poisson.

    Approche ton anchois, ton mignon... l... bien... tu y es... Le
    sens-tu frtiller?

      LON SERMET.

ANDOUILLE. Le membre viril, dont les femmes sont si friandes,--elles
qui aiment tant les cochonneries!

    _De tout le gibier, Fanchon,
    N'aime rien que le cochon:
    Surtout devant une andouille,
    Qu'aux carmes l'on choisira,
    Elle s'agenouille, nouille,
    Elle s'agenouillera._

      COLL.

ANDOUILLE DES CARMES (L'). Le membre viril.

ANDRINS. Culistes, hommes qui ne font aucun cas des charmes fminins et
ne ftent que des Ganymdes.

    Les andrins sont les jacobins de la galanterie; les janicoles en
    sont les monarchiens dmocrates, et les francs sectateurs du beau
    sexe sont les royalistes de Cythre.

      (_Diable au corps._)

ANDROGYNE. Pdraste, qui runit en lui les deux sexes puisqu'il sert
de matresse aux hommes et d'amant aux femmes,--comme ce grand libertin
de Jules-Csar, qui tait le mari de toutes les femmes et la femme de
tous les maris.

ANDROGYNE (Faire l'). Baiser une femme, ce qui est proprement runir
les deux sexes en un seul.

ANGLAIS. Noble tranger, fils de la perfide Albion ou de la rveuse
Allemagne, qui consent  protger de ses guines une femme faible--de
vertu--pendant toute la dure de son sjour  Paris.

    Amlie ne te recevra pas, Polyte: elle est avec son Anglais.

      WATRIPON.

ANGLAIS (Avoir ses). Avoir ses menstrues,  cause de la couleur rouge
de cet coulement, qui est aussi la couleur de l'uniforme anglais.

    _Puis de son corps couvrant ma mre,
    Dans le sang des Anglais baign,
    Que de coups a tirs mon pre
    Dans la montagne o je suis n._

      (_Chanson anonyme moderne._)

ANGLAIS ONT DBARQU (Les). Les menstrues ont fait leur apparition.

    Il n'y a pas moyen ce soir, mon chri: les Anglais ont dbarqu.

      LYNOL.

ANGORA. Petit nom d'amiti que les filles donnent  leur con,  cause
de son paisse fourrure.

    Flatte mon angora, cher ange, baise-le de tes lvres: nous allons
    jouir.

      J. LE VALLOIS.

ANNEAU D'HANS CARVEL (L'). Le con de la femme--dans lequel tout honnte
homme doit mettre le doigt quand il n'y peut plus mettre la pine.

    Une femme aimable est un anneau qui circule dans la socit, et
    que chacun peut mettre  son doigt.

      SOPHIE ARNOULD.

    _Chantons l'anneau du mariage,
    Bijou charmant, bijou bni;
    C'est un meuble utile au mnage,
    Par lui seul un couple est uni.
    Avant quinze ans, jeune fillette
    Veut que l'on pense  son trousseau,
    Et qu'on lui mette, mette, mette,
    Mette le doigt dans cet anneau._

      BRANGER.

ANUS (L'). Le trou du cul.

    _Dferle ton entrecuisse,
              Que j' contemple
              Le saint temple
              De Vnus,
              Et ton anus._

      G. DE LA LANDELLE.

APHRODISIAQUES. Remdes propres  tonifier,  roidir--momentanment--le
membre qui a cess d'tre viril, par suite de maladies ou d'excs
vnriens. Les stimulants les plus gnralement employs sont les
truffes, le musc, le phosphore, le safran et les cantharides.

    _Puis, ce sont encor des parfums
    Aphrodisiaques en diable._

      ALFRED DELVAU.

APOTHICAIRE. Pdraste, ou sodomite; homme qui se trompe volontairement
de ct quand il est au lit avec une femme et qui l'encule au lieu de
la baiser.

    _Jean, ce frotteur invaincu,
    Au soir, dans une taverne,
    Frottait Lise  la moderne,
    C'est--dire par le cul.
    Elle, qui veut qu'on l'enfile,
    Selon sa ncessit,
    Disait d'un coeur irrit
    Qu'un clystre est inutile
    A qui crve de sant._

      (_Le Cabinet satyrique._)

APTRE DE L'ANUS. Pdraste, ou seulement sodomite,--homme qui se plat
 envoyer ([Grec: apostell]) son sperme dans le vagin breneux d'un
autre homme, de prfrence au vagin naturel de la femme.

    _Ah! dans toute la chrtient,
    Il faut que la socit
      Envoie des missionnaires,
    De saints aptres de l'anus,
    Qui, tirant les vits des ornires,
    Prchent l'vangile des culs._

      COLL.

APPAS. Les beauts d'une femme qui excitent le dsir de l'homme,--mais
principalement ses ttons.

    _Ah! Marton, malgr tes appas,
    Non, non, je n'y survivrai pas._

      BRANGER.

APPTIT (Avoir.) Se sentir des dmangeaisons amoureuses, tre en
disposition de baiser.

    Te sens-tu en apptit ce soir?--Un apptit norme!--Alors, allons
     la _Patte de chat_.

      LEMERCIER.

APPLIQUER LA PEAU D'UN GARON (S'). S'introduire le membre viril dans
le vagin.

    C'est un grand soulagement d'tre aime, et je trouve, pour
    moi, que je m'en trouve mieux de la moiti depuis que je me suis
    appliqu la peau d'un garon dessus.

      MILILOT.

APPLIQUER UN HOMME SUR L'ESTOMAC (S'). Se laisser enfiler comme une
perle par lui, la perle sur le dos, et l'homme sur la perle.

    Et ft-il coiffeur ou laquais, d'aussi huppes que vous se
    l'appliqueront sur l'estomac sans lui demander ses preuves.

      A. DE NERCIAT.

APPRIVOISER UNE FILLE. La dpuceler,--ce qui la rend naturellement
moins sauvage.

    _Malgr les grands parents, malgr les fortes grilles,
    Mon cher, je connais l'art d'apprivoiser les filles._

      LON SERMET.

APRS LA PANSE, VIENT LA DANSE. Vieux proverbe: Aprs la mangeaille, la
fouterie.

    _Pour se mettre en humeur, il faut emplir la panse;
    Sans Crs et Bacchus, Vnus est sans pouvoir;
    Un ventre bien gud est plus prompt au devoir:
    Aprs la panse, aussi, ce dit-on, vient la danse._

      (_Proverbes d'amour._)

ARAIGNE. Faire patte d'araigne. Action de prendre les couilles et le
vit de l'homme de manire  chatouiller le tout  la fois en allant de
la tte du vit au prine et au trou du cul, de haut en bas,  droite
et  gauche et retour, en y joignant des coups de langue au filet
du vit dcalott, le tout jusqu' jouissance complte.--_Voir_ PATTE
D'ARAIGNE.

ARBALTE. Le membre viril, probablement par jeu de mots, parce qu'on
bande,-- moins qu'on ne dise bander que parce qu'on appelle la pine
une arbalte destine  blesser la femme au ventre.

    Bandez votre arbalte, mon doux ami, et visez-moi dans le noir.

      E. DURAND.

ARDILLON. Le membre viril, soit parce qu'il pique, soit parce qu'il
brle.

    Au lieu de sentir lever son ardillon, il se sentait plus froid
    qu' l'ordinaire.

      D'OUVILLE.

    Je sens ton ardillon... Ah! je le sens... Chien! chien! tu me
    brles...

      Baron WODEL.

ARGUMENT. Pousser un argument naturel et irrsistible; c'est--dire une
dclaration d'amour, sous la forme d'un bon vit--dans un bon con, qui
ne trouve rien  redire  cela.

    _Sans brusquer une fillette,
    Moi j'attends patiemment
    Qu'elle soit bien en goguette
    Pour pousser mon argument._

      E. C. PITON.

ARISTOFFE (L'). Maladie honteuse, dans l'argot des filles et de leurs
souteneurs.--Le mot viendrait-il de l'italien _arista_, pine? ou du
grec [Grec: aristos], la meilleure--des maladies--ou la maladie des
_aristos_?

    J'en ai eu quatorze depuis celle-l, et de toutes couleurs, car
    quoi qu'en disent les malins, les aristoffes se suivent et ne se
    ressemblent pas.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ARME DE L'HOMME (L'). Son outil  gnration, avec lequel il blesse
souvent les femmes,--heureuses d'tre ainsi blesses.

    _A ces mots me relevant,
    Plus dispos qu'auparavant,
    Je me saisis de mon arme._

      (_La France galante._)

    Elle me rappelait le tambour de ma compagnie  astiquer et
    fourbir ainsi mon arme.

      LEMERCIER.

ARRACHER SON COPEAU. C'est le _to leacher_ des Anglais, qu'il ne
faudrait pas croire spcial aux menuisiers,--parce qu'il n'y a pas que
les menuisiers qui sachent se servir du rabot que la nature a plac au
ventre de tous les hommes.

ARRACHER SON PAV. Faire l'acte vnrien,-- cause de l'effort que cela
exige sans doute.

    Oui, c'est ainsi toutes les fois que j'arrache mon pav avec une
    demoiselle.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ARRANGE (tre). tre baise.

    _Ah! monsieur, je suis saccage!
    Vous n'en viendrez jamais  bout!
    La comtesse tait arrange,
    Et criait encor d'un ton doux:
              Arrangez-vous._

      COLL.

ARRANGER UNE FEMME, OU UN HOMME. La bien baiser, ou le bien branler.

    Tu dois bien arranger une femme, hein?

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Qu'il soit vioc ou non,
    Arrange-le tout d' mme._

      DUMOULIN.

ARRIRE-BOUTIQUE. Le cul, qui est situ sur le derrire, et dans lequel
le membre aime  se rfugier quand il est rest quelque temps dans la
boutique, qui est sur le devant.

    A l'instant cette demoiselle, ouvrant son arrire-boutique,
    laissa aller un vent.

      D'OUVILLE.

ARRIVER  SES FINS. Finir par baiser une femme pour laquelle on
bandait,--ce qui est la fin de tout roman d'amour.

    L! tu en es arriv  tes fins, petit cochon!

      WATRIPON.

ARROSER. jaculer dans la nature de la femme--un charmant petit jardin
dont nous sommes les heureux jardiniers. Pluie ou sperme, quand cela
tombe  propos, cela fconde.

    Pourquoi ne voudraient-elles pas tre arroses?

      CYRANO DE BERGERAC.

ARROSER LE BOUTON. Dcharger son sperme dans le vagin d'une femme, sur
le bouton de son clitoris.

    _Son directeur, dit-on,
    Craignant qu'on lui ravisse
    Sa Rose, sa Clarisse,
    Lui arros' le bouton._

      JOACHIM DUFLOT.

ARTHUR. Nom poli qu'on donne  l'amant de coeur d'une femme galante.
C'est le _chevalier  la mode_ de Dancourt.

    Toute lorette, invitablement, a son Arthur, comme toute fille
    publique son maquereau, comme toute pomme pourrie son ver.

      Baron WODEL.

ARTICLE (Faire l'). Se dit des maquerelles plantes le soir sur le
seuil des bordels, qui essaient d'y faire entrer les passants en
leur dpeignant rapidement, avec des couleurs un peu fortes mais
saisissantes, les beauts diverses et les talents particuliers de leurs
pensionnaires.

    Tu resteras sur le seuil du bazar et tu feras l'article pour nos
    demoiselles.

      LEMERCIER.

ARTICLE (tre fort sur l'). tre toujours prt  foutre,--port sur sa
pine comme un gourmand l'est sur sa bouche.

    _Et sur l'article, ah! que j'tais solide;
    Dis-moi, Marton, dis-moi, t'en souviens-tu?_

      (_Chanson anonyme moderne._)

    La marquise est froide sur l'article.

      LOUVET.

ARTILLERIE DE CUPIDON OU DE VNUS. Les parfums, les aphrodisiaques en
gnral--et surtout en particulier.

ASPERGE. Le membre viril--dont les femmes sont si friandes, et
qu'elles sucent volontiers, avec la sauce blanche qui les accommode
ordinairement.

ASPERGS. Le membre viril avec lequel, en effet, nous aspergeons de
foutre le con des femmes.--On dit mieux: _Goupillon_.

    _C'est bien dit; car, comme j'estime,
    L'aspergs d'un moine sans doute
    Est si bon, qu'il n'en jette goutte
    Qu'elle ne soit bnie deux fois._

      (_Ancien Thtre franais._)

ASSAILLIR UNE FEMME. La baiser; monter, la queue en main,  l'assaut de
son vagin.

    _Jean, cette nuit, comme m'a dit ma mre,
    Doit m'assaillir._

      GAUTIER-GARGUILLE.

    Aprs que ce premier assaut fut donn, la belle recouvra la
    parole.

      CH. SOREL.

    _Mais Trichet du premier assaut
    Se contenta. Chtive tait la dose
    Au gr d'Alix._

      VAD.

ASSEOIR SUR LE BOUCHON (S'). S'asseoir sur une pine, de faon  tre
baise, soit en grenouille par devant, soit en levrette par derrire.

    Viens t'asseoir sur le bouchon, garce, et si tu ne jouis pas,
    c'est que tu ne le voudras pas.

      V. CAILLAUD.

ASTICOT. Le membre viril, qui grouille dans la nature de la femme comme
un ver blanc dans la viande.

    Tu corches mon asticot, salope!

      LEMERCIER.

ASTIQUER. Faire l'amour,--dans l'argot des filles et des maquereaux,
l'_astic_ pour eux tant une pe, et l'pe piquant.

ASTIQUER (S'). Se masturber, soit seul, soit  deux.

    _Deux gendarmes, un beau dimanche,
    S'astiquaient le long d'un sentier;
    L'un branlait une pine blanche
    Et l'autre un vit de cordelier._

      (_Parnasse satyrique XIXe sicle._)

ASTIQUER LA BAGUETTE. Branler un homme,--le ventre de la femme servant
de tambour  cette baguette-l, que nous savons tous manier aussi bien
que les tapins de profession.

    Celle-ci, d'un tambour astiquait la baguette.

      LOUIS PROTAT.

ATELIER. La nature de la femme,--o se fabrique l'Humanit.

    Quand on entre  l'atelier, il faut avoir son outil en bon tat
    afin de besogner convenablement, et toi, tu ne bandes seulement
    pas!

      A. MANVOY.

        _Quoi, c'est l tout le stratagme?
    Dit un valet, voyant le drle  l'atelier._

      PIRON.

ATTRAPER QUELQUE CHOSE. Gagner la chaude-pisse ou la vrole dans un
cot malsain, avec une coureuse ou avec une honnte femme.

    Que ces drlesses-l sont souvent de bons greniers 
    chaudes-pisses! ce qu'on appelle de vritables attrape-michs.

      Comte DE CAYLUS.

    Si j'attrape quque chose, au moins j' l'aurai pas vol.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AUMNE AMOUREUSE. L'acte vnrien,--la femme tant cense donner et
l'homme recevoir, quoique, en ralit, l'un donne autant que l'autre.

    Belle dame, faites-moi l'aumne amoureuse, je vous en supplie, je
    bande trop!--J'en suis fche, mon cher, mais j'ai mes pauvres.

      SEIGNEURGENS.

AUTEL. La nature de la femme, o nous venons, prtres fervents,
officier chaque jour, culotte bas et pine en main.

    _Et dvotement sur l'autel,
    Je pose mes lvres tremblantes:
    De ma langue, en flammes ardentes,
    S'lancent..._

      A. FRANOIS.

    _A l'autel de la volupt
    Soudain s'approche une inconnue
    Du morpion silencieux._

      B. DE MAURICE.

    Si tous les autels de Venus taient aussi dgotants.

      (_Les Maris  la mode._)

AUTEL DE PLUME (L'). Le lit, sur lequel l'homme et la femme officient
avec une ferveur dont le Dieu--de Lampsaque--doit tre content.

    _Avez-vous pu l'en croire  son serment?
    Ceux que l'on fait sur un autel de plume
    Sont aussitt emports par le vent._

      COLL.

AUVERGNATE. Qui appartient au troisime sexe--puisqu'elle n'est pas
homme et ne veut pas tre femme.

    Consommateurs des deux sexes, hommes et femmes, pas d'Auvergnats,
    tout au plus quelques Auvergnates trs lgantes, _fleurs du mal_
    qui se respirent entre elles.

      ALFRED DELVAU.

AVALER LA PILULE. Avaler le sperme qui s'chappe du membre de l'homme
que l'on suce.

AVALER LE POISSON SANS SAUCE. tre baise par un homme qui ne dcharge
point, ou que l'on empche de dcharger.

    _Ah! combien l'apparence est fausse!
    Au chaponneau point de cresson,
    Et mon amphitryon sans sauce
    Me fit avaler le poisson._

      MARCILLAC.

AVALER LES ENFANTS DES AUTRES. Gamahucher (V. ce mot) une femme qui
vient d'tre baise par un autre homme et qui n'a pas eu le temps de se
laver.

    Au lavabo, tout de suite! je ne tiens pas  avaler les enfants
    des autres.

      J. LE VALLOIS.

AVANCES. Privauts que laisse prendre  un homme, et que parfois mme
prend, avec lui, la femme  qui le cul dmange.

    J'ai un caprice, il ne sait le deviner; je le lui explique aux
    trois quarts; il ne comprend rien, et mon butor me quitte aprs
    mes avances humiliantes.

      A. DE NERCIAT.

    _Un monsieur qu'tait dans l'aisance,
    Dsirant lui faire quelqu'avance,
    S'approch' d'elle une bourse en main._

      PERCHELOT.

AVANTAGES. Gorge plantureuse, poitrine  la mode de Caen.

    C'est trop petit ici: la socit y sera comme les avantages de
    madame dans son corset.

      AUGUSTE VILLEMOT.

AVANT-SCNE. La gorge des femmes, parce qu'elle avance plus que
le reste du corps en dehors de la perpendiculaire, et que c'est la
premire chose que l'on remarque.

    Ce ne sont pas les avant-scne qui lui manquent, mtin!

      BARTHET.

AVEC (L'). La nature de la femme, avec laquelle (_cum_, _con_) l'homme
jouit quand il a rpudi la veuve Poignet.

    Allons, cher ange, montre-moi ton avec, je te montrerai le mien
    et nous les marierons ensemble.

      A. FRANOIS.

AVENTURES (Avoir eu des). Avoir eu des amants si l'on est femme, ou des
matresses si l'on est homme.

    Cette femme avait eu dj bien des aventures.

      CHAMPFLEURY.

    _Il vint, et les tendres bats
    Agitant draps et couverture,
    Le psautier descendant plus bas,
    Se trouve au fort de l'aventure._

      PIRON.

AVENTURIRE. Gil-Blas femelle, fille ou femme qui a eu une
_foultritude_ d'aventures amoureuses--ou plutt galantes.

AVITAILL. Mot grossier hors d'usage signifiant un homme pourvu de
membre viril.

    Duvigny tait bien avitaill et grand abasteur de bois.

      TALLEMANT DES RAUX.

AVOIR. Avoir eu, foutre ou avoir foutu avec une femme ou une fille que
l'on dsirait.

    Eh bien! ma mie, tu vois comme je t'aime, je laisse ma prbende
    pour t'avoir.

      (_Moyen de parvenir._)

    Fais donc que j'aie cette fille, et je te rendrai riche.

      P. DE LARIVEY.

AVOIR  SA BONNE. Avoir de l'amour pour...

        _Surtout, p'tit cochon,
        N' fais pas l' paillasson:
    Je sais qu' t'as Clarisse  la bonne;
        Mais dis-lui d' ma part
        Qu'ell' craign' le ptard..._

      A. DUMOULIN.

AVOIR COMMERCE. Faire l'acte vnrien.

    _Jean, tu m'accusais l'autre jour
    D'avoir dit  certaine dame
    Qu'Anne, avant que d'tre ta femme,
    Avait eu commerce d'amour._

      LA MONNOYE.

    A-t-elle eu commerce avec le chevalier de Lorraine? qu'on la
    brle.

      (_La France galante._)

AVOIR COMPAGNIE D'HOMME. Faire l'amour avec un homme.

    _A moins enfin qu'elle n'ait  souhait
                Compagnie d'homme._

      LA FONTAINE.

AVOIR DE L'AGRMENT. Jouir avec une femme, soit en la baisant, soit en
se faisant branler par elle.

    Tu vas avoir de l'agrment, mon chri, je t'en rponds!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AVOIR DES BONTS. Employ dans un sens obscne pour accorder ses
faveurs  un homme.

    Tu as eu des bonts pour lui, a prouve ton bon coeur.

      VOISENON.

    Une femme sensible se dcide difficilement  laisser pendre un
    homme pour qui elle a eu des bonts.

      PIGAULT-LEBRUN.

    Ayez des bonts pour moi, et mademoiselle Hortense est marie.

      H. DE BALZAC.

AVOIR DES SENS. tre ardent en amour; jouir sous l'homme quand on est
femme, jouir avec la femme lorsqu'on est homme.

    _Et d'ailleurs, Marotte a des sens
              Rcompensants
              Les insolents
          Qui montrent des talents._

      COLL.

AVOIR DU CHIEN. Se dit d'une femme qui a des grces provoquantes, qui
ne baise pas comme la premire venue.

    Il faut tre sincre, mme avec des drlesses de cette espce:
    Julia a du chien, beaucoup de chien.

      LYNOL.

AVOIR DU MAL. Baiser beaucoup,--dans l'argot des filles de bordel.

    Ce qu' nous avons d' bon ici, c'est d't' ben nourries. Si on a
    du mal, on n' meurt pas d' faim, comme dans des maisons o j'ai
    t.

      HENRY MONNIER.

AVOIR ENCORE (L'). Sous entendu: _Son pucelage_.

    a me rappellera... le temps o je l'avais encore.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AVOIR EU QUELQUE CHOSE AVEC UNE FEMME. Avoir couch avec elle, une ou
plusieurs fois; avoir t son amant.

    Tu me feras peut-tre accroire que tu n'as rien eu avec
    Henriette?

      GAVARNI.

AVOIR LA COURTE HALEINE. tre petit baiseur, se contenter de tirer un
coup ou deux et dormir aprs.

    _Vous avez la courte haleine;
    Parler d'amour une fois,
    C'est me donner la migraine._

      COLL.

AVOIR LA MAIN OCCUPE. Se branler d'une main en lisant de l'autre un
roman libertin; ou pincer le cul  sa voisine en trinquant avec son
voisin.

        _Souvent entre deux draps
        Rvant  ses appas,
    Et d'une voix entrecoupe,
    Je me dis, la main occupe,
        Ah! comme on tirait
        Chez ell' du vin clairet!_

      E. DE PRADEL.

AVOIR LA QUEUE VERTE. tre frais et dispos pour le combat amoureux,
tre vaillant au lit.

AVOIR LA VACHE ET LE VEAU. pouser une fille enceinte des oeuvres d'un
autre.

AVOIR L'EAU  LA BOUCHE. Avoir apptit de femme lorsqu'on est un homme,
ou d'homme lorsqu'on est femme, soit en voyant baiser les autres, soit
en lisant des livres de fouterie.

AVOIR LES TALONS COURTS. Se laisser volontiers renverser sur le dos par
un homme; bander facilement pour les porte-queue.

    Elle a les talons si courts, qu'il ne faut la pousser gure fort
    pour la faire cheoir.

      (_Les Caquets de l'accouche._)

AVOIR LE VENTRE PLEIN. tre enceinte.

    Je crois, ma chre, que j'ai le ventre plein: cet imbcile
    d'Hippolyte n'aura pas mouch la chandelle.

      E. JULLIEN.

AVOIR MAL AUX CUISSES. Faon chaste de dire qu'on a beaucoup besogn
avec sa voisine, ou avec toute autre femme, car c'est surtout  cet
endroit du corps que se fait sentir la fatigue vnrienne.--On dit
aussi, dans le mme sens: _avoir les cuisses coupes_, ou encore,
_avoir les jambes brises_.

AVOIR PERDU SA FLEUR. Se dit d'une jeune fille qui a eu un _fruit_.

AVOIR QUELQUE CHOSE AVEC UNE FEMME OU AVEC UN HOMME. tre son amant ou
sa matresse; ou s'tre donn rendez-vous pour coucher ensemble.

AVOIR QUELQU'UN. Avoir un entreteneur, un mich, quand on est fille;
avoir une matresse, tre le maquereau d'une fille, quand on est
homme--sans prjugs.

    J'ai pas d'amant... veux-tu me l't'?...--Non.--T'as
    ququ'un!...--Oui?...--N'en parlons plus.

      HENRY MONNIER.

    Voil ce qu'une femme qui se sent poursuivie devrait se dire
     elle-mme,  tous les moments du jour: Un tel me suit, il me
    cherche, je le trouve partout; donc il veut m'avoir et me mettre
    sur sa liste.

      LA POPELINIRE.

    _Une duchesse  l'oeil noir
    L'an pass voulut m'avoir._

      BRANGER.

AVOIR RTI LE BALAI. Avoir eu de nombreux amants, savoir ce que la
pine en vaut l'aune, avoir fait une vie de chienne,--par allusion aux
sorcires qui chevauchaient le balai pour aller au sabbat et qui le
rtissaient  la chaleur de leur cul.

    C'est une fille qui a rti le balai.

      LEMERCIER.

AVOIR SEPT POUCES MOINS LA TTE (En). Possder un membre d'une longueur
plus qu'estimable, et bien fait pour plaire aux femmes,--le sexe le
plus goulu.

            _.... La belle Urinette
        Au corps content, mais pas de peu,
    Car il lui faut sept pouces, moins la tte,
            Pour qu'elle ait un beau jeu._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AVOIR SON PLAISIR. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte
vnrien:

    _Et sachez bien que je mourusse
      Si mon plaisir de lui n'eusse_

      (_Anciens Fabliaux._)

    _Mais Marguerite eut de moi son plaisir._

      MAROY.

    Polyxne, sans tre vue de personne, tira le prtre en sa maison
    pour en avoir son plaisir.

      P. DE LARIVEY.

AVOIR TOUJOURS L'ANNEAU OU LA BAGUE AU DOIGT. Passer sa vie  branler
les femmes, le con tant pris pour un anneau--depuis celui de la femme
d'Hans Carvel.

AVOIR UN ARLEQUIN DANS LA SOUPENTE. C'est--dire, dans le ventre.
tre enceinte d'on ne sait qui,--de plusieurs amants,--de toutes les
couleurs.

AVOIR UN BON DOIGT. Savoir peloter habilement les couilles d'un homme;
faire  merveille la _patte d'araigne_.

AVOIR UN CHEVEU. Avoir un caprice pour une femme, ou pour un homme.

    Elle a un cheveu pour lui.

      CHARLES MONSELET.

AVOIR UNE CRANE GIBERNE. Se dit d'une femme qui a de belles fesses, une
Parisienne callipyge,--naturellement ou artificiellement.

    Elle a une crne giberne, ton adore, faut lui rendre justice:
    tout est-il  elle, dis?

      CHARLES MONSELET.

AVOIR UN FRUIT. Se dit d'une jeune fille qui s'est laiss sduire et
qui a lieu de s'en repentir--neuf mois aprs.

AVOIR UN POLICHINELLE DANS LE TIROIR. Se dit d'une femme enceinte.

AVOIR VU LE LOUP. Se dit d'une fille qui n'est plus vierge, qui connat
depuis plus ou moins de temps les mystres du pantalon de l'homme--d'o
elle a vu sortir, la tte en feu, le poil hriss, son braquemard
enrag.

    Toujours est-il que le loup, qui rdait par l depuis quelque
    temps, sous la blouse bleue et le pantalon de velours pingl
    d'un grand gars de notre village, sortit sournoisement du bois
    des chtaigniers, se montra tout  coup  l'ombre de la haie
    d'aubpines, et--qu'elle vit le loup.

      ALFRED DELVAU.

AZE (L') TE FOUTE. Vieux dicton qui signifie: Va te faire foutre--par
un ne.

    _Ainsi les dieux ont esleu
    Tels oiseaux qui leur ont pleu.
    Priape, qui ne voit goutte,
    Haussant son rouge museau,
    A taston, pour son oiseau
    Print un aze qui vous foute._

      MOTIN.

    _Lors, dit Catin: N'entends-tu pas?
    Quoi? rpond l'autre.--L'aze, coute...
    --Si l'aze pte: dit Colas,
    Parsangui! que l'aze te foute!_

      PIRON.




B


BABINES (Les). Les grandes lvres de la nature de la femme.

    Les deux babines un peu retrousses et colores d'un rouge
    attrayant qui passe un peu au dehors entre les cuisses.

      MILILOT.

BADIGEONNER UNE FEMME. La baiser,--en employant le blaireau et la
peinture  la colle que l'on sait.

    Je veux qu'on me paye, moi! je veux qu'on me badigeonne, moi! et
    que l'on me donne des gants.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BADINAGE (que l'on peut prononcer  l'allemande: _patinage_.) Ce n'est
pas autre chose que la prface de la fouterie elle-mme:

    Cessez ce badinage, Henri, ou je sonne pour appeler mes gens, et
    vous faire jeter  la porte.

      PONSON.

    Rions, plaisantons, badinons, mais n'allons pas plus loin.

      HENRI MONNIER.

    On fut oblig de la marier plus tt qu'on ne pensait, parce qu'en
    badinant avec son accord, elle devint grosse.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Nanon surtout, et c'tait grand dommage,
    N'avait encor tt du badinage._

      GRCOURT.

    _Il se servit de l'heure du berger,
    Et commenait l'amoureux badinage._

      LA FONTAINE.

    _De notre amoureux badinage
    Ne gardez pas le tmoignage,
    Vous me feriez trop de jaloux._

      PARNY.

BAGASSE. Vieux mot pour dsigner une putain:

    ...La plus grande bagasse de la ville.

      BRANTME.

    O Dieu! que l'homme est malheureux qui pouse de telles chiennes
    et bagasses.

      TOURNEBU.

BAGATELLE (La). Le plaisir vnrien, la plus srieuse des occupations
de l'espce humaine.--L'expression appartient  l'argot des filles qui,
elles, n'attachent aucune importance  l'amour.

    _Si j'effleure, dit-elle,
    L'asphalte du trottoir,
    C'est pour la bagatelle:
    Entrez dans mon boudoir._

      A. MONTMONT.

BAGUE. On se sert quelquefois de ce mot pour dsigner les parties
naturelles de la femme.

    _Il s'en alla chercher une place loigne
    Pour enfiler la bague et rembourrer le bas
    De celle qu'il avait choisie pour ses bats._

      THOPHILE.

    _Carvel, j'ai piti de ton cas.
    Tiens cette bague et ne la lches;
    Car tandis qu'au doigt tu l'auras,
    Ce que tu crains point ne sera._

      LA FONTAINE.

    ... Du chevalier s'est accuse, qui, comme l'autre, l'avait bien
    bague.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

BAGUETTE. Le membre viril, avec lequel on mne les femmes qui ne sont
pas sages en frappant sur leur ventre comme sur un tambour.

    _Dans un coin ell' tient les baguettes
    Des deux tambours du rgiment_

      BRANGER.

BAHUT. La nature de la femme, dans laquelle l'homme serre--pour un
instant--sa pine, comme chose prcieuse.

    _Dans son bahut je flottais bien au large._

      (_Chanson anonyme moderne._)

BAHUTER LA PINE (Se). Masturber, ou bander fortement.

    _Car nos coursiers, par l'odeur excits,
    Au grand galop se bahutaient la pine
    Et tour  tour inondaient les pavs._

      ANONYME.

BAISER. Verbe excessivement actif, que l'humanit passe son temps 
conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu'Adam et ve savaient
dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C'est le
_to leacher_ des Anglais, le _far l'atto venereo_ des Italiens et le
_basiare_ des latins.--Quant  son tymologie, elle est d'une clart
blouissante mme pour un aveugle. Agns la devinerait. _Baiser_,
verbe, vient de _Baiser_, substantif, car la conjonction d'en haut
prcde toujours la conjonction d'en bas, et il est impossible  une
femme dont les petites lvres ont t touches par une bouche, de ne
pas laisser toucher ses grandes lvres par une pine. De ceci vient
cela, dirait Hugo.

                  _...Et l'homme mari
    Baise tout simplement, quand il peut, sa moiti._

      PROTAT.

            _...Le galant, en effet,
    Crut que par l baiserait la commre._

      LA FONTAINE.

    _Parbleu, qu'un autre la baise.
    J'aime mieux baiser mes soeurs._

      COLL.

    _Chaud de boisson, certain docteur en droit,
    Voulant un jour baiser sa chambrire,
    Fourbit trs bien d'abord le bon endroit._

      PIRON.

BAISER  BLANC. Se branler,--ce qui est une faon de baiser sans femme,
quand on est homme, sans homme quand on est femme.

BAISER  LA FLORENTINE. Se dit de deux amants qui, en se donnant l'un
 l'autre des baisers sur la bouche, se lancent tour  tour de petits
coups de langue, pour s'moustiller mutuellement et jouir en avancement
d'hoirie.

BAISER  LA PAPA. Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph
Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.

BAISER  L'OEIL. Ne rien payer pour jouir d'une femme galante, comme
font les greluchons.

    _Quand on est jeune on doit baiser  l'oeil;
    A soixante ans la chose est chre et rare;
    Aux pauvres vieux l'amour devient avare._

      (_Chanson d'tudiants._)

BAISER  VIT SEC. Ne pas dcharger dans la matrice de la femme, qui, 
cause des enfants ou seulement par got particulier, prfre manger le
poisson sans la sauce.

    _Ainsi, femme qui dit que le vit sec est bon
    Voudrait ter la sauce et le sel au jambon,
    Ce qu'il est de plus doux en toute la nature
    Et qui donne la vie  toute crature._

      MILILOT.

BAISER EN PICIER. Faire l'amour purement et simplement, comme un
devoir, comme une presque corve,--et non pas en levrette, non pas 
la paresseuse, non pas de cette faon ou de cette autre, invente par
les savants et surtout par les savantes, mais  la mode patriarcale: la
femme dessous et l'homme dessus.

    _Quel moyen puis-je employer
    Pour plaire  mon Antoinette?
    Je la baise en picier...
    Le bougre lui fait minette._

      GUSTAVE NADAUD.

BAISER EN PIGEON. Faire une langue, comme fut baise--d'abord--la
Vierge Marie.

    Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.

      BRANTME.

BAISER OU FOUTRE  COUILLONS RABATTUS, OU COMME UN DIEU. Avec
nergie, sans songer au mari que l'on cocufie ni aux enfants que l'on
procre,--comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et
comme toutes les femmes voudraient bien tre foutues.

    Et maintenant, gonzesse, que je t'ai foutue  couillons rabattus,
    comme tu n'es pas foutue d'tre foutue jamais de ta garce de
    vie.....

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Les hommes, lorsqu'ils ont foutu
    A double couillon rabattu,
    Se lavent dans une terrine._

      DUMOULIN-DARCY.

    Madame Durut, sentant les approches du suprme bonheur, se livre
    au transport, et s'agitant  l'avenant, s'crie: Foutre! c'est
    trop de plaisir! il fout comme un Dieu!

      A. DE NERCIAT.

BAISER OU FOUTRE  LA DRAGONNE OU EN MAON. Jouir d'une femme
immdiatement, monter sur elle brutalement, sans prliminaires d'aucune
sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

BAISER OU FOUTRE  LA PARESSEUSE. Se placer derrire une femme que l'on
veut baiser, couch sur le ct comme elle, entrecroiser mutuellement
les cuisses, insinuer doucement l'outil dans le trou qui l'attend, et
besogner sans effort.

    _Celui dont la pine est mollasse, filandreuse,
    Et lente  dcharger, fout  la paresseuse._

      LOUIS PROTAT.

BAISER OU FOUTRE EN AISSELLE. Tirer un coup dans le pli form par le
dessous du bras et de l'paule.

    _En aisselle, en ttons, le Turc met son braqmard._

      LOUIS PROTAT.

BAISER OU FOUTRE EN CYGNE. Baiser une femme  la faon de Jupiter Lda,
 genoux et ses jambes sur les paules.

BAISER OU FOUTRE EN LEVRETTE. Baiser une femme _in more_--du prince de
_Canino_.

    _En levrette est encore un moyen fort joli
    Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli._

      LOUIS PROTAT.

BAISER OU FOUTRE EN TTONS. Dcharger dans cette petite valle forme
par les deux ttons et qu'on peut rendre aussi troite qu'on veut en
les rapprochant avec les mains.

BAISER SUR LE POUCE. Tirer un coup prcipitamment, l o l'on se
trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.

    Je t'ai baise sur le pouce, a ne compte pas: nous
    recommencerons sur le lit, quand ton mari sera  son bureau.

      SEIGNEURGENS.

BAISEUR, BAISEUSE. Synonyme presque dcent de _Fouteur_, _fouteuse_.

    _Je ne suis rien qu'un ivrogne,
    Quoiqu'on m'estime baiseur._

      (_Parnasse des Muses._)

    _Point d'loges incomplets,
    S'criera cette brunette,
    A moins de douze couplets,
    Au diable une chansonnette!
    Quoi! douze, ou rien? dit un sot.
    Oui, c'est l'humeur de Margot
    Nous t'en promettons treize:
    Viens, Margot, viens qu'on te baise._

      BRANGER.

BALADEUSE. Fille de mauvaise vie,--par allusion  la boutique roulante
des marchandes des quatre saisons.

    Elle t'a trahi sans te trahir. C'est une baladeuse, et voil
    tout.

      GRARD DE NERVAL.

BALANCE DE BOUCHER. Fille publique,--parce qu'elle pse toutes sortes
de viandes, des ququettes de jouvenceaux, des courtes de maons, des
pines d'Auvergnats et des vits de maquereaux.

BALANCER LE CHINOIS (Se). Jouer avec son membre pour jouir, le faire
dodeliner de la tte, comme un poussah, jusqu' ce que, l'rection
arrivant, il se tienne roide comme la justice et pleure silencieusement
toutes les larmes de son oeil unique.

BALANCER SA LARGUE. Se dbarrasser de sa matresse,--dans l'argot des
filles et des maquereaux.

BALANCER UNE FEMME. La renvoyer comme Abraham Agar, soit parce qu'elle
devient gnante, soit parce qu'elle est trop libertine.

    Elle m'a trait de mufle.--Alors, il faut la balancer.

      CHARLES MONSELET.

BALANCER UN HOMME. Le quitter, soit parce qu'il ne vous donne pas assez
d'argent, soit parce qu'il vous ennuie.

    _Toujours d'avance exigeras
    Qu'il fasse tinter son argent;
    Sinon tu le balanceras...
    On ne vit pas de l'air du temps_

      (_Parnasse satyrique._)

BALANOIRES. Simagres que fait une fille qui ne veut pas tre baise,
mais qui veut bien tre paye; promesses de jouissances qu'elle fait au
mich racol par elle.

    _Car je connais ces balanoires,
              Je suis roublard,
    Et j' pourrais crir' les mmoires
              Du lupanar._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BALAYER SES ENFANTS. Enlever avec un balai ou avec un torchon les
gouttes de sperme qu'on a laisses tomber sur le parquet en se branlant
ou en baisant une femme sur une chaise.

BALCON (Faire le). Moyen ingnieux employ par les filles pour faire
savoir  leurs abonns qu'elles sont visibles:--il leur suffit de
mettre au balcon une chaise sur laquelle sera dpose une chemise
ou une jupe commence... puis de retirer le tout quand le client est
entr.

    Je vous dis que vous faites la fentre; on vous a vue au
    _balcon_.

    --Ah! M. le commissaire, comme on vous a tromp: je ne vais
    jamais  ce _bal l_.

      J. CH.

BALLES. Les testicules,  cause de leur forme: c'est avec eux qu'on
fusille les femmes-- bout portant.

BALLON (Avoir du). Se dit d'une femme qui a des fesses normes,
naturelles ou artificielles, comme en ont aujourd'hui, grce  la
crinoline, les Parisiennes, lgantes Vnus hottentotes.

BALLOCHES. Les testicules.--Ce mot vient, soit du verbe

_ballocher_--qui, en argot, veut dire _tripoter_--soit du fruit du
Blocier, qui portait autrefois le mme nom, ou  peu prs le mme
nom, et qui prsente en effet une certaine analogie avec la forme des
couilles.

    Un mdisant dit que l'abb auquel elle vouloit boire,--qui,
     la vrit, avait en ses jeunes ans perdu ses deux tmoins
    instrumentaires... en descendant d'un bellocier, c'est un prunier
    sauvage,--s'appelait monsieur de _Non Sunt_.

      (_Contes d'Eutrapel._)

BALLOTTES (Les). Les testicules, petites balles avec lesquelles les
femmes aiment  jouer et  jouir; quelquefois les ttons des femmes ou
le maniement de cul, ttons, etc.

    Elle lui met la main sur les ballottes qu'il a au-dessous de cet
    engin et les soulve mignardement en les passant et repassant
    doucement entre les doigts.

      MILILOT.

    Les deux ttons, jolies ballottes du plaisir.

      (_Moyen de parvenir._)

    Ils virent en leur prsence ballotter leurs femmes sans y pouvoir
    apporter aucun remde.

      (_Les Caquets de l'accouche._)

BANDER. tre en rection, avoir envie de baiser une femme lorsqu'on
est homme, ou un homme lorsqu'on est pdraste. C'est l'_arrigere_
(relever, hausser, dresser) des Latins.

    _Qu'on le passe aux verges,
    Dit Vnus  part;
    Qu'il soit de ma bande
    Banni sans retour:
    Jamais il ne bande._

      (_Les Archers de l'Amour._)

    Y bande encore... est-y gentil!

      HENRY MONNIER.

    _Tout vis--vis,
    Je rends des vits
    Toujours bandants._

      COLL.

--On a tendu la signification de ce mot, purement vnrienne, et on
s'en sert maintenant au propre et au figur: au propre, comme il vient
d'tre dit; au figur, pour indiquer la violente envie qu'on a d'une
chose.

Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimit du duc d'Orlans,
qui voulait et n'osait pas tre criminel, dit: Ce d'Orlans est un
Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n'ose le dcharger. _Ignavum
equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus
est._

BANDER (Faire). Provoquer l'rection de l'homme par des discours
libertins ou par des attouchements autour des parties sexuelles.

    _L'air est plein d'odeurs spermatiques
    Qui font bander les plus uss,
    Et font sortir de leurs boutiques
    Les bourgeois les plus empess._

      (_Parnasse satyrique._)

BANDE--L'AISE. Homme qui n'est que mdiocrement port par son
temprament vers les choses de la fouterie, et qui bande plus
volontiers avec son cerveau qu'avec son membre--comme la plupart des
crivains.

        _Qu'on me baise,
      Mon con, Nicaise,
    Se prsente  toi...;
        Viens, bande--l'aise,
      Vite, mets-le-moi._

      PIRON.

    _Monsieur dit des bons mots souvent,
    Mais monsieur bande rarement;
    Monsieur a de l'esprit: j'en suis
        Bien aise, bien aise,
    Mais comme la peste, je fuis
        Un bande--l'aise!_

      COLL.

BANDER COMME UN CARME. Bander trs fort, comme savaient bander jadis
les carmes, chaux ou dchaux,--chauds surtout,--grce  la continence
qu'ils taient forcs d'observer.

BANDER DE LA GORGE. Se dit d'une femme dont les seins se durcissent et
se dressent sous l'impression du dsir ou du plaisir.

BANDER SON ARC. Bander,--le membre viril tant pris pour flche et la
nature de la femme pour cible.

    _Alors, bandant mon arc sous un autre balcon,
    Je ne daignerai plus, vers le but de ton con,
            Lancer la flche de ma pine._

      EMMANUEL DES ESSARTS.

BANDOCHER. Avoir des vellits d'rection; n'tre pas en train; bander
faiblement, difficilement.

    ... Elle recrait son impotente lubricit en lui chatouillant le
    scrotum et les testicules, ce qui le faisait bandocher.

      (_Anti-Justine_, p. 123.)

BAQUET. La nature de la femme dans laquelle l'homme dcharge ses
ordures liquides:

    ... Dans le baquet desquelles il et volontiers lav son vit.

      (_Contes de la reine de Navarre._)

BARATTER. Baiser une femme, parce que, dans l'action amoureuse, la pine
de l'homme, en allant et en venant dans le con de la femme, o il a
dj dcharg, a l'air de battre du lait dans une baratte et de faire
du beurre. Ce n'est pas du beurre qu'il fait, en barattant ainsi, c'est
du fromage.

BARBE DE LA FEMME (La). Les poils de sa motte,--qu'elle se garde bien
de couper et encore moins d'piler,  l'exemple des femmes d'Orient:

    _Sur ta laine annele et fine
    Que l'art toujours voulut raser;
    O douce barbe fminine!
    Reois mon vers comme un baiser._

      TH. GAUTIER.

BARBEAU. Souteneur de filles; membre de la grande famille des
maquereaux--qui n'a rien de commun, que le nom, avec la grande famille
des scombrodes.

    _Pgr' et barbeaux, aboulez au Sauvage,
    Et sans traquer livrez-vous au plaisir;
    On aurait tort de vouloir tre sage,
    Puisqu'aprs tout, on sait qu'il faut roidir._

      A. DUMOULIN.

BARBILLON. Souteneur de filles; homme qui vend sa protection aux
putains.--Du moment qu'il a t convenu qu'on appellerait ces drles-l
_maquereaux_, comme le maquereau est un poisson, on les a appels aussi
d'autres noms de poissons: on les a mme appels _poissons_ purement et
simplement.

    _Quoi! pour aller danser, ma chre,
    Tu abandonnes le persil,
    Et de ton barbillon de pre,
    Tu ne conserves aucun souci._

      A. DUMOULIN.

BARDACHE. Pdraste actif ou passif, au choix--des autres.

    C'est l un cul de chtr ou de bardache, si jamais il y en a eu.

      LA POPELINIRE.

    _Le capitan tait bardache.
    Godefroy, seigneur de Bouillon,
    L'encula dans une patache._

      B. DE MAURICE.

BAS (Le). La nature de la femme,  cause de sa situation.

    Gargamelle commena  se porter mal du bas.

      RABELAIS.

    Elle s'accointa de l'un des clercs, lequel par aventure lui
    mettait l'intelligence de ces mots en la tte par le bas.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

BASSIN. La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop
souvent.

    J'eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.

      TABARIN.

BATAILLE. Sous-entendu _amoureuse_. L'acte vnrien, d'o nous sortons
lasss, mais non rassasis; vaincus faute de munitions, mais non
dgots.--On dit aussi: _Jouer  la bataille_.

    La lance au poing il lui prsente la bataille.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Lors s'crie en riant: Je vois en ce rduit
                        Un lit,
            Qui servira toute la nuit
            De champ  sanglante bataille._

      LA FONTAINE.

BATAILLE DE JSUITES, CINQ CONTRE UN (Faire la). Se masturber, les
jsuites ayant invent le plaisir solitaire--aprs Onan.

BTER L'NE. Faire l'acte vnrien.--L'expression date probablement du
conte de La Fontaine, le _Bt_,--imit de Broalde de Verville.

BTI. Membr convenablement: se dit en parlant d'un homme qui a tout ce
qu'il faut pour faire jouir une femme.

    _La rsistance est nulle, ou trs lgre;
    Tu vois pourtant comme je suis bti._

      PARNY.

BTON. Le membre viril,  cause de ses frquentes rections qui
lui donnent la duret du bois--dont on fait les cocus. Les femmes
s'appuient si fort dessus qu'elles finissent par le casser.

    _Vous connaissez, j'en suis certaine,
    Derrire un petit bois touffu,
    Dans le dpartement de l'Aisne,
    Le village de Confoutu.
    Par suite d'un ancien usage
    Qui remonte au premier humain,
    Tout homme y fait plerinage,
    La gourde et le bton en main._

      EUGNE VACHETTE.

BTON (Faire). Bander.

    Le temps... o la premire guenon venue qui me mettait la main
    dessus me f'sait faire bton pendant quinze jours.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _J'crois ben qu' la seul' mdecine
    Qui pourrait m' gurir tout d' bon
    Et m'empcher d'fair' bton,
    Ce s'rait d' fair' sombrer ma pine,
    Capitain', dans un pied d' con._

      G. DE LA LANDELLE.

BTON  UN BOUT. Le membre viril,--le seul bton qui n'ait qu'un bout,
en effet.

    C'est le bton  un bout qui me pend entre les jambes.

      RABELAIS.

BTON DE SUCRE DE POMME (Le). Le membre viril,-- cause de sa forme,
de sa longueur et du got sucr qu'il a en fondant de plaisir dans la
bouche de la femme qui le suce.

    _Fillettes, qui mourez d'ennui
    Et languissez dans la retraite,
    Pour mieux dormir toute la nuit,
    Il faut employer ma recette:
    Si vous dsirez un amant,
    Si tout bas votre coeur le nomme,
    A vos maux il faut un calmant...
    Prenez bien vite, mon enfant,
    Un bton de sucre de pomme._

      DUMOULIN-DARCY.

BTON PASTORAL. Le membre viril,--avec lequel nous conduisons des
troupeaux de femmes au bonheur.

    Le simple maniement volontaire d'une main blanche et dlicate qui
    se promne autour de leur bton pastoral, est suffisant pour leur
    expliquer tous les mouvements du coeur de leur dame.

      MILILOT.

    Il lui montre son bton pastoral tout rougetre et enfl.

      NOEL DU FAIL.

BATTRE LE BEURRE. Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l'y
agiter avec nergie comme dans une baratte.

    _D'un moule  merde il fait un moule  pine
    Et bat le beurre au milieu d'un tron._

      (_Parnasse satyrique XIXe sicle._)

BATTRE SA FLME. Courir le guilledou, aller dans les quartiers o la
femme donne le plus.

    Eh bien! puisque je suis en train de battre ma flme, je vais
    connatre cette maison.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BATTRE SON QUART. Se dit des filles de bordel, qui descendent  tour de
rle, pendant un quart d'heure ou une demi-heure, sur le trottoir, o
elles raccrochent les passants.

    Dorante, en se promenant devant la maison au grand numro, croise
    Sylvia, qui bat son quart.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BATTRE UN BAN AU MICH. Le prparer  la jouissance suprme par des
attouchements habiles et souvent rpts.

    _Je sais attacher un ruban
    Selon la grosseur d'une pine;
    Au mich je sais battre un ban,
    Je sais tortiller de l'chine._

      (_Parnasse satyrique._)

BAUDE (La). La vrole,--dans l'argot des voleurs, qui se rapproche
plus qu'on ne croit du vieux langage, puisqu'on trouve dans
Eutrapel: Je cuidai avoir le _baut_, c'est--dire avoir gagn le mal
padouan.--_Baude_ ne serait-il pas une syncope de _ribaude_?

BAUDRUCHE. Pellicule de boyau de mouton, que l'on neutralise pour en
faire des _choses_ trs utiles:--des capotes anglaises.

      V. MILLAN.

BAUME DE VIE (_ou de vit_). La semence de l'homme,--que donne le _vit_
et qui donne la _vie_.

    C'tait pour me procurer mille morts dlicieuses, qu'il mnageait
    avec art ce baume prcieux qui donne la vie.

      (_Flicia._)

BAZAR. Bordel,--qui est en effet un endroit o l'on expose la femme
comme marchandise.

    Je suis la patronne de ce bazar, la mre de dix-huit petites
    dames.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BEAU CORPS (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand
on veut s'excuser d'avoir couch avec elle une fois ou d'y coucher tous
les jours.

BEAUT VNALE. Femme qui fait mtier et marchandise de ce qu'elle
devrait donner pour rien,--l'homme, aprs tout, ne faisant pas payer
les services de sa pine, qui valent bien ceux du con.

    _O vous, vnales beauts
    A l'humeur aventurire,
    Vainement vous prsentez
    Le devant ou le derrire
          A l'abb
        La Bdollire,
            L'abb
      Qui sera flamb._

      EMILE DE LA BDOLLIRE.

BEAUTS OCCIDENTALES. Les fesses d'une femme, dont les ttons sont les
beauts orientales.

BEAUTS POSTRIEURES. Les fesses.

    Le grand camarade, tourment de ses dsirs, se mettait
    pralablement au fait des beauts postrieures de la soubrette...
    et cherchait  s'tablir en levrette, mais de petits coups de cul
    le dnichaient comme sans dessein.

      (_Mon noviciat._)

BB. Nom d'amiti que les filles donnent depuis quelques annes aux
hommes avec qui elles baisent,--maquereaux ou michs.

    Thodore, c'est mon bb; M. Martin, c'est mon monsieur.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Un mot dont on nous favorise,
    Mot aux nourrices drob,
    C'est, aurait-on la barbe grise:
    --Comment a va? Bonjour, bb._

      FR. DE COURCY.

BCOT (Donner un). Baiser la tte d'un vit comme on baise le bec d'une
clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller
longtemps: d'abord _moderato_, puis _allegretto_, _vivace_..... chaque
pause vaut un soupir.

    _Et quand je lui donne un bcot,
        Comme il lve la tte,
              Jacquot!_

      AL. DALS.

BCOTTER. Donner des bcots.

            _Petit bossu
            Noir et tortu,
          Qui me bcottes
        Et fripes mes cottes;
    Petit bossu, noir et tortu,
    De me baiser, finiras-tu?_

      BRANGER.

BGUIN (Avoir un). Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu'on est
femme, avec une femme lorsqu'on est homme.

    Ah! je ne sais pas quand il se passera, mais j'ai un fier bguin
    pour toi, va!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELINER. Faire l'acte vnrien, l'acte bestial par
excellence,--_belluinus_.

BELLE EN CUISSES. Galanterie que les gens du peuple adressent
volontiers  une femme--dont ils n'ont pas encore relev la robe.

    J' prendrais bien quque chose, moi... Et toi, la belle en
    cuisses?

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELLE ENFANT. Nom que l'on donne  une jolie fille, tant qu'elle est en
ge de faire _l'enfant_, ou de faire _un enfant_.

        _Ma belle enfant!_

    Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et
    impossibles, depuis la _Pie voleuse_, jusqu' la _Grce de
    Dieu_, etc., etc. Dans cette dernire pice, elle s'adresse 
    mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme
    mademoiselle Georges:--_La belle enfant!_

BELLE SOUS LE LINGE (tre). Ne rien perdre de ses sductions en se
mettant nue devant un homme qui vous a trouve belle habille.

    Il y avait  ct de son nom: bonne crature, assez belle sous le
    linge, mais gauche et sans mouvement.

      LA POPELINIRE.

BELUTER. Faire l'acte copulatif, pendant lequel on remue
beaucoup,--_volutare_.

BNIR DES PIEDS. Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l'homme
et la femme gigotent des jambes, comme s'ils voulaient envoyer leur
bndiction _urbi et orbi_.

BNITIER. La nature de la femme, que nous emplissons de sperme
bnit--par elle.

    _Je crois bien que notre gros vicaire
    Aura mis le doigt au bnitier._

      BRANGER.

            _... Aussi, ma foi,
       Laissez-moi mettre un doigt
    Au bnitier de ma belle Lise._

      EMM. DELORME.

BQUILLE DU PRE BARNABA (La). Le membre viril de tous les hommes, sur
lequel s'appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employe
ds l'poque de la rgence dans de nombreuses chansons.

    _J'ai perdu ma bquille,
    S'criait Barnaba;
    Quelle est l'honnte fille
    Qui la rapportera?_

      COLL.

    _Marc une bquille avoit
    Faite en fourche, et de manire
    Qu' la fois elle trouvoit
    L'oeillet et la boutonnire._

      GRCOURT.

BERLINGOT. Le membre viril.

BESACE. Ttons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles
se touchent; ou bien le ventre d'une fille enceinte.

      _Finalement, v'l Boniface
      Qui s' prsente et veut m'pouser:
      Comme il faut qu' chacun port' sa b'sace,
      Je m' promets bien d' l'utiliser.
    Un mal de coeur, suit' d'un' scne amoureuse,
    Rendit bientt ma position chanceuse..._

      PH. VIONET.

BESOGNE. L'acte vnrien, que nous accomplissons sans douleur--mais non
sans fatigue. C'est ce que Fourier appelle le _travail attrayant_.

    Quand ils ont bien travaill et qu'ils sont saouls de la besogne.

      TABARIN.

    _De le faire cent coups, voire  beau cul lev,
    Avec votre Brillant, qui besogne en crev._

      TROTTEREL.

        _La belle en train de bien apprendre,
      Serrait Lucas, qui, las de besogner,
    Par un air abattu lui fit assez comprendre
        Qu'on ne peut toujours enseigner._

      VIDA.

BESTIALIT. Crime honteux que l'on commet avec une bte.

    Rien ne fut plus commun au moyen-ge que ce crime que l'on
    punissait de mort quand il tait patent et confirm par le
    tribunal.--Les registres du Parlement sont remplis de ces
    malheureux qu'on brlait avec leur chien, avec leur chvre,
    avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie!--On aurait
    volontiers pardonn  la bte plutt qu' l'homme; mais on
    la tuait de peur qu'elle ne vint  engendrer un monstrueux
    assemblage de la bte et de l'homme.

      PIERRE DUFOUR.

    La lutte s'engage, les coups se portent, la bte devient l'gale
    de l'homme, Sainte est embestialise... ensingine.

      ALFRED DE MUSSET. (_Gamiani._)

BTE (La). La femme,--aprs l'homme.

    _Le plus sot animal,  mon avis, c'est l'homme._

      BOILEAU.

        _Si je veux croire les railleurs,
      Elle a fort peu de cheveux  la tte;
    Les sujets qu'on en dit ne sont pas des meilleurs;
    Ce n'est pas bien l'endroit par o j'ai vu la bte,
    Mais elle en a beaucoup ailleurs
    O elle est souvent arrose
    Par la plus douce des liqueurs._

      (_Le Zombi du grand Prou._)

    _Ciel! poursuit-il, quand est-ce qu'on
    Pourra dsabuser le monde
    De foutre ces btes  con
    Des animaux le plus immonde._

      COLL.

BTE  DEUX DOS (Faire la). Faire l'acte vnrien, pendant lequel les
deux fouteurs, colls ensemble par le ventre, ont l'air de n'avoir
que des dos.--L'expression a de l'usage. Coquillart s'en est servi,
Rabelais aprs lui, et, aprs Rabelais, Shakespeare--dans la premire
scne d'_Othello_:

    Your daughter and the Moor are now making _the beast with two
    backs_...

On s'en sert toujours avec avantage dans la conversation.

BTISES (Dire des). Tenir des propos gaillards, qui font rougir--et
godiller--les dames.

BTISES (Faire des). Patiner une femme, peloter un homme; baiser;
sodomiser.

    Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon; si nous
    voulons, nous ferons des btises.

      H. MONNIER.

    _Lors le prlat, relevant son tole,
    Aprs m'avoir caress le menton,
    M' fit des btis's au pied du Capitole:
    J'ai, mes amis, toujours t cochon._

      (_Parnasse satyrique._)

BIBI. Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des
vieillards--le _giton_ du Satyricon, le _Ganymde_ de Jupiter,
l'_officiosus_ des bains publics,  Rome;--ou mignon de dame.

BIBITE. Le membre viril--quand il n'est plus ou quand il n'est pas
encore assez viril.

    _Ta pine n'est plus qu'une humble bibite
    Indigne d'entrer dans mon entonnoir._

      ANONYME.

              ... _Il est appel...
    La bibite au petit par la bonne d'enfant._

      LOUIS PROTAT.

BICHETTE. Le membre viril,--ou plutt, pour lui restituer son vritable
sexe, la pine.--Cette expression, maintenant rpandue  Paris,
appartient  Nadar,  qui l'on prte des conversations intimes avec
Mlle Bichette. Un couplet d'Alexandre Pothey la consacre:

    _Avis aux dam's! qu'on se le dise!
    Nadar a l' sac, et pour de bon!
    Le Monstre Vert, Frisette, lise,
    Jusqu' l'antique Pavillon,
    Pour clbrer ce jour de fte,
    S'en vont fair' la cour  Bichette!
    D'tre avale elle a le trac!
              Nadar a l' sac!_

BICHON. Jeune homme qui sert aux plaisirs d'un homme mr. C'est
le giton moderne.--C'est aussi l'amant de coeur, le petit chien
complaisant des femmes qui aiment  se faire _bichonner_, c'est--dire,
lcher le cul.

BIDAULT. Vieux mot hors d'usage employ dans un sens obscne pour
dsigner:

1 Le membre viril.

    Celle-l vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.

      P. DE LARIVEY.

2 La nature de la femme.

    _Si j'avois vu votre bidault,
    Je serois guri, ce me semble,
    Mais pour voir un peu s'il ressemble
    A celui de ma mnagre._

      (_Farces et Moralits._)

BIDET. 1 Cuvette de forme ovale, ordinairement enchsse dans un
tabouret de mme forme, au-dessus de laquelle la femme se place 
califourchon pour se laver--aprs le cot.--Ce meuble indispensable,
essentiel, tait connu des Romains, qui se lavaient _post rem veneream,
et quasi religiose_. Sa forme tait  peu prs la mme qu'aujourd'hui.

    _Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet,
    Enlveront bientt, et la trace, et l'effet._

      LOUIS PROTAT.

    _Femme prudente se sauve,
    A dada sur son bidet._

      A. JACQUEMART.

2 Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au
bonheur.

    _Il est d'une vigueur que rien ne peut abattre
            Que ce drle tait bien mon fait!
    Trois fois sans dbrider il poussa son bidet._

      (_Les Plaisirs du clotre._)

      _A dada,  dada,
    A dada sur mon bidet._

      JACQUEMART.

    _Il la jeta d'abord sur sa couchette,
    Lui prsenta son ptulant bidet._

      (_Le Cosmopolite._)

    _Chaque pre en voyant cette jeune fillette,
    Sent son bidet tout prt  rompre sa gourmette._

      PIRON.

BIEN SERVIR UN HOMME. Le faire bien jouir par des mouvements de croupe
habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes
savantes.

    _Les dames de nos bourgeois,
    Et j'en eus vingt dans un mois,
    M'auraient mieux servi cent fois._

      BRANGER.

BIGARREAU ROUGE (Le). Le gland, lorsqu'il n'est plus recouvert par la
peau du prpuce et qu'il montre aux regards des jeunes filles sa tte
chauve, source de volupt pour elles.

    A force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut
    qui se retire contre le ventre et dcouvre une tte qui est faite
    comme un gros bigarreau rouge.

      MILILOT.

BIJOU. La nature de la femme, pour l'homme; le membre viril, pour la
femme,--deux choses prcieuses.

    _Qu'il soit pauvre, avare ou brutal,
    Un pre au moins donne  sa fille
    Pour en jouir, soit bien, soit mal,
    Un petit bijou de famille._

      E. DEBRAUX.

        _Non, je l'avoue; aussi je te rends grce,
    Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou._

      VAD.

    _Rpondez-moi, tendres amis des dames,
    Si vous me manquiez du plus beau des bijoux,
    Par quels moyens, hlas! leur plairiez-vous?_

      E. T. SIMON.

BIJOU ARTIFICIEL. Phallus de cuir,--_vulgo_ godemich.

    _J'ai des bijoux artificiels
        D'une forte structure
    Qui, dans les cons superficiels
        Remplacent la nature._

      (_Chansons anonymes modernes._)

    _Certain bijou, qui d'un sexe chri
    Offre l'image et le trait favori,
    Sert de Zo la langueur amoureuse._

      PARNY.

BISCOTTER UNE FEMME. La baiser, acte pendant lequel on se remue
fortement,--de l'italien _scuotere_, tymologie tire par les poils.

    Il aimait mieux dpuceler cent filles que biscotter une veuve.

      RABELAIS.

    _Lucrce fait bien de la sotte
    Et ne veut pas qu'on la biscotte._

      THOPHILE.

    C'est celui  qui l'on biscotte la femme.

      NOEL DU FAIL.

BISSAC. La nature de la femme, qu'elle tend si frquemment  l'homme,
pour qu'il l'emplisse--de sperme.

    _Le texte dit que foullando,
    En foulant et fesant zic, zac,
    Le galant se trouve au bissac._

      (_Ancien Thtre franais._)

      _Aprs cinq ou six bons mots
    Fait entrer Genfrey au bissac._

      (_Farces et Moralits._)

BISTOQUER. Vieux mot hors d'usage, signifiant se servir du bistoquet,
espce de queue de billard, employ dans un sens obscne pour faire
l'acte vnrien.

    _Notre mignon lui rpondit
    Que deux fois l'avait bistoque._

      (_Recueil de posies franaises._)

    _Mais au moins, dites-moi, l'a-t-il point bistoque?_

      P. DE LARIVEY.

BISTOQUETTE. La pine.

    _Savez-vous, bons citadins,
    Ce que le dieu des jardins
    A bien plus gros que la tte?
            Turlurette,
        C'est la bistoquette._

      LOUIS FESTEAU.

BLAGUES  TABAC. Se dit des ttons qui ne se tiennent pas assez.

    _Ceux qui disent que les ttons
    Flottent au vent comme des vagues,
    Suzanne, sont des polissons:
    On voit bien que ce sont des blagues._

      ANONYME.

BLANCHISSEUSE DE TUYAUX DE PIPE. Fille ou femme galante qui, d'une
_pipe_ en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une _pipe_ en
cume.

BLONDE. Matresse,--quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son
poil.

        _Puiss-je...
    Cramper dans le cul
        De ma blonde!_

      EMILE DEBRAUX.

BLONDIN. Sducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.

          _L'autr' jour, en rentrant chez moi,
          J' trouv' la cl dans la serrure...
    J'entre et j' vois ma femm' prs d'un grand blondin,
    Tout autre aurait pris la mouche soudain..._

      J. E. AUBRY.

    _De certain blondin la binette
    Me faisait mazurker le coeur._

      S. TOSTAIN.

BLOUSE. La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reoit
les deux billes de l'homme--avec la queue.

    _Que je voudrais avoir aussitt un cu,
    Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse,
    Comme on a mis de coups dedans votre belouse._

      TROTTEREL.

BOBOSSE. Entreteneur, mich srieux.

    _Mais parlez-moi d' ces vieux bobosses
    Qui sans faon vous font prsent
    D'une guimbarde et de deux rosses:
            C'est du nanan._

      MILE DEBRAUX.

BOC, BOCAN, BOUCAN ou BOCARD. Bordel,--dans l'argot militaire ou
populaire.--Voir aussi BOXON et BOUSIN.

    _Le meilleur bocan du Marais
    Devient presque une solitude._

      CYRANO DE BERGERAC.

    _Chez la grosse Cateau, vas-tu donc au bocan?_

      LA FONTAINE.

BOIRE AU GOULOT. Sucer un homme.

    _Mais, grossier comme un matelot,
    Par le rustre je fus force
    De boire  mme le goulot._

      MARCILLAC.

BOIRE DANS LE MME VERRE. Baiser  plusieurs la mme femme,--qui
heureusement a le soin de se rincer aprs que chacun de ses amants a
bu.

BOIRE SEUL. Se masturber, ce qui est jouir en goste, sans trinquer
avec un vagin.

    V'l que j'bande... Ah! n' craignez rien... J' n'ai jamais eu c'
    dfaut-l... Un Franais ne... boit... jamais seul...

      TISSERAND.

BOIRE UN COUP. Gamahucher une femme aprs l'avoir baise, pour se
prparer au second coup. La femme ne s'tant pas lave, on est oblig
d'ingurgiter le rsultat de la premire mission. Ce qui est _rentrer
dans son bien_... avec intrts. Voici  ce sujet une anecdote qui
explique la chose:

    M. Z., couch avec une actrice de la Comdie-Franaise,
    Mademoiselle X, avait dj, courant la poste, fait une course...
    fconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc
    la dame  passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne
    tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna
    pas se dranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s'cria en
    riant:

    Ah! bah!... quand le _coup_ est _tir_, il faut _le boire_!

BOTE. Sous-entendu:  jouissance, ou bien encore, bote  pines. Fille
publique.

BONDON. Employ dans un sens obscne pour dsigner le membre viril.

    A peine sont-elles aussi grandes qu'un tonneau qu'elles veulent
    avoir le bondon.

      TABARIN.

    _C'est mon tonneau, j'en porte le bondon._

      VOLTAIRE.

BONHEUR. ALLER AU BONHEUR. Employ dans un sens obscne pour dsigner
l'acte vnrien.

    Il ne rpondit aux reproches qu'on lui faisait qu'en achevant son
    bonheur.

      DIDEROT.

BONNEAU. Homme serviable qui se charge--moyennant finance--d'aplanir
les difficults que pourraient prouver  se rencontrer une femme
marie et son amant. Son obligeance va mme jusqu' procurer des amants
 celles et des matresses  ceux qui en dsirent.

BONNE ENFANT (tre). C'est, pour une putain, se prter  tous les
caprices libertins de l'homme qu'elle a raccroch.

    _Dboutonn'-toi, tu verras comme
    J' s'rai bonne enfant: j' t'amus'rai bien._

      HENRY MONNIER.

BONNES FORTUNES. Coups qu'un homme tire avec le sexe: autant de femmes,
autant de bonnes fortunes.

    Une jeune fille dira sans rougir, d'un jeune homme:--Il a eu tant
    de bonnes fortunes.--Mais elle se croirait dshonore si elle
    disait de lui:--Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c'est
    exactement la mme chose.

      A. FRANOIS.

    _Chacun rencontre sa chacune,
    Nul ne fut sans bonne fortune._

      VOITURE.

BONNET ou BONNET  POIL. La nature de la femme, que l'homme place sur
la tte de son priape  la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des
bonnets pour toutes les ttes et des ttes pour tous les bonnets.

    _Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet._

      E. DEBRAUX.

    _Tu vas me dire, je le gage,
    Que la chaleur de ton bonnet
    Fera transpirer son... visage_

      GUILLEM.

    _Un bonnet  poil, je te jure,
    Aujourd'hui ferait son bonheur;
    Pour faire admirer sa tournure,
    Coiffe mon petit voltigeur._

      GUILLEM.

      _Mon ourson ne servit plus gure;
      Car, comm' disait notre aumnier:
          J' connais c' pays qu'on prne,
          Novi, Florence, Ancne;
        Mais l'Italien, peu guerrier,
    Rarement coiffe--un bonnet d' guernadier._

      HENRI SIMON.

BONTS. Coups tirs avec un homme. Expression chaste, sens obscne.

    Vous tes un ingrat: je regrette d'avoir eu des bonts pour vous,
    et de vous avoir ainsi donn le droit de me mpriser.

      J. DU BOYS.

BORDEL. Couvent de femmes qui ont fait voeu de lubricit. C'est le
_ganea_ ([Grec: ganos], joie) des Anciens, ordinairement situ loin de
la ville, et la _Borde_ (petite maison) des Modernes, situe aussi dans
la campagne, loin des regards indiscrets.

    L'on envoie sa conscience au bordel, et l'on tient sa contenance
    en rgle.

      P. CHARRON.

    _Misrable Philis, veux-tu vivre toujours
    Un pied dans le bordel, l'autre dans la taverne?_

      MAYNARD.

              _Cependant vengeons-nous
    Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infme._

      LA FONTAINE.

BORDEL AMBULANT. Fiacre, dont les stores baisss permettent aux
amoureux, qui l'ont pris  l'heure pour aller plus doucement, de faire
leurs petites affaires de cul.

BORDELIER ou BORDELIRE. Homme ou femme qui hante les bordels.

BOSSOIRS (Les). Les ttons, par allusion aux deux grosses pices de
bois qui servent  suspendre et  hisser les ancres d'un navire et
qui font saillie au-dessus de l'peron,  l'avant.--D'o cette factie
libertine: Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits.

    _Rembarque-moi ces bossoirs,
    Quoi qu' tu fais d' ces morceaux d' tripe?_

      (_Parnasse satyrique._)

BOTTE FLORENTINE. Enculage d'un homme ou d'une femme,--par allusion
aux habitudes pdrastiques, vraies ou supposes, des habitants de
Florence, une faon de Sodome.

    Peut-tre aussi le plus bizarre de tous les gots pour une
    femme... fait-il qu'elle ne prend aucune prcaution contre la
    botte florentine qui pourrait la menacer.

      (_Les Aphrodites._)

BOUCHE D'EN BAS (La). La nature de la femme,--si loquente dans son
langage muet.

    D'autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de l si ple, qu'on
    dirait qu'elles y ont la fivre.

      BRANTME.

    _Pour rcompenser mon mrite,
    Arrachant les dents bien  point,
    Permettez que je vous visite
    Votre bouche qui n'en a point._

      (_Cabinet satyrique._)

BOUCHE IMPURE (La). Le trou du cul,--qui parle plus souvent qu'on ne
voudrait, et dont le langage n'est en odeur de saintet qu'auprs des
pdrastes.

    Dj le comte, dans un moment de dlire assaisonn des
    exclamations les plus passionnes, est all jusqu' dposer un
    baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en
    pareil cas, il serait disgracieux d'obtenir un soupir.

      ANDRA DE NERCIAT.

BOUCHRE EN CHAMBRE. Fille ou femme galante, qui pse la
viande--masculine--avec la main.

BOUCHERIE. Bordel, o abondent les gros morceaux de viande,--humaine.

    Je vais connatre cette maison et savoir quelle viande il y a 
    son tal,  cette boucherie-l.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BOUCHER LA SERRURE. Mastiquer le vagin de la femme  force de dcharger
dedans, et le rendre impropre  la fcondation.

BOUCHER UN TROU, UNE BRCHE, UNE FENTE. Introduire le membre viril dans
le vagin d'une femme, sous prtexte d'en mastiquer les fissures.

    _Plus loin, j' trouvons madam' vot' mre
    Sous not' aumnier Goupillon;
    J' dis: Vous bouchez un' brch', not' pre,
    Par o pass'rait un bataillon._

      BRANGER.

BOUCHON. Le membre viril, que la nature a destin  fermer
hermtiquement le goulot de la femme.

BOUDER. Joli mot, sotte chose, a dit Commerson.--Laisser voir, par
l'expression de son visage, qu'on a de l'humeur ou du ressentiment
contre quelqu'un.

    _On ne saurait bouder longtemps
    Quand on boude contre son ventre._

      (_Improvisateur franais._)

    Tu sais que ta ci-devant femme, quant  ce qui est d'a (foutre),
    n'aime  bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.

      SOPHIE ARNOULD.

BOUDIN ou BOUDIN BLANC. Le membre viril,--dont toutes les femmes
voudraient bien avoir dix aunes dans le corps.

    Qu'est-ce que vous voulez faire du boudin de mon mari.
    N'avez-vous pas assez du vtre?

      D'OUVILLE.

    Il se retourna vers moi et me fit voir comme un bout de boudin
    blanc qui tait assez long, dont je m'merveillai que je n'en
    avais point de pareil.

      MILILOT.

BOUDINER. Baiser.--Se dit aussi d'une femme qui se sert d'un boudin, au
lieu d'un membre viril, pour se faire jouir.

BOUDOIR. L'endroit rserv, discret, mystrieux, parfum, o toute
femme qui sait vivre reoit l'homme dont elle veut tre aime--
couillons rabattus.

    Eh bien, Montade, n'est-il pas joli, mon boudoir!--Il le sera
    davantage quand nous l'aurons appel par son vrai nom, foutoir.

      LA POPELINIRE.

BOUGEOIR (Le), ou la BOUGIE. Le membre viril--qu'on allume lorsqu'on va
se coucher avec les femmes.

    _J'ai beau te presser le bouton,
    De mon travail, le croirait-on?
        Tu restes spectatrice.
    Pour le coiffer d'un teignoir,
    As-tu jamais pris mon bougeoir?
          H! zon, zon, zon,
          Prends-le moi, Suzon,
        Il faut que a finisse._

      H. SIMON.

BOUGRE. Pdraste,--en souvenir des hrtiques albigeois et bulgares
qui, en leur qualit d'ennemis, taient chargs d'une foule d'iniquits
et de turpitudes par le peuple, alors ignorant--comme aujourd'hui.

    _Des soins divers, mais superflus,
    De Fivs occupent la vie:
    Comme bougre il tache les culs,
    Comme crivain il les essuie._

      ANONYME.

BOUGRERIE. Pch contre nature que commettent, non seulement les
pdrastes, mais mme quelquefois les honntes gens avec les femmes.

    _Un peu de bougrerie
      Est dans la vie
    Quelquefois de saison._

      COLL.

BOUGRESSE. Gourgandine, femme qui aime l'homme.

BOUILLON CHAUD. Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de
la femme.

BOUILLON POINTU. Lavement spermatique; enculage.

    Dieu! qu'est-ce que je sens?--L'apothicaire poussant sa pointe:
    c'est le bouillon pointu.

      (Parodie de _Zare_.)

BOULETTES. Les testicules,--qu'on ne jette pas aux chiens, mais sur
lesquels se jettent ces chiennes enrages d'amour qu'on appelle les
femmes.

    Ceux-l que tu voulais dire qui ne dchargent point, sont les
    chtrs,  qui on a coup les deux boulettes et qui ne sont bons
     rien qu' bander quelquefois.

      MILILOT.

BOURDON. Le membre viril,--sur lequel s'appuie si volontiers la femme
qui va en plerinage  Cythre.

    _La croix et le bourdon en main._

      B. DE MAURICE.

    Extasie, fendue par l'norme grosseur du vigoureux bourdon de
    mon dvirgineur, les cuisses ensanglantes, je restai quelque
    temps accable par la fatigue et le plaisir.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

BOURRIQUER. Baiser une femme comme l'ne saillit sa femelle, avec la
mme imptuosit et la mme absence de prcautions--et de dlicatesse.

    _... Aux champs, le paysan bourrique._

      LOUIS PROTAT.

BOURSAVIT. La nature de la femme, qui est en effet une bourse 
vits--ou, pour parler plus pudiquement, une bourse  glands.

    Elle avait corps fminin jusqu'aux boursavits.

      RABELAIS.

BOURSES. Les testicules, qui contiennent la vritable fortune de
l'homme--que peut cependant lui enlever cette banqueroute amoureuse
qu'on appelle la vrole.

              _... Un banquier, un agent
    De change, un financier, disent qu'ils ont des bourses._

      LOUIS PROTAT.

BOUSIN, BOUSINGOT. Bordel, petit bordel. D'o, par extension: _Faire du
bousin_, pour: Faire du bruit,--les bordels n'tant pas prcisment des
Paraclets.

    _Un soir, dans la rue aux Fves,
        Prs d'un bousingot,
    Un' putain me suc' les lvres,
        M' fait l'offr' du dodo._

      SCHANNE.

BOUT. Le membre viril, qui ressemble  un bout de quelque chose--de
bien agrable pour la femme.

    _Le pauvre monsieur Cabout,
            Dont le bout
      Est toujours petit et mou._

      TALLEMANT DES RAUX.

BOUTE-FEU, BOUTE-JOIE. Le membre viril, parce qu'il met  feu et 
flamme l'amadou fminin.

    Cependant, je ne laissais pas de redouter l'instant o mon
    nouvel enfileur m'incrusterait son formidable boute-joie, mais je
    m'armai de courage.

      (_Mon noviciat._)

BOUTIQUE. Employ dans un sens obscne pour dsigner la nature de la
femme.

    Oh! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c'est aujourd'hui
    fte.

      (_Moyen de parvenir._)

    _J'avais pourtant encor bonne pratique,
    Et pour cela ne fermai la boutique._

      J. DU BELLAY.

    _Bien souvent  telle pratique
    Les femmes ouvrent leur boutique._

      (_Varits historiques et littraires._)

    Vertu de ma vie! c'tait une belle boutique.

      TABARIN.

BOUTON. L'extrmit de chaque tton, qui est d'une sensibilit telle,
qu'en le pressant un peu des lvres ou des doigts on en fait sortir un
flot de jouissance.

    _Ce beau sein sur ma bouche,
            Qu'il est pur!
    Ce bouton que je touche,
            Qu'il est dur!_

      GUSTAVE NADAUD.

BOUTON. L'extrmit du clitoris, qu'il suffit de toucher de la langue,
du doigt ou de la pine pour ouvrir  la femme la porte des flicits
divines.--Voir aussi SONNER LE BOUTON.

    Laisse mon bouton... mon tit bouton...

      HENRY MONNIER.

    _Tout s'ouvre: le bouton des roses,
    Et celui des femmes aussi._

      (_Parnasse satyrique._)

BOUTONNIRE. La nature de la femme, en opposition  l'anus, que MM. les
pdrastes appellent l'oeillet.

BOXON. Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s'y
boxe souvent,--et non comme l'avance Francisque Michel, sans preuves 
l'appui, parce qu'il y avait autrefois,  la porte de ces maisons-l,
comme  la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. _buxus_).

    _Y dit qu' dans tous les boxons
    On le r'oit en paillasson._

      DUMOULIN.

BOXONNER. Aller de bordel en bordel; frquenter les filles publiques.
Se dit aussi pour: Baiser.

    _Du dieu Vulcain quand l'pouse mignonne,
    Va boxonner loin de son vieux sournois._

      (_Parnasse satyrique._)

BOXONNEUR. Coureur de bordels.

BOYAU. Le membre viril, qui semble sortir du ventre--et qui y rentre
quelquefois, au grand dplaisir de la femme.

            _Lorsque je bande,
            Je me demande
    Si j'ai dans le boyau pinal
    Tous les sabres de l'arsenal._

      (_Chanson moderne._)

    _Adieu! et jamais plus ne t'advienne entreprendre
    De faire le vaillant, toi qui ne saurais tendre.
    Adieu! contente-toi, et ne pouvant dresser,
    Que le boyau rid te serve pour pisser._

      REMY BELLEAU.

BRAGUETTE. Le membre viril,--par corruption de _brayette_, fente de la
culotte par laquelle matre Jean Frappart met le nez  la fentre quand
il a trop chaud ou qu'il a envie d'ternuer.

    _De l'image de la braguette
    Qui entre, corps, oreille et teste
    Au prcieux ventre des dames._

      (_Ancien Thtre franais._)

    _L'insecte prend le bon moment:
    Il mord si dru, qu' sa braguette
    Le Saint-Pre porte la main,
    Et, sur son auguste roupette,
    Du morpion bnit l'hymen._

      B. DE MAURICE.

BRAISE, BRAISER, ABOULER DE LA BRAISE, de l'argent, dans le langage des
filles, parce que ce mtal brille comme charbon allum--surtout lorsque
c'est de l'or,--et que c'est avec cela qu'on les _chauffe_.

BRANDON et BRANDILLOIRES. Le membre viril, et les testicules, qui
brandillent si voluptueusement sous une main de femme.

    Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon..., qu'il fit
    agir avec toute l'imptuosit qu'un long jene de mer pouvait lui
    fournir.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

BRANDOUILLER. Branler doucettement quelqu'un ou quelqu'une, pour le--ou
la--faire bander et l'exciter  jouir.

    _Qui n'invoque point le secours
    D'une main qui vous le brandouille._

      (_Satan et Eve_, 47.)

    _Le roi disait  la reine Victoire:
                Si tu voulais,
    Une heure ou deux, me brandouiller l'histoire,
                Je banderais..._

    _Plus d'une fois, une main sous ta cotte,
    Tandis que l'autre cartait ton fichu,
    Je caressais et brandouillais ta motte...
    Dis-moi, Marton, dis-moi, t'en souviens-tu?_

      (_Chansons anonymes modernes._)

BRANLER. Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on
est femme, ou les femmes quand on est homme.

    Prends-le donc, petite coquine... L...  poigne!... Branle!
    branle! pour le remettre en train.

      LA POPELINIRE.

              _... ... J'ai vu rarement
    Une putain sachant branler parfaitement._

      LOUIS PROTAT.

    _Un jour que madame dormait,
    Monsieur branlait sa chambrire._

      (_Cabinet satyrique._)

BRANLER (Se). Se servir de la main entire quand on est homme, et
seulement du doigt mdium quand on est femme, pour arriver  jouir sans
collaboration.

    _On n'est jamais si bien branl que par soi-mme._

      GRARD DE NERVAL.

    _Maintenant je suis rduite, farouche,
    A me branler, moi! Que je te maudis!_

      (_Parnasse satyrique._)

BRANLER DU CUL, ou BRANLER LA CROUPIRE. Remuer des fesses, de faon 
faire jouir l'homme qui vous a paye pour cela.

    _Philis veut avoir un cu
    Pour branler une heure du cu_

      THOPHILE.

    _Cette jeune espicire
    Que vous cognoissez bien
    Pour branler la croupire
    A gagn tout son bien._

      (_Chansons folastres._)

BRANLEUR, ou BRANLEUSE. Paillard ou femme qui n'est pas assez belle ou
qui n'est plus assez jeune pour tre baise, ou qui redoute de l'tre 
cause des enfants, et qui fait son mtier de branler les hommes.

    _... On ne devient pas, il faut natre branleuse_

      LOUIS PROTAT.

BRANLOTTE. Action de branler ou de se faire branler.

    Colle-toi sur moi; faisons-nous une bonne branlotte.

      LA POPELINIRE.

BRANLOTTER LE PRPUCE. Oter et remettre le petit chapeau de chair qui
le protge et le rend si tendre au moindre contact.

    _Te souvient-il de ta soeur Luce
    Qui me branlottait le prpuce?_

      (_Parnasse satyrique._)

BRAQUEMARD. Le membre viril,--par allusion  l'pe courte et large
dont on se servait au moyen-ge: c'est avec le braquemard, en effet,
qu'on blesse les femmes au ventre.

    De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes
    claustrales.

      RABELAIS.

    Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Il est nomm. . . . . . . . . . .
    Jacques par le farceur, braqmard par l'tudiant._

      LOUIS PROTAT.

BRAQUEMARDER. Baiser une femme avec nergie et conviction.

BRAS. Le membre viril, qui nous sert  prendre les femmes par
le--sentiment.--On dit aussi un bras d'enfant pour donner une ide de
la longueur et de la grosseur de l'objet.

BRASIER. La nature de la femme, o rgne une chaleur  faire fondre les
pines les plus solides.

    Tant plus mon mari me brle en mon brasier.

      BRANTME.

BRCHE. La nature de la femme, par laquelle l'homme entre dans le
paradis.

    Et passant la main  la brche.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Madame, n'entendez plus rien,
    Laissez donner  votre brche._

      THOPHILE.

BRICOLER UNE FEMME. La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le
vagin.

    Se trouvant en lieu d'assignation o cinq ou six se trouvaient
    pour la bricoler.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Et du tout pour avoir bricol
    Avec une jeune guenon._

      (_Recueil de posies franaises._)

    _Lorsque l'on est las de Catin,
        On embrasse Nicole,
    Qu'on abandonne le matin
        Pour Suzon, qu'on bricole._

      COLL.

BRIGADIER DE L'AMOUR (Le). Le doigt mdium,-- cause de l'assistance
qu'il prte aux amants dans les jeux libertins, puisque c'est avec lui
qu'on branle une femme.

    _Quand amour perd de sa flamme,
    Ce doigt la rveille en vous;
    Lorsque aussi prs d'une dame
    Le dieu cueille un beau laurier
    Ce doigt est son brigadier._

      (_Chansons anonymes modernes._)

BRIMBALLER. Vieux mot hors d'usage signifiant _sonner les cloches_,
employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    Seulement il ne voyoit sa femme brimballant.

      RABELAIS.

    _Et que sur le tombeau, o je reposerai,
    Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles,
    Et de neuf coups de cul son vit je bnirai._

      THOPHILE.

BRIMBORIONS (Les). Les testicules,--qui ont l'air de pendre  la queue
de l'homme comme les pompons  la tte d'un mulet.

    _Peux-tu, me dire aussi tous les diffrents noms
    Que l'on donne parfois aux deux brimborions
    Qui sont pendus aprs?..._

      LOUIS PROTAT.

BROQUE, ou BROQUETTE. Le membre viril--avant qu'il soit
viril.--Monstrelet parle d'une statue d'enfant (le modle de
_Mannekenpis_) qui par sa broquette donnait eau rose.

    Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

      J. LE VALLOIS.

    _Lorsque d'Adam en paradis
    ve soulevait la breloque,
    Qu'importait  son clitoris
    Un noeud, une pine... une broque!_

      PAUL SAUNIRE.

    _Ici-bas, voil notre tat:
    A coup de cul il faut qu'on broque.
    Le plus pauvre sur son grabat
    Se dmne  grands coups de broque;
    Rois, juges, soldats valeureux,
    Musulmans, paens, chacun broque;
    Et le Saint-Esprit amoureux
    Nous a faits chrtiens par la broque._

      PAUL SAUNIRE.

                        _... L'avenir m'inquite...
    De Pincecul, hlas! l'excrable broquette
    Peut n'tre pas..._

      LOUIS PROTAT.

BRLER, ou BRLER UN CIERGE. tre trs amoureux. Tirer un coup avec une
femme,--qui se charge de vous faire couler.

    _Vnus,  ta charmante loi
    Mon coeur n'est point rebelle:
    Je me sens presque malgr moi
    Brler pour chaque belle._

      ARMAND GOUFF.

BUISSON (Le). Les poils qui ornent le mont de Vnus et qui dfendent
souvent l'entre du vagin, quand ils sont mal peigns et mal lavs.

    _C'est l-d'ssus qu' la vieill' femm' se r'jette:
    Son buisson est large et touffu;
    N'et-on plus d' cheveux sur la teste,
    Il faut avoir du poil au cul._

      AUGUSTE LEFRANC.

BURETTE (Petite). Le membre viril, qui contient l'huile essentielle de
l'amour, cette bonne eau (de vit) dont parle Brantme en ses _Dames
galantes_, et qui est si douce sans sucre.

    _Va... ferme! que rien ne t'arrte...
    Fais-moi cadeau d' ta p'tit' burette_

      H. MONNIER.

    J'y vas d'ma burette tous les matins et tous les soirs.

      LEMERCIER.

BUT D'AMOUR, ou BUT DU DSIR, ou BUT MIGNON DE FOUTERIE (Le). La nature
de la femme,  laquelle tendent tous les membres suffisamment virils.

    Et lorsqu'il vit le but d'amour.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Et quand ma main approche
    Du but de mon dsir,
    J'attrape une taloche
    Qui fait toujours plaisir._

      COLL.

    Et qu'en cela presque paraissait le but mignon de ficherie.

      (_Moyen de parvenir._)




C


A (_cela_). _a_, c'est le vit; _a_, c'est le con;--_a_, c'est
tous les agrments de la fouterie qu'on n'ose nommer, parce qu'ils
s'appellent comme _a_.--_Faire a_, ou _cela_, c'est faire l'amour.
Faire _ci et a_, c'est faire _a_... et autre chose.

        _Quand je suis sur_ a,
    _Mon plaisir ne se peut comprendre,
        Et, ma foi, sans_ a,
    _Que pourrais-je faire de_ a?
        _J'aime assez m'y reprendre,
    Pour arriver encore _ a.
        _Afin de mieux m'tendre
        Sur ce beau sujet-l,
          Ah! que j'aime_ a!
    _Ce mot me plat  la folie;
          Il semble dj
    Que je suis  mme de_ a.

      (_Gaudriole de 1834._)

CABINET. La nature de la femme, o l'homme fait ses ncessits
amoureuses,--ce qui donne  ce cabinet une odeur _sui generis_ fort
agrable, quoique un peu violente.

    Le jardinier voyant et trouvant le cabinet aussi avantageusement
    ouvert, y logea petit  petit son ferrement.

      NOEL DU FAIL.

CADRAN. La nature de la femme,  laquelle le membre viril sert
d'aiguille pour marquer les heures minutules du bonheur.

    _Conduis vite l'aiguille au milieu du cadran._

      (_Thtre italien._)

CAF DES DEUX COLONNES. Prendre son caf aux deux colonnes,
c'est--dire gamahucher une femme. Le con sert le caf au lait; les
deux jambes sont l, pour _la forme_, et ne servent que d'enseigne:
_aux Deux Colonnes_.

CAGE. La nature de la femme,--dans laquelle se trmousse si
agrablement le petit oiseau  longue queue que les savants appellent
_penis_ et les ignorants, _pine_.

    _Des autres perroquets il diffre pourtant,
    Car eux fuient la cage, et lui, il l'aime tant,
    Qu'il n'y est jamais mis qu'il n'en pleure de joie._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Elle le prit de sa main blanche,
    Et puis dans sa cage le mit_

      REGNARD.

    _Lisette avait dans un endroit
        Une cage secrte:
    Lucas l'entr'ouvrit, et tout droit
        D'abord l'oiseau s'y jette._

      COLL.

CALCUL. Plaisir vnrien.

    Les deux amants toient au plus fort de leur calcul.

      P. DE LARIVEY.

            _Je sais quelqu'un
    Qui rend encor le calcul
                  Nul._

      COLL.

CALFEUTRER UNE FEMME. Boucher son trou avec une pine.

    Le garon de boutique calfeutra aussi bien mon bas, que matre
    jur qui soit du mtier de culetis.

      (_Varits historiques et littraires._)

CALLIBISTRI. Le membre viril, ou la nature de la femme.

    Montrant mon callibistri  tout le monde, qui n'tait pas petit
    sans doute.

      RABELAIS.

    Je crois que les callibistris des femmes de ce pays sont 
    meilleur march que les pierres.

      RABELAIS.

CAMELOTTES, le MONDE CAMELOTTE. Celui des femmes galantes d'une
catgorie trs infime. Les fleuves ne peuvent pas remonter  leur
source; les mots y remontent volontiers, au contraire; par exemple
celui-ci. Il est de cration moderne, quant au sens nouveau qu'on lui
a donn sans songer  l'tymologie: or, _camelotte_ vient de _camelus_,
qui veut dire _chameau_.

CAMPAGNES. Les aventures amoureuses d'une femme: autant d'amants,
autant de campagnes--sous de simples soldats comme sous tel ou tel
gnral, militaires ou bourgeois.--Le mot est pris quelquefois dans le
sens de: Annes consacres au service de l'homme,  propos duquel il y
a tant d'enrlements volontaires.

    Madame Durut: J'ai pourtant, comme tu sais, mes petits
    trente-six ans bien compts, dont, grce  Dieu, vingt
    campagnes.

      ANDRA DE NERCIAT.

CANAL. Le membre viril, qui est en effet le canal du bonheur--pour les
femmes. Quel dommage qu'on soit forc de le faire draguer si souvent
par les chirurgiens!

    _Par le_ canal _de son amant
    Le bien lui arrive en dormant._

      COLL.

CANICHON. Con poilu et fris comme un caniche.

    _Est-il bien mchant, ma tante,
          Vot' p'tiot canichon?
    Non, que m' rpond ma parente,
          C'est un vrai bichon.
    N' sens-tu pas sa bouch' qu'est close?
          Entre ton doigt d'dans...
    --Tiens, que j' dis, la drl' de chose,
          Vot' quien n'a point d' dents._

      LON CHARLY.

CANTHARIDE. Insecte qui, rduit en poudre, est un aphrodisiaque
nergique et dangereux qu'emploient les gens puiss par les excs
vnriens pour en recommencer d'autres.

    _La cantharide est,  Cythre,
    En usage comme  Paris;
    Son effet est trs salutaire,
    Surtout pour nous autres maris.
    Ce bonbon me change en Alcide!
    J'tais si faible auparavant...
    En avant de la cantharide!
    Oui, la cantharide en avant!_

      J. DU BOYS.

CAPOTE. Autrement dit, _redingote anglaise_. Prservatif en baudruche
ou en caoutchouc histori, dont on habille le membre viril, toutes les
fois qu'on le conduit au bonheur,--ce qui ne le prserve pas du tout de
la chaude-pisse ou de la vrole, d'aprs l'opinion du docteur Ricord,
autorit comptente en cette matire, qui a dit: La capote est une
cuirasse contre le plaisir et une toile d'araigne contre la vrole.
Les frres Millan, gros et petits, sont seuls intresss  soutenir le
contraire.

    _Il fuyait me laissant une capote au cul._

      LOUIS PROTAT.

    _Les capotes mlancoliques
    Qui pendent chez le gros Millan,
    S'enflent d'elles-mmes, lubriques,
    Et dchargent en se gonflant._

      (_Parnasse satyrique._)

CAPRICE. Amant ou matresse.

    Mon dernier caprice m'a cass trois dents.

      GAVARNI.

CARABINE. Femme qui frquente les lves en mdecine et se fait
carabiner par eux.

    ... _Son petit air mutin
    Plat fort au quartier Latin.
    C'est Flora, la carabine,
    Dont la mine si lutine,
    Promet  chacun son tour
        Un beau jour d'amour._

      J. CHOUX.

CARABINER UNE FEMME. La baiser  la gendarme, la flte entre les jambes.

    Et tandis que vous jouerez gros jeu avec la princesse, ne
    pourrai-je point carabiner avec la soubrette?

      (_Thtre italien._)

CARACOLER. Baiser, ce qui est proprement faire des caracoles sur le
ventre d'une femme.

CARAMBOLER. Faire l'acte vnrien, parce que l'homme se sert de sa
queue pour jouer au billard amoureux, pour y faire des effets de queue,
pour mettre ses billes dans la blouse de la femme.

CARCAN  CRINOLINE. Nom que les voyous donnent aux drlesses du
quartier Breda, qui font de l'embarras avec leurs crinolines  vaste
envergure sous lesquelles il y a souvent des maigreurs dsastreuses.

    C'est pas un de ces carcans  crinoline.

      CHARLES MONSELET.

CARDINALES (Les). Les menstrues, qui teignent en rouge la chemise des
femmes.--On disait mme autrefois: Le cardinal est log  la motte,
pour signifier: Cette femme a ses menstrues.

    _La jeune fille un peu ple et tout plore,
    A son amant chri fit cet aveu fatal
    Qu'elle avait pour neuf mois perdu son cardinal._

      (_Tour du Bordel._)

CARESSER UN HOMME. Le peloter, lui passer une main adroite dans le
pantalon pour rveiller le membre qui y dort sur ses deux coussins, et
le faire ainsi gaudiller.--Caresser une femme, la baiser,--ce qui est,
pour elle, la caresse par excellence.

    _Chlo, d'o vient cette rigueur?
    Hier tu reus mes caresses,
    J'accours aujourd'hui plein d'ardeur
    Et tu repousses mes tendresses._

      E. T. SIMON.

    _Afin, se disoit-il, que nous puissions, nous autres,
    Leurs femmes caresser, ainsi qu'ils font les ntres._

      RGNIER.

    _J'avois un mari si habile,
    Qu'il me caressoit tous les jours._

      (_Parnasse satyrique._)

    La jeune demoiselle qui avait t si bien caresse, s'imaginait
    que cela devait durer toutes les nuits de la mme faon.

      D'OUVILLE.

    Il les repoussa de la porte, la referma, et retourna caresser la
    belle.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Si vous vouliez madame caresser,
    Un peu plus loin vous pouviez aller rire._

      LA FONTAINE.

                _Que de caresses
                Que de tendresses,
    Pour rchauffer vos coeurs, vieux dputs!_

      GUSTAVE NADAUD.

CARILLONNER. Baiser une femme, en frappant les parois de sa cloche avec
le battant priapesque.

    Et il carillonne  double carillon de couillons.

      RABELAIS.

    N'est-ce pas un sujet de rire, lorsqu'on est sur le point de
    carillonner  ma paroisse.

      D'OUVILLE.

CAROTTE. Le membre viril,--par allusion  sa forme et  sa couleur.

    Pourquoi la retires-tu, ta petite carotte? Je ne voulais pas te
    la manger.

      E. JULLIEN.

CARTE (Avoir sa, ou tre en). tre inscrite comme fille exerant le
mtier de putain, sur le registre _ad hoc_ ouvert  la prfecture de
police.

                  ... _Ds demain
    Je ferai demander ta carte  la police,
    Et tu pourras alors commencer ton service._

      LOUIS PROTAT.

CARTES TRANSPARENTES. Cartes  jouer qui, au premier abord, ressemblent
 d'innocentes cartes, mais qui, lorsqu'on les regarde avec attention,
entre le soleil et les yeux, sont autant de _compulsamenti_  fouterie.

    Elle fait dfiler devant ses yeux une foule de cartes
    transparentes, qui sont autant des outrages au bon got qu'aux
    bonnes moeurs.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CAS. Le membre viril aussi bien que la nature de la femme.

    _Un capucin, malade de luxure,
    Montroit son cas, de virus infect..._

      PIRON.

    _Je croyois que Marthe dt tre
    Bien parfaite en tout ce qu'elle a;
    Mais,  ce que je puis connotre,
    Je me trompe bien  cela,
    Car, bien parfaite, elle n'est pas
    Toujours en besogne  son cas._

      BERTHELOT.

    Qui a froid aux pieds, la roupie au nez, et le cas mol, s'il
    demande  le faire, est un fol.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Mon cas, fier de mainte conqute,
    En Espagnol portoit la tte._

      RGNIER.

    Il avoit sa femme couche prs de lui, et qui lui tenoit son cas
     pleine main.

      BRANTME.

    _Les tetons mignons de la belle,
    Et son petit cas, qui tant vaut._

      MAROT.

    Le cas d'une fille est fait de chair de ciron, il dmange
    toujours; et celui des femmes est de terre de marais, on y
    enfonce jusqu'au ventre.

      BRANTME.

    La servante avait la rputation d'avoir le plus grand cas qui ft
    dans le pays.

      D'OUVILLE.

CASCADEUSE. Drlesse du quartier Breda, qui se joue de l'amour et des
amoureux.

    Ne t'y fie pas: c'est une cascadeuse.

      CHARLES MONSELET.

CASQUER. Donner de l'argent  une femme galante quand on est mich,
 un maquereau quand on est femme galante. Casquer, c'est tendre son
casque; tendre son casque, c'est tendre la main: la fille d'amour tend
la main, et l'homme qui bande y met le salaire exig, pour avoir le
droit d'y mettre sa queue.

    En ai-je t'y reu de l'argent des menesses!... Oui, elles ont
    casqu, et dru!...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CASSE-NOISETTE. Habile contraction du sphincter du vagin qui retient
prisonnier le membre viril qui s'est engag, la tte la premire,
dans ces mystrieuses Thermopyles, et le force ainsi  combattre
vaillamment--et  jouir.

    L'art du casse-noisette remonte  la plus haute antiquit;
    quelques femmes modernes le pratiquent encore avec succs, avec
    moins de succs cependant que les Chinoises, qui sont conformes
    de faon  faire gaudiller le Chinois le plus court du Cleste
    Empire.

      A. FRANOIS.

    _Je possde l'art du casse-noisette,
    Qui ferait jouir un noeud de granit._

      ANONYME.

CASSER LE LIT. Baiser avec nergie,  tout casser, le sommier lastique
et le cul de la femme--plus lastique encore.

    _Sur le lit que j'ai pay
    Je ne sais ce qui se passe:
    A peine l'ai-je essay,
    Que le bougre me le casse._

      GUSTAVE NADAUD.

CASSER UN OEUF. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    Je ne vous ferai point de mal, je veux casser un oeuf, qui est
    prs de durcir dans votre ventre.

      (_Moyen de parvenir._)

CASTRAT. Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs
testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus 
force d'avoir band dans le cours de leur vie.

    _Dans ton thtre, o rgnent les castrats._

      JOACHIM DUFLOT.

    _Es-tu pdraste ou castrat, voyons?
    Un pareil tat m'excite et m'offense:
    Descends de mon lit, ou bien rouscaillons._

      ANONYME.

CATAU, ou CATHOS, ou CATIN. Fille ou femme lgre--comme chausson.--Nom
de femme qui est devenu celui de toutes les femmes--galantes.

    _Je vous chanterai, dans mes hexamtres,
    Superbe catin dont je suis l'amant_

      (_Parnasse satyrique._)

    _Une catin, sans frapper  la porte,
    Des cordeliers jusqu'en la cour entra._

      MAROT.

    _Parmi les cataux du bon ton,
    Plus d'une, de haute ligne,
    A force d'tre patine
    Est flasque comme du coton._

      EMILE DEBRAUX.

    Retiens cette leon, Philippine: quelque catin que soit une
    femme, il faut qu'elle sache se faire respecter, jusqu' ce qu'il
    lui plaise de lever sa jupe.--Je pense de mme...

      ANDRA DE NERCIAT.

          _... En tout, tant que vous tes,
    Non, vous ne valez pas,  mes femmes honntes,
          Un amour de catin._

      ALFRED DE MUSSET.

    _Des catins du grand monde
    J'ai tt la vertu._

      MILE DEBRAUX.

CATZE. Mot  la fois flamand et italien (_cazzo_), signifiant le membre
viril.

    _A ton catze prends la carrire,
    Pour t'enfoncer en la barrire
    De mon chose._

      THOPHILE.

CAUSER. Faire l'amour. C'est par antiphrase, sans doute, puisqu'on ne
parle gure lorsqu'on baise: on a trop  faire pour cela.

    Asseyons-nous sur ce canap, mon ami, et... causons.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    Il dit  Baron que, quoiqu'il fatigut beaucoup  la comdie, il
    aimerait mieux tre oblig d'y danser tous les jours, que d'tre
    seulement une heure  causer avec la marchale.

      (_La France galante._)

CAUSEUSE. Femme chaude du cul.

    Il n'en fut pas de mme du Basque, qui trouvait que la marchale
    tait une causeuse inexorable.

      (_La France galante._)

CDER  UN HOMME. Se laisser baiser par lui,--c'est--dire par son
membre, qui sait mieux accoler que la bouche.

    _Victime d'une ruse indigne,
    La trop confiante Lda
    Croyait ne caresser qu'un cygne,
    Quand  Jupin elle cda._

      JULES RUEL.

CECI, ou CELA. Le membre viril--avec quoi on fait cela aux dames,--ou
bien la nature de la femme.

    _Parbleu, dit-il, prenez ceci,
    Il est d'assez bonne mesure._

      GRCOURT.

    Si vous mettez la main au devant d'une fillette, elle la
    repoussera bien vite et dira: Laissez cela.

      (_Moyen de parvenir._)

        _... Il est nomm Pine par la lorette;
    Un Chose, ou bien Cela, par une femme honnte._

      LOUIS PROTAT.

CENTRE. La nature de la femme, qui est en effet l'ombilic du monde;
tout part de l, et tout y est ramen.--On dit aussi, mais c'est une
superftation: _Centre de dlices_.

    D'un seul coup, Rose rejeta la couverture; il ne s'attendait pas
     nous voir totalement nues, et nos mains places au centre de la
    volupt.

      (_Rideau lev._)

    Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa dbauche,
    voyait tout  coup sa rivale perdue fondre sur elle, la
    culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la
    dvorer jusqu'au centre le plus secret des plaisirs, se plaant
    toujours de manire  recevoir les mmes attaques.

      (_Gamiani._)

CRMONIE. L'acte le plus important de la vie, celui qui se fait avec
le plus de pompe--quand on a affaire  une bonne suceuse.

    J'en connais qui sont adonnes  la crmonie--Qu'entends-tu
    par la crmonie? interrompit-elle--C'est, Madame, repris-je, de
    donner le fouet ou de le recevoir.

      (_Moeurs du temps_, I, 159.)

    _Que bonne part de la crmonie
    Ne ft dj par le prtre accomplie._

      LA FONTAINE.

CERNER LES YEUX (Se). Se masturber,--ce qui _culotte_ furieusement les
yeux, en effet.

    Voil que j'bande... Ah! n'craignez rien, j'n'ai jamais eu
    c'dfaut-l... Et puis... a cerne les yeux.

      TISSERAND.

CERTAIN BOBO. La vrole, qui est un mal certain. Piron l'appelait un
_petit mal gaillard_.

    _Un jeune lve d'Esculape
    Me gurit de certain bobo...
    Un beau jour, il me dit: Ma chre,
    En moi, vos yeux ont excit
    Certain feu. Je le laissai faire,
    Pour m'assurer de ma sant._

      (_Gaudriole de 1834._)

CERVELAS. Nom que donnent au vit la plupart des cuisinires; aussi bien
que: _boudin_, _saucisson_, _andouille_, _bout de viande_, etc., selon
la forme, la longueur ou la grosseur de l'objet, qui est un produit de
la _cochonnerie_.

    _Oui, mon cher,  vot' cervelas
      On a fait un' rud' brche...
    Vous n' me l'mettrez pas, Nicolas:
      Je n'aim' que la viand' frache._

      J. E. AUBRY.

CESSER DE L'TRE. Ne plus tre pucelle.

    Je le suis encore, m'a-t-elle dit en riant, je voudrais cesser de
    l'tre par un joli homme comme toi.

      RTIF DE LA BRETONNE.

CHAHUTEUSE. Coureuse de bals publics, qui danse volontiers la chahut au
lit.

CHAIR. Le membre viril, que les femmes ne craignent pas de consommer
mme en Carme,--parce que ce jene-l serait de tous le plus pnible
et le plus impossible.--D'o l'expression biblique d'_oeuvre de chair_.

    _Bon, bon! sur ce ton-l, la petite friande,
    Il lui faut la chair vive aprs toute autre viande._

      J. DE SCHLANDRE.

CHALEUR (tre en). Avoir envie d'homme lorsqu'on est femme, de femme
lorsqu'on est homme,--et de chienne lorsqu'on est chien.

    _De sa fcondit la cause
    S'explique en y rflchissant!...
    Il est clair pour l'observateur
    Qu'il doit toujours tre en chaleur._

      LOUIS PROTAT.

CHALUMEAU. Le roseau perc d'un trou avec lequel l'homme joue les airs
varis de la polissonnerie dans le vagin de la femme.

    _Mais son doux chalumeau
    M'ayant d'amour prise,
    Ce n'est rien de nouveau
    Si je fis la sottise._

      (_La Comdie des chansons._)

CHAMBRER. Scurit que l'on prend en renfermant dans sa chambre l'homme
ou la femme qu'on destine  ses plaisirs amoureux, dans la crainte
qu'ils ne portent  d'autres une partie du tribut que l'on se rserve.

    Ailleurs, la comtesse, avec moins d'gards pour son estomac,
    chambre le joli Fessange.

      (_Les Aphrodites._)

    _Sachez, dit-il, que je chambre
    Certaine femme de chambre._

      GRCOURT.

CHAMEAU. Fille de mauvaises moeurs, nomme ainsi par antiphrase sans
doute, le chameau tant l'emblme de la sobrit et de la docilit, et
la gourgandine, l'emblme de l'indiscipline et de la gourmandise.

    _L'autre dit que sa gorge a l'air d'un mou de veau,
    Et toutes sont d'accord que ce n'est qu'un chameau._

      LOUIS PROTAT.

        _Suivre la folie
    Au sein des plaisirs et des ris,
        Oui, voil la vie
        Des chameaux chris
          A Paris._

      JUSTIN CABASSOL.

CHAMP. La nature de la femme, que Dieu a condamn l'homme  labourer et
 ensemencer, ce  quoi il ne manque pas.

    _Si pour cueillir tu veux donques semer,
    Trouve autre champ, et du mien te retire._

      MAROT.

    De manire que mon champ ne demeurt point en friche.

      CH. SOREL.

CHAMP DE BATAILLE. Le lit, sur lequel se tirent tant de coups et, tout
au contraire de l'autre, se fabriquent tant de cratures humaines.--On
employait autrefois ce mot pour: la nature de la femme.--L'expression
moderne est plus exacte.

    Il fallut abandonner le champ de bataille et cder Haria.

      DIDEROT.

    Quoiqu'il me part fort dur de quitter le champ de bataille avant
    d'avoir remport la victoire, il fallut m'y dcider pourtant.

      LOUVET.

CHAMPIGNON (Le). Le membre viril,-- cause de sa forme, qui rappelle
celle des cryptogames dont les femmes sont si friandes, surtout quand
ce sont des champignons de _couche_.

    _Si son champignon
    Ressemble  son piton.
        Quel champignon,
          Gnon, gnon,
        Qu'il a, Gandon,
          Don, don!_

      ALEXANDRE POTHEY.

CHAMPIGNON. Vgtation charnue et maligne qui vient sur le membre viril
par suite d'un contact suspect.

    _Elle n'eut jamais chaude-pisse,
    Ni vrole, ni champignon._

      H. RAISSON.

CHANCRE. Petit ulcre cancreux qui se dclare ordinairement sur le
membre viril  la suite d'un contact malsain et qui, s'il n'est pas
soign, finit par infecter l'conomie.

    _Jamais du moins on ne m'a vu
    Foutre des chaudes-pisses;
    Pleins de chancres et de morpions._

      (_Parnasse satyrique._)

CHANDELIER. La nature de la femme, dans laquelle brle la chandelle de
l'homme.

CHANDELLE. Le membre viril, qui fond--et coule trop souvent--au feu du
vagin de la femme.

    Voici matre cur qui vient pour allumer sa chandelle, ou pour
    mieux dire l'teindre.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _De femmes qui montrent leurs seins,
    Leurs ttins, leurs poitrines froides,
    On doit prsumer que tels saincts
    Ne demandent que chandelles roides._

      G. COQUILLART.

CHANTER L'INTROT. Introduire son membre dans le vagin d'une femme,--ce
qui est le commencement (_introitus_) de la jouissance.

    _Une catin s'offrant  l'accolade,
    A quarante ans, il dit son introt._

      PIRON.

CHAPEAU. La nature de la femme, dont se coiffe si volontiers la tte du
membre viril.

    _Que ta main s'est piqu les doigts
    Au chapeau de la marie._

      BRANGER.

CHAPEAU DE GOUDRON (Avoir un). Enculer un homme ou une femme,--ce qui
couvre le membre viril d'un brai de vilaine couleur et de plus vilaine
odeur.

    _Dans l' trou d' ton cul faut que j' m'affalle;
    Tach' de ravaler ton tron,
    Pour que je n' sorte pas d' la cale
    Avec un chapeau de goudron._

      ALPHONSE KARR.

CHAPELLE. Le con--que l'homme ne voit pas sans ployer les genoux.

    Il tcha de faire entrer son idole dans ma chapelle;  quoi je
    l'aidai en cartant les cuisses et en avanant le croupion autant
    qu'il me fut possible.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

    _Tous les passants dedans cette chapelle
    Voulaient dvots apporter leur chandelle._

      (_La Chapelle d'amour._)

        _Le compagnon lui plut si fort,
    Qu'elle voulut en orner sa chapelle._

      PIRON.

CHAPON (Au figur): Homme chtr ou impuissant.

    En termes de cuisine, l'on appelle chapon le croton de pain
    frott d'ail qui aromatise la salade.

    Un de nos confrres, clbre par sa continence... force, dnait
    dimanche  la campagne.

    --Aimez-vous le chapon? lui demande la matresse de la maison.

    --Oh! non, je ne peux pas le sentir.

    --Parbleu! fit un convive, a lui rappelle Boileau.

      EMILE BLONDET.

    _Pour ma part, moi j'en rponds,
    Bienheureux sont les chapons._

      BRANGER.

CHAPONNER UN HOMME. Le chtrer, lui couper les testicules,--comme le
bon chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.

    Je te chaponnerai, puis je t'arracherai les couilles rasibus.

      LOUIS PROTAT.

CHARADES. Jeu de socit qui, comme tous les jeux innocents, ne
contribue pas peu  l'instruction des jeunes filles.

    On jouait aux charades chez la princesse M...--Une jeune dame
    proposa celle-ci:

    Mon _premier_ est un instrument de plaisir.
    Mon _second_ sert dans les jeux de hasard,
    Et mon _tout_ est le nom d'un grand homme.

    --Je le tiens! s'cria madame A... Et elle articula, presque
    timidement, ces deux syllabes: _Con-d_.

    --C'est assez compris, dit l'auteur; mais il y a quelque chose de
    trop grand et quelque chose de trop petit.

    Une dernire dame hasarda: _Lamotte-Piquet_.

    --Il y a du bon, mais ce n'est pas encore cela. Voyons...
    personne ne dit plus mot?... Eh bien! le nom de mon homme,
    c'est... _Vagin-jeton_.

    La princesse en rit encore!


    Voici une anecdote qui concerne cette aimable femme:

    On lui avait recommand un jeune auteur d'avenir. Celui-ci se
    prsente au jour qu'elle avait fix pour le recevoir.

    --Ah! c'est vous, dit-elle, Monsieur... Monsieur _Lvy_, je
    crois?...

    --Madame, je me nomme _Lpine_.

    --Oh! mon Dieu, reprend la princesse, c'est la mme chose. Il
    me semblait bien aussi qu'il y avait un _vit_ ou une _pine_ au
    bout de votre _L_.--Asseyez-vous donc, je vous prie, et quand je
    connatrai _votre affaire_, je verrai ce que je puis pour vous.

      (_Historique._)

CHARMES. Les ttons, les fesses, etc., de la femme--qui charment en
effet nos yeux et notre imagination.

    Avec beaucoup de _charmes_, c'est--dire de beaut, on peut
    manquer de _charme_: on peut de mme avoir beaucoup de _charme_
    avec trs peu de beaut. Runir _le_ et _les_, c'est la
    perfection  son comble.

      A. DE NERCIAT.

    _Et laisse voir ses charmes, dont la vue
    Est pour l'amant la dernire faveur._

      PARNY.

    _... Y vendre au poids de l'or toutes les volupts,
    Et des charmes, souvent, qu'on n'a pas achets._

      LOUIS PROTAT.

CHARNIRE. Le prine,--c'est--dire, l'endroit qui spare le con du
trou du cul.

    _Elle s'en est tant foutu,
    Qu'ell' s'est rompu la charnire...
    Si bien que du con au cul,
    a n'fait plus qu'une gouttire:
    Bon, bon, de la Bretonnire._

      (_Vieille chanson._)

CHAT. Nom que les femmes donnent  la divine cicatrice qu'elles ont
au bas du ventre,-- cause de son paisse fourrure, et aussi parfois
 cause des griffes avec lesquelles elle dchire la pine des honntes
gens qui s'y frottent.

    _Elle aime tous les rats,
    Et voudrait, la Lesbienne,
    Qu' sa langue de chienne
    Elles livrent leurs chats._

      JOACHIM DUFLOT.

CHTRER. Rendre un homme inhabile  la gnration, en lui coupant les
testicules.

    _Beau con, dont la beaut tient mon me ravie,
    Qui les plus vieux chtrs pourrait faire dresser._

      THOPHILE.

CHAUD COMME BRAISE (tre). Se dit d'un homme qui bande toujours, pour
qui toutes les femmes sont gales devant sa pine.

    _Dans les gardes-franaises
    J'avais un amoureux,
    Fringant, chaud comme braise,
    Jeune, beau, vigoureux._

      J.-J. VAD.

    _Je suis troit, chaud comme braise,
    Mon pucelage vaut le tien._

      (_Parnasse satyrique._)

CHAUD DE LA PINCE. Homme ardent aux plaisirs vnriens; bon fouteur.

    _C'tait un chaud de la pince
    Qui peuplait dans chaqu' province
    L'hospice d's enfants trouvs._

      LOUIS FESTEAU.

CHAUDE-LANCE. Le faux-nez de la chaude-pisse.

    _Le soldat de Lobau,
    Dit-on, n'eut pas de chance,
    Car une chaude-lance
    Lui corda le boyau._

      JOACHIM DUFLOT.

CHAUDE-PISSE. coulement vnrien du canal de l'urtre,--une des pines
de cette rose qu'on appelle la femme.

            _... Sais-tu d'abord quel nom
    Donner  l'instrument par o le mle pisse
    Et par lequel aussi lui vient la chaude-pisse?_

      LOUIS PROTAT.

CHAUDRON. La nature de la femme,--vase que la pine de l'homme se charge
de fourbir et de laver.

    Son mari n'tait d'aventure assez roide fourbisseur d'un chaudron
    tel que le sien.

      (_Le Synode nocturne des tribades._)

CHAUFFER UNE FEMME, CHAUFFEUR. Homme qui bande pour une femme et qui
la serre de prs, comme l'pervier la colombe, pour pier le moment
favorable o il pourra fondre dessus, la pine en avant.

    Loquemans, c'est l'officier, le chauffeur de la petite.

      H. MONNIER.

CHAUSSER UNE FEMME. tre le mle qui lui convient, avoir le membre qui
s'adapte le mieux  son con.

    Je veux dire que tu es un crne fouteur, que tu me chausses comme
    jamais, en effet, je n'ai t chausse.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHAUSSON. Fille de la dernire catgorie, qui chausse tout le monde et
se fait chausser par tout le monde.

    Josphine! elle a chauss le cothurne  la salle de la
    Tour-d'Auvergne, chez Ricourt...--C'est pour cela que je
    l'appelle _chausson_... qu'elle est.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHEMIN DU PARADIS. La nature de la femme,--o l'on ne peut aller qu'un
 un, le bton de chair  la main.

CHEMINE. La nature de la femme, que l'homme se charge de ramoner
souvent avec sa pine,--de peur d'incendie, car elle flambe toujours.

    _Ramonnez-moy ma chemine,
    Ramonnez-la-moy hault et bas;
    Une dame, la matine,
    Ramonnez-moy ma chemine,
    Disoit, de chaleur forcene:
    Mon amy, prenons nos esbas,
    Ramonnez-moy ma chemine,
    Ramonnez-la-moy hault et bas._

      (_Fleur de posie._)

CHEMINER AUTREMENT QUE DES PIEDS. Faire l'acte vnrien, dans lequel,
en effet, on fait beaucoup marcher la pine,--cette troisime jambe qui
se fatigue si vite.

    _Lycaste pourrait bien l'avoir fait cheminer
    Autrement que des pieds; ce sexe est si fragile
    Que, prenant bien son temps, vertement on l'enfile._

      TROTTEREL.

CHEVALIER DE LA ROSETTE. Pdraste actif ou passif.

CHEVAUCHER. Monter sur une femme comme sur une cavale pleine d'ardeur,
et la conduire au bonheur  grands coups de cet peron que nous avons
tous au bas du ventre.

    Il m'a dit que, lorsqu'il me pouvait tirer  l'cart, il tait
    si anim  me chevaucher sur-le-champ, qu'il ne pouvait plus
    commander  son vit roide.

      MILILOT.

    Vous me promtes que quand vous seriez marie, je vous
    chevaucherois.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Carmes chevauchent nos voisines,
    Mais cela ne m'est que du meins._

      F. VILLON.

    _Un mdecin, toi sachant,
    Va ta femme chevauchant._

      TABOUROT, S. DES ACCORDS.

    _Les dvotes beauts qui vont baissant les yeux,
    Sont celles plus souvent qui chevauchent le mieux._

      PIRON.

CHEVAUCHER  L'ANTIQUE. Enculer une femme ou un homme,--ce qui est, en
somme, la plus logique manire de monter  cheval.

    _Jaquet, ignorant la pratique
    D'Hippocrate et de Gallien,
    Chevauchait un jour  l'antique
    Margot, que chacun connat bien._

      THOPHILE.

CHEVAUCHEUR. Baiseur, homme mont sur une femme--qui galope vers la
jouissance.

    _Et rien alors n'est plus gai pour le chevaucheur
    Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
    Le joyeux va-et-vient de l'norme derrire._

      EMMANUEL DES ESSARTS.

CHEVILLE OUVRIRE ou CHEVILLE D'ADAM. Le membre viril avec lequel on
bouche le trou de toutes les ves que l'on rencontre.

        _Que je voudrais bien tre
        Femme d'un menuisier,
    Ils ne font rien que cheviller._

      GAUTIER-GARGUILLE.

CHIBRE. Un des mille noms du dieu de Lampsaque.--Le mot nous vient des
marins, qui appellent le nez _guibre_, surtout lorsqu'il est un peu
fort. D'o le proverbe: gros nez, gros--chibre.

    _J'y vois le brutal vent du Nord
    Qui son norme chibre agite
    Pour enfiler dame Amphitrite._

      P. J.

    _Tu me disais alors que pour pouvoir te plaire,
    Une femme devait vous dire et savoir faire
    Toutes les salets et toutes les horreurs;
    Que cela ranimait le chibre des fouteurs._

      LOUIS PROTAT.

CHIEN (Avoir du). Se dit en parlant d'une femme qui s'attife d'une
faon provocante, qui porte incontinent-- l'incontinence.

CHIENNER. Se livrer, avec une femme,  toutes sortes de polissonneries
cyniques, _canin nupti_.

CHIFFE. Se dit d'un membre viril trop mou,--qui n'est plus ou qui n'est
pas encore assez viril.

    Ah! vous n'tes pas un homme, vous tes une chiffe!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHIFFRE. Le prix d'un coucher avec une courtisane, ou avec une putain.

        A Mabille:

    LA DAME.--Finissez donc, monsieur! vous chiffonnez mon
    mouchoir!.....

    LE MONSIEUR.--Madame, c'est pour voir votre chiffre.

    LA DAME.--Mon _chiffre_, c'est cent francs.

      (_Nain jaune._)

CHINOIS. Le vit, toujours chauve--par la tte--et pour qui le con est
le _cleste empire_.

    On dit: se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.

CHOSE (Le). Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.

    Aprs, il me fait empoigner son chose, qu'il a roide, et
    quelquefois me prend  force de corps et me fait rouler sur lui.

      MILILOT.

    Mais votre chose est tout petit, comme l'on dit, que si vous
    l'apportez en quelque lieu,  peine si l'on se peroit qu'il y
    est.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Quand je l'eus lav une pose,
    Soudain je vis dresser son chose._

      (_Farces et Moralits._)

    _Serait-il vrai, bouche de rose,
    Ce que m'a dit un imprudent:
    Que vous vous passez moins de chose
    Qu'un Espagnol de cure-dent?_

      THOPHILE.

    _O! ouy, ma foi, elle a un chose
    Qui ne bouge de la maison,
    Ainsi que fait celuy Lison,
    Ainsi fatelu et douillet._

      (_Ancien Thtre franais._)

      _Ton chose, me dis-tu,
    A si petite ouverture,
    Qu'un vit moindre qu'un ftu
    Y serait  la torture._

      (_Cabinet satyrique._)

CHOUART. Ancien mot hors d'usage employ dans un sens obscne pour
dsigner le membre viril.

    Voici matre Jean Chouart qui demande logis.

      RABELAIS.

    Il tira son chouart vif et glorieux.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Le sculpteur  la main savante,
    Par un chef-d'oeuvre de son art,
    A surtout form Jean Chouart._

      PIRON.

CIERGE. Le membre viril--qui brle et se fond sur l'autel de la femme.
_Fondre_ est mis l, souvent, pour _couler_.

    Mais cela seulement fut suffisant pour l'en dgoter, disant
    qu'elle avait vu la mche qui tait si dlie, qu'il n'y avait
    gure d'apparence que le cierge ft bien gros.

      D'OUVILLE.

    La femme, quelque putain qu'elle soit est la sainte  qui l'on
    doit le plus de cierges.

      LEMERCIER.

CIGARETTE. Le membre viril--que les femmes savent si bien rouler dans
leurs mains et porter  leur bouche par le gros bout.

    _Vous, luronnes, qui des dragons
        Porteriez l'paulette,
    De cigares bien gros, bien longs,
        Avez-vous fait emplette?
    S'ils sont trop mous ou mal tourns,
        Prenez ma cigarette,
                Prenez,
        Prenez ma cigarette._

      J. LAGARDE.

CLAPIER. Grand con o peuvent se loger lapin et _la pine_.

    Je les ai furets tous deux, ces clapiers-l, j'en connais peu
    d'aussi logeables.

      A. DE NERCIAT.

    _Mais au clapier de qui les bords
    Sont couverts de nouvelle mousse._

      (_Cabinet satyrique._)

CL. Le membre viril--qui, sous le prtexte fripon d'ouvrir la serrure
fminine, la bouche en jetant des salets dedans.

CLIQUETER UNE FEMME. La baiser, faire aller dans son vagin le membre
viril comme un cliquet de moulin,--avec moins de bruit cependant.

    Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquete.

      SOREL.

CLITORIS. Le gland de la femme, qui, dans le prurit vnrien, bande
comme le membre de l'homme; d'o, chez les Grecs, l'expression
de [Grec: klitoriazein], pour _clitoridem attractare_, genre de
masturbation spciale aux femmes.

      _... Mon clitoris, par tous tant ft,
    Aurait pu faire au tien beaucoup de concurrence._

      LOUIS PROTAT.

CLITORISER (Se). Se branler entre femmes; se chatouiller le clitoris,
seule ou  deux, rciproquement.

    La nature le veut: c'est le seul moyen d'tre sage au couvent,
    puisqu'on ne peut l'tre sans se clitoriser ou se manuliser.

      MERCIER DE COMPIGNE.

    Quelle vision! grand Dieu!... Ma mre sur le dos, les cuisses
    replies vers sa poitrine et les jambes en l'air, d'une main
    tenant un livre et de l'autre... se chatouillant le clitoris avec
    la plus belle vivacit.

      (_Mon noviciat._)

CLOU. Le membre viril, avec lequel on fixe la femme sur le dos.

COCARDE. Blanche ou rouge... affaire d'opinion. C'est le foutre qu'on
lance, ou le sang que l'on fait rpandre, au con d'une pucelle.

    _Heureux qui mettra la cocarde
    Au bonnet de Mimi-Pinson._

      ALFRED DE MUSSET.

COCHON (tre). Savoir bien besogner de l'outil que la nature a eu
l'obligeance de placer au bas du ventre de l'homme; baiser fort et
longtemps.

    _Ce n'est pas cela, mon cher, qui m'amuse
    Sois moins pote et beaucoup plus cochon._

      (_Parnasse satyrique._)

COCHON (tre). Se dit aussi des choses obscnes, des discours qui
provoquent l'rection,--des cochonneries en un mot.

    _Antoine, c'est un joli nom,
              Un peu cochon._

      ALEXANDRE POTHEY.

COCHONNE (tre). Connatre une foule de petits secrets pour arriver 
faire bander les pines les plus rfractaires et jouir les hommes les
plus indiffrents.

COCHONNERIES. Exercices amoureux: gamahuchage, branlage, suage,
postillon, feuille de rose, patte d'araigne,--en un mot, tout ce
qu'ignorent les femmes honntes et que savent si bien les femmes
galantes.--Le libertinage a emprunt beaucoup de termes  la
charcuterie (V. _langue fourre_, _boudin_, _andouille_, _saucisse_,
_vessie_, etc.), et cela se comprend de reste, [Grec: choiros]
signifiant  la fois _cochon_ et _con_.

COCHONNERIES (Dire des). Avoir un langage de haulte gresse, appeler
les choses par leur nom, dire _pine_ au lieu de _machin_, _foutre_ au
lieu d'_aimer_, enfin raconter des prouesses concubitales.

COCODS. Imbcile lgant, ou singeant l'lgance, qui frquente plus
volontiers avec les filles entretenues qu'avec les femmes honntes.

    Ce n'est pas un homme, c'est un cocods.

      AURLIEN SCHOLL.

COCODTE ou DANDYE. Femme du monde qui imite la cocotte--dans sa
mise--et quelquefois la surpasse par l'excentricit.

COCOTTE. Fille de moeurs excessivement lgres, qui se fait grimper par
l'homme aussi souvent que la poule par le coq.

    _Cocotte_, terme enfantin pour dsigner une poule;--petit carr
    de papier pli de manire  prsenter une ressemblance loigne
    avec une poule.--Terme d'amiti donn  une petite fille: _ma
    cocotte_;--et quelquefois  une grande dame dans un sens un peu
    libre.

      LITTR.

COCOTIER. Homme qui a la chaude-pisse, que les maquereaux et les
ouvriers appellent _la cocotte_.

    L'ai-je eue assez de fois, la cocotte! l'ai-je eue!...  ce point
    qu'on m'appelait le roi des cocotiers.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

COCOTTERIE. Monde galant,--ct des cocottes. Ce mot fait pendant au
mot: _Bicherie_.

    V. Sardou engageait amicalement une dame  surveiller les
    toilettes de la jeune fille de la _Famille Benoiton_, plus
    excentriques qu'il ne convient  une honnte bourgeoise.

    --Bast! elle est si jeune et si innocente, ce n'est pas mme de
    la coquetterie.

    --Non, rpliqua Sardou, mais c'est presque de la cocotterie.

      (_Figaro_, n 1123)

COCU. Mari tromp par sa femme, comme Mnlas, comme Sganarelle et
Dandin, comme vous et moi,--comme des millions d'autres.

    _Tous les hommes le sont...
                               --Except Couillardin..._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    _Qu'appelle-t-on cocu? L'homme de qui la femme
    Livre non-seulement le corps, mais aussi l'me,
    Partage le plaisir d'un amant chaleureux,
    Le couvre avec bonheur de baisers amoureux,
    Fait l'troite pour lui, mme quand elle est large,
    Et, manoeuvrant du cul, jouit quand il dcharge._

      L. PROTAT. (_Serrefesse._)

    _Un grant tas de bonnes commres
    Savent bien trouver les manires
    De faire leurs maris cocus._

      F. VILLON.

    _Apprenez qu' Paris, ce n'est pas comme  Rome;
    Le cocu qui s'afflige y passe pour un sot,
    Et le cocu qui rit pour un fort honnte homme._

      LA FONTAINE.

    _Ce damoiseau, parlant par rvrence,
    Me fait cocu, madame, avec toute licence._

      MOLIRE.

    _Je vais prier pour les cocus,
    Les catins et les philosophes._

      BRANGER.

COCUAGE. tat du cocu, de l'homme dont la femme baise avec un autre.

    Cocuage est naturellement des apanages du mariage.

      RABELAIS.

    _Quel est l'poux exempt de cocuage?
    Il n'en est point, ou trs-peu, je le gage._

      LA FONTAINE.

    Dans tous les temps et dans tous les pays du monde, le cocuage
    rapporte quelque chose.

      PIGAULT-LEBRUN.

COCU EN HERBE (tre). Avoir la mine d'un honnte homme prdestin 
tre un jour cocufi, s'il ne l'est pas dj d'avance.

COEUR. La nature de la femme,--un muscle creux comme l'autre.--Le
mot est de Boufflers et du XVIIIme sicle, o la sentimentalit tait
inconnue, et o il tait tout simple, alors, que les femmes eussent le
coeur--o les poules ont l'oeuf.

    _Dans ce coeur tendre, aussitt ce satyre
    Enfonce, enfonce un long... sujet de pleurs._

      BRANGER.

    Ds que cet enfant n'est pas de vous, ma belle nymphe, et qu'avec
    un coeur neuf, vous m'apportez en mariage des beauts immacules,
    pourquoi rougirais-je?

      A. DE NERCIAT.

    _Un jour cet amant divin,
    Qui mettait l'amour au vin,
    Sur le revers d'une tonne
    Pera le coeur d'rigone._

      COLL.

COGNE. Le membre viril, avec lequel on fait du bois pour les
maris.--On l'a employe aussi pour la nature de la femme.

    _Ma cogne aujourd'hui fait d'tranges effets,
    Quand elle abat du bois, elle en fait venir d'autre._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Afin que l'un dedans l'autre s'emmanche,
    Prends que sois manche, et tu seras coigne._

      RABELAIS.

COGNER UNE FEMME. La baiser  grands coups de queue sur le ventre,
comme les boucs se cognent entre eux.

    Une courtisane de Venise avait envie d'tre cogne tout son saoul
    par deux Franais de bonne mine.

      TALLEMANT DES RAUX.

COIFFER UN HOMME. Le tromper en faveur d'un autre, moins jeune et plus
laid, mais autre,--d'o la coiffure de cornes que l'on connat.

    _Moyennant quoi le mari fut coiff._

      PIRON.

    Cinq minutes plus tard, le duc de Popoli tait coiff de la faon
    de tout un rgiment de hussards.

      PIGAULT-LEBRUN.

    _Mariez-vous, et, par votre compagne,
    Heureux coiffeur, ne soyez pas coiff._

      MILE DE LA BDOLLIRE.

COT. L'acte vnrien.

    Union charnelle des deux sexes. C'est la volupt qui mne  la
    gnration. (En langage familier, on dit BAISER (_voir ce mot._)
    Quand la femme s'est place dans le lit conjugal, elle se met
    sur le dos et carte les cuisses. Le mari la couvre alors de son
    corps et, aid par la main de sa femme, introduit l'instrument
    de plaisir dans l'asile qui lui est destin. Elle referme alors
    lgrement les cuisses, et enlace son mari de ses jambes. Il
    colle sa bouche sur la sienne, et commence avec les reins ce
    mouvement de va-et-vient qui produit le plaisir mutuel. La femme
    n'a plus alors qu' se laisser aller  la volupt, et  rpondre
    aux baisers qu'elle reoit. Tantt, nonchalante et paresseuse,
    elle laisse agir l'homme, sans faire d'autre mouvement que
    celui de deux bouches qui s'unissent; tantt adoptant le rle
    actif, elle fait onduler ses reins, en enfonant dans le con,
     chaque va-et-vient, la vigoureuse queue qu'elle tient entre
    ses cuisses. Ses lvres roses pressent avidement celles de son
    poux. Sa langue s'enlace  la sienne; ses seins tout rouges de
    baisers aplatissent leur courbe gracieuse sur sa poitrine, tant
    ses bras le serrent avec force. Son petit pied le talonne comme
    pour l'aiguillonner. De temps en temps elle se pme en poussant
    de petits cris de plaisir; ses reins souples interrompent leurs
    voluptueuses ondulations, et elle demeure quelques instants
    immobile, savourant les coups prcipits du vit furieux, et les
    jets de la liqueur de feu dont il inonde le temple de l'Amour.

    C'est ainsi que se produit le cot, la volupt la plus naturelle
     l'espce humaine, et qui est pour elle non-seulement un besoin,
    mais un devoir impos par la Providence divine...

    Ne vous livrez pas au cot, ni  toute autre volupt aprs avoir
    mang: attendez que la digestion soit faite.

      COMTESSE DE N***.

      (_Vade-mecum des femmes maries._)

    _Ces jours  jamais effacs,
                J'y pense;
    O sont nos cots insenss,
                Passs?_

      (_Parnasse satyrique._)

COLLE. Le sperme, liquide visqueux qui sert de ciment romain pour
difier des mariages--souvent peu difiants.

    _Con qui va distillant une moiteuse colle._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Mais c' machin s'change en lavette,
    Grce au pouvoir d' la vertu,
    Et j' m'en tire quitte et nette
    Avec un peu d' colle au cul._

      (_Parnasse satyrique du_ XIXe _sicle._)

COLLER (Se). S'unir charnellement, au moyen de la moiteuse colle que
vous savez.--Cette expression, qui s'applique spcialement aux chiens,
lesquels, aprs le cot, se trouvent souds mutuellement, cul  cul, 
la grande joie des polissons et au grand scandale des bgueules, cette
expression est passe dans le langage courant moderne pour dsigner
l'union illicite d'un homme et d'une femme. Que de gens croyaient ne
s'tre rencontrs que pour se quitter, qui sont rests colls toute
leur vie!

COLLER UNE DOUCE (Se). Se masturber,--ce qui est une bien douce chose
tout de mme.

    _...J'ai beau tous les jours me coller une douce,
    Dans mes rves ton con m'agace et me poursuit._

      LOUIS PROTAT.

COLOMBE DE VNUS (La). La motte de la femme, le duvet qui couronne son
os pubis.

    _Des desses et des mortelles,
    Quand ils font voir les charmes nus,
    Les sculpteurs grecs plument les ailes
    De la colombe de Vnus._

      THOPHILE GAUTIER.

COLONNE. Le membre viril, que nous sommes bien plus fiers de regarder
ou de montrer  une femme que d'tre Franais.

COMBAT AMOUREUX. L'acte copulatif, qui est une lutte courtoise o
personne n'est bless,--quoiqu'on change de nombreux coups.

    _Mme, pour l'attirer au combat amoureux,
    L'allait injuriant, l'appelant rustre, gueux._

      MILILOT.

    Nous continumes deux ou trois fois, en sorte que les yeux nous
    ptillaient d'ardeur et ne respiraient que le combat naturel.

      MILILOT.

    _Fut de bon poil, ardente et belle
    Et propre  l'amoureux combat._

      LA FONTAINE.

          _Sa rivale, tout au contraire,
          A dans les combats amoureux
          Les mouvements si paresseux,
    Qu'au sein du plaisir mme Egl vous dsespre._

      MRARD SAINT-JUST.

    _J'aime dedans un bois  trouver d'aventure
    Dessus une bergre un berger culetant,
    Qui l'attaque si bien et l'escarmouche tant,
    Qu'ils meurent  la fin au combat de nature._

      THOPHILE.

    _Je viens des bords de la Garonne
        Prostituer ma personne
      A ton lubrique combat._

      (_Cabinet satyrique._)

    Bien volontiers ma femme viendra au combat vnrien.

      RABELAIS.

    _J'ai si bien combattu, serr flanc contre flanc,
    Qu'il ne m'en est rest une goutte de sang._

      RGNIER.

    _Je suis un bon soldat d'amour
        Qui ne fais poinct retraitte;
    Je say combattre nuict et jour
        Au champ de la brayette._

      (_Chansons folastres._)

COMBLER LES VOEUX D'UN HOMME. Lui ouvrir ses cuisses quand on est
femme, afin qu'il introduise son engin dans le vtre.

    _Sophie,  ce moment fatal,
    Comble les voeux de mon rival._

      BRANGER.

COMMENCER UN ROMAN PAR LA QUEUE. Baiser d'abord la femme pour laquelle
on bande et, aprs, lui faire la cour comme si on ne l'avait pas encore
possde.

COMMERCE AMOUREUX. L'acte vnrien, qui, plus que jamais, est
aujourd'hui un commerce--mais un peu quivoque, puisque la femme vend
ce que la nature lui a donn pour tre donn.

COMMUNIER SOUS LES DEUX ESPCES. Se dit d'une femme qui se laisse  la
fois foutre et enculer par les hommes.

COMPAGNON. Le membre viril, qui nat avec l'homme et meurt avec lui.

    _Mignonne, jour et nuit je suis importun
    D'un petit compagnon qui quand et moi fut n._

      THOPHILE.

    _Le compagnon, tant de taille norme,
        Foula comme il faut le castor._

      PIRON.

COMPLAISANCES POUR UN HOMME (Avoir des). Faire la libertine avec lui;
le mettre en tat de faire une excursion  Cythre.

    _Et pour prix de mes complaisances,
    La vrole tu m'as foutu._

      ALPHONSE KARR.

COMPLIMENT. L'acte copulatif.

    _Nous avons un grand homme,
    Arriv depuis peu
            Dans ce lieu,
    Qui fait, quand on l'en somme,
    Six compliments par jour
            A l'amour._

      COLL.

    _En amour, dans ma jeunesse,
    J'eus des succs tonnants;
    Je fis  mainte Lucrce
    D'innombrables compliments._

      MILE DEBRAUX.

CON (Le). Le petit vase dans lequel l'homme verse en pluie fine
et pntrante une partie du produit de sa nourriture,-- sa grande
satisfaction et  celle du petit vase.--Les anciens connaissaient ce
mot: [Grec: choiros] disaient les Grecs; _cunnus_, disaient les Latins:
_cweus_, disaient les Celtes, qui disaient aussi _cona_ et _quena_,
(d'o les Anglais ont appel leur reine _queen_); _kona_, disaient les
Goths; _koulma_, disent les Arabes; _emacuma_, disent les Basques;
_pota_, disent les Italiens, etc., etc.

    Donne, que je te frotte le con. Il est troit que c'est un
    charme.

      LA POPELINIRE.

    _Le con met tous les vits en rut;
    Le con du bonheur est la voie;
    Dans le con git toute la joie;
    Mais hors le con, point de salut._

      PIRON.

    _Il faut donc, pour ce vit, un grand con vermoulu,
    Un con dmesur, qui dvore, goulu,
    La tte et les couillons pour les mettre en cure,
    Un con toujours puant, comme vieille mare._

      RMY BELLEAU.

    La matrice d'une femme est du nombre des choses insatiables dont
    parle l'criture, et je ne sais s'il y a quelque chose au monde
     quoi on puisse comparer son avidit:--car, ni l'enfer, ni le
    feu, ni la terre ne sont si dvorants que le sont les parties
    naturelles d'une femme lascive.

      VENETTE.

    C'tait une jolie grle faite au tour, ayant un con tellement
    insatiable, que je fus oblig de lui mettre la bride sur le cou
    et de la laisser foutre avec qui elle voudrait...

      (_Anti-Justine._)

CON. Mtaphoriquement, Imbcile. Les vers suivants commentent cette
acception particulire et impertinente:

    _Qu' a soit troit, qu' a soit large,
    Qu' a soit gris, noir, blanc ou blond,
    Qu' a bande ou bien qu' a dcharge,
    Rien n'a l'air bt' comme un con._

CON BAVEUX. Qui a des flueurs ou quelque chose de pis.

CON BIEN BOIS. Dont la motte est abondamment fournie de laine.

    _Mon con est bois comme l'est Meudon,
    Afin de cacher l'autel du mystre
    O l'on officie en toute saison._

      (_Parnasse satyrique._)

CONCLUSION. La fouterie mme, qui est en effet la conclusion naturelle
de toutes les caresses que se font mutuellement des amants bien
pris,--ou simplement des gens qui ont envie de tirer un coup.

    Apprends donc qu'il y a cent mille dlices en amour qui prcdent
    la conclusion.

      MILILOT.

    _Un homme de votre condition,
    Le prendre sur un aussi mauvais ton:
    Vous allez droit  la conclusion!_

      COLL.

CONCON. Mot nouveau sur celui de _bonbon_, dit Coll, son inventeur. On
se flatte qu'il passera en faveur de sa douceur et de son indcence.

            _Mon vit mignon!
    Tu n'y perdras rien, mon garon;
    Je te donnerai du concon
                Bien bon!_

CONCUBINE. Femme qui, sans tre marie, a commerce de chair avec un
homme, qui quelquefois est mari, lui.

    Monsieur H**, disait un jeune homme au savant professeur que nous
    venons de perdre, j'ai eu l'honneur de me prsenter chez vous,
    et je n'y ai rencontr que votre bonne...--Ce n'est pas ma bonne,
    monsieur, interrompit le pre H** d'un air terrible. Ce n'est pas
    ma bonne, c'est ma concubine!...

      J. LE VALLOIS.

CONCUBINER. Vivre maritalement avec quelqu'un.

    L'abb de La Rivire, le favori de Gaston d'Orlans, entretenait
    ouvertement une demoiselle Legendre; il la gardait auprs de lui
    dans son chteau de Petit-Bourg et concubinait avec elle, sans
    seulement songer  sauver les apparences. Elle est  cette heure
    comme sa mnagre, crivait Tallemant vers 1660.

      (_Hist. de la prostitution._)

CONCUPISCENCE. Le fond d'inclination naturelle qui nous fait dsirer,
hommes, de baiser toutes les femmes, femmes, d'tre foutues par tous
les hommes.

    Le mariage tait un nom d'honneur et de dignit, et non de
    foltre et lascive concupiscence.

      MONTAIGNE.

    _L'pre strilit de votre jouissance
    Altre votre soif et raidit votre peau,
    Et le vent furibond de la concupiscence
    Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau._

      CHARLES BAUDELAIRE.

CON FAISAND. Qui a reu tant d'assauts, ou qui a eu tant de maladies,
qu'il porte en lui une odeur dont s'accommodent seuls les gens qui ne
sont pas dgots.--On le dit aussi comme synonyme de _vieille fille_.

CONFESSER. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    _Ci gist le cordelier Midieux,
    Dont nos dames fondent en larmes,
    Parce qu'il les confessait mieux
    Qu'augustins, jacobins et carmes._

      CL. MAROT.

    _On vient pour voir le pre Urbain.
    Il confesse encor sa dvote._

      (_pigrammes._)

CONFITURES. Le sperme, dont sont trs friandes les femmes.--Brantme
parle quelque part, dans ses _Dames galantes_, d'un amour bien lascif,
compos de confitures spermatiques.

CONFRRE DE LA LUNE. Cocu,--par allusion aux cornes de la blonde Sln.

CONFLIT. Bataille amoureuse, combat corps  corps et nu  nu.

    _crivant les beauts du lit
    O se fit l'amoureux conflit._

      THOPHILE.

CON GLAIREUX. Gras, soit naturellement, soit par suite de maladies,
soit par malpropret.

    _Hideux amas de tripes molles
    O d'ennui bille un con glaireux._

      (_Parnasse satyrique._)

CON GRAS. Mal nettoy, encore enduit de beurre masculin, ou
naturellement adipeux,--de sorte que le membre qui s'y introduit est
tout tonn d'y faire flic-flac.

    _On ne se lave bien qu'au bordel! Des ingrats
    Peuvent seuls  ton con prfrer un con gras._

      ALBERT GLATIGNY.

CONIFRE. Jeune fille ou jeune femme,--de _cunnus_, con, et _fero_, je
porte.

    Quand on se promne le soir dans la rue Saint-Denis, on voit
    trotter sur les pavs un tas de jolis petits conifres.

      A. FRANOIS.

CONIN. Jeune con, con impubre, con qui n'est pas encore dans la
circulation, n'ayant pas encore t frapp par le balancier de l'homme.

    Vous avez l le conin le plus joli du monde.

      LA POPELINIRE.

    _Ton conin, pauvre oiseau sans plume,
    M'ouvre un bec encor mal fendu._

      AUGUSTE LEFRANC.

CONISTE. Homme qui prfre le con au cul,--lev qu'il a t  l'cole
normale de Paris au lieu de l'avoir t  l'cole anormale de Rome.

            _Si j'aime beaucoup mon vit, c'est que
            L'estime fonde cet amour.
            Voici le quatrime vque
            Qu'il refuse en un mme jour;
    Il est coniste, et vous pouvez m'en croire,
            Plus qu'un pre de l'Oratoire._

      COLL.

CONJONCTION. L'union naturelle de deux tres d'un sexe diffrent.

    Qui est-ce qui a le plus de plaisir, de l'homme ou de la femme,
    dans la conjonction naturelle?

      MILILOT.

    Il pronona la validit du mariage, et renvoya les poux se
    conjoindre dans la maison paternelle.

      DIDEROT.

CONJUNGO. Le mariage, dans l'argot du populaire qui voit dans ce mot
une quivoque rjouissante (_jungo_, je joins, _con_, le con), au lieu
d'y voir la premire phrase du prtre qui lie deux poux pour la vie.

    _La fruitir' dit, r'luquant ma mine:
    Comment t' trouv's-tu du conjungo?_

      TOSTAIN.

CONNAISSANCE. Matresse, concubine.

    Ah! vous avez une connaissance, monsieur!

      DE LEUVEN.

CONNATRE LES POSTURES. Avoir appris dans l'Artin, ou au bordel,
les divers mouvements et positions du corps les plus propres 
l'accomplissement de l'acte vnrien; tre trs verse dans l'art de
faire jouir les hommes.

CONNATRE SON AFFAIRE. Se dit d'une femme rompue au mtier d'amour
et connaissant, par consquent, tous les moyens  employer pour faire
jouir les hommes.

    Elle est belle, ma Josphine!... et elle connat son affaire...

      TISSERAND.

CONNATRE UN VIEUX. Servir de matresse  un vieux libertin, essayer de
tous les moyens connus pour le faire godiller.

    J' me mets  connat' un vieux, encore un autr', un troisime, et
    pis, et pis...

      H. MONNIER.

CONNATRE UNE FEMME. La baiser, qu'on la connaisse ou non.

    Le bonhomme se vantait tout haut de n'avoir jamais connu que sa
    femme.

      TALLEMANT DES RAUX.

CONNASSE. Jeune fille sans exprience de l'amour, malhabile aux jeux de
l'alcve.--S'emploie aussi pour dsigner un con de mauvaise mine, ou un
grand con, ou un con de vieille femme. Quelques auteurs dsignent, par
le mot _connasse_, une femme honnte. Les femmes inscrites comme filles
publiques  la police dsignent souvent aussi par le nom de connasse
les filles qui font habituellement la vie et qui craignent de se faire
inscrire.

    _... A l'une sa connasse
    Qui tombe par lambeaux..._

      LOUIS PROTAT.

    Mais on sent aussi qu'un connichon aussi jeune ne pouvait
    admettre un vit qui ne dcalottait pas encore, il me fallait une
    connasse.

      (_Anti-Justine_, p. 3.)

CONNEAU. Diminutif de con.

          _O toi...
          Dont le frais conneau
          Sera toujours beau,
    Il faut, pour que le charme abonde,
          Contenter l'mich._

      DUMOULIN.

CONNICHON. Petit con o l'homme a de la peine  enfoncer sa vivifique
cheville.

CONNIL. Petit con; ou, par extension: Jeune pucelle.--V. _Chasser aux
connils_.

CONQUTES. Coups tirs, femmes baises, hommes cocufis.

    O ma chre Victoire, quelles conqutes vous avez faites dans
    votre putain de vie.

      J. LE VALLOIS.

            _Adieu, conqutes,
            Joyeuses ftes,
    O le champagne au lansquenet s'unit._

      GUSTAVE NADAUD.

CONSERVER SA FLEUR. Garder son pucelage.

    _Pour conserver c'te fleur qui d'vient si rare,
          Ma Lisa, tiens bien ton bonnet._

      E. DEBRAUX.

CONSOMMER LE SACRIFICE. Faire l'acte copulatif depuis A jusqu' Z,
depuis le premier baiser qui joint les lvres d'en haut, jusqu'au
dernier spasme qui distend les lvres d'en bas.

    _... Ds que le sacrifice
    Est consomm, l'on se tourne le dos._

      LOUIS PROTAT.

CONSOMMER SON KABYLE. Pdraster un indigne,--dans l'argot des
troupiers d'Afrique.

    _Quand il consommait son Kabyle,
    On entendait sous le gourbi,
    Au milieu de la nuit tranquille,
    Le succube pousser ce cri..._

      ALEXANDRE POTHEY.

CONTENTER UN HOMME. Le bien branler s'il aime cela, ou bien jouer des
reins sous lui afin de le faire jouir.

    Voici le recueil des principales choses que vous devez savoir
    pour contenter vos maris quand vous en aurez.

      MILILOT.

    _Malgr son air renfrogn,
    En tout point je le contente;
    S'il me laisse un' petit' rente,
    a s'ra d' l'argent bien gagn!_

      JULES POINCLOUD.

CONTER  UNE FEMME (En). Faire l'amour avec elle,--l'amour, ce conte
des Mille et une Nuits, improvis par tout homme galant en l'honneur de
toute femme galante.

CONTRE-TEMPS. Fiasco amoureux.

    _A l'amant vieux et blme
    Que tourmente Vnus,
    Qui dit encor qu'il aime
    Et ne le prouve plus,
    Tu promets assistance
    Contre les contre-temps._

      COLL.

CONVERSATION CRIMINELLE. Celle qui a souvent lieu entre un homme et
une femme marie  un autre homme.--Cette aimable conversation se tient
ordinairement ventre contre ventre, avec des baisers et des soupirs 
la clef.

COPULER. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    Pour me copuler amoureusement

      (_Moyen de parvenir._)

COQUARDEAU. Galantin, nigaud, bavard.--Gavarni a cru inventer _Monsieur
Coquardeau_: il se trouvait dj dans Rabelais.

COQUILLE. La nature de la femme--dans laquelle l'homme aime  faire
entrer son petit limaon, qui y bave tout  son aise. _Con, cha?_
demanderait un Auvergnat.

    Et Laurette,  qui la coquille dmangeait beaucoup, s'y accorda
    facilement.

      CH. SOREL.

COQUINE. Femme ou fille qui aime l'homme--ou qui fait semblant de
l'aimer pour avoir son argent.

    _Avec son piston qui fascine
    La fille honnte et la coquine,
    On assur' qu'il possde encor
    Le talent de donner du cor._

      JULES POINCLOUD.

    Nous sommes lis, le baron et moi, par nos coquines.

      H. DE BALZAC.

CORBILLON. Employ dans un sens obscne pour dsigner la nature de la
femme.

    _L, prs de la jeune Thmire
    A l'oeil vif, au teint vermillon,
    Qui rougit, et qui n'ose dire
    Ce qu'il faut dans son corbillon._

      E. DEBRAUX.

CORDE SENSIBLE (La). C'est, chez l'homme, son membre, chez la femme,
son clitoris: on n'y touche jamais en vain.

    Il n'est de femmes froides que pour les hommes qui ne sont pas
    chauds et qui ne savent pas toucher leur corde sensible.

      LON SERMET.

CORNARD. Cocu, porteur de cornes.

    _a fait toujours plaisir, lorsque l'on est cornard,
    D'avoir des compagnons d'infortune..._

      LOUIS PROTAT.

CORNES. Attributs invisibles du cocu.

    _C'est bien le meilleur petit homme
    Que Vulcain ait dans sa squelle:
    Il rit des cornes qu'on lui met;
    Lui-mme il vous fait voir la belle._

      THOPHILE.

CORNICHON. Le membre viril, avec lequel les femmes aiment  accommoder
leur viande.

CORRIDOR D'AMOUR. La nature de la femme, que l'on enfile volontiers
lorsqu'on veut aller au Paradis.

    Alors elle mit un genou en terre pour considrer plus
    attentivement la blancheur et le contour du ventre de Zarette,
    la rondeur de ses cuisses et surtout l'ouverture et l'entre du
    corridor d'amour.

      LA POPELINIRE.

COTILLON (Le). La femme en gnral--et surtout en particulier--qui
vous fouette le sang et vous allume l'imagination avec ses faons
provocantes de retrousser ses cottes et de remuer sa crinoline.

COUCHER (Avoir un). tre retenue par un mich pour baiser avec lui
toute la nuit,--dans l'argot des bordels.

    Mlie? Elle a un coucher, mon petit, faudra repasser demain.

      H. MONNIER.

COUCHER AVEC UNE FEMME. En jouir;--par extension: Tirer un coup--mme
sur toute autre chose qu'un lit.

    _C'est signe que tu ne couchas
    Jamais encore avec elle._

      CL. MAROT.

    _Un ange la prend dans ses bras,
    Et la couche sur l'autre rive._

      PARNY.

    Monsieur sait mieux que moi, me dit-il, que coucher avec une
    fille, ce n'est que faire ce qui lui plat: de l  lui faire
    faire ce que nous voulons, il y a souvent bien loin.

      DE LACLOS.

    Que veut-il donc? Coucher avec une jolie femme et en passer sa
    fantaisie.

      LA POPELINIRE.

    _Si j' cde  tes beaux discours,
    C'est parc' que tu m' cass' la tte,
    Car avec un' fille honnte
    On n' couch' pas avant huit jours._

      (_Chanson anonyme moderne._)

COUCOU. Oiseau jaune, de la race des cocus, aussi fconde que celle des
mirmidons.

            _Les coucous sont gras,
            Mais on n'en tue gure;
            Les coucous sont gras,
            Mais on n'en tue pas.
    La crainte qu'on a de manger son pre,
    Son cousin germain, son oncle ou son frre,
            Fait qu'on n'en tue gure,
            Fait qu'on n'en tue pas._

      (_Vieille chanson._)

COUENNE. Le membre viril,--une cochonnerie.

COUILLES. Testicules de l'homme.

    _De la pointe du vit le poinct,
    Et vit li met jusqu' la couille._

      (_Anciens Fabliaux._)

    Mais si ma couille pissait telle urine, la voudriez-vous bien
    sucer?

      RABELAIS.

    On ne fait non plus cas des pauvres que de couilles; on les
    laisse  la porte, jamais n'entrent.

      (_Moyen de parvenir._)

COUILLONS. Les testicules.

    _O vit! bande toujours, et vous, couillons propices,
                Distillez votre jus,
    Pour fixer  jamais les rapides dlices
                De mes sens perdus._

      (_Parnasse satyrique._)

    _Voyez la grande trahison
    Des ingrats couillons que je porte:
    Lorsque leur matre est en prison,
    Les ingrats dansent  la porte._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Mes couillons, quand mon vit se dresse,
    Gros comme un membre de mulet,
    Plaisent aux doigts de ma matresse
    Plus que deux grains de chapelet._

      THOPHILE.

COULER. Avoir une coulante, une gonorrhe gagne au service de la
femme, parce qu'en effet le membre viril,  l'instar du suif qui coule
d'une chandelle, filtre alors une chaude-pisse dans la culotte.

    _Ma pine encore vierge
            Coula,
    Ni plus ni moins qu'un cierge.
            Voil._

      EUGNE VACHETTE.

COUP. L'acte vnrien, qui est, en effet, un choc--agrable pour celle
qui le reoit comme pour celui qui le donne.

    _L'autre jour un amant disait
    A sa matresse  basse voix,
    Que chaque coup qu'il lui faisait
    Lui cotait deux cus ou trois._

      CL. MAROT.

    _Tu voudrais avoir pour un coup
    Dix cus; Jeanne, c'est beaucoup._

      T. TABOUROT.

    _Pour l'avoir fait deux coups en moins de demi-heure,
    C'est assez travailler pour un homme de cour._

      (_Cabinet satyrique._)

    Il faut toujours se faire payer avant le coup.

      TABARIN.

    L'homme philosophal que cherche, sans le trouver, la femme, est
    celui qui ferait rellement les cent coups.

      J. LE VALLOIS.

COUP DE CANIF DANS LE CONTRAT (Donner un). Tromper son mari au profit
d'un amant, sa femme au profit d'une matresse.

    Et puis ces messieurs, comme ils se gnent pour donner des coups
    de canif dans le contrat! La _Gazette des Tribunaux_ est pleine
    de leurs noirceurs; aussi nous sommes trop bonnes.

      L. FESTEAU.

COUP DE CROUPE. Coup de cul que donne la femme dans l'acte copulatif.

    Elle a un coup de croupe des plus distingus.

      LA POPELINIRE.

COUP DE CUL. Jeu des reins dans lequel excellent les femmes, ce qui
nous procure du plaisir et  elles des rentes--quand elles ne sont pas
trop prodigues et qu'elles n'ont pas de maquereaux.

    _Pourtant, si j'en crois mes propres rivales,
    Je rveillerais le plus mort des morts
    D'un coup de ce cul qu'ici tu ravales
    Sans en prouver le moindre remords._

      ANONYME.

    _Ta fortun' n'est pas faite:
    Allons donc, y pens'-tu?
    Encore un coup d' cul,
            Jeannette,
    Encore un coup d' cul._

      E. DEBRAUX.

COUP DU MACARON. Tour de force facile  figurer, mais impossible de
mener  bonne fin.--L'homme est couch sur le dos, le bracquemart
en l'air. La femme s'asseoit dessus et s'introduit dans le vagin ce
pivot de chair. Alors, s'aidant des pieds et des mains, elle tche de
tourner et de figurer l'aiguille du jeu de macarons. L'inventeur de
ce divertissement m'assure _qu' tous les coups l'on gagne_.--Je me
permets d'en douter..... et vous?...

    _Sur l'assise d'une pine
    Pivotant comme un toton,
    Aimes-tu mieux en gamine
    Tirer l'coup du macaron?_...

      PAUL SAUNIRE.

COUP DU MATIN (Le). Celui qui se tire forcment lorsqu'on se rveille,
parce qu' ce moment on bande toujours, soit qu'on ait dormi sur le
dos, soit qu'on ait envie de pisser, et que toute pine qui bande a le
devoir de dcharger.

    _Pour le coup du matin j'ai de l'aversion,
    Et je ne m'y soumets qu'avec rpulsion._

      LOUIS PROTAT.

COUP DU MILIEU (Le). Celui qui se tire vers le milieu de la nuit, aprs
un lger repos, ncessit par la fatigue des coups prcdents, et avant
le repos dfinitif qui prcdera le _coup du matin_.

    _Et l'on ne voit pas une belle
    Refuser le coup du milieu._

      ARMAND GOUFF.

COUPER LA MCHE (Se). S'masculer volontairement,--pour ne plus prendre
feu auprs des femmes.

    _Puisque aimer offense Dieu,
    Qu'un sr moyen nous empche:
    Ds qu'on redoute le feu,
    Que ne coupe-t-on la mche?_

      ALTAROCHE.

COUP QUI PORTE. Coup charg de sperme prolifique, dont le rsultat
naturel est un enfant.

    Pour neuf mois que l'on passe en dlices et plaisirs, on
    n'engrosse qu'une seule fois, et... tous les coups ne portent
    pas.

      MILILOT.

COURAILLER. Baiser en ville, et frquemment, brunes ou blondes, rousses
ou cendres, bourgeoises et lorettes, servantes et matresses.

    Vous l'auriez empch de courailler.

      H. DE BALZAC.

COUREUR. Libertin,--parce qu'il court aprs toutes les femmes, comme un
chien aprs toutes les chiennes.

COUREUSE. Femme libertine qui court volontiers aprs les porte-queue,
soit parce qu'elle y trouve son plaisir, soit parce qu'elle y trouve
son intrt.

    Une fille inconnue, qui fait le mtier de coureuse.

      MOLIRE.

COURIR. Baiser en ville et chez soi; changer volontiers de matresses
quand on est homme, d'amants lorsqu'on est femme.

    Monsieur n'est pas heureux quand il court.

      H. MONNIER.

    J'aimerois mieux que tous les laquais de la cour courussent
    sur le ventre de ma femme, que d'tre astreint  ne point faire
    l'amour.

      (_Les Caquets de l'accouche._)

COURIR LA GUEUSE. Hanter les bordels et les bals publics, o l'on peut
_faire_ une femme nouvelle tous les jours.

    _Mais j'oublierai cette folle amoureuse,
        Tra la la, la la la la la,
    Et ds ce soir, je vais courir la gueuse!
        Tiens, voil Carjat!..._

      ALEXANDRE POTHEY.

COURIR LE GUILLEDOU. Faire le libertin; rechercher les grisettes, les
femmes faciles, pour coucher avec elles. Se dit aussi pour: Faire le
mtier de gueuse.

    _J'aurais pu, comme une autre, tre vile, tre infme!
    Courir le guilledou jusqu'au Coromandel!
    Mais jamais je ne fusse entre en un bordel!_

      ALBERT GLATIGNY.

COURIR UNE POSTE, DES POSTES. Tirer un coup, des coups, autant qu'on
le peut quand on est bon cavalier et qu'on ne se laisse pas dsaronner
par le premier coup de cul de sa jument.

COURSE. Coup tir avec une femme, que l'on fait ainsi voyager  cheval
sur un bton, comme sorcire allant au sabbat.

    _Argant, de ses nombreuses courses
    Tout fatigu, s'chappe enfin.
    Hlas! il emporte  ses bourses
    L'amante qui supplie en vain._

      B. DE MAURICE.

COURTE. Le membre viril--qui s'allonge si volontiers sous la douce
pression d'une bouche ou d'une main de femme.--On emploie ordinairement
ce mot en mauvaise part, pour dsigner une pine d'une longueur mdiocre
et qu'on ne suppose pas, sur ses apparences, propre  faire jouir les
femmes. Qu'importe qu'elle soit courte--pourvu qu'elle soit bonne!

    _Le jeune homme puceau l'appelle son affaire,
    L'ouvrier son outil, la grosse cuisinire
    Une courte..._

      LOUIS PROTAT.

                _En avant! courtons,
                Enfonons les cons;
    A grands coups de cul, de pine et de roustons,
              Faisons cramper les garces._

      (_Parodie de la Parisienne._)

COURTISANE. Professeur femelle de philosophie horizontale.

    _Aussi, j'aime tes courtisanes
    Et tes nymphes,  Titien,
    Roi des tons chauds et diaphanes,
    Soleil du ciel vnitien._

      TH. GAUTIER.

    _Les petites paysannes
    Qu'on patine au coin d'un mur,
    Ont, plus que les courtisanes,
    Fesse ferme et tton dur._

      DE LA FIZELIRE.

COURTISER UNE FEMME. Chercher tous les moyens de se servir de sa courte
avec elle et mme s'en servir.

    _Mais pour que ce coureur de belles
    Puisse, en dix heures seulement,
    Courtiser cinquante pucelles...
    Ah! qu'il faut de temprament._

      L. FESTEAU.

COUSIN. L'homme qui baise une femme, qu'il lui soit ou non parent.

COUSINE. Pdraste passif; varit de _Tante_,--les enculs
portant presque tous des noms de femme, tels que ceux de: la _Reine
d'Angleterre_, la _Grise_, la _Marseillaise_, la _Fille  la perruque_,
la _Lontine_, la _Nantaise_, la _Folle_, la _Fille  la mode_, la
_Pipe_, la _Bouchre_, etc.

COUSINE DE VENDANGE. Femme que l'on baise sur la table de certains
cabarets borgnes, moyennant bouteille et quelque monnaie.

    M. de L'Aulne se fit gratigner  la place de sa cousine de
    vendange.

      Comte DE CAYLUS.

COUVENT. Bordel, o s'enferment volontairement les vierges folles.

COUVREUR, COUVRIR UNE FEMME. Homme qui baise, parce qu'en baisant il
couvre de son ventre, en guise de toit, cette dlicieuse habitation
qu'on appelle le con de la femme, et que, sous prtexte d'empcher la
pluie d'y tomber, il inonde, lui, de son sperme.

    Plus vous couvrirez une femme, plus il pleuvra.

      TABARIN.

    _Faut voir comm' leux femm's sont couvertes._

      ROUGEMONT.

CRACHER  LA PORTE. Dcharger sur la motte d'une femme au lieu de le
faire dans son vagin;--ce qui s'appelle: _tricher au jeu_.

    _Ne fout que quand son vit lui crache
    Pour tout soulaz dedans la main._

      THOPHILE.

CRACHER DANS LES BROUSSAILLES. jaculer, non dans le vagin, mais sur
les poils de la motte.

CRAMPE D'AMOUR. L'rection.--Voir aussi _Tirer sa crampe_.

    _Le grivois  l'aspect des lieux qu'il envisage,
    O nichent mille attraits qu'il lorgne tour  tour,
        Se sent atteint d'une crampe d'amour._

      VAD.

CRAMPER. Baiser,--parce que dans la jouissance qu'amne la conjonction
de deux cratures d'un sexe diffrent, il y a un spasme, une crampe.

    _Puiss-je,
    ... Cramper dans le cul
        De ma blonde._

      E. DEBRAUX.

CRAMPEUSE. Synonyme de _jouisseuse_.--Fille publique qui
crampe--c'est--dire qui jouit aussi bien avec un mich qu'avec un
amant.

CRAPAUDINE. Expression tire du langage culinaire. Les pigeons  la
crapaudine ont les pattes rentres en dedans. De mme, la femme tendue
sur le dos et recevant le vit dans son con, afin de mieux le faire
glisser jusqu'au fond du vagin, lve ses deux jambes en l'air, les
replie sur l'homme, les appuie sur son dos et l'attire  elle autant
qu'elle peut. Il voudrait s'en dfendre, ce serait inutile, il faut que
sa pine pntre jusqu' la matrice, qui vient d'elle-mme se prsenter
 ses coups. Plus les coups sont forts, plus ils plaisent  la femme
jeune et bien portante. Bien des couchettes ont t casses avec ce
jeu-l; aussi, maintenant, on les fait en fer.

    _Marie se colle  mon ventre
    Et pour que tout mon vit entre
    Jusques au fin fond de l'antre
    Enflamm par Cupidon,
    Elle fait la crapaudine.
    Vraiment, cette libertine,
    Si je n'tais qu'une pine
    M'engloutirait dans son con._

      J. CHOUX.

CRATURE. Nom que, dans leur mpris--qui ressemble beaucoup  de
l'envie,--les femmes honntes donnent  celles dont le mtier est de ne
l'tre pas.

    Mon mari a eu l'infamie de faire venir cette crature dans ma
    maison.

      GAVARNI.

CREUSET. La nature de la femme.

    _Ma femme tempeste
    Dans son cabinet:
    Je luy mets mon reste
    Dedans son creuset._

      (_Chansons folastres._)

CREVER L'OEIL. Introduire le membre viril dans le vagin d'une femme, ou
dans le cul d'un homme.

    Un jeune homme qui tenait la lance en arrt pour te crever
    l'oeil.

      D'ABLANCOURT.

CREVETTE. Lorette.--Mot de cration tout  fait rcente.

    Le petit crev une fois affirm, il a fallu lui trouver sa
    femelle, et  sa femelle donner un nom; une drivation toute
    naturelle a conduit au nom de crevette.

      NESTOR ROQUEPLAN.

CRISTALLINE. Maladie vnrienne de l'anus,--ce que les satiriques
latins appellent _crista_, ou _marisca_. Ce sont des espces
de caroncules, de crtes, que font pousser l les habitudes
sodomiques.--C'est  tort que M. Louis Protat a, dans sa parodie de
_Lucrece_, dit:

    _Mais l, de tous les maux que redoutent une pine:
    Chancres, crtes de coq, vrole, cristalline..._

La pine la donne, mais ne la reoit pas,--comme une noble et charitable
dame qu'elle est.

CROQUER. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    _Par o le drle en put croquer,
    Il en croqua._

      LA FONTAINE.

             _Tout
    Est de votre got,
      Vous croquez tout._

      COLL.

CROQUER UNE FEMME. La baiser, ce qui est une friandise exquise.

    C'est que la plupart sont des goulus, qui ne veulent des femmes
    que pour eux: ils ont beau faire, on en croquera toujours
    quelques-unes  leur barbe.

      (_Thtre italien._)

CROUPE (La). Les reins, dont la femme joue si merveilleusement  notre
bnfice.

    La torsion lascive de sa croupe.

      H. DE BALZAC.

    _Une gorge bien ferme et des fesses bien blanches,
    Une croupe soigne, un beau cul et des hanches._

      LOUIS PROTAT.

    _J'aime  voir onduler vos croupes dans le soir,
    Monstres dont on voudrait tre les Hippolytes._

      PAUL MAHALIN.

CROUPION. Nom qu'on donne aux fesses.

    _Quel superbe croupion elle a, cette drlesse!_

      J. LE VALLOIS.

CUEILLIR LA FRAISE, LA NOISETTE, LA FLEUR, UN BOUTON DE ROSE SUR LE
NOMBRIL. Tirer un coup.

    _Ah! qu'il fait donc bon_ (bis)
      _Cueillir la fraise,
    Au bois de Bagneux,
      Quand on est deux._

      (_Le Bijou perdu._)

    Mais souffre que je puisse cueillir le fruit, ds si longtemps
    promis  ma pure et sainte fidlit.

      P. DE LARIVEY.

    Je craignais qu'elle ne laisst cueillir la belle fleur de son
    pucelage sans en tirer profit.

      CH. SOREL.

        _Par ma fine, je suis perdue,
        Disait Babet  son seigneur,
    Qui par mprise, en lui cueillant sa fleur,
            La greffa d'un beau fruit._

      VAD.

    _Vous abusez, car Meung, docteur trs sage,
    Nous a dcrit que pour cueillir la rose
    Riche amoureux a toujours l'avantage._

      F. VILLON.

CUEILLIR UNE FEMME. Prendre un pucelage,--les femmes tant des fleurs,
au dire des potes qui les mettent dans leur herbier au lieu de les
foutre dans leur lit.

    _... Je te vois plir,
    Lui dis-je, et de plus tressaillir,
    Quand je suis prt  te cueillir._

      COLL.

CUL (Le). Les fesses, l'anus et les parties gnitales tout ensemble.

    Que ton petit cul est rond et potel! Qu'il est bien fait!...

      LA POPELINIRE.

    _Un cul dur comme un marbre et plus blanc que l'ivoire._

      LOUIS PROTAT.

    _Vous assurez, belle farouche,
    Que l'amour ne peut vous brler:
    Si votre cul pouvait parler,
    Il dmentirait votre bouche._

      COLL.

            _Et nous autres,
            Pauvres aptres,
            Pauvres moines...
    Ne foutons que des culs crotts...
                Eleson!_

      (_Romance populaire._)

    _Louyson a le cul crott
    Tout ainsi qu'un veau garott
    Que l'on trane parmy la rue..._

      M. DE MONTGAILLARD.

          _Gai, gai, l'on est chez nous
              Toujours en fte
          Et cul par-dessus tte;
          Gai, gai, l'on est chez nous,
    Toujours en fte et sens dessus dessous._

      BRANGER.

            _Cul, cul pour la vertu!
    Je suis putain, je veux faire mes farces;
            Cul, cul, pour la vertu!
    Je suis putain, je veux montrer mon cul!_

      (_Vieux refrain._)

    _Dieu fit le con, ogive norme,
            Pour les chrtiens,
    Et le cul, plein cintre difforme,
            Pour les paens..._

      (_Parnasse satyrique._)

    _Ah! je n'y tiens plus!... le cul me dmange...
    Qu'on m'aille chercher l'Auvergnat du coin,
    Car je veux sentir le vit de cet ange
    Enfoncer mon con comme avec un coin._

      (_Parnasse satyrique._)

CULBUTER UNE FEMME. En jouir,--parce que, pour en arriver l, il faut
la renverser sur le dos.

    Mademoiselle, aimez-vous bien  tre culbute?

      SOREL.

CULETER. Faire l'acte copulatif, qui exige de part et d'autre un fort
remuement de cul.

    _Elle en entretenait de tous prix et tous ges,
    Mme leur apprenait cent divers culetages._

      THOPHILE.

    _Depuis grosse garce devint,
    Et lors culetait plus que vingt._

      CL. MAROT.

    _Ci-gist qui est une grand'perte,
    En culetis la plus experte
    Qu'on sut jamais trouver en France._

      CL. MAROT.

CULISTE. Homme qui prfre le cul au con,--lev, sans doute,  l'cole
anormale des RR. PP. Jsuites.

    _Il n'est  prsent que des sots
        Qui se disent conistes;
    Les philosophes, les hros
        Ont tous t culistes._

      COLL. (_Recueil du Cosmopolite._)

CULOT DE FROMAGE (Le). Ce qui reste au fond des vagins qu'on n'a pas
le soin de les bien rcurer lorsqu'ils ont servi  faire la cuisine de
l'homme.

    _Malgr l'culot de fromage
    Qu'on est sr d'y rencontrer,
    Ma gueul' ne f'ra pas naufrage
    Si mon nez n' vient  sombrer._

      (_Parnasse satyrique._)

CULTE DE SAPHO (Le). _Lesbicus amor._ L'amour d'une femme pour une
autre femme,  l'exemple de celui dont tait possde l'amante mprise
de Phaon.

    _L'Opra dit tout haut
    Que St....., la prima-donne,
    Avec fureur s'adonne
    Au culte de Sapho._

      JOACHIM DUFLOT.

CUL TERREUX. Paysanne, qui ignore l'usage de la cuvette, et qui a
autant de crasse au vagin qu'aux mains.

CUVETTE. Vase qui joue un grand rle dans la vie des filles d'amour;
elles y touchent aussi souvent qu'aux pines de leurs contemporains. Un
homme est mont; pendant qu'il redescend, la cuvette se remplit d'eau,
avec quelques gouttes de vinaigre de Rully, et la main travaille 
dterger l'intrieur de la petite caverne dans laquelle il vient de
faire ses ncessits spermatiques. Si Paris pouvait se taire, de six
heures du soir  minuit, on entendrait un bruit formidable de cuvettes,
jouant toutes le mme air, une sorte de _ranz des vaches_ plein de
mlancolie, car il parat que cela n'est pas amusant de se laver ainsi
trente fois par soire.

CYCLOPE. L'outil qui n'a qu'un oeil, ou plutt l'ouvrier qui forge les
enfants:--Le vit.

    _Chez la Constant, Berthe aux merveilleux charmes,
        Beau travail et fermes appas,
    De mon Cyclope a fait couler les larmes
            Bien souvent, hlas!..._

      P. SAUNIRE.




D


DAIM. Le monsieur qui paie les filles pour tre tromp par elles avec
leurs amants de coeur; le mle naturel de la _biche_.

    Des daims! J'te jamais mes frusques, moi.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

DAME AUX CAMLIAS. Femme entretenue, qui joue quelquefois  la ville
le rle de _Marguerite Gautier_ (Marie Duplessis) avec un coiffeur de
son quartier, qu'elle aime ou fait semblant d'aimer, dans un accs de
vertu--heureusement trs court.

    Quand la lorette arrive  la prosprit, elle change de nom et
    s'appelle _Dame aux Camlias_.

      EDMOND TEXIER.

DAMES (Ces). On appelle ainsi un groupe de femmes, clibataires ou non,
qui vivent, travaillent ou se divertissent ensemble:

    _Ces dames_ du corps de ballet, _ces dames_ du thtre, _ces
    dames_ les tudiantes, _ces dames_ du Casino, de Mabille, etc.,
    etc.--En famille, le fils sortant avec sa mre et ses soeurs
    dit: Je vais au thtre avec _ces dames_.--Dans les ateliers de
    femmes, chez les couturires, les modistes, les lingres, etc.,
    on dit _mesdemoiselles_... _ces demoiselles_.--Au bordel, on
    dit: Toutes _ces dames_ au salon!--_tre dame_ est le rve que
    caresse toute jeune fille sage qui dsire sa libert.

DANSE (La)  PLAT, LA BASSE DANSE, LA DANSE DU LOUP. L'acte vnrien,
pendant lequel les deux acteurs se trmoussent en cadence, coups de
cul de ci, coups de queue de l,--ce qui les chauffe bien plus que
n'importe quelle varsoviana.

    _L'poux remonte, et Guillot recommence.
    Pour cette fois, le mari vit la danse
    Sans se fcher._

      LA FONTAINE.

    Il lui enseigna la danse du loup, la queue entre les jambes.

      (_Moyen de parvenir._)

    Je crois que tu ne te ferais point prier de danser le branle de
    un dedans et deux dehors.

      TOURNEBU.

    La danse est pour les jeunes filles ce qu'est la classe pour les
    adolescents, une cole protectrice de la sagesse, un prservatif
    des passions naissantes. Le clbre Locke recommande expressment
    d'enseigner aux enfants  danser ds qu'ils sont en tat de
    l'apprendre. La danse porte en soi une qualit minemment
    rfrigrante, et, sur tout le globe, les temptes du coeur
    attendent, pour clater, le repos des jambes.

      LEMONTEY.

    A quinze ans, la danse est un plaisir,  vingt-cinq ans un
    prtexte,  quarante ans une fatigue.

      AD. RICARD.

DARD. Le membre viril--avec lequel on pique les femmes, qui aiment
toutes  tre ainsi piques.

    _... Il devient dard avec le pioupiou._

      LOUIS PROTAT.

    _Ce brutal, ce Maure arrogant,
    Dans son amoureuse-tempte,
    S'lance au cul, le dard en main._

      B. DE MAURICE.

DBALLAGE. Le dshabill des femmes. Telle qui, sur le boulevard, avec
sa crinoline et les tromperies ouates de son corsage, a un aspect trs
apptissant, n'a plus, une fois nue, que des sductions de manche 
balai.

    Faut voir a au dballage... y a p't-tre plus d' rjouissance
    que d' viande l-dessous.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

DBANDER. Sentir son membre devenir mou, de dur qu'il tait auparavant,
soit parce qu'on a tir un coup et qu'on est fatigu, soit parce qu'on
ne se sent pas inspir.

    Tu ne me serres pas le vit comme tantt... je sens que je
    dbande.

      LA POPELINIRE.

DBAUCHER UNE FILLE. Lui prendre son pucelage et lui donner le got
de la pine--qu'elle ne perdra plus dsormais qu'en perdant le got du
pain.

DCALOTTER. Dcouvrir le prpuce qui recouvre le gland du phallus,
soit en bandant trop fort, soit en jouant avec, pour examiner son
tat sanitaire.--J'aime cette habitude de politesse du membre viril,
tant respectueusement sa calotte devant la femme--quelle qu'elle
soit. Il est vrai qu'en l'tant ainsi sans prcaution, il s'expose
 s'enrhumer--et  couler: mais il a t poli, mais il a t galant,
l'honneur est sauf.

    _Un vit, sur la place Vendme,
    Gamahuch par l'aquilon,
    Dcalotte son large dme
    Ayant pour gland... Napolon!_

      (_Parnasse satyrique._)

DCHARGE. jaculation.

    Il faut que la femme, dans le point de la dcharge, si elle veut
    que le coup porte, tienne les fesses serres l'une contre l'autre
    et ne se remue en faon quelconque que tout ne soit fait et
    achev!

      MILILOT.

    _L'clair brille, Jupiter tonne,
    Son vit n'en est point dmont;
    Contre le ciel sa tte altire
    Au bout d'une courte carrire,
    Dcharge avec tranquillit._

      PIRON.

    Ah! tu ne t'en iras pas que je n'aie dcharg.

      LA POPELINIRE.

    _Les capotes mlancoliques
    Qui pendent chez le gros Millan,
    S'enflent d'elles-mmes, lubriques,
    Et dchargent en se gonflant._

      (_Parnasse satyrique._)

DCONNER. Sortir du con de la femme, soit parce qu'on a fini, soit
parce qu'elle remue trop les fesses. Il y a des gens qui peuvent, comme
l'Ascylte de Ptrone, rester deux jours sur une femme. Heureux Ascylte!
Plus heureuse femme!

    Ah! me voil dconn!

      LA POPELINIRE.

    _Le vit alors, bien convaincu
    Qu'on ne peut voir un con vaincu,
        Renonce  la victoire:
    Il dconne et s'adresse au cu._

      (_Chanson anonyme moderne._)

    _Avec cet outil-l, je puis, sans me gner,
    Fournir mes douze coups, dont six sans dconner._

      PIRON.

DCOUCHER. Aller passer la nuit au bordel quand on est homme, hors du
bordel quand on est fille.

    Excusez-moi, mais, fidle  mes devoirs de mari, je n'ai jamais
    dcouch et ne dcoucherai jamais.

      LIREUX.

DCROTTER UNE FEMME. La brosser vigoureusement avec son vit, de
faon  lui dsobstruer le con, si par hasard il tait embarrass et
embroussaill de restants de sperme ou de sang menstruel.

    _Il me rpond: Ne te fche, Babeau,
    Avant partir tu seras dcrotte._

      (_Recueil de posies franaises._)

DDALE. La nature de la femme, o le membre viril s'gare souvent,
lorsqu'elle est trop large ou qu'il est trop petit,--bien qu'il ait la
main d'Ariane pour le conduire au bonheur.

    _Ce beau ddale qu'il contemple
    Avec des yeux tincelants,
    Fait natre et couler dans ses sens
    Une ardeur qui n'a point d'exemple._

      GRCOURT.

DDUIT. L'acte amoureux,--du verbe latin _deducere_, tirer, faire
sortir, c'est--dire, en vieux franais, se divertir en tirant--un
coup.

      _Qu'il ne manquait ou de jour, ou de nuit,
    Sous prtexte de voir son ingrate matresse,
        De faire natre avec adresse
      Un rendez-vous pour l'amoureux dduit._

      LA FONTAINE.

    _L'homme noir, friand du dduit,
    De dire: l'aventure est bonne._

      GRCOURT.

            _Il est minuit,
        C'est l'instant du mystre,
    Il nous invite  l'amoureux dduit._

      MILE DEBRAUX.

DFLORER UNE FILLE. Lui enlever son pucelage,--une rose diablement
pineuse.

    _Si fut-il admir pour masle trs-puissant
    D'en avoir une nuit dflor demi-cent._

      J. DE SCHLANDRE.

DGELER SON MEMBRE. L'introduire  moiti roide dans le vagin d'une
femme dont la chaleur le force  grossir et  brler lui-mme.

    _Un jour d'hiver Collas tout perdu
    Vint  Catin prsenter sa requte
    Pour dgeler son chose morfondu._

      CL. MAROT.

DEMI-CASTOR. Femme de moyenne vertu.

    Deux de ces filles qu'on appelle dans le monde demi-castors,
    se trouvrent, par hasard, assises prs de moi l'autre jour au
    jardin des Tuileries.

      (_Correspondance secrte._)

DEMI-VERTU. Femme qui n'est pas encore fille.

    _Et ces d'mi-vertus  panache,
    Tendres  cent cus par mois._

      E. DEBRAUX.

DEMOISELLE. Fille, dirait le portier de Prud'homme--qui est encore
garon,--parce qu'elle n'est pas marie.--Se dit aussi pour _pucelle_.

    _Par hasard la trouvant d'moiselle,
    A son pr' je d'mandai la belle._

      E. DEBRAUX.

DEMOISELLE DES TUILERIES. Vieille fille en qute d'un mari.

    La demoiselle des Tuileries appartient aux Tuileries  titre
    de meuble, comme la statue de Mlagre ou comme celle de
    Spartacus.--Elle avoue vingt-cinq ans et en a trente bien
    sonns. Elle est arrive  cette poque fatale de la vie o
    l'on dit: Voil une femme qui a d tre fort bien. De trente 
    trente-cinq ans, elle dissimule la tristesse qui la gagne, elle
    s'efforce de sourire. Quand elle voit passer  sa porte un bel
    enfant avec des cheveux blonds, elle l'attire  elle, l'embrasse
    tendrement et pousse un profond soupir qui veut dire: J'aurais
    t si bonne mre!--Les trente-cinq ans arrivent: oh! alors,
    c'est l'nergie du dsespoir, c'est la rage, une fureur. _La
    demoiselle des Tuileries_ s'accroche  tout; elle est prte 
    tout; elle pousera, si on le veut, avec un gal empressement, un
    jeune homme de dix-huit ans qui veut s'manciper, ou un vieillard
    qui cherche une garde-malade...--A quarante ans, le rle de
    la demoiselle des Tuileries est fini; elle prend le mariage en
    horreur, elle est vieille fille et restera vieille fille...

      E. GLORIEUX.

DEMOISELLE DU PONT-NEUF. Fille ou femme sur le ventre de qui tout le
monde passe, a pass, ou passera.

DNICHEUR DE FAUVETTES. Libertin, dont l'unique occupation est de
faire la chasse aux connins, de dnicher les pucelages pour son propre
compte.

DPENSER SES CTELETTES. Tirer un coup, parce que le sperme est le
rsultat de la nourriture absorbe.--Cette expression a t employe
pour la premire fois dans une nouvelle  la main du _Figaro_, dont le
parquet a ri--sans la poursuivre comme outrage  la morale publique.
Une dame avait un amant pauvre, qu'elle invitait souvent  dner
avec elle, afin de lui confectionner un sperme de bonne qualit et
de le forcer  bander en temps utile. Un jour elle s'aperut qu'il la
trompait pour une autre femme; elle s'en plaignit amrement  une de
ses amies, en disant: Il va dpenser ailleurs les ctelettes qu'il
mange chez moi!

DPUCELER UNE FILLE. La dbarrasser,  coups de pine, du fardeau de
sa virginit; briser la cloison de l'hymen pour entrer dans son divin
retrait,--o dj, peut-tre, est entr l'indiscret mdium.

    Il trouve son colire sur le lit, qui l'attendoit, dont il jouit
     son souhait, et la dpucelle.

      MILILOT.

    Il vaut mieux dpuceler une garce que d'avoir les restes d'un
    roi.

      BRANTME.

    _ donc, mon coeur et ma rebelle,
     mon me,  mes amours,
    Qu' ce coup je vous dpucelle._

      (_Cabinet satyrique._)

    La nouvelle marie fit pourtant si bien qu'elle dpucela son
    mari.

      TALLEMANT DES RAUX.

DPUCELEUR DE NOURRICES. Fat qui joue au don Juan, qui prtend avoir
mis  mal une infinit de pauvres innocentes, et qui n'a jamais bais
que des gourgandines.

DERNIRE FAVEUR (La). Ainsi appelait-on, au XVIIIe sicle, la
complaisance qu'une femme avait de prter son derrire  un homme aprs
lui avoir prt son devant. Cela rsulte clairement de ce passage des
_Tableaux des moeurs du temps_, de La Popelinire:

    --Comment donc, comtesse, vous ne lui avez pas encore accord la
    dernire faveur?--Non certes, je m'y suis toujours oppose.--Cela
    vous tourmentera et lui aussi, ma petite reine; il faut bien que
    vous fassiez comme les autres. Les hommes sont intraitables avec
    nous jusqu' ce qu'ils en soient venus l.

      (_Dialogue XVII._)

Aujourd'hui, la _Dernire faveur_, dans le langage de la galanterie
dcente, c'est la coucherie pure et simple--et c'est dj bien joli.

DERRIRE (Le). Le cul, soit de la femme, soit de l'homme.

    _Et pour peu que, d'un air tendre,
    On dirige un doigt savant,
    On les voit se laisser prendre
    Le derrire et le devant._

      CHARLES MONSELET.

    _Phoebus, au bout de sa carrire,
    Put les apercevoir tous deux,
    Le brigadier dans le derrire
    Agitant son membre nerveux._

      (_Parnasse satyrique._)

          _Pour offrir
    Son devant aux madames,
    Son derrir' ferme et doux
          Aux poux._

      (_Chanson anonyme moderne._)

DSARONN (tre). Ne plus bander, pour avoir trop band;--femme, faire
dconner son fouteur.

    L'tudiant qui n'est pas encore dsaronn.

      HENRI MONNIER.

    Je dsaronnai mon cavalier, qui n'avait pas encore fini sa
    course.

      (_Meursius._)

DESCENDRE. Aller faire la rue, dans l'argot des filles de bordel,
qui descendent le plus souvent qu'elles peuvent, afin d'tre montes
d'autant.

    Va t' t' onze heures, j' descends pus... Nous allons nous
    coucher, dis, veux-tu?

      HENRI MONNIER.

DESGRIEUX. Maquereau, amant de coeur d'une femme galante.--Tout
le monde a lu le roman de l'abb Prvost d'Exiles, intitul _Manon
Lescaut_, et, l'ayant lu, sait que dans ce roman--qui a l'air d'tre
une histoire arrive--le chevalier Desgrieux joue le rle de maquereau,
et mme un peu d'escroc.

DESSUS DU PANIER DES AMOURS (Le). Le pucelage des jeunes filles, auquel
personne n'a encore touch du bout de la queue.

    Ces messieurs du faubourg ont le dessus du panier des amours, et,
    comme ils ont l'apptit et les dents de la jeunesse, ils mordent
    aux grappes lorsqu'elles ont prcisment toute leur fracheur,
    toute leur saveur, tout leur parfum.

      A. DELVAU.

DESSERRER LES GENOUX. Consentir  se laisser baiser. Ouvrir les cuisses
pour recevoir un homme, de mme qu'on ouvre la bouche et desserre les
dents pour recevoir un vit.

    _Un cordelier d'une riche encolure,
              Large de quarrure,
              Fier de son pouvoir,
            Prodigue du mouchoir,
    Au coin d'un bois rencontra soeur Julie,
              Lui dit: Je vous prie,
              , dpchez-vous,
            Desserrez les genoux._

      HAGUENIER.

DEUX ADJOINTS (Les). Les testicules, qui accompagnent partout le membre
viril,--le maire naturel de Confoutu.

    _Ses deux adjoints lui font escorte;
    Mais, par un caprice nouveau,
    Tous les deux restent  la porte:
    Il entre seul  son... bureau._

      EUGNE VACHETTE.

DEUX BIBELOTS (Les). Les testicules, avec lesquels les femmes se
plaisent  jouer.

    Donne-moi tes deux bibelots, mon chri, que je les pelote.

      JEAN DU BOYS.

DEUX OREILLES. Les deux couilles.

      _Tu ronfles, tu sommeilles;
      Tu mrit'rais, dans c' cas,
      Puisque tu n' t'en sers pas,
    Que j' te coup' les deux oreilles...
      Adrien, c' n'est pas bien, etc._

      (_Anonyme moderne._)

DEUX SOEURS (Les). Les deux fesses, insparables.

DEUX TROUS (Les). L'anus et le con.

    _Le trou du cul, le trou du con,
    Sont deux trous qui me semblent farces:
    Par l'un, on jouit d'un garon
    Et par l'autre on jouit des garces.
    Tous les deux me sont dfendus;
    Mais puisqu'il faut que je me perde...
    Je prfre le trou du cul,
    Malgr mon dgot pour la merde._

      BING.

DEVANT (Le). Les parties sexuelles de l'homme et de la femme.

    _Le p'tit gueux, prs des femmes,
    Bientt s' mit  courir,
            Pour offrir
    Son devant aux madames._

      (_Chanson anonyme moderne._)

    On pourra dsormais avoir confiance en moi, car on dit
    communment qu'il faut se dfier du devant d'une femme, du
    derrire d'une mule, et d'un moine de tous les cts.

      (_Le Moine scularis._)

    Ah! mon Dieu, quelle injustice que l'honneur d'un homme dpende
    du devant d'une femme!

      CH. SOREL.

DVIRGINER. Oter la virginit.

    Ceux-ci ne trouvrent pas d'autres moyens que de les dvirginer
    eux-mmes avant qu'elles pussent tenter personne.

      PIGAULT-LEBRUN.

    Oui, tout semblait m'annoncer qu'enfin j'allais tre, et mme
    trs agrablement, dvirgine.

      (_Mon noviciat._)

    Extasie, fendue par l'norme grosseur du vigoureux bourdon
    de mon dvirgineur,... je restai quelque temps accable par la
    fatigue et le plaisir.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

DEVOIR (Le). La fouterie, qui est en effet le premier des devoirs, le
plus sacr, celui auquel on manque le moins tant qu'on est jeune et
qu'on sait jouer des reins.

    Allons! rentre chez toi, pre de famille! et fais ton devoir prs
    de ta femme, cela dt-il te valoir un enfant!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Puis quand on vint au naturel devoir,
    Ah! dit Catin, le grand dgel s'approche.
        Vrai, dit-il, car il va pleuvoir._

      CL. MAROT.

DILIGENCE (La) DE LYON. C'est une des _postures_ (voir ce mot)
les plus curieuses et les plus rares. Nombre de grands amateurs de
Vnus sont morts sans la connatre; c'est que, pour l'excuter, il
faut trouver une femme qui runisse deux qualits rares: l'ardeur,
d'abord. Nombre de femmes feignent d'tre ardentes pour plaire 
l'homme qu'elles veulent sduire, mais ne sont au fond que de simples
_patients_ et non des _agents_, et ici il faut que la femme soit agent
et que l'homme soit patient. Ensuite, il faut qu'elle ne soit pas
neutralise par une sotte pudeur, rsultat de la tyrannie des hommes
exerce continuellement jusqu'ici sur les femmes. Quand une femme
donc est ardente et libre, elle prend un homme qui lui plaise sous
tous les rapports; elle le met nu comme un ver, l'tend sur un lit
en lui mettant des coussins sous la tte et sous les reins, et toute
nue elle-mme, elle se met  cheval  cru sur lui, s'embrochant sur
le pivot naturel, c'est--dire sur son vit. Alors, elle fait comme
le postillon sur un des chevaux des anciennes diligences de Lyon.
S'appuyant un peu sur les paules de son amant, elle s'avance en
chevauchant et le vit se relve prs du ventre de l'homme. Elle recule
et le vit se renfonce dans son con jusqu' la garde. Elle s'anime;
elle va de plus fort en plus fort, comme si la diligence parcourait
un chemin raboteux. Ses yeux s'garent, ses cheveux se dnouent.
Elle jouit, elle jouit, mais elle va toujours; elle va jusqu' ce
qu'elle soit tout  fait extnue de dcharge spermatique; car il
faut remarquer que l'homme, tendu sur ses coussins, ne pouvant pas
bouger, bande de plus en plus, jusqu' la fin, mais ne dcharge pas. La
femme tombe alors comme morte dans les bras de son amant, lequel, tout
enflamm, finit de son ct comme il peut.

    Je serai bien aimable, je me mettrai toute nue, dit-elle
    insidieusement.--Passe ton chemin, rpond le fidle poux,
    ayant encore prsente  la pense l'image des charmes de
    sa jeune moiti.--Je te ferai le grand jeu!--Non--Feuille
    de rose!--Non.--Le tire-bouchon amricain?--Connu... tu
    m'ennuies.--Eh bien, tiens, tu me plais, viens, tu ne payeras pas
    et nous ferons la diligence de Lyon...

      (_Fantaisiste_, I, 177.)

DISPENSAIRE. Endroit spcial,  la prfecture de police, o sont
obliges de se rendre une fois par semaine les filles en carte,
afin d'y subir de la part des mdecins qui s'y trouvent, une visite
minutieuse de sant.

DIVERTIR (Se). Baiser ferme et dru, ce qui est encore le moins trompeur
de tous les plaisirs humains.

    Il s'en allait, contre son gr, voir quelque fille pour se
    divertir, et, tant l, s'efforait si fort sur elle qu'il en
    tait allg.

      MILILOT.

    _Et cherche un ami jeune et beau,
    Par qui tu sois mieux divertie._

      MAYNARD.

    _Au lit, le divertissement
    Qui se donne entre deux courtines,
    Tient un peu trop du sacrement._

      CHAPELLE.

DOCTEUR (Le). Le vit,--qui sert en mme temps de remde.

    _Vieilles, jeunes, laides, belles,
      Toutes aiment le docteur,
      Et toutes lui sont fidles...
      Toutes? non, c'est une erreur:
      On dit qu'il en est entre elles,
      Dans la crainte d'un malheur,
      Qui se passent du docteur._

DOIGT. Le membre viril, que nous insinuons si volontiers dans le d de
la femme.

    _Et moy d'un seul petit coup
    J'ay gagn la chaude-pisse,
    Et du doigt de quoy je pisse
    On m'en a coup le bout._

      (_Chansons folastres._)

    _Il cherche le temps et le lieu
    Pour mettre le doigt du milieu
    Dans la bague de ta nature._

      THOPHILE.

    _Sans y rflchir j'enfonai
    Ce pauvre doigt jusqu' la garde._

      E. DEBRAUX.

    _Ma seringue, sans nul obstacle,
    Peut seule oprer un miracle:
    Pour gurir radicalement,
    Prenez un doigt de lavement._

      J. CABASSOL.

    _Ce passe-temps partout d'usage
    Favorise plus d'un amant:
    La fillette innocente et sage,
    Par l s'engage trs souvent.
    L'amour qui toujours nous partage
    A soin que tout soit dbrouill,
    Il dissipe plus d'un nuage
    En conduisant le doigt mouill._

      (_La Goguette du bon vieux temps._)

DOIGT DE COUR. Le mdium de la main droite, qui sert  branler les
femmes.

      _Savez-vous pourquoi nos belles
      Sont si froides en amour?
    Ces dames se font entre elles,
    Par un ingnieux retour,
    Ce qu'on nomme un doigt de cour._

      DE CHAMPCENETZ.

DONDON. Femme facile, qui se laisse prendre le cul par le premier venu,
et, au besoin, se laisse baiser par lui.

    _Toinette, frache dondon,
    Chantait ainsi son martyre._

      JULES POINCLOUD.

DON D'AMOUR. Employ dans un sens obscne pour dsigner l'acte vnrien.

    _Oui, mais aussi nous gagnons quelque chose,
    Dit la jeune ve, et son souris propose
    Le don d'amour._

      PARNY.

    _Je ne fais que requrir,
          Sans acqurir,
    Le don d'amoureuse liesse._

      CL. MAROT.

    _Conclusion, que Renaud sur la place
    Obtint le don d'amoureuse merci._

      LA FONTAINE.

DONNER DANS L'OEIL  UN HOMME OU  UNE FEMME. Donner envie  un homme
de coucher avec une femme, ou  une femme de coucher avec un homme.

    Il m'a dit que votre chienne de mine lui avait donn dans l'oeil.

      LA POPELINIRE.

DONNER DU BON TEMPS (Se). Passer sa jeunesse  baiser les filles, quand
on est homme, et  se faire baiser par les hommes, quand on est fille.
C'est le _Aimons! aimons!_ de M. Alphonse de Lamartine.

    O qu'est l' mal aprs tout? On bquille, on s'amuse, on s'donne
    du bon temps, on oublie sa misre: c'est toujours a d' gagn.

      HENRY MONNIER.

        _Not' vivandire
        S'en donna tant,
    Qu'il survint un enfant._

      E. DEBRAUX.

    _Se donner  crdit pendant qu'on est si belle,
    Et pendant qu'on pourrait amasser des trsors,
    Ma fille, proprement c'est l ce qu'on appelle
                Faire folie de son corps._

      MONTREUIL.

DONNER DU CONTENTEMENT AUX HOMMES. Savoir les faire jouir comme il
faut, par des moyens que rprouve la morale et qu'autorise le bonheur.

    Il dit qu'il me veut rendre une des plus habiles qui soient
    capables de donner du contentement aux hommes.

      MILILOT.

DONNER DU MAL. Communiquer la maladie vnrienne par le cot.

    Elle est belle, ma Josphine... et elle connat son affaire!...
    Mais, pas d' btises,  mon pre! elle vous donnerait du mal...

      TISSERAND.

DONNER DU MAL (Se). Dans l'argot des filles publiques, c'est raccrocher
frquemment sur le trottoir, c'est monter souvent avec de nouveaux
michs.

          _Mais, va, c'est gal,
        Je m' donnerai du mal,
    Je veux c' soir, bravant Saint-Lazare.
          Labourer l' persil._

      DUMOULIN.

DONNER DU PLAISIR. Faire jouir un homme  coups de cul, ou une femme 
coups de queue.

    _Il faut de tous ces dons savoir bien se servir,
    Savoir les employer  donner du plaisir
    A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance._

      LOUIS PROTAT.

DONNER LA SAUCE. Donner la vrole.

    _..... Prsent le plus funeste
    Que puisse faire aux vits la colre cleste._

DONNER L'ASSAUT. Baiser une femme, monter sur elle et entrer par la
brche que vous savez.

    _Dames, dansez, et que l'on se dporte,
    Si m'en croyez, d'couter  la porte,
    S'il donnera l'assaut sur le minuit._

      CL. MAROT.

DONNER L'AUBAINE. Baiser une femme, qui s'en _trmousse_ beaucoup--de
joie.

    _Aussi la dernire du bout,
    Se pmant, cria: Le roi fout!
            Et chanta: Bon!
          Le roi Salomon
        M'en a donn l'aubaine!_

      COLL.

DONNER LE PICOTIN. Baiser une femme--qui mourrait d'inanition sans
cette ration d'amour quotidien.

    Un dimanche matin, il cuidait lui donner le picotin.

      (_Moyen de parvenir._)

DONNER LE PLAISIR  UNE FEMME. Besogner du membre dans son vagin.

    Tmoin son pre, qui a donn le plaisir  Marguerite, la servante
    que vous avez chasse.

      MILILOT.

DONNER SA ROSE. Offrir son pucelage sur l'autel du dieu Priape.

    _Ma fille, avant d' cder ta rose,
    Retiens bien ce prcepte-l._

      E. DEBRAUX.

DONNER UN BRANLE. Faire l'acte vnrien.

    _Mais quand quelqu'un lui donne un branle,
    En l'absence de son cocu,
    Vous diriez, comme elle se branle,
    Qu'elle a des pines au cu._

      THOPHILE.

DONNER OU RECEVOIR UN CLYSTRE. Faire l'acte vnrien,--par allusion
 la forme de la seringue que l'on introduit dans le cul. Aussi
trouve-t-on dans les vieux auteurs, et notamment dans Rabelais,
cette expression: _Clystre barbarin_ dans le sens d'_enculement_. La
seringue disparat de jour en jour devant le _clyso-pompe_ et autres
_irrigateurs_: dans cinquante ans, nos petits-neveux ne sauront plus ce
que c'est que de _donner_ ou _recevoir un clystre_--barbarin ou non.

DONNER UN COUP DE CUL. Se remuer sous l'homme, de faon  le faire
jouir lorsque cela tarde trop.

    _En baisant,  propos donner un coup de cul._

      LOUIS PROTAT.

DONZELLE. Fille ou femme lgre--comme chausson.

    Tu veilleras  ce que la donzelle n'essaye pas de nous faire voir
    le tour.

      X. DE MONTPIN.

DOS VERT OU DOS D'AZUR. Maquereau, souteneur de filles,--parce que le
scombre dont on a emprunt le nom pour fltrir ces sortes de gens a
le dos d'un beau bleu mtallique, changeant en vert iris, et ray de
noir.

    _coute-moi, dos vert de ces putains sans nombre,
    Ombre du grand Thomas qui de Priape est l'ombre._

      DUMOULIN.

    Je ne suis pas un mich, je suis un dos d'azur.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

DOUCE AFFAIRE. L'affaire de coeur, c'est--dire du cul, douce  faire,
en effet, bien que ses suites soient quelquefois amres.--Se donner, ou
se coller une _douce_: se masturber.

    _Le portrait ravissant, l'image enchanteresse
    Qu'en tout temps je me fais de ton con, de ta fesse,
    De ta motte, des poils, blonds ou noirs, mais soyeux,
    Qui viennent mollement frisotter autour d'eux,
    A mon organe cause une telle secousse,
    Que j'ai beau tous les jours me coller une douce,
    Dans mes rves ton con m'agace et me poursuit,
    Et me fait dans mes draps dcharger chaque nuit...
    Cette agitation me fatigue et me pse:
    Aussi, sans plus tarder, faut-il que je te baise._

      LOUIS PROTAT. (_Serrefesse._)

DRESSER. Venir en rection.

    _Enfin tant que nous sommes,
    Combien de membres d'hommes
    Nous avons fait dresser._

      (_Cabinet satyrique._)

DRLESSE. Fille ou femme de moeurs plus que lgres--qui souvent n'est
pas drle du tout,  moins qu'on ne considre comme drleries les
chansons ordurires qu'elle chante au dessert.

    Mais tout n'est pas rose et billets de mille francs dans
    l'existence phosphorescente, fulgurante, abracadabrante de ces
    adorables drlesses, qui portent leurs vingt ans sans le moindre
    corset.

      A. DELVAU.

DULCINE. Matresse; femme entretenue; fille publique.

    Ma dulcine est-elle venue?

      AUGUSTE RICARD.

DUO SANS MUSIQUE. L'acte vnrien, qu'on accomplit  deux sans faire
aucun bruit, sans sonner un seul mot, en se consentant de soupirer.




E


EAU-DE-VIE. Le sperme. Equivoque facile  comprendre.

    _Il goutta toute son eau-de-vie,
    Puis se voulut restaurer de coulis._

      CL. MAROT.

    _Il lui faut de l'eau-de-vie
    Pour la gurir, ce dit-on._

      (_La Comdie des Chansons._)

    _Je crois qu'elle avait envie
    D'avoir de mon eau-de-vie._

      GAUTIER-GARGUILLE.

EAU DES CARMES. Le sperme.

    _En dpit de mes larmes,
    Ngligeant mes appas,
    Tu vends de l'eau des Carmes...
    Mais... ne m'en offre pas!_

      LOUIS PROTAT.

BATS. Employ dans un sens obscne pour dsigner l'acte vnrien.

    _Pour ses bats il eut trois cents matresses,
    Je n'en ai qu'une, hlas! je ne l'ai plus._

      VOLTAIRE.

    _Les filles sommeillaient encore,
    Nul indice de leurs bats._

      PARNY.

    _C'est sur mon lit que s'bat la friponne._

      GRCOURT.

BAUDIR (S'). Employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    Je me veux baudir avec cette petite barbouille.

      (_La Comdie des Proverbes._)

    _Le preux Chandos  peine avait la joie
    De s'baudir sur sa nouvelle proie._

      VOLTAIRE.

    _C'est bon... je laisse une grosse heure entire
    Mes deux paillards  l'aise s'baudir._

      GRCOURT.

COUTILLE (L'). La nature de la femme--dans l'argot des marins d'eau de
mer et d'eau douce.

    _Allons, la garce, haut la quille!
    Mon vit est crnement driss;
    Ouvre-moi ta large coutille.
    Embarque-moi: je suis press._

      ALPHONSE KARR.

CRASER DES TOMATES. Avoir ses menstrues, dont la couleur est cousine
germaine de celle de la _pomme d'amour_.

    --Eh bien, va coucher avec Mlie...--Peux pas: elle crase des
    tomates, depuis deux jours, que a en est dgotant.

      SEIGNEURGENS.

CUELLE. Employ dans un sens obscne pour dsigner la nature de la
femme.

    Les femmes sont comme gueux, elles ne font que tendre leur
    cuelle.

      BRANTME.

CUME DU PLAISIR (L'). Le sperme.

    _Le feu du plaisir s'allume;
    Du bonheur l'ardente cume
    Dans ton manoir qui la hume
    A gros bouillons rejaillit._

      (_Chanson anonyme moderne._)

EFFETS DE CUL (Faire des). Remuer habilement les fesses en marchant
devant les hommes, pour les allumer et s'en faire suivre.

EFFETS DE PANTALON (Faire des). Arranger avantageusement son _paquet_
dans l'entre-jambe,  droite ou  gauche, de faon qu'il fasse saillie
sur la perpendiculaire naturelle du corps et crve les yeux des femmes.

EFFEUILLER. Masturber en parlant de la femme.

    _Un joli doigt, qu'assouplit le dsir,
    En l'effeuillant y cherche le plaisir._

      PARNY.

EFFEUILLER LA COURONNE VIRGINALE. Prendre le pucelage de sa femme, la
nuit des noces.

    Et Pignouflard, demain, effeuille sa couronne virginale...

      ALBERT GLATIGNY.

JACULER. Dcharger son sperme, soit en baisant, soit en se masturbant.

    Il y en a qu'on ne saurait faire taire et qui, quand ils
    jaculent, en mme temps ne peuvent s'empcher de crier.

      MILILOT.

LIXIR... DE LONG'VIT. Le sperme, aimable essence qui ferait
ressusciter... une morte.

    _Possdant une recette,
    Je fis prendre  la fillette
    Six fois de mon lixir.
    --Ah! Dieu! que je suis contente,
    S'criait la patiente:
    Encore, ou je vais mourir!_

      (_Gaudriole_, 1834.)

ELLE EST COUVERTE D'ARDOISE. Sous-entendu: _Les crapauds ne montent pas
dessus_. Se dit d'une femme trop belle ou trop bgueule pour qu'il n'y
ait pas folie  vouloir la _grimper_ comme une simple drlesse.

MANCIPER (S'). Aller avec une femme beaucoup plus loin que la
biensance ne le permet, mais beaucoup moins loin pourtant que ne le
voudrait la femme--qui a, sur le bonheur, des ides diamtralement
opposes  celles de la morale.

    Lors, s'mancipant tout d'un coup, il me troussa la chemise tout
    autour et me dcouvrit le ventre et les fesses, se plaisant  les
    patiner.

      MILILOT.

EMBROCHER UNE FEMME. La baiser, se servir du membre viril comme d'une
broche pour l'exposer au feu qui moult arde.

    _Une dame allant dans son coche
    Aux champs avecque son amant,
    Hors du faubourg il vous l'embroche._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Mais quand ce vient  l'embrocher,
    Son outil ne peut se dresser._

      (_Recueil de posies franaises._)

    _Et de si prs il s'approcha,
    Qu'amoureusement l'embrocha._

      THOPHILE.

MILE. Nom donn aux pdrastes que prcdemment l'on appelait _Tantes_
(V. ce mot). Les _miles_ taient en socit,  Paris, en 1864. Leurs
statuts ont t imprims. La police, avertie de ces runions, y fit
une descente et fit fermer un tablissement de marchand de vins de la
Barrire de l'cole, o ils se runissaient. De hauts fonctionnaires
furent compromis. Une chanson fut faite  cette occasion. Les patients
s'habillaient en femme pour recevoir leur mile.--Un dessinateur avait
consenti  reproduire les poses lubriques de toutes ces scnes de
sodomie.

    Extrait d'une lettre du baron de Heeckeren, snateur, saisie:
    ... Je ne pourrai venir  la runion qu' minuit, rservez-moi
    Dupanloup...

    --Duc de Mouchy. Jeune attach d'ambassade, trs connu pour
    ses gots non-conformistes..., comme patient... S'habille
    ordinairement en femme.--Gnral d'Herbillon (mile), gnral de
    division et snateur.

    taient encore acteurs dans la pice:--Duc de Valmy, secrtaire
    d'ambassade.--Davilliers (J.-P.-E.), chef du deuxime
    bureau, premire division, ministre de la guerre. Lieutenant
    d'tat-major. Proxnte et mignon. On faisait des cancans sur lui
    dans son bureau; indign de bruits qui ternissaient son honneur,
    il fut s'en plaindre  son protecteur, le gnral Castelnau, chef
    de sa division au ministre. Le gnral, qui ne voulait pas que
    son protg et la rputation d'une putain, lui promit de faire
    cesser les bruits qui couraient. Il pria le prfet de police de
    faire une enqute; pour toute rponse, le prfet lui montra une
    photographie reprsentant son protg dans l'exercice de ses
    fonctions.

    Plusieurs dnonciations taient arrives  la prfecture de
    police; la plus drle est celle d'un propritaire qui, voyant
    arriver une masse de soldats dans la maison folichonne, et
    apprenant qu'on y avait apport des uniformes de prfets, de
    snateurs, d'vques, crut  un complot et en crivit  la
    prfecture.

      (_La Sultane Rozra_, p. 21.)

EMMANCHER. Baiser.--la nature de la femme tant la manche o
s'introduit le plus volontiers le petit bras, ou si l'on veut, le
_manche_ de l'homme.

    Un bon garon du village, trs bien emmanch.

      (_Moyen de parvenir._)

    N'est-il pas temps que je vous emmanche?

      B. DESPERRIERS.

EMPCHER. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte vnrien.

    _Et tandis que je suis avec l'un empche,
    L'autre attend sans mot dire, et s'endort bien souvent._

      LA FONTAINE.

EMPOIGNER PAR LE MANCHE. Se dit de l'action par laquelle une femme
namoure s'empare avec autorit du membre de l'homme qui est avec
elle, et se l'introduit avec empressement dans le vagin.

    Je l'empoignai par le manche et le menai au pied du lit, o je
    me couchai  la renverse, l'attirant dessus moi: je m'enconnai
    moi-mme son vit dans mon con jusques aux gardes.

      MILILOT.

EMPRUNTER UN PAIN SUR LA FOURNE. Baiser une fille avant de l'avoir
pouse.

    Bien souvent, ils empruntent un pain sur la fourne.

      (_Les Caquets de l'accouche._)

EN AVOIR DANS LE VENTRE. tre enceinte.

ENCHANTERESSE. Fille galante qui fait oublier  l'homme ses devoirs en
le promenant de jouissance en jouissance, en lui vidant la cervelle en
mme temps que les couilles et la bourse.

    Il voulut nous faire voir les enchanteresses du lieu.

      CHAPELLE.

ENCONNER. Introduire le membre viril dans la nature de la femme.

    Il va couter tout doucement  la porte s'il n'y a personne, et,
    cela fait, il me fait signe du doigt que je ne bouge, et puis il
    s'en vient  moi et m'enconne brusquement par-dessous les fesses.

      MILILOT.

      _En voyant si belle fte,
      Remue de cul et de tte,
    Pour tcher de dsaronner
    Celui qui la veut enconner._

      THOPHILE.

    _Faites grand bruit, vivez au large;
    Quand j'enconne et que je dcharge,
    Ai-je moins de plaisir que vous?_

      PIRON.

    J'avais encore bien de l'ouvrage avec huit soeurs, dont six, ou
    du moins cinq, taient souverainement enconnables.

      (_Anti-Justine._)

ENCORNER. Vieux mot signifiant tromper un mari.

    _La Louison dedans Paris
    A plus encorn de maris
    Que Sedan n'a fait d'arquebuses._

      (_Cabinet satyrique._)

ENCUL. Pdraste passif, homme qui sert de matresse  un autre homme.

    _Un encul lira les noms de tes victimes._

      DUMOULIN.

    _As-tu donc frquent Sodome
    Ou Rome, bougre d'encul!
    Que tu parles de prendre un homme
    Et, comme nous, d'tre enfil?_

      (_Parnasse satyrique._)

ENCULER. Introduire son membre dans le cul d'une femme, lorsqu'on est
sodomite,--ou d'un homme, lorsqu'on est pdraste.

    _... Tu venais un soir de m'enculer,_

dit Pinolie  Pincecul, dans _Serrefesse_, parodie de _Lucrce_.

    _Que les chiens sont heureux!
    Dans leur humeur badine,
    Ils se sucent la pine,
    Ils s'enculent entre eux:
    Que les chiens sont heureux!_

      (_Parnasse satyrique._)

    _Godefroy, seigneur de Bouillon,
    L'encula dans une patache
    Qu'il rencontra d'occasion._

      B. DE MAURICE.

ENCULER UNE FEMME. La baiser par derrire au lieu de la foutre par
devant, se servir du moule  merde au lieu d'employer le moule 
enfants.

    _Le Russe gamahuche et l'Italien encule._

      L. PROTAT.

ENCULEUR. Sodomite ou pdraste, selon que sa pine s'adresse  un cul
fminin ou  un cul masculin, ce qui, en somme, est toujours la mme
chose--et la mme merde.

    _C'tait comme un immense et splendide bazar
    Dans lequel enculeurs, enculs, maquerelles,
    Maquereaux et putains, tous grouillaient ple-mle._

      L. PROTAT.

EN DCOUDRE AVEC UNE FEMME. La baiser  couillons rabattus; se fendre
avec elle d'une demi-douzaine de coups, bonne mesure.

    Il tait seul pour lors; la chanoinesse avec laquelle il en avait
    dcousu la veille n'tait qu'une promeneuse aspirante, mais non
    encore aphrodite.

      (_Les Aphrodites._)

ENDOSSEUR. Homme qui, ne craignant pas d'pouser une femme enceinte,
se fait volontiers le grant responsable, l'endosseur des oeuvres
d'autrui.

    A l'gard de mademoiselle Raucoux, dont, Madame, vous avez bien
    voulu me proposer le mariage, au dfaut de mademoiselle Dubois,
    c'est encore un effet bien neuf, qui doit ncessairement entrer
    dans le commerce et dont je ne me soucie pas d'tre le premier
    tireur, ni mme l'endosseur. Quand il aura circul, nous verrons
     qui il restera.

      (_Lettre de l'acteur D'Auberval  la comtesse Dubarry_, 30
        avril 1773.)

ENFILER UNE FEMME--comme une perle, avec un bout de pine au lieu d'un
bout de fil.

    Voudrais-tu m'enfiler, mon petit homme?

      HENRY MONNIER.

    _Si vous ne voulez pas vous laisser enfiler,
    Par mon chien aussitt je vous fais enculer._

      L. PROTAT.

    _Leste et gai, j'enfile, j'enfile, j'enfile._

      BRANGER.

                _C'est votre bonne fille
    Qu'un infme paillard honteusement enfile._

      TROTTEREL.

    Je ne m'tonne plus s'il l'a si bien enfile, puisqu'elle est la
    perle des filles.

      (_La Comdie des Proverbes._)

    _Votre beaut sans seconde
    Vous fait de tous appeler
    La perle unique du monde;
    Il faut donc vous enfiler._

      COLL.

ENFONCEUR DE PORTES OUVERTES. Homme qui se vante d'avoir pris le
pucelage d'une foule de femmes--violes trois ou quatre cents fois par
d'autres que par lui.

ENFOURNER. Introduire son membre dans le vagin d'une femme,--vritable
four  la chaleur duquel il ne tarde pas  se fondre.

    Il rsolut d'aller dans la maison pour enfourner la femme.

      D'OUVILLE.

    _Et prends garde aprs
    Comme on les enfourne._

      COLL.

ENGAINER. Baiser, la nature de la femme servant de gane au couteau de
l'homme.

    Si elle n'ouvre pas bien les cuisses, il est impossible qu'il la
    puisse bien enganer.

      MILILOT.

    _Puis Martin juche et lourdement engane._

      CL. MAROT.

    De sorte que quand il voulut enganer.

      (_Moyen de parvenir._)

    _La belle crie, il pousse,  la fin il engane._

      PIRON.

ENGIN. Le membre viril--qui est en effet l'instrument le plus
ingnieux, le plus inventif (_ingenium_) qui soit au monde.

    Premirement, il faut que tu saches que cet engin avec quoi les
    garons pissent s'appelle un vit.

      MILILOT.

    _O con! la nuit  peine a fini sa carrire
    O dix fois mon engin te donna le bonheur;
    Pourtant, tu veux encor que d'une tte altire
                  Il brave ta fureur._

      (_Parnasse satyrique._)

ENGROSSER. Devenir enceinte par suite d'un coup tir avec un homme de
sperme prolifique.--Faire un enfant  une femme.

    Il arriva  cette folle femme de se faire engrosser  un autre
    qu' son mari.

      BRANTME.

    Mais un plus grand malheur m'a-t-il jamais pu advenir: engrosser
    une fille du premier coup!

      P. DE LARIVEY.

    Quelques-uns ayant engross des filles sont contraints de les
    pouser.

      CH. SOREL.

ENTENDRE LE JEU, ENTENDRE CELA. Savoir faire l'amour.

    J'entends cela peut-tre mieux qu'elle.

      LA POPELINIRE.

    Il arrive bien souvent que le premier soir qu'une jeune pucelle
    couche avec un garon qui entend le jeu dont elle est entirement
    ignorante...

      MILILOT.

EN TENIR. Bander pour une femme et avoir envie de la baiser; tre
amoureuse d'un homme et chercher toutes les occasions de se faire
baiser par lui.

    Elle en tient pour toi, dcidment, cette drlesse.

      CUBLIZE.

ENTIER. Un homme pourvu de testicules.

    _J'ai tout ce qu'exige saint Pierre,
    Oui, de Cythre vieux routier,
            Je suis entier._

      BRANGER.

ENTONNOIR. La nature de la femme, par laquelle on introduit le liquide
prcieux qui la fconde.

    _Ta pine n'est plus qu'une humble bibite
    Indigne d'entrer dans mon entonnoir._

      ANONYME.

ENTRE-DEUX (L'). Le con, situ _entre deux_ cuisses.

    _Colinette en son entre-deux
    Sentit un gros chose nerveux
    Qui lui farfouillait le derrire._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Et dans son entredeux cache une bourbe molle,
    Qui, trempe en sueur, servirait bien de colle._

      THOPHILE.

ENTRE DES ARTISTES. Le cul, par allusion  la porte par laquelle
entrent les acteurs et qui est ordinairement derrire la faade du
thtre et  l'opposite de celle par laquelle entre le public.

ENTRE EN DANSE, EN JOUTE, EN LICE, EN JOUISSANCE (L'). Entrer, par la
porte des plaisirs, en possession de sa femme ou de sa matresse, avec
circonstances, dpendances et tous les agrments y attachs.

    _L'abbesse aussi voulut entrer en danse._

      LA FONTAINE.

    Jusqu' entrer en jouste dix ou douze fois par une nuit.

      BRANTME.

    Il tardait  notre Jobelin d'entrer en lice.

      D'OUVILLE.

    _Il suffirait que tous deux tour  tour,
    Sans dire mot, ils entrassent en lice._

      LA FONTAINE.

    _Mais timidit retenait
    Le cladon encor novice;
    Beaux discours sans entrer en lice._

      GRCOURT.

ENTRE-FESSON (L') ou L'ENTRE-FESSIER. La petite valle que forment les
deux fesses.

    _Puis met la merde en peloton
    Au milieu de l'entre-fesson._

      PATRAT.

    _L'entre-fessier d'un gros chanoine,
    Les couilles du grand saint Antoine
    Et de Cloptre le con._

      (_Vieille chanson._)

ENTRE-FRTILLER (S'). Se rouler l'un et l'autre, l'homme et la femme,
dans l'ardeur amoureuse, entre-croisant les cuisses, entrechoquant les
ventres, changeant des langues et provoquant des spasmes rciproques.

    Voil o se terminent tant de soupirs, tant de plaintes et tant
    de dsirs, qui est de s'entre-frtiller.

      MILILOT.

ENTREMETTEUR. Pseudonyme dcent de _maquereau_.

ENTREMETTEUSE. Pseudonyme dcent de _maquerelle_.

ENTREPRISE. L'acte vnrien.

    _Quelle commodit, trop aimable marquise,
            Pour une amoureuse entreprise._

      SNEC.

ENTRER JUSQU'AUX GARDES. Faire pntrer son vit dans un con jusqu'aux
couillons, qui restent les confidents, les gardes et les tmoins de ce
coup fourr... bien _fourr_.

    ... Revenons  ton luxurieux embrocheur. Abusa-t-il de ta
    complaisance? Se piqua-t-il d'entrer l jusqu' la garde, sans
    gard pour ton enfance dlicate?

ENTRETENEUR. Le Jupiter de toute Dana de la rue Brda.

    Tu pourrais, avec la Leroux, avoir  la fois quatre entreteneurs
    plus amoureux de toi.

      LA POPELINIRE.

ENTRETENIR UNE FEMME. Se charger de son existence,  la condition
qu'elle se chargera de votre jouissance, et que vous aurez le droit de
coucher avec elle--quand cela lui plaira.

    _Ils entretienn' des gonzesses
    Qui loge'  la Patt' de chat._

      GUICHARDET.

ENTROUDUCUTER (ou S'). Enculer, ou s'enculer mutuellement, entre
pdrastes.

    _Que vont devenir nos talents,
        Notre motte dodue,
    Puisque l' nombre de nos chalands
        Chaque jour diminue?
          A se chatouiller,
          S'entrouducuter
        Chacun ici s'exerce...
          De ce maudit Coin
          Vite, foutons l' camp:
        Au diable le commerce._

      (_Sultane Rozra_, p. 22.)

EN VENIR AUX MAINS. Peloter une femme et se faire patiner par elle.

    L'un dvorait une salade aux harengs, et l'autre s'entretenait
    avec la servante au cuir jaune, Fusia Caninia... Il lui dit
    quelques gracieusets, et tous deux en venaient aux mains.

      HENRI HEINE.

ENVOYER SON ENFANT  LA BLANCHISSEUSE. Au moment o l'homme va jouir,
lui retirer prestement son engin du trou o il se dlecte, et le forcer
 rpandre son sperme dans les draps.

PLUCHER DES LENTILLES. Branler une femme avec les cinq doigts de la
main droite.

    _Tribade avec le cotillon,
    Je sais plucher des lentilles;
    Je sais faire le postillon
    Aux garons comme aux jeunes filles._

      (_Parnasse satyrique._)

PONGE. Femme. pouse ou matresse qui vous ponge, en manoeuvrant du
cul, le trop plein de vos couilles.

PONGE (Mettre une). Moyen qui donne aux amants la libert de se livrer
 tous les transports et au feu du plaisir, sans crainte de faire des
enfants.

    J'engageai donc ta bonne, depuis le jour o tu nous a dcouverts,
     se munir, avant nos embrassements, d'une ponge fine, avec un
    cordon de soie dlicat qui la traverse en entier et qui sert
     la retirer. On imbibe cette ponge dans de l'eau mlange
    de quelques gouttes d'eau-de-vie; on l'introduit exactement 
    l'entre de la matrice, afin de la boucher, et quand bien mme
    les esprits subtils de la semence passeraient par les pores de
    l'ponge, la liqueur trangre qui s'y trouve, mle avec eux, en
    dtruit la puissance et la nature. On sait que l'air mme suffit
    pour la rendre sans vertu. Ds lors, il est impossible que l'on
    fasse des enfants.

      MIRABEAU.

POQUES (Avoir son ou ses). Avoir ses menstrues.

POUX, POUSE. Amant, matresse.

    Les femmes elles-mmes appellent leurs amants: mon poux.

      LO LESPS.

    _Et comme aisment on s'y blouse,
    Si, quelquefois, vous entendiez
    Ces mots: mon poux, mon pouse,
    Traduisez net: Non maris._

      FR. DE COURCY.

    pousez-moi, pousez-moi tout de suite; je le veux, je l'ordonne.

      SOUVET.

    Bathilde fut trs tonne d'tre pouse tout  fait.

      PIGAULT-LEBRUN.

PUISER SES MUNITIONS. Baiser avec excs, dpenser tout son sperme au
profit d'une seule femme, et n'en plus avoir pour les autres.

    Pourquoi commettre cette imprudence de contenter ma femme, quand
    Urinette m'attendait?... Cela s'appelle puiser ses munitions.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

PUISER UN HOMME. Lui vider ses rservoirs  sperme par des branlages
rpts, ou par des suages ritrs, ou par des coups trop frquemment
tirs avec lui.

    _Elle puise, elle tue, et n'en est que plus belle._

      ALFRED DE MUSSET.

                  _Mais on sait
                  Qu'en secret
    Elle puisait un nerveux rcollet._

      COLL.

RECTION. tat satisfaisant du membre viril,--du verbe latin
_arrigere_, dresser, relever.

    _Sa main douce, blanche et petite,
    Avec un art extrme excite
              L'rection._

      H. RAISSON.

ESCRIME. Combat amoureux; fouterie.

      _Depuis que'q' temps j'ai l'estime
        D'un sapeur-pompier,
    Qui m' donn' des leons d'escrime
        En particulier._

      CH. COLMANCE.

    _Percez-moi de tierce et de quarte;
    Songez que c'est pour notre bien,
            Fendez-vous bien,
    Et tchez que votre coup parte
    Dans le mme instant que le mien._

      CH. LEPAGE.

ESPCE. Coureuse, libertine; terme de mpris des grandes dames 
l'gard des petites dames.

    Si vous connaissez des espces pareilles, Madame, je suis votre
    servante.

      LA POPELINIRE.

    _Une dame de cour,
    S'en tant empare,
    Fit languir plus d'un jour
    La bourgeoise sevre,
    Disant: C'est bien, ma fille,
    Pour ces espces-l
    Qu'est faite la bquille
    Du pre Barnaba._

      COLL.

ESSAYER UN LIT. Tirer un coup dessus.

    _Sur le lit que j'ai pay
    Je ne sais ce qui se passe:
    A peine l'ai-je essay,
    Que le bougre me le casse._

      GUSTAVE NADAUD.

ESSAYER UNE FEMME. Coucher plusieurs fois avec elle pour s'assurer
qu'elle baise bien, qu'elle aime vraiment l'homme.

    _Viens donc m'essayer prompt'ment,
    Et si tu m'trouv's dign' d'tr' ta femme,
    Nous f'rons mettr' dessus notr' flamme
    Pour ququ' sous d' Saint-Sacrement._

      (_Parnasse satyrique._)

ESSUYER LES SPERMES. Baiser une femme qui a t baise dj plusieurs
fois dans la journe ou dans la soire, et n'a pas eu le temps de nouer
sa ceinture entre l'amant d'un franc et celui de cent sous.

    Il est des spermes qu'on n'essuie pas.

      BATAILLE.

ESTOMAC (Avoir de l'). C'est--dire de la poitrine, avec de gros
ttons.--On dit, en plaisantant, d'une femme qui a de gros ttons,
qu'elle est _poitrinaire_.

            _Le parrain, vieux paen,
            Lorgnant la double loupe,
            De Suzon qui boit bien,
            Remplit souvent la coupe;
    Et le vaurien, touche en servant la soupe,
    D'un doigt fripon, l'estomac de Suzon._

      CH. COLMANCE.

TALON. Beau fouteur, homme de qui les femmes,--mme les plus
btes--aiment les _saillies_.

            _Dans nos haras en Turquie,
                Femme un peu jolie
          Veut au gr de son envie,
              Se voir bien servie,
    L'tre par onze ou douze talons
    Grands, gros, gras, beaux, blancs, noirs ou blonds._

      COLL.

    J'ai un talon d'ordinaire, et encore d'autres amoureux.

      P. DE LARIVEY.

TEIGNOIR. La nature de la femme, o vient en effet s'teindre, en
fondant, la chandelle de l'homme.

    _La chandelle tait trop petite,
    Ou l'teignoir tait trop grand._

      MILE DEBRAUX.

    Nous allmes rire chez moi de cette tragi-comdie et teindre
    dans nos voluptueux bats, les feux dont ce spectacle lascif
    venait de nous embraser.

      (_Flicia._)

    Il avait teint sa chandelle par deux fois.

      NOEL DU FAIL.

TENDARD D'AMOUR (L'). Le membre viril, qui conduit les femmes  la
victoire et au bonheur.

    _Parfois, chez le polisson,
    D'amour l'tendard se hausse._

      JULES POINCLOUD.

TENDRE SUR LE DOS (S'). Se mettre en posture pour recevoir l'assaut de
l'homme.

    Elle s'tend de nouveau sur le dos et il se met en devoir de la
    baiser.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

TRE (Y). Sous-entendu: _entr dans le con d'une femme_.

    J'entre aisment  cette fois-ci.--Vous y tes assurment--Oui,
    parbleu! tout y est.

      LA POPELINIRE.

TRE ALLUM. Avoir envie de baiser.

    Aussi remarque-t-on de mme le monarque allum la suivre  pas
    prcipits.

      LA POPELINIRE.

TRE  POIL. tre nue devant l'homme, ou nu devant la femme.

    Je n' bande jamais bien d'vant une gonzesse qu'est tout  poil.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

TRE AVEC UNE FEMME. tre son amant; vivre en concubinage avec elle.

    tre avec un Anglais, c'tait pour les femmes une fortune.

      AUGUSTE VILLEMOT.

TRE BIEN AIMABLE. Phrase polie qui signifie: _tre bien cochonne_, et
qu'emploient volontiers les filles de la rue pour engager les passants
 entrer dans le bordel o elles exercent et  y dpenser leur blanc.

    Dites donc, bel homme, voulez-vous monter chez moi? J'suis ben
    aimable; v'nez, vous en serez pas fch.

      HENRY MONNIER.

TRE BIEN EMMANCH. Avoir un membre de consquence, capable de
contenter les femmes les plus difficiles.

TRE BIEN N. Avoir un nez gros ou long, ce qui est de bon
augure,--selon les dames,--qui s'en rapportent au dicton: Gros nez,
gros vit.

TRE DE LA HAUTE. Appartenir au dessus du panier de la galanterie, tre
dame aux camlias et non simple gourgandine, se faire payer cinq cents
francs et non cent sous.

    Il y a lorette et lorette: Mademoiselle de Saint-Pharamond tait
    de la haute.

      PAUL FVAL.

TRE DE LA MANCHETTE. Prfrer le cul au con.--L'ordre de la manchette
a prcd celui de la rosette... affaire de mode.

    _Et mille gens m'ont dit qu'il n'aimait pas le con;
    Au contraire, on m'a dit qu'il est de la manchette,
    Et que faisant semblant de le mettre en levrette,
    Le drle en vous parlant toujours du grand chemin,
    Comme s'il se trompait, enfilait le voisin._

      BUSSY-RABUTIN.

TRE DE LA NATURE DES POIREAUX, LA TTE BLANCHE ET LA QUEUE VERTE. Se
dit d'un vieillard qui bande encore pour le beau sexe et n'a de neige
que sur la tte.

TRE CHAUD. Gagner la vrole ou la chaude-pisse.

TRE EN TAT, TRE FERME. tre en rection; avoir ce qu'il faut, dans
son pantalon, pour contenter une femme exigeante.

    Je veux voir si vous tes en tat... Oui, vous tes en tat,
    cochon!... Il est plus fort que tout  l'heure... et dur! on
    dirait du fer!

      H. MONNIER.

    _Soyez ferme, ne pliez plus,
    Conservez toujours le dessus,
        vitez la paresse...
                  --Eh bien?
        Et surtout la mollesse;
            Vous m'entendez bien._

      DOMIER.

TRE EN QUEUE. tre en disposition de jouer de la queue avec avantage.

    Il y a des jours o l'on est plus en queue que d'autres, o l'on
    baiserait volontiers toutes les femmes, si elles n'avaient 
    elles toutes, qu'un con.

      A. FRANOIS.

TRE ENRHUM DE LA QUEUE. Avoir une chaude-pisse, un coulement
gonorrhique.

TRE EN RUT. Avoir des dmangeaisons de baiser, qu'on soit femme ou
homme; avoir une ardeur furibonde:

    ... Cinq ans mit tout le peuple en rut!

dit Auguste Barbier dans sa rude langue,  propos de la rvolution de
1789.

TRE HEUREUX. Jouir en baisant ou en se masturbant, au moment o le
sperme part sous l'action du frottement.

    Tu vas te soulager, mon chri, je te le promets; le roi
    Louis-Philippe n'aura jamais t aussi heureux que tu vas l'tre.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _La douleur qu'il prouve est quelquefois bien grande;
    Mais il ne se plaint pas: il est heureux... il bande!_

      LOUIS PROTAT.

TRE INSCRITE. Avoir sa carte de prostitue, dlivre par la prfecture
de police.

    J'avais un enfant, un garon; il est mort... J'crois ben,
    j'nourrissais: l'ide de m'savoir inscrite, a m'avait tourn mon
    lait.

      HENRY MONNIER.

TRE LE PLUS HEUREUX DES HOMMES. _Ad summum voluptatem pervenire._

TRE NEUF ou NEUVE ou NOVICE. Ne rien connatre de la rocambole de
l'amour. N'avoir pas encore servi sur la femme ou sous l'homme; avoir
son pucelage--ou l'avoir perdu depuis peu!

    Il est fort neuf,  la vrit, peu au fait du service des bains,
    j'ose cependant me flatter qu'il contenterait madame.

      (_Les Aphrodites._)

TRE ou N'TRE PAS EN TRAIN DE FAIRE QUELQUE CHOSE. Avoir ou n'avoir
pas envie de baiser; se sentir ou ne pas se sentir en queue.

    Dis donc, chri, pisq' t'es t'en train de rien faire, moi non
    plus, si nous tchions d' pioncer un peu?

      HENRY MONNIER.

TRENNE (Avoir ou n'en pas avoir l'). Avoir le pucelage d'une fille ou
d'un garon,--par devant,--par derrire, ou des deux cts.

    _J'ai ri de bon coeur,--d'un garon d'honneur
          A la figure veille.
    Au premier signal--on ouvre le bal
            Sans trouver la marie.
    Notre grillard--d'un air gaillard--l'amne;
    L'poux prtend--danser et prend--sa reine.
    Va, dit le malin--au mari bnin,
            Tu n'en auras pas l'trenne._

      ELISA FLEURY.

TRENNER. Faire un mich; raccrocher un homme dans la rue.

    Voil mon tour de bitume arriv... Il faut qu'on m'trenne!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

TRE PRT. Bander suffisamment pour faire le voyage  Cythre.

    A quoi bon, puisque tu n'es pas prt!--Oh! tes caresses vont me
    ranimer!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

TRE VAINQUEUR. Faire l'acte vnrien.

    _Lise d'un oeil mourant et tendre
    De Colin invite l'ardeur,
    Et sans songer  se dfendre,
    Souffre qu'il soit trois fois vainqueur._

      VAD.

TUI. La nature de la femme,--dans laquelle l'homme fourre sa grosse
aiguille.

    Elle ne voulut oncques que le mari le mt en son tui.

      B. DESPERRIERS.

--Se dit aussi du membre viril,  cause de sa forme:

    _Vous qui, pour charmer vos ennuis,
        Empoignez... des aiguilles,
    Venez, je fournis des tuis
        Qui vont  tout's les filles..._

      (_Chanson anonyme moderne._)

EUNUQUE. Homme  qui l'on a enlev les attributs de la virilit, pour
qu'il puisse garder impunment un srail. Mais tous les eunuques ne
sont pas gardiens de harems.

EXCS. Abus des plaisirs.

    Les excs...--Je n'en connais point, Madame: on n'a jamais assez
    de plaisir.--Je ne suis pas de cet avis. On peut en avoir trop
    et perdre par l le charme du dsir, plus prcieux que le plaisir
    lui-mme.

      A. DE NERCIAT. (_Le Diable au corps._)

EXERCER UNE FILLE. La baiser, pour lui apprendre le mtier de fouteuse.

EXERCICE. Employ dans un sens obscne pour dsigner l'acte vnrien.

    La dame avait fait provision pour l'exercice du cas.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Trois femmes un jour disputaient
    Quels, en l'amoureux exercice,
    Les meilleurs instruments taient
    Pour savourer plus de dlice._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Nous avons pass tout le jour
    Dans cet exercice d'amour._

      GRCOURT.

    Nous employmes plusieurs heures dans ce doux exercice.

      LOUVET.

    Elle se trouva un peu gne dans sa marche, mais elle l'attribua
    aux exercices un peu rpts de la nuit.

      PIGAULT-LEBRUN.

EXHIBER SES PICES. Prsenter son membre  la putain que l'on veut
baiser et qui, elle, veut auparavant s'assurer que l'engin qui va
besogner est sain et propre au service.

    Exhibe tes pices, mon petit chat.

      J. LE VALLOIS.

EXPDIER. Faire jouir rapidement, en quelques coups de cul.

    _Les beaux pres n'expdiaient
    Que les fringantes et les belles._

      LA FONTAINE.

EXPLOITS. Non ceux de Mars, dont nous ne nous occupons pas, mais ceux
de l'amour.--C'est le nombre de fois que l'on a obtenu dans la mme
nuit ou journe les faveurs d'une femme.

    _Mais six exploits mirent bas le gendarme._

      PIRON.

    L'on courut voir avec une lumire, s'il ne lui tait point
    arriv quelque malheur, et on le trouva tomb sur le carme qui
    exploitait la nourrice au pied d'un escalier.

      (_Le Compre Mathieu._)

    _Tant bien exploite autour de la donzelle
    Qu'il en naquit une fille si belle._

      LA FONTAINE.

    _Un cordelier exploitait gente nonne,
    Qui paraissait du cas se soucier._

      GRCOURT.

    _Et s'exploitant de grand courage,
    Ah! que je fais l de cocus!_

      PIRON.




F


FAON  UNE FEMME (Faire une). La baiser, la remuer du tranchant
de la pine, comme le laboureur remue la terre du tranchant de sa
charrue--pour la rendre fconde.

    _Oui, je connais a: c'est madame
    Qui prend son p'tit air polisson:
    Elle a besoin, la chre femme,
    D'une faon de ma faon._

      JEAN DU BOYS.

FAONNER UNE FEMME. La baiser, lui faire une ou plusieurs faons, selon
que l'on est bon ou mauvais laboureur.

      _Quand dans mes bras
    Je tiens une nonne,
      Je la faonne
      Mieux que personne._

      COLL.

FAIRE (Le). Faire l'amour,--faon bgueule de parler d'une chose toute
naturelle.

    Le faire, ma mie, c'est dcharger.

      HENRY MONNIER.

    _Sexe charmant  qui l'on fait
    Ce qu'il est si joli de faire,
    Je voudrais vous avoir au fait
    Pour vous montrer mon savoir-faire;
    Car avec vous quand on le fait,
    On a tant de plaisir  faire,
    Qu'on voudrait ne pas l'avoir fait
    Pour pouvoir encor vous le faire._

      (_Parnasse satyrique._)

FAIRE A ou CELA. Faire l'acte vnrien,--le pch dont on n'ose pas
prononcer le nom et auquel on fait sans cesse allusion. _Cela_, c'est
l'_amour_.

    _Que moyennant vingt cus  la rose
    Je fis cela, que chacun bien suppose._

      F. VILLON.

    _Veux-tu donc me faire cela?
    Promptement me coucherai l._

      THOPHILE.

    _Je crois bien qu'ils firent cela,
    Puisque les amours qui les virent
    Me dirent que le lit branla._

      GRCOURT.

    C'est que les grandes dames font a par poids et mesures, et que,
    nous autres, c'est cul par-dessus tte.

      LA POPELINIRE.

    _Tout le monde  peu prs, putain et femme honnte,
    Ministre ou chiffonnier, marquise ou bien grisette,
    Dit: faire a..._

      LOUIS PROTAT.

    Ah! maman, maman, que c'est bon!... Comme tu fais bien a, mon
    chri.

      HENRY MONNIER.

    a n't'empchera pas de me faire a, n'est-ce pas?--Aux p'tits
    oignons, mon infante!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

FAIRE COMPTER LES SOLIVES  UNE FEMME. La renverser sur le dos et la
baiser vivement,--acte pendant lequel, tout en jouissant, elle regarde
au plafond et non ailleurs.

FAIRE CHOU BLANC. Rater une femme.

FAIRE DGRAISSER (Se). Faire l'acte vnrien. Les bons coqs sont
maigres, en effet.

FAIRE DE L'OEIL. Provoquer un passant, par un coup d'oeil,  monter
tirer un coup de cul.

    _Aussi, je le dis sans orgueil,
    Le beau sexe me fait de l'oeil._

      JULES MOINEAUX.

FAIRE DESCENDRE LE POLONAIS. Expression usite dans les bordels,
lorsque les htes momentans, les michs, font trop de vacarme: au lieu
de menacer les perturbateurs d'aller chercher la garde, on les menace
de _faire descendre le Polonais_--qui n'est autre, souvent, qu'un
pauvre diable sans feu ni lieu recueilli par charit et log dans les
combles de la maison,--et les perturbateurs se taisent, effrays par
cette mystrieuse menace, par cette pe de Damocls.

FAIRE DES MANIRES, DES SIMAGRES. Hsiter  prendre le coeur--et le
membre--d'un homme; refuser son bonheur.

    a fait des manires, et a a dans dans les choeurs.

      GAVARNI.

    Et comme elle se vantait d'tre pucelle, elle croyait devoir
    encore faire quelques petites simagres avant que de se rendre.

      BOURSAULT.

FAIRE DURER LE PLAISIR. Branler savamment un homme, et, au moment o
l'on devine,  ses yeux tourns et  ses spasmes, que le sperme monte
dans la colonne et qu'il va se jeter par-dessus le parapet, poser
le doigt sur l'ouverture et ne le laisser s'chapper que par petits
filets.

FAIRE EN LEVRETTE (Le). Baiser une femme par derrire, cul contre
ventre au lieu de ventre contre ventre,  la faon des chiens et non 
la faon des bons chrtiens.--Voir aussi FOUTRE EN LEVRETTE.

    Des baisers il vint aux attouchements et des attouchements  me
    mettre le vit au con, et me le fit encore une fois en lvrier, le
    con derrire.

      MILILOT.

    _Pour ne pas voir sa dfaite,
    Et se cacher au vainqueur,
    Elle voulut qu'en levrette
    Je lui fisse cet honneur._

      COLL.

    _J'ai, lui dit-il, avec un tendre objet
    Depuis longtemps une intrigue secrte;
    Ce n'est l tout;_ item _je suis sujet...
    --A quoi? voyons.--A le faire en levrette._

      PIRON.

FAIRE LA CARPE. S'vanouir sous l'homme, dans l'excs de la jouissance
qu'il procure au moment de l'introt. Voir _faire l'oeil de carpe_.

FAIRE L'AMOUR. Accomplir le plus imprieux des devoirs et le plus sacr
des besoins physiques et intellectuels.

    Ferons-nous l'amour, cette nuit ?

      CH. SOREL.

    Si tu veux, nous allons faire l'amour... c'est meilleur... Ote
    ton pantalon.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Il faut s'aimer toujours
    Et ne s'pouser gure;
    Il faut faire l'amour
    Sans cur ni notaire._

      COLL.

FAIRE LA RETAPE. Aller se promener sur les boulevards, pour y
raccrocher des hommes et les amener baiser au bordel.

FAIRE LA VIE. Mener une vie dbauche, coucher tous les jours avec un
nouvel amant lorsqu'on est femme, avec une nouvelle matresse lorsqu'on
est homme.

FAIRE LE BOULEVARD. Se promener sur le boulevard des Italiens, ou sur
le boulevard Montmartre,  l'heure o les hommes abondent, pour en
raccrocher un ou plusieurs.--Se dit des lorettes, dans l'intervalle
d'un entreteneur  l'autre.

FAIRE LE CHAPEAU DU COMMISSAIRE. Faire jouir un homme en lui suant la
pine et, en mme temps, en lui pelotant doucement les couilles.

    Tu me f'ras l'chapeau du commissaire?

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _En mme temps elle peut faire
    Aussi chapeau du commissaire.
    Ce doux jeu qu'inventa l'amour
    Est aussi simple que bonjour!
    Tant que sa petite menotte
    Avec adresse vous pelote,
    Sa bouche vous suce le dard
    Pour en obtenir le nectar..._

      MARC-CONSTANTIN.

FAIRE LE CAS. Se masturber.

    _Lorsque j'y pense, et mme encore ici,
    Je fais le cas.--Pardieu, lui dit le moine,
    Je le crois bien, car je le fais aussi._

      PIRON.

FAIRE LE CON COCU. Enculer une femme--ou un homme.

    _Il dconne et s'adresse au cul,
    Puis, zeste!... il fait le con cocu,
      En bravant merde et foire._

      (_Parnasse satyrique._)

FAIRE LE DESSUS. Se placer dessus dans le duo amoureux, avec la femme
dessous. Quelquefois, c'est la femme qui fait le dessus et l'homme le
dessous. Voir la _Diligence de Lyon_.

    _Mais cette fille trop pensante
    Qu'amour d'innover consumait,
    Prit le dessus, tant elle aimait
    La philosophie agissante._

      BRANGER.

FAIRE L'HOMME.

    _Parfois la femme aussi veut faire l'homme;
        C'est un plaisir que l'on renomme!
        Elle monte  cheval sur vous
        Pour tirer ses deux ou trois coups.
        Sa motte agit sur votre ventre;
        Plus elle pousse, mieux a rentre;
        Et son foutre mouillant les draps,
        Elle se pme entre vos bras._

      MARC-CONSTANTIN.

FAIRE LE MTIER. Sous-entendu _de putain_.

    Qu'ils sont jolis tes ttons! qu'ils sont ronds et fermes! je
    vois bien qu'il n'y a pas longtemps que tu fais le mtier.

      LA POPELINIRE.

FAIRE LE SERRURIER. Frotter longtemps son membre contre les parois du
vagin d'une femme sans parvenir  jaculer. Voir _limer_.

FAIRE LE SAUT. Se dit d'une femme que l'insistance passionne d'un
homme oblige  se laisser baiser par lui.

    _De ces brebis  peine la premire
    A fait le saut, qu'il suit une autre soeur._

      LA FONTAINE.

FAIRE LE TROTTOIR. Se promener, dcollete, dans les rues,  la nuit
tombante, en remuant habilement les fesses, pour allumer les hommes et
les engager  venir au bordel voisin.

    Mon cher, j'descends dans la rue; a y tait qui f'sait
    l'trottoir.

      HENRY MONNIER.

    _Commr' vaut compre:
    Il fait le mouchoir,
    Elle le trottoir._

      (_Chanson anonyme moderne._)

FAIRE L'OEIL DE CARPE. Jouer de la prunelle d'un air langoureux, pour
allumer, soit les hommes quand on est femme, soit les femmes quand on
est homme.

    _Un petit coup d'pe  porter en charpe,
    De quoi traner la jambe et faire l'oeil de carpe._

      E. AUGIER.

FAIRE METTRE (Se le). Sous-entendu: le membre viril dans le vagin ou
dans le cul.

    _Le Florentin lui dit:
    Ne m'en fais pas reproche,
    Car dans une bamboche
    Tu te l' fais mettre aussi._

      JOACHIM DUFLOT.

FAIRE MINON-MINETTE. Branler une femme avec la langue.

    --Comment, ma mie, a s'appelle quand on branle avec sa
    langue?--Faire minon-minette.

      HENRY MONNIER.

    _Elle vous fait minette
    Et puis avale tout._

      JOACHIM DUFLOT.

FAIRE MOUILLER LA FESSE (Se). Se faire baiser,--parce que dans l'averse
de sperme qui tombe tout  coup sur elle, la femme n'a pas le temps
d'ouvrir son parapluie et de prserver son ventre et ses fesses de
l'inondation.

    _Par un dput ce mac
    A fait repasser sa nice,
    Qui s'est fait mouiller la fesse
    Pour un bureau de tabac._

      DUMOULIN.

FAIRE PAN PAN. Baiser une femme, imiter avec la queue dans le vagin le
bruit sourd du marteau de cordonnier frappant pour l'assouplir sur un
morceau de cuir.

      _Si du paon dpend
    Mon plaisir, c'est qu'un paon,
    Cet animal pimpant,
      A Vnus fit pan pan!_

      J. DU BOYS.

FAIRE PLAISIR. Faire jouir, soit en branlant, soit en baisant une
personne.

    Ah! petite bougresse! que tu me fais de plaisir!... Ahi! ahi! je
    dcharge! je dcharge!...

      LA POPELINIRE.

    _C'est un homme qui trop s'ingre
    A faire plaisir aux femmes._

      (_Farces et moralits._)

    _S'ils font plaisir  nos commres,
    Ils aiment ainsi les maris._

      F. VILLON.

FAIRE POSTILLON. Introduire son doigt dans le cul d'un homme, lorsqu'il
vous baise, afin de le faire jouir plus vite.

    _Avec mon nez, bien qu'il soit long,
    Je ne puis me fair' postillon.
    Et voil ce qui me chagrine:
    Avant ma mort j'aurais voulu
    Foutre mon nez dans l' trou d' mon cul._

      DUMOULIN.

--Rendre le mme service  la femme, lorsqu'elle fait le dessus et vous
le dessous, dans le duo vnrien.

    _L'homme, de sa main droite, ou lui fait postillon,
    Ou la glisse en dessous et lui branle le con._

      L. PROTAT.

FAIRE PRIER (Se). Se dit d'une femme qui refuse, ou fait semblant de
refuser l'offre qu'un homme lui fait de son membre,--ce qui est refuser
son bonheur.

    _Dans le sicle o les dames
    Ne se font pas prier,
    Avoir toutes les femmes
    Afin de varier._

      COLL.

FAIRE RAMASSER (Se). Se faire arrter par les agents de police pour
avoir excit les passants  la dbauche, aprs onze heures du soir.

    Si ben qu'eune nuit, c'tait hors barrire, on m'ramasse... De
    l, au dpt... Quand j'ai sorti, j'tais putain...

      HENRY MONNIER.

FAIRE RELCHE. Se refuser  toute conjonction, par maladie mensuelle ou
par fantaisie pure,--ce qui est assez rare, qui a bu voulant toujours
boire.

    _Il faut que tous les mois l'artiste se repose...
    Une affiche  la porte, affiche de couleur,
    Sur laquelle, en travers, une bande s'attache,
    Avertit le public qu'ici l'on fait relche._

      AUG. ROUSSEL.

FAIRE REMPLIR (Se). Se faire faire un enfant.

    _L'un me remplit, l'autre me bourre...
    Que puis-je dsirer de plus?_

      MARCILLAC.

FAIRE RIVER SON CLOU. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte
vnrien.

    _La petite savequire,
    Qui demeure en ce carqui,
    Va faire river son clou
    Tous les dimanches  Saint-Cloud._

      (_La Comdie des Chansons._)

FAIRE SA MERDE. Faire des faons, des crmonies--en parlant d'une
femme qui ne veut pas tre baise.

    _Mais tu ne l'aimes pas. Avec moi tu veux faire
    Ta merde, voil tout....._

      LOUIS PROTAT.

FAIRE SA POIRE. Faire des faons,--en parlant d'une femme qui hsite 
se laisser baiser.

FAIRE SA SOPHIE. Se dit de toute femme qui fait la _sage_ quand il ne
le faut pas.

    A quoi a m'aurait avanc de faire ma Sophie?

      CHARLES MONSELET.

FAIRE SA TOILETTE. Se laver aprs le cot, le cul lorsqu'on est femme,
la queue quand on est homme, pour viter les dangers qui rsulteraient
infailliblement d'une accumulation de sperme--et par amour de propret,
lorsqu'on s'est habitu ds l'enfance  tre propre.

    N'entre pas, mon chri; attends que j'aie fini ma toilette.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

FAIRE SAUTER LE BOUCHON. Branler un homme, ou baiser avec lui,--ce qui,
naturellement, provoque l'jaculation du sperme.

    Il se sent dj des vellits pour cette friponne de Clestine,
    dont il est voisin, et qui joue avec lui de la prunelle  faire
    sauter le bouchon.

      A. DE NERCIAT.

    _Vous tes gai comme un sermon,
    L'abb, le diable vous conseille;
    Faites sauter votre bouchon
            Sans ma bouteille._

      H. CANTEL.

FAIRE SES PETITES AFFAIRES. Employ dans un sens obscne pour faire
l'acte vnrien.

    Ils se firent allumer du feu dans une chambre o ils firent leurs
    petites affaires.

      TALLEMANT DES RAUX.

FAIRE SOIXANTE-NEUF. Gamahucher une femme pendant qu'elle vous suce la
pine,--ce qui ne peut se faire qu'en intervertissant mutuellement la
position ordinaire au cot, c'est--dire en faisant d'un 6 un 9 et d'un
9 un 6: 69.

    _Soixante-neuf et son vit se redresse!
    Soixante-neuf ferait bander un mort!_

      (_Chanson anonyme moderne._)

FAIRE SON DEVOIR. Employ dans un sens obscne pour faire l'acte
vnrien.

    _Et si l'poux avait fait son devoir._

      CL. MAROT.

    Il y vint tout apprt en chemise pour faire son devoir.

      BRANTME.

    Quand le mari fut couch et qu'il eut fait son devoir.

      TALLEMANT DES RAUX.

FAIRE SON TROITE. Faire la dgote, en parlant d'une femme  qui un
homme propose de la baiser.

                _... Homme de qui la femme...
    Fait l'troite avec lui, mme lorsqu'elle est large._

      L. PROTAT.

FAIRE SON JOSEPH. Rsister aux avances d'une femme, comme le fils an
de Jacob  madame Putiphar.

FAIRE SON PALAIS-ROYAL. Se promener dans les galeries du Palais-Royal
pour y raccrocher des hommes,--ce qui avait lieu surtout lorsque le
Palais-Royal tait un immense bordel o se donnaient rendez-vous, pour
jouir, les membres virils des cinq parties du monde.

    De tous les points de Paris, une fille de joie accourait faire
    son Palais-Royal.

      H. DE BALZAC.

FAIRE TTE-BCHE. Se placer mutuellement de faon que la pine de
l'homme soit  la hauteur de la bouche de la femme qui la suce, et que
le con de la femme soit  la hauteur de la langue de l'homme qui s'y
introduit. De mme, naturellement, entre tribades qui veulent jouir
ensemble.

            _A leurs cts j'entends
            Des cris intermittents;
            Graudon et Tautin
    Font tte-bche un repas clandestin._

      J. DUFLOT.

    _Mais, parfois, quand il trouve une motte bien frache,
    Ce qu'il aime avant tout, c'est faire tte-bche._

      L. PROTAT.

FAIRE TOUT. Ce qu'une fille qui raccroche un homme dans la rue lui
promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel; cela
consiste  se mettre nue,  le branler,  le sucer, etc., etc.

    J'te collerai cent sous... Mais tu m'f'ras tout!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

FAIRE TRVE DU CUL. S'arrter dans l'acte vnrien.

    _Pourquoi fais-tu, dit la garce affole,
    Trve du cul?_

      RGNIER.

    _La garce aprs maintes secousses,
    Lui dit: Faisons trve du cu._

      THOPHILE.

FAIRE UNE CAVALCADE. La femme sur le dos et le vit dans le con,
l'homme, au lieu de rester entre les cuisses de la dame, les serre
l'une contre l'autre afin de jouir davantage et passe ses genoux
par-dessus elle, comme s'il allait  cheval.

    a fait des manires, un porte-maillot comme a!... et qui en a
    vu, des cavalcades!

      GAVARNI.

FAIRE UNE CONQUTE. Dbaucher une femme, une fille; l'emmener coucher.

FAIRE UNE FAUSSE COUCHE. jaculer en dormant, soit parce qu'on est
couch sur le dos et que cette position vous met toujours en rection,
soit parce qu'on a un songe libertin dans lequel on croit foutre
rellement une femme.

    _... Je bandais, et si fort, sur ma couche tendue,
    Que j'en fis une fausse..._

      LOUIS PROTAT.

FAIRE UNE FEMME. Distinguer parmi la foule, au bal ou au thtre, une
femme quelconque, qui vous porte  la peau, et l'emmener coucher.

    En attendant, il a fait une femme superbe, dit un autre en voyant
    Rodolphe s'enfuir avec la danseuse.

      HENRY MURGER.

--On dit aussi dans le mme sens: _Lever une femme_.

FAIRE UNE FIN. Se marier.--Aprs avoir bien vcu, bien fait la noce,
devenir picier, matre de bordel et... cocu, comme X, Y et Z, que tout
le monde connat.--Ces dames font galement une fin.

      _Quoique l'tat ne manque pas
                D'appas,
    Foi de Margot, si a ne reprend pas,
              Je m'expatrie,
          Ou bien je me marie;
              Il faut enfin
          Que je fasse une fin._

      F. SER.

FAIRE UNE GROSSE DPENSE. Faire de suite un grand nombre de fois l'acte
vnrien.

    Le duc de Saux avait fait la nuit une grosse dpense avec Louise
    d'Arquien, fameuse courtisane.

      (_La France galante._)

FAIRE UNE PINCE AU BONNET DE GRENADIER. Se dit des femmes qui,
lorsqu'on les baise, se placent de faon  rendre l'introduction du
membre moins facile et  faire supposer--aux imbciles--qu'elles sont
troites.

      _V'l pourtant qu'un jeune vlite,
      Malgr sa taille tout' petite,
      Un soir voulut en essayer.
          A ses dsirs je m' prte,
          Mais je n' perds pas la tte:
      Pour qu'il n'y entr' pas tout entier,
    Je fis un' pince--au bonnet d' guernadier._

      HENRI SIMON.

FAIRE UN HOMME. Jeter son hameon dans une foule masculine, au Casino
ou ailleurs, et le retirer avec un goujon au bout.

    Les lorettes ne vont pas dans les runions publiques pour autre
    chose que pour faire des hommes.

      SEIGNEURGENS.

FAIRE VENIR L'EAU  LA BOUCHE. Donner soif de fouterie  une vierge ou
 un puceau, en faisant devant eux un tableau loquent des batitudes
amoureuses.

    Elle lui sait si bien reprsenter les douceurs de l'amour, avec
    des instructions et des navets si plaisantes, qu'elle lui en
    fait venir l'eau  la bouche.

      MILILOT.

FAIRE VENIR LE FOUTRE  LA BOUCHE. Mettre une femme ou un homme en
apptit d'amour, en patinant l'une ou en polissonnant avec l'autre.

    T'es bien mont... mtin! a vous fait venir le foutre  la
    bouche.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

FAIRE VIT QUI DURE. tre avare de son sperme, ne le dpenser qu' bon
escient, avec sa propre femme ou avec celles des autres, mais sans
furie, sans extravagance, en homme qui tient  jouir jusqu'aux confins
extrmes de l'ge mr.

    _Puis sentant l' bouillon monter
    Et voulant fair' vit qui dure,
    Je me retrouve en posture,
    Un' chandelle o vous savez._

      (_Parnasse satyrique._)

FAIRE VOIR LA FEUILLE  L'ENVERS. Baiser une femme dans les bois, parce
qu'tant sur le dos et levant les yeux au ciel elle ne peut apercevoir
que le dessous des feuilles d'arbre.

    _Bientt, par un doux badinage,
    Il la jette sur le gazon.
    --Ne fais pas, dit-il, la sauvage,
    Jouis de la belle saison...
    Ne faut-il pas, dans le bel ge,
    Voir un peu la feuille  l'envers?_

      RTIF DE LA BRETONNE.

FAIRE VOIR LA LUNE. Montrer son cul.

    _Parlez-moi d'une plante
    Qu'on examine  l'oeil nu.
    Chaque soir, me dit ma brune,
    Si tu veux tre discret,
    Je te ferai voir la lune
    A dada sur mon bidet._

      A. JACQUEMART.

FAIRE ZAGUE, ZAGUE. Branler un homme.

    Comtesse, empoigne-le par le milieu... L! l!...  merveille!
    Promne ta main d'un bout  l'autre, et serre-le-moi fort, de
    peur qu'il n'chappe... Fais zague, zague... Ah!...

      LA POPELINIRE.

FAIRE ZIZI, PANPAN. Faire l'acte vnrien--si plein d'onomatopes.

    _Prs d've, Satan dguis,
    Avec deux mots fit sa conqute;
    En les prononant, le rus
    Brandillait la queue et la tte.
    Voici les deux mots du serpent:
            Zizi, panpan._

      LOUIS FESTEAU.

FAIT (Le). L'acte vnrien.

        _Un mari goguelu
    Trouva sa femme sur le fait._

      G. COQUILLART.

    _Cela ne plut pas au valet,
    Qui, les ayant pris sur le fait,
    Vendiqua son bien de couchette._

      LA FONTAINE.

FARAUD. Amant de coeur, maquereau.

    _Monsieur, il faut vous dclarer
    Que c'est une femme effronte
    Qui fit assassiner son homme
    Par son faraud..._

dit l'auteur de la chanson sur le supplice de la Lescombat.

FARCEUSE. Gourgandine, femme dont le mtier est de faire des farces
aux hommes, c'est--dire de prendre leur argent et leur queue, et de se
foutre d'eux aprs en avoir t foutue.

FARCY (La). Nom d'une matresse de bordel trs connue  Paris, et qui
n'a dans son troupeau que de trs belles putains.

    _Je vous aime ainsi, divine salope
    La Farcy n'a pas de telles Vnus._

      ANONYME.

FARFADET. Nom qu'on donnait au XVIIIe sicle  une varit de
maquereaux; tmoin ce passage du _Colporteur_ de Chevrier: Croirait-on
que quand ce _guerluchon_ ne suffit pas, il est dup lui-mme par une
troisime espce appele _farfadet_? Voir _Milord Pot-au-feu_.

FARFOUILLER UNE FEMME. La baiser, ou quelquefois la peloter seulement.

    Il tait las de baiser, manier, fouiller et farfouiller.

      MILILOT.

    Comme celle qui disait que Claude lui avait farfouill dans son
    cul de devant.

      (_Moyen de parvenir._)

FAUX PAS (Faire un). Badiner imprudemment avec un homme, et, au moment
o l'on y pense le moins, glisser et tomber, le vagin entr'ouvert, sur
sa pine en arrt.

    _Je fuis... ciel! j'ai fait un faux pas!
        Ah! le juif en profite!
    Comment me drober des bras
        De ce chien de lvite?
    L'abb, de grce! hol! hol!
        La chose est monstrueuse!
    Ah! malgr moi, que sens-je l?
        Je suis vertueuse!_

      COLL.

FAVEURS D'UNE FEMME (Obtenir les). tre reu  cuisses ouvertes par
elle.

    Aprs cela, on peut bien juger que la dame ne fut pas longtemps
    sans donner ses dernires faveurs au cavalier.

      BUSSY-RABUTIN.

    _Ah! bien, dit-il, n'est-ce donc qu'avec moi
    Que vous avez la fureur d'tre sage?
    Et vos faveurs seront le seul partage
    De l'tourdi qui ravit votre foi?_

      VOLTAIRE.

    _Apprenez qu'en amour, bien souvent le divorce
              Nat de la dernire faveur._

      GRCOURT.

    _Me faudra-t-il, pour complaire  l'usage,
    Du seul devoir attendre les faveurs,
    Qui de l'amour doivent tre le gage._

      PARNY.

          _Cphise est lubrique  la rage
          Et favorise chaque nuit
    Gnaton, en qui le sexe est  moiti dtruit._

      BRUZEN DE LA MARTINIRE.

    _Judith me fait horreur;
    Je renonce  l'honneur
    D'obtenir ses faveurs._

      FLIX BOVIE.

FAVORI. Amant, greluchon; maquereau, le mle de toute sultane favorite.

    _Et les maris, de mme
    Qu' messieurs les favoris,
            Y sont pris._

      COLL.

FMINISER. Oter la virginit.

    _Allons, Priape, allons, il faut enfin
    Fminiser ces onze mille vierges,
    Pour qui Cologne a brl tant de cierges._

      PARNY.

FEMME CHASTE. Le merle blanc du sexe fminin. _Casta, quia nemo
rogavit_, parbleu!

FEMME CHAUDE. Femme ayant les foies chauds, femme qui aime l'homme
et jouit avec lui, quel qu'il soit, goujat ou roi, homme de peine
ou de lettres, pourvu qu'il soit bon fouteur.--Femme qui bande et
voudrait tre baise. Cela se dit,  propos du sexe auquel nous devons
le jour--et la vrole,--comme  propos des chiennes, auxquelles nous
devons des puces, avec cette diffrence, cependant,--toute en faveur de
la race canine,--que les chiennes, une fois qu'elles ne sont plus en
chaleur, ne se laissent plus grimper par les mles, et que les femmes
se font baiser en toute saison.

FEMME TROITE. Femme dont le vagin a l'troitesse convenable et
dsirable pour retenir prisonnier le membre viril qui s'y est aventur,
jusqu' ce qu'il s'avoue vaincu.

    _Le lit est imprgn de cette sueur moite
    Qui fait toujours trouver large la plus troite._

      L. PROTAT.

FEMME FACILE. Femme qui accueille volontiers les propositions
libertines des hommes.

FEMME FROIDE. Qui, en apparence, n'prouve pas de plaisir dans la
conjonction amoureuse et fait jouir les hommes sans paratre jouir
elle-mme.

    Mais comme elle est naturellement froide, apparemment que le
    jeune seigneur n'y trouva pas son compte, car Mme Copen ne le
    revit plus.

      LA POPELINIRE.

FEMME GALANTE. Femme dont le mtier est de faire jouir les hommes--qui
en ont les moyens.

FEMME HONNTE. Femme marie,--selon toutes les femmes maries.

    _La femme honnte la plus folle,
    Aujourd'hui, le fait est certain,
    N'a plus que six fois la vrole,
    Je ne veux plus tre catin._

      E. DEBRAUX.

      _Es-tu lass' d'amourette?
      Enfin, dis-moi, veux-tu,
      Pour dev'nir femme honnte,
      pouser un cocu?
    Encore un coup d'cu, Jeannette!_

      E. DEBRAUX.

FEMME INCONSQUENTE. Faon polie de dire qu'elle est putain.

    Lorsque, dans le monde, une jeune dame n'a pas trs bien su
    tendre le voile par lequel une femme honnte couvre sa conduite,
    l o nos aeux auraient rudement tout expliqu par un seul mot,
    vous, comme une foule de belles dames  rticences, vous vous
    contentez de dire:--Ah! oui, elle est fort aimable, mais...--Mais
    quoi?--Mais elle est souvent bien inconsquente.

      H. DE BALZAC.

FEMME LABORIEUSE. Femme qui ne refuse jamais de conduire un mich au
bonheur.

    Ah! monsieur, me dit cet homme avec des larmes d'admiration dans
    la voix,  quelque heure de la nuit qu'on frappe, si nous sommes
    couchs, elle se lve sans rechigner, va ouvrir au monsieur,
    reste avec lui le temps qu'il faut et remonte se coucher
    jusqu' ce qu'un nouveau coup de sonnette la fasse relever et
    redescendre: c'est une femme bien laborieuse!

      A. FRANOIS.

FEMME LARGE. Femme dont le vagin est d'une laxit  faire croire
au membre imprudent qui s'y aventure qu'il entre dans une motte de
beurre.--Voir _Femme troite_.

FEMME LASCIVE. Qui possde, dans ses regards, dans ses gestes, dans
ses mouvements, dans ses paroles, l'art d'allumer les dsirs des
hommes.--On dit aussi, mais moins frquemment, _Homme lascif_, parce
que la lascivet est l'apanage spcial de la femme.

    Si ces jeunes gens s'offrent  vous, ne les refusez pas: ils sont
    si beaux, si vifs et si lascifs.

      LA POPELINIRE.

FEMME LGRE COMME CHAUSSON. Extrmement putain.--L'expression, trs
spirituelle et dcente, a t employe pour la premire fois par M.
Aurlien Scholl dans un de ses chos du _Figaro_.

FEMME LUBRIQUE. Savante en l'art d'aimer--et de faire jouir les hommes.

    Voici ce qu'il y avait: Minois de fantaisie; joli corps, crature
    lubrique.

      LA POPELINIRE.

FEMMELETTE. Femme chtive, douillette, dlicate, qui a des gots
futiles, etc...!

    _Que le bout du mdium fait tomber en faiblesse,
            Qu'un vit fait passer au carmin..._

    Elle ne jouait que l'ombre, le trictrac et les checs, parce
    qu'ils sont savants et srieux; tous les autres (jeux) taient
    au-dessous d'elle, et ne pouvaient amuser que des femmelettes...

      A. DE NERCIAT.

FEMME SAGE. Femme honnte, selon toutes les femmes maries--qui sont
plus ou moins sages.

    _Il tait une dame
    Frache, ayant des couleurs
          Et des moeurs;
    Elle tait sage-femme
    Et femme sage autant
        Qu' prsent
    On l'est, Dieu merci!..._

      SCRIBE.

FENDASSE. La nature de la femme-- soldats.

    _Le plus vieux trou, la plus sale fendasse,
    Rien n'chappait  son vit furieux._

      (_Parnasse satyrique._)

FENTE. La nature de la femme, destine  tre fendue.

    Rien ne fut soustrait  mes regards... Lucette, couche sur lui,
    les fesses en l'air, les jambes cartes, me laissait apercevoir
    toute l'ouverture de sa fente, entre deux petites minences
    grasses et rebondies.

      MIRABEAU.

    _Toutes filles, en cas pareil,
    Dsireraient  leur rveil
    Qu'un tel que moi leur ft de rente
    Un bon vit pour boucher leur fente._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Et puis aprs il se vante
    D'avoir bouch votre fente._

      GAUTIER-GARGUILLE.

        _Pontgibaut se vante
        D'avoir vu la fente
    De la comtesse d'Alas._

      TALLEMANT DES RAUX.

FERME DE ROGNONS (tre). tre solide au combat amoureux; faire durer
longtemps l'affaire, comme l'Ascylte du _Satyricon_, dont le membre
tait si bien bti.

FESSES (Les). Les deux hmisphres qui jouent un si grand rle dans la
comdie  deux personnages intitule: _La Fouterie_. Ce sont les ttons
du derrire, comme les ttons sont les fesses du devant.

    Et puis me tournant par derrire, il contemplait tantt mes
    paules, tantt mes deux fesses.

      MILILOT.

    _Langues de chatte et langues de serpent,
    Dans un monceau de ttons et de fesses,
    Vont se croiser, et derrire, et devant._

      JOACHIM DUFLOT.

FESSIER (Le). Le cul, qui porte des fesses comme le pommier des pommes.

    Tu es si frache que tu as sans doute le corps fort beau, et
    surtout le fessier.

      LA POPELINIRE.

    _Dans le sapin je plongeai mon regard
    Et j'aperus un fessier magnifique
    Qu'il me semblait avoir vu quelque part._

      ANONYME.

FESTOYER. Faire l'acte vnrien.

    Il s'efforait de trouver manire de la festoyer, comme il avait
    fait avant que monseigneur ft son mari.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Il ajoutait que, mme  la sourdine,
    Plus d'un damn festoyait Proserpine._

      VOLTAIRE.

    _Un cordelier faisait l'oeuvre de chair,
    Et s'battait, en festoyant sa mie._

      PIRON.

FTE (la), FTER. Faire l'acte vnrien.

    _Elle n'eut dit ces mots entre ses dents
    Que le galant recommence la fte._

      LA FONTAINE.

        _Je ftai son milieu,
          Nom de Dieu!
    Trois fois avant qu' je n' sorte._

      F. DE CALONNE.

FTER LA SAINT-PRIAPE. Faire l'acte vnrien, qui est faire une oeuvre
pie.

    _Or, un jour que Sa Saintet
    Solennisait la Saint-Priape._

      B. DE MAURICE.

FTU. Le membre viril.

    _De son ftu neuf pouces sont l'aunage._

      PIRON.

FEU AU CUL (Avoir le). tre ardent aux exercices vnriens.

    C'est plus d'un coup par heure; il avait donc le feu au cul!

      MILILOT.

FEU DE PAILLE. Fouterie de pauvre ou de pote, qui commence en flambant
de faon  faire esprer vingt coups, et qui s'teint net aprs le
premier.

FIASCO. Insuccs amoureux.--_Faire fiasco._ Ne pas pouvoir bander au
moment o il le faut.

FIGNARD. Le cul (_inusit_).

    _Il couta la vieille et lui laissa tout dire,
    Pencha son front rveur; puis, avec un sourire,
            Lui foutit sa botte au fignard._

      DUMOULIN.

FIGUE. La nature de la femme, qui est de la nature de ce fruit, un
peu plisse, un peu molle,--et savoureuse comme lui.--Les Italiens ne
jurent que par l: _Per la fica!_ disent-ils.

    _De ton figuier mange le fruit,
    Et ne va pas durant la nuit
    Du voisin grignotter la figue._

      PARNY.

FILLE. Mot injurieux pour dsigner une femme qui fait mtier et
marchandise de l'amour.

    Le mot fille signifie, _ad libitum_, ce qu'il y a de plus pur,
    ce qu'il y a de plus doux, ce qu'il y a de plus bas, ce qu'il y
    a de plus vil dans le sexe fminin.--Il est sage et timide comme
    une fille.--Il aime tendrement sa fille.--En quittant l'auberge,
    il a donn quelque chose  la fille.--Il a eu l'imprudence de se
    montrer au spectacle avec une fille.

      E. JOUY.

    _Prenez les intrts des filles de Cypris,
    Et ne permettez pas qu'on en fasse mpris._

      (_La France galante._)

    Le ramage des filles est cent fois prfrable  l'argot des
    boursiers.

      A. DELVAU.

        _Nos ingnues  sentiments,
                En fait d'amants,
                Ruin'nt plus d'jeun's gens
    En quinze jours, qu'une fille en douze ans._

      E. DEBRAUX.

FILLE  PARTIES. Prostitue en carte ou isole, mais avec plus de
formes. Si elle se fait suivre par sa tournure lgante ou par un coup
d'oeil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baisss, le
maintien modeste: rien ne dcle sa vie drgle. Elle s'arrte  la
porte d'une maison ordinairement de belle apparence; l, elle attend
son monsieur, elle s'explique ouvertement avec lui; et, s'il entre dans
ses vues, il est introduit dans un appartement lgant ou mme riche,
o l'on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison.

      BRAUD.

FILLE D'AMOUR. Fille de bordel, qui fait de l'amour un mtier et de son
cul une marchandise.

    _J'apprends qu'tu veux, monsieur d'Belleyme,
    Numroter les fill's d'amour._

      BRANGER.

FILLE DE JOIE. Femme qui exerce un triste mtier, celui qui consiste 
tre  la disposition du premier venu.

    _D'une fille de joie
    Il fut enfin la proie._

      THOPHILE.

    Le major l'avait fait mener au refuge o on enferme les filles de
    joie.

      D'OUVILLE.

    _Soupant, couchant chez des filles de joie._

      VOLTAIRE.

    _Mais ce refrain banal rarement apitoie,
    Hormis l'adolescent, qui ne peut croire au mal
    Et cherche encor l'amour dans la fille de joie,
    Ignorant que la rouille a rong le mtal._

      HENRY MURGER.

FILLE DE MARBRE, FILLE DE PLTRE. Fille galante, dont le coeur est plus
dur que les ttons.

    C'est  Paris que les filles de marbre apprennent pniblement le
    mtier qui les fait riches en une heure.

      JULES JANIN.

FILLE PUBLIQUE. Femme qui livre son corps au premier passant venu,
moyennant un salaire qui varie suivant les quartiers dans lesquels elle
exerce.

    La premire ordonnance concernait les filles publiques et
    imposait  ces malheureuses des heures de sortie et d'autres
    mesures que la dcence publique rclamait depuis longtemps.

      H. RAISSON.

    _Renonant pour toujours  la fille publique,
    Vous seule auriez eu part aux faveurs de mon vit._

      LOUIS PROTAT.

FILLE SOUMISE. Fille ou femme  laquelle la prfecture de police impose
une carte, dans l'intrt de la sant publique--que compromettent tant
les coureuses insoumises.

FLAGEOLET. Le membre viril, dont les femmes savent si bien jouer et
jouir, et dont elles se gardent bien de boucher _la patte_ d'o sort
cette prcieuse musique qui leur chatouille si agrablement le vagin.

    _Elle n'est pas musicienne,
    Mais elle est foll' du flageolet
    Et veut que chaqu' jour de la s'maine
    Je fredonne au moins un couplet._

      E. DEBRAUX.

    _Je voudrais, ma belle brunette,
    Voyant votre sein rondelet,
    Jouer dessus de l'pinette
    Et au-dessous du flageolet._

      THOPHILE.

    _Si tu veux danser, dispose
    Du flageolet que voil._

      COLL.

FLEUR. Pucelage,--que la femme est cense donner  son poux la
premire nuit des noces.

    _Qu'au dernier cri de douleur,
    Je suis matre de la fleur
    Qui pour moi seul est close,
            Je suppose,
            Je suppose,
        Irma, je suppose._

      L. FESTEAU.

    _Cessez donc de pleurer un sort digne d'envie,
    Et ne regrettez plus la plus belle des fleurs;
    Si ne la garder pas, c'est faire une folie,
    On gote en la perdant mille et mille douceurs._

      BUSSY-RABUTIN.

    Te laisser vierge, c'est te faire sentir de la faon la plus
    cruelle que ta fleur ne vaut pas la peine qu'on se donnerait pour
    la cueillir.

      LOUVET.

            _Il est bon de garder sa fleur,
    Mais pour l'avoir perdue, il ne faut pas se pendre._

      LA FONTAINE.

    Cette fleur, qui avait t rserve pour le beau prince de
    Massa-Carrera, me fut ravie par le capitaine corsaire.

      VOLTAIRE.

    _Pour eux ne brille cette fleur,
    Qu'amour, diligent moissonneur,
    Sait recueillir avant la fte
    Que le tardif hymen s'apprte._

      PIRON.

FLEUR D'ORANGER. Fleurs blanches qu'une fille porte sur la tte le
jour de son mariage, pour dire  tout le monde: Je n'ai pas encore t
baise; j'ai toujours gard ma fleur et mon fruit... dfendu.--Laissons
passer et disons avec Commerson:

    Le bouquet de fleurs d'oranger est le cynisme de la vertu.

FLEURETTES. Petites fleurs du langage amoureux, douceurs que les
galants dbitent aux jeunes personnes qui y prtent volontiers
l'oreille,--faute de prter autre chose  quelque chose de mieux. On
dit aussi: _Conter fleurettes_, pour: parler d'amour.

    Je ne cessais de me retracer mon gentil Belval, allant au fait,
    et commenant par o les autres me semblaient ne devoir finir
    d'un sicle. Aussi, leurs fleurettes n'taient-elles honores
    d'aucune attention.

      FLICIA.

    _Des abbs coquets sont venus;
        Ils m'offraient pour me plaire
    Des fleurettes au lieu d'cus,
    Je les envoyai faire... vois-tu..._

      GALLET.

FLEUR DU MAL. Tribade--qui se fait respirer par une autre femme,
qu'elle respire  son tour.--L'expression date de 1856, poque de la
publication du livre de posies de M. Charles Baudelaire, dans lequel
les gougnottes sont chantes sur le mode ionien.

FLEURONS DE VNUS. Accidents vnriens qui forment sur le front du
malade une sorte d'aurole.

    _Les fleurons de Vnus te servent d'aurole;
    Comme un vase trop plein tu rpands la vrole
          Sur tout un peuple frmissant._

      DUMOULIN.

FLEURS BLANCHES. Nom que, par corruption, on donne  un coulement
blanchtre particulier aux femmes blondes, lymphatiques, chlorotiques,
mal nourries,--parisiennes, en un mot. _Mulierum vulv fluores,
stillationes morbos_, d'o, consquemment, on devrait dire: _flueurs
blanches_, du verbe latin _fluere_, couler.

    _La marquise a bien des appas,
    Ses traits sont vifs, ses grces franches,
    Et les fleurs naissent sous ses pas;
    Mais, hlas! ce sont des fleurs blanches._

      Comte de MAUREPAS.

FOLICHON, FOLICHONNE, FOLICHONNEUSE, FOLICHONNETTE, FOLICHONNER,
FOLICHONNADES, FOLICHONNERIES. Rieurs, bons vivants, foltreries,
gaillardises.

    _Mariette tait si folichonne.
    Qu'elle embrassait les cuisiniers._

      MARTIAL O...

    Je fus pris comme un toqu d'une aimable folichonnette.

      J. KELM.

    _Une folichonneuse,
    Cancane et me plat mieux._

      J.-E. AUBRY.

    _Folichons et folichonnettes,
    Rigolons et folichonnons._

      F. VERGERON.

    M. M..., pour avoir lu des livres entachs de folichonnerie,
    copiera cent versets de la Bible.

      CH. JOLIET.

FONDEMENT (Le). Les parties sexuelles, dont le fondement n'est
cependant qu'une partie.

    _Craignez, craignez fort la vrole!
    Il faut garder son fondement
    Propre, avec tout son fourniment,
    Pour suivre les cours de l'cole._

      A. WATRIPON.

FONTAINE. La nature de la femme, o s'abreuve l'humanit--altre de
jouissance.

            _Le vin est invent pour vous:
            Il fait rejaillir la fontaine
    Qu'on voit tout le long, le long de la bedaine._

      (_Chanson anonyme moderne._)

    Nous fmes aussitt tous les trois prs d'elle lui faire les
    caresses qu'elle montrait dsirer;  peine avions-nous pos nos
    mains sur ses fesses, qu'aprs deux ou trois mouvements de reins,
    nous l'apermes tourner de l'oeil, et nous vmes couler la
    fontaine du plaisir.

      MIRABEAU.

--On le dit aussi d'une femme qui a des flueurs ou un coulement
vnrien. De l le surnom d'une clbre habitue de bals, Clara
Fontaine:

    _Coule, coule toujours,
    Fontaine des amours._

      G. NADAUD.

FORCER LA BARRICADE. Dchirer la membrane de l'hymen d'une vierge en la
dpucelant, la baonnette en avant.

    Il poussa et m'entr'ouvrit avec plus de facilit que devant, et
    fit tant  la fin, se remuant de cul et de tte, qu'il fora la
    barricade.

      MILILOT.

FORCER UNE FEMME. La baiser malgr elle.

    Je vous ai force, je vous ai viole; mais je n'ai pu faire
    autrement, et je vous en demande pardon.

      LA POPELINIRE.

FORT HUMIDE (La). La motte de la femme, qu'arrosent si frquemment la
sueur, l'urine, les menstrues, le sperme, les ablutions, etc.

    _Notre morpion se hta
    De gagner la fort humide
    Qui devant lui se prsenta._

      B. DE MAURICE.

FORNICATEUR. Homme qui se plat  commettre le doux pch de
fornication.

    _Grand gesticulateur,
    Hardi fornicateur,
    Et dont l'incontinence
      S'attaque  l'honneur
          De ma soeur._

      COLL.

    _Un jeune capucin,
    Qui fornique et qui prie,
    Allait passer sa vie
    Dans un couvent lointain._

      J. CABASSOL.

    Notre grand'maman ve elle-mme n'a-t-elle pas commenc  mettre
    la fornication en honneur?

      PIGAULT-LEBRUN.

    _Puis la virant, preste sur la croupire,
    Se huche. Hlas! quel taon vous a piqu?
    Serrant le cul, s'cria la commre;
    Par l jamais nous n'avons forniqu._

      PIRON.

FOUAILLER UNE FEMME. La baiser, se servir avec elle du fouet qui cingle
si bien.

    Elles savent donc qu'il y a des moines qui fouaillent.

      (_Moyen de parvenir._)

La fille de taverne, dit Auguste Barbier,

            ... _N'a d'amour chaud et libertin
    Que pour l'homme hardi qui la bat et la fouaille
            Depuis le soir jusqu'au matin._

FOUAILLEUR. Coureur de filles, bordelier.--Un T de plus dans ce mot,
et on a son tymologie, dit l'auteur des _Excentricits du langage_,
M. Lordan Larchey.

FOUETTER UN HOMME, afin d'amener l'rection de son membre.

    _Si son vit impuissant n'a pas encor band...
    On saisit le bouquet de verges  deux mains.
    On fustige le vieux sur la chute des reins:
    La douleur qu'il prouve est quelquefois bien grande,
    Mais il ne se plaint pas, il est heureux... il bande!_

      LOUIS PROTAT.

FOULER. Faire l'acte vnrien.

    _Ne foulez point son mausole,
    La pauvre fut assez foule
    Durant le temps qu'elle a vcu._

      (_Cabinet satyrique._)

FOUR. Employ dans un sens obscne pour dsigner la nature de la femme.

    Avec sa pte qui fut leve aussitt que le four fut chaud.

      (_Moyen de parvenir._)

    _S'il vous plaist nous prester vos fours,
    Nous sommes  vostre service._

    _Il est dfendu par nos loix
    De travailler dans un four large._

      (_La Fleur des chansons amoureuses._)

FOURBIR UNE FEMME. La baiser, frotter de la queue les parois de son
vagin pour les drouiller,--ce qui la rend non-seulement _polie_, mais
trs contente.

    Comme s'il fallait que je lui donnasse du salaire pour avoir
    fourbi cette gaupe.

      CH. SOREL.

    _Puis vous fourbit l'agrable femelle
    Qui l'occupait._

      GRCOURT.

FOURGONNER UNE FEMME. La baiser, en introduisant dans son petit foyer
la pine en guise de _poker_.

FOURNIR SA CARRIRE. Achever de jouir en baisant.

    Tu aurais t ravie en extase en voyant seulement comme il se
    tourmentait sur moi dans le temps que nous achevions de fournir
    notre carrire.

      MILILOT.

FOURRAGER. Patiner une femme; essayer d'introduire son membre dans son
aimable hiatus.

    Eh bien! eh bien! o vas-tu comme a?... Qu'est-ce que tu
    fourrages l-dedans?

      HENRY MONNIER.

FOURRER (Le). Introduire le membre viril dans la nature de la femme.

    Je me le figure toujours tel que s'il me le fourrait dedans le
    con avec force et qu'il et de la peine  entrer.

      MILILOT.

FOUTERIE. Action de foutre une femme, ou d'tre foutue par un
homme,--du verbe _futuo_, qui a la mme signification.

    Ceux-l qui sont bien fournis d'instruments  fouterie et qui
    sont propres  donner un plaisir partout.

      MILILOT.

    _Tu brlais pour moi d'un amour immense
    Dans des vers fort beaux--que je n'ai pas lus;
    Notre fouterie  peine commence,
    Et dj, mon cher, tu ne bandes plus!_

      ANONYME.

FOUTERIE DE PAUVRE. Pauvre fouterie; mauvais coup.

FOUTEUR. Homme qui satisfait les femmes, au lit ou en fiacre,  pied ou
 cheval.

    _Veuve de son fouteur, la gloire,
    La nuit, dans son con souverain,
    Enfonce--tirage illusoire!--
    Ce grand godemichet d'airain!_

      (_Parnasse satyrique._)

    _Et mandons  tous nos fouteurs,
    Fussent-ils un peu plus  l'aise,
    De prendre au con seul leurs bats._

      COLL.

    Je veux dire que tu es un crne fouteur, que tu me chausses comme
    jamais en effet je n'ai t chausse.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

FOUTEUSE. Femme qui aime  tre baise, ou qui met son art  bien faire
jouir les hommes qui la baisent.

    Tu es une belle fouteuse, ma mie.

      LA POPELINIRE.

    _Car on peut devenir une bonne fouteuse,
    Mais on ne devient pas, il faut natre branleuse._

      L. PROTAT.

    _Homme goulu, femme fouteuse
    Ne dsirent rien de petit._

      THOPHILE.

FOUTIMASSER. Baiser dans un grand con, avec un vit trop petit, ou ne
pas assez bander: en somme, ne faire rien qui vaille.

    _Ton vit plus froid que glace
        Reste molasse,
        Il foutimasse;
    Quel bougre d'engin!_

      PIRON.

    _Un ribaud, quelquefois, trop plein de son objet,
    Fatigue, chauffe en vain un aimable sujet;
    Sans cesse auprs de lui, le paillard foutimasse
    Et sur ses nudits sa main passe et repasse._

      (_L'Art priapique._)

    _Loin ces foutimaceurs qui gastent le mtier...
    Ne foutimacez plus les oreilles des dames._

      (_Paroles grasses de Caresme-prenant._)

FOUTOIR. Nom que les libertins donnent au boudoir, lieu o il ne s'agit
pas de _bouder_, en effet, mais bien de _foutre_.--(V. _Boudoir_.)

FOUTRE (Le). Le sperme de l'homme et de la femme, la semence que
celui-ci jette,  couillons rabattus, dans le champ de celle-l o
poussent, au bout de neuf mois, des enfants mles ou femelles.

    Ensuite de cela, il me monte dessus, et en me faisant entrer son
    gros vit band au con, il me chevauche jusqu' ce que son foutre
    me coule au fond de la matrice.

      MILILOT.

    _Ah! la belle heure, quand j'y pense!
    On mettrait une flotte  flot
    Avec le foutre qu'on dpense
    Tant que rsonne son grelot._

      (_Parnasse satyrique._)

FOUTRE. Interjection tmoignant le mpris que l'on fait d'une chose.

    _Foutre des neuf garces du Pinde,
    Foutre de l'amant de Daphn..._

      PIRON.

FOUTRE. Le mot le plus nergique du langage rotique. Il signifie:

    Jouir!--dpenser son sperme, n'importe de quelle faon,--en
    foutant.

    Il y a fouteurs et fouteurs, comme il y a fagots et cotterets.
    Ainsi:

    On fout  couillons rabattus, comme un Dieu, comme un roi, comme
    un prince,--ou comme un ne dbt.

    On fout comme un daim, comme un picier, comme un maon, comme un
    pigeon.

    On fout en main, en bouche, en aisselle, en con, en cul, en
    ttons, en cuisses.

    On fout  la paresseuse, en levrette,  la florentine,  culs
    nus,  la dragonne, en cygne, etc.

    On fout sa matresse, sa tante, sa cousine, sa femme, sa
    belle-soeur, sa belle-mre, sa bonne, sa portire, sa voisine,
    et--quelquefois son voisin.

    _Le roi fout la reine--ou son page,
    Le vieillard fout sa bonne--un peu,
    Et le pauvre fout--ce qu'il peut._

      ANONYME.

    _Mon Alix en fait tant de cas,
    Qu'elle me promet des ducats,
    Beaucoup plus que je ne souhaite,
    Si dix fois la nuit je la fous._

      COLL.

Foutre, comme verbe passif, signifie tre perdu.

    _Philis, tout est foutu, je meurs de la vrole,
    Elle exerce sur moi sa dernire rigueur._

      THOPHILE.

Foutre, comme verbe rflchi, signifie se moquer.

    _Eh bien! dit-elle, quitte ou double,
    Va toujours ton train, je m'en fous._

      COLL.

    _Quoique plus gueux qu'un rat d'glise,
    Pourvu que mes couillons soient chauds,
    Et que le poil de mon cul frise,
    Je me fous du reste en repos._

      PIRON.

FOUTRE  COUILLONS RABATTUS. Avec nergie, comme toutes les femmes
voudraient tre foutues,--mme, et surtout, celles qui ont le plus
l'air de cracher sur le jus divin.

    _Les hommes, lorsqu'ils ont foutu
    A double couillon rabattu,
    Se lavent dans une terrine._

      DUMOULIN.

FOUTRE  LA PARESSEUSE. Baiser une femme le plus commodment possible;
quelquefois, l'homme se met derrire la femme, laquelle replie un peu
ses cuisses en avant. Plus gnralement, ils se placent en face l'un
de l'autre et la femme lve la cuisse et passe la jambe sur la hanche
de son fouteur; les deux amants se trouvent alors colls l'un  l'autre
depuis la poitrine jusqu'aux parties sexuelles, la pine dans le vagin:
on pousse sans effort, et on jouit sans s'en apercevoir, en s'endormant
mme, si l'on est trop fatigu des coups prcdemment tirs.

    _Celui dont la pine est mollasse, filandreuse
    Et lente  dcharger, fout  la paresseuse._

      L. PROTAT.

FOUTRE COMME UN NE DBT. Baiser avec nergie, sans se soucier
d'autre chose que de bien jouir,-- la faon du hros de Lucius.

    Vilains hypocrites... foutez comme des nes dbts; mais
    permettez-moi de dire _foutre_.

      DIDEROT.

FOUTRE EN AISSELLE. Dcharger sous l'aisselle d'une femme au lieu de
lui dcharger dans le con: c'est aussi agrable pour l'homme--et moins
dangereux pour la femme.

    _Celui-ci fout en cul, celui-l en aisselle..._

      LOUIS PROTAT.

    _A cet instant de la querelle,
    Un vit, qui bandait dur et fort,
    S'avisa de foutre en aisselle;
    Cet argument les mit d'accord._

      (_Dialogue du con et du cul._)

FOUTRE EN ARTILLEUR. Vous faites coucher la demoiselle sur le bord
du lit, et debout devant elle, vous prenez ses jambes de chaque main,
les cartez et les placez sur vos paules, comme des leviers servant
 manoeuvrer une pice de canon sur un afft. Vous fourrez votre
couvillon dans la gueule bante de son canon; il y entrera tout
entier, et mme un peu les testicules.

FOUTRE EN CON. Baiser bourgeoisement, comme baisaient Adam et ve, les
ignorants, bouche contre bouche et ventre contre ventre.

    _Le con est fort bonne personne,
    Je ne dis pas qu'on l'abandonne;
              Eh! non, non, non!
              Foutons en con!_

      COLL.

FOUTRE EN CUISSES. Dcharger entre les cuisses d'une femme qui ne tient
pas  faire d'enfant, mais qui tient  faire plaisir  un homme.

    _On fout en con, en cul, en cuisses._

      (_Parnasse satyrique._)

FOUTRE EN CUL. Sodomiser.

    _Mais le cul n'est-il pas bonhomme?
    Eh quoi! ne le fout-on qu' Rome?
    Foutons en cul, foutons en con!
        Un peu de bougrerie
            Est dans la vie
        Quelquefois de saison._

      COLL.

FOUTRE EN ESPALIER. Posture usite seulement chez les coliers ou chez
les gens de service qui se rencontrent dans des endroits sans meubles
et veulent foutre cependant  la hte et tant bien que mal en appuyant
la femme contre un mur. Un brave vque vit un jour son valet de
chambre baiser une fille en espalier: Imbcile, lui dit-il, tu mnages
les matelas. Eh bien! c'est  ce beau mtier que j'ai gagn la goutte.

FOUTRE EN LEVRETTE. Jouir d'une femme en se plaant derrire elle,
_more canino_, posture des plus estimes de la foutronomie, et l'une
des plus agrables pour le fouteur. Soit  genoux, soit appuye sur une
fentre ou sur une table, soit couche  plat ventre sur le lit ou sur
le gazon, la femme vous prsente ses fesses, vous pntrez dans son con
sans perdre un seul centimtre; vous vous y trouvez trs serr et vous
lui donnez quelques bons coups de cul. Malheureusement, cela vous fait
jouir tout de suite, et l'opration ne dure pas assez longtemps au gr
de la dame.

    _En levrette est encore un moyen fort joli
    Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli;
    C'est pour faire un enfant une bonne recette
    Qui fut, dit-on, donne  Marie-Antoinette._

      LOUIS PROTAT.

    _Elle a l'trange got
    Qu'on la foute en levrette._

      J. DUFLOT.

FOUTRE EN MAIN. Se faire branler.

    _Tout est fantaisie ou caprices
    Chez le bizarre genre humain:
    On fout en con, en cul, en cuisses,
    Au besoin mme dans la main._

      (_Dialogue du con et du cul._)

FOUTRE EN TTONS. Dcharger sur la gorge d'une femme qui, au pralable,
a ramen ses deux ttons vers le milieu de sa poitrine, de manire 
presser, aussi doucement qu'avec les lvres de son con, la pine qu'elle
a mission de faire jouir. Cette faon d'aller au bonheur, comme toutes
les autres artificielles, n'a de charmes que pour celui qui fout et non
pour celle qui est foutue.

    _Celui-ci fout en cul, celui-l en aisselle,
    Un troisime en ttons..._

      LOUIS PROTAT.

FOUTRE PAR L'OREILLE. Faire rpandre  quelqu'un les _pleurs du
dsir_, soit en lui lisant, soit en lui rcitant des vers lubriques.
L'expression est du pote Maynard.

    _Gardez-vous de lire ces vers:
    Ils foutent les gens par l'oreille._

      (_Les Priapes._)

FOUTUE (tre bien ou mal). Bonheur, ou malheur.

    Non, tu n'es que foutue, et tu l'es bien.

      LA POPELINIRE.

    _Je l'y donne un croc-en-jambe,
    All' tombe sur son cu,
    Puis ell' devint si tendre
    Qu' a fut autant d' foutu._

      CABASSOL.

FRAISE. Le bout des ttons d'une femme,  cause de sa couleur.

FRESSURE. Le sige des dsirs amoureux, la nature de la femme.

    _De ma fressure
    Dame Luxure
    J s'emparait._

      LA FONTAINE.

FRICARELLE (La). Le _Lesbicus amor_, qui tend de plus en plus  faire
des ravages parmi les Parisiennes.

    _Je te verrai...
    Poursuivant les Saphos  l'oeil cave, au teint noir,
    Ivre de fricarelle, et ne pouvant avoir
              L'attouchement d'une tribade._

      EMM. DES ESSARTS.

FRINGUER, FRINGASSER UNE FEMME. La baiser.

    _Volontiers je vous fringasse,
    Madame, si j'osasse.
    Fringue, valet, hardiment;
    Mon mary est  Rouen._

      (_Chansons folastres._)

    _Car s'il a prt son levain,
    On fringue votre chambrire._

      (_Farces et moralits._)

    _Quand Polidor fringua la dame putassire,
    De qui le nom fameux s'appelle Sarprisi._

      THOPHILE.

FROMAGE. Sperme de l'homme ou de la femme; casum produit par les
parties basses, ayant l'aspect du casum produit par les parties
hautes. D'o,  propos d'une fille qui s'est laiss dpuceler,
l'expression proverbiale: _laisser aller son chat au fromage_.

FROTTER LE LARD (Se). Faire l'acte copulatif, qui consiste en effet
dans le frottement des chairs de ces deux cochons qui s'appellent deux
amants.

    _Toutes les fois qu'on t'a frotte,
    Tu ne me l'es pas venu dire._

      (_Ancien Thtre franais._)

    _Jean, ce frotteur invaincu,
    Un soir dans une taverne
    Frottait Lise  la moderne,
    C'est--dire par le cu._

      (_Cabinet satyrique._)

    Joyeusement se frottant leur lard.

      RABELAIS.

    Quand tu voudras, je frotterai ma coine contre ton lard.

      (_La Comdie des Proverbes._)

FUREUR D'AMOUR. La voluptueuse dmence que ressentent mutuellement un
homme et une femme dans l'accouplement.

    Autrement il faudrait dire: _ce qui n'a point de nom_, _un membre
    viril_, _le membre gnital_, et autres telles expressions sottes
    et longues, que la fureur d'amour ne donne point le temps de
    prononcer.

      MILILOT.

FUREUR UTRINE.

    Outre le terme de _nymphomanie_ que nous adoptons pour exprimer
    cette maladie, on lui donne encore diffrentes dnominations.
    Moschio, mdecin grec, l'appelle _satyriasis_, d'autres
    _mtromanie_, d'autres _rotomanie_, qui signifie _manie
    d'amour_; mais tous ces noms tant arbitraires, nous nous en
    tiendrons  celui de _nymphomanie_, toutes les fois qu'il sera
    question de la fureur utrine.

      DR DE BIENVILLE.

Voir _Nymphomanie_.

FUSEAU. Le vit, qui pour celles qui ont de l'_haleine_ sert  _enfiler_.

    _Le fuseau dont filait Hercule,
            Noir et tortu..._

      PIRON.

    _Prends ce fuseau, ma tendre amie.
    --Il est si gros, quelle folie!
    A peine tient-il dans mes doigts;
    Mon lin va se rompre vingt fois,
    Ah! mon Dieu, que dira ma mre!
        Elle est si svre!
    Finissez donc, mon cher Lucas,
    De grce, ne m'enfilez pas!_

      F. DAUPHIN.




G


GABAHOTER. Gamahucher une femme.

    _Et s'il ne me suffit pas de gabahoter,
    Je greluchonne alors aussi, sans hsiter._

      L. PROTAT.

GALANT. Amant--d'une galanterie douteuse, souvent.

    _Elle a quatre galants,
    Et de la prfrence
    Les flatte en mme temps._

      COLL.

GALANTERIE. Maladie vnrienne.

    Sur la fin de la quatrime anne, je m'aperus que la suprieure
    m'avait communiqu ce qu'on appelle une galanterie.

      DU LAURENS.

    _Je suis un malheureux qui ne mrite pas
    De possder si tt de si charmants appas.
    Je suis dans un tat..._

                          _--Achevez, je vous prie:
    Auriez-vous attrap quelque galanterie?_

      LEGRAND.

GALIPOTER LE FONDEMENT. Besogner dans le derrire au lieu de besogner
dans le devant, faire acte de bougre au lieu de faire acte d'honnte
homme.

    _Maint'nant que j' t'ai, sacr' vessie,
    Galipot le fondement,
    J' te prviens qu' j'ai z'une avarie
    Qui me rong' tout le tour du gland._

      A. KARR.

GAMAHUCH (tre). Se dit de l'un comme de l'autre sexe, la langue tant
 la disposition de tous les deux.

    _Un vit, sur la place Vendme,
    Gamahuch par l'aquilon._

      (_Parnasse satyrique._)

GAMAHUCHER LE CANAL. Sucer un homme, aspirer la moelle qui coule dans
son canal de l'urtre.

    _Si, comme la race canine,
    Nous pouvions, sans gne et sans mal,
    Nous gamahucher le canal._

      DUMOULIN.

GAMAHUCHER UNE FEMME. La faire jouir en jouant de la langue dans son
con, au lieu d'y jouer de la pine. Un mtier de chien!

    _Celle-l, sur son lit nonchalamment couche,
    Par un vieux Cupidon tait gamahuche._

      L. PROTAT.

GAMIN (Faire le). Quand une femme a bien fait la patte d'araigne,
coll un joli bcot sur le bout du vit d'un homme, quand, enfin,
elle a us de toutes les _gamineries_ capables de le faire bander,
elle n'a plus qu' s'enfourcher sur le glorieux priape faonn par
elle,--pour elle.--Alors: Hue! dada!... notre _gamin_ allant au trot,
puis au galop: patatrot, patatrot!--comme s'il sautait sur les genoux
de son grand-pre,--se bourre le vagin  sa fantaisie, jusqu' ce que
plaisir s'ensuivant, le cavalier tombe puis sur sa monture.--C'est du
nanan!--Voir le _Tire-bouchon amricain_.

GANDIN. Imbcile bien mis qui paie les filles pour qu'elles se moquent
de lui avec leurs amants de coeur.

    Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les
    vignes amoureuses aprs ces maraudeurs de la premire heure,
    c'est de se dire:

    _Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse!_

      A. DELVAU.

    _Nous soupions au sortir au bal. Quelques gandins,
    Portant des favoris dcoups en jardins,
    Faisaient assaut d'esprit avec des femmes rousses._

      TH. DE BANVILLE.

GANTS. Ce qu'on donne aux femmes galantes comme supplment au prix
convenu pour les baiser, qu'elles vous demandent avant de vous ouvrir
leurs cuisses et qu'il est prudent de ne leur donner qu'aprs avoir
joui--si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes _pingles_,
la _drinkgeld_ des Flamands, le _paraguantes_ des Espagnols et la
_buona mancia_ des Italiens-- propos de laquelle on pourrait dire,
avec Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le
bras.

    _Leurs vtements sont lgants,
    Mais toujours quelque chose y cloche:
    Dans leur bourse elles ont leurs gants,
    Et leur corset est dans leur poche._

      A. DELVAU.

Employ dans un sens obscne pour dsigner la virginit.

    Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de
    faire, pour lui faire croire qu'il en avait eu les gants.

      (_La France galante._)

    _Mainte fille a perdu ses gants._

      LA FONTAINE.

    Je puis donc m'attendre, dit Potiron, que si j'pouse cette
    demoiselle, je n'en aurai pas les gants.

      VOISENON.

GANYMDE. Ce que l'on nommait anciennement un giton et que les
Parisiens appellent une _tante_.

GARCE. Mot qui, dans le vieux langage, a signifi fille pucelle, et
qui, dans le langage moderne, signifie--tout le contraire.

    _Car il n'affiert  garces diffames,
    User des droits de vierges bien fames._

      CL. MAROT.

    _Allons, la garce, haut la quille!
    Mon vit est crnement driss._

      A. KARR.

GARDE NATIONALE (tre de la). Avoir des habitudes pdrastiques.

    Il s'approche, je crois qu'il en veut  ma montre que je
    m'empresse de prserver; il s'approche davantage, avance
    sournoisement la main vers l'objet chri des dames: je vis qu'il
    tait de la garde nationale, et alors...

      J. LE VALLOIS.

GARS  POIL. Homme qui a des couilles au cul et passe pour un rude
jouteur.

    ... Mon an?... c'est un gars  poil, et qui vous a une vraie
    pine de famille. Il foutra votre femme, vos deux filles, et vous
    enculera par-dessus le march, histoire de dire qu'il a mis un
    pied chez vous.

      (_Les Deux Beaux-Pres._)

GAUPE. Fille lgre--comme chausson.

GAZON DE LA FEMME. Les poils de sa motte.

    _Nature t'a fourni un corsage bien fait,
    Mais un con refrogn, dont l'ouverture ronde
    Assise est platement et sans aucun gazon._

      THOPHILE.

    _Mais nos peintres, tondant leurs toiles
    Comme des marbres de Paros,
    Fauchent sur les beaux corps sans voiles
    Le gazon o s'assied Eros._

      TH. GAUTIER.

GENDARME. Concubine ou femme lgitime qui, toujours pendue au bras de
son _homme_, ou sur ses talons, le suit partout--et quand mme.

GNITEUR. Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un
enfant,--_genitor_.

GNITOIRES. Les couilles, qui contiennent la liqueur de la gnration.

    Mes doigts, lgrement promens sur les fesses, les cuisses
    et les gnitoires de l'Adonis, paraissaient lui faire grand
    plaisir.--Oh! oui, comme cela, chatouille, mon petit ange,
    chatouille-les bien!...

      A. DE NERCIAT.

    Et le montrait, voyant tout chacun ses gnitoires.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Un roi dans les grecques histoires,
    Sachant des siens la trahison,
    Voulut, pour en tirer raison,
    Qu'on leur coupt les gnitoires._

      (_Cabinet satyrique._)

GENTILLE (tre bien). Bien arranger un homme, le faire jouir  gogo.

    Joli garon, viens avec moi, tu ne t'en repentiras pas... je
    serai bien gentille...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

GENTILLE AU DODO (tre bien). Promesse que vous fait une fille en vous
raccrochant; cela consiste  vous faire jouir comme jamais vous n'avez
joui avec aucune femme, soit en vous suant, soit en vous branlant,
soit en se laissant enculer par vous, soit en vous faisant postillon
pendant que vous la foutez,--et tout cela pour arriver  vous faire
tirer un pauvre petit coup de deux liards qui ne vous remue pas autant
que le premier baiser de votre premire bonne amie.

GIBERNE. Le fessier d'une femme, qui est, si on le veut, une bote 
cartouches. Allusion  la place ordinaire de la giberne.

    Elle a une crne giberne, ton adore, faut lui rendre justice.
    Tout est-il  elle, dis?

      CHARLES MONSELET.

GIBIER D'AMOUR. Jolie fille que l'on chasse--pour mieux la tenir et la
possder.

    _Vrai gibier d'amour, Colette,
    Par moi fut prise au collet._

      VAUBERTRAND.

GIBIER DE BORDEL. Petite drlesse qui frquente avec les polissons
de son ge, en attendant que les vieux polissons frquentent avec
elle,--ce qui la conduira fatalement au bordel.

GIBIER DE SAINT-LAZARE. Fille publique, qui mrite toujours, peu ou
prou, d'aller passer quelques jours ou quelques mois dans cette prison.

GIGOLETTE. Drlesse de quinze  seize ans qui dbute dans la vie en
mme temps que dans le vice et qui est du bois--pourri--dont on fait
les putains.

    La gigolette est une adolescente, une muliricule... qui tient
    le milieu entre la grisette et la gandine,--moiti ouvrire et
    moiti fille.

      A. DELVAU.

GIGOLO. Le mle de la gigolette--comme le pierrot est celui de
pierrette, comme le maquereau celui de la maquerelle.

    Le gigolo est un adolescent, un petit homme... qui tient le
    milieu entre Chrubin et don Juan,--moiti nigaud et moiti
    greluchon.

      A. DELVAU.

GIGOTS SANS MANCHE. Les cuisses et les fesses d'une femme, qui n'ont de
manche que le vit que l'on peut y mettre.

    _De Montrouge un noir habitant
    Repoussant la jeune Glycre
    Qui veut le conduire  Cythre,
    Lui dit:--A Sodome on m'attend.
    Vous avez la peau fine et blanche;
    Mais un certain dfaut vous nuit:
    Apprenez qu'un gigot sans manche
    A notre four n'a jamais cuit._

      BLONDEL.

GIGOTTER. Remuer, saccader, osciller et jouer des reins; danser la
gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses.--Dans un autre
cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D'o cette factie:

    J'aime le lapin; ma femme prfre le gigot. Or, quand nous dnons
    dehors, chacun son got: je prends mon plat de chat, mon lapin,
    et elle son gigot.--Quand je _lapine_, ma femme _gigotte_.

GIMBLETTE (Faire la). Se donner mutuellement des douceurs, entre
pensionnaires:--se masturber.--Dans le tableau de Frago, c'est une
jeune fille qui se fait lcher le con par un chien qu'elle attire avec
une gimblette (petite ptisserie appele ainsi).

GITON. Fils d'Herms et d'Aphrodite, d'aprs M. de Chompr--qui avait
lu le _Satyricon_ de Ptrone; nom du jeune homme qui est devenu celui
de tous les jeunes hommes--du mme sexe que celui qui servait aux
plaisirs d'Ascylte et d'Encolpe.

    _Pour drouter mon amant
        Du got qui l'attache,
    De son giton prudemment
    Je prends quelquefois la tche,
    Quoiqu'il soit bien dur au con
    Qu'on foute son compagnon
      Jusque sous sa moustache!_

      COLL.

GLAIRE. Sperme qui sort du membre viril, et qui ressemble, en effet, 
une spermosit crache par le trou de la pine.--On dit aussi: _Pousser
son glaire_, pour introduire son membre dans la nature de la femme.

GLAND. La partie suprieure du membre viril,--ainsi nomme  cause de
son exacte ressemblance avec le fruit du chne et du htre. On prend
souvent cette partie du membre pour le membre lui-mme.

    _Comme le gland d'un vieux qui baise
    Flotte son tton ravag._

      ANONYME.

GLOBES (Les). Les ttons, sur lesquels les lvres voyagent sans se
lasser;--quelquefois les fesses ou les testicules.

    _Et sa gorge charmante, au lieu d'tre enferme
    Dans un affreux corset qui l'aurait dforme,
    Montrant  dcouvert ses deux globes polis,
    Se tenait d'elle-mme et sans faire aucuns plis._

      L. PROTAT.

    _Lequel montrait deux globes faits au tour,
    Qu'on aurait pris pour ceux du tendre Amour._

      VOLTAIRE.

    _Deux petits globes au dessous,
    Pour fortifier le mystre,
    Donnent le contrepoids aux coups,
    Et rendent le jeu moins austre._

      (_Cabinet satyrique._)

GOBER LE MERLAN. Sucer un homme jusqu' l'jaculation inclusivement,
et boire le sperme qui sort de son membre frmissant,--par allusion au
merlan roul dans la farine et  sa forme allonge.

GOBER UN HOMME. Avoir envie de coucher avec lui.

    Mon cher Arthur, Emma te gobe.

      A. FRANOIS.

GODEMICHET. Phallus de cuir ou de velours avec ou sans ressorts, que
les femmes libertines ou pusillanimes substituent au vritable phallus
de chair et d'os que la prvoyante nature nous a soud  tous au bas
du ventre pour nous reproduire, et surtout pour jouir.--Ce mot vient
du latin: _Gaude mihi_, fais-moi plaisir. Cet engin, aussi singulier
qu'ingnieux,--le rival srieux de l'homme, dont la vigueur est
malheureusement limite,--cet engin est en usage depuis que le monde
est monde, c'est--dire livr  la corruption. Les dames romaines
s'en servaient bien avant les dames franaises, comme l'indique le
_Satyricon_, o l'on voit le pauvre Encolpe-Polynos trangement
arrang par OEnethe, la vieille prtresse.--Une autre preuve, c'est le
passage suivant de l'_Escole des Filles_, o Suzanne la dlure dit 
Fanchon,  peine dniaise par son ami Robinet:

    J'ai leu dans un livre l'histoire d'une fille de roy, qui se
    servoit d'une plaisante invention, au dfaut du vritable masle.
    Elle avoit une statue d'homme de bronze, peinte en couleur de
    chair et fournie d'un puissant engin d'une matire moins dure
    que le reste. Cest engin estoit droit et creux, il avoit la
    teste rouge et un petit trou par le bout, avec deux pendants en
    forme de couillons, le tout imit au naturel. Et quand la fille
    avoit l'imagination eschauffe de la prsence de ce corps, elle
    s'approchoit de cest engin, qu'elle se fourroit dedans le con,
    elle empoignoit les fesses de cette statue et les trmoussoit
    vers elle; et quand ce venoit  descharger elle tournoit un
    certain ressort qui luy sortoit derrire les fesses, et la statue
    jettoit incontinent par l'engin une certaine liqueur chaude et
    espaisse, blanche comme bouillie, dans le con de la fille, dont
    elle estoit arrose et satisfaite pour le coup.

Les anciens crivains gaillards avaient donc raison d'crire
_gaudemichi_--qui se rapproche plus, tymologiquement, de _gaude mihi_
que _godemichet_.

    L'une se trouva saisie et accommode d'un gros godemichet entre
    les jambes, si gentiment attach avec de petites bandelettes
    autour du corps, qu'il semblait un membre naturel.

      BRANTME.

    _Il ne reste plus rien du bien de mon partage
    Qu'un seul godemichi, c'est tout mon hritage._

      THOPHILE.

    _Et feignant de prier en fermant son volet,
    Pour un godemichet quitte son chapelet._

      PIRON.

GODICHE (tre ou n'tre pas). Se laisser ou ne pas se laisser
facilement duper par les femmes, ces ternelles monteuses de coups.

    a me rappellera... le temps o j'tais si godiche avec le sexe,
    o les femmes m'allumaient si facilement.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

GODILLER ou GAUDILLER. Jouir en baisant.--Cette expression a pass du
dictionnaire des matelots dans celui des Parisiens, gens amphibies,
moiti canotiers et moiti l'autre chose. _Godiller_, pour un homme de
mer, c'est se servir d'un aviron appel _godille_ ou _goudille_, qui,
plac dans une entaille arrondie sur l'arrire d'une embarcation, lui
sert  la diriger.

    _Puiss-je, en passant l'onde
    Du fleuve au roi cornu,
    Godiller ferme et dru,
    Et cramper dans le cul
        De ma blonde._

      E. DEBRAUX.

GODILLER (Faire). Faire jouir une femme ou un homme.--prouver un accs
de priapisme; bander.

    Je veux qu'on me paie pour me faire godiller, moi!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

GOGOTTE. Le membre viril, lorsqu'il manque de virilit; vit d'enfant.

    _Tirez parti de ces tristes gogottes,
    Vous en viendrez  pisser dans vos bottes._

      (_Chanson d'tudiants._)

GONFLER (Faire) SON ANDOUILLE. Se masturber.

            _a m'trifouille,
            a m'gargouille,
    a fait gonfler mon andouille._

      L. L.

GONZESSE. Fille ou femme de moeurs beaucoup trop lgres; fille
publique mme.

    Allumer tous les soirs la chandelle de l'hymne en faveur d'un
    tas de gonzesses...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Ils entretienn'nt des gonzesses
    Qui loge'  la Patt' de Chat._

      GUICHARDET.

GORGE (Avoir de la). Possder de plantureux ttons,--la seule richesse
dont les femmes soient fires: c'est comme si elles avaient pignon sur
rue.

    Dis donc, a-t-elle autant de gorge que moi, ta madame?

      H. MONNIER.

    Je suis sre qu'elle ne se tient pas comme la mienne, sa gorge.

      H. MONNIER.

    _A voir sa gorge toute nue,
    Son corps tout du long tendu,
    L'on jugeait qu'elle avait perdu
    Sa pudeur et sa retenue._

      GRCOURT.

    _Ma gorge se tient mieux qu'un militaire,
    Mon con est bois comme l'est Meudon,
    Afin de cacher l'autel du mystre
    O l'on officie en toute saison._

      ANONYME.

GOTHON. Abrviation de _Margoton_, qui signifie fille de mauvaise vie.

GOUAPEUSE. Petite drlesse qui prfre la rue  l'atelier, le
vagabondage au travail, et qui s'amuse avec les ququettes des
polissons de son ge en attendant l'occasion d'amuser les pines des
messieurs plus gs.

GOUFFRE SECRET. Grand et vieux con.--Engouffrez-vous, messieurs, voil
l' plaisir!

    Ces femmes aident autant qu'elles peuvent  la mprise par
    les toilettes prparatoires: ... elles compriment leurs
    ttons mollasses et pendants, elles rparent par des lotions
    astringentes les hiatus trop normes de leurs gouffres secrets.

      (_Anecd. sur la comtesse Du Barry._)

GOUGNOTTE. Fille ou femme qui abuse des personnes de son sexe, dit
M. Francisque Michel--qui, par pudeur, manque de clart; la gougnotte
est une fille qui ne jouit qu'avec les filles, qu'elle gamahuche ou
qui la branlent; une gougnotte prfre Sapho  Phaon, le clitoris de sa
voisine  la pine de son voisin.

GOUINE. Nom qu'on donne  toute fille ou femme de moeurs trop lgres,
et que le Pornographe fait venir de l'anglais _queen_, reine--de
l'immoralit; mais qui vient plutt de Nelly Gwinn, clbre actrice
anglaise qui avait commenc par tre bouquetire, et qui, d'amant en
amant, est devenue la matresse favorite de Charles II.

GOUJON. Le membre viril,--qui frtille dans le con de la femme comme
poisson dans l'eau.

          _Mais surtout prenez ce goujon,
          Et mettez-le dans la fontaine
    Qu'on voit tout le long, le long de la bedaine._

      (_Chanson anonyme moderne._)

GOUPILLON (Le). Le membre viril--avec lequel on asperge de sperme les
femmes, heureuses d'tre ainsi asperges.

    _En priant pour la sainte Vierge,
    Vous prtes votre goupillon,
    Et le tenant droit comme un cierge,
    Il semblait que le cotillon
    Vous donnt certain aiguillon._

      (_Parnasse satyrique._)

GOURDES (Les). Les testicules, dans lesquels il y a une provision du
cordial qui rchauffe les femmes malades de langueur.

    _Le troupier: mes roustons; le cocher: mes roupettes;
    Le marchand de coco: des gourdes; les grisettes:
    Des machines..._

      LOUIS PROTAT.

GOURGANDINE. Fille ou femme qui se laisse baiser par le premier homme
venu, militaire ou _pkin_, gros ou petit, riche ou pauvre, qui lui
offre un dner, une robe, ou seulement un verre de _jaune_.

    Toujours il a eu le mme public mle et femelle, les mmes
    faubouriens et les mmes faubouriennes, les mmes voyous et les
    mmes petites gourgandines.

      A. DELVAU.

GOURGANDINER. Hanter les mauvais lieux et les drlesses qui les
habitent.

GOURMANDE. Femme trop porte sur la queue, et difficile  satisfaire 
cause de cela.

GOTER LES PLAISIRS, LES BATS, LES JOIES, etc. Baiser, ce qui est la
flicit suprme.

    _Mais qu'importe, si l'on gote
    Le doux plaisir de la chair?
    Qu'importe, pourvu qu'on foute?
    Cela vous parat-il clair?_

      COLL.

    _Eh bien! mon petit coeur, eh bien! ma mignonnette,
    Ne voulez-vous pas bien vous marier un jour
    Pour goter les bats du petit dieu d'amour._

      TROTTEREL.

    Quand elle eut commenc  goter un peu les joies de ce monde,
    elle sentit que son mari ne la faisait que mettre en apptit.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

GOT PARTICULIER. La pdrastie ou le gougnottisme, selon le sexe;
ainsi nomm parce que c'est un got presque gnral chez les filles
galantes de Paris.

    _Ne croyez pas que je contracte
    Ce got, dj trop rpandu;
    C'est bon pour amuser l'entr'acte
    Quand le grand acteur est rendu._

      BRANGER.

GOT POUR QUELQU'UN (Avoir du). Avoir envie de coucher avec telle
femme plutt qu'avec telle autre lorsqu'on est homme, ou avec tel homme
plutt qu'avec tel autre lorsqu'on est femme.

    Elle en tombera  la renverse si elle a autant de got pour moi
    que vous le dites.

      LA POPELINIRE.

    _Dit-on  prsent: Je vous aime?
    Non, l'on dit: j'ai du got pour vous._

      COLL.

GOTS CONTRE NATURE (Avoir des). tre pdraste, si l'on est homme,--ou
gougnotte, si l'on est femme.

    On ne le lui met plus!... On le lui a donc dj mis! L'homme que
    j'ai honor de mes faveurs aurait donc des gots contre nature?

      JEAN DU BOYS.

GOTS LUBRIQUES (Avoir des). tre trs corrompu en amour.

    _On l'accusa d'avoir des gots lubriques,
    Dont le rcit fait dresser les cheveux;
    De ddaigner les amours platoniques
    Et de boucher des trous incestueux._

      CH. BOYLE.

GOUTTE. Employ dans un sens obscne pour dsigner le sperme.

    _Elle sucerait bien la goutte
    De quelque gros vit rabout,
    Mais je veux qu'un goujat la foute
    Avec un concombre pel._

      THOPHILE.

GOUTTE MILITAIRE. Scrtion gonorrhique qui vient chaque matin au
bout du membre viril qui a t  la guerre amoureuse et qui y a t
bless--sans daigner se gurir.

GRAISSER LE VAGIN (Se). Se faire baiser, s'oindre le con de sperme.

    _C'tait ma femme au retour d'un voyage,
    Et qui devait n'arriver que demain;
    Elle venait consoler mon veuvage,
    Et pour cela se graissait le vagin._

      ANONYME.

GRAISSER SA PUNAISE. Baiser sa matresse.

    Je lui en veux: il a graiss ma punaise.

      A. POTHEY.

GRANDES LVRES. Orifice du vagin de la femme; tentacules s'emparant de
tout priape qui vient regarder  l'entre et ne le rendant  la libert
qu'aprs en avoir exprim toute la moelle.

GRANDE CONFRRIE. Celle des cocus, qui est, en effet, la plus nombreuse.

    _Quand Joseph pousa Marie,
    Le grand-prtre lui dit: Mon vieux,
    Te voil de la confrrie
    Des poux et des... bienheureux!
    Que prs du lit de ta poulette
    Vienne un ange avec un moineau...
    Et qu'il lui mette, mette, mette,
    Mette le doigt dans cet anneau._

      BRANGER.

GRAND JEU (Le). Toutes les polissonneries qui sont la ressource des
filles savantes pour faire jouir les dbauchs uss.

    J'veux que mes cinq sens soient satisfaits: c'est c'que j'appelle
    le grand jeu, moi! Le toucher? tu m'as branl. L'odorat? tu m'as
    fait une langue  l'absinthe. La vue? j'ai contempl ces ordures,
    et toi. Il ne me manque plus que les satisfactions de l'oue et
    du got.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

GRANGE (la). Le con.

    _Un jour ma Jeannette
    Me dit: Robinet
    Ma grange est bien nette,
    Mets-y ton boquet._

      (_Chansons folastres._)

GRATTE-CUL. Femme qui n'est plus bonne au service amoureux.

    _Dans c' sicle-ci, plus d'un mauvais sujet
    Change en gratt'-cul la rose la plus belle._

      E. DEBRAUX.

GRATTER DANS LA MAIN. Dclaration muette. Sorte de pantomime, qui se
joue discrtement dans le monde des filles.--Qu'un homme dsire une
femme ou... _vice-versa_, il lui suffit, profitant de la poigne de
main d'adieu, de gratter lgrement du mdium la paume de la main qu'il
presse. Si la rponse a lieu de la mme manire, l'affaire est dans le
sac,--demande et rponse affranchie.

GRATTER SON DEVANT. Se masturber.

    Si j'eusse pens que ma fille et t si vite en besogne, je lui
    eusse laiss gratter son devant jusqu' l'ge de vingt-quatre
    ans.

      (_Les Caquets de l'accouche._)

GRAVELURES. Obscnits dites ou chantes, comme il s'en dit et
chante--principalement dans les runions bourgeoises, chez les gens
honntes, devant les grands parents et les petites filles.

    _Si j' n'ons point d'gravelures,
    C'n'est point, sur notre honneur,
            Par pudeur._

      COLL.

GRAVONNER. Patiner les testicules de l'homme pendant qu'il baise.

    Afin que la femme pt lui toucher, mettre la main dessus,
    gravonner pendant le temps de la conjonction.

      MILILOT.

GREFFER UN TENDRON. Prendre une jeune fille pour un arbre, la grimper
et lui faire un enfant.

    _Lorsque la charmille pousse,
    D'une main lgre et douce
    Je lui donne une faon;
    Souvent je plante et je sme,
    Mais, mon plaisir est extrme,
    Lorsque je greffe un tendron._

      (_Vieille chanson anonyme._)

GRELUCHON. Homme qui tient le milieu entre l'amant de coeur et le
monsieur, entre celui qui paie et celui qui est pay.

GRELUCHONNER. Synonyme de _Paillassonner_. Appliqu  un homme,
signifierait: faire le greluchon.--Ce verbe s'applique plus logiquement
 une femme galante, qui, lorsqu'elle ne travaille pas avec le mich
srieux, s'amuse avec un ami: elle greluchonne.

GRIGOU. Signifiait autrefois: lpreux, vieux grec.--Aujourd'hui, ce
mot veut dire: poux vieux, laid, avare et jaloux:--Othello et Bertholo
runis.

      _Il tait une femme,
      Femme d'un vieux grigou,
    Toujours fermant porte et verrou.
      Quand il allait en ville,
      Pour plus de sret,
      Il emportait la cl._

      (_Vieille chanson anonyme._)

GRIMPER. Baiser une femme, monter sur la cavale qui doit conduire au
bonheur.

    _Neptune au fond des eaux y grimpe
    Nymphes, sirnes et tritons._

      PIRON.

    Tu t'es laiss grimper avant que... j't'aie donn tes gants.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Les uns vont au bordel. Les autres
    Grimpent les femmes des voisins,
    Et, de Priape heureux aptres,
    Vendangent leurs divins raisins._

      (_Parnasse satyrique._)

GRIVOIS. Libertin en paroles ou en actions; peloteur et, consquemment,
fouteur.

    Mon grivois ne voit pas plus tt un cotillon mettre un pied dans
    sa chambre que, s'lanant par la ligne droite et franchissant la
    table, il me joint, me saisit avant que j'aie le temps d'ouvrir
    la bouche.

      A. DE NERCIAT.

GROS LOT (Avoir, donner ou gagner le). Avoir, donner la vrole,--le
plus gros lot qu'on puisse gagner  la loterie de l'amour.

GROS NUMRO. Bordel.

GRUE. Fille entretenue, parce que les filles de cette espce sont
souvent plus btes que belles--ce qui fait qu'on ne s'explique pas les
folies que les gandins font pour elles.

    Dans certains thtres, on voit de jeunes aspirantes qui se
    font des yeux jusqu'aux oreilles et des veines d'azur du corset
    jusqu'aux tempes; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels;
    cette premire catgorie de grues s'appelle les _maquilles_.

      JOACHIM DUFLOT.

GUENILLES (Les). Les testicules de l'homme, que ddaignent les
femmes--qui ne peuvent plus s'en servir.

GUENIPPE. Femme de mauvaise vie; guenon.

    _Mais prsentement que l'on grippe,
    Et Lise, et toute autre guenippe._

      (_La France galante._)

    _Sus donc, gentilles guenippes,
    Prenez vos plus belles nippes,
    Sans vos attiffets laisser...
    Et vous faites enchsser._

      LE SR DE SYGOGNES.

GUENON. Femme de mauvaise vie, qui se trousse et carte les jambes au
profit du premier orang-outang venu.

    Le temps o les femmes m'allumaient si facilement que la premire
    guenon venue qui me mettait la main dessus me f'sait faire bton
    pendant quinze jours.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

GUENUCHE. Varit de guenon.

    _Elle est sche comme une cruche,
    Mal faite comme une guenuche,
    loquente comme un Gascon, etc._

      (_Cabinet satyrique._)

GUEUSE. Femme de moeurs beaucoup trop lgres, qui n'est pas la femelle
du gueux,--au contraire.

    _Quand d'un air tout de franchise
    Une gueuse m'aborda._

      PIRON.

GUIGNER LES VITS. Porter souvent ses regards  l'endroit du pantalon
o se trahit le mieux le sexe de l'homme et par lequel on sait ainsi ce
qu'il pense--des femmes prsentes.

    _J'ai des cheveux roux comme des carottes,
    Des yeux de faunesse, merillonns,
    Qui guignent les vits au fond des culottes
    Et des pantalons les mieux boutonns._

      ANONYME.

GUIGNES. Les testicules-- cause de leur forme.

    Ma cousine... empoigne-le bien fort... Tu sais si bien frotter,
    frotte-moi de l'autre main mes guignes.

      LA POPELINIRE.

GUIGUI. Le membre viril.

    Ah! petit coquin! tu t'en vas... tu me quittes... ta pauvre
    guigui n'a ni force ni vertu.

      LA POPELINIRE.

GUIGUITTE. Priape enfant.

GUILLEDOU. Vieux mot hors d'usage signifiant un mauvais lieu.

    _Je suis bien fait, car j'ai des cornes,
    Puisque tu cours le guilledou._

      LA FONTAINE.

    _Car Pallas, bien que la desse
    Du bons sens et de la sagesse,
    Courait partout le guilledou._

      CHAPELLE.




H


HABITAVIT (L'). Le pantalon, dans lequel habite le vit.

HARPONNER UNE FEMME. La baiser militairement, sans s'arrter aux
bagatelles de la porte, pelotage, langues fourres, branlage du bouton,
etc.,--comme fait un pandour qui viole une bguine.--On dit aussi: _Se
harponner_.

    Ma gorge, par exemple, tu n'as pas eu le loisir d'y faire
    attention: nous venons de nous harponner si brusquement.

      A. DE NERCIAT.

HAUTE-BICHERIE (La). Les plus lgantes et les plus coureuses
Parisiennes, reines d'un jour--et surtout d'une nuit--qui ne font que
paratre et disparatre sur le boulevard, leur champ de bataille.

    Ce salon--qui n'est pas autre chose qu'un march--est hant
    par la Haute-Bicherie parisienne: musardines, prcatelanires,
    biches, lorettes, filles de marbre et autres gourgandines
    lgantes qui viennent l exactement comme nous allons  la
    Bourse, pour y faire leurs petites affaires.

      A. DELVAU.

HERCULE (Un). Fouteur capable d'accomplir les douze travaux... ou mme
un peu moins, ce qui n'est dj pas mal.

    Tu possdes un hercule, ma chre Tullie; que les autres hommes
    lui ressemblent peu!

      (_Meursius franais._)

HRISSON. La nature de la femme,-- cause des broussailles qui en
obstruent l'entre et auxquelles s'gratigne quelquefois le membre
viril.

HEURE DU BERGER (L'). Le moment o l'homme baise la femme pour laquelle
il bandait depuis plus ou moins de temps.

    _Lorsque le temps que l'amour donne
    N'est pas employ prudemment,
    Ce dieu pardonne rarement:
    Amant, l'heure du berger sonne,
      Mais ne sonne qu'un moment._

      COLL.

HIATUS (L'). La nature de la femme--qui, en effet, bille toujours.
Il peut se faire que les hiatus ne soient point tolrs dans les vers;
mais, dans les draps, ils sont trs estims.

HIRONDELLE. Jeune fille encore pucelle, qui annonce le printemps de
l'amour comme l'aronde le printemps de l'anne.

HISTOIRE. Le membre viril--que la femme se plat  tudier avec son
ventre;--quelquefois le con.

    Allons, pas tant de faons: montre-moi ton histoire.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Madame, lui dit-il, je ne peins que l'histoire.
    --Eh! quoi, mon cher Monsieur, n'est-ce donc que cela?
    Peignez toujours... le reste, un autre le peindra._

      ARM. SVILLE.

HOMME  FEMMES. Grand fouteur, aprs lequel courent toutes les femmes
et qui court lui-mme aprs toutes.

    _Un homme aimable, un homme  femmes,
    S'il veut tre l'homme du jour,
    S'il veut avoir toutes nos dames,
    Ne doit jamais avoir d'amour._

      COLL.

HOMME ARDENT, FEMME ARDENTE. Homme amoureux, femme amoureuse, aimant 
baiser. C'est l'_ardens_ d'Ovide.

HOMME  RESSORTS. Godemichet, qui rend mieux que l'homme sous la
volont de la femme qui veut jouir et qui le trouve toujours prt.

          _Vos mirliflors
    Vaudraient-ils cet homme  ressorts?_

      COLL.

HORREURS (Chanter des). Chanter des couplets gaillards,  double
sens, pleins d'quivoques obscnes, comme se plaisent  en chanter les
bourgeois lorsqu'ils sont en famille.

    S'il a chant! j'crois ben... Des horreurs, ma vieille, qu'il a
    chantes.

      HENRY MONNIER.

HORREURS (Dire des). tre libre en paroles; tenir des discours
d'une grande lubricit,--pour pousser  l'accomplissement de
l'acte vnrien.--Faire des horreurs. Se porter  des voies de fait
agrables envers les femmes, leur prendre le cul, les ttons et le
reste.--_Horreurs_ est une antiphrase comme _Eumnides_,--mais dans le
sens contraire.

    _Qu'une femme devait et dire et savoir faire
    Toutes les salets et toutes les horreurs;
    Que cela ranimait le chibre des fouteurs._

      LOUIS PROTAT.

HOURIS. Le pav du Paradis de Mahomet,--sur lequel les vrais croyants
esprent se rouler ternellement un jour ou l'autre.

    _Des houris, toujours belles,
    Qu'on satisfera bien,
    Et qui, toujours pucelles,
    N'arrteront sur rien._

      COLL.

HUILE. Le sperme, qui est l'huile essentielle de l'amour.

    _Qu'aprs d'une douce huile je graisse le dedans,
    Lorsque je la tiendrai sur le dos tendue._

      THOPHILE.

HUTRE. Le con qui sent la mare, s'ouvre et se referme sur le doigt du
pcheur; sa morsure, quoique douce, est parfois venimeuse.

    _D'une hutre qui te plaira fort,
    Je vais te montrer les coquilles._

      E. DEBRAUX.

HUMIDE RADICAL (L'). Le sperme.--L'expression a t employe pour la
premire fois par Casanova de Seingalt.

    Elle ne voulait pas, disait-elle, que, rptant tous les jours et
     tous moments d'puisantes tribaderies, j'moussasse l'aiguillon
    de la volupt et tarisse ce prcieux humide radical si ncessaire
     ma croissance.

      A. DE NERCIAT.




I


IDES (Avoir, donner des). Avoir, donner des envies de baiser.

    _Ces formes en tout sens trop longtemps regardes,
    Dans son crne embras font germer des ides._

      LOUIS PROTAT.

IGNOMINIE. Employ dans un sens obscne pour dsigner la nature de la
femme.

    _Et vous cachez en vain, belle Marie,
    Ce que vos saints nomment l'ignominie._

      PARNY.

IL EST MIDI. Se dit d'un homme qui bande violemment, dont l'aiguille
est tout  fait en l'air.--_Il est six heures et demie_ se dit d'un
homme qui ne peut plus bander et dont le membre, flasque, incline
piteusement vers la terre.

IMPUISSANCE. Impossibilit o se trouve un homme de bander, soit par
suite de maladies, soit pour s'tre trop masturb dans sa jeunesse,
soit par un vice de conformation quelconque. C'est ce qui arrive 
Encolpe (dans le _Satyricon_) lorsque, tendu sur l'herbe, dans les
bras de l'aimable libertine Circ, et au moment o il lui entr'ouvre
les cuisses pour introduire son braquemard, d'ordinaire plus gaillard,
il est trahi par une faiblesse subite et trompe l'attente de la belle
courtisane  qui le cul dmange d'impatience. Un auteur moderne, qui
s'est probablement rappel ce passage de Ptrone, fait dire,  un pote
qui ne bande pas, par une fille qui bande fort:

    _Est-ce du mpris ou de l'impuissance?
    Es-tu pdraste ou castrat, voyons?
    Un pareil tat m'excite et m'offense:
    Descends de mon lit, ou bien rouscaillons!_

IMPUISSANT (tre). Ne pas ou ne plus pouvoir bander en l'honneur du
sexe auquel nous devons la suprme jouissance--et la plus horrible
maladie.

            _Fi de l'amour banal
            Que l'homme ivre ou brutal
            Nous donne en grimaant,
    Quand, par hasard, il n'est pas impuissant!_

      JOACHIM DUFLOT.

IMPURE. A la fin du XVIIIe sicle, on donnait ce nom aux filles
entretenues qui aimaient  se pavaner en public. Le mot est encore dans
la circulation.

    _C'est une impure
    Presque aussi sre
      Que ces belles
      Demoiselles
          L!_

      COLL.

INDCENCES (Dire ou faire des). Tenir des propos gaillards, avoir la
parole leste et mme ordurire.--Baiser avec des raffinements ignors
des simples mortels, en levrette,  la paresseuse, en cuisses, en
ttons, etc.

INFANTE. Matresse, femme aime,--les infantes, filles punes des rois
d'Espagne et de Portugal, tant supposes belles.

    _Qu'en dites-vous, amies, qu'en dites-vous, infantes,
    Dont les trous sadinets vivent bien de leurs rentes?_

      (_Recueil de posies franaises._)

    Aux petits oignons, mon infante!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

INSTRUITE (tre bien). Connatre  fond les divers moyens de faire
jouir les hommes et de se foutre d'eux--tout en se laissant foutre par
eux.

    Je connais sur tout cela des femmes bien instruites.

      LA POPELINIRE.

    _Elle de se coucher, et lui de vous l'instruire._

      VAD.

    Un jour elle trompa la vigilance de ses gouvernantes, et nous
    nous instruismes.

      DIDEROT.

INSTRUMENT. Le membre viril, ou la nature de la femme.

    _Jamais pire homme je ne vis
    Et je crains bien votre instrument._

      (_Ancien Thtre franais._)

    _L soudain sans attendre plus
    Je lui happe son instrument,
    Et je lui lave doucement._

      (_Farces et moralits._)

    Et ci a l'instrument grand et gros, de la longueur du bras.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Touche du moins, mignonne frtillarde,
    Sur l'instrument le plus doux en amour._

      THOPHILE.

    Il lui dit qu'il savait jouer d'un autre instrument qui ravissait
    bien davantage.

      CH. SOREL.

    _Et puis pensez que l'instrument
    Il faudra bien que l'on me prte._

      (_Farces et moralits._)

    _D'une on dit qu'elle ayme Hutin,
    Et a l'instrument compass
    Comme un houseau de biscaen,
    Quand a le ventre deslac._

      G. COQUILLART.

    Monsieur l'official condamna la pauvre fille  prter son beau et
    joli instrument  son mari.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

INTERROGER LE PANTALON D'UN HOMME. Porter les yeux sur son paquet, pour
savoir ce qu'il pense, s'il est en tat de baiser ou non.

    Urinette, qui a interrog son pantalon: A quoi bon, puisque tu
    n'es pas prt?

      LEMERCIER DE NEUVILLE.




J


JACQUELINE. Nom de femme qui est devenu celui de toutes les
femmes--devenues filles.

    Le banquier Kocke, chez qui toi et ta jacqueline vous passez les
    beaux jours de l't.

      CAMILLE DESMOULINS.

JACQUES OU JACQUOT. Le membre viril.

    _Il est hercule ou peu s'en faut,
        Il faut que tout lui cde;
    Il sait dmontrer comme il faut
        L'amoureux intermde;
    Quand il se prpare  l'assaut
        Faut voir comme il est raide,
                Jacquot,
        Faut voir comme il est raide!_

      AL. DALS.

      _... Il est nomm pine par la lorette;
    Un chose, ou bien cela, par une femme honnte;
    Jacques par le farceur..._

      L. PROTAT.

JAMBE. La pine, qu'on appelle aussi la troisime jambe.

    Ah! Monsieur, que vous avez une belle jambe!--Laquelle donc,
    Madame?... rpliquait Arnal, en donnant  entendre qu'il ne
    s'agissait ni de la droite, ni de la gauche.

JAMBONS. Les cuisses d'une femme.

    _Elle a le coeur si bon, qu'en mille occasions,
    Pour avoir une andouille, elle offre deux jambons._

      LEGRAND.

JARDIN. La nature de la femme, que l'homme est charg d'entretenir, de
sarcler, de bcher, de ratisser, et de planter--d'enfants.

    Au demeurant, il n'y a homme qui mieux dresse et accoutre un
    jardin que moi.

      NOEL DU FAIL.

    _Quand, se ruant tout en courroux,
    Le fleuve aux ondes spermatiques,
    D'Armide inondait le jardin._

      B. DE MAURICE.

JEAN, JEANNOT, JANIN. Expressions dsignant un mari tromp.

    _Chez nous le mle est Jean, la femelle Catin,
          C'est l'usage de la famille._

      DAILLANT DE LA TOUCHE.

    Il est Janin sans qu'il le sache.

      CH. SOREL.

    _Janot est le vrai nom d'un sot._

      (_Ancien Thtre franais._)

JEAN CHOUART. Le membre viril: appel le _pnil_ selon Lignac, la
_braguette_ selon Rabelais, Marot et autres potes anciens; la _verge_,
dans l'idime des nourrices et des parleurs timbrs; le _bracquemart_
dans Robb, Rousseau et Grcourt; _Jean Chouart_ dans d'autres, etc.,
etc.

JEANNETON. Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou
grisette, qui se laisse prendre volontiers le cu par les rouliers ou
par les tudiants.

    _Partout on vous rencontre avec des Jeannetons._

      V. HUGO. (_Ruy-Blas_)

JETER LE MOUCHOIR. Choisir une fille, au bordel ou au bal, et l'emmener
coucher avec soi; ou, si l'on est femme, faire comprendre  un homme
qu'on bande pour lui et qu'on voudrait bien _se le payer_.

    _Jetez vous-mme le mouchoir,
    Ou bien au sort il faudra voir
            Dans le dortoir,
        Qui pourra vous choir._

      COLL.

JEU (Le). Celui que presque tous les hommes et presque toutes les
femmes savent jouer et aiment  jouer--quoique souvent il ne vaille pas
la chandelle qu'on use en son honneur par les deux bouts.

    _J'en jurerais, Colette apprit un jeu
    Qui, comme on sait, lasse plus qu'il n'ennuie._

      LA FONTAINE.

        _Il tait une fillette
            Coincte et joliette
    Qui voulait savoir le jeu d'amour._

      (_Farces et moralits._)

    _Vous et monsieur, qui, dans le mme endroit,
    Jouiez tous deux au doux jeu d'amourette._

      LA FONTAINE.

    Le jeu te plat, petite? Alors, nous allons recommencer.

      A. FRANOIS.

              _Adieu, conqutes,
              Joyeuses ftes,
    O le champagne au lansquenet s'unit;
              Belles soires,
              Nuits adores,
    Qu'un jeu commence et qu'un autre finit._

      GUSTAVE NADAUD.

JEU RENOUVEL DES GRECS. La pdrastie, qui tait le vice de Socrate;
ou le gougnottisme, qui tait le vice de Sapho.

    _Socrate et Sapho la Lesbienne
    Ont eu des gots assez suspects:
    Tous les jours en France on ramne
    Leurs jeux renouvels des Grecs._

      COLL.

JEUX INNOCENTS. Ainsi nomms par antiphrase sans doute, puisque ce sont
les jeux les plus libertins que l'on connaisse, le jeune homme pinant
le cul  la jeune fille, ou la jeune fille faisant une langue avec le
jeune homme, devant les grands parents assembls--qui n'y voient que du
feu.

    _Pour ces jeux innocents, source de tant de fivres,
              Qui troublent les jeunes sens,
    Un monsieur a bais, devant les grands parents,
    Tout en baisant la joue, un peu le coin des lvres.
    On a rougi cent fois..._

      A. KARR.

JOUER AU TROU-MADAME. Faire la chosette.

    Il est trs dangereux de jouer au trou-madame avec elle.

      TABARIN.

JOUER AUX QUILLES. Faire l'acte vnrien.

    La tienne joue bien aux quilles.

      BRANTME.

    _Que l'un sur l'autre ils tombrent
    En jouant au beau jeu de quilles._

      (_Recueil de posies franaises._)

    _Bon compagnon et beau joueur de quilles._

      LA FONTAINE.

JOUER DES MAINS. Peloter les ttons et le cul d'une femme--qui ne hait
pas ce jeu, mme lorsqu'elle en a le plus l'air offens.

    Je me souviens... qu'il hasarda sur cela des manires et des tons
    de polissonneries, qu'il s'exposait dj  jouer des mains.

      LA POPELINIRE.

JOUER DES REINS. Faire l'acte vnrien.

    L'tudiant jouant avec vigueur des reins...

      H. MONNIER.

JOUER DU CROUPION, OU DU CUL. Jouer des fesses, faire l'acte vnrien.

    Et en mme temps, lui, de jouer du croupion.

      (_Les Aphrodites._)

    _Ne jouez plus du cul, ma tante,
    Ni moi aux dez, je le promets._

      AGRIPPA D'AUBIGN.

    _Le vieux Jaquet dans une table,
    Voyant Lise jouer du cu
    Avec un valet  gros rable,
    En va faire plainte au cocu._

      THOPHILE.

JOUER DU MIRLITON. Baiser une femme.

    _En jouant du mirlitir,
    En jouant du mirliton._

      (_Refrain d'une chanson rcente._)

JOUER DU NAPOLON. Faire sonner son gousset en passant devant une femme
que l'on suppose aimer cette musique-l.

JOUER DU SERRE-CROUPIRE. Faire l'acte vnrien.

JOUEUSE DE FLTE. Fille ou femme entretenue, qui joue de la flte avec
les queues de ses contemporains.

    Lorettes, cocottes et autres aimables joueuses de flte,
    corruptrices de la jeunesse.

      CH. COLIGNY.

JOUIR. Arriver au _summum_ du plaisir par l'jaculation spermatique.
_Jouir d'une femme_, la faire jouir.

    _As-tu de l'abbesse
    A la fin joui?_

      COLL.

    _Dans peu de temps d'ici, vous verrez un paillard
    Qui viendra pour jouir de son beau corps gaillard._

      TROTTEREL.

    _Entre ses bras l'heureux Adam la presse,
    Brle, jouit, et dans sa folle ivresse
    Il rptait: Perdre ainsi c'est gagner._

      PARNY.

    Ah! comme je jouis, mon Dieu! comme je... jouis!... a me va dans
    la plante des cheveux.

      H. MONNIER.

    _Il est une heure dans l'anne
    O tout ce qui vit veut jouir,
    O la vierge et la gramine
    Ressentent le mme dsir._

      A. D.

    _Je possde l'art du casse-noisette
    Qui ferait jouir un noeud de granit._

      (_Parnasse satyrique._)

    _Mais, pour faire jouir, j'ai d'ailleurs un moyen
    Qui jusques  ce jour m'a russi trs bien._

      L. PROTAT.

    Tellement que s'ils voient passer quelqu'une dont ils aient dj
    joui, ils ne disent pas simplement: J'ai bais une telle, mais
    bien: J'ai foutu une telle, je l'ai chevauche.

      MILILOT.

    Pas sans moi! pas sans moi!... Ensemble!... joui... jouissons...
    ensemble... bien ensemble!...

      H. MONNIER.

JOUISSANCE. L'acte vnrien, et ce qu'on y prouve, qui n'a pas son
analogue dans les autres plaisirs humains.

          _Et regardant la jouissance
    Comme un pas dangereux qu'il nous faut viter._

      GRCOURT.

    _Soudain par leur vive jeunesse
    Vers la jouissance emports,
    Tous deux des molles volupts
    Boivent la coupe enchanteresse._

      PARNY.

    _... Il faut de tous ces dons savoir bien se servir,
    Savoir les employer  donner du plaisir
    A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance._

      L. PROTAT.

JOUISSEUSE. Femme qui aime l'homme et qui, au lit, y va bon jeu, bon
argent, donnant autant de coups de cul qu'elle reoit de coups de
queue.

    Ce n'est pas une bgueule, c'est une vraie jouisseuse.

      LEMERCIER.

JOUJOU. Celui de l'homme est son vit.

    _Vive ce beau joujou
            Bijou
        Que la tendresse
              Dresse..._

Celui de la femme est son con.

    _Ah! permets que je pose
        Le petit bout
    De ma langue amoureuse
    Qui serait bien heureuse
        Dans ton joujou._

      MARC-CONSTANTIN.

    Quand je n'aurais pas su d'avance que mon orifice tait fait pour
    tre pntr, la nature et notre position m'auraient  l'instant
    rvl que nos deux joujoux taient faits l'un pour l'autre.

      (_Mon noviciat._)

JOYAU. Signifie:

1 Le membre viril.

    Vous ne vous enfuyez de ce joyau qu'on vous fait voir, que parce
    qu'aussi bien il est trop loin de vous.

      CH. SOREL.

    Je jouissais d'autant plus dlicieusement, que j'avais longtemps
    langui aprs la possession du joyau qui tait tout entier dans
    mon tui.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

2 La nature de la femme.

    Ce tablier couvre leur joyau, dont les Hottentots sont idoltres.

      VOLTAIRE.

    _Voyez fille qui dans un songe
    Se fait un mari d'un amant;
    En dormant, la main qu'elle allonge
    Cherche du doigt le sacrement;
    Mais faute de mieux, la pauvrette
    Glisse le sien dans le joyau._

      BRANGER.

3 La virginit.

    _Pour demander  ce peuple mchant
    Le beau joyau, que vous estimez tant._

      VOLTAIRE.

    Madame Brown me gardait toujours jusqu' l'arrive d'un seigneur
    avec qui elle devait trafiquer de ce joyau frivole qu'on prise
    tant et que j'aurais donn pour rien au premier crocheteur qui
    aurait voulu m'en dbarrasser.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

JUS DE COUILLON. Le sperme, le _nec plus ultra_ des jus.

    _Vous qui, du haut de ce balcon,
        Riez de ma misre,
    S'il pleuvait du jus de couillon,
    On vous verrait sous la gouttire._

      PIRON.

Lorsque Molire fait dire  Elmire:

    _Aucun jus, en ce jour, ne saurait me charmer..._

il a la mme ide que Piron, seulement: il l'exprime d'une faon plus
honnte.




L


LABOUREUR (Le). Le membre viril, qui est charg de dfricher les vagins
vierges avec le soc de sa petite charrue, et de fconder les vagins
striles en dchargeant dedans.

    _Combien pourtant que bien faible me semble
    Pour labourer  deux terres ensemble._

      CL. MAROT.

    Quoi faisant, j'appliquerai dornavant mes dix mille cus  une
    terre que je labourerai tout seul.

      (_La France galante._)

    Les autres enflaient en longueur par le manche que l'on nomme le
    laboureur de nature.

      RABELAIS.

    Un demi-pied de la ressemblance du laboureur de nature.

      TABARIN.

LCHER. Quitter une femme dont on est l'amant, ou un homme dont on est
la matresse.

    Aprs? Milie veut te lcher.

      CH. MONSELET.

--On dit aussi, dans le mme sens: _lcher d'un cran_.

LAISSER ALLER SON CHAT AU FROMAGE. Se laisser foutre par un homme.

    _Dites-moy, et ne mentez point,
    Vous tes-vous laisse aller?_

      (_Farces et Moralits._)

    La fille a laiss aller le chat au fromage si souvent que l'on
    s'est aperu qu'il fallait rlargir sa robe.

      (_Varits hist. et littr._)

LAISSER FAIRE (Se). Consentir, quand on est femme et un peu amoureuse,
 ce qu'un homme qui bande raide vous trousse, vous carte les cuisses
et vous baise.

    _Qui ne voulant perdre son temps,
    Et craignant de mourir pucelle,
    Se le laissa faire  dix ans._

      COLL.

    Aprs, elle lui laissa tout faire.

      TALLEMANT DES RAUX.

    Chevaucher simplement une femme qui se laisse faire et que la
    honte ou la froideur empchent de passer outre dans la recherche
    du plaisir, c'est une satisfaction commune.

      MILILOT.

LANCE (La). Le membre viril, avec lequel on blesse agrablement les
femmes, qui, toutes, adorent les lanciers. Une belle arme, la lance! De
beaux hommes, les lanciers!

    Il dit qu'il tait aussi bien fourni de lance que la femme de
    cul.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

    Et m'ayant montr sa lance, qui tait droite, il me prit  force
    de corps et me coucha  la renverse sur le lit.

      MILILOT.

LANGUES (Faire une ou des). Introduire plus ou moins profondment
sa langue dans la bouche d'une femme lorsqu'on est homme, d'un homme
lorsqu'on est femme, ce qui donne un avant-got du plaisir que l'on va
goter tout  l'heure en foutant. On dit aussi: _faire langue fourre_.

    Il lui fait une langue prolonge.

      H. MONNIER.

    _Puis, lorsqu'on a dormi, l'haleine est si mauvaise,
    Que, pour faire une langue, on n'est pas  son aise._

      LOUIS PROTAT.

LANGUE EXERCE. Qui possde  fond la science du gamahuchage, soit pour
femmes soit pour hommes.

    _Dis  Sophie,  la langue exerce,
    De dmontrer sur dile Reynier
    Comment on fait l'amour au gynce
    Et sur quel rhythme il le faut pratiquer._

      J. DUFLOT.

LANLA LANDERIRETTE. Refrain de couplets qui sert  gazer les gros mots.
Il reprsente tantt le vit, tantt le con, etc., etc.

      _Auprs de sa jeune pouse,
      Un mari peu complaisant
      Dans une fureur jalouse
      S'cria: Rien n'est plus grand
    Que ton lanla landerirette
    Que ton lanla landerira._

      _A ce reproche, la femme
      De ce mari peu galant
      Rpondit: Vilain infme,
      Que n'en puis-je dire autant
    De ton lanla landerirette,
    De ton lanla landerira!_

      ANONYME.

LANTERNE. La nature de la femme, dans laquelle l'homme met sa
chandelle--sans la moucher.

    _Margot s'endormit sur un lit
    Une nuit toute dcouverte,
    Robin, sans dire mot, saillit,
    Il trouva sa lanterne ouverte._

      (_Cabinet satyrique._)

LARCINS. Petits vols amoureux, commis lestement et adroitement: ravir
des baisers  une fille, lui prendre les ttons, le cul, les cuisses,
etc., etc., sont des larcins qui sont rprhensibles,--selon l'humeur
et le temprament de la victime.

    _L'autre jour, au fond d'un jardin,
    Il vous aperut endormie:
    Il vous fit plus d'un doux larcin...
    Vous tiez donc bien assoupie?...
    Si vous dormez comme cela,
    Dites votre_ mea culpa.

      (_Vieille chanson anonyme._)

LARD. Le membre viril,--que grignottent si volontiers ces charmantes
souris qu'ont appelle les femmes. Voyez: _Couenne_, _chair_, _viande_.

    _Gentils galants de rond bonnet,
    Aimant le sexe fminin,
    Gardez si l'atelier est net
    Avant de larder le connin._

      (_Ancien Thtre franais._)

LARGUE. Femme, matresse, dans l'argot des voleurs, des voyous et des
bohmes.

    Toi non plus, tu ne m'as pas l'air d'une largue ordinaire.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    Les largues nous pompent le noeud.

      DUMOULIN-DARCY.

LASCIVET. Prdisposition  l'amour; art des courtisanes pour exciter
les dsirs des hommes.

    Si la prsence de l'empereur seul ne suffit pas pour les exciter,
    elles puisent dans leur lascivet mme un aimant mutuel.

      LA POPELINIRE.

    _Cette lascivet de formes se reflte
    Dans son ajustement bizarre et singulier._

      A. GLATIGNY.

LATRINE. Femme galante use et sale, et qui continue  baiser, parce
qu'il y a des gens qui ne sont pas difficiles.

    _Pourtant on fout cette latrine!
    Ne vaudrait-il pas mieux cent fois
    Moucher la morve de sa pine
    Dans le mouchoir de ses cinq doigts?_

      A. DE MUSSET.

LAVABO. Cuvette spcialement destine aux soins de propret, qu'exige
la frquente dpense de sperme.

    _Tu m'as mu, Scapin... Ton discours est fort beau...
    Je t'amne ma fille: achte un lavabo._

      A. GLATIGNY.

LAVER (Se). Faire les ablutions de prudence autant que de propret,
aprs le cot--qui a naturellement pollu les parties sexuelles.--C'est
la grande affaire des putains, qui dpensent en un soir plus d'eau
que les ivrognes n'en boivent dans toute leur vie. C'tait aussi la
grande affaire des Romains _post rem veneream_: ils se lavaient presque
religieusement, _quasi religiose_. Martial en tmoigne assez.--Pourquoi
les femmes honntes n'imitent-elles pas les filles publiques, et les
bourgeois les Romains?

    _Les hommes, lorsqu'ils ont foutu
    A double couillon rabattu,
    Se lavent dans une terrine._

      DUMOULIN-DARCY.

    _Pourtant il leur manque, en somme
    (Ce qui vaut bien un cu),
    De savoir sucer un homme
    Et de se laver le cul._

      DE LA FIZELIRE.

LAVETTE. Le membre viril--peu viril.

    _Mais c'machin s'change en lavette,
    Grce au pouvoir d' la vertu,
    Et j' m'en tire quitte et nette
    Avec un peu d' colle au cul._

      (_Parnasse satyrique._)

LE et quelquefois aussi LA. (Sous-entendu _vit_ ou _pine_.)

    Le voil qui se durcit vraiment... qui se roidit... Attends,
    que je me renverse tout  fait pour que nous le fassions entrer
    quelque part.

      LA POPELINIRE.

    Il dit qu'il voulait qu'on le lui coupt, s'il ne faisait son
    devoir.

      (_La France galante._)

LCHE-CUL. Petit chien havanais, king's Charles, pagneul, ou de
n'importe quelle autre race, qu'affectionnent volontiers les filles
pour en tre gamahuches.--Voir _Gimblette_.

LESBIENNE. Femme qui prfre Sapho  Phaon, le clitoris  la pine;
Parisienne qui semble ne  Lesbos, terre des nuits chaudes et
langoureuses.

    _Elle aime tous les rats,
    Et voudrait, la Lesbienne,
    Qu' sa langue de chienne
    Elles livrent leurs chats._

      J. DUFLOT.

LEVER LE CROUPION ou LE CUL. Se remuer sous l'homme, dans l'acte
copulatif.

    C'est plaisir de la voir lever le croupion  chaque coup de
    queue.

      SEIGNEURGENS.

    Elle levait toujours le cul de peur d'user les draps.

      TABARIN.

    _Blaise hausse la bouteille,
    Et Margot lve le cul._

      COLL.

    _Je n'aime point ces demoiselles
    Qui lvent par trop le devant._

      COLL.

LEVER  JEUN (Se). Se lever sans avoir fait l'acte copulatif, mme une
pauvre petite fois.

    _Souvent je me levais  jeun
        D'avec ce sacrilge;
        Et jamais le dfunt
            N'en fit qu'un:
        Le bel poux de neige!_

      COLL.

LEVER LE SIGE. Dbander aprs avoir band devant une femme qui fait
trop de faons pour se laisser baiser.

    Une trop longue dfense a souvent fait lever le sige d'une place
    qui voulait se rendre: il arrive des accidents.

      COLL.

LEVER UNE FEMME, ou seulement LEVER. Dire des galanteries  une femme,
au bal ou dans la rue, et l'emmener coucher avec soi pour en faire.

    J'irai ce soir  Bullier, si je ne lve rien...

      LYNOL.

LEVER UN HOMME. S'arranger de faon, lorsqu'on est femme,  attirer,
dans un bal ou sur le boulevard, par ses oeillades ou ses effets de
croupe, l'attention et les dsirs d'un homme qui, ainsi allum, suit,
monte, paie et baise.

    Ces filles ne vont au Casino que pour lever des hommes ou se
    faire lever par eux.

      A. FRANOIS.

    Tiens! Xavier qui vient d'tre lev par Henriette.

      MONSELET.

On dit aussi dans le mme sens: _Faire un homme_.

LIBERTIN. Homme qui prend volontiers des liberts avec les femmes,--des
liberts et le cul.

    _Chez ce libertin cagot
    Qu' j'ai tant d' mal  satisfaire._

      JULES POINCLOUD.

LIBERTINAGE. Talent particulier, science particulire pour faire jouir
les femmes quand on est homme, et les hommes quand on est femme.

    Sais-tu que tu es d'un libertinage affreux, et que je ne veux
    point, moi, suivre ton exemple?

      LA POPELINIRE.

LIBERTINE. Femme qui connat  merveille les secrets du mtier d'amour.

    _J'ai vu, jeunes Franais, ignobles libertines,
            Vos mres, belles d'impudeur,
    Aux baisers du Cosaque taler leurs poitrines
            Et s'enivrer de son odeur._

      AUG. BARBIER.

LIMACE. Membre viril--qui n'est pas viril; par exemple, celui des
vieillards, qui ne sait plus relever firement la tte au premier appel
d'une femme, et aspire honteusement  la tombe, comme le nez du pre
Aubry.

    _Bien qu'en toi sa limace ait t dgorge,
    Pour toi je bande encore..._

      LOUIS PROTAT.

LIMER. Rester longtemps sur une femme sans arriver  l'jaculation.

    L'tudiant limant encore, pour l'acquit de sa conscience, car il
    ne bande plus aussi raide.

      H. MONNIER.

      _Mais sans folle ivresse,
        Il ne fait rien
    Qu'il ne lime sans cesse._

      COLL.

LIQUEUR. Le sperme, qu'on pourrait mettre en bouteille sous le nom de
_Crme de cocus_, car c'est avec cela qu'on les fait.

    En moins de six coups de cul, je me vis arrose largement de la
    liqueur amoureuse.

      MILILOT.

    _J trente ans limitent mon ge
    Sans avoir got la liqueur
    Dont le petit archer vainqueur
    Charme des filles la tristesse._

      TABARIN.

    _L'autre jour, panchant cette liqueur divine,
    Dont nos plaisirs et nous, tirons notre origine._

      GRCOURT.

    _Le paillard darde au fond sa bnigne liqueur._

      PIRON.

LIQUEUR SMINALE. Le sperme, qui est la semence fcondante par
excellence, liqueur blanche et paisse comme bouillie, que les amants
rendent tous deux l'un dans l'autre, avec un dlice qui ne se peut
exprimer.

LIVRER (Se). Ouvrir son coeur, ses cuisses, son cul--et par consquent
le paradis-- un homme.

    Elle est rduite aujourd'hui  se livrer au petit Dupr.

      (_La France galante._)

    _Je hais cette Las qui trop facilement
    Se livre aux premiers mots d'un galant qui la presse._

      E. T. SIMON.

    Elle a donc fait le serment de ne se livrer, selon la nature,
    qu' des nobles.

      A. DE NERCIAT.

LIVRES LIBRES, OBSCNES, ORDURIERS, MALSAINS. Ouvrages o l'on parle
sans vergogne, comme dans celui-ci, des parties naturelles des deux
sexes et de leurs fonctions; de cons, de vits, de culs, de fouterie,
de gamahucherie, etc. Ils sont abomins par les personnes honntes qui
ne foutent que dans l'obscurit la plus complte et en faisant passer
leur vit par un trou de la chemise de leur dame, et qui enseignent  la
jeunesse que les enfants se trouvent naturellement sous des feuilles de
chou.

    Un livre incendiaire a rallum tous les feux que mon austrit
    commenait d'assoupir.

      (_Mon noviciat._)

LONG COMME UN JOUR SANS PINE. Phrase _ad usum prostibuli_, parce que
dans un bordel, o l'amour est la seule occupation des femmes, la
journe parat longue lorsqu'il ne vient pas de michs.

LONG NEZ, LONGUE PINE. Proverbe franais qui ment--comme tous les
proverbes. S'il ne mentait pas, il faudrait mettre l'acteur Hyacinthe
dans une niche et l'adorer.

LORETTE. Femme entretenue par Monseigneur Tout-le-Monde,
et qui habite volontiers dans les environs de l'glise de
Notre-Dame-de-Lorette,--d'o son nom, qui lui a t donn par Nestor
Roqueplan.

              _Je suis coquette,
              Je suis lorette,
    Reine du jour, reine sans feu ni lieu!
              Eh bien! j'espre
              Quitter la terre
    En mon htel... peut-tre en l'Htel-Dieu._

      G. NADAUD.

LOUP (Connatre le). De vue seulement. Avoir t baise dans une fort
quelconque, ou sur le bord d'un bois..... de lit.

          _Ignorant le masculin,
          La novice, humble nonnette,
          Dessine  l'enfant divin
          Certaine fente coquette.
    Or, la soeur Marton qui connut le loup,
    Dit: Vous vous trompez, mais du tout au tout,
          A Jsus, faut une ququette._

      AL. FLAN.

LOUPEUSE. Gourgandine chaude comme une louve, et aimant  courir aprs
les hommes.

LOUVE. Femme dbauche et hystrique.

    Par la mort Dieu, vous dites vrai; saint Antoine arde la louve.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Car  toute heure on vous trouve
    Faisant la chatte ou la louve,
    En public ou  l'cart._

      (_Cabinet satyrique._)

    En outre tu es un adultre qui as souill mon lit avec cette
    louve.

      CH. SOREL.

LUBRICIT. Ardeur amoureuse, paillardise.

    _Son oeil blanchit et s'illumine,
    Et son flanc plein de volupt
    Surpasse en ardeur Messaline
    Et l'antique lubricit._

      A. BARBIER.

    Toutes se font une joie d'enfant de se voir mettre leurs fesses
     nud, d'en montrer la blancheur et le contour, et de recevoir
    dessus de fines atteintes de verges de myrte, de la part d'une
    main flatteuse et lgre, parce que ce badinage les aiguillonne
    et qu'il sert, en effet,  irriter la lubricit.

      LA POPELINIRE.

LUCRCE (Faire la). Faire la chaste, comme l'pouse de Collatin, devant
tous les Sextus gnralement quelconques,--et finir par ouvrir ses
cuisses comme elle devant l'impertinent engin du fils de Tarquin le
Superbe.

    Le plaisir de se venger d'une femme qui avait fait la Lucrce.

      SAINT-EVREMONT.

    _Mais malgr son air virginal,
        Sachez que la bougresse
    A mon vit donna certain mal
        Qui lui fit faire l'S...
        Ah! il m'en souviendra,
                Larira,
    D'avoir aim une Lucrce._

      ANONYME.

LUPANAR. Bordel. Mot solide... bti par les Romains; on s'en sert
encore.

    _J'ai rv que j'tais au fond d'un lupanar;
    C'tait comme un immense et splendide bazar
    Dans lequel enculeurs, enculs, maquerelle,
    Maquereaux et putains se ruaient ple-mle._

      LOUIS PROTAT.

            _Je suis roublard
    Et j' pourrais crir' les mmoires
            Du lupanar._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

LUXURE. Un des sept pchs capitaux, dont le libertinage humain a fait
un pch vniel--ou plutt _vnriel_, dirait Commerson.

    Ne parlons plus des pompes et des ftes du plus grand des
    empereurs: rflchissons combien il est plus grand dans ses
    luxures.

      LA POPELINIRE.




M


MAC. Abrviation de _maquereau_.

    a me f'ra p't'tre rigoler un brin, de changer d'rle, et de mac
    devenir mich.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Aprs tout, ce n'est pas si bte
    D'avoir fait quatre cents binettes
    D'homm's de lettr's, de peintr's et de mac?_

      A. POTHEY.

MACA. Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

MACHIN ou MACHINE. La nature de la femme, le membre viril,--dans le
langage des gens pudibonds qui n'osent pas appeler les choses par leur
nom.

    Que mettras-tu dans mon con, en m'enfilant?--Mon machin.

      H. MONNIER.

    _Fiez-vous  ma cuisine,
    Clibataires blass,
    Pour remonter la machine,
    Et flatter vos gots uss._

      L. FESTEAU.

    _Secrets appas, embonpoint et peau fine,
    Fermes ttons et semblables ressorts,
    Eurent bientt fait jouer la machine._

      LA FONTAINE.

    _Mais finis donc, imbcile,
    Sacr nom de Dieu d'gredin!
    Si tu n'me laiss's pas tranquille,
    J' vas pisser sur ton machin._

      (_Parnasse satyrique._)

MACROTIN. Apprenti maquereau; voyou qui se fait la main avec les
petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule,
en attendant qu'il puisse exercer sur une plus grande chelle, avec de
plus grandes filles.

    _Oui, c'est un mtier commode
    Et qui devient  la mode:
          Mac, macrotin...
      Vive le macrotin!_

      L. DE NEUVILLE.

MADAME. Nom que les filles d'un bordel donnent  leur abbesse, pour
laquelle elles ont le respect qu'elles n'auront jamais pour la vertu.

    Ce sont nos petits bnfices,  nous, pauvres filles... Madame
    nous prend tout et ne nous laisse rien.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MADAME MANICON. Surnom que le populaire donne volontiers aux
sages-femmes,--on devine pourquoi.

MAGASIN DE BLANC. Bordel--o l'on dpose en effet des quantits
considrables de sperme.

MAIN EXPERTE (Avoir la). Savoir bien branler les hommes, chose
difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire
un apprentissage fort long et trs minutieux,--_manutieux_, dirait
Commerson.

    _J'ai les deux mains expertes,
    Entrez dans mon boudoir._

      A. MONTMONT.

MAIN LGRE (Avoir la). Se dit d'une femme verse dans l'art de la
volupt, qui branle un homme avec une telle dextrit qu'il jouit sans
savoir  quoi attribuer sa jouissance,  une bouche ou  une main.

MAISON  GROS NUMRO. C'est le _Lupanar_ des anciens et le Bordel
des modernes. Sur le premier taient peintes les armes parlantes du
dieu de Lampsaque--une pine gigantesque et ses deux agrments. Sur le
second est peint un norme numro qui engage les passants libertins  y
entrer.

    _C'est l'infecte maison o l'effroi se promne,
    L'auberge dont l'enseigne est un gros numro._

      A. GLATIGNY.

MAISON  PARTIES ou DE PASSE. Maison particulire, d'apparence honnte,
o les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michs
qu'elles ont levs en route.

MAISON DE TOLRANCE. Bordel, que non-seulement la prfecture de police
tolre, mais encore qu'elle autorise pour la satisfaction des besoins
du public clibataire--et surtout mari.

MATRE-AUTEL. Le mont de Vnus, universel objet d'adoration de la part
des fidles qui y voient resplendir leur Dieu--ou plutt leur desse.

    Elle est belle, ma Josphine! elle a un chouette matre-autel!...
    un riche tabernacle!...

      TISSERAND.

MATRESSE. Fille ou femme dont on est le matre,--quand on n'en est pas
l'esclave battu, cocu et content; pouse illgitime  laquelle on est
plus fidle qu' l'pouse lgitime, et qui se moque de vous tout autant
que celle-ci; la femelle du marlou.

    Le _matre_ de quelques-unes, c'est leur mari, esprons-le, pour
    l'honneur de la morale; le _matre_ d'un plus grand nombre, c'est
    leur caprice; le _matre_ de toutes, c'est leur luxe... Quant 
    l'amant, il n'en saurait tre question ici... D'ailleurs, quand
    une femme a un amant, elle est sa _matresse_: ce n'est donc pas
    lui qui en est le _matre_.

      H. DE PNE.

    _Pour la femme, soyez bon!
    Prouvez-lui votre tendresse!
    C'est ce bougre de Lon
    Qu'est l'amant de ma matresse._

      G. NADAUD.

    Et moi, nom d'un... quoi que j' possde?... Un pantalon, qu' le
    commissaire m'a dj fait dire qu'on voyait c' que j' portais;
    des gilets, j'en manque, j'en ai jamais vu avec toi: des bottes
    qui r'niflent, quand j' marche pas sus ses tiges... Et j'ai une
    matresse!

      H. MONNIER.

MALADIE (La). C'est celle qui n'a pas besoin de nom--quoiqu'elle en ait
un--pour tre sue de ceux qui lisent les affiches des Charles-Albert,
des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontanaroses
modernes. C'est celle que Pline appelait _morbus sonticus_, et Celse
_major morbus_!

    _Le soir, ils vont voir des gueuses
    Qu'ils baisent dessus leurs lits.
    Pour leurs femm's (les malheureuses!)
    Ils y donn'nt la maladie._

      GUICHARDET.

MLE (Le). L'homme.

    _Je prfre en amour une certaine pose:
    Le mle, sur le dos, sous la femme est plac._

      L. PROTAT.

MAMELLES. Les ttons.

    _O contours velouts, mamelles fminines!_

      CANTEL.

    Hlas! qui pourrait voir sans rougir des femmes et des jeunes
    filles entirement dcouvertes, taler sans honte, jusque dans
    la maison du Seigneur, leurs mamelles toutes nues... Dans le
    principe du moins, ces mondaines ont commenc par chancrer le
    bord et le dehors de leurs habits. Puis, cette chancrure a gagn
    jusqu' la chemise, que dis-je? jusqu' la chair toute nue. A
    la fin, elles ont tellement rong et chancr le derrire et le
    devant de leurs habits, que les paules et les ttons en sont
    demeurs tout--fait nus.

      (_Discours sur la nudit des mamelles._)

MANCHE (Le). Le vit, que la femme empoigne quand elle dsire en tre
cogne.

    Je l'empoignai par le manche et le menai au pied du lit, o je
    me couchai  la renverse, l'attirant dessus moi: je m'enconnai
    moi-mme son vit dans mon con jusques aux gardes.

      MILILOT.

    _Mais, belles, sachez qu'un beau manche
    Rchauffe aussi bien qu'un manchon._

      THOPHILE.

MANCHON DE LA FEMME. Les poils qui constituent sa motte, assez fournie
pour tenir lieu de manchon.

    _Et la tribune de Florence
    Au cant choqu montre Vnus
    Baignant avec indiffrence
    Dans son manchon ses doigts menus._

      TH. GAUTIER.

    _Je n' prt' pas mon manchon
            Mignon,
    Je n' prt' pas mon manchon._

      LAUJON.

MANGER L'ANGUILLE SANS LA SAUCE. Retirer vivement la pine d'un homme
au moment o il va dcharger, afin de n'avoir pas d'enfant de lui,--la
sauce de cette anguille tant fort agrable, mais aussi pleine
d'inconvnients.

    _Prenez donc des prcautions!
    Sans la sauce mangez l'anguille!
    Beau moyen si bien prouv:
    J'en suis pour un enfant trouv._

      BRANGER.

MANGEUR DE BLANC. Souteneur de filles, maquereau qui vit du--sperme
dpens par les autres hommes, avec de l'argent, au profit de sa
matresse, etc.

    _Mangeons du blanc! mangeons du blanc!
    a vaut mieux que manger du flan!
    Mangeons du blanc jusqu' l'aurore,
    Et que Phoebus nous trouve encore
            Mangeant du blanc!_

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    Je voulais tter du mtier de mich, mais je vois que celui de
    mangeur de blanc est encore le meilleur.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MANGER DE LA CHAIR CRUE. Faire l'acte vnrien.

    Si elles savaient ce que c'tait de manger de la chair crue la
    nuit.

      MARGUERITE DE NAVARRE.

MANGER LE FRUIT D'UNE FEMME. Gamahucher une femme, enceinte peut-tre.

    Prends garde!... Tu vas manger mon fruit.

      JEAN DU BOYS.

    Jean, rentrant chez lui,  l'improviste, trouve Pierre, son
    voisin, la tte entre les cuisses de sa femme, et bien en train
    de la gamahucher.--Fouchtra! s'crie-t-il, cha m'tonne plus, chi
    je n'ai pas d'enfants; j'en fais tous les jours, et Pierre me les
    mange!

MANIER. Peloter une femme--ou un homme.

    Mais, Monsieur, vous baisez mes fesses  tout moment; vous me
    maniez partout!

      LA POPELINIRE.

    On ne peut donc sans scandale manier un peu les breloques du
    monde?--Sacrebleu! quelles breloques! c'est bien aussi la montre,
    ma foi.

      A. DE NERCIAT. (_Les Aphrodites._)

    Ma bonne, disait Rosette, il veut toujours me faire manier sa
    sottise et prendre la mienne.

      LA POPELINIRE.

    _C'est des marlous, n'y prends pas garde;
    Viens, que j' te magne ton outil._

      H. MONNIER.

MANIRE. Se dit du faire particulier aux femmes galantes qui, souvent,
ont autant de manires que les plus illustres artistes,--premire
manire, seconde manire, etc.

    _Changer de sesque, c'est fort mal
    Quand on n'est plus dans l' carnaval;
    P't-tre aussi qu' vous changez d' manire
    Et qu'aux femmes vous voulez plaire;
    Ce s'rait deux bons gots  la fois.
    J' vous crois fait' pour en avoir trois._

      BRANGER.

MANOEUVRER DU CUL. Remuer des fesses quand on est sous l'homme, soit
pour l'aider  dcharger, soit parce que la jouissance arrache  la
femme d'involontaires et lascives torsions de croupe.

    _Fait l'troite pour lui, mme quand elle est large,
    Et manoeuvrant du cul, jouit quand il dcharge._

      L. PROTAT.

MANQUER  SES DEVOIRS. Faire son mari cocu--ce qui est le seul devoir
auquel les femmes ne manquent jamais.

    Si vous aviez un peu de vertu dans l'me, vous sentiriez aussi ce
    qu'il en cote  une femme bien ne pour manquer  ses devoirs et
    faire un pas comme celui-ci.

      LA POPELINIRE.

MANQUER DE RESPECT  UNE FEMME. La violer--de son propre consentement,
mais  fond de train, pour se faire pardonner l'irrvrence de cette
action.

    A l'encontre d'un talon rouge qui avait manqu de respect
     une intendante, mais qui n'a pu achever de lui en manquer
    entirement.

      COLL.

MANQUER DE VOIX. Chanter un air  une femme, avec la queue, et s'en
tenir l, volontairement ou involontairement. Baiser mollement.

    _Quand des voix qu'il me dut
    Vint l'clat dont il brille,
    Avec moi que de fois
    Il a manqu de voix._

      BRANGER.

MANULISER (Se). Se masturber.

    C'est le seul moyen d'tre sage au couvent, puisqu'on ne peut
    l'tre sans se clitoriser ou se manuliser.

      MERCIER DE COMPIGNE.

    _Du bon Guillot le vit se raidissait,
    Et le poignait si fort concupiscence,
    Que dans un coin se manulisait._

      PIRON.

MAQUEREAU. Dfenseur de beauts faciles qui le payent; entremetteur.

    _Le roi fit choix du conseiller Bonneau,
    Confident sr et trs bon Tourangeau.
    Il eut l'emploi, qui certes n'est pas mince,
    Et qu' la cour o tout se peint en beau,
    Nous appelons tre l'ami du prince,
    Mais qu' la ville, et surtout en province,
    Les gens grossiers ont nomm maquereau._

      VOLTAIRE. (_La Pucelle._)

MAQUERELLE. Grosse dame qui se charge de procurer de l'ouvrage aux
petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu' les aller
chercher dans leur famille.

    Le troisime privilge des chtrs, c'est qu'ils sont fort
    renomms en leur fidlit en fait de maquerellage.

      (_Varits hist. et littr._)

    _Tenant par acte misrable
    Le maquerellage honorable._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Tant qu'elle conta sa querelle
    A une vieille maquerelle._

      MATHEOLUS.

    _Et puis dites que les moustiers
    Ne servent point aux amoureux,
    Bonne maquerelle pour eux
    Est ombre de dvotion._

      CL. MAROT.

    Aussi n'pargne-t-il pas les mres qui sont maquerelles de leurs
    propres filles.

      H. ESTIENNE.

    Car l'honneur d'une femme souffre beaucoup quand elle est vue
    avec une maquerelle.

      P. DE LARIVEY.

MAQUIGNON. Un monsieur qui fait la traite des blanches,--le _mango_
antique.

MAQUILLAGE. Tricherie fminine qui consiste  dissimuler,  l'aide de
ptes, de cosmtiques et d'onguents, les ravages que le temps apporte
au visage le plus frais.

    Celle-ci, une fois entre, relve la mche de la lampe pose sur
    la chemine, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son
    maquillage.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

Et ce qui prouve que ce n'est pas l une mode nouvelle, c'est que je
trouve dans un pote du XIIIe sicle, Gaultier de Coinsy, les vers
suivants:

    _Telle se fait moult regarder
    Par s'en blanchir, par s'en farder,
    Que plus est laide et plus est blesme
    Que peschiez mortelx en caresme._

MARCHANDISE. La nature de l'homme et celle de la femme, qui, toutes
deux, mais la dernire surtout, sont un objet de commerce.

    _J'ouvre boutique, et faite plus savante,
    Vous mets si bien ma marchandise en vente,
    Subitement affinant les plus fins,
    Qu'en peu de temps fameuse je devins._

      J. DU BELLAY.

    _Je veux une Phillis entre l'haut et le bas,
    Qui ne fasse pas trop valoir sa marchandise._

      BUSSY-RABUTIN.

    Voyons, montre-moi ta marchandise, mon petit couillon chri.

      J. LE VALLOIS.

MARCHEUSE. Femme qui a t fille et qui, ne l'tant plus, est charge
de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore. Ses
fonctions sont d'appeler les passants  voix basse, de les engager 
monter dans le bordel o, d'aprs ses annonces banales, ils doivent
trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans la maison de
tolrance de premire ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses
dont l'emploi principal est de promener les filles d'amour sur les
boulevards et dans les passages.

MARGOT, MARGOTON. Nom de femme qui est devenu celui de toutes les
femmes--devenues filles.

    _Priape drogea, Vnus fit la Catin.
    Cette contagion infecta les provinces,
    Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes.
    La plus mauvaise garce eut ses adulateurs,
    Et jusqu' la Margot, tout trouva des fouteurs._

      (_L'Art priapique._)

    _Villon sut le premier dans ces sicles grossiers
    Dbrouiller l'art confus de nos vieux romanciers,
    Redonner le mouchoir aux filles de bon ton,
    Et laisser la province enfiler Margoton._

      (_L'Art priapique._)

    Nous le tenons: nous savons o demeure sa margot.

      EUGNE SUE.

    _J'ai peu d'estime pour l'argot;
    Mais au besoin, je le tolre.
    Si je rencontre une margot,
    Je la regarde sans colre._

      PHIL. DAURIAC.

MARIAGE. Collage lgitime de l'homme et de la femme, qui a le vit pour
trait d'union, plus les enfants qui peuvent rsulter dudit collage.
Selon Balzac:

    Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le
    jour, et de mauvaise odeur pendant la nuit.

MARI MALHEUREUX. Mari, peut-tre cossu,--mais  coup sr, cocu--sans
cdille.

MARLOU. Varit de maquereau, d'homme sans prjugs, qui non-seulement
consent  recevoir de l'argent des filles galantes, mais encore en
exige d'elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.

    La plus sublime de ces positions, c'est celle du marlou.

      FRDRIC SOULI.

    C'est des marlous, n'y prends pas garde.

      H. MONNIER.

MARMITE. Putain,--la femelle naturelle du maquereau,  qui elle fournit
de quoi manger, boire et rigoler avec ou sans elle.

    Tu es un crne fouteur... et... si tu y consens, ce n'est pas toi
    qui me donneras de la braise, c'est moi qui serai ta marmite.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MARMOTTE. Le con,--qui ne dort jamais.--Allusion au poil d'une motte
bien garnie.

    Un soir, ma soeur me dit: Si nous tions dans le mme lit, tu
    pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide
    dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant  sucer.

      (_Anti-Justine._)

MARQUE DE LA VAISSELLE. Le membre viril,--avec lequel nous poinonnons
 notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n'a pas besoin de
cela pour tre trouv de bon aloi et pour circuler de main en main.

MARRONS. Les testicules.

    ... Tire de sa poche une longue ficelle, lui lie les deux marrons
    que vous savez.

      (_Nouvelles de Grazzini._)

    _Dam' Putiphar, sans mdire,
    Les aimait, je crois, assez;
    Pourtant Joseph, on doit l' dire,
    N'avait qu' des marrons glacs.
          Marrons, marrons,
        Bien pleins et bien ronds,
        Tout l' monde en voudra,
        Ils brl'nt, ces gros-l!_

      ALPHONSE.

MASTURBATION. Pseudonyme honnte de Branlage.

    _Qu'enfin, tous les soldats sans reproduction,
    N'aient plus qu'un seul recours: la masturbation._

      FERNAND DESNOYERS.

MASTURBER (Se). Se livrer  l'onanisme, aux plaisirs solitaires.

    _De mes cinq doigts je fais une pucelle:
    Masturbons-nous, c'est le plaisir des dieux._

      (_Chanson anonyme moderne._)

MATOU. Le mle de la femme, cette chatte amoureuse.

    Allons, mon gros matou, grimpe-moi d'autor et d'achar!

      DE NEUVILLE.

MAUVAIS LIEU. Endroit o l'on pelote les femmes, mme o on les baise;
bordel.

    _Pour amener sa Lucrce
    A souffrir ce petit jeu,
    Le bonhomme sans finesse,
    Met la scne en mauvais lieu._

      COLL.

MEILLEURE CHOSE DU MONDE (La). La fouterie, qui est le plaisir des
dieux et des desses, des hommes et des femmes,--l'_excelsior_ de
toutes les jouissances connues.

    Comment, si c'est quelque chose de bon! C'est la meilleure chose
    du monde!

      MILILOT.

MEMBRE (Le). Sous-entendu _viril_. Le grand outil gnrateur, que nous
faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un
dieu.

    Jouis-tu, cochon? Ah! le beau membre!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _On voit, sous les feuilles de vignes
    Que leur impose la pudeur,
    S'agiter de gros membres dignes
    D'admiration--ou d'horreur._

      ANONYME.

Monseigneur le _vit_, ou madame la _pine_. Outre ces deux noms, ce
noble personnage, qui veut chaque jour tre ft, possde plus de
prnoms qu'il n'en faudrait pour refaire le calendrier... rpublicain.
Je cite les principaux:

    L'acteur, l'affaire, les agrments naturels, l'aiguille,
    l'aiguillon, l'aiguillette, l'andouille, l'arbalte, l'ardillon,
    l'aspergs, l'asticot, la baguette, le balancier, le bton
     un bout, le bton de sucre de pomme, le bton pastoral, le
    battant de cloche, la bquille du pre Barnaba, le berlingot, la
    bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le
    bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie,
    le bout de viande, le boute-feu, le boute-joie, la boutique,
    le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la
    broche, la broque, la burette, le canon  pisser, la carotte,
    le cas, le carafon d'orgeat, le cavesson, cela, ce qu'on
    porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la
    chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d'Adam, la
    cheville ouvrire, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose,
    le cierge, la cigarette, la cl, le clou, la cogne, le cognoir,
    le coin, la colonne, le compagnon fidle, la corde sensible, le
    cordon de saint Franois, le cornichon, la couenne, la courte,
    le criquet, le dard, le dardillon, le degr de longitude, le
    devant, le doigt du milieu, le doigt qui n'a pas d'ongle, dom
    ou frre Frappart, le dressoir, le drle, l'couvillon, l'engin,
    l'pe, l'tendard d'amour, le fils, le flacon d'eau-de-vie, le
    flageolet, la flche, la flte  un trou, le fourrier de nature,
    la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui,
    la guiguitte, la haire, le hanneton, l'herbe qui crot dans la
    main, l'histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi,
    Jean Chouart, le laboureur de nature, la lance, la lancette, le
    lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du
    gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau,
    le morceau, la navette, le nerf, le noeud, l'oblisque, le
    onzime doigt, l'os  moelle, l'outil, l'ouvrier de nature, le
    paf, le panais, le pnis, le pendiloche, le perroquet, la petite
    flte, le petit frre, le petit voltigeur, la pierre  casser
    les oeufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la
    pissottire, le poinon, la pointe, le poireau, la potence, le
    poupignon, Priape, la ququette, la queue, le robinet de l'me,
    Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le
    salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-prfet,
    le sucre d'orge, le trpignoir, la triquebille, la troisime
    jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

MENESSE. Femelle de l'homme en gnral--et, en particulier, de l'homme
sans prjugs qu'on appelle maquereau.

    En ai-je t'y reu, de l'argent des menesses! Oh! l l!...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MENIN. Fouteur,--garon d'honneur qui doit partager vos jeux--et vos
joies, Mesdames.--Ce mot vient de l'espagnol _menino_, jeune page.

    La petite comtesse,  ct du prlat, lui serrait de temps en
    temps la main par-dessous la nappe, pour lui faire comprendre
    combien elle le prfrait pour menin  son peu naturel ami.

      (_Le Diable au corps._)

MENSONGE COTONNEUX. Ttons d'ouate que les femmes maigres substituent
aux ttons de chair qu'elles n'ont pas.

    Il dvoilera les mensonges cotonneux de madame.

      THOPHILE GAUTIER.

MENTULE. Mot purement latin (_mentula_) signifiant le membre viril.

    En tirant sa mentule en l'air, les compissa.

      RABELAIS.

    On voyait une tourbe de filles qui semblait tirer  qui mieux
    mieux une mentule grosse et longue  proportion.

      (_Le Synode nocturne des tribades._)

    _Je n'eusse, hlas! endur tant de maux
    Comme j'ai fuit, qui or comme animaux
    Rongent le frein de ma triste mentule._

      (_Cabinet satyrique._)

MRE ABBESSE. Matresse d'un couvent de s'_offre--tous_:--Maquerelle.

        _Sortez vite et rentrez souvent,
                Le jour baisse,
            Servez votre abbesse;
        Mes filles, malgr pluie ou vent,
    En avant, pour l'honneur du couvent._

      BRANGER.

MRE D'ACTRICE. Vieille femme que louent les jeunes femmes de thtre
pour loigner d'elles les galants--qui ne sont pas assez riches.

MESSALINE (Valrie). Impratrice romaine, deuxime femme de Claude.
Clbre par son impudicit et ses tonnantes dbauches: la plus fameuse
putain de son temps. Aprs avoir souill la couche impriale, en y
recevant des amants de toutes les conditions, elle osa, du vivant de
son poux, pouser publiquement Silius, jeune homme qu'elle aimait
perdment. Claude,  cette nouvelle, la fit mettre  mort avec tous
ses complices, l'an 48 de J.-C. Juvnal, dans ses _Satires_, s'exprime
ainsi, au sujet de cette grande impure:

    _Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux,
    D'un obscur vtement sa femme enveloppe,
    Seule, avec une esclave, et dans l'ombre chappe,
    Prfre  ce palais tout plein de ses aeux,
    Des plus viles Phryns le repaire odieux.
    Pour y mieux avilir le nom qu'elle profane,
    Elle emprunte  dessein un nom de courtisane:
    Son nom est Lisisca; ces excrables murs,
    La lampe suspendue  ces dmes obscurs,
    Des plus affreux plaisirs la trace encor rcente,
    Rien ne peut rprimer l'ardeur qui la tourmente.
    Un lit dur et grossier charme plus ses regards
    Que l'oreiller de pourpre o dorment les Csars.
    Tous ceux que dans cet antre appelle la nuit sombre,
    Du regard les invite et n'en craint pas le nombre.
    Son sein nu, haletant, qu'attache un rseau d'or,
    Les dfie, en triomphe, et les dfie encor.
    C'est l que, dvoue  d'infmes caresses,
    Des muletiers de Rome puisant les tendresses,
    Noble Britannicus, sur un lit effront,
    Elle tale  leurs yeux les flancs qui t'ont port.
    L'aurore enfin parat, et sa mine adultre
    Des faveurs de la nuit rclame le salaire.
    Elle quitte  regret cet immonde parvis.
    Ses sens sont fatigus et non pas assouvis.
    Elle rentre au palais, hideuse, chevele,
    Elle rentre, et l'odeur autour d'elle exhale
    Va, sous le dais sacr du lit des empereurs,
    Rvler de la nuit les lubriques fureurs._

      MESSIRE LUC. Le cul,--par anagramme. (Voir aussi _noc_ et
        _tiv_.)

MTIER (Le). L'acte vnrien.

    _Cousin, c'est pardieu la plus belle
    Et qui entend mieux le mtier,
    Que femme qui soit au quartier._

      J. GREVIN.

    _Le mtier d'amour en effet
    Est une assez plaisante affaire;
    Ce mtier-l plus on le fait,
    Et moins on est propre  le faire._

      DACEILLY.

    _Et dans cet amoureux mtier,
    De matre il devient colier._

      PARNY.

METTRE (Le). Introduire son membre dans la nature d'une femme.

    Rveille-toi, petite gueuse; je veux te le mettre encore une fois
    au moins.

      LA POPELINIRE.

    _Notre hros se forma vite...
    Le mit-il, ou le lui mit-on?
          N'y eut pas d'affront._

      AL. POTHEY.

    _Adam voulut le mettre:
    ve le sentit mettre._

            _Viens, bande--l'aise,
            Vite, mets-le-moi._

      COLL.

METTRE AU FAIT (Se). Se dniaiser, s'habituer  l'homme en jouant des
reins avec lui.

    Tu as bien tort; si tu ne te mets pas au fait, ton mari te
    prendra pour une bte.

      LA POPELINIRE.

METTRE DANS LES FESSES (Se le faire). Se faire enfiler.

    _L' dimanche, au sortir de la messe,
    Elles dis't toutes, mais en vain:
    Nicolas, mets-moi dans la fesse
    C' qu'est dans ton pantalon d' nankin._

      DARCIER.

METTRE EN OEUVRE. Faire l'acte vnrien.

    Elle manda secrtement le fils d'un cordonnier, son voisin, et
    le fit venir en l'table des chevaux de son pre, et le mit en
    oeuvre comme les autres.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    Et  la vrit, on en met de bien pires en oeuvre.

      (T. des ACCORDS.)

    Et en disant cela, il la mit en oeuvre.

      D'OUVILLE.

METTRE EN APPTIT. Exciter l'ardeur vnrienne.

    Chevaucher trois ou quatre coups ne fait que mettre en apptit;
    il faut continuer tant qu'il y en a, pour nous donner du
    passe-temps.

      MILILOT.

    Il n'est rien qu'une femme trouve plus mauvais que quand l'homme
    la met en apptit, sans la contenter.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

METTRE LE FOUTRE  LA BOUCHE DE QUELQU'UN. L'exciter  la fouterie
par des discours libertins, par des images obscnes, ou par des
attouchements polissons.

    _Ingrat! tu m'as mis le foutre  la bouche!
    J'allais presque entrer dans le paradis!_

      (_Parnasse satyrique._)

METTRE SOUS LE LINGE (Se). Se glisser entre deux draps pour y faire
l'amour.

    Je n'ai pas t plutt arriv qu'elle m'a saut au cou avec
    ardeur, et que, s'apercevant que je bandais, et raide, elle s'est
    mise immdiatement sous le linge, o nous avons jou des reins
    avec enthousiasme.

      J. LE VALLOIS.

METTRE SUR LE DOS (Se). Se placer pour tre baise,--afin de faire avec
un homme la bte  deux dos.

    _Sur le dos nonchalamment
    Vous recevez votre amant;
    Pas le moindre mouvement,
          Autant, ma foi,
    Sentir sa femme auprs de soi._

      BRANGER.

METTRE UNE FEMME  MAL. La baiser,--ce dont elle se trouve
ordinairement trs bien.

    Il avait mis  mal toutes les femmes qu'il avait entreprises.

      RICHELET.

METTRE UNE FEMME DANS LA CIRCULATION. La forcer--aprs l'avoir frappe
 son effigie-- avoir tout le monde pour amant. Sduire une jeune
fille, lui faire un enfant, et l'abandonner, c'est la jeter dans la
circulation.

METTRE UN HOMME EN TAT. Le prparer, par un pelotage savant, 
l'accomplissement de son devoir d'homme.

    _C'est dans ce moment-l, pour le mettre en tat
    Et pouvoir arriver  quelque rsultat,
    Qu'il faut de son mtier connatre les roueries
    Et n'tre pas novice en polissonneries._

      LOUIS PROTAT.

MICH. Homme galant forc d'acheter ce que les femmes galantes donnent
pour rien  leurs amants de coeur.

    Allumer tous les soirs la chandelle de l'hymne en faveur d'un
    tas de gonzesses et d'autant de michs.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Surtout selon l'argent donn par le mich._

      LOUIS PROTAT.

MICH DE CARTON. Honnte homme qui achte de l'amour en marchandant, ce
qui le fait mpriser des amoureuses.

    Les Valaques ont prs des femmes une grande rputation de
    mauvaise foi... Aussi elles les vitent et les ont placs au
    premier rang des michs de carton.

      VERMOREL.

MICH SRIEUX. Homme qui ne regarde pas  la dpense avec la femme qui
l'a _lev_  Mabille ou sur le boulevard, et dont il devient souvent le
Monsieur.

    Fichtre! C'est un mich srieux!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MIGNON. Jeune pdraste... passif.--Apollon  belles
fesses.--L'histoire faisant mention des pages de Henri III, qui taient
non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de
doute sur l'emploi qu'ils avaient auprs de leur matre.

    Ce qu'il est le plus naturel de faire  la femme est prcisment
    ce dont elle se soucie le moins;... tantt elle veut qu'on la
    traite comme un mignon... tantt, etc.

      A. DE NERCIAT.

        _Petit fils, petit mignon,
    Mle ou femelle, je sais ton nom._

      BRANGER.

    _Et j'abandonne au vicaire de Dieu
    Ses trois cls d'or, ses fulminantes bulles,
    Son Vatican, son cardinal neveu,
    Ses beaux mignons, ses nices et ses mules._

      PARNY.

MIGNONNE. Nom que l'on donnait au XVIIe sicle,  l'poque de leur
apparition,  toutes les femmes entretenues.

    Les riches seigneurs et les financiers ne se faisaient pas
    faute d'entretenir plusieurs mignonnes  la fois dans diffrents
    quartiers de la ville, ou mme de les runir ensemble comme dans
    un srail.

      P. DUFOUR.

    _Il me faut donc chercher quelque jeune mignonne,
    Que, pour fille de chambre, en gaussant je lui donne._

      J. DE SCHLANDRE.

MIJAURE. Fille ou femme qui, devant l'homme, affiche des prtentions
par des manires affectes et ridicules qui nous font... pisser.--Oh!
la! la!

    _Ne va pas avec moi faire la mijaure._

      REGNARD.

    _Fi des coquettes manires!
    Fi des bgueules du grand ton!
    Je prfre  ces mijaures
    Ma Jeannette, ma Jeanneton._

      BRANGER.

MILIEU. Le con, par devant;--le cul, par derrire.--_Il n'y a pas de
milieu_, nom de Dieu!

    _Ce n'tait que l'enjeu, nom de Dieu!
            Pour luron de ma sorte.
    Je ftai son milieu! nom de Dieu!
    Trois fois avant que j' sorte, nom de Dieu!
    J' fous l' quatrime  la porte, nom de Dieu!...
            J' fous l' quatrime  la porte._

      F. DE CALONNE.

    _Le doux milieu demandait  sa dame,
    Pour y trouver un repos bienheureux._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Et la pauvrette s'est donne
    D'un vit par le milieu du corps._

      COLL.

MILORD. L'entreteneur--anglais ou toulousain--d'une femme galante.

    Le notaire est son milord.

      H. DE BALZAC.

    _J'allons fair' sauter les sacoches
    De ce bon mossieu, son milord._

      L. FESTEAU.

    Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul
    entreteneur appel ordinairement _Mylord Pot-au-feu_. Elle a un
    amant en titre, qui ne paye que les chiffons; un _Guerluchon_,
    c'est un amant qu'elle paye; un _Farfadet_, c'est un complaisant;
    et un _Qu'importe_ est une personne qui vient de temps en temps,
    qui est sans consquence, et paye au besoin les petites dettes
    criardes.

      (_Correspondance d'Eulalie_, I, 132.)

MINETTE. Gamahuchage de la femme par l'homme, et quelquefois de l'homme
par la femme,--au moyen de la langue, qui a l'air de laper le sperme
comme les chats lapent le lait.

    Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.

      J. LE VALLOIS.

    Le bougre lui fait minette.

      GUSTAVE NADAUD.

    _Elle a l'trange got
    Qu'on la foute en levrette.
    Elle vous fait minette
    Et puis avale tout._

      JOACHIM DUFLOT.

    Et maintenant, mon agneau... fais-moi une minette distingue,
    digne du coup que nous allons tirer ensemble.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MINON MINETTE. (Faire). Se gamahucher mutuellement, homme et femme;
faire tte-bche.

MINOTAURISER UN HOMME. Le faire cocu,--allusion aux cornes du Minotaure
de l'le de Crte.

    Quand une femme est inconsquente, le mari doit tre, selon moi,
    minotauris.

      H. DE BALZAC.

MIRLITON. Un des nombreux synonymes des mots: vit, pine et con,--trs
usit dans les chansons et les posies lgres.

    _Je ne connais sur la terre
    Que deux sduisants objets:
    Ce vin qui remplit mon verre
    Et d'un tendron jeune et frais,
        L'troit mirliton, etc._

    _Le cynique Diogne
    Blmait toujours le plaisir,
    Et lui-mme, dans Athnes,
    Il empoignait pour jouir
        Son vieux mirliton, etc._

      J. CABASSOL.

    _Vos mirlitons, Mesdames,  prsent,
    Sont grands trois fois plus qu'ils ne devraient tre._

      GRCOURT.

    _Mais o placer un Amphion
    Qui n'a qu'un petit mirliton?_

      (_Chanson anonyme moderne._)

MIROIR  PUTAINS. Beau garon, souvent trop beau pour rien faire, dont
toutes les filles raffolent et qu'elles payent l'une aprs l'autre--et
mme quelquefois ensemble.

MIROIR AUX ALOUETTES. Pice d'or que l'on fait briller dans un bal et
sur laquelle les drlesses tombent toutes rties--par le dsir.

MOINEAU. Le membre viril--que les femmes, ces charmants oiseleurs,
prennent si facilement  la glu de leur con.

    Ouvre... ouvre tes cuisses, prends mon moineau, mets-le en cage.

      LA POPELINIRE.

MOINEAU DE LESBIE (Le). Le membre viril--qui est le moineau affectionn
de toutes les femmes, except des Lesbiennes.

MOITI. pouse lgitime, avec qui l'on ne fait qu'un, grce au _noeud_
qui sert de trait d'union.

    _Pters, dis-moi, par amiti,
    Pourquoi que l'usage rclame
    Qu' Paris on nomme moiti
    Ce qu'au village on nomme femme
    --C'est que Paris est un pays
    O se prodiguent tant les dames,
    Que l, les trois quarts des maris
    N'ont que la moiti de leurs femmes._

      (_Ancien Vaudeville--des Varits._)

MONICHE (La) ou MONIQUE. La motte,--avec toutes ses circonstances et
dpendances.

    _Lorsque Vnus vint au monde,
    Elle avait la motte blonde,
    Les ttons bien relevs
    Et les poils du cul friss.
    En voyant cette moniche,
    Le grand Jupin s'cria:
    Heureux celui qui se niche
    Dans un con comm' celui-l._

      ANONYME.

    Aprs cela, c'est son tour de fter toutes ces petites moniches.

      (_Aphrodites._)

MONSIEUR (Le). L'homme bienveillant qui honore de sa protection quelque
jeune femme sans feu ni lieu, l'habille, la met dans ses meubles et
oublie rgulirement un louis ou deux sur sa chemine. C'est le mich
cristallis.

    On ne peut pas parler  mademoiselle. Et le monsieur..... n'y est
    pas?

      GAVARNI.

MONT DE VNUS. La petite minence place  l'entre du con de la femme,
qu'on appelle vulgairement la _motte_.

    _Car il faut des oublis antiques
    Et des pudeurs d'un temps chtr
    Venger dans des strophes plastiques,
    Grande Vnus, ton mont sacr!_

      TH. GAUTIER.

MONT (tre bien ou mal). Avoir un membre viril d'une belle longueur,
ou d'une exigut fcheuse.

    Elle en fut quitte pour faire lection des plus gros monts qui
    se pouvaient trouver.

      BRANTME.

    C'est que t'as l'air d'en avoir pour deux... T'es bien mont...
    mtin.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER. Avoir un mich, et aller dans une chambre quelconque du bordel
tirer un coup avec lui.

    Rester ici au lieu d'aller au salon avec toutes ces dames...;
    toujours descendre et ne jamais monter.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER LA TTE  UN HOMME. Le faire bander par des polissonneries en
paroles ou en actions.

    _Mais rien ne monte la tte,
    Non, rien n'est plus polisson
    Qu'une langue toujours prte
    A vous lcher le bouton._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER LE BOURRICHON (Se). Se monter la tte, ou plutt l'imagination
 propos d'une femme avec qui l'on dsire coucher ou d'un homme que
l'on se rve pour amant. Se dit spcialement des filles qui ont des
_toquades_ pour tel ou tel homme, coiffeur ou pote, peintre ou goujat,
qui a un grand talent ou un gros _paquet_.

    _Conserve tes vers pour une autre Muse
    Qui se montera mieux le bourrichon._

      (_Parnasse satyrique._)

MONTER LE COUP (Se). tre crdule, s'imaginer que toutes les femmes
sont vertueuses, ou que l'on peut les baiser sans les payer.

    _Si tu crois que je suis novice,
          Tu t' mont's le coup._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER LE COUP AUX HOMMES. Leur promettre mille jouissances par des
provocations de toilette, de regards, de paroles, d'attouchements--et
se contenter de les faire jouir prosaquement.

    Et cette crinoline!... En voil encore une invention qui nous
    aide  monter le coup aux hommes.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MONTER UNE FEMME. La baiser,--ce qui est une faon cavalire de
s'exprimer.--La femme est une _monture_.

    _Pute ne tient conte
    Qui sur son cul monte,
    Toz li sont igual._

      (_Anciens Fabliaux._)

    _Le vin si fort le surmonta
    Que sur ses deux filles monta._

      (_Recueil de posies franaises._)

    Disant qu'il ne voulait laisser si aisment une si belle monture,
    qu'il avait si curieusement leve, que premirement il n'et
    mont dessus, et su ce qu'elle saurait faire  l'avenir.

      BRANTME.

    _Vous serez le premier qui monterez sur elle,
    J'en jure par ma foi, c'est une demoiselle._

      THOPHILE.

    Mais a tait un pauvre monteur que ce monsieur le Dauphin.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Mais quand je fis de ma bourse ouverture,
    Je ne vis onc plus paisible monture._

      CL. MAROT.

    _Or, allons donc, et je m'assure
    Que vous trouverez la monture
    Aussi gaillarde et bien en point._

      J. GREVIN.

    Il n'y a si vieille monture, si elle a le dsir d'aller et
    veuille tre pique, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.

      BRANTME.

    _De qui les femmes aux courtisans
    Servent bien souvent de montures._

      (_Recueil de posies franaises._)

    _Notre rustre n'eut pas sur sa monture douce
                  Fait trois voyages seulement,
                  Qu'il sentit du soulagement._

      LA FONTAINE.

    _Un aumnier n'est pas si difficile;
    Il va piquant sa monture indocile,
    Sans s'informer si le jeune tendron
    Sous son empire a du plaisir ou non._

      VOLTAIRE.

    Monsieur, je vous entends bien; vous voulez monter sur moi.

      NOEL DU FAIL.

MONTRER SON DEGR DE LONGITUDE. Sortir du pantalon son membre viril--de
plus ou moins de _longitude_--et s'en servir pour mesurer la distance
qu'il y a entre les deux mridiens, le mridien femme et le mridien
homme,  la grande satisfaction de tous les deux.

    _Je vis aprs ce polisson
        En si fire attitude
    Qu'il m'enflamme en me montrant son
        Degr de longitude._

      COLL.

MONTRER SA BOUTIQUE. Exhiber ses pices sexuelles: montrer son cul  un
homme ou son membre  une femme.

    En tombant, elle a montr toute sa boutique.

      D'HAUTEL.

MORCEAU (Beau ou vilain). Belle ou vilaine fille.

    Nous allons voir si l'tat d' mich vaut l' mien, et si je s'ra
    assez chanard pour tomber sur un bon morceau...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

MORCEAU D'UN HOMME (Le). Son membre viril--dont la femme est si friande.

    _Et quelle qu'en soit la longueur,
    Aucun morceau ne lui fait peur._

      (_Chanson anonyme moderne._)

MORPION. Pou de corps, parasite de l'homme et de la femme, qui
s'attache spcialement aux parties sexuelles--d'o il est difficile
de le dloger,  moins d'employer l'onguent mercuriel ou l'essence de
citron.

    _Cent mille poux de forte taille
    Sur la motte ont livr bataille
    A nombre gal de morpions
    Portant cus et morions._

      TH. GAUTIER.

MORSURES. Marques roses que les gens qui baisent se font mutuellement
dans les spasmes de la jouissance.

    _Je suis, mon cher savant, si docte aux volupts,
    Lorsque j'touffe un homme en mes bras velouts,
    Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste._

      CH. BAUDELAIRE.

MORT-DANS-LE-DOS. Homme froid, mou, indolent, insensible et sans
nergie;--incapable de bander,--dans l'argot du peuple, qui n'aime pas
les lymphatiques.--Synonyme de _Pisse-froid_.

MORUE. Femme de mauvaise vie, qu'on pourrait appeler--si l'ichthyologie
ne s'y opposait pas formellement--la femelle du _maquereau_.

    Vous voyez, Franoise, ce panier de fraises qu'on vous fait
    trois francs; j'en offre un franc, moi, et la marchande
    m'appelle...--Oui, madame, elle vous appelle... morue!

      GAVARNI.

MOTS INCONNUS. La kyrielle de cris d'ardeur, de mots touffs, mourants
et sans suite que l'on prononce dans le paroxysme de la jouissance,
tels que:

    ... Tout  toi!...  moi!... arrte... l!... ah!... plus vite...
    va donc!... ah! je sens... je fonds... arrte... je jouis!...
    oh!...

    _Qu'elle est superbe en son dsordre,
    Quand elle tombe les seins nus,
    Qu'on la voit, bante, se tordre
    Dans un baiser de rage, et mordre
    En criant des mots inconnus._

      A. DE MUSSET.

MOTTE. Le Mont-Sacr, la petite minence osseuse qui couronne la
nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent
pubescente, c'est--dire, couverte de poils.

    Et quand il trouve la chemise, il la lve et m'appuie la main sur
    la motte, qu'il pince et frise quelque temps avec les doigts.

      MILILOT.

    _Le mcrant se reculotte
    Et regagne ses bataillons;
    L'un va pleurer sur une motte,
    Et l'autre hlas! sur des couillons._

      B. DE MAURICE.

    _Ces petits cons  grosse motte,
    Sur qui le poil encor ne glotte,
    Sont bien de plus friands boucons._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Mais toutes ces beauts, mon Aline, crois-moi,
    Cdent  la beaut de ta motte vermeille._

      THOPHILE.

MOUCHER (et Se). Bander, baiser ou se branler--afin de dcharger.

    Le vieux marchal de Villeroi ayant t envoy  Lyon, en 1717,
    pour apaiser une sdition, ce ne furent pendant son sjour que
    rjouissances et ftes continuelles. Une grande dame de Paris,
    ayant appris que les Lyonnaises s'empressaient fort d'crire au
    marchal, crivit  l'une d'elles: Mandez-moi donc  qui M. le
    marchal a jet le mouchoir. La vieille madame de Breault, qui
    habitait Lyon, et qui avait t autrefois des amies de Villeroi,
    vit cette lettre et dit  celle qui la lui montrait: Ecrivez
     votre amie qu'il y a longtemps que le marchal ne se mouche
    plus.

      P. LAROUSSE.

MOUCHER LA CHANDELLE. Retirer son membre du vagin de la femme, au
moment de l'jaculation, afin que le suif qui en coule ne le brle pas,
et surtout n'y dpose pas de la semence d'enfants.

    _Comment, disait-il,
    D'un mari, ma belle,
    Malgr la chandelle
    Tromper l'oeil subtil?
    --Mouchez, disait-elle._

      VICTOR MABILLE.

MOU DE VEAU. Gorge flasque, tombante.

    _L'autre dit que sa gorge tait un mou de veau._

      L. PROTAT.

MOUDRE. Faire l'acte vnrien.

    Et moulait au moulin de la dame toujours trs-bien, sans y faire
    couler l'eau.

      BRANTME.

    Et en jouant et passant le temps ensemble commencrent  moudre
    fort et ferme.

      P. DE LARIVEY.

MOUILLER. Faire l'acte vnrien,--au bout duquel les deux acteurs se
sentent rciproquement inonds de sperme.

    _La nature entire se pme
    Sous un baiser mystrieux,
    Et se mouille comme une femme,
    Sous le vit du plus beau des dieux._

      (_Parnasse satyrique._)

MOUILLER SES DRAPS. Avoir des pollutions nocturnes; jouir comme Ixion,
d'une nue qui a le con d'une femme ou la pine d'un homme.

    _Il n'est que toi, V***, ma toute belle,
    Qui seule, hlas! te chatouillant le sein,
    Fais chaque nuit des rves de pucelle,
    Et sans plaisir mouilles ton traversin._

      J. DUFLOT.

MOUILLER UNE FEMME. Dcharger  son profit la provision de sperme que
l'on a dans les couilles.

    Va... va... va... petit homme... Ah! cela vient... Tu me
    mouilles... Ah!...

      H. MONNIER.

MOULE  MERDE. Le cul,--d'o la merde sort en effet moule en corde 
puits.

    _D'un moule  merde il fait un moule  pine
    Et bat le beurre au milieu d'un tron._

      (_Chanson anonyme moderne._)

MOULIN  MERDE. Se dit d'une vilaine bouche,--comme de la plus mignonne
et la plus rose.

    Si vous croyez baiser une belle petite bouche, avec des dents
    bien blanches, vous baisez un moulin  merde; tous les mets les
    plus dlicats: les biscuits, les pts, les tourtes, les farcis,
    les jambons, les perdrix, les faisans, le tout n'est que pour
    faire de la merde mche.

      (_Lettre de la duchesse d'Orlans  l'Electrice de Hanovre._)

MOURIR. Arriver, par l'excs de la jouissance vnrienne,  un tat
de batitude--ou plutt d'hbtement--qui vous enlve aux choses de la
terre et vous transporte dans le monde inconnu o l'on ne pense plus,
o l'on ne parle plus, o l'on ne remue plus, o l'on nage dans une
atmosphre spermatise.

    _Vous me voyez, tendre fougre,
    Avec mon berger chaque jour
    Mourir dans les bras de l'Amour._

      (_pigrammes._)

    _Laisse Roger baiser ta gorge ronde
    Et Louis se mourir dans tes bras._

      J. DUFLOT.

MUNITIONS D'AMOUR. Le fard, les pommades, etc. pour les femmes, et,
pour les hommes, de bons vits bien bandants.

    _Il part: aprs un mois d'absence,
    Il revient avec cent amis,
    Jeunes, discrets et bien munis._

      PARNY.

MUSARDINE. Drlesse qui hante les Concerts-Musard, o le mich donne
plus qu'ailleurs.

    On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.

      ALBRIC SECOND.

MYSTRES. Se dit de toutes les choses de l'amour qui, devant tre
tenues secrtes, ne sont rvles que par les initis, aux soupirants
aprs l'initiation de ces choses.

    Avec quels transports il me remerciait de l'avoir initi dans de
    si agrables mystres.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

    _Tout va bien mieux, comme m'ont assur
    Ceux que l'on tient savants en ce mystre._

      LA FONTAINE.

            _Quand sur le dclin du mystre
    Le galant transport du plaisir qu'il ressent._

      GRCOURT.

        _Vous demeurez sans voix, sans mouvement,
    Loin de me seconder dans l'amoureux mystre._

      PIRON.




N


NANAN. L'acte vnrien et la jouissance qui en est le rsultat,--la
plus exquise des friandises, la plus savoureuse de toutes les
jouissances.

    _Mais avec ceux que la victoire
    A trahis, fais-le gratuit'ment;
    Rendr' service aux fils de la gloire,
          C'est du nanan._

      E. DEBRAUX.

NATURE DE LA FEMME (La). Messire le Con, qui, comme son seigneur et
matre le vit, ne manque pas de prnoms. Ainsi:

    L'abricot fendu, l'affaire, l'angora, l'anneau d'Hans Carvel,
    l'atelier, l'autel de Vnus, l'avec, la bague, le baquet, le bas,
    les basses marches, le bassin, le bnitier, le bijou, le bissac,
    la blouse, le bonnet  poil, le bonnet de grenadier, la bouche
    d'en bas, la bourse  vit, la boutique, le brasier, la brche,
    le cabinet, le cadran, la cage, le calendrier, le calibistri,
    le calibre, le cas, la cave, la caverne, a, le Cleste-Empire,
    le centre, le champ, le chandelier, le chapeau, le chat, le
    chaudron, le chemin du paradis, la chemine, le chose, la cit
    d'amour, le clapier, le coeur, la coiffe, le combien, le concon,
    le connin, la connasse, le conneau, le cornichon, le conil,
    la coquille, le corridor d'amour, la crevasse, le ddale, le
    devant, la divine ouverture, l'coutille, l'crevisse, l'empire
    du Milieu, l'entonnoir, l'entremise, l'entre-deux, l'entre-sol,
    l'teignoir, l'ternelle cicatrice, l'toffe  faire la pauvret,
    l'tui, la fendasse, la fente, la figue, le formulaire, le fruit
    d'amour, le golfe, la gurite, le harnois, le hrisson, l'hiatus
    divin, l'histoire, le jardin d'amour, la lampe amoureuse, la
    lampe merveilleuse, la lanterne, la latrine (un vieux con), le
    machin, le maljoint, la marchandise, messire Noc, le mirliton,
    le mortier, le moule  pine, le moulin--eau, la moniche, le
    noir, l'objet, les Pays-Bas, le petit lapin, _Quoniam bonus_,
    le rduit, le salon du plaisir, le Sngal, la serrure, le
    tabernacle, le temple de Cypris, la tirelire, le trou chri, le
    trou de service, le trou madame, le trou mignon, le trou par o
    la femme pisse, le trou velu, le vagin, etc., etc.

    La rise des femmes fut grande, quand ils virent la femme 
    Landrin lui montrer sa nature.

      P. DE LARIVEY.

    _Et je crois que votre nature
    Est si troite  l'embouchure,
    Qu'on n'y pourrait mettre deux doigts._

      THOPHILE.

    Passant les doigts entre les poils qui sont dessus la motte,
    laquelle il empoigna aussi, faisant par ce moyen entr'ouvrir la
    fente de ma nature.

      MILILOT.

    _Mais le monstre, avec joie inspectant ma nature,
    Semblait chercher comment et de quelle faon
    J'allais tre foutue; en cul, con ou tton
    Qu'il regardait dj comme tant sa pture._

      LOUIS PROTAT.

NATURE DE L'HOMME (La). La pine--qui est le pendant de la nature de la
femme.

    _Aux petits des oiseaux, Dieu
    Donne, dit-on, la pture:
    Sa bont devrait un peu
    S'tendre sur ma nature._

      ALTAROCHE.

NAVETTE. Le membre viril, que les femmes font aller et venir entre
leurs doigts, et qui sert  filer la trame de la vie humaine.

    _D'un vieux je tenais la navette,
    La sonde en main et la cuvette._

      (_Chanson._)

N'AVOIR NI CUL NI TTONS, comme la poupe de Jeanneton. Se dit d'une
femme maigre, qui n'a ni gorge ni fesses,--l'envers de la Vnus
Callipyge.

N COIFF (Etre). C'est--dire: tre n pour tre cocu, comme tant
d'autres, ou pour avoir tous les bonheurs.

    Il a une chance de cocu.

      (_Vieux dicton._)

    _De ma vive et juste colre
    Pour avoir ainsi triomph,
    Il faut, en vrit, ma chre,
    Que votre poux soit n coiff._

      T. JOURDAN.

NNETS. Ttons.--dans l'argot des enfants et des filles.

    Tiens, vois mes nnets, comme ils sont engraisss.

      H. MONNIER.

    Petite maman s'est fait des nnets avec du coton.

      GAVARNI.

N'TRE PAS DE MARBRE, ou DE PIERRE. Se dit pour s'excuser de bander
devant une belle fille--qui, au contraire, souhaiterait que l'homme ft
toujours de marbre ou de pierre.

    _Lindor n'tait pas de pierre,
    Il s'enflamma tout  coup
    Il aida la peur beaucoup!
    Quel coup! ah! quel coup! quel coup!
    Quel heureux coup de tonnerre!_

      COLL.

NERF. Le membre viril, qui est en effet tout nerf dans l'ardeur
vnrienne.

    Il me troussa incontinent et, sans parler, me renversa l sur le
    lit, me le fit l sur-le-champ et me fit tter son gros nerf, qui
    tait extrmement dur.

      MILILOT.

NEZ. Le vit;--que l'on juge d'aprs le nez: plus il est fort, mieux il
se fait sentir.

            _Ah! quel n! (bis)
    Tout l' monde en est tonn._

      GUINARD.

    _Belles, jamais ne prenez
    Ceux qui n'ont pas un grand nez._

      COLL.

Grand nez, grand vit, dit un vieux proverbe.

    _OEil tincelant,
    Doigt vif et galant,
    Nez de bon augure
    Et bonne figure._

      DAUPHIN.

NOC. Le con, par anagramme.

    _Vous nous dites, belle farouche,
    Que l'amour ne peut vous troubler.
    Si votre_ noc _savait parler,
    Il dmentirait votre bouche._

      GOMBAULD.

NOCE (Faire la). Passer son temps  baiser quand on est homme,  se
faire baiser quand on est femme.

    Faut s'dire eune chose, il en est des prtres comme des gens
    qui s' marient: l'homme n'est tranquille, dans un mnage, que
    d'autant qu'il a fait la noce; donc, un prtre qui l'a faite ne
    la fait plus.

      H. MONNIER.

NOCEUSE. Fille qui a jet son bonnet par-dessus les moulins de
Montmartre et qui l'a remplac par un bouchon de paille signifiant
clairement, mme pour les aveugles, qu'elle est  vendre--et pas du
tout  louer.

    _Ce sont l nos dignes femelles!
    O mes frres! ce sont nos soeurs,
    Et l'on nous mprise autant qu'elles:
    Aux noceuses vont les noceurs!_

      (_Parnasse satyrique._)

NOEUD (Le). La pine et les couilles qui, runies, forment un noeud
assez solide... pour nouer la femme  l'homme.

    L'homme qui a beaucoup bais de femmes et qui pour faire une fin,
    se marie, appelle cela: former d'autres liens.

    La femme, galement logique, dit: former un nouveau noeud.

    Ce mot est employ frquemment par les voyous qui disent: _mon
    noeud_! plus facilement qu'ils ne disaient: du flan!

    _La femme n'est pas au monde pour lire!
    Le noeud d'un goujat vaut celui d'un roi._

      (_Parnasse satyrique._)

NOIR (Le). La nature de la femme, o, en effet, il fait noir comme dans
un four--et aussi chaud.

    Le procureur, qui avait la braguette bande, ne laissa pas de
    donner dans le noir.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

    Bref, je veux qu'elle ait tant de beauts que le galant soit dj
    perdu d'aise et de transport avant que d'tre arriv jusqu'au
    noir.

      MILILOT.

NOMS D'OISEAUX. Petits noms que donnent ces dames  leurs messieurs,
selon le degr d'amiti, d'estime ou d'amour qu'elles ont pour eux:

    Mon _ange_, mon _chien_, mon _chat_, mon _chou_, mon _loulou_,
    ma _biche_, mon _bichon_, mon _lapin_, mon _cochon_, etc. On peut
    ajouter devant: mon grand, mon gros, mon petit, selon le physique
    de l'animal privilgi; et  la suite le mot _chri_: mon gros
    chien chri, gros bibi chri, etc.--J'en passe et... des plus
    btes.

NON-CONFORMISTE. Pdraste, ce qui est le schisme en amour.

NOUER L'AIGUILLETTE. Empcher un mari ou un amant de consommer
l'agrable sacrifice, non pas en lui jetant un sort, comme on le
croyait autrefois, mais en puisant compltement son stock de foutre,
de sorte qu'on peut le laisser courir un peu dans la ville sans crainte
d'infidlit.

    Il avait peut-tre l'aiguillette noue.

      (_Moyen de parvenir._)

    Lequel ayant eu l'aiguillette noue la premire nuit de ses
    noces.

      BRANTME.

    _Ami lecteur, vous avez quelquefois
    Ou conter qu'on nouait l'aiguillette._

      VOLTAIRE.

NOVATEURS DES PLAISIRS. Noms tirs de l'oubli, ou supposs par l'auteur
de l'_Art priapique_.

    _Ah! qu'ils faisaient l'amour platement autrefois,
    Ces chevaliers errants, ces paladins courtois!
    Filant  leurs beauts une tendresse pure,
    Ils pensaient que les foutre tait leur faire injure,
    Pinus sut le premier, dans ces sicles grossiers,
    Cocufier plusieurs de ces preux chevaliers.
    Tribadinus aprs fit fleurir l'encuissade;
    Loyola fut, dit-on, pre de l'enculade;
    Vaginus renchrit par-dessus ces ribauds
    Et cra pour jouir des moyens tout nouveaux;
    Gamahu, qui suivit, eut une autre mthode:
    Il devint, par sa langue, un ribaud  la mode
    Et longtemps, prs du sexe, eut un heureux destin.
    Mais les imitateurs de ce sale mtin,
    Accabls de mpris par un got si grotesque,
    Abjurrent bientt leur mthode tudesque.
    Ce paillard ordurier, trbuch de si haut,
    Rendit plus retenus Chancrin et Poulinot.
    Enfin Priapus vint et, le premier en France,
    Corrigeant l'art de foutre, en bannit la licence;
    D'un vit mis en sa place enseigna le pouvoir,
    Et rduisit la couille aux rgles du devoir._

      (_L'Art priapique._)

NOVICE. Le garon ou la fille qui, destins par la nature  la vie
amoureuse, n'ont pas encore prononc leurs voeux aux pieds d'une femme
l'un, dans les bras d'un homme l'autre, et, par consquent, sont un peu
neufs (_novus_, _novi_) pour les choses de la fouterie.

    _La donzelle encore novice,
    Ne sut comment prendre l'objet
    Que, par un surcrot d'artifice,
    Le drle au ventre lui mettait._

      BRANGER.

NUMROTE (tre). tre inscrite, avoir son nom et son numro sur les
registres de la prfecture.--tre fille publique.

        _Du beau quartier, plus d'un' bell' dame
        Qui pour un cach'mire ouvr' ses draps,
        pous' d'ultras, nic' de prlats,
    Tout a travaille et n' se numrot' pas._

      E. DEBRAUX.

NYMPHE. Desse qui consent  sortir de son nuage pour entrer dans le
lit d'un homme qui la paie pour cela.

    Il avait pris je ne sais quelle habitude vituperosa avec une
    nymphe de la rue des Gravilliers.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Une nymphe, jeune et gentille,
    Par un matin dmnageait._

      GRCOURT.

    Nous entrmes dans la salle o se trouvaient renfermes beaucoup
    de nymphes.

      LOUVET.

    _Chez nos nymphes gentilles,
    Aller ngocier;
    Avoir toutes les filles,
    Quand on est financier..._

      COLL.

NYMPHES (Les). Les petites lvres de la matrice.--_Nymphomanes_,
tribades. Femmes qui s'aiment et se le prouvent, entre cuisses--et
nymphes.

    Que faire de mes deux recluses, que j'ai laisses la bouche
    bante et attendant les promesses de l'amour? Les voil
    nymphomanes et tribades: elles vont se desscher et prir avant
    le temps comme une fleur qui soupire aprs la rose.

      MERCIER DE COMPIGNE.




O


OBLISQUE. Le membre viril.

    O q'tu vas?--J' monte chez Mlanie, pour mettre mon oblisque en
    pension.

On dit aussi: _L'Oblisque de l'Uxor_, c'est--dire de l'pouse, quand
son mari le dresse devant elle.

OBJET. La matresse, la femme que l'on baise--ou bien l'amant.

    _Oui, Lindor, je suis  toi
      Cher objet de ma flamme,
    Je veux vivre sous ta loi._

      LE BARBIER.

        _Ce n'est qu'au Lion d'or
    Que le plaisir charme la vie:
          Sans bruit, sans effort,
    On y brave les coups du sort;
          Sitt que l'archet
    Vient exhaler son harmonie,
          A trois sous l' cachet
    On peut fair' danser son objet._

      COGNIARD frres.

    Nous irons au bal ce soir et tu me montreras ton objet.

      A. VITU.

OBSCNE. Impudique, indcent, ordurier.

    _L'autre emmne un jeune homme imberbe, aux traits rougis,
    Puis injurie, avec une obscne posture,
    Le stupide garon qui sert en ce logis._

      A. GLATIGNY.

OBSTACLE. Employ dans un sens obscne pour dsigner la virginit.

    _Du vin que l'on buvait alors,
    La vertu tenait du miracle,
    Puisque Loth, sans beaucoup d'efforts,
    Sut triompher d'un double obstacle._

      PARNY.

OBTENIR TOUT D'UNE FEMME. Coucher avec elle,--les parties, en ce cas,
tant le tout.

    Il y a une dame de considration dans le monde qui veut faire
    chtier un jeune homme, pour l'avoir mprise aprs avoir tout
    obtenu d'elle.

      LA POPELINIRE.

OEILLADE AMRICAINE. Coup d'oeil grillard, que lance une femme 
l'homme qu'elle veut allumer, et qui promet ordinairement plus de
beurre que de pain.

    L'oeillade amricaine est grosse de promesses: elle promet l'or
    du Prou, elle promet un coeur non moins vierge que les forts
    vierges de l'Amrique, elle promet une ardeur amoureuse de
    soixante degrs Raumur.

      EDOUARD LEMOINE.

OEUVRE. L'acte vnrien.

    _Qu'autant de fois que la fillette
    Commettrait l'oeuvre de la chair._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Or, les oeuvres de mariage
    tant un bien, comme savez._

      LA FONTAINE.

    _Ces mcrants, au grand oeuvre attachs,
    N'coutaient rien, sur leurs nonnains juchs._

      VOLTAIRE.

ONANISME. La masturbation--qui tait, comme on sait, le vice d'Onan.

            _Judas, dit l'criture Sainte,
            De sa postrit jaloux,
            A Thamar, qu'il veut voir enceinte,
            Donne ses trois fils pour poux.
            Her s'puise, Sela s'chine;
            Homme impuissant et sans piti,
            Onan, auprs de sa moiti,
            Chaque nuit se branle la pine.
    Il est certains ribauds dont les pines glaces
    Par un coup de poignet veulent tre excites,
    On voit devant un con leur verge se baisser,
    Et sous leur propre main aussitt se dresser._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    _Pour vous justifier, n'offrez pas  mes yeux
    De l'impudique Onan l'exemple vicieux..._

      (_L'Art priapique._)

ORAISON JACULATOIRE (Faire l'). Darder son aiguillon et lancer son
sperme dans le con d'une femme, pendant qu'elle fait sa prire--sur le
dos.

    _Maman, vois-les donc tous deux.
    Avec quelle ardeur ils prient!
    Regarde comme ils s'crient:
    Mon amour!.. je vois... les cieux!
    --Ils font, la chose est notoire,
    Comme un acte mritoire,
    L'oraison jaculatoire
    Qu'en mon temps j'ai faite aussi._

      LGER.

ORDINAIRE BOURGEOIS (L'). Le nombre de coups, ordinairement trs
restreint, qu'un bourgeois tire avec sa femme,--la rgularit de la vie
empche les extravagances du vit.

    _Il ne cessa de dire:
    L'ordinaire bourgeois
          Est de trois:
    Jugez quel pauvre sire!_

      COLL.

ORDINAIRES. Les menstrues des femmes, qui devraient venir ordinairement
tous les mois.

    _Le con, en entendant cela,
        Se mit tant en colre
    Que cela vous lui supprima
        D'abord ses ordinaires._

      (_Parnasse satyrique._)

ORDURES. Obscnits dites ou faites comme se plaisent  en dire ou en
faire les honntes gens--qui sont ordinairement plus impudiques que les
libertins.

    _Les femm' n'aim' pas les ordures,
    Ni les couplets de chansons
              Polissons._

      COLL.

    _Il fait nuit. Mots confus, romances ordurires,
    Se croisent sous le toit du logis tnbreux._

      A. GLATIGNY.

TER LE PETIT CHAPEAU. Dcalotter un homme en le
branlant.--L'expression est moderne et image. Je ne saurais rsister
 la dmangeaison que j'ai de citer l'anecdote qui y a trait. Un
vieux monsieur croit apprendre  une ingnue la manoeuvre de la
masturbation.--Ote le petit chapeau, lui dit-il; remets le petit
chapeau; te le petit chapeau; remets, etc. Aprs le Capitole et la
roche Tarpienne, l'ingnue s'crie: Il fallait donc me dire tout de
suite de vous branler!

OURCINE (L'). Hpital spcial pour les cloppes et les blesses de
Cythre. C'est le _Midi_ des femmes.

OURSER. Faire l'acte vnrien. Ce n'est pas du dernier galant, mais
c'est frquemment employ--par les goujats.

    _A la Courtille, o le beau sexe abonde,
    J'tais all dans l'intention d'ourser._

      DUMOULIN.

    _Monter chez une fille en lui disant: Oursons!
    Est une expression commune, saugrenue,
    Propre aux palefreniers..._

      L. PROTAT.

OURSON. La toison qui protge la nature de la femme, et qui est souvent
hrisse comme un petit ours blanc ou noir.

    _Thomas est un monsieur sans gne:
    Malgr mon r'fus, il va son train;
    Dans mon ourson couleur d'bne,
    Sans faon il glisse la main._

      LAUJON.

OUTIL. Le membre viril--avec lequel on travaille les femmes.

    _Le jeune homme puceau l'appelle son affaire,
    L'ouvrier son outil..._

      L. PROTAT.

    _Les dieux aprs nous avoir fait
    Les outils de la fouterie,
    Seraient dignes de moquerie,
    S'ils nous en dfendaient l'effet._

      MOTIN.

    _C'est fait, hlas! du pauvre outil.
    Mon Dieu, il tait si gentil,
    Et si gentiment encrest!_

      (_Ancien Thtre franais._)

    _Lise couche au retour de l'glise,
    Disait  Jean: Mon dieu, le bel outil!_

      GRCOURT.

    _Un jour Robin vint Margot empoigner,
    En lui montrant l'outil de son ouvrage._

      CL. MAROT.

OUVERTURE DIVINE (L'). La nature de la femme, dont la complte
occlusion amnerait la fin du monde.

    _Ah! divine ouverture!
    Ravissante nature!
        Qu'il est petit!..._

      MARC-CONSTANTIN.

OUVRAGE. La besogne de la fille,--le temps qu'elle consacre, moyennant
finance, aux plaisirs de l'homme.

    J'te laisse ta nuit, j' vas m' coucher, travaille...--Du froid
    qui fait? Merci! j' voudrais t'y voir, tu rirais... Pus souvent
    que j' vas en avoir,  l'heure qu'il est, d' l'ouvrage!

      H. MONNIER.

OUVRIER DE NATURE (L'). Le membre viril, qui ne boude jamais devant une
besogne amoureuse, dimanches et ftes,  minuit comme  midi.

    _Je suis pour te faire court
    Bon ouvrier scieur de planche
    Qui travaille, nuict et jour,
    D'un outil qui point ne tranche._

      (_Chansons folastres._)

    Ombrage au-dessous du nombril d'un poil large et pais, du
    milieu duquel on voit sortir un bel ouvrier de nature, fort
    band, qui  bon droit mrite d'tre appel membre.

      MILILOT.

    Quand La Fert eut cuv son vin, elle voulut le lendemain matin
    le faire retourner  l'ouvrage.

      (_La France galante._)

OUVRIR SES DRAPS. Ouvrir ses cuisses, se faire baiser.

    _Qui faites tant les resserres,
    Quand on veut ouvrir vos genoux._

      TABARIN.

    _Du beau quartier plus d'un' bell' dame
    Qui pour un cach'mire ouvr' ses draps._

      E. DEBRAUX.

OVALE. Le con, qui en effet a cette forme,--si l'on y met un peu de
bonne volont.

    Entre deux colonnes d'un albtre lisse et arrondies, est situ
    cet ovale charmant, protg par une petite minence et une jolie
    motte.

      (_Veilles du couvent._)

    _Ds qu'il passa par un certain ovale,
    A l'instant mme  sa mre on cria:
    Soyez tranquille, allez, c'est bien un mle:
            Dieu! quelle tte il a!_

      E. DEBRAUX.

    La grande Jeanne de l'chiquier d'Alenon l'appelait son ovale.

      NOEL DU FAIL.




P


PAILLARD. Libertin, homme qui aime la femme, et qui s'amuse avec
elle, non comme un bourgeois qui obit aux commandements de Dieu et
 l'habitude, mais comme un gourmet qui se plat  manger l'amour 
toutes les sauces.

    _Vente, gresle, gelle, j'ai mon pain cuit;
    Je suis paillard, la paillarde me duit._

      F. VILLON.

    Le paillard! il y prenait donc bien du plaisir!

      MILILOT.

    _Le paillard, friand de donzelles,
    S'tait fait un vaste srail._

      J. CABASSOL.

PAILLARDE. Femme qui ne voit dans les hommes, quels qu'ils soient, ni
des amants, ni des maris, mais des pines, et qui s'en sert avec une
gloutonnerie  s'en donner des indigestions.

    _Tant que le bon ton durera,
    Les honntes femmes paillardes
    S'en tiendront aux soldats aux gardes._

      COLL.

PAILLARDER. Baiser une femme, ou seulement la peloter.

    Il fut surpris paillardant derrire le grand autel.

      H. ESTIENNE.

    Elle ne faisoit tout le jour que paillarder avec lui.

      BRANTME.

PAILLARDISE. Libertinage, lubricit.

    En fait de paillardise, nous l'entendons au suprme, et les dames
    du monde ne sont que des btes auprs de nous.

      LA POPELINIRE.

PAILLASSE. Fille de la dernire catgorie,--la digne femelle du
paillasson.

    _En avant, la femm' du sergent,
    Balancez, la femm' du fourrier,
    Demi-tour, la femm' du tambour,
        Restez l, paillasse  soldat..._

      (_La Leon de danse,--chant guerrier._)

    _Eh! titi! oh! eh! l-bas,
    Tiens! est-c' que tu dmnages?
    --Pourquoi qu' tu tiens ce langage?
    --C'est qu' t'as ta paillass' sous l' bras.
    --Eh! non, mon vieux, c'est ma femme..._

      (_Chanson populaire._)

PAILLASSON. Homme trop port sur son membre; libertin  qui la qualit
importe peu, pourvu qu'il ait la quantit.

    _J' pine  l'oeil et j' m'en fais gloire,
    C'est mon got d'tr' paillasson._

      (_Chanson anonyme moderne._)

PAILLASSONNER. Courir les gueuses.

PAIN QUOTIDIEN (Le). L'acte vnrien, qu'un mari et une femme, ou
plutt un amant et une matresse accomplissent volontiers chaque jour,
matin et soir, sans y manquer,--de peur de laisser mourir leur amour
d'inanition.

    Le mari et la femme, cela est bon, vois-tu, mais il n'est pas
    encore si bon que les autres,  cause qu'il est plus ordinaire et
    que c'est leur pain quotidien.

      MILILOT.

    _La plus aimable des comtesses,
    Ne refuse pas votre bien;
    Tous les jours quatre politesses
    Seront votre pain quotidien._

      COLL.

PMER (Se). S'vanouir agrablement en jouissant, soit lorsqu'on se
branle, soit lorsqu'on est femme et qu'on sent besogner vigoureusement
le mle.

    _La nature entire se pme
    Sous le vit du plus beau des dieux._

      ANONYME.

PAPILLON DE L'AMOUR. Vulgo, morpion. Petit insecte qui, voyageant de
vit en con et de couille en cul, se cramponne  l'un ou  l'autre, dans
un but de colonisation.

    _Ma matresse, l'autre jour,
    Se grattait, fallait voir comme...
    Ainsi que se gratte un homme,
    Je me grattais  mon tour.
    Or, Suzon me dculotte,
    Je la trousse sans dtour:
    Nous tions pleins, vit et motte,
    De papillons de l'amour._

      HIP. CHATELIN.

PAQUET. Ornement naturel de la culotte de l'homme, qui monte si fort
la tte aux femmes; ornement postiche, parce qu'exagr, de la culotte
des danseurs espagnols, ncessaire pour donner de la verve  leurs
danseuses.

    T'as un beau paquet, mon chri!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Sur cet insolent paquet,
    Je lche un vigoureux pet._

      (_Parnasse satyrique._)

PARADIS DE MAHOMET (Le). Le seul auquel les vrais croyants doivent
croire, parce qu'il est pav de pucelages, au lieu d'tre pav de
bonnes intentions, comme l'autre.

PARALYSIE DE LA QUEUE. Impuissance; insensibilit du membre viril--qui
a t trop sensible.

PARLER. Faire l'acte vnrien.

    Il parla  la belle cordonnire dessous sa robe  part.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Parlez toujours, voyez combien
    Je me plais  votre entretien._

      COLL.

PARLER GRAS. Tenir des propos gaillards; appeler les choses par leur
vritable nom, et non par les ridicules priphrases dont les habille la
pudeur de mauvais aloi des bourgeois et des bgueules.

PARTIE. Le membre viril.

    _Elle l'atteint par l'norme partie
    Dont cet Anglais profana le couvent._

      VOLTAIRE.

    _Et je suis mort en la partie
    Qui fait la garce et le cocu._

      MAYNARD.

    De sorte que l'on pouvait voir sans difficult ses parties.

      CH. SOREL.

    On ne doit pas dire les parties honteuses, car on ferait tort 
    la nature, qui n'a rien fait de honteux.

      (_Moyen de parvenir._)

    Le marquis, de plus en plus tonn, et se reboutonnant pour ne
    pas laisser voir ses parties, vraiment honteuses en ce moment...

      JEAN DU BOYS.

PASCAL. Le vit. Pascal, comme Jacques, Thomas, Jacquot... ou etc.,
etc., etc.

          _.... Il ne m'importe gure
    Que Pascal soit devant, ou Pascal soit derrire._

      SCARRON. (_Don Japhet d'Armnie._)

    _Moi, je suis impartial
    Entre Florence et Cythre,
    Pourvu qu'on loge Pascal,
    Le reste n'importe gure._

      COLL.

PASSADE (Faire une). Tirer un coup en passant.

    Si tu veux passer la nuit, mon chri, ce sera vingt francs; si ce
    n'est qu'une passade, c'est dix francs: dcide-toi.

      A. FRANOIS.

    _Pour s'amuser qu'Apollon l'entreprenne:
    D'une passade elle vaut bien la peine._

      PARNY.

    _Je n'ai, camarades,
    Jamais que des passades;
    Mais je les aime mieux
    Que des amours trop vieux._

      COLL.

PASSE. Passade intresse, ct des dames. _Faire une passe._ Amener un
homme galant dans une maison qui reoit aussi les filles--galantes.

PASSER D'HOMMES (Se). Jouir sans la collaboration de l'homme, avec le
doigt ou le godemichet.--Se passer de femmes, se masturber.

    Comment peuvent-elles donc faire pour se passer d'hommes, quand
    l'envie leur en prend et les surmonte si fort que, le con tant
    tout en chaleur, il n'y a aucune allgeance, de quelque faon que
    vous le frottiez.

      MILILOT.

PASSER LA NUIT. Coucher au bordel.

    Combien qui faut t' rend', mon bibi?--Garde tout, j' passe la
    nuit.

      H. MONNIER.

PASSER PAR LES MAINS D'UN HOMME OU D'UNE FEMME. Coucher ensemble.

    Est-ce qu'ils ne font pas tous des listes vraies ou fausses des
    femmes qui leur ont pass par les mains?

      LA POPELINIRE.

    _L'Opra n'eut jamais de danseuse ou d'actrice
            Qui ne lui passt par les mains._

      SNEC.

    Toute la jeunesse de la cour lui passa par les mains.

      (_La France galante._)

PASSER SA FANTAISIE ou SON ENVIE. Faire l'acte vnrien.

    Et aprs en avoir trs bien pass ma fantaisie.

      BRANTME.

    Car le roi n'eut pas plus tt pass sa fantaisie avec la
    princesse de Monaco, qu'il pardonna  monsieur de Lauzun.

      (_La France galante._)

    Et pour votre prsidente, ce ne sera pas apparemment en restant 
    dix lieues d'elle que vous vous en passerez la fantaisie.

      DE LACLOS.

    _Car sans cesser, ou sur banc, ou sur lit,
    Elle voulut en passer son envie._

      CL. MAROT.

    _Voil; quand je suis amoureux,
    J'en passe incontinent l'envie._

      J. GREVIN.

    Si vous aimez ce garon, eh bien! ne pourriez-vous en passer
    votre envie?

      TALLEMANT DES RAUX.

PATINER. Badiner--d'une faon indcente.

    S'approchant des comdiennes, il leur prit les mains sans leur
    consentement et voulant un peu patiner.

      SCARRON.

    Car les provinciaux se dmnent fort et sont grands patineurs.

      SCARRON.

    Ah! doucement, je n'aime point les patineurs.

      MOLIRE.

    _Mais quand Bacchus vient m'attabler
    Prs de fille au gentil corsage,
    Je me plais  gesticuler:
    J'aime beaucoup le patinage._

      L. FESTEAU.

    _Parfois il lui suffit de voir, de patiner,
    De poser sur la motte une brlante lvre:
    Il satisfait ainsi son amoureuse fivre._

      L. PROTAT.

    _Les petites paysannes
    Qu'on patine au coin d'un mur,
    Ont, plus que les courtisanes,
    Fesse ferme et tton dur._

      DE LA FIZELIRE.

    Tandis qu'elle lui fait cela, elle le baise, coulant sa main sur
    son engin, qu'elle prend dans la braguette, et, quand elle l'a
    patin quelque temps, elle le fait devenir dur comme un bton.

      MILILOT.

    Quand ils ont tout mis dans la ntre, ils se dlectent encore, en
    faisant,  nous sentir la main qui leur patine par derrire les
    ballottes.

      MILILOT.

    _Parmi les catins du bon ton,
    Plus d'une, de haute ligne,
    A force d'tre patine
    Est flasque comme du coton._

      E. DEBRAUX.

PATTE D'ARAIGNE (Faire la). Passer doucement et habilement les
quatre doigts et le pouce sur le membre d'un homme, et ses tenants et
aboutissants, afin de provoquer une rection qui ne viendrait pas sans
cette prcaution.

    _J'avais beau patiner sa couille renfrogne,
    Lui faire avec cinq doigts la patte d'araigne,
    Sa pine, peu sensible  mes soins superflus,
    Demeurait flasque et molle et ne rebandait plus._

      LOUIS PROTAT.

PATTE DE CHAT (La). Bordel fameux, situ sur le boulevard Courcelles,
o presque toute la prsente gnration aura pass.

    _Ils entretienn'nt des gonzesses
    Qui log't  la Patt' de chat._

      GUICHARDET.

PAUVRET D'UN HOMME (La). Son membre, qui est une richesse pour
lui--quand il est maquereau.

    Il montra toute sa pauvret.

      (_Moyen de parvenir._)

    N'avez-vous pas honte de montrer ainsi votre pauvret?

      CERVANTES.

PAYS-BAS (Les). La nature de la femme et les parties circonvoisines.

    _Ce ne sont point ses draperies,
    Son tabac ni ses broderies
            Dont on fait cas;
    Mais chemise fine et de Frise
    Donne got pour la marchandise
            Des Pays-Bas._

      COLL.

PAYSE. Qualit que se donnent devant leurs matres les bonnes et les
cuisinires, pour avoir le loisir de causer de--et de piner avec--son
pays, qui est ordinairement un troupier franais.

        _Mais, ne t'ai-je pas dit, Chauvin,
        Que je n' puis plus boire de vin?
    Combien de fois faut-il que je te l' dise:
    Je m'ai pas assez mfi d' la payse...
        Pas assez mfi d' la payse._

      ALLARD.

PCHER. Faire l'acte copulatif,--qui est bien le plus agrable des sept
pchs capitaux.

    _Si le coeur vous en dit, et si votre me gote
              Les appas d'un si doux pch,
                  Achetez un galant._

      DE BENSERADE.

    _Combien de fois s'est commis le pch?
    Trois fois sans plus, rpond le camarade._

      GRCOURT.

        _... Ma fille et ce jeune homme
    Sont dans cet ge o, n'en dplaise  Rome,
    Il faut pcher, si l'on veut tre heureux._

      COMTE DE CHEVIGN.

PCHERESSE. Gourgandine, femme qui veut tre juste et qui, en
consquence, pche sept fois par jour, en collaboration avec les
hommes.

    Il ne veut pas affirmer, ni que ce ft une pcheresse, ni qu'elle
    ft femme de bien.

      SARRAZIN.

PELOTER LES COUILLES D'UN HOMME. Lui passer une main vive et lgre--un
souffle!--sur les testicules, afin de provoquer l'rection de son
membre et par consquent la jouissance.

    _La femme, d'une main lui pelote la couille;
    L'autre, dans mille endroits en tous sens le chatouille._

      LOUIS PROTAT.

PNIL (du latin _penicillus_, drive de _penis_). Selon Lignac, c'est
le membre viril.--Selon d'autres savants, c'est la partie antrieure
de l'os qui environne les parties naturelles, et o pousse le poil, qui
est l'indice de la pubert.--Le pnil s'appelle aussi _Mont de Vnus_.

PNILLIRE. Poil qui couvre la nature de la femme.

    _Moi, grands dieux! oublier ton joli cripsimen,
    Sa brune pnillire et ton dur abdomen,
        Ton ostium et ces fessons d'albtre!_

      (_T. du Bordel._)

    _Et puis se redressant un peu,
    Rouge comme un tison de feu,
    L'enfona dans sa pnillire._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Et sans cacher sa pnillire
    Fut des fillettes chambrire._

      (_Recueil de posies franaises._)

PERDRE SON INNOCENCE. C'est--dire son pucelage.--bien aprs sa
chastet.--Baiser ou tre baise pour la premire fois, au sortir du
collge ou du couvent o l'on a fait ses tudes pour cela.

    _Enfin, ma pauvre me aux abois
    N'opposa que faible dfense,
    Et je perdis mon innocence
        Dans l'paisseur du bois._

      A. PCATIER.

PERROQUET. Le membre viril, qui rpte toujours la mme chose--sans
parvenir  ennuyer les femmes.

    _Elle m'a prt sa cage
    Pour loger mon perroquet._

      GAUTIER-GARGUILLE.

PERSILLER. Se promener, le soir, quand on est putain libre, sur le
trottoir des rues et des boulevards o l'on est assure de rencontrer
des hommes qui bandent ou  qui l'on promet de les faire bander.

    _Pour persiller l' jour dans la ppinire,
    De vingt penauds, j' lui paye un p'tit panier._

    Elles explorent le boulevard, persillent dans les squares.

      LYNOL.

PETIT CADEAU. Les _deux sous du garon_ des filles,--avec cette
diffrence que les garons les attendent, et qu'elles les demandent
avant de commencer les exercices, car aprs, l'homme, un peu fatigu,
redemanderait plutt son argent que de redonner la moindre chose.

    Dis donc, joli garon, si tu veux que je sois bien gentille, il
    faut me faire ton petit cadeau... tu sais, le cadeau qu'on fait
    toujours aux petites dames.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Je compris qu'un petit cadeau
        N'tait qu'une vtille;
    Bref, je tombe dans le panneau,
        Puis, de fil en aiguille,
    Ell' montre tout son petit jeu:
        Qu'abat la quille  Mayeux...
            Qu'abat_ (bis) _la quille?_

      ALEX. MARIE.

PETIT CENTRE (Le). Par devant, le con;--le cul par derrire.

    _Elle est sourde ainsi comme un sourd
    A ceux qui lui parlent d'amour;
    Mais, touchez-lui son petit centre,
    Cela s'endure doucement,
    Et pour couter son amant,
    Elle a l'oreille au bas du ventre._

      (_Cabinet satyrique._)

PETIT CHIEN, GROSSE QUEUE. Faon de parler proverbiale pour dire que
les hommes de petite taille ont presque toujours un fort membre, comme
contraste  l'Hercule ancien, qui n'avait qu'une ququette.

PETIT CON, GRAND VERRE.

    _Heureux qui, mprisant les grandeurs de la terre,
    Fout dans un petit con et boit dans un grand verre,
    Vide l'un, remplit l'autre, et passe avec gat
    Du cul de la bouteille au con de la beaut._

      BOUFFLERS.

PETITE DAME. Fille ou femme souvent grande, ou tout au moins de taille
ordinaire, qui ne se trouve pas dans le cas de la fille de Jepht,
pleurant de n'avoir pu perdre sa virginit.

    Je suis la patronne de ce bazar, la mre de dix-huit petites
    dames auxquelles il te sera dfendu de toucher, par exemple.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

PETITE FLTE (La). Le membre viril, dont savent jouer les Tulou
femelles connues sous le nom de suceuses.

PETITE MAISON. Bordel particulier qu'avaient, au sicle dernier, aux
portes de Paris, les grands seigneurs et les gros financiers: personne
n'y baisait qu'eux, et ils y baisaient le plus de filles qu'ils
pouvaient.

    _Mener des femmes de nom
    A sa petite maison,
    Voil les belles manires._

      COLL.

PETITE OIE (La). Le travail--attrayant--qui prcde le cot; pelotage
des couilles de l'homme par la femme, gamahuchage de la femme par
l'homme, etc., etc. La petite oie est moins indigeste--pour la
pine--que la grande oie: il y a des gens qui s'en contentent--de peur
de vrole.

    Or, n'est-il pas certain que l'homme qui triche et ceux qui,
    comme nous, jouissent des plaisirs de la petite oie, ne font rien
    de plus que ces moines, que ces religieuses, que tout ce qui vit
    dans le clibat? Ceux-ci conservent dans leurs reins, en pure
    perte, une semence que les premiers rpandent en pure perte.

      (_Thrse philosophe._)

    Elle avait dj laiss prendre la petite oie  un homme qui la
    cajolait.

      TALLEMANT DES RAUX.

    Et il fut matre de ce que nous appelons en France la petite oie.

      (_La France galante._)

    _La petite oie, enfin ce qu'on appelle
    En bon franais les prludes d'amour._

      LA FONTAINE.

    _Je ne vis pas dessous la soie
    Jambes, cuisses et la petite oie._

      THOPHILE.

PETIT FRRE (Le). Le membre viril--pour qui toutes les femmes sont des
soeurs (en Jsus-Christ) avec lesquelles on est heureux de commettre
des incestes.

    _Chez la mari, au matin,
        Une prudente mre
    Lui doit du plus heureux destin
        Confier le mystre.
    La marie, en soupirant,
        Attend le petit frre.
                Vraiment,
        Attend le petit frre._

      DUCRAY-DUMINIL.

PETIT JEUNE HOMME. Le membre viril.

    _Quand de tes bras le monsieur se dgomme,
    Avec pudeur, avec honntet,
    Fais la toilette  son petit jeune homme:
    Il faut avoir de l'amabilit._

      L. FESTEAU.

PETIT LAPIN. La nature de la femme,  laquelle nous faisons une chasse
passionne, arms du fusil  deux ou trois coups fabriqu par le
Devismes cleste.

    _Le p'tit lapin d' ma femme!_

dit le refrain d'une chanson indcente moderne autorise par la
prfecture de police.

PETIT PIED, PETIT CON. Proverbe qui forme pendant avec cet autre: _Long
nez, longue pine._

    _Regarde au nez et tu verras combien
    Grand est celui qui aux femmes fait bien.
    Regarde au pied pour au rebours connatre
    Quel le vaisseau d'une femme doit tre._

      (_Moyen de parvenir._)

PETIT TROU (Le). La nature de la femme.

    Vilaine! tu prtends faire entrer cela dans ton petit trou? Je
    t'en dfie.

      LA POPELINIRE.

    _O petit trou, trou mignard, trou velu,
    D'un poil follet mollement crespelu,
    Qui,  ton gr, domptes les plus rebelles._

      (_Cabinet satyrique._)

PETIT VASE. Le con.

        _Bien connaissez, ami lecteur,
        Une espce de coquillage,
    Conque de mer qu'on nomme un pucelage!
        H bien, de ce vase enchanteur
        Tels sont les bords qui de la rose,
        Ou plutt du plus fin corail
        Ont la couleur..._

      PLANCHER-VALCOUR.

PETIT VOLTIGEUR (Le). Le membre viril, qui, par ses volutions habiles
et ritres, fait la joie du corps dans lequel il sert comme engag
volontaire.

    _Dieux! qu'il sera beau sous les armes,
    Quand l'Amour, ce dieu protecteur,
    Mouillera, pour doubler ses charmes,
    Le front du petit voltigeur._

      GUILLEM.

PETITS CONS. Synonymes: l'anneau, le bijou, le petit centre, le conin,
le conichon, l'hiatus divin, le petit lapin, la pissette, le trou
chri, etc., etc.

Voici le POUR:

    _Dans un petit con de jeunesse,
    Qui n'entend ruse ni finesse,
    Jamais je ne vais que le pas.
    Je n'ai  faire aucun partage,
    Je laboure tout l'hritage,
    Encor ne me suffit-il pas._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    _Ces petits cons  grosse motte
    Sur qui le poil encor ne flotte,
    Sont bien de plus friands boucons;
    Le monde s'en irait grand erre
    Si j'tais tout seul sur la terre
    Et qu'il n'y et que des grands cons._

      Le SR DE SYGOGNES.

Le CONTRE:

    _Les cons si estroits de closture
    Mettent un vit  la torture
    Et le laissent sans mouvement;
    J'aimerais mieux branler la pique
    Que de foutre en paralytique:
    Le plaisir gt au remment._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    _Foutre des cons de ces pucelles,
    Serrs comme des escarcelles,
    O le vit n'est en libert;
    J'ai dans le con de ma voisine
    Ma chambre, antichambre et cuisine,
    Logis d'hiver, logis d't._

      MOTIN.

PETITS VITS. Synonymes: l'asticot, la bibite, le fifre, la guiguitte,
la ququette, le salsifis, etc., etc.

    _Ces petits vits desquels l'enflure
    A peine garnit l'ouverture
    Des cons, voire des plus petits,
    Sont has de nous autres, filles,
    Et les estimons inhabiles
    A chatouiller nos apptits._

    _Ces petits vits  la douzaine
    Ne rendent la nature pleine
    Et ne donnent jusques au bout;
    Il semble que l'on nous farfouille
    Ou d'un ftu, ou d'une douille:
    Il faut galit partout._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    _Ils sont vagabonds par la place,
    Sans marquer ni chemin ni trace:
    Les murs n'approchent nullement,
    Le plancher sur leur chef se hausse,
    C'est une volupt sans sauce:
    Le plaisir vient du frottement._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

      Le SR DE SYGOGNES.

PICOTIN D'AVOINE. Ration de sperme que l'homme mari donne plus ou
moins frquemment  sa femme, afin qu'elle n'aille pas se plaindre 
ses voisines--et surtout se faire consoler par ses voisins.

    _Soudain que la gouge on emmanche,
    Lui rebailler le picotin,
    Si l'instrument ne se dmanche._

      G. COQUILLART.

PICE DU MILIEU. La nature de la femme,  laquelle l'homme se plat 
substituer son morceau.

    _Le dieu d'amour se pourrait peindre
    Tout aussi grand qu'un autre dieu,
    N'tait qu'il lui suffit d'atteindre
    Jusqu' la pice du milieu._

      RGNIER.

    Elle sautait dans le lit sans craindre de montrer ses pices.

      D'OUVILLE.

PIED DE CON (Un). Un con qui aurait la capacit d'engloutir un vit de
douze pouces.

    _J' crois ben qu' la seul' mdecine
    Qui pourrait m' gurir tout d' bon
    Et m'empcher d' fair' bton,
    Ce s'rait d' fair' sombrer ma pine,
    Capitain', dans un pied d' con._

      G. DE LA LANDELLE.

PIED DE VIT (Un). Un membre de douze pouces. On vous en
souhaite.--_Va-t'en voir s'ils viennent!_

    _--Alors, dit Cloris tout allgre,
    Un pied de mouton au vinaigre
    Est bon selon mon apptit.
    Mais Charlotte ces mots rehausse:
    --J'aime mieux un bon pied de vit;
    Il n'y faut point chercher de sauce._

      (_pigramme sur les apptits de quelques dames._)

    _Sans bruit, accourez  moi;
    Avec un bon pied-de-roi
    Vous serez tt secourue._

      (_Varits hist. et littr._)

PIEU (Le). Le membre viril--qu'on enfonce dans ce terrain mouvant qu'on
appelle le vagin de la femme.

    _Jamais mon pieu ne ballotte,
    Et sitt qu' je l' pouss' d'un bord,
    Crac! il se dress' comme un r'ssort._

      G. DE LA LANDELLE.

PIGEON. Jeune homme innocent, ou vieillard crdule, dont les filles se
moquent volontiers, prenant son argent et ne lui laissant pas prendre
leur cul, et le renvoyant, plum  vif, au colombier paternel ou
conjugal.

    _Prs de l je vois un pigeon
    Qui se tenait droit comme un jonc,
    Le nez au vent et l'me en peine.
    Il regardait d'un air vainqueur
    Ma nymphe qu'avait mal au coeur:
    Pour un coeur vierge, quelle aubaine!_

      ANT. WATRIPON.

    _J' lui dis: Ma fille, allons, n' fais pas d' manires.
    Et j' la conduis moi-mme au pigeonnier._

      (_Chanson nouvelle._)

    _J'ai ma colombe.
    --Moi, je tiens mon pigeon._

      (_Les Bohmiens de Paris._)

PINCER LE CUL. Aimer  prendre  belles mains les fesses d'une
femme,--o d'un homme quand on est pdraste.

    Il lui pince amoureusement le cul.

      H. MONNIER.

    _Godefroy, la nuit, aprs boire,
    Pina le cul, sournoisement,
    A Renaud encor presque imberbe._

      B. DE MAURICE.

PINE. L'outil masculin, l'engin avec lequel l'humanit pine et se
perptue. On n'ose pas prononcer le mot, mais on adore la chose, et il
n'est pas de rve de jeune fille qui ne soit agrablement troubl par
ce dieu qui n'a pas encore trouv d'athe. _Pine_ vient, soit du grec
[Grec: pn], corde, soit du latin _penis_, queue, soit du franais
_pnil_.

    L'autre la nommait sa pine.

      RABELAIS.

    En notre troupe il y avait un prtre breton qui avait la pine si
    offense.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Ton valet a mal  la pine,
    Ton anus est en dsarroi,
    Fort aisment je m'imagine
    Ce qu'il a pu faire avec toi._

      (_pigrammes._)

    Elle me dit qu'elle tait fort tonne qu' mon ge je ne fusse
    pas plus instruite que cela sur le pinage, et que si je voulais
    tre discrte, elle m'instruirait parfaitement.

      (_Anas._)

    Pour lors, un bracquemart du plus fort calibre la finit et la
    venge cinq ou six fois de l'insuffisante pinette qui vient de
    l'moustiller.

      (_Les Aphrodites._)

    Attends que je dfasse tout cela: nous verrons la pine aprs.

      LA POPELINIRE.

    _... Piner est le mot des maons._

      L. PROTAT.

    _Dieu......
    Pour les stons et les cautres
            Il fit les pois,
    Et pour les pines solitaires
            Il fit les doigts._

      (_Parnasse satyrique._)

PIQUE. Le membre viril.

    Laquelle passa et repassa par les piques de neuf amoureux.

      BRANTME.

    _Lors la lascive imprudemment applique
    Son savoir grec pour redresser ma pique._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Mais voyez ce brave cynique,
    Qu'un bougre a mis au rang des chiens,
    Se branler gravement la pique
    A la barbe des Athniens._

      PIRON.

    De vieilles bigornes qui n'pargnent ni or ni argent pour se
    faire piquer.

      MOLIRE.

    Il piquait ses pages au lieu de piquer ses chevaux.

      AGRIPPA D'AUBIGN.

    _En jouant au piquet,
    Ma Philis me disait:
    Je me sens tout en feu
    De me voir si beau jeu;
    Mais que me sert, hlas!
    Que j'carte si bien,
    Si, dans ce que je porte,
    Il n'entre jamais rien._

      (_Goguette du bon vieux temps._)

PIROUETTE SUR LE NOMBRIL (Faire une). Faire l'acte vnrien.

    _Quand j' rencontre un' gourgande,
    J' brave encor le pril,
    Et j' lui fais faire, si j' bande,
    La pirouett' sur l' nombril._

      (_Chanson d'tudiants._)

Cette expression, trs ancienne, serait plus juste, si elle donnait 
penser que la femme fait le dessus. Exemple:

    Jusqu' ce que Vnus passe sur le disque du soleil, ou que la
    sultane Moscha fasse une pirouette sur le nombril de Sa Hautesse:
    ce qui revient au mme.

      DU LAURENS. (_Compre Mathieu._)

PISSER DES OS. Accoucher, mettre au monde une pauvre petite crature
qui s'en repentira un jour.

    _Ils lui feront enfler la panse,
    Et, comme  moi, pisser des os._

      (_Cabinet satyrique._)

PISSER DROIT. Bander roide et dru.

    _Bande ta pine et dbande ta lyre:
    L'important, au lit, est de pisser droit._

      (_Parnasse satyrique._)

PISSE-FROID. Bande--l'aise.

    O diable Valre a-t-il raccroch ce pisse-froid-l?

      Comte DE CAYLUS.

PISSEUSE. La femme.

    _De la chatouillarde amourette,
    Soudain en la qute on se jette,
    Tant qu'on revienne tout tari
    Par ces pisseuses de Paris._

      JODELLE.

    _A chaqu' pisseus' qu'il rencontrait,
    Le petit bandit rptait..._

      (_Chanson anonyme moderne._)

PISTOLET. Le vit.

    _Une fille de village
    M'a prins en affection;
    Je luy donnay mon pistolet
    Qu'elle a mis comme relique
    Dans le tronc de sa boutique._

      (_Chansons folastres._)

PLAISIR (Avoir du). Jouir, en faisant l'_atto venereo_,--le seul acte
qui cause un vrai plaisir.

    _Un jeune gars s'accusait d'avoir pris
    Le grand plaisir,  qui tout autre cde._

      GRCOURT.

    Je dois au grand snchal les prmices de mes plaisirs.

      DIDEROT.

    _Mais du plaisir avant cette aventure,
    Lda connut le trait doux et fatal._

      PARNY.

    _Quelle est ma surprise aujourd'hui!
    Dans ce nain je trouve un hercule.
    Faut-il qu'il soit si ridicule
    D'avoir du plaisir avec lui?_

      (_Chanson anonyme moderne._)

    _Epoux, dans les bras de vos dames,
    Vous gotez les plaisirs des dieux._

      CHANU.

PLANTER DES CORNES. Introduire son membre dans le vagin d'une femme
marie  un autre homme,--ce qui fait pousser des cornes  celui-ci et
quelquefois un enfant  celle-l.

PLANTER UN HOMME. Baiser une femme.

    Que fais-tu donc l? demandait un passant  Diogne, qui, en sa
    qualit de cynique, n'avait pas craint de trousser une fille en
    plein Agora et tait en train de besogner avec elle.--Tu le vois,
    je plante un homme, rpondit-il.

      A. FRANOIS.

PLEURER. Dcharger.

    _Maman, j'ai plus d'une fois
    Trouv ma couche trempe:
    Mon coeur tait aux abois:
    Je fus bientt dtrompe.
    Je fis cesser mes alarmes:
    Ces pleurs qui mouillaient mon lit,
    Ces pleurs n'taient pas des larmes...
    Mon petit doigt me l'a dit._

      V. COMBES.

PLEURER SES PCHS. Avoir la chaude-pisse.

    _Las! si ce membre eut l'arrogance
    De fouiller trop les lieux sacrs,
    Qu'on lui pardonne son offense,
    Car il pleure assez ses pchez._

      RGNIER.

PLOMB. La vrole--avec laquelle on blesse, et quelquefois on tue la
personne  qui on la communique.

    _Le plus marlou peut attraper le plomb._

      DUMOULIN.

PLOMBER. Se dit de l'odeur particulire que porte avec soi la femme
qui ne se lave pas, ou qui chauffe trop son vagin seule ou en
collaboration avec les hommes.

            _Nom d'un' trombe!
            Comm' a plombe
    Dans ta vieille catacombe!_

      (_Parnasse satyrique._)

PLUMER DES PIGEONS. Ruiner des hommes assez fous pour payer l'amour
de certaines femmes plus qu'il ne vaut; ou seulement leur arracher
quelques billets de mille francs ou quelques louis.

    _Oiseaux plums qu'a disperss l'orage,
    Ils vont chercher un monde plus parfait.
    Mon picier devient un personnage,
    Arthur n'est rien, Oscar est sous-prfet._

      GUSTAVE NADAUD.

POIGNARD. Le membre viril.

    _Mais Robin, las de la servir,
    Craignant une nouvelle plainte,
    Lui dit: Hte-toi de mourir,
    Car mon poignard n'a plus de pointe._

      RGNIER.

    _Lve sa cotte, et puis lui donne
    D'un poignard  travers le corps._

      LA FONTAINE.

    _Heureuse la nymphe lgre,
    Qui trompant sa jalouse mre,
    Peut saisir un poignard si doux._

      GRCOURT.

POIL BLOND OU NOIR (Avoir le). Avoir le pnis garni de poils blonds ou
noirs.

    _Et jusques au nombril retroussant son peignoir,
    Leur montra qu'tant blonde elle avait le poil noir._

      L. PROTAT.

POINT. Employ dans un sens obscne pour dsigner:

1 L'acte vnrien.

    _Venons au point, au point qu'on n'ose dire._

      CL. MAROT.

    _Ce pitaud doit valoir pour le point souhait
            Bachelier et docteur ensemble._

      LA FONTAINE.

2 Le clitoris.

    _Le tratre alors touche d'un doigt perfide
    Le point prcis o nat la volupt;
    Ce point secret, dlicat et timide
    Dont le doux nom des Grecs est emprunt._

      PARNY.

POISON. Fille ou femme de mauvaise vie, qui empoisonne quelquefois
l'eau-de-vie, quelquefois le musc,--et souvent l'homme.

    Ce n'est pas une femme, c'est une poison.

      A. VITU.

POISSON. Maquereau, souteneur de filles.

    _Camille Fontallard, des poissons le monarque._

      DUMOULIN.

    Le perruquier jeune et actif est lui-mme un poisson. Depuis un
    sicle, on l'appelle merlan; mais quelquefois, souvent mme, il
    cumule,--et ces dames ont des merlans--maquereaux.

POITRINE (Avoir de la). Avoir des ttons accuss.

    Ces belles filles qui ont de la poitrine et rien dessous!

      A. DELVAU.

    _Elle a dix-huit ans et pas de poitrine;
    Sa robe est trs close et monte au menton;
    Rien n'en a gonfl la chaste lustrine:
    Elle est droite ainsi qu'on rve un bton._

      A. GLATIGNY.

POIVRER UN HOMME. Lui donner la vrole.

        _Toi, louve, toi, guenon, qui m'as si bien poivr,
    Que je ne crois jamais en tre dlivr._

      SAINT-AMAND.

    _Va, poivrire de Saint-Cme,
    Je me fiche de ton Jrme._

      VAD.

POLICHINELLE. Le vit,--par allusion  Karaguez, le polichinelle turc,
qui est tout en noeud. (V. ce mot.)

    _Papa, mon poux abuse
    De ce titre solennel:
    Croirais-tu qu'il me refuse
    Jusqu' son polichinel?_

      M. VANDERBUCK.

_Avoir le polichinelle dans le tiroir._ tre enceinte.

POLIR LE CHINOIS (Se). Se branler le vit. Boileau, qui n'aimait pas les
femmes nous a dit:

    Polissez-le sans cesse et le repolissez.

    _Le noir cocu que la chair aiguillonne,
    Tranquillement se polit le chinois._

      (_Chanson anonyme moderne._)

On dit aussi: _Se balancer le chinois_.

POLISSON, POLISSONNE. Libertin, libertine.

    _Tche que ta chanson soit leste et polissonne._

      L. PROTAT.

    _Aujourd'hui, Sophie est, je crois,
    Aussi polissonne que toi._

      BRANGER.

    _Le vieux, plus que le jeune, aime  polissonner._

      L. PROTAT.

    Il ne se passera gure entre nous que des polissonneries.

      LA POPELINIRE.

    _Pour tre admise ici, sais-tu bien, ma chrie,
    Qu'il faut tre trs forte en polissonnerie?_

      L. PROTAT.

    Au lieu d'aller au salon avec toutes ces dames,  qui on dit et
    fait des masses de polissonneries...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

POLITESSE (Faire une). Dcaloter son prpuce en bandant devant une
femme, et le lui introduire dans le vagin, pour lui prouver tout son
respect--et la faire jouir par la mme occasion.

    _J' m'offre  lui faire un' politesse:
    Ell' m' rpond oui modestement._

      (_Chanson anonyme moderne._)

    _Il a voulu de quelque politesse
    Payer au moins les soins de son htesse._

      VOLTAIRE.

    _Tous les jours quatre politesses
    Seront le pain quotidien._

      COLL.

POLLUER LE DARD (Se). Se masturber.

    _Notre cocher, sans vergogne et sans fard,
    Sur ses coursiers laissait frotter les rnes
    Et des deux mains se polluait le dard._

      ANONYME.

POMMES. Les ttons.

    _Il montre aux regards de l'amour
    Abricot mignon qui s'entr'ouvre,
    Et plus haut deux pommes d'amour._

      FLIX.

    _Un beau bouquet de roses et de lis
    Est au milieu de deux pommes d'albtre._

      VOLTAIRE.

    _Quand tu frippais mes jupons,
    Pouss par trent'-six rogommes,
    N' t'ai-j' pas fait trouver des pommes
    O tu n' cherchais qu' des chiffons?_

      (_Parnasse satyrique._)

POMPER LE DARD. Sucer un homme.

    _L'Espagnol amoureux se fait pomper le dard._

      L. PROTAT.

POMPER LE GLAND. Sucer l'extrmit du membre viril pour y amener le
sperme.

    _Et rien qu'en lui pompant l'extrmit du gland,
    Fait jaillir de son tronc un foutre ruisselant._

      L. PROTAT.

POMPER LE NOEUD. Sucer un homme pour le mettre en rection et le faire
jouir.

    _Les largues nous pompent le noeud.
    Mais nous, nous le pomperions mieux,
    Si, comme la race canine,
    Nous pouvions, sans gne et sans mal,
    Nous gamahucher le canal._

      DUMOULIN-DARCY.

PONT-NEUF. Fille de joie sur le ventre de laquelle tout le monde passe.

    _Il nous appela des grivoises,
    Des ponts-neufs, des fines matoises,
    De ces filles, et ctera,
    Qui pour cinq sols feraient cela._

      JACQUES MOREAU.

PONT DU COIL (Le) et _le coil du pont_. Jeu innocent qui consiste 
faire dire plusieurs fois de suite  une jeune fille cette phrase;
ce qui l'amne  dire en se trompant: _Le poil du con, le con du
poil_,--par anagramme.

        _Mon pre a fait btir maison
    Sur le pont du coil, sur le coil du pont;
        Les charpentiers du roi la font
    Sur le pont du coil, sur le coil du pont.
        Ah! le joli petit pont
    Que le pont du coil, que le coil du pont!_

Il y a aussi cet autre dicton: _Six petites pipes fines dans un sac_,
qui, rpt avec volubilit, produit: _six petites pines_, etc.

PORT DE CYTHRE. Le con, lieu charmant, appel plus potiquement
l'le de Cythre, est situ entre les cuisses de la femme. Il reoit
cordialement MM. les vits et abrite volontiers quels qu'ils soient, les
produits de leurs vaisseaux--spermatiques.

    Dix fois Trufaldin a touch au port, sans pouvoir y entrer.

      PIGAULT-LEBRUN.

PORT D'ARME (tre au). tre en rection.

PORTER  DROITE. Avoir l'habitude de placer son _paquet_  droite de
l'entre-jambes dans le pantalon--au lieu de le placer  gauche, comme
presque tout le monde. On prtend qu'il n'y a que les pdrastes qui
portent  droite.--Il y a des pdrastes et beaucoup d'honntes gens
pour lesquels cette faon de porter est plus commode.

PORTER  GAUCHE. Avoir l'habitude de placer son membre sur le ct
gauche du pantalon,--habitude normale, prtendent les tailleurs et
les femmes, les deux classes d'humains qui s'occupent le plus de la
position du paquet.

        ..... _A ce paquet aux dimensions fortes
    Qu'on voit dans ta culotte et qu' gauche tu portes._

      LOUIS PROTAT.

PORTER UNE BOTTE  UNE FEMME. Tirer un coup avec elle,--terme de
l'escrime amoureuse.

    _Mais, d' quequ' ct qu'on vous porte une botte,
    Mam'zelle, tez donc, tez vot' culotte:
        Mam'zelle, tez donc vot' culotte._

      BRANGER.

PORT SUR LA MINETTE (tre). Aimer  gamahucher les femmes,  se faire
le chien de ces chattes.

    _Ce derrire n'est pas l'idal que rva
    Mon gendre, lequel est port sur la minette._

      A. GLATIGNY.

POSER. Faire valoir habilement, aux yeux des femmes, les avantages
qu'on possde dans son pantalon, par exemple en se cambrant et en se
prsentant de profil.

POSSDER UNE FEMME. En jouir, tirer un ou plusieurs coups avec
elle--qui appartient en effet  l'homme durant tout le temps qu'il la
tient sous lui, fiche au lit par son clou spermatique.

    Je l'ai possde, j'ai pris les dernires faveurs.

      MILILOT.

POSTE. L'acte vnrien.

    Il lui dit que s'il tait couch avec elle, il entreprendrait de
    faire six postes la nuit.

      BRANTME.

    _Quoi qu'il en soit avant que d'tre au bout,
    Gaillardement six postes se sont faites._

      LA FONTAINE.

POSTRE. Le postrieur, le cul.

    _L'abbesse lui dit chastement,
        En couvrant son postre:
    Par un trou fait dans mon drap blanc,
        Mettez-moi ce clystre._

      COLL.

POSTILLON (Faire). Introduire le doigt, ordinairement l'index, dans
le derrire d'une femme ou d'un homme, pendant l'acte vnrien, pour
doubler la jouissance.

    Je te branlerai, je te sucerai, je te ferai postillon... tu
    jouiras!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _L'homme, de sa main droite, ou lui fait postillon,
    Ou la glisse en dessous et lui branle le con._

      L. PROTAT.

POSTURES. Attitudes, positions et mouvements divers du corps les plus
propres au jeu de l'amour.--Les _Postures de l'Artin_, suite de 16
sujets rotiques, dessins par Jules Romain, gravs par Marc-Antoine
Raimondi, et accompagns de Sonnets par l'Artin, sont perdues depuis
longtemps par suite de la perscution acharne qui leur a t faite.
On en retrouve cependant un souvenir dans le petit volume intitul
l'_Artin franais_. Ces postures, fruits de l'imagination extravagante
d'un artiste qui ne veut rien faire de _commun_, c'est--dire, de
naturel, sont non-seulement peu usites, mais peu agrables, quand
elles ne sont pas mme irralisables. On a essay de faire quelques
autres manuels rotiques de ce genre: l'_Art de foutre en 40 manires_,
etc.; mais dans ces petits livres, les figures ont rarement rapport au
titre, et le texte est d'une niaiserie qui passe la permission. En un
mot, ces sortes de manuels ont toujours t jusqu'ici des attrapes. Les
diverses postures gnralement pratiques sont les suivantes:

_En levrette_, ce qui s'excute tantt sur un lit, tantt la femme
appuye  un meuble,  une fentre, etc.

_Levrette paresseuse_, quand les deux amants sont couchs sur le ct,
l'homme derrire la femme. Dans cette position, la femme remuant peu,
peut fatiguer successivement un grand nombre d'hommes.

_Tire-bouchon-amricain._ La femme assise sur l'homme assis lui-mme
sur une chaise, et le regardant; pour peu qu'un homme bande bien, la
femme dcharge deux ou trois fois et se satisfait entirement.

_La Diligence de Lyon_, mme position que la prcdente, mais excute
sur un lit ou sur un divan.

_La Bte  deux dos_, l'homme et la femme couchs en vis--vis l'un de
l'autre, ce qu'on appelle encore _danser  plat_, _baiser  la papa_,
_ourser_ (les gens grossiers), la _position naturelle_ (M. Prudhomme,
les piciers et tous les maris honntes). Voir aussi la _crapaudine_,
modification agrable de cette posture.

    Il n'y a rien de si plaisant  considrer qu'un beau corps en la
    personne aime, la structure de ses membres, ses postures et ses
    dispositions lascives.

      MILILOT.

    _Car dans la mme posture,
    Ds le lendemain matin,
    J'ai surpris ma crature
    Avec un bndictin._

      COLL.

POT-AU-FEU. Les fesses d'une femme, quand elles sont d'un embonpoint
agrable,--comme celles de la Vnus Callipyge...

    _Mais tournez-vous donc un peu...
    Quel superbe pot-au-feu!
    C'est d' la fire marchandise,
          Mam'zelle Lise!_

      F. DE CALONNE.

POT DE CHAMBRE ou POT DE NUIT. La femme, parce que c'est ordinairement
la nuit que l'on vide dans son con le liquide spermatique que l'on a
fabriqu dans la journe.

    _La femme n'est pour moi, d'ailleurs, qu'un pot de chambre
    O j'aime  dcharger la liqueur de mon membre._

      LOUIS PROTAT.

POULAIN. Tumeur vnrienne qui vient dans les aines, et qu'on appelle
ainsi probablement par antiphrase--puisqu'elle vous empche de marcher.

    _Des deux cts du con tu nourris deux poulains,
    Et de pus malfaisants tous tes vaisseaux sont pleins._

      (_Un troupier au clou._)

POUPE. Femme galante avec le cul de laquelle il est permis  tout le
monde de jouer, comme Nron avec celui de Poppe.

    Je m'en fus rue Saint-Honor pour y trouver ma poupe. Je lui
    dis: Ma petite femme...

      VIDAL.

POUSSE-MOU. Varit de Bande--l'aise.

    _Retire-toi d'ici, laisse-moi, pousse-mol!
    Que le diable t'emporte et te casse le col!_

      GRANDVAL fils.

POUSSER. Introduire profondment son outil dans le ventre d'une femme
et besogner comme il faut.

    _Celui-l poussait en ami._

      RGNIER.

    Oh! va... va!... mais va donc!... Pousse, tit homme... pousse!...
    mais pousse donc!

      H. MONNIER.

    Ah! chien... chien!... que tu me fais mal!... Ah! mes fesses...
    mes pauvres fesses... Tu pousses si fort que tu me crves... ah!

      LA POPELINIRE.

POUSSER L'AVENTURE  BOUT. Aprs avoir pelot une femme, la baiser
d'autour et d'achar,  bride abattue.

    De ce moment, il est dcid que le comte peut pousser  bout
    l'aventure.

      A. DE NERCIAT.

POUSSER LE CUL POUR AVOIR LA POINTE. Proverbe en usage chez les
couturires, et qui signifierait coudre, s'il ne voulait pas dire:
Jouer des reins pour avoir au cul la pointe d'une aiguille de
viande,--soit un bon gros vit.

POUSSER SA POINTE. Baiser une femme, la piquer de son fleuret
dmouchet.

          _Vien,
          Chien,
    Foutu vaurien,
      Cess' ta plainte
    Et pouss' ta pointe._

      (_Parnasse satyrique._)

PRCEPTEUR D'AMOUR. Femme dj mre qui se charge d'initier un
jouvenceau ou une jouvencelle aux mystres de la Bonne Desse, en
baisant avec l'un et en branlant l'autre,--ce que le code pnal appelle
excitation de mineurs  la dbauche.

    Non-seulement elle a soign l'enfant de celui-ci, mais elle s'est
    faite son prcepteur d'amour.

      A. DE NERCIAT.

PRCURSEUR (Le). Le mdium, qui est le saint Jean-Baptiste de la
jouissance, dont le vit est le Christ.

    _Il emploie avant cela,
            L, l, l,
    Le prcurseur que voil!
      Ce doigt, toujours honnte,
      Qui prpare tout a,
            Va, va, va,
    Avant que l'on entre l!_

      COLL.

PRDESTIN. Synonyme de cocu.

    C'est un prdestin,--il l'est, il devait l'tre:--c'tait crit.

PRLIMINAIRES DE L'AMOUR (Les). Toutes les menues friandises qui
mettent les amants en apptit de foutre: baisers, langues, patinage
mutuel, branlage, suage, etc.,--le meilleur de l'amour, enfin, en ce
que cela dure aussi longtemps que le veulent les raffins.

    _Quand vous me promtes, un jour,
        D'abjurer vos sminaires,
    Je vous accordai de l'amour
        Tous les prliminaires.
    Vous auriez eu tout le surplus,
        Sans cette robe affreuse._

      COLL.

PRLUDES. Amusements libertins qu'on se permet en amour avant le
suprme amusement: jouer avant de jouir.

    C'est un habile musicien que son amant: il entend  merveille
    les prludes et les excute d'une manire brillante, au grand
    contentement de Sylvie.

      A. FRANOIS.

PRMICES. Le pucelage d'un garon ou d'une fille,--ce que les potes
appellent dans leur prcieux langage:

    _Les premiers fruits de la nubilit._

    Quand il a eu seize ans, elle lui a ravi ses dsirables prmices.

      (_Les Aphrodites._)

PRENDRE DES PRCAUTIONS. Se retirer prcipitamment de la femme que
l'on baise, au moment o l'on va dcharger, afin de ne pas lui faire
d'enfants.

    _Vivez donc de privations!
    Prenez donc des prcautions!_

      BRANGER.

PRENDRE DU FRUIT. Croquer la pomme, c'est--dire: se laisser baiser,
devenir enceinte pour accoucher,--peut-tre d'un melon.

    _Avec Lycas, l'autre jour,
        La jeune innocente
    A cueilli des fleurs d'amour;
        Mais trop imprudente,
    Elle tremble d'avoir pris
    Parmi les fleurs quelques fruits._

      (_Goguette du bon vieux temps._)

PRENDRE LE CUL D'UNE FEMME. Lui pincer les fesses; lui introduire le
doigt entre les fesses; et par-dessous ses vtements, soit dans le con,
soit dans le cul.

    _Femme rit quand on lui propose
    De lui prendre un instant le cul._

      (_Chanson anonyme moderne._)

PRENDRE LE DDUIT. Faire l'acte vnrien.

    Elle se jeta  son col, et le mena dans sa chambre, o il prit le
    dduit avec elle.

      D'OUVILLE.

    _M'a dit que vous veniez sitt qu'il fera nuit
    Coucher avecques elle, et prendre le dduit._

      TROTTEREL.

    Il estimait que rire et prendre le dduit avec sa femme en temps
    sec lui tait contraire.

      B. DESPERRIERS.

PRENDRE SES BATS. Faire l'acte vnrien.

    _Cette putain ne manque pas,
    Car la nuit prenant ses bats
    Avecque lui dedans sa couche._

      THOPHILE.

    _Quand, dans nos amoureux combats,
    Nous aurons pris nos bats,
    Nous dormirons au bruit des eaux._

      (_La Comdie des chansons._)

    Ayant assez de loisir pour prendre leurs bats ensemble  une
    autre heure.

      CH. SOREL.

    _C'est de cette faon que Blaise et Pronnelle
    Prirent ensemble leurs bats._

      LA FONTAINE.

    _Blaise le magister, le marguillier Lucas
            M'ont jur sur leur conscience,
    Que quand tu voulais prendre avec eux tes bats,
            Tu les payais toujours d'avance._

      F. BERTRAND.

PRENDRE SON PLAISIR. Faire l'acte vnrien.

    _Qui, pour la voir et frache et belle,
    A pris son plaisir avec elle
            Trois ans entiers._

      J. GREVIN.

    Lui, se voyant libre, ne manqua point  prendre son plaisir.

      D'OUVILLE.

    Mais pourtant, petit coeur, quand vous m'eussiez laiss prendre
    un peu mon plaisir.

      TROTTEREL.

    Elle tait dans les bras de Chastel avec qui elle avait pris son
    plaisir au son du luth.

      CH. SOREL.

PRENDRE UN HOMME AU SAUTE-DESSUS. Arrter un pdraste, quand on est
pdraste soi-mme, et de plus _chanteur_ (V. ce mot), au moment o il
se dboutonne et s'apprte  socratiser, ou  alcibiadiser, selon qu'il
est actif ou passif.

    Aprs avoir provoqu  la dbauche celui qui a eu le malheur de
    les aborder, ils changent tout  coup de ton, le prennent, comme
    ils disent, au _saute-dessus_, et se donnant pour des agents de
    l'autorit, le menacent d'une arrestation...

      A. TARDIEU.

PRTRESSE DE LESBOS. Femme aimant les personnes de son sexe.

    _Vous m'entendez, prtresses de Lesbos,
    Vous de Sapho disciples renaissantes._

      PARNY.

PRTRESSE DE VNUS. Nom que M. Prudhomme donne  la fille publique qui
l'arrange, lorsqu'il s'est drang.

    _Elle rougit: chose que ne font gure
    Celles qui sont prtresses de Vnus._

      LA FONTAINE.

PREUVE D'AMOUR. rection solide et durable du membre viril devant une
femme, qui est toujours beaucoup plus sensible  ces preuves d'amour-l
qu' celles des amoureux transis.

    Je m'en souviens encore comme si j'y tais, dit incontinent le
    bijou de Thlis: neuf preuves d'amour en quatre heures.

      DIDEROT.

    _Qu'on nous dise qu'un' veuve fait cas
    Des preuves d'amour les plus fortes,
    Et sans nombre et de toutes sortes,
      Cela ne me surprend pas._

      COLL.

    Et puis des preuves de mon amiti, si vous voulez, parce que vous
    tes bien gentil.

      LOUVET.

PRIAPE. Le dieu fait homme, qui n'a pas encore trouv d'athes et  qui
le beau sexe--les tribades exceptes--se plat  faire ses dvotions
soir et matin, et mme dans la journe et dans la nuit.

    _Un priape,  travers le feuillage d'un arbre,
    Ouvrait en souriant ses prunelles de marbre;
    Et la vierge, le sein gonfl d'un doux moi,
    S'approche, rougissante et la joue enflamme,
    Entoure de ses bras la statue, et, pme,
    S'crie: Oh! je meurs! Vnus, pardonne-moi!_

      H. CANTEL.

    Je m'levais sur mes jambes, secouant frntiquement mon glorieux
    priape.

      A. DE MUSSET (_Gamiani._)

PRIRE. L'acte vnrien.

    _Tout propre  faire la prire,
    Qu'on trouve s heures de Cythre._

      PIRON.

Voici, extraite de l'_Anti-Justine_, la prire  la Vierge Marie; c'est
la page la plus originale du volume de Rtif:

    Sainte et jolie Vierge Marie, que Panthre branlait, gamahuchait,
    enttonnait dans le lit du cornard le bon Joseph, duquel
    cocufiage provint le doux Jsus, ce bon fouteur de la putain
    publique la belle Madeleine, marquise de Bthanie, dont le
    vagabond Jsus tait en outre le souteneur, autrement dit le
    maquereau, lequel, au grand regret de la sainte garce, enculait
    encore saint Jean, son giton; sainte et jolie Marie, vierge comme
    moi, nous vous remercions de cette heureuse journe de fouterie;
    faites-nous la grce, par les mrites de votre fils, de nous
    avoir un pareil dimanche prochain. Et vous, sainte Madeleine,
    que foutait l'abb Jsus, ainsi que Jean l'encul, obtenez-moi
    la grce de foutre autant que vous, soit en con, soit en cul,
    quinze ou vingt fois par jour sans tre puise. Vous foutiez
    avec des pharisiens, avec Hrode et mme Ponce-Pilate, pour
    avoir de quoi nourrir le gourgandin Jsus, votre greluchon, et
    les vagabonds qui lui servaient de chouans; obtenez-moi de votre
    maquereau Jsus, qui, tant Dieu, a sans doute quelque pouvoir,
    d'avoir sous peu ce riche entreteneur qui est un jour descendu
    de carrosse, bandant  mon intention, comme je revenais de chez
    mon amie madame Congrl,  cette fin qu'au moyen de l'argent
    que je gagnerai avec mon con, mon cul, mes ttons et ma langue
    darde, je puisse soulager mon digne pre dans sa vieillesse,
    non-seulement en foutant avec lui pour lui donner du plaisir,
    mais en me laissant vendre comme la pieuse fille d'Eresichton le
    fanatique, ou la pieuse Ocyro, fille du centaure Chyron, qui,
    toutes deux, devinrent cavales, c'est--dire montures d'hommes
    et putains. Modle d'homme et de maquereau, doux Jsus, fouteur
    acharn, greluchon complaisant de la brillante et exemplaire
    putain Madeleine, qui tait si amoureuse de votre vit divin et de
    vos sacres couilles, maintenez, par votre puissance, mon conin
    toujours troit et satin, mes ttons toujours fermes, ma peau,
    mon cul, mes fesses, mes bras, mes mains, mon cou, mes paules
    toujours blancs; les vits de mes amants, celui de mon pre y
    compris, toujours roides, leurs couilles toujours pleines: car
    vous teniez en cela du saint roi David, si fort selon le coeur de
    Dieu, puisqu'il tait le premier fouteur de son temps. Faites,
     Jsus, que mes hauts talons, qui me prtent tant de grce
    et font bander tant de monde, ne me donnent jamais de cors aux
    pieds, mais que ces pieds tentatifs et toujours foutatifs restent
    longtemps comme ils sont. _Amen!_

PROMISCUIT. Mlange confus, communaut entre fouteurs et fouteuses.

        _Jetons l'innocence  la borne;
        Mettons la pudeur au rebut.
        Des poux tromps le tricorne
        A cess d'tre un attribut.
              Les sexes s'effacent,
    Malgr les moeurs, les lois et les Platons;
    L'honneur n'est plus o nos maris le placent...
                Promiscuitons!_

      L. FESTEAU.

PROTECTEUR. Monsieur bien mis qui consent  mettre une fille dans
ses meubles et  oublier tous les mois, dans le tiroir de l'un d'eux,
quelques billets de banque destins  l'entretien de cette fille--et de
son amant de coeur.

    Ces belles drlesses... qui viennent de la rive droite de la
    Seine, du pays o les protecteurs fleurissent.

      A. DELVAU.

PROUESSE. L'acte vnrien.

    _Surtout, quelque ardeur qui vous presse,
    Ne faites point trop de prouesse._

      VOITURE.

PROVERBES ROTIQUES. En voici seulement quelques-uns des plus connus:

    Le cas d'une fille est fait de chair de ciron, il dmange
    toujours.

      BRANTME.

    Le cas d'une femme est de terre de marais, on y enfonce jusqu'au
    ventre.

      BRANTME.

    Un con bien mnag,  Paris surtout, vaut mieux que deux
    mtairies.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Ja cul de putain
    Au soir ne au matin
    Ne sera sans merde._

      (_Anciens Fabliaux._)

    Une femme ira plus pour un coup de vit qu'un ne pour dix coups
    de bton.

      (_Moyen de parvenir._)

    Les femmes sont anges  l'glise, diables en la maison, singes au
    lit.

      (_Moyen de parvenir._)

    Toute belle femme s'tant essaye au jeu d'amour ne le dsapprend
    jamais.

      BRANTME.

    _Par commun proverbe on dit,
    Qu'on connat femme  la cornette
    S'elle aime d'amour le dduet._

      G. COQUILLART.

    Plus vous couvrirez une femme, plus il y pleuvra.

      TABARIN.

    _Femme qui fait ses cuisses voir,
    Et se montre en sale posture,
    A tout homme fait  savoir
    Que son con demande pture._

      THOPHILE.

    _La femme a semence de cornes._

      LEROUX DE LINCY.

    _Quand femme dit souvent hlas,
    Elle demande ailleurs soulas._

      LEROUX DE LINCY.

    Le four est toujours chaud, mais la pte n'est pas toujours
    leve.

      (_Moyen de parvenir._)

    Il vaut mieux dpuceler une garce que d'avoir les restes d'un
    roi.

      BRANTME.

    Froides mains, chaudes amours.

      LEROUX DE LINCY.

    _Mais, belles, sachez qu'un beau manche
    Rchauffe aussi bien qu'un manchon._

      THOPHILE.

    L'oisivet est mre de paillardise.

      (_Le Synode nocturne des tribades._)

    _L'amour est le chemin du coeur
    Et le coeur l'est du reste._

      Mademoiselle DE SCUDRY.

          _Et quand on a le coeur
    De femme honnte, on a bientt le reste._

      VOLTAIRE.

PROVOQUER LES PASSANTS. Les inviter  monter tirer un coup.

    _Une jeune lorette
    A minois sduisant,
    D'une oeillade discrte
    Provoquait le passant._

      A. MONTMONT.

PRUNES DE MONSIEUR. Les testicules, dont les femmes sont si friandes, 
cause de l'excellente eau de noyau qui en sort.

    _Si malgr les voeux de madame,
    Les prunes de monsieur m'ont plu,
    On doit excuser une femme
    Que tenta le fruit dfendu._

      MARCILLAC.

PRUSSIEN (Un). Un cul.

On dit: _Cheminer  la prussienne_, pour foutre en cul.

    _Le gnral Klber
    A la barrir' d'Enfer
    Rencontra z'un Prussien
    Qui lui montra le sien._

      (_Chanson du quartier Latin._)

PUCEAU. Adolescent qui n'a encore connu que la veuve Poignet.

    _Le jeune homme puceau l'appelle son affaire._

      L. PROTAT.

PUCELAGE. Fardeau pesant dont toute jeune fille qui aspire  devenir
femme se dbarrasse volontiers--tout en faisant sa Sophie--en faveur de
la premire pine qui passe, la tte haute, le cou tendu.

    Le roi impatient et ne gotant pas qu'un autre ait un pucelage
    qu'il payait.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Heureux cent fois qui trouve un pucelage!
    C'est un grand bien._

      VOLTAIRE.

    _Enfin dans un petit village
    On trouva l'heureux pucelage
    Qui prs du roi devait coucher._

      PARNY.

    _Avoir dans un bordel perdu son pucelage._

      A. GLATIGNY.

    _Je me fous de ce mtore
    Qui de pucelage a le nom._

      (_Parnasse satyrique._)

PUCELAGE (Avoir son). Faon de parler hyperbolique, qui signifie
seulement: N'avoir pas fait l'oeuvre de chair depuis plus ou moins de
temps.

    Tu tombes  pique, mon bonhomme: tu vas avoir mon pucelage, car
    il y a bien trois grands jours que je n'ai cass une canne.

      A. FRANOIS.

PUCELLE. Le _rara avis_ des socits modernes, qui couronnent des
rosires pour faire croire qu'il y en a,--comme si le pucelage tait
une chose de conserve!

    Mademoiselle Charlotte du Tillet ne fut jamais marie, mais on
    dit qu'elle n'tait plus pucelle pour cela.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Veuve de huit galants, il la prit pour pucelle;
            Et dans son erreur par la belle
            Apparemment il fut laiss._

      LA FONTAINE.

    _--Combien dureront nos amours?
    Dit la pucelle, au clair de lune.
    --L'amoureux rpond: O ma brune,
            Toujours, toujours!_

      A. PRIVAT D'ANGLEMONT.

PUCELLE DE BELLEVILLE. Fille galante. Cette expression, tire d'un
roman de Paul de Kock, remplace maintenant celle qu'on employait aux
XVIe et XVIIe sicles: _pucelles de Marolles_.

PUNAISE. Femme de mauvaise vie.--J'aurais cru ce mot moderne dans cette
acception: je l'ai retrouv dans une pigramme de Sygognes:

    _Lise, cette insigne punaise,
    Me fait montre de ses ducats,
    Et c'est afin que je la baise:
    Mais qu'elle ne l'espre pas._

    Une cocotte arrte une voiture, monte dedans, et dit au cocher
    d'une voix de duchesse: Cocher, au bois!--Au bois de lit,
    punaise! crie un voyou.

      A. DELVAU.

PUTAIN. Professeur femelle de philosophie horizontale.

    _Il m'est comme aux putains malais de me taire._

      RGNIER.

    _De toutes ses putains la Lebrun entoure._

      L. PROTAT.

    _J'avais rsolu dans l'me,
    Pour n'tre plus libertin,
    De prendre une honnte femme
    Qui ne ft pas trop putain._

      COLL.

    _Les marbres de nos Tuileries,
    Eux-mmes se sentent atteints
    Par toutes les galanteries
    Que nous dbitons aux putains._

      (_Parnasse satyrique._)

    Et tu m' laisses...--Faut-y pas t' tenir compagnie? Merci!--Sans
    rien et les manches pareilles? Eh ben, c'est gentil!--Pas l'
    temps.--Me v'l putain pour l'honneur.

      H. MONNIER.

    Auquel les grandes dames et princesses faisant tat de putanisme
    tudiaient comme un trs-beau livre.

      BRANTME.

    _Tu as voulu me pourchasser,
    Mtine, pour te putasser._

      THOPHILE.

    _Toutes estes, serez ou fustes,
    De fait ou de volont putes._

      JEAN DE MEUNG.

    Car aussi bien que vous j'eusse fait l'amour, et j'eusse t pute
    comme vous.

      BRANTME.

    _Pute, o avez-vous tant t?
    Vous venez de vo puterie._

      (_Anciens Fabliaux._)

PUTASSIER. Coureur de bordels; anciennement on disait _putier_.

    _Sy est pour vrai; car je le sais,
    Que ce n'est qu'un vilain putier._

      (_Farces et Moralits._)

PUTINER. Faire la putain, courir aprs les hommes.

PUTIPHARISER. Imiter la femme de Putiphar--jusqu'au manteau
exclusivement, les Joseph d'aujourd'hui tenant  leurs habits.--Fourrer
la main dans le pantalon d'un jeune garon encore timide.




Q


QUELQUE CHOSE DE CHAUD. Sec, un vit ou un con; liquide, le foutre
qu'ils font en collaboration.

    _Liz' que veux-tu qu'on t'apporte,
    Des hutr's ou d' la tt' de veau?
    --Non, non, ferme-nous la porte,
    J'aim' mieux quelque chos' de chaud._

      CH. COLMANCE.

QUELQUE CHOSE DE COURT. Une courte, mme quand elle est longue.

    _Tout l' mond' connat bien l'aventure
    Qui m'a fait rire si souvent:
    Un certain paillard par nature,
    D'une nonn' prit l'habillement
    Et s'en alla droit au couvent.
    Que d' victimes il aurait faites,
    Si la mre abbess' le mm' jour,
    N'avait pas, grce  ses lunettes,
    Vu qu'il portait ququ' chos' de court._

      BAPT. LAMME.

QUENOUILLE. Le membre viril.

    _Lise y procde, et saute  la quenouille
    Avec laquelle Eve nous a fils._

      GRCOURT.

    _Avec une autre quenouille,
      Non, vous ne filerez pas._

      BRANGER.

QUQUETTE. Priape d'enfant, dans le jargon des bonnes et de _mesdames_
les nourrices. Se dit aussi d'un priape peu viril.

    _Partout on lui fait bon accueil,
    Elle a fait plus d'une conqute...
    Cependant elle n'a qu'un oeil,
      Mademoiselle Ququette._

      STAN. TOSTAIN.

QUEUE. Un des noms du membre viril, frquemment employ--sans qu'il
soit besoin d'expliquer pourquoi, tant le mot est imag.

    Mademoiselle, ma queue est assez leve pour votre service.

      D'OUVILLE.

    Je suis comme les poireaux, j'ai la tte blanche et la queue
    verte.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Messire Jean, je n'y veux point de queue!
    Vous l'attachez trop bas, messire Jean._

      LA FONTAINE.

    _L'acadmicien dit: mon vit. Le mdecin:
    Ma verge. Le cur: mon membre. Une putain:
    La queue..._

      L. PROTAT.

    _Je viens revoir l'asile o, dans les jours mauvais,
    J'exerais librement les fierts de ma queue._

      A. GLATIGNY.

QUEUES (Faire une ou des). Tromper son amant avec un autre homme,
lorsqu'on est femme; trahir sa matresse pour une autre femme,
lorsqu'on est homme.

    Ah! oui, je sais... c'est pour l'autre jour, avec ta madame
    Machin, que vous avez t  Meudon me faire des queues.

      H. MONNIER.

QUILLE. Le membre viril.

    _Ma tante dessus ses vieux ans.
    A voulu gouster de la quille
    Et s'est faict enfler le devant
    D'un petit fils et d'une fille._

      (_Chansons folastres._)

    _Si fussiez all chaque jour,
    Cependant qu'Alix tait fille,
    Planter en son jardin la quille,
    A l'envi chacun et cri!_

      JODELLE.

    Elles tchent toujours d'abattre la quille du milieu.

      TABARIN.




R


RACCROCHER. Arrter un homme sur le trottoir, la nuit, et l'inviter 
monter pour baiser et jouir.

    J'ai t un an  l'hpital. Une autre que moi, en sortant de l,
    aurait raccroch.

      RTIF DE LA BRETONNE.

RAGE DU CUL, ou _Rage amoureuse_. Envie furieuse de jouir par la
fouterie ou par la masturbation.

    _Ombres folles, courez au but de vos dsirs:
    Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
    Et votre chtiment natra de vos plaisirs._

      CH. BAUDELAIRE.

    C'est la rage luxurieuse, la lubricit forcene, la jouissance
    horrible qui reste inacheve.

      A. D. M. (_Gamiani._)

RAGOT (Avoir du). Se dit de certaines faons habiles que certaines
femmes ont de se remuer sous l'homme pour le faire godiller plus
amplement qu'avec d'autres.

    _Mais exiger des poux
        Ces petits ragots,
    Ces exercices gentils!
        Les connaissent-ils?
    Non; tout dans le sacrement,
      Se fait maussadement
          Et gauchement._

      COLL.

RAIDIR. Bander.

    _Quand, plus raide que la justice,
    Nez en l'air et gros de courroux,
    Il s'lance pour le service,
    On croit qu'il fera les cent coups._

      EUG. VACHETTE.

RAIE DU CUL (La). La rainure des fesses, la petite valle qui se trouve
entre ces deux montagnes--o tant de membres virils aiment  descendre.

    Pour ne trouver la raie nette de la dame avec qui l'on s'bat, on
    y gagne bonne vrole.

      BRANTME.

    _Trois mignons de la cour se turent jaloux
    Pour le bien prtendu d'une raie publique._

      THOPHILE.

RAILLE. Agent de police, redout des filles qui font le trottoir.

    _Cela nous avertit qu'il flne en ce quartier
    Un raille dont il faut d'abord se mfier._

      L. PROTAT.

RAMONER UNE FEMME. Faire l'acte vnrien avec elle, passer et repasser
l'outil priapique, le ramon de l'homme, dans sa petite chemine, non
pour la dbarrasser de ses impurets, mais, en ralit, pour en mettre
de nouvelles.

    _Mes belles, c'est vous que je cherche
    Pour vous montrer une leon;
    Et croyez-moi, vos chemines
    Seront promptement ramones,
    Si vous prouvez ma faon._

      (_Ballet des Chercheurs de midi  quatorze heures_)

RATER UNE FEMME. Ne pouvoir bander assez raide au moment suprme o la
femme, pme et dj dlirante dans l'attente de la flicit promise,
ouvre les cuisses et ferme les yeux.

    Non, mais tout de bon, je vous rate... Vous n'tes plus qu'une
    comtesse rate.

      LA POPELINIRE.

    _Je rate, hlas! galement,
    Le poisson, ma belle et ma muse._

      BRANGER.

RATER UNE FEMME. La baiser, en goste, et sans la faire jouir.

    _Quand je la baise, ma femme
    S'obstine  ne pas bouger...
    Comment faut-il de cela,
    Punir cette ingratte-l?
            --Rate-la!_

      AUG. GILLES.

RATEUR. Homme qui a plus grands yeux que grosse pine et qui reste
en affront devant la femme qui l'attend, cuisses ouvertes, fesses
frmissantes.

    _Quand il fait le sducteur,
    Sur mon honneur! a me vexe:
    Car  l'endroit du beau sexe
    Il n'est pas  d'mi rateur._

      JULES POINCLOUD.

RAVIGOTER UN HOMME. Faire tant, des doigts et de la langue, qu'il
parvient  bander.

    _D'un tour de main ell' ravigote
    Le plus p'tit, le plus maigre jeu._

      E. DEBRAUX.

RECEVOIR L'ASSAUT. tre baise par un homme--qui monte sur le ventre,
la pine en avant, avec la _furia_ d'un zouave montant sur le Mamelon
Vert.

    Dis-lui qu' la chute du jour, elle s'apprte  recevoir les
    assauts de l'empereur d'Orient.

      LA POPELINIRE.

RCLAMER SES GANTS. Demander au monsieur qu'on a raccroch sur le
trottoir un supplment au prix convenu pour aller au bonheur.

    _Elle ne sera pas une fille ordinaire,
    Rclamant aux vieillards libidineux ses gants,
    Et tirant tous les jours des coups extravagants._

      A. GLATIGNY.

RECOMMENCER. Tirer un second, puis un troisime, puis un quatrime
coup, selon que la femme en vaut la peine ou que l'homme a du
sperme dans sa bouteille,--l'amour tant, comme on sait, un grand
recommenceur.

    La grisette serre avec nergie l'tudiant contre sa poitrine,
    en soupirant et en tressaillant des derniers frissons de la
    jouissance; pour un peu elle recommencerait.

      H. MONNIER.

RCURER (Se faire). Prendre des mdicaments, mercuriels, ou autres,
pour gurir des vroles gagnes au doux jeu d'amour.

    _Voyez, l-bas, le smillant Mercure
    Et ses fuseaux qui tricotent gratis,
    Reprsentant le dieu qui nous rcure
    Et la maison Giraudeau pre et fils._

      GUSTAVE NADAUD.

REDINGOTE ANGLAISE. Prservatif contre la vrole. (V. _Capote_,
_Ruban_.)

RDUIT (Le). La nature de la femme, o le membre viril a tant de
plaisir  se rfugier les jours d'ennui,  s'abriter les jours d'orage.
Rduit, dduit; dduit, rduit.

    _Dj de sa grandeur les doigts saints et bnis
    Visitaient de l'amour les plus secrets rduits._

      GRCOURT.

          _Mais D*** avec sa main,
          Sa lvre de carmin,
          Sait trouver ton rduit
    O rarement l'homme impur s'introduit._

      J. DUFLOT.

REFAIRE DE SORGUE (Se). Se remettre d'une nuit d'orgie:--bien dormir,
ou bien djeuner.

    _Tous dix, au tapis-franc nous tions runis,
    Chez le pre Vit-Dur, ogre de mes amis,
    Zig qui ne mange pas ses pratiques sur l'orgue;
    Nous tions venus l nous refaire de sorgue._

      L. PROTAT. (_Serrefesse._)

RGLES (Avoir ses). Avoir ses menstrues--qui viennent trs
irrgulirement  certaines femmes.

    _Pour ces rgles que tu dbines
    Et traites de djections,
    Ce sont les sources purpurines
    Des saintes fcondations._

      ANONYME.

RELIQUE. Le membre viril,--on n'a jamais su pourquoi.

    _Du grand saint Nicolas,
          Dans vos draps,
    Prenez donc la relique._

      BRANGER.

    _Gage de ses travaux
    Pendait sous sa tunique
    Cette belle relique,
    Chre aux tendrons dvots._

      J. CABASSOL.

REMUER DU CUL OU DU CROUPION. Se trmousser de plaisir sous l'homme.

    Et tandis qu'elles font bien leur devoir de remuer du croupion
    et de pressurer la grappe soigneusement pour faire que le jus en
    sorte...

      MILILOT.

    _Sur son lit d'acajou,
    Cette jeune ingnue
    Fort gentiment remue
    Du cul pour un bijou._

      J. DUFLOT.

    Enfin,  force de frotter et de remuer le cul de part et d'autre,
    il arrive que tous deux viennent  s'chauffer d'aise par une
    petite dmangeaison et chatouillement qui leur vient le long des
    conduits.

      MILILOT.

    Elle passa dans un bois avec un jeune compagnon dans l'esprance
    d'y bien remuer les fesses.

      D'OUVILLE.

    Le garon en avertit la fille et elle le garon: cela les oblige
     frotter plus fort et  remuer plus vite les fesses.

      MILILOT.

    Que j'tais jeune, que j'avais les reins souples et que je les
    pouvais remuer.

      P. DE LARIVEY.

    _Tous vos baisers sont contraints;
    Mais remuez donc les reins!
    Que faites-vous de vos mains?_

      BRANGER.

RENAUDER. Renoncer  une chose, manifester de la rpugnance  la faire.

RENDRE (Se). Consentir  se mettre sur le dos,  ouvrir ses cuisses et
 se laisser baiser par l'homme qui en sollicite depuis plus ou moins
de temps l'honneur--et le plaisir.

    La comtesse nous raconta dans le plus grand dtail comme quoi
    elle s'tait rendue  Prban, et tout ce qui s'tait pass entre
    eux.

RENDRE UN HOMME HEUREUX. Le faire jouir en le branlant, ou en le
suant, ou en tirant un coup avec lui.

            _Thmire pour me rendre heureux
    Veut que de son flambeau l'Amour seul nous claire._

      (_pigrammes._)

        _Oh! oh! oh! ah! ah! ah!
    Rendez heureux ce monsieur-l,
                La, la._

      BRANGER.

RENGAINER SON COMPLIMENT, ou SON OBJET. Remettre son membre dans sa
culotte; ne pas pousser plus loin l'aventure.

              _... J'entends quelqu'un venir.....
    Rengaine ton objet..._

      LOUIS PROTAT.

RENTRER BREDOUILLE. Se dit d'une fille qui, descendue vers quatre
heures du soir sur les boulevards pour y chasser au mich, rentre chez
elle toute seule, sans avoir t suivie.

    _Plus j'y songe et plus je m'embrouille;
    Comment, ils ont vu tes appas,
    Et tu reviens ici bredouille!_

      COLL.

RPANDRE SA SEMENCE. Dcharger en baisant, ou en se branlant.

    Un proverbe chinois dit qu'il ne faut pas rpandre sa semence sur
    la mer; il a raison: c'est sur les filles.

      A. FRANOIS.

REPASSER UNE FEMME. La faire jouir en la baisant avec ce fer rouge que
les polissons appellent une pine--qui la roussit quelquefois.

    Et notez que la moindre bagasse peut en dire autant  un grand
    roi ou prince, s'il l'a repasse.

      BRANTME.

    _Son vaillant fils, fameux par sa crinire,
    Un beau matin, par vertu singulire,
    Vous repassa tout ce gentil bercail._

      VOLTAIRE.

    _Et me v'l vite en d'voir de la r'passer._

      DUMOULIN.

RESTER COURT. Manquer de souffle au lit; dbander au moment mme o il
faudrait bander le plus raide.

              _Rester court
    A la neuvime politesse!
            Est-ce  ma cour
    Qu'on vient pour me jouer ce tour?_

      COLL.

RETAPEUSE. Putain.--Femme ou fille qui fait la retape;--qui raccroche.

    _En robes plus ou moins pompeuses,
    Elles vont comme des souris:
    Ce sont les jeunes retapeuses
    Qui font la gloire de Paris._

      A. GLATIGNY.

RETIRE DU SERVICE (tre). Ne plus exercer le rude mtier de fille
d'amour, soit par suite de maladies, soit par suite de mariage, soit
par suite de vieillesse, soit--comme sainte Marie l'gyptienne--par
honte de ce mtier.

    C'est si agrable, quand on s'est retire du service.... de
    pouvoir se dire: Ce procureur du roi si froce, c'tait mon petit
    Auguste! Je le menais par le bout du nez, et il trouvait cela
    trs doux.

      A. DELVAU.

RETIRER (Se). Sortir du con de la femme qu'on baise quand on craint
d'tre surpris, ou de lui faire un enfant;--ou lorsque l'on a fini de
baiser, ce qui n'est plus surprenant.

    _Thmire, feignant le contraire,
    Disait toujours: Mnage-moi;
    J'ai peur de rencontrer... ma mre...
    Ah! cher Colin, retire-toi..._

      G. GARNIER.

    Ah! tu te retires!... Pourquoi ne l'as-tu pas laisse dans moi?
    je ne l'aurais pas mange, va!

      H. MONNIER.

    _Voulez-vous un ami prudent
        Qui mnage vos craintes;
    Vite, ouvrez-moi vos... sentiments,
    Je sais me retirer  temps._

      (_Chanson anonyme moderne._)

RTRCIR (Se). Se laver souvent le vagin avec des astringents,
afin d'en rapprocher les parois et de faire croire ainsi--aux
innocents--qu'ils prennent un pucelage.

    _A se rtrcir elle excelle
    Et joint aux airs d'une pucelle
    La plus profonde instruction._

      H. RAISSON.

RETROUSSER (Se). Se retourner. Se tirer de la gne par tous les moyens
possibles.

        _Une clbre actrice
        A fillette novice
    Disait, sans croire l'offenser:
        Imite-moi, Charlotte;
    De sagesse on peut se passer:
        Quand on est dans la crotte,
        Il faut se retrousser._

      VANDAEL.

RIBAUD, RIBAUDE. Homme et femme de mauvaise vie; luxurieux et
impudiques.

    _Je suis la grande Gargouillaude,
    Garce du souverain Gagoux,
    Chaude putain, fire ribaude,
    Pleine de vrole et de loups._

      Le Sr DE SYGOGNES.

ROSE. La nature de la femme.

    _Tu n'auras pas ma rose,
    Car tu la fltrirais._

      BRANGER.

    _L sur l'albtre on voit natre l'bne,
    Et sous l'bne une rose s'ouvrir._

      PARNY.

    _Ma fille, avant d'cder ta rose,
    Retiens bien ce prcepte-l._

      E. DEBRAUX.

ROSE CLESTE, DIVINE, etc. Dcharge de la liqueur balsamique, que les
gens qui n'attendent rien du ciel appellent tout bonnement:--du foutre.

    Mon amie, reois encore cette preuve de mon amour. Gamiani,
    excitez-moi, que j'inonde cette jeune fille de la rose cleste.

      A. DE M.

    Notre adorable conqurant fait des siennes  toute outrance et
    darde la rose de vie sans le moindre mnagement.

      A. DE NERCIAT.

    Et le dtestable Fa-tutto a fait pleuvoir dans mon sein la
    brlante rose du crime.

      VOLTAIRE.

ROSETTE. Petite rose de chair qui se trouve  l'entre de l'anus et
qui en est pour ainsi dire le pucelage, car les pdrastes passifs ne
l'ont plus (d'o les pdrastes actifs sont appels _chevaliers de la
rosette_).

    _Travaille bien, prends ta lichette,
    La lichette donne du coeur;
    Et s'il le faut, tends ta rosette,
    Cela te portera bonheur._

      A. DUMOULIN.

ROSSIGNOL. Le membre viril.

        _Aussitt qu'elle eut aperu
    Le rossignol que tenait Catherine._

      LA FONTAINE.

ROUBLARD. Libertin qui connat toutes les ruses fminines et qui, des
deux rles que les hommes jouent avec les filles, celui de mich et
celui de maquereau, celui de jobard et celui d'cornifleur, prfrerait
encore le dernier au premier.

    a me rappellera,  moi, vieux roublard, le temps o je l'avais
    encore, o j'tais si godiche avec le sexe.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ROUCHIE. Femme de mauvaise vie.

                      _... Depuis, de Pinolie
    Ma femme, Pincecul a fait une rouchie._

      L. PROTAT.

ROUPETTES. Les testicules,--qui sont les petites roues sur lesquelles
repose le canon charg de mitraille spermatique.--L'expression est
moderne.

    _Ses roupettes taient grosses et rebondies,
    Et de poils longs et noirs abondamment fournies._

      L. PROTAT.

    _Sur les roupettes granitiques
      De l'indomptable Sarrazin
      Il pleut..._

      B. DE MAURICE.

ROUSCAILLER. Besogner du membre avec une femme qui en meurt d'envie.

    _Un pareil tat m'excite et m'offense:
    Descends de mon lit, ou bien rouscaillons!_

ROUSTONS. Les testicules.--Expression moderne.

    _Votre main, doucement chatouille ses roustons,
    Tandis qu'il vous pelote et vous prend les ttons._

      L. PROTAT.

RUBAN. Prservatif en baudruche ou en caoutchouc dont on habille
le membre viril toutes les fois qu'on le conduit au bonheur.--(V.
_Capote_.)

    _Ne crains rien: ces rubans feront bien ton affaire,_

dit le marchand de capotes  Pincecul, dans la parodie de _Lucrce_,
par M. Protat, avou.

    _Je sais attacher un ruban
    Selon la grosseur d'une pine._

      (_Chanson anonyme moderne._)

RUDIMENT DE CYTHRE (Le). Les principes de la langue--et des autres
cochonneries.

    _Jeanne, sotte au monastre,
    Sotte au sortir du couvent,
    Plaisait sans savoir comment.
    Le prcepteur de son frre
    Lui montre le rudiment
    Que l'on enseigne  Cythre:
    Son esprit s'ouvre  l'instant._

      COLL.

RUFFIAN. Accouplement de _Ruffi_ et d'_Anus_. Mot qui s'est introduit
en France au XIIIe sicle, et n'a t en vogue qu' la fin du XVe,
quand l'italianisme dborda dans l'idiome gaulois. Ce mot avait alors
diffrentes significations, telles que: lnon, proxnte, dbauch,
habitu de mauvais lieu, etc. Aujourd'hui, il signifie tout bonnement
maquereau.

    _Elle introduit dans ma maison,
    Son rufien, qui sait fort bien
    Faire son profit de mon bien._

      J. GREVIN.

    On l'accusait d'avoir fait quelquefois le ruffian  son matre.

      TALLEMANT DES RAUX.

    Je suis ruffian, et m'en vante.

      A. GLATIGNY.

RUSE AU JEU (tre). Savoir ce qu'il faut faire pour amuser les hommes
et leur procurer de vives jouissances, comme le casse-noisette, la
patte d'araigne, la feuille de rose, etc.

    Tu me portes la mine d'tre un jour bien fine et ruse  ce jeu.

      MILILOT.

RUT. Ardeur vnrienne.

    _Mais Jeanne tout en rut s'approche et me recherche
    D'amour ou d'amiti, duquel qu'il vous plaira._

      RGNIER.

    _Le corps en rut, de luxure enivr,
    Entre en jurant comme un dsespr._

      VOLTAIRE.

    _Si son esprit l'et arrt,
    Elle et mis en rut le conclave
    Et fait bander sa saintet._

      COLL.




S


SAC. Le ventre.--On dit d'une femme enceinte: Elle en a plein son sac.

    La jeune garce en eut plein son sac.

      MARGUERITE DE NAVARRE.

SACRIFICE. Fouterie dsintresse et--toujours intressante.

    La compagnie qui, pendant notre sacrifice, avait gard un profond
    silence, me complimenta de l'hommage que mes charmes avaient reu
    par la double dcharge que j'avais subie dans une seule jonction.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

    J'tais trop jeune encore pour multiplier les plus doux
    sacrifices.

      PIGAULT-LEBRUN.

SALETS (Dire des). Tenir des propos de haulte gresse et de
grande salacit, pour provoquer les ides libertines et pousser
 la consommation de la femme par l'homme et de l'homme par la
femme.--_Faire des salets._ Peloter une femme ou un homme, sucer ou
gamahucher, branler ou faire postillon, etc., etc.,--toutes les choses
aimables de la fouterie.

    _Tu me disais alors que, pour savoir te plaire,
    Une femme devait et dire et savoir faire
    Toutes les salets et toutes les horreurs._

      L. PROTAT.

SALIRES (Avoir des). Se dit des femmes maigres qui n'ont que des trous
o il faudrait des bosses; derrire les clavicules, par exemple.

    _Elle a deux salires et cinq plats_ (sein plat). Vieux dicton
    qui s'emploie pour dsigner une femme maigre qui n'a ni cul ni
    ttons.

SALOPE. Femme galante, de haut ou de bas tage.

    _Je vous aime ainsi, divine salope._

      (_Parnasse satyrique._)

SANGLER UNE FEMME. La baiser, la frapper  coups de queue--sans qu'elle
s'en fche.

    Il demande grce pour avoir sangl cette fille.

      SAINT-AMAND.

SATISFAIRE SON GOT. Baiser une femme, ou enculer un homme, selon qu'on
est conformiste ou non conformiste en amour.

    _Il aime par-dessus tout
    La volupt roturire;
    Pour satisfaire son got
    Il faut une couturire._

      M. DE LA BDOLLIRE.

SATISFAIRE UNE FEMME. La baiser de faon qu'elle ne rclame pas,--
moins qu'elle ne soit trop gourmande.

    _Des houris toujours belles,
    Qu'on satisfera bien,
    Et qui, toujours pucelles,
    N'arrteront sur rien._

      COLL.

SATISFAIRE UN HOMME. Le branler, ou se laisser baiser par lui--ce qui,
en effet, le comble de satisfaction.

    _Chez ce libertin cagot
    Qu' j'ai tant d' mal  satisfaire,
    Je suis entr' pour tout faire:
    Aussi j'y fais mon magot._

      J. POINCLOUD.

SATYRIASIS (Le). L'hystrie des hommes, comme l'hystrie est le
satyriasis des femmes, c'est--dire que ceux et celles qui en sont
possds ne font autre chose dans la vie que de baiser ou d'essayer de
baiser.

    Ces abbs poupins et dbauchs, ces flaux de la virginit,
    seront condamns  un satyriasis ternel.

      A. DULAURENS.

SAUCE D'AMOUR. Le sperme.

    _Il lui faut un gros vit, et lequel soit toujours
    Bien roide et bien fourni de la sauce d'amour._

      THOPHILE.

SAUCISSE. Le membre viril.

    _N'est-ce pas user d'artifice
    Pour avoir un plaisir plus cher,
    A Margot d'avoir la saucisse
    Et le vit du fils d'un boucher?_

      THOPHILE.

SAUVAGE (Se mettre en). S'habiller _tout nu_, c'est--dire: se
dshabiller ou ne pas s'habiller du tout.

_tre_ (ou n'tre pas) _sauvage_. Eviter les hommes ou accepter et mme
rechercher leurs hommages.

    _Alors, Jupin, prenant l' parti d' la dame,
    Dit au Cyclope: Un mot va t'apaiser:
    Si tu n' veux pas qu'on reconnaiss' ta femme
        En sauvag' faut la dguiser._

      M. DEBRAUX.

SAVANTE EN AMOUR (tre). Se dit de toute fille ou femme qui connat les
prceptes les plus secrets et les secrets les plus prcieux de l'art
d'aimer, et qui serait plutt capable d'en enseigner  un homme que
d'en apprendre de lui.

    Une autre fille de son quartier, plus exprimente que l'autre et
    qui, pour tre un peu moins belle, n'en tait pas moins savante
    et spirituelle en amour.

      MILILOT.

SAVOIR DES POSES. tre experte dans l'art d'allumer les dsirs
libertins des hommes.

    _Il n'est poses qu'elle ne sache,
    En dbauche elle a de Carrache
              L'invention._

      H. RAISSON.

SAVONNER UNE FEMME. La baiser, parce qu'ici le sperme sert de savon,
ce qui fait qu'elles sont plus blanches que les hommes, au dire de
Tabarin.

    Et je lui donnerai une savonnade  laquelle son mari ne l'a pas
    habitue.

      SEIGNEURGENS.

SECOUER LA CARTOUCHE, LE CHINOIS, LA HOULETTE (Se). Se branler la pine.

    _Sans mot dire il se fait secouer la houlette._

      LOUIS PROTAT.

SECOUER UNE FEMME. La baiser gaillardement, l'branler dans tous les
sens en la branlant du bout de la queue.

    Je te secouerai bien un peu entre l'huis et la muraille.

      P. DE LARIVEY.

    _Vnus, ribaude paillarde,
    D'une faon plus gaillarde
    Sait bien remuer le cu
    Quand le dieu Mars la secoue._

      THOPHILE.

    _Mon cher Adam, mon vieux et triste pre,
    Je crois te voir en un recoin d'Eden
    Grossirement former le genre humain,
    En secouant madame Eve, ma mre._

      GRCOURT.

SEMENCE. Liqueur de la gnration; le foutre de l'homme et de la femme.

    _Au jene o votre con se trouve,
    Vouloir faire une fine preuve
    Si je suis blier ou mouton.
    Vous eussiez eu de la semence
    D'un vit dont la grandeur immense
    N'eut jamais de comparaison._

      F. DE MAYNARD.

    Dix-huit jours aprs qu'elles avaient reu la semence.

      CH. SOREL.

SENS DESSUS DESSOUS (tre). Beau dsordre, agrable  la vue chez une
belle femme. Quand elle est renverse et bouleverse  grands coups
de pine, les cheveux pars, le cul et les ttons en l'air, ses bras
vaincus, jets comme de vaines armes, on n'a plus qu' recommencer 
faire le dessus,  moins qu'on ne prfre le dessous,--pour changer.

    _Gai, gai, l'on est chez nous
        Toujours en fte,
      Cul par dessus tte
    Et sens dessus dessous!_

      BRANGER.

SENTIMENTAGE. Amour plus platonique que physique, qui exclut
l'infidlit et le plaisir au profit de je ne sais quel idal
ridicule--bon pour les romans et pour les pensionnats de demoiselles.

    Mais s'il allait souhaiter quelque prfrence exclusive, se
    croire offens de mes invitables infidlits, perdre de vue que
    je suis aphrodite, et vouloir m'assujettir  son sentimentage?

      A. DE NERCIAT.

SENTIR (Le). Sentir le membre de l'homme entrer profondment dans le
vagin de la femme et y remuer.

          _--J'y suis.
    Le sens-tu, Philis?
    --Oui, Lycas, poursuis;
      Tu te raidis
      Contre l'obstacle._

      COLL.

SRAIL. Bordel, o l'on lve  la brochette une foule de beauts de
poils diffrents pour amuser ce polisson de sultan qui s'appelle le
Public.

SERINGUE. La pine, avec laquelle l'homme donne  la femme un lavement
de sperme--qui est le plus mollient de tous les lavements.

    _Il tire de sa pochette
    Sa seringue et deux pruneaux._

      GAUTIER-GARGUILLE.

SERINGUER. Administrer l'injection balsamique  un con bien
portant,--avec la seringue que vous savez.

    Jusqu'alors, je n'avais ressenti pareille jouissance. Il me
    seringua trois fois de suite de son nectar dlicieux; le foutre
    s'en allait  gros bouillons de la tte de son gros vit, il me
    sautait jusqu'au coeur.

      (_Anas, ou Dix ans de la vie_, etc.)

SERRER (Le). Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme
dans un tau.

    Sens-tu comme je te le serre?

      H. MONNIER.

SERRURE. La nature de la femme--dont l'homme a la clef dans son
pantalon.

    _Quand on fouille  votre serrure
    Avec la clef de la nature._

      Le Sr DE SYGOGNES.

    Comment pensez-vous qu'on puisse garder une serrure,  qui toutes
    sortes de clefs sont propres?

      D'OUVILLE.

SERVICE (Faire le). Se remuer sous l'homme afin de le faire mieux
jouir; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des
reins avec lui.

    _Quand t'auras fini ton service,
          T'auras cent sous._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

SERVIR DE SA MAIN (Se). Se masturber, faute de matresse, ou par amour
pour la veuve Poignet,--cette veuve que foutent tous les collgiens.

    _La volupt me pntre soudain.
    Mon trpignoir trpignait dans sa cage:
    Pour l'apaiser, je n'avais que ma main.
    Je m'en servis pour cumer sa bile._

      ANONYME.

SERVITEUR. Amant, homme qui sert une femme  son gr,-- moins
qu'elle ne soit aussi gourmande que Messaline.--S'est dit aussi d'un
godemichet, qui est, en effet, meilleur serviteur de la femme que
l'homme.

        _Que l'innocent fabrique,
    Au lieu de son mchant flteur,
            Un serviteur
    D'un beau moule, et bien lastique._

      COLL.

SIRNE. Fille publique qui cherche  attirer l'homme en chantant,--pour
le faire chanter  son tour.

SIROP DE NAVET. Le sperme, par allusion  la forme du navet et  sa
couleur.

    _Sans donner l' temps qu'ell' rflchisse,
    J' lui r'passe, afin qu'a s' rafrachisse,
    D' la liqueur du noeud conjugal
    Et l' sirop d' navet pectoral._

      (_Chanson anonyme moderne._)

SOCRATISER. Prfrer les hommes--comme Socrate, le plus sage des
hommes, dit-on, prfrait Alcibiade, qui en tait le plus beau.

SODOMIE, SODOMISER. Enculer une femme--ou un homme.

    _Sodomise deux coups et deux fois dchargeant,
    Il retire du cul deux fois son vit bandant._

      PIRON.

    _Quoi, disent-elles, si les flammes
    Sodomites brlent les mes,
    On ne le fera plus qu'aux garons._

      COLL.

    Peut-tre aurait-il trouv plus  propos de passer pour cocu que
    pour sodomite.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Il la quitte alors pour l'engin
    D'un franciscain que sodomise
    Un prlat..._

      B. DE MAURICE.

    _Tout Africain est sodomite,
    Ainsi l'exige le climat:
              On comprend a._

      ALEX. POTHEY.

SOIXANTE-NEUF (Faire). C'est faire _tte-bche_ (V. ce mot), les deux
chiffres (69) le disant loquemment.

    _Que fait Bacchus quand, accabl d'ivresse,
    Son vit mollit et sur le con s'endort?
    Soixante-neuf... et son vit se redresse,
    Soixante-neuf ferait bander un mort!_

      (_Parnasse satyrique._)

SOLENNISER LA SAINT-PRIAPE. Baiser, le dieu des jardins tant le dieu
de l'amour.

    _Or, un jour que Sa Saintet
    Solennisait la Saint-Priape
    Sur l'autel de la volupt..._

      B. DE MAURICE.

SOLUTION DE CONTINUIT. La nature de la femme, o il y a en effet une
sorte d'interruption de surface.

    _Bref aussitt qu'il aperut l'norme
    Solution de continuit,
    Il demeura si fort pouvant,
            Qu'il prit la fuite._

      LA FONTAINE.

SONNER LE BOUTON OU LE TOCSIN. Branler une femme ou un homme,--la femme
avec le doigt, l'homme avec la main.

    _Le cochon sonnait le tocsin
    Sur le bouton de son vagin
    Avec son mdium sans corne._

      A. WATRIPON.

    _Tout aussitt sur son lit il la couche,
                Sonne au bouton!
    La reine alors, dchargeant dans sa bouche,
                Dit que c'est bon!_

      (_La Gastibelzade._)

SONNER SON FILS. Se branler.--L'expression, trs juste comme image, a
t trouve par une dame, Mme Octave, actrice du Vaudeville.

On dit encore: _Agacer le sous-prfet_, _Se balancer le Chinois_,
_Crier Vive l'Empereur_, _Se donner une Saragosse_, _Se polir la
colonne_, _pouser la veuve Poignet_, _Se coller une douce_.

SOTTISES (Faire des). Peloter une femme, quand on est homme; patiner un
homme, quand on est femme; copuler.

    Enfin, finalement, a' vous t contents?--Oui.--Il n'a pas fait
    d' sottises?--Si tu veux...

      H. MONNIER.

SOULAGER (Se). Dpenser son sperme en baisant une femme, ou en se
masturbant,--ce qui allge d'autant les rognons.

    Pauvre chat! Eh bien, tu vas te soulager, mon chri, je te le
    promets.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

SOUPE ET LE BOEUF (La) ou _le bouilli_. L'ordinaire conjugal:--les
mmes _bonjours_, les mmes _bonsoirs_, les mmes coups tirs par le
mme homme,--avec la mme femme.

    Parce qu'enfin, voyez-vous, du nectar et de l'ambroisie, c'est
    toujours la mme chose que de l'ambroisie et du nectar. Junon,
    Flore, etc..., tout a est bel et bon; mais c'est toujours
    la soupe et le bouilli; tandis qu'il y a l-bas, chez le
    papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous
    ravigoteront.

      MILE DEBRAUX.

SOUS LE LINGE. A nu, sans chemise.

    Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.

      LA POPELINIRE.

SOUTENEUR. Homme sans prjugs qui, en cas de quelque attaque, doit
servir de dfenseur aux putains. En retour, il exige d'elles une
bonne partie de l'argent qu'elles gagnent  la sueur de leur con.--Le
souteneur est le mari modle. Il est cocu, c'est convenu d'avance
avec sa femme. Mais il ne doit pas songer  la faire _cornette_.
Il doit la monter rgulirement une ou deux fois par semaine; mais
dans l'intervalle, il ne faut pas qu'il s'avise de penser mme  une
autre femme, encore moins d'en approcher. Malheureusement, chez les
souteneurs, c'est comme chez les maris: il en est peu de vraiment
honntes et sur qui une femme puisse compter sans rserve.

    _J' suis le roi des souteneurs!
      Je connais la savate!
    Au billard, faut m' voir, j'pate
      Les vrais amateurs._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

SOUTENIR LE CHOC. Se dit en parlant d'une femme que l'on baise, et 
qui l'nergie de l'assaut ne fait pas peur.

    Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit un
    entretien trs vif avec une nonne charmante.

      LOUVET.

SPERME. Graine d'enfants que l'on sme ([Grec: speir]) dans le ventre
de la femme,--terre souvent fconde, et souvent brhaigne aussi, selon
la qualit de la semence, ou la vertu du semoir.

    Nul rafrachissement ne la lui peut ter si bien qu'un bain chaud
    et trouble de sperme vnrique.

      BRANTME.

    _Le sperme n'est pas l'or potable
    Qui vous nourrit au lieu de pain;
    Durant que votre con tient table
    Votre ventre crie  la faim._

      THOPHILE.

    _La bonne Alix, curieuse, s'avance,
    Voyant jaillir ce sperme merveilleux._

      PIRON.

    _Et lorsque du plaisir est arriv le terme,
    Dans ma bouche je sais encor garder le sperme._

      L. PROTAT.

SUCCUBE. Homme qui consent  servir de femme  un autre homme, et qui
fait le dessous pendant qu'il fait le dessus.

    SUCCUBES. On appelle ainsi les patientes dans les combats
    amoureux de femmes  femmes. _Confession de Mademoiselle Sapho_,
    suite du _Cadran des plaisirs de la Cour_, p. 257.

    _Quand il consommait son Kabyle,
    On entendait sous le gourbi
    Au milieu de la nuit tranquille,
    Le succube pousser ce cri..._

      AL. POTHEY.

SUCER. Passer la langue sur le membre viril pour l'amener  rection,
et le faire dcharger.

    _Que les chiens sont heureux!
    Ils se sucent la pine,
    Ils s'enculent entre eux!_

      TH. GAUTIER.

        _Je voudrais tre chien
        Car du soir au matin
    Je pourrais me sucer la pine._

      DUMOULIN.

    _Cependant, en suant, il est bon que la main
    Joue autour des roustons un air de clavecin._

      L. PROTAT.

SUCER LE CLITORIS. Gamahucher.

            _Il te faut,  tout prix,
            Sucer des clitoris,
            Et si l'antiquit
    Ne l'et pas fait, tu l'aurais invent._

      J. DUFLOT.

SUCER UN HOMME. Lui passer habilement et doucement la langue le long du
membre, autour et dessus, jusqu' jaculation complte.

    _Pourtant il leur manque, en somme
    (Ce qui vaut bien un cu),
    De savoir sucer un homme._

      DE LA FIZELIRE.

SUCEUSE. Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir
sans peur. C'est la fellatrice des anciens.--La suceuse rend  l'homme
le service que le gamahucheur rend  la femme, et dans les deux cas,
c'est la langue qui fout.--Il y a  Paris, dans le faubourg Montmartre,
une matresse suceuse, appele la _Pompe funbre_,--de l'ameublement
d'bne et de soie noire de son appartement.

SUON. Empreinte que laissent les lvres d'un amant sur le cou, les
joues ou la bouche de sa matresse, de faon  l'empcher, pendant
quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connat
parfaitement ce petit timbre bien accusateur.

SUCRE (pour _suc_, probablement). Le sperme de l'homme, dont les femmes
sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouche.

    _Trouvant mon linceul tout souill,
    Et mon pauvre vit barbouill
    De sucre plus blanc que l'albtre._

      (_Cabinet satyrique._)

    Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle?

      D'OUVILLE.

SUCRE D'ORGE (Le). Le membre viril--que les filles d'Eve, toujours
portes sur leur bouche, aiment tant  sucer.

              _George, George,
    Donne-moi de ton sucre d'orge._

      (_Ancienne chanson._)

SUFFIRE  SOI-MME (Se). Faire de la prestidigitation  son profit--et
en l'honneur d'Onan.

        _J'tais dans l'ge o la nature
        Eveille nos sens au plaisir...
    Quand  propos un abb ple et blme,
    Trois fois par jour rptant la leon,
    M'apprit l' moyen de m' suffire  moi-mme:
    J'ai, mes amis, toujours t cochon._

      (_Parnasse satyrique._)

SUPERLATIVES DLICES (Les). Le moment o l'homme et la femme, mlant
leurs ondes spermatiques, se pment sous l'excs de jouissance qui en
rsulte.

    _Plaisirs inconnus des dieux,
    Superlatives dlices!..._

      BRANGER.




T


TABERNACLE. La nature de la femme, o l'on serre prcieusement le
dieu--des jardins.

    Elle est belle, ma Josphine! elle a un chouette matre-autel!...
    un rude tabernacle!...

      TISSERAND.

TABLIER DE SAPEUR. Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges,
longs ou friss... On dit aussi: _Barbe au con_.

    Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides,
    et un adorable petit con, protg par un formidable tablier de
    sapeur.

      J. LE VALLOIS.

TABLIER LVE (Son). Se dit d'une fille qui s'est laiss faire un enfant
et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

TACHER UNE FEMME. Rpandre  son intention--et quelquefois  son
profit--un peu de liqueur sminale, en se branlant devant elle ou en la
baisant en robe.

    _Mais v'l que j' vous tache, mam'zelle,
    C'est la faute de vot' bretelle:
    Plus qu' mon amour elle tenait._

      BRANGER.

TAMBOURINER. Jouir d'une femme, en frappant son ventre  coups de cette
baguette qu'on appelle le membre viril.

    _Ma foi, s'il se perd sous ma jupe,
    Nous le ferons tambouriner._

      (_Chanson anonyme moderne._)

TANTE. Homme qui sert de femme aux pdrastes actifs.

    Enfants, on les appelle _mmes_ ou _gosselins_; adolescents, ce
    sont des _cousines_; plus gs, ce sont des _tantes_.

      MOREAU CHRISTOPHE.

TAPER DANS LE TAS. tant donn que:--le thtre reprsente un atelier
de brocheuses, de modistes ou de couturires. En vrai bandeur, vous
faites votre choix; mais ne voulant pas faire four, vous _tapez_
d'abord la plus facile, qui a bientt une confidente que vous
_tapez_ aussi. La deuxime excite la curiosit d'une troisime, d'une
quatrime, et... vous arrivez  raliser le proverbe:

    Qui en a vu une, les connat toutes.

TAPER DANS L'OEIL. Commencer  plaire  quelqu'un--ou 
quelqu'une;--sduire par la grce, l'esprit, la parole ou le geste.

    _Ma petite poulette,
    Dans la rue Montorgueil,
    Ton p'tit nez en trompette,
    Il m'a tap dans l'oeil.
        Latou, etc._

      AL. DALS.

TAQUINER LE BOUTON, soit de la gorge, soit du clitoris. Promener
habilement l'index sur l'extrmit du sein ou du clitoris d'une femme
afin de la faire bander et jouir.

    _La gauche, autour du cou bien doucement passe,
    Taquine le bouton de la gorge agace._

      L. PROTAT.

TAQUINER LE HANNETON. Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas
trop ce qu'il veut,  ce point qu'il donnerait de la tte aussi bien
dans un con que dans un cul.

              _... Le Sudois, dit-on,
    Aime qu'on lui taquine un peu le hanneton._

      L. PROTAT.

TMOINS  DCHARGE. Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en
cause, ont de quoi le faire dcharger.

    _Suivant les tmoins  dcharge,
    Le vol doit tre rcus.
    --Les imposteurs! rpond Glycre,
    N'coutez pas leurs faux rapports,
    Ils n'ont rien vu, c'est bien sincre,
    Car tous les deux taient dehors._

      VAUBERTRAND.

    ... L'abb... avoit en ses jeunes ans perdu ses deux tmoins
    instrumentaires... en descendant d'un bellocier: c'est un prunier
    sauvage...

      (_Contes d'Eutrapel._)

    Les dames rirent assez de Castor, qui tait rest sans tmoins.

      P. DE LARIVEY.

TEMPRAMENT. Ardeur amoureuse.

    _Qui sait, hlas! si ton temprament
    Ne trahit pas ton malheureux amant._

      VOLTAIRE.

    N avec un temprament de feu, je connus  peine ce que c'tait
    qu'une belle femme que je l'aimai.

      DIDEROT.

    _Pinc'-moi plutt un d' ces grands drles
    Qui crvent de temprament,
    Larges des reins et des paules:
            C'est du nanan._

      E. DEBRAUX.

TEMPLE DE CYPRIS. La nature de la femme, o nous faisons tous nos
dvotions  genoux, de la langue et de la queue.

    _Lors il n'y a ttons ni fesse rebondie,
    Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien,
    Que je ne baise, ou tte, ou rette, ou manie._

TENDRE SA ROSETTE. Se laisser enculer par un homme.

TENIR LA CHANDELLE. Avoir des complaisances honteuses pour un commerce
de galanterie; se faire maquereau.

    _Quand vous venez,  Fabrice dit-elle,
        Me faire tenir la chandelle
    Pour vos plaisirs jusque dans ma maison._

      LA FONTAINE.

    _A son destin j'abandonne la belle,
    Et me voil; des esprits comme nous
    Ne sont pas faits pour tenir la chandelle._

      PARNY.

    Tu m'as pris pour un imbcile... Comment! moi j'irais tenir la
    chandelle!

      JAIME fils.

TENIR UNE MAISON. Avoir un bordel, qu'on autorise seulement les femmes
 tenir,  leurs risques et prils: seul commerce qui aille bien!

    Tu connais pas Morin, qu'est de la police?... qui vit  Rouen,
    rue Ricardire, cont' la rue aux Ours, avec eune femme qui tient
    eune maison?

      H. MONNIER.

TESTICULES. Les tmoins du duel amoureux. Voir _Tmoins  dcharge_.

TTASSE. Mot grossier signifiant une mamelle pendante.

    _Les ttons deviennent ttasses._

      G. COQUILLART.

    _Cette mre des gueux, cette vieille carcasse
    D'un linge sale et noir resserre sa ttasse._

      THOPHILE.

TTE--TTE. Conversation  deux, qui a lieu n'importe o, dans une
chambre, dans un fiacre, sur l'herbe, sur une chaise,--et la plus
loquente, puisqu'on n'y parle pas, ou qu'on y parle peu, et qu'en
revanche on y agit beaucoup.

    J'eus pourtant malgr tout cela quelque tte--tte impromptu
    avec Sa Grandeur. Il est si doux d'escamoter de temps en temps
    quelque chose d'une rivale qui en fait autant.

TTE-BCHE (Faire). Se placer de faon que la tte de l'homme soit
entre les cuisses de la femme,  la hauteur de son con, qu'il
gamahuche, et que la tte de la femme soit entre les cuisses de
l'homme,  la hauteur de sa pine, qu'elle suce.

    _Mais quand parfois il trouve une motte bien frache,
    Ce qu'il aime avant tout, c'est faire tte-bche._

      L. PROTAT.

TTONNIRE. Femme amplement pourvue de mamelles.

    Dans le cabaret o ils soupaient servait une grosse ttonnire
    d'Andalousie.

      PIGAULT-LEBRUN.

TTONS. La gorge d'une femme.

    _Sur un col blanc, qui fait honte  l'albtre,
    Sont deux ttons, spars, faits au tour,
    Allant, venant, arrondis par l'amour._

      VOLTAIRE.

    Donne-moi tes ttons.

      LA POPELINIRE.

    _Comme le gland d'un vieux qui baise
    Flotte son tton ravag._

      (_Parnasse satyrique._)

    _Si son coeur est de roche.
    Ses ttons n'en sont pas._

      J. DUFLOT.

THTRE DE LA NATURE. Le con, o le vit a ses entres comme acteur ou
protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine.

    Ce thtre a pour avant-scnes deux colonnes de marbre blanc;
    il ne possde qu'un seul dcor, lequel reprsente un buisson avec
    une fontaine au milieu.

    Le trou du souffleur est par derrire, ainsi que l'orchestre,
    compos d'un seul musicien qui excute avec son instrument  vent
    une ouverture sur les motifs de: _sentir_ avec ardeur.

    Quand l'acteur principal entre en scne, il a toujours l'aspect
    dur et imposant; il a avec lui deux confidents, deux amis
    insparables qui l'attendent dans la coulisse. Quand l'acteur
    quitte la scne, il est triste et abattu... il pleure.

    La directrice est libre de donner plusieurs reprsentations de
    suite, et, pour peu que l'acteur principal la trouve aimable, et
     son gr, plein de verve et d'loquence, il rentre en scne avec
    un nouveau transport,-- moins de raisons _majeures_.

    --Tous les mois, le thtre fait relche. Il l'annonce par une
    affiche rouge sur laquelle on applique une bande blanche. Pendant
    ce temps, l'acteur est libre de donner des reprsentations
    en ville, mais, gare  lui!... Souvent il se fatigue, revient
    malade... Alors, la directrice se plaint et l'administration
    _coule_!!!


    NOTA: La directrice accorde quelquefois des entres de faveur.

TIRE-BOUCHON AMRICAIN. C'est la tocade de toutes les grisettes. Elles
font asseoir l'homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent; puis,
s'asseyant  cheval sur lui et s'appuyant sur le dos de la chaise,
elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu'elles peuvent,
le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pmes, et
s'en donnent ainsi jusqu' ce qu'elles soient tout  fait chines.

    Quoique Cornlie soit partie, le plaisir n'est pas parti avec
    elle; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le
    tire-bouchon amricain.

      (_Fantaisiste_, I, 179.)

TIRELIRE (Briser sa). Perdre son pucelage,--ce trsor que les mres
veulent forcer les filles  garder pendant seize ou dix-huit ans.

    _Maman, apprenez qu'un voleur
    M'a pris la pice qu'on admire;
    Mais ce qui me met en fureur,
    C'est qu'en brisant ma tirelire,
    Tout haut chantait le sacripant,
            Zi, zi, pan, pan!_

      L. FESTEAU.

TIRER. Baiser une femme.

    _Et dans un bois, je savais la tirer._

      E. DEBRAUX.

    _Aimes tu mieux en gamine
    Tirer l' coup du macaron?_

      SAUNIRE.

    _Montrez  ma mre
    Tout votre savoir,
    Elle va vous faire
    Tirer dans le noir._

      (_Les Archers de l'amour._)

    _A ce prix-l, dans toute la boutique
    De faire un choix j'eus la permission
    Et je montai pour tirer une chique..._

      (_Chanson anonyme moderne._)

    _Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chique,
    Dit un futur Gerbier..._

      L. PROTAT.

    _Rclamant aux vieillards libidineux ses gants,
    Et tirant tous les jours des coups extravagants._

      A. GLATIGNY.

    _J' vois que vous y prenez got.
    Mais je n' tir' jamais qu'un coup._

      F. DE CALONNE.

TIRLIBERLY. Mot forg pour dsigner le membre viril.

    _Et retrouss jusqu'au tirliberly,
    En laisse voir un tout des plus superbes._

      GRCOURT.

TIV. Anagramme de _vit_.

    _Polidor, amoureux d'une beaut sauvage,
    Prit en sa main son tiv rouge comme un tison,
    Et dit: Faut-il, hlas! que je meure en servage,
    Ayant dedans ma main la clef de ma prison!_

      GOMBAULD.

TOISON. Les poils qui garnissent l'entre du con.

    _Pour garder certaine toison,
    On a beau faire sentinelle,
    C'est temps perdu lorsqu'une belle
    Y sent grande dmangeaison._

      LA FONTAINE.

    _Au soleil tirant sans vergogne
    Le drap de la blonde qui dort,
    Comme Philippe de Bourgogne
    Vous trouveriez la toison d'or._

      TH. GAUTIER.

    _Va sur Acomat au poil raide,
    Sur Fatime,  la toison d'or._

      B. DE MAURICE.

TOMBER SUR LE DOS. Se faire baiser.

    Tiens! v'l Victoire qui _roule sa bosse_.

    --Pauvre fille! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort
    jamais.

    --Parbleu! elle sera tombe dans l'escalier; c'est l qu'elle
    aura attrap a.

      (_Souvenirs de carnaval._)

    _Mais aussi qui ne tombe pas
    Au premier mot qu'on lui dise._

      BUSSY-RABUTIN.

    Ce sont filets et piges pour donner le saut et faire tomber  la
    renverse les femmes et les filles.

      NOEL DU FAIL.

TORDION. Vieux mot signifiant remuement, employ pour exprimer les
mouvements lascifs faits dans l'acte vnrien.

    _Et inventa la bonne dame
    Mille tordions advenants,
    Pour culeter  tous venants._

      CL. MAROT.

    Il semble  ce pauvre homme qu'elle avait appris ces tordions
    d'un autre matre que lui.

      B. DESPERRIERS.

    Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de
    remuement non accoutum de faire aux nouvelles maries.

      BRANTME.

    Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tte, ce qui me fait
    croire qu'elle a oubli tous ces petits tordions et gaillards
    remuements, qui chatouillent la jeunesse.

      P. DE LARIVEY.

TORTILLER DU CUL, ou DES FESSES. Se trmousser sous l'homme.--Hsiter,
faire des manires.--On dit aussi: tortiller de la crinoline,
c'est--dire: se dhancher, soit en dansant, soit en marchant pour
allumer les galants.

      _Quand on va boire  l'Ecu
    N' faut pas tant tortiller du cu._

      VAD.

    _Quand tout sommeille aux alentours,
    Hortense, se tortillant d'aise,
    Dit qu'elle veut que je la baise
            Toujours, toujours._

      A. PRIVAT D'ANGLEMONT.

    _Au mich je sais battre un ban;
    Je sais tortiller de l'chine._

      (_Chanson anonyme moderne._)

TOUCHER. Faire l'acte vnrien.

    La belle fille qui voulait tre touche au bas du ventre.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Ecoute, mon mignon, contemple
    Du bon Joseph les saints exemples,
    Qui ne toucha sa sainte dame._

      JODELLE.

    _Mais si un amoureux la touche,
    Elle repartira du cu,
    Encore mieux que de la bouche._

      (_Cabinet satyrique._)

    O le mari, parce qu'il la touchait quelquefois, pensait avoir
    part.

      BRANTME.

    _N'ayant touch que vous, je n'en puis rien savoir._

      J. DE SCHLANDRE.

    Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.

      TALLEMANT DES RAUX.

    _Il ne lui touche point, vit dedans l'abstinence._

      LA FONTAINE.

    _Phbus, au mme tat o je me suis couche,
    Me trouve le matin sans que l'on m'ait touche_

      (_pigrammes._)

    Elle lui dit que s'il la touche, elle criera.

      CH. SOREL.

            _Femme gentille et sage
    Est un trsor; mais il n'y touche point._

      PARNY.

TOUCHER (Se). Se livrer  la masturbation,  ce plaisir solitaire que
Martial appelle si justement _gaudia foeda_, et dont tant de jeunes
gens sont morts,--sans compter le compositeur Bellini. Les murs
de Paris ont t longtemps couverts de cette lgende: _Galimard se
touche_. Serait-ce vrai, Seigneur!

TOUCHER LA GROSSE CORDE. Patiner le membre viril et le faire rsonner
sur le ventre.

TOUPET (Avoir du). Avoir la motte bien garnie.

    Ce n'est point l le conin que vous aviez au couvent; il n'y
    avait que du poil follet, du duvet, et je tiens l un toupet. Un
    vrai toupet.

      LA POPELINIRE.

TOUPIE. Femme de mauvaise vie, mais de bonne volont, qu'on fait
tourner comme on veut--en y mettant le prix.

    Misre et corde! c'est dj des histoires pour des toupies.

      GAVARNI.

TOUR DE BITUME. Promenade des filles sur les boulevards, pour
raccrocher des hommes et les ramener, soit au bordel, si elles sont en
maison, soit dans leur appartement lorsqu'elles sont chez elles.

    Allons! voil mon tour de bitume arriv... Au persil! au
    persil!...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

TOUR DE FESSE. L'acte vnrien.

    _Francine, trop chaude du cu,
    Pour mieux couvrir ses tours de fesse,
    Voulait pouser un cocu._

      THOPHILE.

TOURNER DE L'OEIL, TOURNER LA PRUNELLE. Montrer le blanc des yeux en
jouissant.

    _Tu tournes la prunelle...
    Tu vas jouir... ma belle..._

      MARC-CONSTANTIN.

TRACASSER LES COUILLES D'UN HOMME. Lui faire patte d'araigne, afin de
le faire bander lorsqu'il est rfractaire.

    De l'autre main tracasse-moi les couilles... l... l... tout du
    long.

      LA POPELINIRE.

TRANE. Fille de mauvaise vie, qui trane sa jeunesse quand elle est
jeune, sa beaut quand elle en a, dans tous les endroits o vont les
hommes et o elle ne devrait pas aller.

    Elle sera heureuse avec lui... si elle ne fait pas la trane
    avec lui, par exemple.

      EUG. VACHETTE.

TRANER SON BOULET (ou sa chane). Terme populaire qui signifie: avoir
toujours sa femme lgitime au bras, sur le dos, ou sous la pine.--Le
mariage tant une chane, on en a pour jusqu' la fin des jours de l'un
ou de l'autre.

TRAITS. Infidlits qu'un homme fait  une femme, ou une femme  un
homme; coups tirs illgalement.

    Son mari lui avait fait tant de traits qu'elle l'avait quitt.

      CHAMPFLEURY.

                  _. . . Devant monsieur le maire
    J'ai solennellement promis de ne pas faire
    De traits  mon poux..._

      L. PROTAT.

TRAVAIL. Prostitution; fouterie intresse.

    _Au nom de Dieu, dedans le tte--tte,
    A ton flneur donne de l'agrment;
    Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette,
    Que t'es pas l pour ton amusement._

      L. FESTEAU.

    Que tu travailles bien aussi!... fort! fort!... ma mignonne, tu
    me ravis!...

      LA POPELINIRE.

    _Tu passes toutes tes soires
    Chez Dautun le marchand de vin:
    Les autres femmes, plus ruses,
    Travaillent du soir au matin._

      DUMOULIN.

                _Epous's d'ultras,
                Nic's de prlats,
    Tout a travaille et n' se numrot' pas._

      BRANGER.

    _O femelle divine,
            Crois-moi!
    Fais travailler ma pine
            Sur toi!_

      EUG. VACHETTE.

TRMOUSSER (Se). Jouer des fesses et des reins. S'agiter sous
l'homme,--ou sur la femme, selon le plaisir que l'on ressent et que
l'on veut faire partager, afin d'arriver  la jouissance mutuelle.

    _Amusez-vous, trmoussez-vous,
          Amusez-vous, belles;
    Amusez-vous, ne craignez rien,
          Trmoussez-vous bien._

      DSAUGIERS.

    _Quoiqu'us, le vieux Mondor
      Pour Lisette soupire;
    L'ge a rouill son ressort,
    Mais il se trmousse encor...
              Pour rire._

      PITON.

TRENTE POINTS (Les) qui constituent la beaut des femmes, sont,--je
cite d'aprs Brantme:

    Trois choses blanches: la peau, les dents et les mains.
    Trois noires: les yeux, les sourcils et les paupires.
    Trois rouges: les lvres, les joues et les ongles.
    Trois longues: le corps, les cheveux et les mains.
    Trois courtes: les dents, les oreilles et les pieds.
    Trois larges: la poitrine, le front et l'entre-sourcils.
    Trois troites: la bouche, la ceinture et le con.
    Trois grosses: le bras, la cuisse et le mollet.
    Trois dlies: les doigts, les cheveux et les lvres.
    Trois petites: les seins, le nez et la tte.

TRIBADE. Mot grec ([Grec: tribos]) signifiant une femme qui abuse de
son sexe avec une autre femme.

    Les tribades s'adonnent  d'autres femmes ainsi que les hommes
    mmes.

      BRANTME.

            _Tribades, mes amours,
            Sacrifions toujours
            Dans ce temple o Venus
    Garde pour nous ses trsors inconnus._

      J. DUFLOT.

    Tribadie: amour d'une femme pour une autre, trs rpandu dans les
    pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

      Comtesse DE N***.

    _Dans cette Grce aujourd'hui qu'on renomme
    Que faisiez-vous, vierges du Parthnon?
    Que faisiez-vous,  vestales de Rome?
    Vous tribadiez en l'honneur d'Apollon._

      J. DUFLOT.

TRICHER. Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l'homme  se
retirer au moment o il va dcharger son sperme, pour ne pas s'exposer
 faire d'enfants,--ce qui est peut-tre prudent, mais, en tout cas,
malhonnte, volant qui triche.

    _Pour nous, femmes sages,
    Hors de nos mnages,
    Il faut jouir peu,
    Ou tricher au jeu.
    Tricher! quelle gne!
    On conoit sans peine,
    Quand on est expert,
    Tout ce qu'on y perd._

      BRANGER.

TRICOTER DES FESSES. Les remuer vivement dans l'acte vnrien, pour
mieux jouir ou pour mieux faire jouir l'homme.

TRIPIRE. Femme ou fille  la gorge mal faite,--ou trop fournie.

    Madame de Bassompierre, qui n'tait ni jeune ni belle, et qui
    n'avait pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne
    manquait pas de galants... Le Plessy-Gungaud s'amusait  payer
    cette grosse tripire comme un tendron, parce qu'elle tait de
    qualit.

      P. DUFOUR. (_Hist. de la prostitution._)

TRIPOTER UNE FEMME. Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul
et les ttons.

            _Je tripote,
            Je bahote
    Prs de la cambuse aux crottes._

      (_Parnasse satyrique._)

TRIQUEBILLES. Vieux mot employ pour dsigner les testicules.

    _Qu'on me coupe les triquebilles!_

      (_Cabinet satyrique._)

TROISIME SEXE (Le). Celui auquel appartiennent les pdrastes et les
gougnottes.

    --Je ne mne pas l votre seigneurie, dit-il, car c'est le
    quartier des tantes,--Hao! fit lord Durham, et qu'est-ce?--C'est
    le troisime sexe, milord.

      H. DE BALZAC.

TROMPER D'ENDROIT (Se). Enculer une femme, au lieu de la baiser,--ce
qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnte homme.

    _Comm' c'est chaud! comm' c'est troit!
    Tiens! je m'suis tromp d'endroit!
    J'ai fait un' fameus' btise,
              Mamzell' Lise..._

      A. DE CALONNE.

    _Me voyant trait d'la sorte,
    Il dit qu'il s'est tromp d' porte,
    Et veut m' fourrer son outil
    Dans un trou qu' j'ai sous l' nombril._

      (_Parnasse satyrique._)

TRNE DU PLAISIR. La nature de la femme.

    _Si mes voeux prs d'Egl sont toujours superflus,
    Du trne du plaisir si sa main me repousse._

      COLLARDEAU.

TROU. La nature de la femme, ou l'anus.

    Les grands trous leur sont odieux, dplaisants et dsagrables.

      (_Varits hist. et litt._)

    _Nenni, non. Et pourquoi? Pour ce
    Que six cus sauvs m'avez,
    Qui sont aussi bien dans ma bourse
    Que dans le trou que vous savez._

      COLL.

    _Le bout tait trop gros, ou le trou trop petit._

      PIRON.

    Il fallut donc recourir aux verges... dont je vis bientt les
    effets, par la croissance de l'allumelle de mon homme, qui,
    profitant du moment... commena  jouer au trou-madame.

      (_Mmoires de miss Fanny._)

    _Je m'y pris avec tant d'adresse
    Qu'elle me dit, plein' de tendresse;
    Je t'accord' le droit marital.
    Puis elle ajouta, pour final:
    Tu sais le ct qui me blesse,
    Ah! ne va pas dans le trou d' bal!_

      (_Chanson anonyme._)

    _Au sminaire de Montrouge...
    Chacun, en amateur de cul,
    Loin de jouer au trou-madame,
    Jouait toujours au trou du cul._

      (_Chanson anonyme moderne._)

              _... La langue franaise
    Est encore aujourd'hui si pauvre et si niaise,
    Qu'elle n'a vraiment pas deux termes pour nommer
    Ce petit trou mignon qui sait si bien charmer._

      L. PROTAT.

    Il se couche comme cela sur le ventre de la fille, et lui fourre,
    dans le trou par o elle pisse, ce long engin, avec le plus grand
    plaisir du monde.

      MILILOT.

    _Bernis chanta de Pompadour
    Les trous qu'avait forms l'amour
        Sur sa peau blanche et lisse;
    N'en dplaise  l'auteur galant,
    Moi, j'aurais chant seulement
            Le joli trou
            Dont je suis fou,
        Le joli trou qui pisse._

      J. CABASSOL.

TROUSSER (Se faire). Se faire baiser.

    _Mais aux champs une fillette
    Se fait volontiers trousser._

      DE LA FIZELIRE.

TROUSSER UNE FEMME. La baiser, la femme tant aussi vite baise que
trousse, ou femme trousse tant considre comme foutue.

    Quoi! tu te laisses trousser tout de suite?

      LA POPELINIRE.

    _Lise, indigne en sentant qu'il la trousse,
    Sans doute alors se livrait aux sanglots._

      BRANGER.

TURLUPINER. Agacer, ennuyer, taquiner quelqu'un par paroles:--badiner,
chatouiller, patiner ou peloter quelqu'un (gestes et attouchements
rciproques)--afin de baiser ou d'tre baise.

    _Finissez donc, dame Jacq'line,
    Disait gros Pierre; j' vas m' fcher,
    O diable allez-vous me nicher?
    J' n'aim' pas ainsi qu'on m' turlupine._

      BLONDEL.

L'auteur a parfaitement l'intention de faire dire au chanteur:

    _J' n'aim' pas ainsi qu'on m' tir' la pine._

TU VAS ME LE PAYER, AGLA! Expression familire aux filles et  leurs
_hommes_, pour signifier cinquante choses.--C'est l'quivalent de:
_As-tu fini!_ ou de: _Des navets!_




U


ULTRAMONTAIN. Employ pour dsigner un homme adonn au pch contre
nature.

    _L'ultramontain,  son culte fidle,
    La refusait, et mme avec ddain._

      PIRON.

USER (En). Faire l'acte vnrien.

    Comme si ce n'tait rien que d'enlever en une soire une jeune
    fille  son amant, et d'en user ainsi tant que l'on veut.

      DE LACLOS.

    _Lorsque Jean veut se reposer,
    S'il me plat encor d'en user._

      BRANGER.

USER DES DOIGTS. Masturber une femme ou un homme.

    _Pour vous en prendre  votre sexe,
    Avez-vous mis l'autre aux abois?
    C'est peu que votre main me vexe,
    Vous usez pour vous de mes doigts._

      BRANGER.




V


VACHE. Fille de la dernire catgorie,--par allusion  ses normes
ttons, sa seule beaut, et aussi  sa nonchalance de ruminante.

    _Comme on connat les seins, on les honore._

      (_Vieux proverbe._)

    Avoue, Zidore, que ta Fifine est une bonne vache, et une vache 
    lait encore.

      LIREUX.

VAGIN. La nature de la femme, qui sert d'tui (_vagina_)  la grosse
aiguille de l'homme.

    _Le Grec se sauve en Italie;
    Le morpion grimpe au vagin
    D'une fillette assez jolie._

      B. DE MAURICE.

VAISSELLE DE POCHE. L'argent ncessaire en amour--la _braise_ avec
laquelle on chauffe les femmes.

    Il a son charme, le mtier de mac, surtout au point d' vue d' la
    vaisselle de poche.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _A des pouilleux si tu t'accroches,
    Rappelle-toi qu'il t'en cuira
    Car l'amour sans vaissell' de poches,
            C'est du caca._

      E. DEBRAUX.

VALET DE COEUR. Le greluchon d'une femme entretenue,--qui serait mieux
appel _valet de cul_, puisqu'il doit tre toujours  la disposition de
sa matresse.

VALOIR LE COUP. tre passable.--Expression employe par l'homme, 
l'gard de toute femme qui, n'tant pas belle, a cependant quelque
chose qui plat:--_Elle vaut le coup_,--c'est--dire: elle mrite qu'on
la baise au moins une fois.

VAUTRER (Se). Faire l'acte vnrien.

    _Est-il honnte qu'un parent
    Dessus sa parente se vautre?_

      THOPHILE.

VEAU. Gourgandine, fille de la dernire catgorie,--sans doute
par allusion  sa chair fadasse, plus adipeuse que muscule, plus
lymphatique que sanguine, qui ne donne pas le moindre apptit.

    _Un soir,  la barrire,
            Un veau
    Tortillait son derrire
            Bien beau._

      EUG. VACHETTE.

    _O vous, jeunes tudiants,
    De veaux si vous tes amants,
    Craignez, craignez fort la vrole._

      A. WATRIPON.

VELLITS (Avoir, ou Se sentir des). Avoir envie de baiser une femme
quand on est homme, ou de se faire piner par un homme quand on est
femme.

    Ma chre amie, mes vellits sont passes: vous voudrez bien
    attendre qu'elles reviennent. Pour l'instant, laissez-moi dormir.

      J. LE VALLOIS.

VENDANGEUSE D'AMOUR. Fille ou femme qui a pour unique occupation
de vendanger l'amour et de tirer de la meule de son pressoir assez
d'argent pour ne pas tre oblige de faire autre chose; sa grappe est
sans cesse crase  coups de pine, et le jus qui en sort nous grise.

    _Ces femmes.......
    Sont des vendangeuses d'amour.
    Lorsque des vignes de Cythre
    On revient, c'est au petit jour,
    A pas press, avec mystre._

      A. DELVAU.

    _Mets  profit sa ngligence,
    Et sans alarmes jusqu'au jour,
    Viens vendanger en son absence
    Des fruits de plaisir et d'amour._

      PARNY.

VENDRE SA FLEUR. Se laisser dpuceler par un monsieur qui en a les
moyens.

          _Ces ouvrir's au gent minois
                Qu'on voit parfois,
                En tapinois,
    Vendre leur fleur jusqu' cent fois par mois._

      MILE DEBRAUX.

VENIR AU FAIT, AUX PRISES, ETC. Baiser,--qui est la conclusion
naturelle de toutes les minauderies de la femme et de toutes les
cajoleries de l'homme.

    Mais cependant, quand ce vient au fait, elles prouvent le
    contraire.

      MILILOT.

    Une jeune beaut s'tant rendue amoureuse d'un jeune homme bien
    fait, lui donna tant de liberts qu'ils en vinrent  l'abordage.

      D'OUVILLE.

    _Qu'avec l'abbesse un jour venant au choc._

      LA FONTAINE.

    _Il parle trop, dit Emilie,
    Et jamais il ne vient au fait._

      DAILLANT DE LA TOUCHE.

    _C'est assez parlement,
    Il faut en venir aux prises._

      (_La Comdie des chansons._)

    Le valet de l-dedans s'amouracha d'elle et elle de lui, de sorte
    qu'ils en vinrent aux prises.

      D'OUVILLE.

    La belle, quand ce vint aux prises, fit ouf.

      TALLEMANT DES RAUX.

    A peine lui donna-t-il le temps de se recoucher pour en venir aux
    prises.

      (_La France galante._)

    _Il la baisa pour en avoir raison,
    Tant et si bien qu'ils en vinrent aux prises._

      LA FONTAINE.

    Oh! monsieur, je vous remercie, nous en venons tous les deux, le
    clerc et moi.

      B. DESPERRIERS.

    Il lui demande si elle est en rsolution d'en venir aux prises.

      CH. SOREL.

VNUS POPULAIRE (La). La fille de trottoir, qui ne demande que deux
francs pour un voyage  Cythre.

    _Amour, empoisonne mes sens.
    Et toi, Vnus la populaire,
    A toi mon hymne et mon encens._

      A. BARBIER.

    _Ces rustiques Vnus qui font les innocentes._

      ANT. MRAY.

    _Faut t'voir valser, comm' t'es vive et lgre;
    Tous les garons disiont d' toi dans le pays,
    Qu' t'es t'un' vraie nymphe, un' Vnus potagre.
    J' n'en bois ni mange et j' n'en dors point les nuits._

      AD. PORTE.

    Nous avons eu depuis: la _Vnus aux carottes_.

VERGE. Le membre viril,--avec lequel on fouette le ventre des vierges;
_virga_, _virgo_.

    Il souhaitait qu'il pt abattre sa faim en se frottant le
    ventre, tout ainsi qu'en se frottant la verge, il passait sa rage
    d'amour.

      BRANTME.

    _L'acadmicien dit: mon vit. Le mdecin:
    Ma verge...._

      L. PROTAT.

VERGER DE CYPRIS. Le pnil, autrement dit la motte de la femme, o le
fruit d'amour rit aux yeux.

                _Lors elle lui donna
            Je ne sais quoi qu'elle tira
    Du verger de Cypris, labyrinthe des fes._

      LA FONTAINE.

VROLE. Maladie vnrienne, plus commune aujourd'hui que jamais, pour
laquelle il y a  Paris un hpital spcial, l'hpital du Midi.

    Cent escoliers ont pris la vrole avant que d'tre arrivs  leur
    leon d'Aristote _la Temprance_.

      MONTAIGNE.

    _Si j' suis paum, j'enquille aux Capucins,
          Ricord gurira ma vrole._

      DUMOULIN.

    _Vingt couches, autant de vroles
    Ont coutur son ventre affreux,
    Hideux amas de tripes molles
    O d'ennui bille un trou glaireux._

      ANONYME.

VEUVE POIGNET. La main qui sert  branler,--la premire matresse des
jeunes gens, comme le mdium est le premier amant de toutes les femmes.

    _Pour l'apaiser, je n'avais qu'une main:
    Je m'en servis pour cumer sa bile.
    Veuve Poignet, sans vous, qu'aurais-je fait?
    Mais avec vous, c'tait chose facile._

      ANONYME.

VZON. Fille publique--dans l'argot des voleurs.

    _Mon pre est maquereau, ma mre tait vzon.
    Moi j'ai reu le jour sous les toits d'un boxon._

      LOUIS PROTAT.

VIANDE. Femme publique.

    Je vais connatre cette maison et savoir quelle viande il y a 
    son tal,  cette boucherie-l.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

VIANDE DE L'HOMME (La). Son membre, dont les femmes sont si friandes et
qu'elles mettent si volontiers cuire dans leur four avec son jus.

    _Mais sans un bon morceau de viande,
    Fille a toujours le ventre creux._

      MARCILLAC.

    _Ainsi que l'a dit un grand saint,
    A l'homme s'il faut du bon vin,
    A la femme il faut de la viande._

      A. WATRIPON.

    _Pour moi, je ne suis point friande
    De tout ce gibier que l'on vend,
    Ne m'importe quelle viande
    Pourvu qu'elle soit du devant._

      THOPHILE.

    _Tu n' me l' mettras pas, Nicolas,
    Je n'aim' que la viand' frache._

      J.-E. AUBRY.

VICE (Avoir du, montrer du). Avoir l'esprit tourn vers les choses de
la fouterie; avoir pratiqu l'homme quand on est femme, la femme quand
on est homme.

    _Tout jeune, il montra bien du vice,
    Quand, perdu dans une fort,
    Au lieu du sein de sa nourrice,
    Il se ttait le flageolet._

      AL. POTHEY.

VICIEUX (tre un). Ne songer qu'aux choses de la fouterie.

    Qu'est-ce donc qui vous prend?... Vous tes donc aussi un
    vicieux?

      TISSERAND.

VIERGE. Fille qui n'est pas encore devenue femme, c'est--dire dont
le vagin n'a pas encore t habit par un membre viril,--mais dont
l'imagination a t hante par mille visions lubriques.

    _Non, je n'appelle pas vierge une jeune fille
    Qui donne des cheveux  son petit cousin,
    Ou qui, chaque matin, se rencontre et babille
    Avec un colier dans le fond du jardin._

      ALPH. KARR.

    Je veux mourir, si je me souviens d'avoir jamais t vierge!

dit Quartilla  Encolpe,--et beaucoup de femmes pourraient en dire
autant.

VIEUX MONSIEUR (Le). L'homme qui entretient une femme, pour le
distinguer du jeune--ou des jeunes--qu'elle entretient elle mme.

    _C'tait par un temps pluvieux,
    Nos bell's n'avaient pas leurs vieux._

      A. WATRIPON.

    _Celle-l, sur un lit nonchalamment couche,
    Par un vieux cupidon tait gamahuche._

      L. PROTAT.

    _A son ge, on n'a plus d'amour...
    --Oui, mais on a plus d'un caprice.
    Quand mon fils est par trop mchant,
    Tu sais comment je le corrige,
    --Eh! mais c'est ainsi, justement
    Que j'entretiens le sentiment
    De ce vieux monsieur qui m'oblige._

      (_Chanson anonyme moderne._)

    _Toinette, frache dondon,
    Chantait ainsi son martyre,
    Pensant  son vieux satyre...
    Tout en plumant un dindon._

      J. POINCLOUD.

VIGNE. Une femme; que l'on peut planter, cultiver, pour y grappiller
tout  son aise, avec les mains--et la queue.

    _Et dans la vigne du seigneur
    Travaillant ainsi qu'on peut croire._

      LA FONTAINE.

VIOLON. Membre viril,--instrument qui fait danser les femmes et les
filles.

    _Je jouais si vivement
            En c' moment,
    Qu' fatiguant mon bras,
    J'ai pour ses appas,
    Tant j' mettais d'action,
    Rompu mon vi_ (ter) _olon._

      LAURENT.

VIT. La partie qui fait les empereurs et les rois, la garce et le
cocu, dit le vertueux Pierre Richelet.

En voici la description, d'aprs l'auteur du _Noviciat d'amour_:

    Ce tube est le chef-d'oeuvre de l'architecture divine qui l'a
    form d'un corps spongieux, lastique, travers dans tous
    les sens par une ramification de muscles et de vaisseaux
    spermatiques. Il est,  son extrmit suprieure, surmont
    d'une tte rubiconde, sans yeux, sans nez, n'ayant qu'une petite
    ouverture et deux petites lvres, couvert d'un prpuce, retenu
    par un frein dlicat qui ne gne point le mouvement d'action
    et de rtroaction: au bas de cet instrument prcieux sont deux
    boules ou blocs arrondis, qui sont les rservoirs de la liqueur
    reproductive, qu'aspire et pompe votre partie dans le mouvement
    et le frottement du cot, _id est_, de la conjonction; ces deux
    boules enveloppent deux testicules, d'o elles ont pris leur nom,
    et sont soutenues par le _ralph_; on les nomme plus gnralement
    couilles et couillons.....

      MERCIER DE COMPIGNE.

On dit de quelqu'un qui rougit de chaleur, de honte, de colre, ou
pour toute autre cause: Il est rouge comme un vit de noce. (Dicton
populaire.)

    _L'acadmicien dit: Mon vit._

      L. PROTAT.

    _Ah! je n'y tiens plus! le cul me dmange...
    Qu'on m'aille chercher l'Auvergnat du coin...
    Car je veux sentir le vit de cet ange
    Enfoncer mon con--comme avec un coin._

      (_Parnasse satyrique._)

    _Si je quitte le rang de duchesse de Chaulne
    Et le sige pompeux qu'on accorde  ce nom,
        C'est que Giac a le vit long d'une aune,
        Et qu' mon cul je prfre mon con._

      COLL.

    _De Madeleine ici gisent les os,
    Qui fut des vits si friande en sa vie,
    Qu'aprs sa mort tout bon faiseur supplie
    Pour l'asperger lui pisser sur le dos._

      B. DESPERRIERS.

    _Quand votre vit,  jamais dsoss,
    Comme un chiffon pendra triste et pliss._

      (_Chanson d'tudiants._)

VITICULTURE. Culture des vits. Expression mise en usage par les
jardinires _-matrices_.--Ces dames, se basant sur ce que horticulture
signifierait: _culture_ des _orties_, ont cr la _viticulture_. Elles
s'y livrent, non-seulement sans crainte, mais encore avec le dsir
ardent d'tre souvent _piques_. Que la rcolte soit bonne ou mauvaise,
elles s'aident entre elles, et se prtent volontiers la main--pour
l'amour de l'art.

VOIR. Faire l'acte vnrien.

    _Vous languissez quelquefois
    A la cour plus de trois mois,
    Sans que l'heure se prsente,
    Et moi, bienheureux, je vois,
    Quand il me plat ma servante._

      (_Cabinet satyrique._)

    Vous avez t pour le moins six mois  la voir journellement.

      CH. SOREL.

    _Il dit que si je la vois
    En un mois plus d'une fois,
    Il m'en cotera la vie._

      SAINT-PAVIN.

    Le dernier homme que voit Fulvia, c'est toujours celui qu'elle
    croit destin par le ciel  perptuer sa race.

      DIDEROT.

VOIX (Avoir ou n'avoir pas de). Bien ou mal chanter sa partie dans le
duo de la fouterie.

    _Vous avez la courte-haleine:
    Parler d'amour une fois,
    C'est me donner la migraine!
    Monsieur n'a donc pas de voix?_

      COLL.

    _Avec moi que de fois
    Il a manqu de voix._

      BRANGER.

VOLAILLE. Femme plus que lgre, et mme un peu putain.

                  _... Eh bien, canaille!
    Va donc la retrouver, et que cette volaille
    (C'est mon plus cher dsir) cde  ta passion._

      L. PROTAT.

    _Ma danseus' m'a trait d' pochard,
        Moi j' l'ai trait' d' volaille._

      J. MOINAUX.

VOLUPT. Jouissance suprme obtenue, soit par la masturbation
personnelle, soit par le cot.

    _Et ce mange-l, plusieurs fois rpt,
    Au suprme degr porte la volupt._

      L. PROTAT.

VOU AU BLANC (tre). Vaurien qui ne sera jamais qu'un _mangeur de
blanc_: un maquereau.

VOYAGE  CYTHRE (Faire un). Baiser, l'acte copulatif se faisant d'une
ou plusieurs traites, selon la vigueur des deux voyageurs.

    Le marquis, qui croit qu'il s'agit d'un petit voyage  Cythre...

      JEAN DU BOYS.

WAGON. Femme de mauvaise vie,--de _dernire classe_.

Il y a aussi des _wagons de premire_, rservs aux gandins riches.




X


X. 23e lettre de l'alphabet.--Sert ordinairement de masque et de
pseudonyme aux dames ou demoiselles X..., lorsque MM. les chroniqueurs
redoutent les procs ou les coups de canne.




Y


YEUX BLANCS (Faire les). Se pmer sous l'influence de la jouissance
vnrique.

    La grisette, qui commence  faire ses yeux blancs...

      H. MONNIER.

YEUX DE CARPE (Faire des). Montrer le blanc des yeux, se pmer dans
l'acte copulatif.




Z


ZBRE. (Zef, zeb ou zif). Vit arabe, long, pointu et mince... _comme
bouriquot_...

    _Dit le Turco
        Bono._

    _Leila, tu le dis faible et ce grand point j'ignore
    Je connais le moyen de rendre un zbr' hardi._

      EM. DELORME. (_Chanson arabe._)

ZON (Faire). Foutre.

    _Vous avez l'oeil fripon,
    Ma charmante voisine;
    Si vous ne faites zon...
    Vous en avez la mine...
    Et zon zon zon, etc._

      LATTAIGNANT.


FIN




Note de transcription dtaille:

Les accents manquants dans les entres, crites en petite majuscules,
ont t ajouts. La ponctuation manquante dans les attributions a t
ajoute (parenthses, guillemets, points).

En plus des corrections des erreurs videntes introduites par le
typographe, les corrections suivantes ont t apportes:

  p. 7, ex haurire corrig en exhaurire;
  p. 9, plait corrig en plat (Qui se plat  l'affaire);
  p. 10, cor corrig en coeur (coeur tant mis l pour cunnus);
  p. 30, bon corrig en bons (de bons greniers);
  p. 37 cheveux corrig en cheveu (Avoir un cheveu);
  p. 57, conservation corrig en conversation
          (dans la conversation);
  p. 88, de corrig en des (La Comdie des chansons.);
  p. 101, Le corrig en Ce (Ce damoiseau);
  p. 119, oublirai corrig en oublierai
          (Mais j'oublierai cette folle);
  p. 121, La Fizelire. corrig en De la Fizelire.;
  p. 168, jeux corrig en jeu (Ce doux jeu);
  p. 187, veux corrig en veut (Et veut que chaqu' jour);
  p. 195, neufs corrig en neuf (Foutre des neuf);
  p. 195, aiselle corrig en aisselle (en aisselle);
  p. 205, Bienne corrig en Bien (Bien arranger un homme);
  p. 230, vos corrig en nos (A ceux qui dans nos bras);
  p. 243, pudibon corrig en pudibonds (des gens pudibonds);
  p. 267, Dhautel corrig en d'Hautel;
  p. 285, refuses corrig en refuse (Ne refuse pas votre bien);
  p. 344, Parce ajout dans Parce qu'enfin, voyez-vous,;
  p. 366, laissez corrig en laisser (Se laisser dpuceler).

Il manque vraisemblablement un mot dans la dfinition de Entre en
danse, en page 154: ...les agrments y [tants] attachs.

Le livre numris utilis comme source est disponible auprs de Galica:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50519s.





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