The Project Gutenberg EBook of Entre Nous, by Lucie Vos

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Title: Entre Nous
       Lectures Franaises  l'usage des ecoles primaires - I

Author: Lucie Vos

Illustrator: J. Berhardina Bokhorst

Release Date: November 10, 2013 [EBook #44157]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ENTRE NOUS ***




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  Au lecteur.

    Le texte en italiques dans l'original est indiqu ici comme
    _italiques_, le texte en gras comme =gras=. Dans BERH{A} le A
    est plac en exposant dans l'original.

    On trouvera d'autres prcisions  la fin du texte.




                              ENTRE NOUS.

                     LECTURES FRANAISES  L'USAGE
                         DES COLES PRIMAIRES.

                                  PAR

                               LUCIE VOS,
              PROFESSEUR  L'COLE SECONDAIRE DE LA HAYE.


       AVEC LA COLLABORATION DE JAN LIGTHART ET DE H. SCHEEPSTRA.
                 ILLUSTRATIONS DE J. BERH{A}. BOKHORST.


                  PREMIRE PARTIE.--DEUXIME DITION.


                    J. B. WOLTERS--GRONINGUE--1906.




                       Imprimerie J.-B. Wolters.




PRFACE.


Inspire par les si jolis ouvrages Nog bij Moeder, Dicht bij
Huis et De Wereld in nous avons voulu composer dans le mme genre
des livres de lecture destins  l'enseignement du franais.

Sollicits par nous, MM. LIGTHART et SCHEEPSTRA ont bien voulu nous
prter leur gracieux concours et c'est ainsi qu'est ne la srie de
rcits intitule Entre nous, srie dont nous prsentons aujourd'hui
la premire partie  ceux de nos collgues qui enseignent le franais.

Nous nous sommes propos de mettre les lves pour ainsi dire tout de
suite _en plein franais_. Ils rencontreront ainsi forcment quelques
difficults au dbut, mais

1. nous supposons qu'ils savent dj un certain nombre de mots et,
dans ses grandes lignes, la conjugaison des verbes,

2. nous donnons la traduction d'un grand nombre de termes et
d'expressions.

Lors de la lecture d'un ouvrage hollandais, les lves arrivent bientt
 savoir par coeur des fragments entiers. Ce qui est alors un
inconvnient, serait un avantage pour le prsent volume. Nous voudrions
mme recommander aux professeurs de rpter souvent les chapitres, pour
que les expressions deviennent vraiment la proprit de leurs lves.
Comme on le verra nous avons aussi rpt souvent les mmes expressions
dans le cours du livre. En outre nous avons intercal dans le texte
plusieurs posies empruntes  des recueils de chants franais,
posies que les lves pourront retenir avec la plus grande facilit.

Ces livres rpondront ainsi  deux buts: enrichir le vocabulaire des
enfants et les aider  se servir des expressions qu'ils possdent dj.

_La Haye_, novembre 1904.                                   LUCIE VOS.

       *       *       *       *       *

Nous avons remis dans cette partie les traits d'union, parce qu'en
France on les trouve dans la plupart des livres, malgr l'dit de
tolrance.

_La Haye_, mars 1906.                                       LUCIE VOS.




INDEX.


     Chap.                                  Page.

        I. Deux Parents et Deux Enfants         7
       II. Papa se fche                        8
      III. Voil ce que c'est!                  9
       IV. Marie couche le petit bless        10
        V. Voil le Docteur                    10
       VI. Le Docteur part                     12
      VII. Jean va  la cuisine                12
     VIII. Paul est guri, mais comment?       14
       IX. Une visite                          16
        X. Est-ce Paul qui chante?             18
       XI. Le vrai pre et la vraie mre       19
      XII. Papa n'a pas besoin de chanter      20
     XIII. Toute seule!                        21
      XIV. Son premier jour de classe          23
       XV. Un bon et un mauvais colier        25
      XVI. La Chanson du petit Pierre          27
     XVII. Quel vent dsagrable!              29
    XVIII. Quel vent dlicieux!                32
      XIX. Les Saisons                         33
       XX. Encore une petite fille             35
      XXI. Ninette                             37
     XXII. Ninette partie                      39
    XXIII. Marie regarde par la fentre        40
     XXIV. Marie sort                          42
      XXV. Il nous faut travailler tous        43
     XXVI. Le plus petit, le plus sage         46
    XXVII. Le Petit Poucet (suite)             47
   XXVIII. Le Petit Poucet (fin)               50
     XXIX. La Neige                            51
      XXX. Les Moineaux                        53
     XXXI. Quatre fois deux font sept          55
    XXXII. Le Th                              58
   XXXIII. Dans la Neige                       61
    XXXIV. Sur la Glace                        64
     XXXV. Il fait bien froid                  66
    XXXVI. Voici le Printemps!                 68
   XXXVII. Fleurs de Printemps                 69
  XXXVIII. Ce mchant Paul                     72
    XXXIX. A l'Ecole? ou chez nous?            74
       XL. La Sortie de l'Ecole                77
  Mots et Expressions                          81




I.


[Illustration: DEUX PARENTS ET DEUX ENFANTS.]

    Marie.  Je suis Marie.

    Jean.   --Et je suis Jean.

    M.      --Il est papa.

    J.      --Elle est maman.

    M.      --Paul et Alice
            Sont nos enfants.

    J.      --Le petit garon
            Est trs mchant!

    M.      --Il est gourmand!
            Mais notre fille,
            La petite Alice,
            Est trs gentille!




II. Papa se fche.


Le mchant petit Paul est mont sur la table, sa main est dans le
sucrier, et prend du sucre.

Papa lit son livre, maman regarde Paul.

[Illustration]

O Papa, dit Marie, regarde ce mchant garon. Il faut le gronder!

Jean ferme son livre, se lve et s'approche du petit gourmand.

Paul, viens ici!

Mais Paul ne vient pas. Papa dit encore une fois: Viens ici, Paul!

Mais la main du petit gourmand reste dans le sucrier.

Alors papa se fche et donne une tape au petit Paul.




III. Voil ce que c'est!


Oui, voil ce que c'est! Papa s'est fch, il a donn une tape au petit
gourmand. Alors, celui-ci est tomb par terre et il s'est cass le bras.

O Papa, dit Marie, veux-tu, s'il te plat, aller chez le docteur?
Regarde, le bras est cass. Le pauvre petit a bien mal!

--Oui, maman, dit Jean, je vais tout de suite chercher le docteur!

Alors, petit Jean ouvre la porte de la chambre et va dans le corridor.

[Illustration]




IV. Marie couche le petit bless.


Jean est sorti de la chambre. Il est all chercher le docteur.

Marie prend son petit garon et le couche dans le lit. Elle le borde
bien et lui parle.

Oh! oh! as-tu bien mal, pauvre petit? Pourquoi es-tu donc gourmand?
Pourquoi montes-tu sur la table et manges-tu du sucre? Voil ce que
c'est! Maintenant tu as bien mal. Mais, allons, ne pleure pas. Le
mdecin viendra tout  l'heure. Il te gurira. Sois sage et ne pleure
pas. Pauvre, pauvre petit!

[Illustration]




V. Voil le Docteur.


Bonjour, Madame. O est le malade?

--Bonjour, Docteur. Oh! que je suis contente de vous voir. Notre Paul
est bien malade. Il s'est cass le bras. Je l'ai couch dans son
petit lit. Il crie, tant il a mal.

--Ah! ah! comment est arriv cet accident?

--Oui, docteur, il tait mchant. Il tait mont sur la table pour
manger du sucre. Alors, papa s'est fch.

[Illustration]

Il lui a donn une tape et Paul est tomb par terre.

--Et o est son bras?

--Le voici, docteur. Le bras est encore entier et Paul n'est pas mort.
Ils vivent tous les deux, Paul et son bras. Pouvez-vous remettre le
bras?

--Oui, oui, a ira bien! Je gurirai ce petit garon.




VI. Le Docteur part.


Marie s'approche du petit lit. Elle sort Paul du lit. Elle l'embrasse,
puis elle le passe au docteur.

Voici mon cher petit garon, docteur. Gurissez-le bien vite, s'il
vous plat.

--Mais donnez-moi aussi le bras, Madame. Je le remettrai et je vous
rapporterai le cher petit, guri.

--Oh oui, c'est a docteur, je serai si heureuse!

Elle embrasse encore son petit Paul. Puis le docteur part, en portant
le bless sur le bras droit et en tenant le bras cass de la main
gauche.

Au revoir, Madame,  bientt!

--Au revoir, Monsieur le Docteur, et merci!




VII. Jean va  la cuisine.


Jean va  la cuisine. Il a mis le chapeau de son Papa.

Rose, la bonne, est en train de peler des pommes.

Tiens, tiens, dit-elle, quel est ce monsieur qui entre dans ma cuisine?

--Je suis le docteur, dit Jean.

--Ah! ah! vous tes le docteur? Et monsieur le docteur vient peut-tre
chercher une pomme?

--Non, Rose, je ne viens pas chercher une pomme, mais un bout de
ficelle.

--Un bout de ficelle, pourquoi faire?

--Pour rparer Paul.

--Tiens, Paul s'est donc cass le bras? Est-il tomb?

--Oui, Rose, il est tomb de la table. Je suis le docteur et je le
gurirai, ce pauvre petit bless. Mais c'est bien difficile. Avez-vous
un bout de ficelle?

[Illustration]

Rose cherche dans le tiroir de la table et trouve une ficelle.

Voil une jolie ficelle, Monsieur le docteur, dit-elle.

--Merci beaucoup, Rose!

--Et voil aussi une belle pomme pour le petit malade.

--Oh merci! mais il est trop malade pour manger des pommes. Je la
mangerai avec Marie.

Jean met la pomme dans sa poche. Il prend la ficelle et l'attache
autour du poignet de Paul, puis autour de son corps. Maintenant le bras
est attach au corps. Le mdecin et le malade retournent chez la maman.

Au revoir, et merci, Rose!

--Au revoir, Monsieur le Docteur, bien des choses  Madame.




VIII. Paul est guri, mais comment?


Jean rentre dans la chambre.

Ah! bonjour, Monsieur le Docteur, dit la maman. Mon cher petit garon
est-il guri?

--Oui, Madame, Paul est tout  fait guri.

--Oh! quel bonheur! crie Marie.

Viens, mon petit Paul!

Mais quand elle voit le bras, Marie devient toute triste.

O Monsieur le Docteur, dit-elle, le bras de Paul est retourn. La main
tient  l'paule. Paul ne peut plus se servir de sa main.

--Oh! a ne fait rien, Madame, dit le docteur. Maintenant Paul ne
pourra plus mettre la main dans le sucrier. Voil ce que c'est, petit
gourmand, dit-il  Paul, mais regarde, ta pauvre maman est toute
triste; tiens, elle pleure! embrasse-la.

Mais Paul n'embrasse pas sa maman.

--Oui, Docteur, dit la maman, je pleure. Paul ne peut plus prendre
de sucre, c'est vrai, mais comment fera-t-il pour travailler plus tard?

--Ah Madame, ne pleurez pas. Paul sera chanteur plus tard, alors il
n'aura pas besoin de son bras.

[Illustration]

--Tiens, c'est vrai, Docteur. Que je suis contente! a ira trs bien.
Le petit Paul sera donc chanteur.

--Allons, au revoir, Madame.

--Adieu, Monsieur le Docteur, et merci, merci beaucoup!




IX. Une visite.


Jean, le docteur, va partir, mais la porte s'ouvre et deux enfants
entrent dans la chambre. L'an est un petit garon de dix ans. Il
s'appelle Louis. L'autre, c'est Henriette, une petite fille de huit
ans, je pense. Ils sont frre et soeur et Marie et Jean sont leur
cousine et leur cousin.

Bonjour, dit Louis en entrant dans la chambre.

--Bonjour, dit aussi Henriette,  quoi jouez-vous donc?

--Nous jouons au docteur, dit Jean. Moi, je suis le docteur et j'ai
guri le bras de Paul.

--Oui, ajoute Marie, mais il l'a mal remis.

--a ne fait rien, s'crie Jean. Maintenant Paul sera chanteur.

Louis et Henriette se mettent  rire en voyant Paul. Puis Louis prend
le petit chanteur et dit:

Allons, il va nous chanter une jolie chanson! Il pose le petit Paul
sur une chaise, le dos appuy au dossier.

Que voulez-vous chanter, monsieur le chanteur?

Paul ne rpond pas.

Que savez-vous chanter?

Paul ne rpond toujours pas.

Nous l'aiderons un peu, dit alors Louis; et il se met  chanter une
petite chanson.

[Illustration]

Et Marie croit vraiment que c'est son petit garon qui chante.




X. Est-ce Paul qui chante?


Louis se met  chanter. Bientt Henriette chante aussi, ainsi que Jean,
notre petit docteur.

Et Marie? Elle croit toujours que c'est Paul qui chante et elle en est
trs contente. Pourtant elle se met aussi  chanter le second couplet,
car elle connat la chanson.

Et qu'est-ce que Paul chante donc? Ecoutez ces quatre petites voix et
alors vous le saurez.

    COCORICO.

    [Musique]

    Les coqs toujours  voix pleine,
    Vont chantant Cocorico,
    Ayant  picot leur graine,
    Ils chantent cocorico!
    Ayant bu  la fontaine,
    Ils chantent cocorico.

    Le beau soleil luit  peine,
    Leur voix dit: cocorico!
    S'il va pleuvoir dans la plaine,
    Leur voix dit: cocorico!
    Enfin, toute la semaine,
    Toujours, c'est: cocorico!




XI. Le vrai pre et la vraie mre.


[Illustration]

Dans la chambre d' ct, sont assis les parents de Jean et de Marie.
Ils prennent une tasse de th. Le pre lit le journal et la mre
crit une lettre. Maman pose son porteplume et demande: Veux-tu encore
une tasse de th, papa?--Oui, rpond papa, mais sans sucre, s'il te
plat, et trs peu de lait!--Veux-tu encore un petit-four?--Non! merci,
car j'ai un peu mal aux dents.

Maman verse alors une tasse de th et papa lit son journal en fumant un
cigare.

Comme les enfants font du bruit! dit papa, qu'est-ce qu'il y a donc?

--Louis et Henriette sont avec eux. Ils jouent  l'cole, je pense.
Mais ils chantent si fort. Allons voir un peu ce qu'ils font!

Papa et maman se lvent pour aller voir les enfants. Mais la porte est
ferme. Ils s'arrtent et coutent.

Maintenant ils entendent le joli chant. Papa oublie qu'il a mal aux
dents: le chant est si gai!

Il ouvre doucement la porte et que voit-il? Il voit quatre enfants qui
chantent et une poupe qui ne dit rien.

Mais quand les parents entrent, les enfants aussi s'arrtent de
chanter. Tous les cinq ne disent plus rien maintenant.




XII. Papa n'a pas besoin de chanter.


Qu'est-ce qu'il y a donc? demande papa.

Les quatre enfants clatent de rire.

Eh bien! demande maman, que faites-vous? Jouez-vous  l'cole?

--Oh non, maman, dit Marie, Paul chante.

--Paul, demande papa, qui est-ce?

--C'est la poupe de Marie, rpond maman.

--Non! s'crie Marie, c'est mon fils et il s'est cass le bras. Jean
l'a mal remis, et maintenant il faut que Paul chante.

--Il faut qu'il chante parce que son bras est mal remis? Je n'y
comprends rien, dit papa.

Maintenant Jean raconte toute l'histoire.

Ah! ah! je comprends, dit papa. En voil un beau docteur!

--Mais c'tait si difficile! dit Jean. La ficelle glissait tout le
temps. Alors j'ai mis la ficelle autour du poignet, j'ai retourn le
bras et je l'ai attach  l'paule.

--Tiens, tiens, tu es un drle de docteur. Je ne te demanderai pas de
m'arracher ma dent. Tu m'arracherais peut-tre la langue au lieu de la
dent.

--Oh! s'crie Marie, a ne fait rien, petit pre, car tu n'as pas
besoin de chanter comme Paul.




XIII. Toute seule!


Quinze jours aprs, Marie tait toute seule dans la chambre avec ses
deux poupes. Mais o tait donc Jean? Jean tait all pour la
premire fois  l'cole. Marie en tait trs triste. Elle se sentait
si seule! Jean savait si bien jouer au pre, au docteur, au cocher ou
au cheval. Et voil qu'il tait parti! Qui serait maintenant pre, ou
docteur, ou cocher, ou cheval?

[Illustration]

Paul, le chanteur, tait assis dans sa petite chaise, mais il ne
chantait pas. Etait-il triste aussi parce que Jean n'tait pas l?

Marie le sortit de sa chaise et le prit par la main: elle allait se
promener un peu avec lui. Elle prit Alice par l'autre main.

Alice tait toujours sage: elle ne mangeait pas de sucre, elle ne se
cassait pas le bras, elle n'avait pas besoin du docteur, elle tait
trs gentille.

Mais o va Marie? Elle va conduire Paul  l'cole. Il sera chanteur,
c'est vrai, mais il faut qu'il apprenne  lire,  crire et  calculer.

Elle sonne au bouton de la porte, puis elle dit:

Bonjour, Monsieur, je viens conduire Paul  l'cole. Voulez-vous le
recevoir?

--Oui, Madame, dit la mme petite voix, mais d'un ton plus bas.

--Le voici, Monsieur. Il faut qu'il devienne chanteur. Mais il faut
aussi qu'il apprenne quelque chose. Voulez-vous lui donner des leons?

--Oui, Madame.

--Voulez-vous lui apprendre  lire?

--Oui, Madame.

--Et  crire?

--Oui, Madame.

--Et  calculer?

--Oui, Madame.

--Alors, je m'en vais. Au revoir, Monsieur! Au revoir, Paul!

Elle pose Paul par terre dans un coin et elle s'en va avec Alice.

Maintenant elle est encore plus seule. Pauvre petite!




XIV. Son premier jour de classe.


Aujourd'hui, notre docteur de six ans est all pour la premire fois 
l'cole. Il a suspendu son capuchon et son bret au portemanteau. Et
maintenant il est assis dans son banc et il ne dit rien.

Il y a encore d'autres nouveaux. Il y en a trente dans la classe et
tous ont l'air un peu timides.

Quel ge avez-vous? demande le matre en regardant Jean.

--J'ai six ans, Monsieur.

--Et comment vous appelez-vous?

--Je m'appelle Jean-Guillaume La Harpe.

--Ah! ah! vous vous appelez La Harpe! Alors vous savez faire de la
musique sans doute?

--De la musique, Monsieur?

--Mais oui, jouer de la harpe!

Jean se mit  rire.

Ou bien, savez-vous peut-tre chanter trs joliment?

Jean se mit encore  rire.

Allons, chantez-nous une jolie chanson!

Jean se mit  chanter. Sa petite voix tremblait un peu, mais pourtant
c'tait bien joli. Et que chantait-il? La mme chanson que Paul avait
chante. Ecoutez:

    Les coqs toujours  voix pleine
    Vont chantant: cocorico!

Trs bien! c'est trs joli! dit le matre. Et tous les enfants
trouvaient la chanson bien jolie.

Qui sait une autre chanson? demande le matre.

Un autre garon leva le doigt et dit:

Moi, Monsieur!

--Comment vous appelez-vous?

--Pierre Nicole, Monsieur.

--Eh bien, Pierre, commencez.

Et Pierre rcita:

    Je m'appelle Pierre Nicole,
    Je vais maintenant  l'cole.

--C'est tout? dit le matre.

--Oui, Monsieur, c'est tout!

--Et qui t'a appris cette belle posie?

--C'est mon pre.

--Alors ton pre sait faire de jolies posies. Moi, je t'apprendrai une
posie sur un autre petit Pierre.

Jean s'amusait beaucoup en classe. En rentrant, ses joues taient
toutes rouges, tant il s'tait amus.

Sais-tu, maman, dit-il, le matre nous apprendra une posie sur Pierre
et je te la rciterai alors!




XV. Un bon et un mauvais colier.


Et qu'est-ce que Paul avait appris  l'cole? Aussi de jolies chansons,
peut-tre? Monsieur avait promis de lui apprendre  lire,  crire et 
calculer. Mais Paul tait sans doute trs bte, car il ne disait pas un
mot quand Marie lui demandait quelque chose.

As-tu bien travaill en classe?

Paul ne disait rien.

Sais-tu lire maintenant?

Paul se taisait toujours.

Alors Marie se fcha. Elle allait le prendre par le bras et le secouer,
mais tout  coup elle se rappela qu'il n'avait qu'un bon bras. Elle le
laissa donc assis par terre et le gronda seulement.

Heureusement, la porte s'ouvrit et Marie vit entrer Louis. Elle
n'tait plus seule.

O Louis, dit-elle, Paul est si bte, il n'apprend rien!

--Alors, moi je sais une posie d'un autre Paul, dit Louis. Veux-tu que
je la rcite? Cela aidera peut-tre un peu ton petit Paul  toi.

--Oh! je veux bien! dit Marie.

[Illustration]

Paul et Marie coutaient de toutes leurs oreilles et Louis dclama:

    LE BON COLIER.

    Le soleil a dor la plaine,
    Petit Paul s'veille joyeux;
    Tous les jours, il quitte sans peine
    Son oreiller doux et soyeux.

    Au plus vite, il fait sa toilette,
    Car il sait que son teint vermeil
    Vient surtout de sa peau bien nette
    Et de ses jeux au grand soleil.

    Petit Paul embrasse sa mre,
    A l'cole il s'en va chantant;
    Si l'tude est parfois amre,
    Le savoir fait le coeur content.

Marie trouvait la posie trs jolie.

Seras-tu aussi un bon colier, mon petit Paul? demanda-t-elle.

Mais Paul ne disait rien.




XVI. La Chanson du petit Pierre.


Quelques jours aprs, Jean rentra de l'cole. Maintenant il savait la
chanson du petit Pierre. Il savait la rciter et la chanter. Il tait
bien content.

Petite Mre, dit-il, coute bien. Je vais te rciter ma posie.

Et Jean se mit  rciter:

      Petit Pierre,
      La lumire
      Dj luit:
      Hors du lit!
    Notre coq claironne,
    La cloche rsonne:
      Dig, din, don!
      C'est le matin,
      Tin, tin, tin, tin!
      Rveillez-vous!

Et maintenant je sais encore le second couplet, maman. Veux-tu que je
le rcite?

--C'est a, mon petit, j'coute!

Et Jean poursuivit:

      Ma petite
      Marguerite,
      Lve-toi,
      Avec moi!
    Notre chvre ble,
    La cloche t'appelle:
      Dig, din, don!
      C'est le matin!
      Tin, tin, tin, tin!
      Rveillez-vous!

Et veux-tu que je te la chante maintenant? demande Jean.

Et sans attendre la rponse, notre colier chanta le petit air suivant:

    [Musique]

      Petit Pierre,
      La Lumire,
      Dj luit,
      Hors du lit.
    Notre coq claironne,
    La cloche rsonne:
      Dig, din, don!
      Dig, din, don!
      C'est le matin,
      Tin, tin, tin, tin!
      Rveillez-vous?
      Rveillez-vous!

(Cet air se chante aussi en canon.)




XVII. Quel vent dsagrable!


Oh! quel vilain temps! Il pleuvait, et il faisait du vent. C'tait en
novembre et un vrai temps de novembre. De la pluie et du vent! Et le
vent vous chassait la pluie dans la figure.

Par ce vilain temps, Jean devait aller en classe. Naturellement, il
ne voulait pas rester  la maison.

Reste chez nous, dit Marie; nous pourrons alors jouer ensemble et bien
nous amuser.

Mais non! Jean a trop peur que les autres enfants apprennent quelque
chose de nouveau. Et alors il serait en retard. Il ne pouvait pas dire,
comme dans la posie de Louis, Si l'tude est parfois amre, car pour
lui l'tude tait encore trs amusante!

Il irait donc  l'cole, et Rose, la bonne, le conduirait. Jean
boutonna bien son capuchon et tira son bret par dessus ses oreilles.
Rose ouvrit son parapluie et les voil partis, bras dessus, bras
dessous.

Tant qu'ils taient dans la rue, entre les maisons, tout alla bien. Ils
avaient le vent dans le dos et Rose tenait donc le parapluie derrire
leurs ttes. C'tait mme trs amusant et trs commode ce vent qui vous
poussait! Rose riait et Jean dansait sur le trottoir.

Mais hlas! voil qu'ils arrivrent au coin de la rue et alors le
plaisir tait fini, du moins pour Rose. Tout  coup le vent souffla
d'un autre ct. C'tait comme s'il venait de tous les cts  la fois.
Rose ne pouvait plus tenir le parapluie: elle rsolut de le fermer.
Mais il tait trop tard! Le vent souffla dans le parapluie et crac! le
voil retourn!

[Illustration]

Et Rose? La pluie la mouillait tout  fait et le vent lui arrachait
presque le parapluie des mains. Et le pauvre petit Jean ne voyait plus
o il tait car le vent avait retourn son capuchon sur sa
tte. Il essayait de rabattre son capuchon, mais en vain!

Heureusement un sergent de ville arriva. Il tint le parapluie de
l'autre ct, de sorte que le vent lui-mme retourna les baleines et
l'toffe. Puis il rabattit le capuchon et l'on vit sortir la tte de
Jean.

Merci, merci, dit Rose. Quel vent dsagrable!

--Merci, dit aussi Jean, mais lui il ajouta: Comme ce vent est amusant!




XVIII. Quel vent dlicieux!


Bientt ils taient arrivs  l'cole. Jean entra et Rose retourna
 la maison. Heureusement il ne pleuvait plus. Rose ferma donc son
parapluie. Mais il faisait toujours du vent.

A l'cole, tout tait tranquille. Le vent ne pouvait pas y entrer.
Pourtant, chaque fois que la porte s'ouvrait, le mchant vent essayait
d'entrer. Alors il soulevait les capuchons et les manteaux suspendus
dans le vestibule de l'cole. Et quand il pouvait entrer en classe, il
retournait mme les feuilles des livres. Alors, on lui fermait vite la
porte au nez. L'cole tait pour les enfants. Monsieur le vent devait
rester dehors. C'tait l sa place. L, il pouvait jouer, chasser
et taquiner autant qu'il le voulait. Et c'est ce qu'il faisait! Il
soufflait dans les rues et par dessus les toits. Et il soufflait
aussi dans les arbres qui taient dans le jardin de l'cole. Il les
attrapait et les secouait et alors la cime penchait  droite et 
gauche, les branches craquaient et les pauvres feuilles mortes,
arraches des branches, s'envolaient partout. Elles ne savaient pas
o aller, les feuilles et, dans leur frayeur, elles entraient en
classe par la fentre ouverte. Alors les enfants clataient de rire et
levaient leurs petites mains pour les attraper au vol.

Il tait vraiment bien amusant, le vent!




XIX. Les Saisons.


Les enfants s'amusaient beaucoup et avaient attrap bien des feuilles
qu'ils montraient  leur matre.

Maintenant nous sommes en automne, dit le matre.

Oui, c'est ce que les enfants savaient.

Et quelles sont les autres saisons? Plusieurs enfants levaient la
main.

Allons Jean, rcitez-moi les noms des saisons. Mettez-vous sur le
petit banc devant la classe.

Jean monta sur le petit banc et rcita: Les quatre saisons sont: le
printemps, l't, l'automne et l'hiver.

--C'est bien! Et quand commence le printemps?

Jean ne le savait pas et les autres enfants ne le savaient pas non
plus. Mais Jean raconta qu'en t il faisait chaud et en hiver
froid, qu'au printemps les feuilles venaient aux arbres et qu'en
automne elles tombaient. C'tait trs bien pour un petit garon de six
ans.

[Illustration]

Et quelle saison aimez-vous le mieux?

--L'automne, dit Jean. Le vent est si dlicieux. Et Monsieur,
poursuivit-il, ce matin mon capuchon s'est retourn et un sergent
de ville l'a rabattu. Et le parapluie de Rose s'est retourn aussi!

--Et vous trouviez a amusant, vous?

--Oh oui, Monsieur, trs amusant!

Monsieur se mit  rire et se dit que Rose n'avait peut-tre pas trouv
le vent si amusant.

Et il avait bien raison.




XX. Encore une petite fille.


Marie tait assise  la fentre. Elle regardait dans la rue: le vent
l'amusait, elle aussi. Tous les petits papiers s'envolaient, parfois
mme par dessus les toits.

Mais ce cycliste ne s'amusait pas, lui. Il pdalait, pdalait et....
n'avanait pas.

Et cette pauvre petite fille, l bas, ne s'amusait pas non plus. Oh!
la pauvre enfant! Elle avait une petite robe trs mince et avait l'air
d'avoir bien froid.

O maman, dit Marie, regarde un peu comme cette petite fille a froid.
Peut-elle entrer se chauffer?

--Oui, petite, appelle-la donc.

Marie se mit  crier: Petite fille, petite fille! Mais la petite
fille ne l'entendait pas. Alors Marie frappa  la vitre. Mais la petite
fille ne l'entendait toujours pas.

Frappe un peu plus fort, dit la maman. Marie frappa plus fort et
enfin la petite fille se retourna. Mais elle ne comprenait pas
qu'on l'appelait. Alors Marie lui fit signe des deux mains.

Vous m'appelez? demanda la fillette dans la rue. Maintenant Marie ne
l'entendait pas. Alors la petite fille se mit la main sur la poitrine.
Cela voulait dire: C'est moi que vous appelez? Oui, oui, dit la tte de
Marie.

[Illustration]

Alors la fillette s'approcha enfin de la fentre. La maman de Marie
avait dj dit  Rose d'ouvrir la porte. Bientt la petite entra
dans le vestibule, puis dans la chambre bien chauffe.

Comment t'appelles-tu? demanda tout de suite Marie.

--Ninette, dit la petite fille.

--Et comment va ta mre? demanda la maman de Marie. Va-t-elle mieux?

--Non, Madame, maman est encore bien malade.

Marie tait trs tonne. Sa maman connaissait donc Ninette?

Mais ce n'tait pas tonnant, car Ninette tait la fille du jardinier
qui arrangeait toujours le jardin derrire la maison.




XXI. Ninette.


Voil plus d'un an que la mre de Ninette tait malade. Tous les jours
elle tait couche. Quelquefois elle se levait pendant une heure,
mais jamais elle ne sortait de la maison. Elle ne pouvait presque pas
travailler. Elle cousait un peu dans son lit, mais c'tait tout. Voil
pourquoi les enfants devaient faire le mnage. Ninette aidait aussi
beaucoup et pourtant elle n'avait que huit ans.

La mre de notre petite Marie avait souvent t voir la pauvre malade,
pour lui apporter des fortifiants ou des fruits. Elle connaissait donc
Ninette et voil pourquoi elle avait permis  Marie d'appeler la petite
fille.

Veux-tu jouer avec moi? demanda Marie.

--Je ne puis pas rester, rpondit Ninette. Je dois aller  l'cole.

--Mais les classes commencent  neuf heures, Jean est dj parti.

--Oui, mais ma robe tait mouille et j'ai d retourner chez nous pour
en mettre une autre.

C'tait dommage! Marie tait si contente d'avoir une camarade pour
jouer avec elle, maintenant que Jean n'tait pas l et voil que
Ninette devait aussi aller  l'cole. Mais Ninette ne pouvait pas aller
dans la rue sans manteau. Il faisait si froid. Et Marie lui demanda:

Pourquoi n'as-tu pas mis ton manteau?

Ninette ne rpondit pas, elle rougit seulement.

Et pourquoi la bonne ne t'a-t-elle pas conduite  l'cole sous un
parapluie? Alors tu ne serais pas mouille. Rose a conduit Jean,
n'est-ce pas maman?

--Oui, rpondit maman, mais la mre de Ninette n'a pas de bonne.
Allons, dis au revoir  ta nouvelle petite amie.

Et Ninette, qui avait bu la tasse de chocolat que Rose lui avait
donne, partit  l'cole.

Au revoir, Ninette, tu reviendras, n'est-ce pas?

--Oui, s'il vous plat, au revoir Madame, au revoir Marie.




XXII. Ninette partie.


Ninette tait partie  l'cole et Marie l'avait vue partir sans
manteau: et le vent tait bien froid!

Marie avait bien entendu parler de pauvres, mais pourtant elle ne
savait pas trs bien ce que c'tait. Il y avait donc des familles sans
bonne? Qui faisait alors les lits et qui faisait la cuisine? Et une
petite fille qui n'avait pas de manteau quand il faisait si froid?
C'tait trop drle! Quand on a besoin d'un manteau, on va avec sa maman
dans une boutique, pour en acheter un. Ou bien, un homme apporte une
grande bote avec des manteaux  la maison et puis on les essaye. Et
papa paye le manteau qu'on achte.

Petite Mre, demanda Marie, pourquoi le papa de Ninette ne lui
achte-t-il pas un manteau?

--Il ne peut pas le payer, chrie.

--Pourquoi? parce que la maman de Ninette est malade peut-tre? Cela
cote-t-il cher d'tre malade, maman?

--Oui, chrie, rpondit maman.

Elle ne pouvait pas tout dire  sa petite fille.

Mais tu n'es pas malade, maman, alors papa peut bien payer le manteau
de Ninette.

--C'est a, nous irons en acheter un ensemble.

Et la maman sortit de la chambre pour causer avec Rose du dner.




XXIII. Marie regarde par la fentre.


La petite Marie tait de nouveau seule. Heureusement elle avait Paul et
Alice. Elle les mit dans la croise: alors ils pouvaient regarder par
la fentre quels tours jouait le vent.

[Illustration]

Voil qu'arrive un grand garon, tirant une voiture  bras. Il a le
vent dans le dos: le vent le pousse donc et pousse aussi la voiture.
Mais tout  coup le vent enlve la casquette du garon et l'emporte
bien loin. Le garon laisse la voiture au milieu de la rue et court 
toutes jambes pour attraper sa casquette. Voil la casquette, le garon
arrive, il se baisse pour la ramasser mais.... voil le vent qui la
prend et l'emporte encore plus loin.

Marie presse son petit nez contre la vitre pour voir si le garon
attrape sa casquette. Mais il est trop loin, elle ne le voit plus et la
voiture  bras attend toujours dans la rue.

Voil des moineaux qui s'abattent dans la rue. Ils cherchent des
miettes, mais le vent les pousse. Oh! les pauvres moineaux! Ils ne
peuvent presque pas se tenir sur leurs petites pattes. Et quand ils
voient une graine ou une miette, ils doivent souvent courir aprs,
comme le garon aprs sa casquette.

Oh! voil justement le garon. Il a attach sa casquette avec une
ficelle. Maintenant il reprend sa voiture et continue son chemin.

[Illustration]

Une pauvre vieille arrive maintenant. Elle ne peut presque pas
avancer. Elle marche tout prs des maisons, mais l aussi souffle ce
vilain vent. Elle doit s'arrter bien souvent. Le vent souffle si fort
et ses jupes sont tendues contre ses jambes. Pauvre vieille! elle
n'aime pas beaucoup le vent.

Comme a Marie voit tous les tours que joue ce vent que les uns
trouvent bien amusant et les autres bien dsagrable!




XXIV. Marie sort.


A onze heures la maman de Marie entre dans la chambre.

Tiens, dit-elle, tu regardes encore par la fentre?

--Oui, maman, rpond Marie. Tout est amusant aujourd'hui. Les papiers
volent, les casquettes volent. Paul et Alice ont aussi regard dans la
rue.

--Veux-tu sortir avec moi et aller prendre Jean  l'cole?

--Oh! je veux bien, petite Mre.

--Tu n'as donc pas peur de ce vent dsagrable?

--Non, pas du tout, je le trouve si amusant!

Bientt, la maman et la petite fille sortent de la maison, chaudement
habilles.

D'abord, elles vont dans un magasin de nouveauts acheter un manteau
pour Ninette. Le marchand en montre plusieurs et la maman en
choisit un bien chaud et bien long.

Puis elles vont  l'cole et entrent dans le vestibule: il fait si
froid dans la rue! Bientt elles entendent une cloche et tous les
petits garons et les petites filles arrivent deux  deux et bien en
rang. Marie voit tout de suite son petit frre, mais celui-ci reste
bien en rang jusqu' la porte, puis il court vers sa mre:

Bonjour maman, bonjour Marie.

Et les voil partis tous les trois, la maman donnant le bras  ses deux
enfants. Au coin de la rue le vent essaya encore une fois de retourner
le capuchon, mais Jean le tenait bien cette fois!

Bientt ils sont rentrs. Tous les trois ont les joues bien rouges.
Voil ce qu'avait fait ce bon vent!




XXV. Il nous faut travailler tous.


O maman, comme j'ai faim! dit un jour Jean en rentrant de l'cole.

--C'est une bonne maladie, dit maman. Le dner te gurira.

Une heure aprs,  table, Jean vit que le dner tait bien bon quand on
avait faim. Il mangea comme quatre et.... la faim disparut!

Aprs le dner, Papa, Maman, Jean et Marie taient dans la
chambre. Les enfants jouaient, maman prparait le th et papa s'tait
assis dans un fauteuil et s'tait endormi.

Mais les enfants faisaient beaucoup de bruit. Ils jouaient au vent.

Paul, le chanteur, tait un grand garon qui, d'un bras, poussait une
voiture. Et voil que le vent emportait sa casquette! Mais le vent,
c'tait la main de Jean. Il avait pris la casquette et l'avait lance
bien loin dans la chambre. Alors Paul laissait sa voiture  bras au
milieu de la chambre et Marie prenait Paul par la main et courait aprs
la casquette.

Vous faites trop de bruit, mes enfants, dit maman. Papa ne peut pas se
reposer.

Pendant un moment tout fut tranquille, mais bientt le bruit
recommena. Il faisait tant de vent!

Venez ici, mes chris, dit tout doucement maman. Si vous faites tant
de bruit, papa se rveillera et alors il ne se sera pas bien repos.

Les enfants venaient chez maman, mais ils n'taient pas contents: ils
s'amusaient si bien!

Pourquoi papa doit-il dormir? demanda Marie. Nous dormons la nuit.

--Parce que papa est si fatigu.

--Et pourquoi papa est-il si fatigu?

--Parce qu'il travaille tant.

--Pourquoi travaille-t-il tant?

--Pour gagner de l'argent.

--Et pourquoi doit-il gagner de l'argent?

--Parce que nous devons manger, mes enfants. Quand les enfants rentrent
de l'cole et qu'ils ont bien faim, nous devons leur donner  manger.
Et ce manger, nous devons l'acheter. Et pour l'acheter, il faut de
l'argent. Et cet argent papa doit le gagner. Et pour gagner cet argent,
papa doit beaucoup travailler!

[Illustration]

Allons, je vous apprendrai une posie sur cinq petits bonshommes.

    Le premier dit: J'ai bien faim!
    L'autre dit: Il faut du pain!
    L'autre dit: Je n'en ai gure.
    Le voisin dit: Comment faire!
    Le petit dit: Savez-vous?
    Il nous faut travailler tous.

Quand papa se rveilla, il s'tait bien repos et les petits pouvaient
lui rciter une jolie posie.




XXVI. Le plus petit, le plus sage.


Et qui taient ces cinq petits bonshommes? C'taient les cinq doigts
de la main. Le premier, qui a faim, c'est le pouce. Le second, qui dit
qu'il faut du pain, c'est monsieur l'index. Le troisime, qui remarque
tristement qu'il n'a rien, c'est le majeur ou doigt du milieu. Le
quatrime, qui demande ce qu'il faut faire, c'est l'annulaire. Et le
cinquime, le plus sage de tous, c'est le petit doigt ou auriculaire.

Ce petit doigt sait qu'il faut travailler pour gagner son pain. Il est
donc le plus sage et pourtant c'est le plus petit.

C'est tout juste comme dans le Petit Poucet, dit maman.

--O maman, demandrent Jean et Marie, raconte-nous l'histoire du Petit
Poucet.

Ils la connaissaient dj, mais ils dsiraient beaucoup l'entendre
encore une fois.

Et voici ce que maman raconta: Il tait une fois un bcheron qui
demeurait dans un grand bois avec sa femme, la bcheronne, et avec ses
sept enfants, tous garons. Le cadet, qui tait tout petit, s'appelait
le Petit Poucet.

Il travaillait aussi beaucoup, notre bcheron, pour nourrir toutes ces
petites bouches, mais il gagnait trs peu d'argent.

Un jour qu'il n'avait plus rien  leur donner  manger, le bcheron
dit  sa femme: Je vais aller perdre les enfants dans le bois. J'aime
mieux qu'ils meurent de faim dans le bois que chez nous. La pauvre
bcheronne pleura beaucoup, mais consentit enfin  ce que son mari
voulait.




XXVII. Le Petit Poucet. (suite)


Le lendemain, le pre partit avec ses enfants pour les perdre dans
le bois. Mais le Petit Poucet, qui s'tait cach derrire la porte,
le soir, et qui avait entendu tout ce que ses parents disaient, avait
emport des cailloux blancs.

[Illustration]

Il jeta ces cailloux sur la route, et quand le pre fut parti et que
les six frres pleuraient, Petit Poucet leur dit: Suivez-moi. Je
retrouverai la maison. Et il conduisit ses six grands frres  la
maison, en suivant les cailloux blancs.

Les sept frres restrent quelque temps  la maison, car le pre avait
reu un peu d'argent.

Mais quand il n'eut plus d'argent, le pauvre bcheron rsolut de perdre
encore une fois les enfants. Quand le petit Poucet voulut, comme la
premire fois, chercher des cailloux blancs, la porte tait ferme.
Alors il emporta du pain et jeta du pain sur la route. Mais hlas!
quand, le soir, le pre fut parti, les laissant seuls, et que les
enfants voulurent rentrer, il n'y avait plus de miettes sur la route:
les oiseaux avaient tout mang.

Les voil tout seuls dans le bois, les pauvres petits! Le Petit Poucet
grimpa alors vite dans un arbre et il vit bientt une petite lumire.
Je vois une maison, dit-il. Il descendit de l'arbre et les voil en
route.

Ils cherchrent longtemps leur chemin, mais arrivrent enfin  la
maison. Ils frapprent, une femme ouvrit la porte et les enfants lui
demandrent s'ils pouvaient entrer dans sa maison: ils avaient peur du
loup, la nuit, dans le bois. La femme leur rpondit que cette maison
tait  son mari, l'ogre, et que celui-ci mangeait les petits enfants.
Mais elle voulait bien les cacher jusqu'au lendemain. Et quand elle
entendit arriver l'ogre, elle cacha bien vite les sept petits enfants
sous le lit.




XXVIII. Le Petit Poucet. (fin)


Quand l'ogre entra dans la chambre, il dit tout de suite: Je sens la
chair frache!

Il chercha partout et trouva les sept pauvres petits enfants sous le
lit. Il voulait dj les tuer pour les manger, mais sa femme lui dit:
Mange ce veau que j'ai fait rtir pour toi, tu mangeras les enfants
demain.

Quand l'ogre eut mang le veau, il s'endormit et pendant la nuit, la
femme ouvrit la porte et les sept enfants partirent bien vite.

Le lendemain, l'ogre dit: O sont les enfants? Je veux les manger pour
mon djeuner. Mais sa femme lui dit qu'ils taient partis. Furieux,
l'ogre mit ses bottes de sept lieues et courut aprs les enfants.

Mais ceux-ci s'taient cachs et l'ogre passa devant eux, sans
les voir. Quand l'ogre fut fatigu, il se coucha sur la mousse et
s'endormit. Pendant qu'il dormait, le Petit Poucet sortit de sa
cachette. Il coupa la tte de l'ogre, lui ta ses bottes de sept lieues
et les mit  ses petites jambes. Il rentra alors avec ses frres, mais
lui-mme partit ensuite chez le roi. Le roi tait en guerre et le Petit
Poucet, avec ses bottes de sept lieues, lui apporta des nouvelles de
son arme qui tait trs loin. Il fit tant de commissions pour le roi,
que celui-ci lui donna un grand sac de pices d'or.

Avec tout cet argent, le Petit Poucet rentra chez son pre, le
bcheron, et celui-ci fut bien content de le voir arriver.

Et ils vcurent trs longtemps heureux ensemble.




XXIX. La Neige.


Jean trouva l'histoire trs belle, comme toujours, mais il remarqua
pourtant quelque chose qui ne l'avait jamais frapp. Ce bcheron
n'tait pas un vrai pre! Un vrai pre travaille pour ses enfants.
C'est pour cela que son papa  lui tait si fatigu tous les soirs et
qu'il devait faire un somme. Et le bcheron chassait ses enfants dans
le bois et ils pouvaient revenir quand ils avaient des sacs pleins
d'or. C'tait le monde renvers! Non, Jean n'aimait pas un tel papa. Il
tait content d'en avoir un autre, un vrai! Il jouerait toujours tout
doucement le soir. Son papa pourrait alors faire un bon somme.

Jean avait raison. Mais heureusement on ne trouve ces bcherons-l que
dans les contes de fes. Les vrais bcherons ne sont pas de si mauvais
pres!

O maman, il neige! cria tout  coup Marie.

Les rideaux n'taient pas ferms et les enfants virent les beaux
flocons blancs tomber du ciel sur la terre. D'abord quelques petits
flocons, puis un peu plus et bientt tant de flocons tombaient qu'on ne
voyait plus que du blanc partout.

Les enfants n'avaient pas beaucoup envie d'aller se coucher, mais ils
montrent pourtant bientt et, dans leurs petits lits, ils pensrent au
plaisir qu'ils auraient le lendemain.

Le lendemain, un pais tapis de neige couvrait la terre. Que
c'tait amusant pour les enfants. C'tait un jeudi, heureusement.
Jean n'allait donc pas en classe. Il joua au jardin avec Marie. Ils
se jetrent des boules de neige, montrent en traneau, et firent des
glissades. Qu'elle tait amusante la neige!

[Illustration]




XXX. Les Moineaux.


[Illustration]

Et les moineaux? Aimaient-ils aussi la neige? Oh non! Ils trouvaient
dj si peu de graines par ces froids et maintenant tout tait cach
sous cet pais tapis blanc. Comment feraient-ils pour trouver  manger
maintenant? Heureusement les enfants taient l. Leurs petites
mains jetrent des miettes au jardin et comme a les pauvres moineaux
ne mouraient pas de faim.

Et en mme temps, Jean apprenait  Marie une chanson qu'il avait
apprise  l'cole, sur les moineaux et sur la neige. La voici.

    LES MOINEAUX.

    [Musique]

    1.

    Blanche neige est en voyage,
    C'est l'hiver, c'est l'hiver!
    Les moineaux dans le village
    Font leur plainte de concert.
    Blanche neige est en voyage,
      C'est l'hiver! (_bis_)

    2.

    Plus d'abri sous les feuillages,
      Plus de grain! (_bis_)
    Le vent perce les plumages,
    Mais surtout, on a bien faim!
    Plus d'abri sous les feuillages,
      Plus de grain! (_bis_)

    3.

    Un enfant alors partage
      Son goter! (_bis_)
    Dans les trous du voisinage,
    Chacun peut en emporter!
    Un enfant alors partage
      Son goter! (_bis_)

    4.

    Aussitt, joyeux tapage,
      Sur le toit. (_bis_)
    Les pauvrets ont pris courage,
    Et gament bravent le froid.
    Aussitt, joyeux tapage,
      Sur le toit! (_bis_)




XXXI. Quatre fois deux font sept.


Maman, tu m'as promis que Ninette pourrait venir jouer avec moi. Rose
peut-elle aller la chercher, dis?

--Mais, chrie, Ninette est en classe aujourd'hui. Demain, c'est jeudi,
alors elle aura cong, comme tous les enfants. Nous l'inviterons
alors, si tu veux.

--Oh oui, maman. Que c'est amusant! Il faut qu'elle reste toute la
journe alors.

Notre petite Marie tait bien contente. Rose dut aller tout de suite
inviter Ninette. Heureusement la maman de Ninette allait un peu mieux;
elle permit donc  sa petite fille d'aller passer tout le jeudi chez
Marie.

[Illustration]

Maintenant, c'est jeudi et les deux petites amies sont ensemble.
Ninette est l'ane et pourtant c'est Marie qui commande. Elle conduit
sa nouvelle amie partout, lui montre ses poupes, leur lit, leur
voiture et tous les autres joujoux. Ninette trouve tout cela bien
beau et est trs contente de jouer.

Voil d'autres visites, c'est Louis et Henriette. Louis s'en va bien
vite au jardin avec Jean et les trois fillettes restent dans la
chambre. A quoi joueront-elles? A l'cole? Oui, c'est a. Henriette
sera la matresse, car elle est l'ane. Marie et Ninette s'assoient
sur deux petites chaises et Henriette marche de long en large dans la
chambre: une matresse peut faire ce qu'elle veut! Enfin, elle s'arrte
devant la classe et dit  Ninette:

Comment t'appelles-tu?

--Ninette, Mademoiselle.

--Eh bien, Ninette, rcite-moi la table de cinq.

Et Ninette rcite:

    Une fois cinq fait cinq.
    Deux fois cinq font dix.
    Trois fois cinq font quinze.
    Quatre fois cinq font vingt.
    Cinq fois cinq font vingt-cinq.
    Six fois cinq font trente.
    Sept fois cinq font trente-cinq.
    Huit fois cinq font quarante.
    Neuf fois cinq font quarante-cinq.
    Dix fois cinq font cinquante.

--C'est bien, dit la matresse. Et toi, Marie, rcite-moi la table de
deux.

--Je ne la sais pas, Mademoiselle.

--Alors, je t'aiderai. Commence toujours.

Et Marie rcite:

    Une fois deux fait deux.
    Deux fois deux font quatre.
    Trois fois deux font six.
    Quatre fois deux font sept.
    Cinq fois deux font quinze.
    Six....

--Hol! crie la matresse, ce n'est pas a! Quatre fois deux font
huit; cinq fois deux font dix. Et combien font six fois deux?

--Six fois deux font neuf, rpond Marie.

--Non, non, ce n'est pas a! Tu ne sais pas tes tables de
multiplication. Compte alors de un  cent.

Marie commence  compter. Tout va bien jusqu' douze, mais ensuite elle
dit: quinze, vingt, dix-sept, cent. Elle y est bien vite comme a,
mais,  vrai dire, beaucoup trop vite.




XXXII. Le Th.


A prsent, Marie veut jouer  autre chose; mais  quoi? Si l'on jouait
au th: elle a un si joli service  th. C'est a, ce sera amusant.

Marie pose sur sa petite table un plateau sur lequel elle met la
thire, le pot au lait, le sucrier, quelques tasses et des soucoupes
et enfin une bote avec de jolies petites cuillers. Maman met des
feuilles de th dans la thire, mais trs peu, car le th ne doit
pas tre trop fort. Rose ajoute de l'eau bouillante et maintenant Marie
laisse infuser le th sous le joli petit chauffe-th que sa maman lui a
fait.

Henriette et Ninette vont dans l'autre chambre. Elles doivent venir en
visite chez Marie.

Elles frappent: toc toc.

Entrez, crie Marie.

Deux petites dames entrent dans la chambre. Bonjour, Madame, vous
allez bien?

--Trs bien, merci, Madame; et comment allez-vous?

--Trs bien, Madame. Quel temps, n'est-ce pas? Il y a de la neige
partout et ces mchants gamins vous jettent des boules.

--Asseyez-vous donc, mesdames. Puis-je vous offrir une tasse de th?

--Avec plaisir, Madame.

--Prenez-vous du sucre et du lait?

--Volontiers, dit Ninette.

--Vous aussi, Madame Henriette?

--Du sucre, mais pas de lait, s'il vous plat.

Marie remplit trs bien les deux tasses, sans renverser une goutte.
Mais quand elle remplit sa tasse  elle, oh la la! elle verse trop
vite, et remplit aussi la soucoupe. Ce n'est pas joli de donner un bain
de pied  sa tasse.

Excusez-moi, dit Marie  ses visites. Je vais appeler Jeanne.

Jeanne, c'est la bonne, mais elle ne peut pas bien marcher: elle
a des jambes en toile, en son et en faence. Voil pourquoi Marie la
porte et maintenant Jeanne, la bonne, lave la tasse et la soucoupe avec
les mains de Madame.

[Illustration]

A la bonne heure! dit Marie. Le malheur est rpar! Voulez-vous un
petit four, Madame?

--Avec plaisir, disent Henriette et Ninette. Marie arrive avec une
bote en fer blanc o il y a heureusement encore quelques biscuits.
Elle les offre; les deux visites se mettent  les grignoter,
lorsque.... boum! on entend un grand coup contre les vitres, du
ct du jardin. Les trois dames se lvent et, de frayeur, Ninette
laisse tomber son biscuit.




XXXIII. Dans la Neige.


D'o venait ce coup? Il y a une grande cocarde blanche sur la vitre. Ce
sont les restes d'une balle. Est-ce qu'on se bat donc au jardin? Oui,
deux soldats se battent contre un gros bonhomme tout blanc.

D'abord, les soldats ont fait le bonhomme. Ils ont roul la neige et
en ont fait deux grosses jambes; une autre grosse boule reprsente le
corps et une dernire boule, plus petite, reprsente la tte. Ils ont
plac le gros corps sur les deux jambes, puis la tte sur le corps.
Au milieu de la tte, ils ont mis une petite boule un peu aplatie:
c'est le nez. Au-dessus du nez,  droite et  gauche, deux pierres
reprsentent les yeux. C'est comme a que le gros bonhomme tout blanc
est n. A prsent les deux soldats le bombardent de boules blanches:
ce sont les balles. Mais les balles ne sont pas toutes bien lances et
c'est comme a qu'il y en a une qui s'est aplatie contre les vitres et
a effray les trois dames qui prenaient le th.

Comme elles sont debout  prsent, ces dames courent vers la fentre.
Comme les garons s'amusent! Marie oublie qu'elle est une dame qui
reoit des visites et elle crie:

Maman, pouvons-nous aussi aller au jardin, dis? C'est si amusant!

--J'ai peur que vous vous mouilliez, mes petites.

--Oh! a ne fait rien, maman. C'est si amusant de lancer des boules de
neige!

--Et de les lancer contre les vitres, n'est-ce pas? Eh bien, allez,
mais faites attention de ne pas trop vous mouiller et dites aux garons
de prendre garde aux vitres. Marie court  toutes jambes au jardin.
Sa cousine et Ninette la suivent. Cette dernire passe une bien bonne
journe. C'est si amusant de jouer  l'cole, de prendre le th et de
lancer des boules de neige.

Jean met une branche dans la bouche du bonhomme: c'est son cigare.
Celui des cinq enfants qui fera tomber le cigare aura gagn. Les cinq
petits sont bien occups. Ils ramassent de la neige, en font des
boules et les lancent contre la tte du soldat blanc. Mais ce monsieur
continue tranquillement  fumer. Les balles sifflent autour de ses
oreilles, mais il ne bouge pas.

Bravo! crie tout  coup la petite troupe. Une boule avait touch le
cigare et celui-ci tait tomb par terre.

Qui a si bien vis? demande Louis.

--C'est Ninette, dit Marie, elle sait encore mieux viser que les
garons!

[Illustration]

Ninette est si contente: elle s'amuse tant! et elle rit de tout
coeur avec les enfants. Cela ne lui arrive pas souvent  la pauvre
petite. Chez elle tout est si triste parce que sa maman est
toujours malade, et Ninette est encore si petite! Quand elle rentre ce
soir-l, elle raconte quelle bonne journe elle a eue, et puis, elle
s'endort, trs contente.




XXXIV. Sur la Glace.


Quelques jours aprs, l'hiver apporta un nouvel amusement. Il avait
gel plusieurs jours et plusieurs nuits de suite, et les tangs du bois
taient couverts d'une paisse couche de glace.

Jean et Marie ne savaient pas encore patiner: ils taient si petits.
Mais Louis et Henriette patinaient dj trs bien et Papa avait promis
aux petits qu'il les emmnerait aux tangs pour voir patiner leur
cousin et leur cousine.

Il faisait trs froid ce jour-l, mais il n'y avait pas de vent et le
soleil brillait et vous rchauffait. Le papa se mit donc en route avec
les deux enfants, et, comme ils marchaient d'un bon pas, ils arrivrent
bientt aux tangs.

Pouvons-nous aller sur la glace, papa? demanda Jean.

--Sans doute, mon garon, rpondit papa. Venez avec moi.

Et les voil qui descendent tous les trois sur la glace. Quelles belles
glissades on pouvait faire! Aussi Jean et Marie ne marchaient pas, ils
glissaient tout le temps.

Que de patineurs sur la glace! Ils se croisaient dans tous les
sens et avaient l'air de voler comme de grands oiseaux. Ils avanaient
si vite, si vite. Il y en avait tant, que papa ne pouvait pas y aller
avec ses deux petits; ils restrent donc prs du bord.

[Illustration]

Voil Louis! cria tout  coup Jean.

Oui, c'tait vrai: Louis patinait avec Henriette au milieu de tout ce
monde. Jean et Marie eurent tout  coup bien envie de patiner, eux
aussi.

Achte-nous des patins, petit pre, demanda Marie, j'aimerais tant
patiner!

--Quand tu seras plus grande, chrie. Attends seulement un an ou deux.

Louis et Henriette avaient vu leur oncle et arrivrent bien vite
lui dire bonjour. Ils taient tout rouges, tant ils avaient chaud.

Bonjour, mon oncle!

--Bonjour, mes enfants, dit l'oncle. Ne vous arrtez pas trop
longtemps. Vous avez tellement chaud. Vous pourriez attraper froid.

--Un moment seulement, petit oncle, pour nous reposer.

Jean regardait les beaux patins de Louis.

Quel ge avais-tu quand tu as reu tes patins? demanda-t-il.

--Huit ans, dit Louis.

--Comme tu sais dj bien patiner! Louis se mit  rire.

A prsent, il fallait qu'ils se remettent en marche.

Au revoir! au revoir! criaient-ils encore de loin, et bientt ils
avaient disparu.

Papa fit encore le tour des tangs avec les enfants, puis ils
rentrrent.




XXXV. Il fait bien froid.


C'tait si amusant, maman, cria Marie, en rentrant dans la chambre.

--Nous avons vu Louis et Henriette qui patinaient si bien, ajouta Jean.

--Mais j'ai bien froid aux mains dit Marie lorsqu'elle eut t ses
gants. Dehors, elle ne s'en tait pas aperue; mais maintenant qu'elle
tait dans la chambre chaude, elle le sentait.

Ne te mets pas prs du pole, dit maman: tes mains te feraient
mal. Je sais un jeu qui rchauffe joliment bien les mains. Viens ici.

Marie s'assied sur une chaise, devant la fentre et la maman s'assied
en face d'elle.

Tape maintenant deux fois dans tes mains, comme a: un, deux! C'est
bien! A prsent tape dans la paume de mes mains: trois! A prsent, en
mesure! et la maman chante la chanson suivante:

    [Musique]

    1.

      Un, deux, trois,
    Voici les grands froids!
    Main qui se repose
    Jusqu'au bout des doigts
    Devient froide et rose,
      Un, deux, trois!

    2.

      Un, deux, trois,
    Voici les grands froids!
    La main qui s'agite,
    Jusqu'au bout des doigts,
    Se rchauffe vite,
      Un, deux, trois!

    3.

      Un, deux, trois,
    Voici les grands froids!
    La chanson commence,
    Messieurs les dix doigts,
    Entrez vite en danse,
      Un, deux, trois!

Bientt, Marie chante aussi et frappe bien en mesure dans ses
mains, puis contre celles de sa mre. Ses petites mains ne sont plus
froides du tout  prsent.




XXXVI. Voici le Printemps.


L'hiver, avec sa neige et sa glace, est pass. C'est peut-tre dommage
pour les personnes qui pouvaient s'amuser  patiner,  faire des
glissades, ou  sortir en traneau. Mais c'est trs agrable pour les
pauvres qui avaient froid et faim, qui n'avaient pas de charbon pour
se chauffer, pas de bons vtements chauds et presque pas de nourriture
pour eux-mmes et pour leurs enfants. Ils taient heureux de voir
arriver le printemps. Les oiseaux aussi taient contents de voir fondre
la neige et la glace: souvent aussi ils avaient eu froid et faim. Mais
pas les oiseaux du jardin de Jean et de Marie. Ces derniers avaient
mis tous les jours un petit baquet d'eau et une assiette de pain au
jardin. Et les moineaux, les pinsons et les msanges en avaient mang.
Mais ces oiseaux-l taient tout de mme bien contents de voir briller
le soleil du printemps. Oh! la bonne chaleur du soleil! La terre
s'tait amollie, les bourgeons des arbres se gonflaient. On voyait
dj de toutes petites feuilles vertes. Et les oiseaux se mettaient 
chanter.

Deux pinsons btissaient leur nid dans le jardin. Ils voulaient
sans doute chanter pour gayer ces enfants qui les avaient si bien
soigns en hiver.

Jean et sa maman les regardaient.

Regarde, maman, dit Jean, voil encore notre pinson. Il a un brin de
paille dans le bec. O fait-il son nid?

--Eh bien, regarde-le!

--Mais je ne le vois pas!

--Le voil sur la branche, l! le vois-tu  prsent?

--Oh oui! juste dans ce petit coin entre deux branches, je le vois qui
btit son nid.

--Et quand le nid sera prt, la femelle pondra des oeufs et de ces
oeufs sortiront les petits oiseaux!

Oh! il y avait tant  voir au jardin, par cette belle journe de
printemps et il y faisait si bon! La petite Marie y tait presque toute
la journe. Les oiseaux continuaient tranquillement  construire leur
nid: ils n'avaient pas du tout peur de cette gentille petite fille.




XXXVII. Fleurs de Printemps.


Mais le lendemain, quand Jean fut parti  l'cole, Marie se sentit
un peu seule au jardin. Avec qui jouer? A qui parler? Il n'y avait
pas d'enfants et les oiseaux ne la comprenaient pas. Elle irait donc
chercher Paul et Alice.

Elle mettrait Alice par terre dans l'herbe. L elle pourrait cueillir
des fleurs. Et elle mettrait Paul dans les branches d'un arbuste: les
garons aiment tant grimper dans les arbres. Bon, le voil assis.
A prsent, elle va cueillir des fleurs avec Alice.

[Illustration]

Tiens, Alice, cueille cette pquerette. Alice le fait avec les doigts
de sa maman.

Et voici encore une pquerette, et encore une, encore une!

Bientt elle en avait tout un petit bouquet. Mais au milieu de toutes
ces petites couronnes blanches, il faut mettre encore quelques autres
fleurs: c'est plus joli!

Cueille-moi ce bouton d'or, Alice. Oh! qu'il est joli. Tu ne le
vois pas? L, devant ton nez. Et en voil encore quelques-uns. C'est
a. A prsent notre bouquet est joli. Il faut seulement encore quelques
feuilles vertes. Mais comme a sent bon ici!

Marie lve la tte et voit tout  coup les belles fleurs du lilas. Elle
aimerait en cueillir. Mais le lilas est trop haut et les petits bras
de Marie sont trop courts. C'est dommage! Ah! une ide! Elle appellera
Paul qui aime tant grimper aux arbres. Mais o est le mchant petit
garon? Ah vraiment! voil qu'il a dj grimp dans un arbuste, et cela
d'une main!

Viens ici, Paul, crie Marie, cueille des fleurs pour ta maman, l
haut, ce beau lilas.

Paul est un peu mchant, mais pourtant obissant. Il grimpe dans le
lilas, mais il ne peut pas arriver plus haut que le bras de Marie, et
l il n'y a pas de fleurs. Toutes les fleurs sont au sommet de l'arbre
et y forment un grand bouquet rose.

Allons Paul, allons!

--Que doit faire Paul? dit tout  coup une voix derrire Marie.

--Papa, il faut qu'il me cueille des lilas.

--Et il ne veut pas le faire?

--Non, papa, il est mchant.

--Veux-tu que papa t'en cueille?

--Oh! oui, je veux bien!

Mais papa ne sait pas grimper aux arbres. Il cherche un petit
escabeau et des ciseaux. Et puis il cueille deux belles branches de
lilas pour Marie.

Merci, merci, papa, dit celle-ci.

Elle les met avec les autres fleurs et apporte tout le joli bouquet 
sa mre.




XXXVIII. Ce mchant Paul.


Marie rentre avec Alice dans la maison.

Regarde, maman, dit Marie, quelles belles fleur nous avons cueillies
pour toi.

--Oh! qu'elles sont jolies. Mettons-les vite dans un vase, sans cela
elles se faneraient.

[Illustration]

Et Marie aide sa mre  arranger les fleurs dans les vases: les lilas
dans un grand vase qu'on met sur la chemine et les petites pquerettes
dans une coupe. C'est un ouvrage trs amusant. Alice est assise sur la
table et regarde sa maman et sa grand'maman. Et le pauvre petit
Paul o est-il? Il est toujours sur la branche du lilas et Marie l'a
tout  fait oubli.

Le soir, Marie va se coucher. Sa maman lui a dit bonne nuit, aprs
l'avoir bien borde dans son petit lit.

Mais avant de s'endormir, Marie pense encore aux pinsons du jardin,
et aux belles fleurs,  Papa qui lui a cueilli ce beau lilas et, tout
 coup,  Paul. Le pauvre petit! Il est toujours dans le lilas. Et il
fait si noir au jardin! Et peut-tre qu'il fera froid cette nuit!

Maman! maman! crie Marie.

Mais la maman est dans l'autre chambre et n'entend pas les cris de sa
petite fille.

Maman! maman! crie encore Marie, et cette fois-ci plus fort.

Je crois que Marie t'appelle, dit papa. J'irai voir ce qu'elle veut.

Et voil papa qui entre dans la chambre  coucher.

Qu'y a-t-il, chrie? demande-t-il.

--O papa, Paul est encore dans le lilas.

--Eh bien! qu'est-ce que a fait?

--O papa, il fait si noir dehors et, cette nuit, il fera peut-tre
froid. Dis, voudrais-tu aller chercher Paul?

--Mais pourquoi? Je croyais que Paul tait un mchant garon. Il ne
voulait pas te cueillir des fleurs. Laisse-le au jardin. C'est bien
fait pour lui s'il a peur et froid.

--Oh non, papa, va le chercher s'il te plat. Si Paul reste au jardin,
je penserai tout le temps  lui et je ne pourrai pas dormir.

--Eh bien, j'irai te le chercher, bonne petite maman! Et o faut-il
que je le mette?

--Apporte-le-moi ici, s'il te plat, papa!

Alors papa descend au jardin. Il sort Paul du lilas et l'apporte 
Marie.

Heureusement, le voil, dit celle-ci. A-t-il bien froid, papa?

Papa donne Paul  Marie, qui le prend dans ses bras et le met sous les
couvertures.

Merci bien, papa, dit-elle encore. A prsent je m'endormirai bien
vite!

Papa lui donne encore un baiser et s'en va.

[Illustration]

Et bientt Marie s'endort, en tenant son cher petit garon bien serr
dans ses bras.




XXXIX. A l'Ecole? ou chez nous?


Jean s'amusait toujours beaucoup  l'cole. Et ce n'tait pas tonnant.
D'abord, il aimait  apprendre. Ensuite, il avait trouv  l'cole
de gentils petits amis. Enfin, il aimait beaucoup son matre qui tait
trs gentil. C'tait peut-tre pour cela surtout qu'il aimait aller en
classe.

Monsieur tait toujours gai et faisait souvent rire les enfants.

Aimes-tu aller  l'cole, Jean? dit-il un jour.

--Oui, Monsieur.

--Tiens, moi pas!

Jean et les autres enfants se mirent  rire.

Et sais-tu pourquoi je n'aime pas aller  l'cole, moi? poursuivit le
matre.

--Parce que nous apprenons quelque chose et vous pas.

--Non! c'est parce que vous allez chez un matre trs gentil et que moi
je vais chez de mchants garons.

--Mais nous ne sommes pas mchants, dit Jean en riant.

--Tu aimes donc tant l'cole?

--Oui, Monsieur.

--Et aimerais-tu ne plus rentrer chez toi?

--Oh non!

--Et pourquoi aimes-tu tant rentrer chez toi?

--Pour manger!

--Tu peux bien manger ici aussi.

--Et pour jouer!

--Mais tu peux jouer ici avec tes amis.

--Et pour dormir!

--Apporte ton lit ici.

--Et pour tre avec papa, et maman, et Marie!

--Amne-les ici; ils pourront s'asseoir dans le banc,  ct de
toi!

Jean se mit  rire. Ces grandes personnes, assises dans ces tout petits
bancs! C'tait trop drle!

Allons, poursuivit Monsieur, puisque tu aimes tant rentrer chez toi,
je t'apprendrai une posie que tu trouveras trs jolie.

--Une posie  rciter, Monsieur?

--Oui, mais aussi  chanter.

Et non seulement Jean, mais toute la classe apprit la posie; et chaque
jour, avant de quitter l'cole, ils la chantaient.

Et tout tait vrai dans la chanson. Quand ils chantaient: Je sais lire
et mme crire, c'tait vrai. Il y avait prs d'un an qu'ils taient
 l'cole et ils savaient lire et crire, pas si bien que les grands,
mais trs gentiment dj.

Jean chantait souvent sa chanson  la maison, si souvent mme, qu'aprs
quelque temps, Marie la chantait aussi, mais quand Marie chantait,
c'tait un petit mensonge qu'elle disait, car elle n'allait pas encore
 l'cole. Elle irait dans quelques mois seulement. C'est ce que nous
verrons dans le livre suivant. Et Paul chantait aussi, mais pour lui,
c'taient de gros mensonges. Il ne pouvait pas dire: Je n'ai pas perdu
mon temps! Car toute la journe, il ne faisait que des btises, ce
mchant garon.




XL. La Sortie de l'Ecole.


[Illustration]

Mais  prsent, nous allons quitter nos enfants. Nous les retrouverons
dans un autre livre.

Mais, avant de leur dire un joyeux: au revoir! nous apprendrons,
nous aussi, la chanson de Jean. Peut-tre pourrons-nous alors la
chanter aussi  quatre heures.

    LA SORTIE DE L'ECOLE.

    [Musique]

          Voici l'heure
          La meilleure,
    L'heure de rentrer chez nous.
          De l'cole             }
          L'on s'envole.         } _bis_.
    Maintenant faisons les fous! }
          La journe
          Termine,
    Chacun se met en chemin
          Et rpte
          Dans sa tte
    La leon du lendemain.

    _2e couplet._

          Le bon pre,
          Ou la mre
    Demande: As-tu travaill?
          Ecriture?
          Ou lecture?
    Montre-moi livre et cahier.

    _3e couplet._

          Oui, ma mre,
          Oui, mon pre,
    De moi vous serez contents.
          Je sais lire,
          Mme crire:
    Je n'ai pas perdu mon temps!

    _Refrain._

          Voici l'heure
          La meilleure,
    L'heure de rentrer chez nous.
          De l'cole             }
          L'on s'envole:         } _bis_.
    Maintenant faisons les fous. }




                               LUCIE VOS,

                             ENTRE NOUS, I.

                          MOTS ET EXPRESSIONS.

                           DEUXIME DITION.


                    J. B. WOLTERS--GRONINGUE--1906.




                          MOTS ET EXPRESSIONS.




    _L'enfant qui ne veut pas trop chercher,
    Ne doit seulement rien oublier._




MOTS ET EXPRESSIONS.


I.

  Mchant,                        ondeugend.
  gourmand,                       gulzig of snoepachtig.
  gentille,                       lief.


II.

  Se fche,                       wordt boos.
  est mont,                      is geklommen.
  le sucrier,                     de suikerpot.
  le sucre,                       de suiker.
  maman _regarde_ Paul,           mama _kijkt naar_ Paul.
  il faut le gronder,             u moet hem beknorren.
  il faut,                        letterlijk: het moet.
  se lve,                        staat op.
  s'approche du,                  gaat naar den (lett.: nadert den).
  encore une fois,                nog eens.
  une tape,                       een tik.


III.

  Voil ce que c'est,             dat komt ervan.
  s'est fch,                    is boos geworden.
  est tomb _par_ terre,          is gevallen _op den_ grond.
  il s'est cass le bras,         hij heeft zijn arm gebroken.
  veux-tu,                        wil je.
  s'il te plat,                  alsjeblieft.
  aller _chez_ le docteur,        _naar_ den dokter gaan (denk er aan:
                                    men zegt altijd _chez_ bij
                                    personen, en __ bij plaatsen, b.v.
                                    _aller  la maison_).
  il a bien mal,                  hij heeft erge pijn.
  je vais _tout de suite_         ik ga _dadelijk_ halen.
    chercher,
  _Alors_, il _ouvre_ la porte,   hij _opent_ (doet open) _nu_ de
                                    deur.
  le corridor,                    de gang.


IV.

  Couche,                         legt in bed.
  le petit bless,                de kleine gewonde.
  est sorti _de_ la chambre,      is _uit_ de kamer gegaan.
  il est all chercher,           hij is gaan halen.
  elle le borde bien,             zij stopt hem lekker in.
  bien mal,                       zoo'n pijn.
  maintenant,                     nu.
  allons!                         kom!
  il _viendra_ tout  l'heure,    hij komt (_zal komen_) straks.
  il te gurira,                  hij zal je genezen.
  sois sage,                      wees zoet.


V.

  Que je suis contente,           wat ben ik blij.
  tant il a mal,                  zoo'n pijn heeft hij.
  comment est arriv cet          hoe is dat ongeluk gebeurd?
    accident?
  entier,                         heel.
  ils vivent _tous les deux_,     zij leven _allebei_.
  remettre,                       zetten; weer aan maken.
  a _ira_ bien,                  dat _zal_ wel _gaan_.


VI.

  Elle _sort_ Paul,               zij _neemt_ Paul (letterlijk: gaat
                                    uit of haalt uit).
  elle l'embrasse,                zij kust hem (letterlijk: omhelst
                                    hem).
  puis elle le _passe_,           daarna _geeft ze_ hem (letterlijk:
                                    geeft door).
  bien vite,                      heel gauw.
  c'est a,                       mooi zoo of dat is goed.
  en portant,                     terwijl hij draagt (lett.: dragende).
  en tenant,                      terwijl hij houdt (lett.: houdende).
  au revoir,                      tot ziens.
   bientt,                      tot straks.
  merci,                          dank u.


VII.

  Jean va __ la cuisine,         Jan gaat _naar_ de keuken (zie opm.
                                    bij III).
  il _a mis_ le chapeau,          hij _heeft_ den hoed _opgezet_.
  est en train de peler des       is aan 't appelen schillen.
    pommes,
  est en train de,                is bezig met.
  tiens,                          zoo of kijk.
  vient chercher,                 komt halen.
  peut-tre,                      misschien.
  un bout de ficelle,             een eindje touw of een touwtje.
  un bout,                        een eind, een stuk.
  pourquoi faire,                 waarom (letterlijk: om wat te
                                    doen).
  bien difficile,                 zeer moeilijk.
  le tiroir,                      de lade.
  merci beaucoup,                 dank je wel.
  et _voil_ aussi,               en _daar heb je_ ook (lett.
                                    ziedaar).
  _met_ dans sa poche,            _steekt_ in zijn zak.
  l'attache,                      bindt het, maakt het vast.
  autour du poignet,              om den pols.
  autour de,                      om, rond om.
  est attach,                    is vastgebonden, vastgehecht.
  retournent _chez la maman_,     gaan _naar mama_ terug.
  _bien des choses_  Madame,     _vele groeten_ aan Mevrouw.


VIII.

  Comment?                        hoe?
  rentre,                         komt (terug) weer.
  tout  fait,                    heelemaal.
  quel bonheur,                   hoe heerlijk (letterlijk: welk een
                                    geluk).
  Marie devient _toute_ triste,   Marie wordt _heel_ treurig.
  le bras est retourn,           de arm zit omgekeerd, onderst boven.
  _tient_  l'paule,             _zit_ (letterlijk: houdt) aan den
                                    schouder.
  _se servir de_ sa main,         zijn hand _gebruiken_ (lett.: _zich
                                    bedienen van_).
  a ne fait rien,                dat hindert niet (letterlijk: dat
                                    doet niets).
  Paul ne pourra plus mettre,     Paul kan (zal kunnen) niet meer
                                    steken.
  c'est vrai,                     dat is waar.
  fera-t-il pour travailler,      zal hij moeten werken (letterlijk:
                                    zal hij doen, om te).
  plus tard,                      later.
  le chanteur,                    de zanger.
  il _n'a pas besoin de_ son      hij _heeft_ zijn arm _niet
    bras,                           noodig_.


IX.

  Jean va _partir_,               Jan vertrekt (letterlijk: gaat
                                    vertrekken).
  la porte _s'ouvre_,             de deur _gaat open_ (letterlijk:
                                    opent zich).
  l'an,                         de oudste.
  il _s'appelle_,                 hij _heet_ (lett.: noemt zich).
  en entrant _dans_ la chambre,   als hij de kamer binnenkomt
                                    (lett.: binnenkomende).
  _ quoi_ jouez-vous?            _wat_ speel jullie? (_jouer _ bij
                                    een spel; _jouer de_ bij een
                                    muziekinstrument).
  nous jouons au docteur,         wij spelen doktertje.
  ajoute,                         voegt er aan toe.
  il a remis,                     hij heeft gezet.
  _s'crie_,                      _roept uit_.
  ils se mettent  rire,          zij beginnen te lachen.
  en voyant,                      als ze zien (lett.: ziende).
  il _va_ nous chanter,           hij _zal_ (letterlijk: _gaat_) voor
                                    ons zingen.
  appuy __,                     geleund _tegen_.
  le dossier,                     de leuning.
  que _savez_-vous chanter,       wat _kun_ je zingen? (letterlijk:
                                    _weet_).
  il ne rpond _toujours_ pas,    hij antwoord _nog altijd_ niet.
  il se met  chanter,            hij begint te zingen.
  Marie _croit_,                  Marie _denkt_, meent (letterlijk:
                                    gelooft).
  vraiment,                       waarlijk.
  que c'est son petit garon      dat haar kleine jongen zingt (lett.:
    qui chante,                     dat het is haar kleine jongen, die
                                    zingt).


X.

  Ainsi que,                      evenals.
  elle _en_ est trs contente,    zij is _er_ heel blij mee
                                    (letterlijk: zeer tevreden _over_).
  pourtant,                       toch.
  le second couplet,              het tweede versje.
  car,                            want.
  elle connat,                   zij kent.
  qu'est-ce que Paul chante?      wat zingt Paul?
  _coutez_ ces quatre petites    _luister naar_ deze vier stemmetjes.
    voix,
  vous le saurez,                 ge zult het weten.
  cocorico,                       kukeluku.
   voix pleine,                  luidkeels.
  vont chantant,                  zingen (lett.: gaan zingende).
  en picotant,                    terwijl ze oppikken (letterlijk:
                                    oppikkende).
  en buvant,                      terwijl ze drinken (letterlijk:
                                    drinkende).
  le soleil luit,                 de zon schijnt.
  s'il va pleuvoir,               als het gaat regenen.
  la plaine,                      de vlakte.


XI.

  Vrai,                           echt (letterlijk: waar).
  la chambre d' ct,            de kamer ernaast.
  sont assis,                     zitten (lett.: zijn gezeten).
  ils _prennent_ une tasse de     zij _drinken_ een kopje thee
    th,                            (letterlijk: nemen).
  Maman pose son porteplume,      Mama legt haar penhouder neer.
  un petit-four,                  een koekje.
  j'ai mal aux dents,             ik heb tand- of kiespijn.
  elle verse,                     zij schenkt in (lett.: zij giet).
  en fumant,                      terwijl hij rookt (letterlijk:
                                    rookende).
  comme les enfants font du       wat maken de kinderen een leven.
    bruit,
  qu'est-ce qu'il y a?            wat is er?
  chez eux,                       bij hen.
  ils jouent  l'cole,           zij spelen schooltje.
  si fort,                        zoo hard (sterk).
  allons voir _un peu_,           laat ons _eens_ kijken (lett.: een
                                    beetje).
  ils se lvent,                  zij staan op.
  pour aller voir les enfants,    om  naar de kinderen (te gaan)
                                    kijken.
  ils s'arrtent,                 zij blijven staan.
  ils coutent,                   zij luisteren.
  ils entendent,                  zij hooren.
  le chant est si gai,            het liedje is zoo vroolijk.
  doucement,                      zachtjes.
  ils s'arrtent _de_,            zij houden op _met_.
  ils ne disent plus rien,        zij zeggen niets meer.


XII.

  Avoir besoin de,                behoeven (lett.: noodig hebben).
  qu'est-ce qu'il y a donc,       wat is er toch?
  ils clatent de rire,           zij barsten in lachen uit.
  eh bien!                        wel!
  qui est-ce,                     wie is dat?
  il faut que Paul chante,        Paul moet zingen.
  je n'y comprends rien,          ik begrijp er niets van.
  en voil un beau docteur,       dat is ook een mooie dokter.
  la ficelle glissait _tout le    het touwtje gleed _telkens_ (_aldoor_)
    temps_,                         uit (lett.: den heelen tijd).
  _j'ai mis_ la ficelle,          ik  _heb_  het  touwtje  _gebonden_
                                    (letterlijk: heb gelegd).
  un _drle de_ docteur,          een _gekke_ dokter.
  arracher une dent,              een kies (of tand) uittrekken.
  au lieu de,                     in plaats van.
  a ne fait rien,                dat hindert niets.


XIII.

  Toute seule,                    heelemaal alleen.
  deux semaines aprs,            veertien dagen (twee weken) later.
  Marie _en_ tait trs triste,   Marie was _er_ zeer treurig _om_.
  Jean savait si bien,            Jan kon zoo goed.
  voil qu'il tait _parti_,      en nu was hij _weg_ (letterlijk:
                                    vertrokken).
  tait assis,                    zat (lett.: was gezeten).
  Marie le sortit _de_ sa         Marie nam hem _uit_ zijn stoel.
    chaise,
  elle le prit _par la main_,     zij nam hem _bij de hand_.
  se promener,                    wandelen.
  sage,                           zoet (letterlijk: wijs).
  elle _va conduire_ Paul        zij _gaat brengen_ (lett.: geleiden),
    l'cole,                        hier, zij brengt.
  il faut qu'il apprenne ,       hij moet leeren.
  calculer,                       rekenen.
  elle sonne au bouton de         zij schelt aan den deurkruk.
    la porte,
  je viens conduire,              ik kom brengen.
  mais _d'un ton_ plus bas,       maar _op een_ lager _toon_.
  le voici,                       hier is hij.
  il faut qu'il devienne,         hij moet worden.
  je m'en vais,                   ik ga heen.
  elle _pose_ Paul _par terre_,   zij _zet_ Paul _op den grond_.
  un coin,                        een hoek.
  elle s'en va,                   zij gaat heen.


XIV.

  Jour de classe,                 schooldag.
  aujourd'hui,                    vandaag.
  suspendu,                       opgehangen.
  le capuchon,                    de cape (mantel).
  le bret,                       de muts.
  le portemanteau,                de kapstok.
  d'autres nouveaux,              andere nieuwelingen.
  il y _en_ a,                    er zijn _er_.
  tous ont l'air timides,         allen zien er verlegen uit.
  quel ge avez-vous,             hoe oud ben je? (lett.: welken
                                    leeftijd hebt ge?)
  en regardant,                   terwijl  hij  aankijkt  (letterlijk:
                                    aankijkende).
  j'ai six ans,                   ik ben (lett.: ik heb) zes jaar.
  comment vous appelez-vous,      hoe heet je?
  vous savez faire de la          je kunt muziek maken.
    musique,
  sans doute,                     zeker, stellig (letterlijk:  zonder
                                    twijfel).
  mais oui,                       welzeker.
  jouer _de_ la harpe,            _op_ de harp spelen.
  trs joliment,                  heel mooi.
  une jolie chanson,              een mooi liedje.
  sa petite voix tremblait,       zijn stemmetje beefde.
  pourtant,                       toch (evenwel).
  coutez seulement,              luister maar.
  il leva le doigt,               hij stak den vinger op.
  commencez,                      begin.
  il rcita,                      hij zei op.
  c'est tout,                     is dat alles? (lett.: dat is alles?)
  cette belle posie,             dat mooie versje.
  une posie sur Pierre,          een versje over Pieter.
  s'amusait,                      had  pret (letterlijk:  vermaakte
                                    zich).
  en rentrant,                    toen hij thuis kwam (letterlijk:
                                    thuis komende).
  _tant_ il s'tait amus,        _zooveel_ pret had hij gehad.
  je _te_ la rciterai,           ik zal het _voor u_ opzeggen.


XV.

  Qu'est-ce que,                  wat.
  promis,                         beloofd.
  trs bte,                      zeer of erg dom.
  quelque chose,                  iets.
  travaill en classe,            gewerkt in de school.
  Paul se taisait,                Paul zweeg.
  toujours,                       aldoor (letterlijk: altijd).
  elle allait le prendre,         zij wilde (letterlijk: ging) hem
                                    pakken.
  _par_ le bras,                  _bij_ den arm.
  secouer,                        schudden.
  elle se rappela,                zij herinnerde zich.
  qu'il _n_'avait _qu_'un bon     dat hij _maar_ n goeden arm had.
    bras,
  le gronda,                      beknorde hem.
  seulement,                      alleen maar.
  heureusement,                   gelukkig.
  la porte s'ouvrit,              de deur ging open (lett.: opende
                                    zich).
  _ton_ petit Paul _ toi_,       _jouw_ kleine Paul.
  je veux bien,                   graag (lett.: ik wil wel).
  de toutes leurs oreilles,       met beide ooren (lett.: met al hun
                                    ooren).
  Louis dclama,                  Louis zei op.
  a dor,                         heeft verguld.
  s'veille,                      wordt wakker.
  joyeux,                         vroolijk.
  il quitte,                      hij verlaat.
  sans peine,                     zonder moeite.
  son oreiller,                   zijn kussen (van oreille = oor; een
                                    canap-kussen = un coussin).
  soyeux,                         zacht (lett.: zijdeachtig; soie =
                                    zijde).
  au plus vite,                   heel vlug (zoo gauw mogelijk).
  il fait sa toilette,            hij wascht en kleedt zich.
  le teint _vermeil_,             de _roode_ gelaatskleur.
  surtout,                        vooral.
  de sa peau bien nette,          van zijn zindelijke (reine) huid.
  les jeux,                       de spelen.
  au grand soleil,                in de volle zon.
  parfois,                        somtijds.
  amre,                          bitter.
  le savoir,                      het weten.


XVI.

  Quelques jours aprs,           eenige dagen later.
  il savait,                      hij kende (lett.: wist).
  il savait la rciter,           hij kon het opzeggen.
  bien content,                   heel blij.
  la lumire,                     het licht.
  _dj_ luit,                    schijnt _al_.
  hors du lit,                    het bed uit.
  claironne,                      kraait.
  rsonne,                        weerklinkt.
  rveillez-vous,                 wordt wakker.
  le second couplet,              het tweede versje.
  c'est a,                       dat is goed.
  poursuivit,                     ging voort.
  lve-toi,                       sta op.
  notre chvre,                   onze geit.
  ble,                           blaat.
  t'appelle,                      roept je.
  sans attendre,                  zonder te wachten op.
  la rponse,                     het antwoord.
  le petit air,                   het wijsje.
  suivant,                        volgende.


XVII.

  Quel vent dsagrable!          Wat 'n nare wind!
  _quel_ vilain temps,            _wat een_ leelijk weer.
  il pleuvait,                    het regende.
  il faisait du vent,             het woei.
  un vrai temps de novembre,      echt Novemberweer.
  chassait,                       joeg.
  la figure,                      het gelaat.
  Jean devait _aller_ en          Jan moest naar school (_gaan_).
    classe,
  naturellement,                  natuurlijk.
  il ne voulait pas,              hij wilde niet.
  ensemble,                       samen.
  Jean _a_ trop _peur_,           Jan _is_ veel te _bang_.
  quelque chose de nouveau,       iets nieuws.
  il serait _en retard_,          hij zou _ten achter_ komen.
  comme dans la posie,           als in het liedje.
  il irait,                       hij zou gaan.
  le conduirait,                  zou hem brengen.
  Jean boutonna,                  Jan knoopte dicht.
  il tira,                        hij trok.
  par dessus ses oreilles,        over zijn ooren.
  les voil partis,               daar gingen ze weg.
  bras dessus, bras dessous,      gearmd (letterlijk: arm boven, arm
                                    onder).
  _tant qu_'ils taient,          _zoolang_ zij waren.
  entre,                           tusschen.
  donc,                           dus.
  commode,                        gemakkelijk.
  poussait ,                      voortduwde.
  le plaisir tait _fini_,        de pret was _uit_ (letterlijk:
                                    geindigd).
  souffla,                        blies.
  d'un autre ct,                van een anderen kant.
  comme si,                       alsof.
   la fois,                      te gelijk.
  elle rsolut de le fermer,      zij besloot hem dicht te doen.
  trop tard,                      te laat.
  le voil retourn,              hij was omgekeerd.
  mouillait,                      maakte nat.
  tout  fait,                    heelemaal.
  presque,                        bijna.
  arracher _des_ mains,           rukken _uit de_ handen.
  il essayait,                    hij probeerde.
  rabattre,                       neerslaan.
  en vain,                        vergeefs.
  un sergent de ville,            een (politie) agent.
  il tint,                        hij (hield) pakte.
  _de_ l'autre ct,              _aan_ den anderen kant.
  de sorte que,                   zoodat.
  le vent _lui-mme_,             de wind _zelf_.
  les baleines et l'toffe,       de baleinen en de stof.
  il rabattit,                    hij sloeg neer.
  mais _lui il_ ajouta,           maar _hij_ (met nadruk) voegde erbij.


XVIII.

  Dlicieux,                      heerlijk, lekker.
  bientt,                        gauw, spoedig.
  Rose retourna,                  Rosa keerde terug.
  il ne pleuvait plus,            het regende niet meer.
  tranquille,                     kalm, rustig.
  le vent ne pouvait pas _y_      de wind kon _er_ niet binnenkomen.
    entrer,
  chaque fois,                    telkens (lett.: elken keer).
  essayait d'entrer,              probeerde binnen te komen.
  il soulevait,                   hij lichtte op.
  les manteaux suspendus dans     de mantels, die in de vestibule
    le vestibule,                   hingen.
  suspendu,                       (letterlijk: opgehangen).
  il retournait,                  hij sloeg om.
  les feuilles des livres,        de bladen der boeken.
  on lui fermait vite la porte    men deed gauw de deur _voor zijn_
    _au_ nez,                       neus dicht.
  rester dehors,                  buiten blijven.
  chasser,                        jagen.
  taquiner,                       plagen.
  autant que,                     zooveel als.
  _c'est ce qu_'il faisait,       _dat_ deed hij.
  _par dessus_ les toits,         _over_ de daken.
  il les attrapait,               hij pakte ze.
  la cime,                        de top.
  penchait  droite et           boog naar rechts en links.
    gauche,
  les branches craquaient,        de takken kraakten.
  les feuilles mortes,            de dorre (letterlijk: doode) bladeren.
  s'envolaient,                   vlogen.
  partout,                        overal heen.
  elles ne savaient pas o        zij wisten niet, waar ze heen zouden
    aller,                          gaan (letterlijk: waar te gaan).
  frayeur,                        angst.
  pour les attraper _au vol_,     om ze _in de vlucht_ te vangen.


XIX.

  Les saisons,                    de jaargetijden.
  s'amusaient beaucoup,           hadden veel pret.
  bien des feuilles,              heel veel blren.
  ils montraient,                 zij lieten zien.
  nous sommes _en automne_,       we zijn _in den herfst_.
  _c'est ce que_ les enfants      _dat_ wisten de kinderen.
    savaient,
  mettez-vous sur le petit        ga op het bankje staan.
    banc,
  monta,                          klom.
  le printemps,                   de lente (het voorjaar).
  l't,                          de zomer.
  l'automne,                      de herfst.
  l'hiver,                        de winter.
  pas non plus,                   ook niet.
  _en_ t,                       _in den_ zomer.
  il faisait chaud,               het was warm.
  _en_ hiver,                     _in den_ winter.
  il faisait froid,               het was koud.
  _au_ printemps,                 _in het_ voorjaar.
  elles tombaient,                zij vielen af.
  quelle  saison aimez-vous       van  welk  jaargetijde  houd je
    _le mieux_,                     _het meest_?
  il poursuivit,                  hij vervolgde.
  _vous_ trouvez a amusant       _jij_ vindt dat prettig! (jij met
    _vous_,                         klem).
  se dit,                         dacht (lett.: zei) bij zichzelf.
  il _avait_ bien _raison_,       hij _had_ wel _gelijk_.


XX.

  _A_ la fentre,                 _voor_ het raam.
  elle aussi,                     haar ook.
  s'envolaient,                   vlogen weg.
  parfois mme,                   soms zelfs.
  ce cycliste,                    die fietser.
  il pdalait,                    hij trapte (fietste).
  avancer,                        vooruit komen.
  l bas,                         daar gindsch.
  mince,                          dun.
  elle _avait l'air_ d'avoir      zij _leek_ het koud te hebben.
    froid,
  elle avait l'air,               letterlijk: zij had het uiterlijk.
  se chauffer,                    zich warmen.
  appelle-la donc,                roep haar maar.
  elle frappa __ la vitre,       zij tikte _tegen_ de ruit.
  frappe _un peu_ plus fort,      tik _wat_ harder.
  enfin,                          eindelijk.
  Marie lui _fit signe des_       Marie _wenkte_ haar _met_ beide
    deux mains,                     handen.
  la fillette,                    het meisje.
  la poitrine,                    de borst.
  cela voulait dire,              dat wilde zeggen.
  _c'est moi que_ vous appelez,   roep je mij? (_ik ben het die_)
  elle s'approcha enfin de la     zij kwam eindelijk bij het raam.
    fentre,
  d'ouvrir la porte,              de deur te openen.
  la chambre bien chauffe,       de goed verwarmde kamer.
  demanda,                        vroeg.
  comment va ta mre,             hoe maakt je moeder het? (hoe gaat het
                                    met je moeder?)
  va-t-elle mieux,                gaat het beter met haar?
  tonne,                        verwonderd.
  connaissait,                    kende.
  ce n'tait pas _tonnant_,      dat was geen _wonder_.
  tonnant,                       letterlijk: verwonderend.
  arranger,                       in orde brengen.


XXI.

  Voil plus d'un an que la       de moeder was nu al meer dan een jaar
    mre tait malade,              ziek.
  elle tait couche,             zij lag te bed.
  elle se levait pendant          stond ze een uurtje op (letterlijk:
    une heure,                      gedurende of voor een uur).
  elle cousait,                   zij naaide.
  c'tait tout,                   dat was alles.
  voil pourquoi,                 dat was de reden waarom.
  faire le mnage,                de huishouding doen.
  aider,                          helpen.
  elle _n_'avait _que_ huit       zij was _maar_ acht jaar.
     ans,
  elle avait t voir,            zij had bezocht (letterlijk: zij was
                                    geweest te zien).
  apporter,                       brengen.
  des fortifiants,                versterkende middelen.
  je dois aller  l'cole,        ik moet naar school.
  les classes commencent,         de school (letterlijk: de klassen)
                                    begint.
  Jean est dj parti,            Jan is al weg (letterlijk:
                                    vertrokken).
  j'ai d retourner _chez         ik moest terug (letterlijk: ik heb
    nous_,                          moeten terugkeeren) _naar huis_.
  pour en mettre une autre,       om een andere aan te trekken.
  c'tait dommage,                dat was jammer.
  et _voil que_ Ninette,         en _nu_ moest N.
  il faisait si froid,            het was zoo koud.
  elle rougit,                    zij kreeg een kleur (letterlijk:
                                    zij kleurde).
  dis au revoir,                  zeg goedendag (letterlijk: tot
                                    weerziens).
  ta nouvelle petite amie,        je nieuw vriendinnetje.
  qui avait bu,                   die opgedronken had.
  partit  l'cole,               ging (letterlijk: vertrok) naar
                                    school.
  tu reviendras,                  je zult terugkomen of je komt terug.
  n'est-ce pas,                   is 't niet?


XXII.

  Marie l'avait vue partir,       Marie had haar zien vertrekken.
  elle avait bien entendu         zij had wel hooren spreken.
    parler,
  ce que c'tait,                 wat dit was.
  il y avait,                     er (was) waren.
  qui faisait les lits,           wie maakte de bedden op?
  qui faisait la cuisine,         wie kookte?
  c'tait trop drle,             dat was te gek.
  quand on a besoin d'un          als men een mantel noodig heeft.
    manteau,
  une boutique,                   een winkel.
  pour _en_ acheter _un_,         om _er een_ te koopen.
  apporter,                       brengen.
  une bote,                      een doos.
  on les essaye,                  men past ze aan.
  papa paye,                      papa betaalt.
  on achte,                      men koopt.
  chrie,                         lieveling.
  pourquoi? ou: pourquoi pas?     waarom _niet_?
  parce que,                      omdat.
  cela cote-t-il cher,           kost dat veel? (letterlijk: duur).
  c'est a,                       goed zoo.
  pour causer avec Rose _du_      om met Rosa te praten _over het_
    dner,                          middagmaal.


XXIII.

  De nouveau,                     opnieuw.
  la croise,                     de vensterbank.
  regarder _par_ la fentre       kijken _door_ het venster.
  quels tours jouait le vent,     welke kunsten (poetsen) de wind
                                    uithaalde (letterlijk: speelde).
  une voiture  bras,             een handkar.
  tirer,                          trekken.
  le vent enlve la casquette,    de wind neemt de pet af.
  emporter,                       meenemen.
  bien loin,                      heel ver.
  au milieu,                      in het midden.
  il court  toutes jambes,       hij loopt, zoo hard hij kan.
  pour attraper,                  om te pakken.
  il se baisse,                   hij bukt (zich).
  pour la ramasser,               om ze op te rapen.
  presser,                        drukken.
  attendre,                       wachten.
  un moineau,                     een musch.
  qui s'abattent _dans_ la rue,   die neerstrijken _op_ straat.
  des miettes,                    kruimels.
  le vent les pousse,             de wind duwt ze weg.
  presque,                        bijna.
  se tenir,                       zich staande houden, staan blijven
                                    (letterlijk: zich houden).
  leurs petites pattes,           haar pootjes.
  ils voient,                     zij zien.
  une graine,                     een korreltje.
  ils doivent souvent _courir     zij moeten het vaak _naloopen_.
    aprs_,
  justement,                      juist.
  il a attach,                   hij heeft vastgemaakt.
  reprendre,                      weer nemen.
  continuer son chemin,           zijn weg vervolgen.
  une vieille,                    een oude vrouw.
  avancer,                        vooruitkomen.
  elle marche tout _prs des_     zij loopt heel _dicht bij de_ huizen.
    maisons,
  souffler,                       blazen.
  s'arrter,                      staan blijven.
  ses jupes sont tendues          haar rokken zijn gespannen tegen haar
    contre ses jambes,              beenen.
  pauvre vieille,                 arm oudje.
  comme a Marie voit,            zoo ziet Marie.


XXIV.

  Voler,                          vliegen.
  veux-tu sortir avec moi,        wil je met me uitgaan?
  aller _prendre _ l'cole,      gaan _halen uit_ school.
  petite Mre,                    Moesje.
  pas du tout,                    heelemaal niet.
  chaudement habilles,           warm gekleed.
  d'abord,                        eerst.
  un magasin de nouveauts,       een modemagazijn (winkel).
  le marchand _en_ montre         de koopman laat _er_ verscheidene
    plusieurs,                      zien.
  choisir,                        kiezen.
  il _fait_ si froid,             het _is_ zoo koud.
  elles entendent une cloche,     zij hooren een bel.
  deux  deux,                    twee aan twee.
  bien en rang,                   net in de rij.
  celui-ci,                       deze.
  jusqu' la porte,               tot aan de deur.
  il court _vers_ sa mre,        hij loopt _naar_ zijn moeder.
  et les _voil_ partis tous      en _nu_ gaan ze alle drie weg.
    les trois,
  _au_ coin de la rue,            _op den_ hoek van de straat.
  le vent essaya encore une       de wind probeerde nog eens.
    fois,
  Jean le tenait,                 Jan hield hem vast.
  ils ont les joues bien          zij hebben heel roode wangen.
    rouges,


XXV.

  Il nous faut travailler tous,   wij moeten allen werken (lett.: het
                                    moet, dat....).
  comme j'ai faim,                wat heb ik een honger!
  _en rentrant_ de l'cole,       _toen hij thuis kwam_ van school.
  une bonne maladie,              een goedaardige ziekte.
  le dner te gurira,            het middagmaal zal je genezen.
  il mangea _comme_ quatre,       hij at _voor_ vier.
  la faim disparut,               de honger verdween.
  maman prparait le th,         mama zette thee (letterlijk:
                                    bereidde).
  il s'tait endormi,             hij was ingeslapen.
  ils faisaient beaucoup de       zij maakten veel lawaai.
    bruit,
  ils jouaient au vent,           zij speelden, dat het woei.
  qui, _d'un_ bras, poussait,     die, _met een_ arm, duwde.
  il l'avait lance,              hij had ze (geworpen) geslingerd.
  vous faites trop de bruit,      jullie maakt te veel lawaai.
  papa ne peut pas _se            papa kan niet _uitrusten_.
    reposer_,
  _pendant_ un moment,            _voor_ een oogenblik.
  tranquille,                     rustig.
  le bruit recommena,            het leven begon opnieuw.
  il faisait tant de vent,        het woei zoo erg!
  doucement,                      zachtjes.
  papa se rveillera,             papa zal wakker worden.
  il ne se sera pas bien          zal hij niet goed gerust hebben.
    repos,
  ils s'amusaient si bien,        zij hadden zoo'n pret.
  nous dormons _la nuit_,         wij slapen _'s nachts_.
  fatigu,                        vermoeid of moe.
  pour gagner de l'argent,        om geld te verdienen.
  ce manger,                      dit eten.
  il faut de l'argent,            men moet geld hebben.
  allons,                         kom.
  je vous apprendrai,             ik zal je leeren.
  une posie sur cinq petits      een versje van vijf mannetjes.
    bonshommes,
  je n'en ai gure,               ik heb bijna niets.
  comment faire?                  wat te doen?
  savez-vous,                     weet je.


XXVI.

  Les cinq doigts de la main,     de vijf vingers van de hand.
  c'est le pouce,                 dat is de duim.
  l'index,                        de wijsvinger.
  qui remarque tristement,        die treurig opmerkt.
  le majeur ou doigt du milieu,   de middelvinger (majeur, vroeger:
                                    groot; nu: meerderjarig).
  l'annulaire,                    de ringvinger.
  le petit doigt ou               de kleine vinger of pink.
    auriculaire,
  c'est tout juste comme dans     dat is net zoo als in Klein Duimpje.
    le Petit Poucet,
  ils demandrent,                zij vroegen.
  raconte-nous l'histoire,        vertel ons het verhaal.
  ils dsiraient beaucoup,        zij wilden graag.
  un bcheron,                    een houthakker.
  demeurer,                       wonen.
  le bois,                        het bosch.
  sa femme, la bcheronne,        zijn vrouw, de houthakster.
  le cadet,                       de jongste.
  il s'appelait,                  hij heette.
  nourrir,                        voeden, eten geven.
  toutes ces petites bouches,     al deze (kleine monden) mondjes.
  il gagnait,                     hij verdiende.
  il n'avait plus rien  leur     hij  had  niets meer om hun te eten
    donner  manger,                te geven.
  je vais aller perdre les        ik  zal maken,  dat ik de kinderen
    enfants dans le bois,           kwijt  raak  in  het bosch
                                    (letterlijk: ik ga gaan verliezen).
  j'aime mieux,                   ik heb liever.
  ils meurent de faim,            zij sterven van honger.
  elle  consentit  enfin __      zij stemde eindelijk toe, _in_ wat
    ce que son mari voulait,        haar man wilde.


XXVII.

  Suite,                          vervolg.
  le lendemain,                   den volgenden dag.
  partit,                         vertrok.
  qui s'tait cach,              die zich verborgen had.
  derrire la porte,              achter de deur.
  le soir,                        des avonds (letterlijk: de avond).
  il  avait  emport des          hij had blanke (witte) keisteentjes
    cailloux blancs,                meegenomen.
  jeter,                          werpen.
  la route,                       de weg.
  quand le pre fut parti,        toen de vader weg was.
  et que les six frres           en toen de zes broertjes schreiden.
    pleuraient,
  suivez-moi,                     volgt mij.
  retrouver,                      terugvinden.
  en suivant,                     door te volgen.
  rester,                         blijven.
  quelque temps,                  eenigen tijd.
  le pre avait reu,             de vader  had  gekregen (lett.:
                                    ontvangen).
  quand il n'eut plus d'argent,   toen hij geen geld meer had.
  il rsolut,                     hij besloot.
  il emporta du pain,             hij nam brood mee.
  les laissant seuls,             en liet hen alleen (letterlijk: hen
                                    alleen latende).
  les enfants voulurent   de      kinderen  wilden  naar huis
    rentrer,                        terugkeeren.
  il n'y avait plus de miettes,   er waren geen kruimels meer.
  les voil tout seuls,           nu waren ze heelemaal alleen.
  grimper,                        klimmen.
  une lumire,                    een licht.
  il descendit de l'arbre,        hij klom naar beneden (lett.: hij
                                    daalde af van den boom).
  les voil _en route_,           nu gingen ze _op weg_.
  longtemps,                      lang.
  ils frapprent,                 zij klopten.
  s'ils pouvaient,                of ze mochten.
  ils avaient peur _du_ loup,     zij waren bang _voor den_ wolf.
  la nuit,                        in den nacht of des nachts.
  cette maison tait __ son       dit huis was _van_ haar man.
    mari,
  l'ogre,                         de menscheneter.
  les cacher jusqu'__,           hen verbergen _tot_.
  elle entendit,                  zij hoorde.
  le lit,                         het bed.


XXVIII.

  Fin,                            einde.
  tout de suite,                  dadelijk.
  je sens la chair frache,       ik ruik versch vleesch (letterlijk:
                                    het versche vleesch).
  partout,                        overal.
  tuer,                           dooden.
  le veau,                        het kalf.
  rtir,                          braden.
  demain,                         morgen.
  s'endormir,                     inslapen.
  le djeuner,                    het ontbijt.
  furieux,                        woedend.
  mettre ses bottes,              zijn laarzen aantrekken.
  les bottes de sept lieues,      de zevenmijlslaarzen.
  il _courut aprs_ les           hij _liep_ de kinderen _na_.
    enfants,
  ceux-ci,                        deze.
  ils s'taient cachs,           zij hadden zich verstopt.
  il passa _devant eux_,          hij liep (ging) _ze voorbij_.
  se coucher,                     liggen gaan.
  la mousse,                      het mos.
  il sortit de sa cachette,       hij kwam uit zijn schuilhoek.
  il coupa la tte,               hij sneed het hoofd af.
  il lui ta ses bottes,          hij trok hem de laarzen uit.
  mais lui-mme,                  maar hijzelf.
  ensuite,                        vervolgens, daarna.
  le roi tait en guerre,         de koning was in oorlog.
  il lui apporta des nouvelles,   hij bracht hem berichten.
  l'arme,                        het leger.
  il fit tant de commissions,     hij deed zooveel boodschappen.
  un sac _de_ pices d'or,        een zak _met_ goudstukken.
  celui-ci fut bien content de    deze was heel blij (hem te zien
    le voir arriver,                aankomen), dat hij terugkwam.
  ils vcurent,                   zij leefden.


XXIX.

  La neige,                       de sneeuw.
  comme toujours,                 zooals altijd.
  il remarqua,                    hij merkte op.
  quelque chose,                  iets.
  qui ne l'avait jamais frapp,   dat hem nooit getroffen had.
  son papa  lui,                 _zijn_ (met nadruk) vader.
  un somme,                       een slaapje.
  revenir,                        terugkomen.
  le monde renvers,              de omgekeerde wereld.
  un tel papa,                    zulk een vader.
  Jean avait raison,              Jan had gelijk.
  les contes de fes,             sprookjes.
  mauvais,                        slecht.
  il neige,                       het sneeuwt.
  le rideau,                      het gordijn.
  ils virent,                     zij zagen.
  le flocon,                      de vlok.
  le ciel,                        de hemel.
  d'abord, puis, bientt,         eerst, dan, weldra.
  un peu plus,                    een weinig meer.
  on _ne_ voyait _plus que_       men zag niets anders _meer_ dan wit.
    du blanc,
  ils n'avaient _pas envie_,      zij hadden _geen lust_.
  monter,                         naar boven gaan.
  ils pensrent,                  zij dachten.
  le lendemain,                   den volgenden morgen.
  un tapis,                       een tapijt of kleed.
  pais,                          dicht.
  couvrir,                        bedekken.
  jeudi,                          Donderdag.
  ils se jetrent _des_ boules    zij wierpen elkaar _met_ sneeuwballen.
    de neige,
  le traneau,                    de slede.
  la glissade,                    de glijbaan.
  qu'elle tait amusante la       wat was de sneeuw prettig!
    neige,


XXX.

  Comme a,                       zoodoende.
  en mme temps,                  te gelijk.
  Jean apprenait  M.             Jan leerde aan M.
  _en_ voyage,                    _op_ reis.
  le village,                     het dorp.
  la plainte,                     de klacht.
  font leur plainte de concert,   klagen samen.
  l'abri,                         de beschutting.
  plus d'abri,                    geen beschutting meer.
  percer,                         dringen door.
  surtout,                        bovenal.
  partager,                       deelen.
  le goter,                      de namiddag-boterham (de boterham die
                                    Fransche kinderen om 4 uur eten, als
                                    men laat 't middagmaal gebruikt).
  les trous du voisinage,         de schuilhoekjes (letterlijk: de
                                    gaten) in de buurt.
  joyeux tapage,                  vroolijk rumoer.
  le toit,                        het dak.
  les pauvrets,                   de arme bloedjes, de zieltjes.
  prendre courage,                moed scheppen.
  gament,                        vroolijk, lustig, welgemoed.
  braver,                         trotseeren.


XXXI.

  Quatre fois deux _font_ sept,   viermaal twee is (letterlijk: maken)
                                    zeven.
  elle _aura_ cong,              zij _is_ vrij (letterlijk: zij _zal
                                    hebben_).
  inviter,                        uitnoodigen.
  que c'est amusant,              wat is dat prettig!
  Il faut qu'elle reste, toute    dan moet zij den heelen dag blijven.
    la journe,
  la maman de N. allait un peu    het ging wat beter met de mama van N.
    mieux,
  passer,                         doorbrengen.
  commander,                      bestellen, bevelen.
  montrer,                        laten zien.
  la voiture,                     het rijtuig.
  les joujoux,                    het speelgoed.
  voil d'autres visites,         daar komen andere gasten.
  Louis s'en va,                  Louis gaat (heen).
  _ quoi_ joueront-elles,        wat (letterlijk:  waaraan) zullen zij
                                    spelen.
  M. et N. s'assoient,            M. en N. gaan zitten.
  H. marche _de long en large_,   H. loopt _heen en weer_.
  la table de cinq,               de tafel van vijf.
  je ne la sais pas,              ik ken ze niet.
  je t'aiderai,                   ik zal je helpen.
  commence _toujours_,            begin _maar_.
  ce n'est pas a,                dat is zoo niet.
  les tables de multiplication,   de tafels van vermenigvuldiging.
  compter,                        tellen.
  elle _y_ est bien vite _comme   _zoo_ is ze _er_ heel gauw.
    a_,
  mais  vrai dire,               maar om de waarheid te zeggen
                                    (letterlijk: maar om waar te
                                    zeggen).


XXXII.

  A prsent,                      nu.
  jouer  autre chose,            iets anders spelen.
  un service  th,               een theeserviesje.
  un plateau,                     een theeblad.
  la thire,                     de theepot.
  le pot au lait,                 het melkkannetje.
  la tasse,                       het kopje.
  la soucoupe,                    het schoteltje.
  enfin,                          eindelijk.
  une bote,                      een kistje (doos).
  la cuiller,                     de lepel.
  de l'eau bouillante,            kokend water.
  infuser,                        trekken.
  le chauffe-th,                 de theemuts (Eng. the cosy).
  venir _en_ visite,              _op_ visite komen.
  vous allez bien?                gaat het goed? (letterlijk: gij gaat
                                    goed).
  quel temps, n'est-ce pas,       wat 'n weer, niet waar?
  le gamin,                       de straatjongen.
  ils vous jettent _des_          zij gooien je _met_ (sneeuw)ballen.
     boules,
  asseyez-vous,                   gaat zitten.
  puis-je vous offrir,            mag ik je aanbieden.
  prenez-vous,                    hier: gebruik je.
  remplir,                        vullen.
  sans renverser une goutte,      zonder een droppel te morsen.
  sa tasse  elle,                _haar_ (met klem) kopje.
  verser,                         schenken.
  ce n'est pas joli,              't is niet aardig.
  un bain de pied,                een voetbad.
  __ ses visites,                _tegen_ haar gasten.
  je vais appeler,                ik zal roepen.
  en toile,                       van linnen.
  en son,                         van zemelen.
  en faence,                     van aardewerk.
   la bonne heure,               mooi zoo!
  rparer,                        herstellen.
  une bote _en fer blanc_,       een _blikken_ trommeltje (kistje,
                                    doosje).
  elle les offre,                 zij presenteert ze.
  grignoter,                      knabbelen.
  un grand coup,                  een harde slag.
  de frayeur,                     van schrik.


XXXIII.

  Une grande cocarde blanche,     een groote witte plek (letterlijk:
                                    kokarde).
  les restes,                     de overblijfselen.
  une balle,                      een kogel.
  on se bat,                      men vecht.
  un gros bonhomme,               een groote pop.
  rouler,                         rollen.
  deux grosses jambes,            twee dikke beenen.
  une grosse boule,               een dikke bal.
  reprsenter,                    voorstellen.
  le corps,                       het lijf, het lichaam.
  au milieu de la tte,           in 't midden van het hoofd.
  un peu aplatie,                 een beetje afgeplat.
  au-dessus,                      boven.
   droite et  gauche,           rechts en links.
  une pierre,                     een steen.
  les yeux,                       de oogen.
  il est n,                      hij is geboren.
   prsent,                      nu.
  bombarder _de_,                 bombardeeren _met_.
  lancer,                         werpen, slingeren.
  _c'est comme a qu_'il y        _daardoor_ is er een.
    en a,
  effrayer,                       verschrikken.
  comme elles sont debout,        nu zij opgestaan zijn.
  comme les garons s'amusent,    wat vermaken de jongens zich.
  qui reoit des visites,         die bezoek (gasten) ontvangt.
  se mouiller,                    zich nat maken.
  faire attention,                er aan denken.
  prendre garde __,              oppassen _voor_.
  courir  toutes jambes,         hard loopen.
  suivre,                         volgen.
  mettre une branche,             een stokje (takje) steken.
  la bouche,                      de mond.
  il aura gagn,                  hij heeft gewonnen (letterlijk: hij
                                    zal gewonnen hebben).
  ils sont bien occups,          zij zijn druk bezig.
  ramasser,                       oprapen.
  continuer __,                  voortgaan _met_.
  fumer,                          rooken.
  siffler,                        fluiten.
  _autour de_ ses oreilles,       _om_ zijn ooren.
  bouger,                         zich verroeren, bewegen.
  toucher,                        raken.
  viser,                          mikken.
  elle s'amuse _tant_,            zij heeft _zooveel_ pret (zij vermaakt
                                    zich zoo).
  elle rit _de tout coeur_,      zij lacht _hartelijk_.
  cela ne lui arrive pas          dat gebeurt haar niet vaak.
    souvent,


XXXIV.

  La glace,                       het ijs.
  un nouvel amusement,            een nieuw vermaak.
  geler,                          vriezen.
  de suite,                       achtereen.
  l'tang,                        de vijver.
  couvrir,                        bedekken.
  la couche,                      de laag.
  ils ne savaient pas,            ze konden niet.
  patiner,                        schaatsenrijden.
  emmener,                        meenemen.
  il n'y avait pas de vent,       er was geen wind.
  briller,                        schitteren.
  rchauffer,                     verwarmen.
  se mettre en route,             zich op weg begeven.
  comme ils marchaient _d'un      daar zij _flink op_ liepen.
    bon pas_,
  descendre,                      afdalen.
  la glissade,                    de glijbaan.
  glisser,                        glijden.
  tout le temps,                  aldoor, telkens.
  _que de_ patineurs,             _wat een_ schaatsenrijders!
  se croiser,                     zich kruisen.
  dans tous les sens,             in alle richtingen.
  il _y_ =en= avait tant que,     _er_ waren =er= zooveel, dat.
  prs du bord,                   dicht aan den kant.
  tout ce _monde_,                al deze _menschen_.
  avoir envie,                    lust hebben.
  le patin,                       de schaats.
  j'aimerais tant,                ik zou zoo graag.
  arrivrent lui dire bonjour,    kwamen hem goeden dag zeggen, hem
                                    groeten.
  vous avez tellement chaud,      jullie bent zoo warm.
  attraper froid,                 kou vatten.
  pour nous reposer,              om uit te rusten.
  se remettre en marche,          weer verder gaan.
  ils avaient disparu,            zij waren verdwenen.
  faire le tour des tangs,       om de vijvers heenwandelen.


XXXV.

  Oter,                           uittrekken.
  le gant,                        de handschoen.
  dehors,                         buiten.
  elle ne s'en tait pas          zij had het niet gemerkt.
    aperue,
  sentir,                         voelen.
  ne te mets pas prs du pole,   ga niet dicht bij de kachel
                                    staan.
  les mains te feraient mal,      je handen zouden je zeer
                                    doen.
  un jeu,                         een spel.
  Marie s'assied,                 Marie gaat zitten.
  _en face d_'elle,               _tegenover_ haar.
  taper,                          klappen.
  la paume,                       de palm van de hand.
  _en_ mesure,                    _op_ de maat.
  jusqu'au bout des doigts,       tot aan de toppen der vingers.
  s'agiter,                       zich bewegen.
  entrez vite en danse,           begin vlug te dansen.
  frapper,                        slaan.


XXXVI.

  Passer,                         voorbijgaan.
  c'est dommage,                  't is jammer.
  s'amuser __ patiner,           zich vermaken _met_ schaatsenrijden.
  s'amuser __ faire des          zich vermaken _met_ glijden.
    glissades,
  s'amuser __ sortir en          zich vermaken _met_ sleden
    traneau,                       (letterlijk: uitgaan in een slede).
  le charbon,                     steenkool.
  les vtements,                  de kleeren.
  la nourriture,                  het voedsel.
  fondre,                         smelten.
  un baquet d'eau,                een bakje water.
  une assiette de pain,          een bordvol brood.
  le pinson,                      de vink.
  la msange,                     de mees.
  tout de mme,                   toch.
  la _bonne_ chaleur,             _die heerlijke_ (letterlijk: de goede)
                                    warmte.
  la terre,                       de aarde.
  s'amollir,                      zachter, weeker worden.
  le bourgeon,                    de knop.
  se gonfler,                     zwellen (zich uitzetten).
  btir,                          bouwen.
  gayer,                         opvroolijken.
  soigner,                        verzorgen.
  un brin de paille,              een strootje (letterlijk: een halm
                                    van stroo).
  la branche,                     de tak.
  ce petit coin,                  dit hoekje.
  entre,                          tusschen.
  prt,                           klaar.
  la femelle,                     het wijfje.
  pondre,                         leggen.
  construire,                     bouwen (samenstellen).
  pas du tout,                    in 't geheel niet.


XXXVII.

  Se sentir,                      zich gevoelen.
  un peu seule,                   een beetje eenzaam.
  comprendre,                     begrijpen.
  l'herbe,                        het gras.
  cueillir,                       plukken.
  un arbuste,                     een struik, een heester.
  la pquerette,                  het madeliefje.
  tout un petit bouquet,          een heel bouquetje.
  la couronne blanche,            de witte kroon.
  un bouton d'or,                 een boterbloempje (lett.: gouden
                                    knoop).
  en voil encore quelques-uns,   daar zijn er nog eenige.
  comme a sent bon ici,          wat ruikt het hier lekker.
  le lilas,                       de sering.
  elle aimerait en cueillir,      zij zou er graag van plukken.
  appeler,                        roepen.
  et cela _d_'une main,           en dat _met_ n hand.
  obissant,                      gehoorzaam.
  le sommet,                      de top, de kruin.
  allons Paul,                    toe Paul.
  _qu'est-ce que_ Paul doit       _wat_ moet Paul doen.
    faire,
  un escabeau,                    een voetbankje.
  les ciseaux,                    de schaar.


XXXVIII.

  Se faner,                       verwelken.
  arranger,                       (rang)schikken.
  la chemine,                    de schoorsteenmantel.
  une coupe,                      een schaal.
  un ouvrage,                     een werk.
  tout  fait,                    heelemaal.
  oublier,                        vergeten.
  border,                         toedekken.
  il fait si noir au jardin,      't is zoo duister in den tuin.
  les cris,                       de kreten, het geschreeuw.
  la chambre  _coucher_,         de _slaap_kamer.
  qu'est-ce que a fait,          wat zou dat?
  croire,                         meenen, gelooven, hier: denken.
  c'est bien fait pour lui,       dat is zijn verdiende loon.
  la couverture,                  de deken.
  un baiser,                      een kus.
  s'en aller,                     heengaan.
  serrer,                         drukken.


XXXIX.

  Ce n'tait pas tonnant,        dat was geen wonder.
  aller en classe,                naar school gaan.
  tiens, moi pas,                 zoo, ik niet.
  poursuivre,                     vervolgen.
  en riant,                       lachend.
  emmener,                        meenemen.
  s'asseoir,                      zitten gaan.
   ct de toi,                  naast je.
  c'tait trop drle,             't was te gek.
  avant de quitter l'cole,       voor de school te verlaten.
  il y avait _prs_ d'un an,      het was _ongeveer_ een jaar.
  gentiment,                      aardig.
  un petit mensonge,              een leugentje.
  nous verrons,                   wij zullen zien.
  c'taient de gros mensonges,    het waren dikke (grove) leugens.
  une btise,                     een domheid, een dwaasheid.


XL.

  La sortie,                      het uitgaan.
  quitter,                        verlaten.
  retrouver,                      terugvinden.
  la meilleure heure,             het beste uur.
  s'envoler,                      vlug weggaan (lett.: wegvliegen).
  faisons les fous,               laten we dartel zijn.
  terminer,                       eindigen.
  l'criture,                     het schrift (schrijven).
  la lecture,                     het lezen.




[Vignette: IK BLIJF WERKEN]


       *       *       *       *       *


  Au lecteur.

    Ce livre lectronique reproduit intgralement le texte original.
    Seules quelques erreurs typographiques videntes ont t corriges
    comme indiqu ci-aprs, et quelques erreurs de ponctuation ont t
    tacitement corriges.

  PREMIRE PARTIE

    Page 11: dan  remplac par dans (dans son petit lit).
    Page 38: coIe par cole (aller  l'cole).
    Page 55: Aussit par Aussitt (Aussitt, joyeux tapage).
    Page 55: enfanfs par enfants (comme tous les enfants).

  MOTS ET EXPRESSIONS

    Page  9: niet mis en italiques (hij _heeft_ zijn arm _niet
               noodig_.)
    Page 21: vensterbauk remplac par vensterbank (de
               vensterbank.)





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Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
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in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
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work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
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Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation information page at www.gutenberg.org


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at 809
North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887.  Email
contact links and up to date contact information can be found at the
Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit www.gutenberg.org/donate

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit:  www.gutenberg.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For forty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     www.gutenberg.org

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