Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905

Author: Various

Release Date: February 17, 2011 [EBook #35309]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'ILLUSTRATION, NO. 3250, 10 JUIN 1905 ***




Produced by Jeroen Hellingman and Rnald Lvesque





L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905

Avec ce Numro
Supplment de quatre pages.

LA REVUE COMIQUE, par Henriot.

_Ce numro contient un Supplment de quatre pages d'actualits._

L'ILLUSTRATION
_Prix du numro: 75 Centimes._
SAMEDI 10 JUIN 1905
_63e Anne.--N 3250_


[Illustration: M. Delcass, qui a donn sa dmission de ministre des
Affaires trangres.]

[Illustration: Le comte de Blow, chancelier de l'empire allemand, que
Guillaume II vient d'lever au rang de prince.]

[Illustration: Phot. Paul Boyer. M. Rouvier, prsident du conseil, qui a
pris l'intrim des Affaires trangres. LES SUITES DE L'INCIDENT
MAROCAIN]



Alphonse XIII.

ALPHONSE XIII AU CAMP DE CHALONS.--Le jeune roi d'Espagne galopant en
tte de son escorte.

Le numro de _L'Illustration_ du 3 juin, paru avec un retard de quelques
heures--retard dont nous avions eu soin d'informer le public, en temps
utile, par des annonces dans les principaux journaux--se trouve avoir
t, en fait, en avance d'une semaine sur toutes les autres publications
puisqu'il contenait des photographies et des dessins, non seulement de
l'arrive  Paris du roi Alphonse XIII, mais aussi des trois premires
journes de son sjour. Une page tait mme consacre  l'attentat qui
suivit le gala de l'Opra.

Aussi ce numro a-t-il obtenu un succs considrable et les exemplaires
non rservs  nos abonns taient-ils puiss ds le lendemain de sa
mise en vente. Nous l'avons remis sous presse pour en tirer quelques
milliers de nouveaux exemplaires. Mais nos machines attendaient le
numro du 10 juin et nous n'avons pu continuer  rpondre  toutes les
demandes: nous nous en excusons auprs du public.

Le numro de cette semaine, qui contient encore quatre pages
supplmentaires, est consacr en partie aux dernires journes de la
visite  Paris du roi d'Espagne et  son dpart de Cherbourg. Mais
aucune des autres actualits n'y est omise et l'on y trouvera notamment:
d'intressants documents indits rapports par la mission du docteur
Charcot, qui vient de rentrer en France; une srie de cartes rsumant
les phases de la terrible bataille navale de Tsou-Shima; des
photographies des ftes du mariage du kronprinz  Berlin, etc., etc.


Au sujet de notre concours de jeu de Bridge, ouvert pour l'attribution 
un de nos abonns du tableau original d'Albert Guillaume reproduit dans
notre prcdent numro, nous avons reu un certain nombre de lettres.
Toutes les communications relatives  ce concours doivent tre adresses
 notre collaborateur, M. Arnous de Rivire, qui donnera,  partir de la
semaine prochaine, tous les claircissements et renseignements utiles
dans sa rubrique _la Science rcrative_, qu'on trouvera aux pages de
garde de chaque numro.



COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE TRANGRE

D'une des fentres de son magasin, situ avenue de l'Opra, ma modiste a
vu passer, il y a huit jours, Alphonse XIII. Et, depuis huit jours, elle
est hante par ce souvenir. Le roi d'Espagne lui a paru un jeune homme
dlicieux; elle l'avoue. Elle aime beaucoup l'uniforme bleu dont il
tait vtu et la petite casquette blanche qui le coiffait; elle a trouv
une grce infinie  cette longue figure imberbe, claire de beaux yeux
noirs pleins de joie et si curieux de tous les spectacles;  cette
bouche entr'ouverte--sur de fort jolies dents, il est vrai--et dont la
lvre infrieure s'avance en sorte de moue gentille qui accentue
l'ingnuit du sourire et ce qu'il y a d'encore enfantin dans
l'expression de ce visage d'adolescent. Elle raconte que, de sa fentre,
elle a cri: _Vive le roi!_ tant qu'elle a pu, et si fort qu'Alphonse
XIII l'a regarde, lui a souri, a secou vers elle, dans un geste de
bonjour familier, sa main gante de blanc. Ma modiste parle avec horreur
de l'attentat de la rue de Rohan et son mari, qui assiste  notre
entretien, l'approuve. Il est employ  la prfecture de la Seine,
socialiste et secrtaire du comit des libres penseurs de son
arrondissement. Il a vu, lui aussi, le souverain  l'Htel de Ville; il
a cri: _Vive le roi!_ et il s'en est fallu de rien qu'Alphonse XIII,
vers qui plusieurs mains se tendaient  ce moment-l, ne serrt la
sienne. Il conte ces choses avec ravissement. Ce radical bon garon se
sent, au fond, prodigieusement flatt qu'un roi de dix-neuf ans ait dit
bonjour  sa femme et donn une poigne de main  des gens qui ne sont,
comme lui, que les premiers venus.

Nous ne rflchissons pas assez que cette faon de sentir, qui est
commune  la plupart des hommes, expose  de terribles dangers les
pauvres rois et que cette vnration un peu purile dont nous entourons
leurs moindres gestes est l'excuse mme de leurs illusions et de leurs
erreurs. D'un enfant trop gt nous faisons, le plus simplement du
monde, un homme insupportable et nous nous tonnons qu'un apprenti-roi
tire, logiquement, du spectacle de nos enthousiasmes et de l'admiration
que chacun de ses actes semble nous inspirer, le sentiment qu'il est un
homme trs suprieur  nous et qu'il n'y a donc rien de plus lgitime au
monde et de plus ncessaire  notre flicit que la toute-puissance dont
il est investi...

Aussi, ce qui me stupfie, ce n'est pas qu'il y ait de mauvais rois,
mais qu'en dpit de la dplorable ducation que nous donnons aux rois il
s'en rencontre  et l d'excellents. Leurs vertus sont infiniment plus
mritoires que les ntres, car nous leur demandons de connatre la vie
et nous ne faisons rien de ce qu'il faudrait pour la leur enseigner.
Loin d'eux, nous nous montrons frondeurs; en face d'eux et  leur
contact, nous redevenons courtisans et tout petits: tmoin le mari de ma
modiste, socialiste et libre penseur, qui ne peut se dfendre de sourire
amoureusement au dernier rejeton d'une famille que ses grands-pres ont
mene  l'chafaud...



Les psychologues rpondent  cela: C'est que l'tat d'me d'une foule
ne traduit point ncessairement les sentiments particuliers des
individus qui la composent. Cent personnes, qui pensent ou sentent sur
une question donne d'une certaine faon, peuvent former une foule
dont l'opinion sera trs diffrente de ces cent opinions-l. C'est ce
qui explique pourquoi, dans Paris, ville avance entre toutes,
Alphonse XIII a pu voir tant de jacobins lui faire risette...

Et puis, est-on jamais bien sr d'tre jacobin? Il me semble que
l'instinctive fidlit que garde cette ville-ci aux gloires, aux
lgances de son histoire, se trahit  chaque instant dans ses
gestes,--dans sa badauderie mme. Paris adore les vieilleries o
s'voque le prestige des matres dont il ne veut plus. Il reste trs
orgueilleux de son muse de l'Arme. Il s'est rjoui que la Malmaison
ft restaure et que la Rpublique y prpart un trsor de reliques
napoloniennes; il ira, cet t, admirer les rtrospectives d'art de
Bagatelle et revivre son pass dans la frquentation des vieux peintres;
il visiterait bien plus assidment Cluny, si Cluny n'tait point l'Odon
des muses... perdu dans un recoin de cette dlicieuse rive gauche que
j'adore, mais o il faut bien constater que la foule n'afflue pas. Le
pavillon de Marsan est plus central. Tant mieux; et c'est une ide
gniale qu'eut M. Georges Berger d'y installer ce muse des Arts
dcoratifs o tant de reliques prcieuses,  ct des chefs-d'oeuvre de
l'art d'aujourd'hui, s'offrent, depuis une semaine, aux curiosits du
passant. Meubles historiques, armes de rois, bijoux, missels et
dentelles de reines... avidement, la bonne foule contemple ces choses;
et ces dbris d'un ge qu'elle ne regrette point communiquent pourtant 
son me un sentiment trs doux de dfrence, de curiosit amie...



Mais les muses auront perdu bientt leur clientle d'hiver,--que deux
mois de printemps glacial leur avaient conserve. On ferme! On ne
ferme pas que les muses. Voici le temps o les directeurs de thtres
expdient leurs dernires pices--les pauvres pices sur lesquelles on
ne compte pas--et prparent leur clture d't. Et cette clture sera
la preuve que Paris a cess d'tre habitable pour les gens du monde et
qu'il est dcent d'en sortir le plus rapidement possible...

Les auteurs dramatiques que j'entends se plaindre des misres de leur
tat sont bien injustes, en vrit. Ils semblent ne pas apercevoir
quelle place considrable ils occupent dans la vie contemporaine et 
quel point leur fcondit est devenue ncessaire  la joie de nos
esprits! Ils se plaignent... Mais ne voient-ils pas que, pendant dix
mois, nos gazettes n'ont  peu prs consacr qu' leurs ouvrages, aux
interprtes de leurs ouvrages,  leurs personnes,  leurs projets, 
leurs attitudes et  leurs mots, toute la place que n'occupent point
chez elles les affaires et la politique?

Certains crivains (qui ne sont point auteurs dramatiques) reprochent
aux journaux cet excs de complaisance, souhaiteraient de les voir un
peu moins proccups du sort de la pice de demain et un peu plus
attentifs aux mrites du livre d'hier... Ils disent: Rien de ce qui se
passe au thtre n'est nglig par les journalistes et il ne se joue pas
un acte  Paris--sur quelque scne que ce soit et si pauvre
qu'apparaisse l'ouvrage--qu'ils ne se considrent comme tenus d'en
raconter l'histoire et, au besoin, d'en railler les faiblesses; mais ce
commentaire-l, c'est encore une rclame, et qui vaut mieux que
l'affreux silence sous lequel moisissent nos livres...

Ceux-l ont plutt sujet de se plaindre, en effet; et les auteurs
dramatiques sont nos enfants gts. Que Z..., l'diteur, ait dcid de
chmer pendant six mois; qu'Y..., illustre romancier, songe  retarder
d'un an ou deux l'impression du volume, qu'il vient d'crire, ce sont l
de menus incidents qui nous indiffrent... Mais qu'on annonce: Coquelin
va chercher  Cambo le manuscrit de M. Rostand, voil une nouvelle qui
nous passionne. Pourquoi? Je n'en sais rien. Je constate simplement que
la nouvelle nous passionne et que nos badauderies font de cette ville-ci
le paradis des gens de thtre.



[Illustration: Le roi et le prsident sortant de la gare de Mourmelon.]

[Illustration: AU CAMP DE CHALONS.--Le "pylne" du haut duquel le roi,
le prsident et les personnages officiels ont assist au tir
d'artillerie.]



En attendant qu'ils partent en vacances, on se dispose, sur d'autres
scnes,  faire ses malles aussi. On ne s'en va pas encore; on liquide
sa saison, si je puis dire. C'est le mois un peu fivreux o les
matresses de maison font leurs dernires politesses, donnent  dner,
 chanter,  danser pour la dernire fois; o s'ouvrent,  ct des
Salons, les dernires expositions d'art; o se prparent les preuves
suprmes du turf, parmi l'affolement des couturiers. Hier, Auteuil;
Longchamps tout  l'heure; et, de l, sortiront nos modes d't, les
formes dfinitives du corsage, de la jupe et du chapeau que je
commanderai demain. Car on ne porte point les robes et les chapeaux
qu'on aime, mais les robes et les chapeaux qu'il faut porter. C'est un
ordre qui vient on ne sait d'o et que rend sacr le mystre mme qui
l'enveloppe. Or, le bruit court qu'on va remettre  la mode la
crinoline! En verrons-nous  Longchamps dimanche? J'ai peur. En vrit,
il n'y a personne au monde qui ait le droit de m'obliger  porter une
crinoline; cependant, je sens bien que le jour o ma couturire m'aura
dclar qu'on la reporte, mon nergie s'effondrera... Et nous serons,
 ce moment, quelques millions de femmes que cette consigne exasprera
et qui, sans savoir pourquoi, la mort dans l'me, achterons des
crinolines.

SONIA.



[Illustration: Colonel Reidell. Colonel Echage. Gnral Debatisse.
Alphonse XIII Gnral Dalstein Clich Chusseau-Flaviens. ALPHONSE XIII
AU CAMP DE CHALONS.--Attentif  la manoeuvre.]

ALPHONSE XIII A SAINT-CYR (2 juin).--Le carrousel dans la "petite
carrire". Les sous-lieutenants lves de l'cole de Saumur excutent
une charge  toute allure devant la tribune officielle.

[Illustration: LE ROI D'ESPAGNE A VERSAILLES (2 juin). Alphonse XIII
rpond aux saluts de la foule contenue dans les alles latrales et
admire les perspectives lointaines du parc.]

[Illustration: En gnral d'infanterie,  Versailles, passant la revue
du piquet d'honneur.]

[Illustration: En gnral de lanciers,  la revue de Vincennes.]

[Illustration: En civil, devant la chapelle espagnole de l'avenue de
Friedland.]

[Illustration: A Versailles, entre M. Berteaux et M. Loubet.]

[Illustration: Au tir aux pigeons du bois de Boulogne.]

[Illustration: Au Grand Steeple-Chase d'Auteuil.]

ATTITUDES ET COSTUMES DU ROI ALPHONSE XIII.

[Illustration: M. Fallires. M. Berteaux. Gn. Bascaran. Mgr Lanusse.
Alphonse XIII. Gn. Debatisse. M. Loubet. Duc de Santo-Mauro. M. de
Villaurutia. A SAINT-CYR.--Aprs le djeuner: le caf du roi dans la
salle d'escrime.--_Phot. Servant._]

[Illustration: L'arrive du cortge royal et prsidentiel dans la cour
de Marbre.]

[Illustration: Devant le bassin d'Apollon.]

[Illustration: Dans les bosquets.]

[Illustration: Dans le hameau de Trianon. LE ROI D'ESPAGNE A VERSAILLES]

[Illustration: Phot. Dufayel. ALPHONSE XIII A SAINT-CYR--La tribune
officielle pendant le carrousel.]

[Illustration: Phot. Tresca. ALPHONSE XIII AU GRAND STEEPLE-CHASE
D'AUTEUIL.--L'arrive au pesage.]

[Illustration: Pour voir le roi.]

[Illustration: Le roi fait son entre au pesage.]

A AUTEUIL (4 juin).

[Illustration: Le kronprinz Frdric-Guillaume.]

[Illustration: Le cortge nuptial dans l'alle Unter den Linden.]



[Illustration: LE MARIAGE DU PRINCE HERITIER D'ALLEMAGNE.--Jeunes filles
berlinoises sur le passage du cortge nuptial.]



UN NOUVEL IMMORTEL

Jeudi, l'Acadmie franaise appelait  elle, pour remplacer M. Eugne
Guillaume, M. tienne Lamy, lu au premier tour de scrutin par 21 voix
contre 12  M. Maurice Barrs.

[Illustration: Phot. H. Manuel. M. tienne Lamy.]

Le nouvel acadmicien est peu connu du grand public, moins, par exemple,
que M. Maurice Barrs, qui fut son concurrent le plus redoutable dans
cette lutte. Leurs carrires, pourtant, offrent quelque analogie. Tous
deux firent un temps de la politique et la quittrent un jour pour la
littrature. M. tienne Lamy, en effet, de 1871  1881, a reprsent 
l'Assemble nationale, puis  la Chambre des dputs, le Jura, son
dpartement d'origine. Mais ses ouvrages, graves tudes historiques ou
traite politiques, avec les hauts problmes qu'ils soulvent, sont peu
faits pour sduire les foules, malgr leur forme impeccable, chtie.
Seuls, des sociologues, des historiens ont pu apprcier la svre tenue
du _Tiers Parti_, de _l'Assemble nationale et la Dissolution_, des
_tudes sur le second Empire_, de la _France du Levant_; et, sans doute,
celui de ses ouvrages qui eut le succs le plus tendu, ce furent ces
savoureux _Mmoires d'Aime de Coigny_, la jeune captive de Chnier,
qu'il dita plus rcemment et qui avaient tout l'attrait d'un attachant
roman.



LA SCISSION SUDO-NORVGIENNE

[Illustration: Copyright Underwood and Underwood. Le roi Oscar II, dont
le Storthing norvgien a vot la dchance, le 7 juin, comme roi de
Norvge.

_L'ancien cabinet norvgien s'est constitu en gouvernement provisoire;
mais le roi Oscar a t pri de dsigner un prince de sa famille pour
monter sur le trne de Norvge._]



[Illustration: Le roi Alphonse XIII, passant avenue de l'Opra au retour
de la revue de Vincennes, salue la loggia de l'cole Berlitz.]

_De toutes les dcorations de Paris, celle-ci fut la plus russie et la
plus remarque: elle a d'ailleurs obtenu le premier prix au concours
ouvert par notre confrre quotidien_ l'cho de Paris. _L'Ecole Berlitz,
dont les professeurs ont perfectionn le jeune souverain dans l'usage
des langues franaise, allemande et anglaise, avait voulu fter tout
spcialement son royal lve; un ingnieux et brillant architecte, M.
Timbdenstoch, en composant cette loggia lgante et riche, sut donner un
aspect dcoratif  la plus ingrate des faades: celle d'une maison
moderne  six tages._

[Illustration: Une fontaine du Thtre-Franais.

LES DCORATIONS LUMINEUSES DE PARIS _Photographies Gimpel._]

[Illustration: Dcoration de la rue Royale (effet de nuit).]

[Illustration: Dcoration de la rue Royale (effet de jour).]

[Illustration: Gnral Bascaran. Marquis del Muni. Marquise del Muni.
Alphonse XIII. Mme Riano. Marquise de Viana. Duc de Sotomayor. Aprs le
djeuner  l'ambassade d'Espagne.--_Phot. Munoz de Baena._]

PARIS PENDANT LES FTES EN L'HONNEUR DU ROI D'ESPAGNE.



LE RETOUR EN FRANCE DU Dr JEAN CHARCOT

Nous avons annonc rcemment (n du 11 mars 1905) le retour prochain de
l'expdition conduite par te docteur Jean Charcot vers le ple sud, 
bord du _Franais_, et, brivement, rendu compte des rsultats de son
exploration. Depuis mardi, le docteur Charcot et ses compagnons foulent
la terre natale.

Le 25 mai, comme ils arrivaient aux les Canaries,  bord de
_l'Algrie_, qui les avait pris le 8  Buenos-Ayres, le chef de
l'expdition y trouvait une dpche lui annonant que, dsireux de lui
tmoigner tout l'intrt qu'il avait pris  leur entreprise, le
gouvernement franais priait les explorateurs de dbarquer  Tanger, o
un navire de la marine nationale viendrait les prendre pour les ramener
en France. Et, en effet, M. Jean Charcot, ses collaborateurs, son
quipage, s'arrtrent  Tanger, y prcdant de peu de jours le croiseur
_Linois_, qui les amenait mardi  Toulon. Le lendemain, ils taient 
Paris, chaudement accueillis ici comme l.

Les fragments du journal de bord de M. Jean Charcot qui ont t publis,
les renseignements qu'on a recueillis de sa bouche  l'escale de Tanger,
donnent d'intressants dtails sur les travaux de la mission.

Elle avait, on se le rappelle, quitt la France le 15 aot 1903. Elle a
donc pass quinze mois dans les rgions antarctiques. C'est la premire
expdition franaise qui ait vcu un hiver entier dans les glaces
polaires.

Le soir du 3 mars 1904, le _Franais_ arrivait  l'le Wandel et, le
lendemain, le commandant Charcot commenait  prendre ses dispositions
pour l'hivernage. On dvergua les voiles, on cala les mts de flche, on
abaissa la chemine, on amnagea le navire en vue d'un sjour prolong
au milieu de la banquise.

Dehors, on construisait sur la glace deux maisons d'Esquimaux, deux
huttes de neige qui allaient servir de rserve pour la viande frache,
viande des phoques et des pingouins qu'on pourrait tuer. Dans la glace
mme, on creusait deux grands magasins recouverts de toitures en
charpente et en toile  voile et, avec le concours des beaux et bons
chiens prts par le gouvernement de la Rpublique Argentine qui
servirent d'animaux de trait, on y dbarquait les vivres apports de
France et mieux en sret l que sur le navire. Deux constructions,
enfin, taient difies, l'une en pierre, avec une toiture de toile,
l'autre en bois, toutes deux pourvues de piliers de grs ciments et
couronns par des plaques de marbre. On y logeait les instruments
ncessaires aux observations magntiques.

Ce fut la premire tape polaire du _Franais._ De l purent tre faites
quelques expditions dans la rgion dsole avoisinante, entre deux
temptes de neige.

A la mi-dcembre, M. Jean Charcot levait l'ancre, dbloquant son navire
 coups de hache, de pic et mme de cartouches de dynamite. Il remontait
vers l'le Wincke, o il s'tait arrt  l'aller. Ce fut l qu'on
clbra la Nol, autour d'un arbre apport de France. Puis on gagna la
terre Alexandre, o le _Franais_ abordait le 15 janvier dernier.

[Illustration: 1. Navigation du "Franais" dans les glaces.--2. Les
chiens prts par le gouvernement argentin.--3. Abris de neige pour les
provisions.--4. Le "Franais" bloqu par la banquise. _Photographies
communiques par le "Matin"._]

Ce ne fut pas sans peine qu'on atteignit cette cte, et le journal de
bord de M. Jean Charcot donne  cet endroit le rcit de l'un des
vnements les plus dramatiques de tout le voyage:

Nous longions, crit-il, les hautes falaises dchiquetes, cherchant,
du bout de nos lorgnettes, quelque baie propice  un dbarquement, et
nous avions ainsi navigu pendant environ dix milles,  proximit d'un
grand iceberg de plus de cinquante mtres de haut, lorsque nous
ressentmes tout  coup une secousse formidable.

Un bruit de craquement sinistre s'lve, le bateau monte de l'avant,
s'engageant dans les glaces jusqu' la passerelle; par cinq fois, nous
talonnons avec violence, les mts plient comme des joncs et, avec une
sorte de gmissement, le bateau, comme bless, retombe de l'avant en eau
libre, sans que la manoeuvre de mise en marche ait pu produire un effet
utile.

Une large voie d'eau s'est dclare  l'trave, et le roulement continu
du flot qui monte et nous envahit augmente d'instant en instant. Dj
l'eau s'tend en nappe jusqu'aux chaudires. L'quipage se jette aux
pompes, dgage la cale et abat les cloisons pour faciliter l'coulement
de l'eau par l'arrire. On calfate tant bien que mal, mais notre
situation devient des plus dangereuses, les icebergs se rapprochant de
plus en plus. Ce serait folie de vouloir risquer d'atteindre le large
avec des embarcations, et la cte est inabordable.

[Illustration: M. Jean Charcot. L'escale de la mission du "Franais" 
Tanger: le Dr Jean Charcot sur la place du March.]

Nous ne pouvons songer, d'autre part,  hiverner sur un bateau aussi
gravement endommag. Une seule porte de salut nous est offerte: il faut,
par tous les moyens possibles, nous dgager au plus vite, dussions-nous,
dans ce dernier effort, crever nos machines. Ah! ces pauvres machines
disloques, fausses, qui,  chaque coup de piston, geignent et
frmissent comme un malade  l'agonie se lamente et tremble aux derniers
souffles de la vie!...

On en sortit pourtant, grce  l'nergie de tous, et le _Franais_,
remplissant vaillamment son office jusqu'au bout, ramena  Buenos-Ayres,
sans un manquant, tous ceux qui lui avaient confi leur vie.



DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES SUR L'ATTENTAT DE LA RUE DE ROHAN

LES CINQ ANARCHISTES ARRTS SOUS L'INCULPATION DE COMPLICIT

[Illustrations (5) Vallina. Palacios. Charles Malato. Harvey. Navarro.]

PHOTOGRAPHIES DE LA BOMBE TROUVE RUE DE ROHAN, SEMBLABLE A CELLE QUI A
EXPLOS SUR LE PASSAGE DU CORTEGE.

[Illustrations: La pomme de pin, avec les boulons et les crous de
fermeture.]

[Illustrations: Coupe montrant la disposition intrieure.]

[Illustrations: Les explosifs: dans les tubes, l'acide sulfurique; au
fond du flacon, le fulminate de mercure, noy dans l'eau.]

[Illustrations: M. Chavigny, qui a ramass la bombe non clate, rue de
Rohan.]

[Illustrations: La cuirasse du capitaine Schneider. (La patelette de
cuir et la chanette de l'paule droite ont t coupes par un
projectile de la bombe.)]

[Illustrations: M. Leydet, juge d'instruction charg de l'affaire.]

[Illustrations: La maison de Charles Malato, 2. Passage Noirot, o ont
t entreposes les enveloppes des bombes,  Paris, avant leur
chargement. (Sur le seuil, M. Malato pre.)]

[Illustration: Le cheval du brigadier de cuirassiers Charton, tu sur le
coup par un clat de la bombe  l'angle de la rue de Rohan et de la rue
de Rivoli.]

[Illustration: Le landau du roi et du prsident, remis dans la cour de
l'lyse (une des glaces, brise, est appuye  la roue de derrire).]

_Photographies prises par la Direction des Recherches de la Prfecture
de police (service de l'Identit judiciaire)._

[Illustration: Les trois gardiens de la paix: Fernand Viel, Jules Gag
et Louis Pradier, blesss par des clats de la bombe et en traitement 
l'hpital Saint-Louis.]

[Illustration: Le capitaine Schneider atteint par les projectiles  la
portire gauche du landau royal et dont le cheval a t grivement
bless.]

[Illustration: La sangle du cheval du capitaine Schneider, souille de
sang.]

[Illustration: La trace des projectiles sur les panneaux du landau
qu'occupaient le roi d'Espagne et le prsident de la Rpublique.

_Photographie de la direction des Recherches (service de l'Identit
judiciaire)._

DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES SUR L'ATTENTAT DE LA RUE DE ROHAN.]



_Mouvement littraire_

_La Princesse Charlotte de Rohan et le Duc d'Enghien_, par Jacques de la
Faye (Emile-Paul, 5 fr.).--_Discours politiques_, de M. A. Ribot (1 vol.
Plon-Nourrit, 3 fr. 50).--_La Question d'Egypte_, par C. de Freycinet
(Calmann-Lvy, 7 fr. 50).--_Le Grand Duch de Berg, 1805-1813_, par
Charles Schmidt (Alcan, 10 fr.)

Charlotte de Rohan et le Duc d'Enghien.

Rien de plus doux et de plus poignant que ce roman princier. Les
premires heures de la Rvolution avaient effray, en mme temps que le
comte de Lille et le comte d'Artois, les trois gnrations de Cond, le
prince de Cond, le duc de Bourbon et le duc d'Enghien. Ils quittrent
la France n'ayant d'autre dsir que de librer la famille royale. Le
nombre des migrs augmentant chaque jour, le prince de Cond,
l'anctre, les runit et fonda ce qu'on a nomm l'arme de Cond. Pauvre
troupe, pleine d'illusions,  peine accepte par l'Autriche, d'abord.
Les Rohan taient unis par des liens de parent avec les Cond; le
fameux cardinal, vque de Strasbourg, compromis dans l'affaire du
collier, possdait en dehors du territoire franais la terre assez
tendue d'Ettenheim. L, le jeune duc d'Enghien, de petite taille, mais
en pleine jeunesse, d'un visage charmant, revit Charlotte de Rohan,
nice de la belle Eminence. La jeune princesse avait de beaux yeux
bleus, des cheveux blonds, une parole spirituelle, une voix adorablement
timbre. Elle fut aime, elle aima. Sans doute, avec le duc d'Enghien,
descendant de Henri IV, il ne fallait pas compter sur une fidlit
stricte. On entendit quelquefois l'arme royaliste, conduite par le
jeune hros, entonner ce couplet:

        Nous partons conduits par d'Enghien.
        Il aime l'amour et le vin!
        Il aime bien aussi la gloire!...

Mal vus par l'Autriche, les condens se rendirent en Russie, o le duc
d'Enghien fit venir Charlotte de Rohan, dont le dvouement lui tait
ncessaire. De retour sur les frontires de France, il l'pousa
secrtement,  Ettenheim, vers la fin de 1803. Mais combien peu de temps
dura leur parfait bonheur! Excd par les conspirations de Pichegru, de
Moreau et par ses rapports de police, le Premier Consul fit enlever le
duc d'Enghien sur le territoire badois. Avec le jeune descendant des
Cond se trouvait,  Ettenheim, le marquis de Thumery, dont le nom, mal
prononc, fit croire  la prsence de Dumouriez. Conduit d'abord 
Strasbourg, puis  Vincennes, le duc d'Enghien fut jug et excut la
mme nuit (21 mars 1804). Sans la prcipitation de Savary et de Murat,
peut-tre le Premier Consul et-il accord la vie au jeune prince. Cette
mort jeta dans la plus grande douleur Josphine de Beauharnais. Fidle 
son mari, la princesse Charlotte de Rohan ne s'teignit qu'en juillet
1850. Le volume de M. Jacques de la Faye nous raconte, dans tous ses
dtails, ce roman d'exil et met beaucoup de documents sous nos yeux.
Peut-tre serait-il plus parfait encore si les fleurs de rhtorique y
taient moins abondantes.

Discours politiques.

Pendant le ministre Valdeck-Rousseau et pendant le ministre Combes, M.
Ribot est mont souvent  la tribune. Ses discours de finances sont des
chefs-d'oeuvre de bon sens et de clart. Quelle que soit l'opinion de
ceux qui l'coutent, M. Ribot ne compte gure parmi eux que des
admirateurs. Ses causeries lucides, spirituelles, s'levant parfois
jusqu' l'loquence, rappellent, avec une pointe en plus de
doctrinarisme, celles de M. Thiers.

Pendant les quatre annes 1901-1905, il ne s'est pas seulement occup de
finances mais aussi de politique trangre, et enfin,  deux dates
diffrentes, il est intervenu dans l'affaire des congrgations. En 1901,
M. Valdeck-Rousseau proposa sa loi sur les associations. Elle renfermait
une lacune norme. Toute association tait tenue  la dclaration
pralable. C'tait inadmissible, car il peut y avoir de petits
groupements de huit  dix personnes pour lesquels aucun gouvernement
n'avait exig jusque-l quoique ce ft. L'amendement Groussier remit au
point, sur ce fait, la loi Valdeck. Mais, si les associations taient
soumises  la dclaration pralable, M. Valdeck-Rousseau, se conformant
 certains dsirs, demandait que les congrgations n'eussent droit de
vie que par une loi. C'tait livrer leur existence aux passions
politiques des Chambres. M. Ribot combattit le projet accept par le
prsident du conseil. Sous le ministre Combes, il demanda que le cas de
chaque congrgation ft tudi  part et qu'on n'accordt ou ne
repousst pas en bloc les instances. Est-ce que les congrgations se
ressemblent? Est-ce que l'Oratoire, tenant ses pouvoirs de l'ordinaire
de chaque diocse, exempt de voeux particuliers, ne constituait pas un
cas spcial? L'loquence de M. Ribot a clat dans ces hautes questions
de politique religieuse. On retrouvera dans ces deux volumes notre
histoire parlementaire de quatre annes et nos passions phmres. Les
discours de M. Ribot se survivent dans le livre et sont lus avec presque
autant de plaisir qu'ils ont t couls.

La Question d'Egypte.

M. de Freycinet tait particulirement dsign pour crire un pareil
livre. N'est-ce pas pendant son ministre que l'Angleterre a montr son
intention d'intervenir,  main arme, dans les affaires de l'gypte et
que le Parlement franais, mal conduit, a refus  son ministre des
affaires trangres les crdits ncessaires, non pas pour prendre part 
l'expdition anglaise, mais pour y cooprer cependant, d'une certaine
faon, en gardant le canal de Suez? Quelques membres de la Chambre se
refusaient  toute dmonstration militaire; d'autres--l'avenir a prouv
qu'ils avaient raison--trouvaient M. de Freycinet trop indcis et ne se
contentaient pas d'une simple faction le long du canal. Sous l'hostilit
des uns et des autres succomba le ministre Freycinet. D'une forme trs
subtile et trs lgante, le livre de l'ancien ministre, malgr son
optimisme, nous instruit et nous plat.

Le Grand-Duch de Berg.

Je ne dirai que quelques mots sur le travail de M. Schmidt. Ce n'est pas
une ouvre qui prte  la discussion. Savante, fortement construite,
d'une rudition complte, on ne peut facilement l'entamer ni la
dtailler: elle a le plus grand succs parmi les historiens franais et
trangers.

E. LEDRAIN.



ONT PARU:

_Socialistes et Sociologues_, par J. Bourdeau. 1 vol. in-16, Flix
Alcan, 2 fr. 50.--_Trois Ans au Klondike_, par Jrmiah Lynch. 1 vol.,
in-8, Delagrave, 6 fr.--_Contes du Soleil et de la Brume_, par Anatole
Le Braz. 1 vol. in-8 Delagrave, 3 fr. 50.--_ Roman vcu d'une princesse
royale racont par elle-mme_. 1 vol. Librairie universelle, 3 fr.
50.--_Indicateur de la photographie_, annuaire. A. Lahure, 4
fr.--_L'Inde contemporaine et le Mouvement national_, par Ernest Piriou.
1 vol., Flix Alcan, 3 fr.--_Rcits d'un vieil Alsacien_, par Jeanne et
Frdric Rgamey. 1 vol., Albin Michel, 3 fr. 50.--_Cline, fille des
champs_, par Pierre de Querlon. 1 vol., Socit du Mercure de France, 3
fr. 50.--_H. Taine, sa vie et sa correspondance_, tome III, 1 vol.
in-18, Hachette et Cie, 3 fr. 50.--_Portraits de croyants au XIXe
sicle_, par Lon Lefbure. 1 vol. in-8 cu, Plon-Nourrit et Cie, 3 fr.
50.--_La Vie future_, par Louis Elb. 1 vol., Perrin, 3 fr. 50.--_Le
Moralisme de Kant et l'Amoralisme contemporain_, par Alfred Fouille, 1
vol. in-8, Alcan 7 fr. 50.--_Les Mdecins au thtre de l'antiquit au
XVIIe sicle_, par le docteur G.-J. Witkowski. 1 vol. in-18,
Maloine--_Souvenirs de jeunesse_, par Scheurer-Kestner. 1 vol. in-8,
Fasquelle, 3 fr. 50.



LES THTRES

J'ai voulu, crit M. G. Ancey dans la prface de sa comdie: Ces
_Messieurs_, joue au Gymnase, j'ai voulu simplement, n'accusant
personne, ou, tout au moins, accusant en face, montrer la terrible
influence que peut prendre le prtre sur la femme pour leur plus grand
pril  tous deux... Et le vigoureux crivain qui, un instant, rgna
sur le Thtre-Libre, remplit avec usure les conditions de son
programme, accumulant  plaisir les prches laques et gouvern malgr
lui par des prjugs d'une criante injustice. Cette comdie, condamne 
sa naissance par la censure, a fait beaucoup de bruit avant d'tre
joue; on l'a accueillie avec calme, mais non sans fatigue, tout en
applaudissant, comme de juste, le trs beau duo mystique de la fin, o
l'auteur, moins intransigeant, se rapproche de la vrit vraie. Mlle
Mgard, MM. Calmettes et Dumny tiennent remarquablement les principaux
rles.

A la Gat, excellente reprise du clbre _Champignol malgr lui_, de
MM. G. Feydeau et M. Desvallires, avec quelques-uns des artistes de la
cration, notamment M. Germain. MM. Galipaux, Noizeux, Mmes V. Lavergne
et M. Lavigne ont aussi leur bonne part du succs.

Au Thtre-Italien, le matre incontest de _Siberia_, M. Umberto
Giordano, a de nouveau capt la faveur du public avec son ouvre de
dbut, _Andr Chnier_, drame lyrique trs adroitement agenc par M.
Luigi Ellica, en se servant des pisodes classiques de la Rvolution
franaise.

La partition, des plus mouvementes, rvle les exceptionnelles qualits
dramatiques du compositeur; elle charme souvent, meut par moments et ne
cesse pas d'intresser. L'interprtation est excellente: le baryton
Sammarco, le tnor A. Bassi et Mme G. Debrazzini s'y font
particulirement applaudir.

Au thtre de Monte-Carlo, reprsentations brillantes d'un ballet en
trois tableaux de M. Jean Lorrain dont le scnario, mouvant,
passionnant mme, a heureusement inspir le musicien, M. Narici. On y a
surtout acclam la prestigieuse danseuse russe, Mlle Trouhanova, qui a
cr le principal rle, celui de la Marietta, avec un brio remarquable.

[Illustration: Mlle Trouhanova.--Phot. Enrietti.]



LE DUC D'AUDIFFRET-PASQUIER

Le duc d'Audiffret-Pasquier vient de s'teindre  l'ge de
quatre-vingt-deux ans,  Paris, o il tait n en 1823. Depuis assez
longtemps dj, il vivait effac, aprs avoir jou un rle politique
considrable pendant la premire priode du rgime actuel. Dput de
l'Orne  l'Assemble nationale de 1871, il prit une place influente au
centre droit, dans le groupe orlaniste, et, comme prsident de la
Commission charge de l'examen des marchs conclus pendant la guerre, il
pronona des discours vhments qui le classrent d'emble au rang des
leaders de la majorit.

Il contribua trs activement  la chute de M. Thiers,  la fusion des
deux branches de la famille de Bourbon et aux tentatives de restauration
monarchique; mais, celles-ci ayant chou, il se rapprocha du centre
gauche libral, vota la Constitution de 1875 et fut lev  la
prsidence de l'assemble. Il devait plus tard devenir prsident du
Snat, dont il avait t lu membre inamovible, en tte de la liste.

Bien qu'il n'et aucun bagage littraire, le duc d'Audiffret-Pasquier
appartenait, depuis 1878,  l'Acadmie franaise, o il hrita du
fauteuil de Mgr Dupanloup; suivant une de ses traditions, la Compagnie
avait voulu surtout honorer en lui l'loquence parlementaire.

[Illustration: _Phot. Piriou, boul. Saint-Germain._ M.
d'Audiffret-Pasquier.]



_Documents et Informations_

UN RECORD LECTORAL.

Ce record assez curieux, c'est assurment en France une commune du Gard
qui le dtient, d'aprs les renseignements prcis que nous adresse un de
nos correspondants. En effet, dans l'espace d'un an, du 1er mai 1904 au
14 mai 1905,  Quissac, chef-lieu de canton de l'arrondissement du
Vigan, il n'y a pas eu moins de _sept_ lections: 1 le 1er mai 1904,
lection du conseil municipal; 2 le 1er aot, lection d'un conseiller
d'arrondissement; 3 le 23 octobre, lection d'un conseiller gnral; 4
le 20 novembre, nouvelle lection d'un conseiller d'arrondissement, par
suite de dmission; 5 le 11 dcembre, lections complmentaires au
conseil municipal, pour le remplacement de 7 dmissionnaires; 6 le 5
fvrier 1905, mme opration pour la mme cause; 7 le 14 mai 1905,
lections municipales ncessites par la dissolution du conseil.

Les lecteurs de Quissac, on le voit, n'ont gure chm, et cette
frquence des consultations du suffrage universel n'est peut-tre pas
l'indice d'un parfait accord entre les divers lments d'une population
que divise notamment la question religieuse (elle compte un tiers de
catholiques et deux tiers de protestants). Or, tant donn qu'il s'agit
d'une localit de ce Midi o les passions politiques sont vives et les
ttes chaudes, la seule mention d'une pareille srie de scrutins voque
tout d'abord l'image de scnes violentes: dsordres, bagarres, urnes
renverses, bulletins lacrs, invectives rciproques, pugilats,
intervention de la gendarmerie, procs-verbaux dresss. Eh bien, fait 
noter, pendant la priode agite qu'elle vient de traverser, la petite
ville provenale ne connut pas ces dplorables incidents; malgr les
divergences d'opinions, le devoir civique s'y accomplit avec une
parfaite dignit et, du sage esprit de tolrance qui rgne  Quissac, on
ne saurait donner une preuve plus concluante que ce dtail typique: les
jours de vote, les partisans des candidats opposs font la manille
ensemble!

ETUDIANTS ET DOCTEURS EN MDECINE.

La nouvelle loi militaire ralentira-t-elle le mouvement qui porte les
jeunes gens vers les tudes mdicales? La chose est probable et
souhaitable.

En attendant, le nombre des diplmes de docteur dlivrs en 1903-1904 a
t de 1.143, suprieur de 27 au nombre de l'anne prcdente; et celui
des lves inscrits au P. C. N. va toujours en augmentant. En 1905, il
atteint le chiffre 1.692, le plus lev qui ait t not depuis
l'application des nouveaux programmes.

Il faut cependant remarquer que le nombre des tudiants en mdecine
s'est abaiss d'un millier, dans l'espace des dix dernires annes: de
7.779 en 1895, il n'est plus, cette anne, que de 6.763.

Malheureusement, le nombre des tudiants trangers a galement diminu
de moiti, tombant, dans le mme intervalle, de 1.137  613.

[Illustration: M. Rolls, sur voiture Wolseley.]

[Illustration: M. Bianchi, sur voiture Wolseley. _Copyright
Campbell-Gray._]

[Illustration: M. Clifford Earp, sur voiture Napier.]

LES TROIS VAINQUEURS DES LIMINATOIRES ANGLAISES POUR LA COUPE
GORDON-BENNETT.

LES LIMINATOIRES ANGLAISES POUR LA COUPE GORDON-BENNETT.

Douze concurrents anglais se sont disput, le 30 mai, dans l'le de Man,
l'honneur de venir participer  la grande preuve internationale de la
coupe Gordon-Bennett qui doit avoir lieu, comme on peut s'en souvenir,
sur le parcours accident du circuit d'Auvergne, le 5 juillet prochain.
Trois d'entre eux seulement ont termin les 492 kilomtres du circuit
liminatoire,  une vitesse allant de 58  62 kilomtres de moyenne 
l'heure; ce sont les trois concurrents dont nous reproduisons des
photographies. Les neuf autres voitures ont t, ou arrtes par de
simples pannes, ou brises--tout au moins dtriores--dans des virages
trop rapides.

Rappelons que les liminatoires franaises auront lieu le 16 juin sur le
trajet mme du circuit d'Auvergne.

A PROPOS DE SPORT.

C'est sur le circuit d'Auvergne que M. de Knyff a t victime de
l'accident d'automobile que nous avons relat rcemment. Nous apprenons
avec plaisir qu'il est en bonne voie de gurison. Profitons de
l'occasion pour prciser un point de dtail: son compagnon de route, M.
Faroux, qui sortit indemne de l'aventure n'est pas, comme plusieurs de
nos confrres et nous-mmes l'avions cru, le mcanicien de M. de Knyff,
mais un de ses amis qui avait accept de faire avec lui en auto la route
de Paris  Clermont-Ferrand.

PLAISIRS D'T.

La traditionnelle Fte des Fleurs, institue au bnfice de la caisse
des Victimes du devoir, a eu lieu, comme de coutume, au bois de
Boulogne. Le vendredi 2 juin et le samedi 3, pendant deux aprs-midi,
des quipages enguirlands dfilrent le long de l'alle des Acacias
devant une double haie de curieux intrpides bravant un soleil
implacable; car un temps superbe favorisa ces journes trop souvent
mouilles et ce fut l peut-tre ce qu'elles offrirent de moins dj
vu. A noter pourtant les nouvelles conqutes de l'automobilisme dans ce
domaine des lgances, o les attelages semblent dsormais relgus au
second plan; il y avait tant d'automobiles si ingnieusement et si
luxueusement dcores qu'il fallut dcerner plusieurs prix d'honneur;
l'un d'eux chut  Mlle Marconnier, de l'Opra, pour sa voiture pare
fort  propos de roses rouges et jaunes (les couleurs espagnoles) et
surmonte d'un petit moulin  vent tout fleuri dont un moteur invisible
faisait tourner les ailes.

Le monde parisien, d'ailleurs,  son ordinaire, n'a attendu ni la Fte
des Fleurs, ni la date officielle du calendrier pour inaugurer la saison
d't. Ds la dernire semaine de mai, ce n'taient que runions et
divertissements en plein air; le jour mme de l'arrive du roi
d'Espagne, le matre peintre Chartran et Mme Chartran donnaient, dans
leur villa de Neuilly, une garden party merveilleusement organise, o,
sous les ombrages du jardin, devant un coquet thtre de verdure, une
nombreuse et brillante assistance gota un plaisir d'autant plus dlicat
qu'elle cooprait  une oeuvre de bienfaisance.

Et le monde sportif, lui aussi, clbre de mainte faon le retour de
l't; ses exercices, ses jeux s'gayent d'amusantes fantaisies, tel, au
Polo de Bagatelle, le GYMKHANA, auquel prennent part les dames, et dont
une curieuse figure consiste  crever d'un coup de lance, en passant en
automobile, un inoffensif animal en baudruche.

LA DISPARITION DES CAMPAGNOLS.

L'invasion d'un grand nombre de nos dpartements par les campagnols
avait vivement mu les agriculteurs, et la lutte contre les terribles
rongeurs s'tait partout organise par des moyens varis qui, tous,
avaient donn d'assez mdiocres rsultats.

Mais voici que l'on signale la disparition de l'ennemi dans les
dpartements des Deux-Svres, de la Vienne, de la Charente, de la
Charente Infrieure et de la Haute-Marne. Et cette disparition est toute
spontane. Elle est l'aboutissant naturel de l'volution sociale,
pourrait-on dire, des invasions des rongeurs, qui passe toujours par ces
trois phases: priode de multiplication, priode de pullulation, priode
de disparition, cette dernire s'oprant rapidement.

Les criquets disparaissent aussi de cette faon. La cause directe de
cette disparition semble tre une maladie microbienne qui se rpand
d'autant plus facilement que les campagnols dvorent leurs congnres
malades.

Mais le dveloppement de cette maladie est lui-mme la consquence du
manque de nourriture et de l'tat d'tiolement des campagnols.

En migrant du sud vers le nord, les campagnols ont rencontr des
terrains granitiques et froids--notamment ceux de la Cline et du
Bocage, dans les Deux-Svres--et, tant trs nombreux, ils sont vite
devenus la proie de la famine.

LES PHOTOGRAPHIES DE L'EDELSPITZE.

Plusieurs de nos lecteurs nous ont demand de qui taient les belles
photographies sur l'Edelspitze qui ont paru dans notre numro du 20 mai
dernier. Elles ont t prises par un photographe qui est en mme temps
un alpiniste audacieux, M. J.-E. Kern, de Genve.

LA SROTHRAPIE DE LA LPRE.

Aurions-nous un srum antilpreux? Il le semblerait, d'aprs les
recherches que vient de faire connatre un mdecin anglais, M. E. Rost,
dans le _British medical Journal_. Ce mdecin a obtenu une lprine, une
lymphe curative, par la culture du bacille de la lpre et il l'emploie
en injections sous la peau. Comme la tuberculine dans les cas de lupus,
la lprine dtermine chez le lpreux une fivre assez intense de
quelques jours de dure et des ractions locales au niveau des lsions.
Mais, aprs ce tumulte qui est phmre, on observe des signes trs
satisfaisants: les parties anesthsies reprennent leur couleur et leur
sensibilit; les douleurs lancinantes et la pesanteur des jambes
disparaissent; les ulcrations se cicatrisent; les parties gangreneuses
se dtachent; laissant derrire elles des plaies qui gurissent sans
peine. M. Rost a expriment sur une centaine de malades et a obtenu
quatre gurisons compltes. Chez les autres sujets, l'amlioration a t
telle qu'elle quivaut presque  une gurison, les progrs du mal ayant
t totalement arrts. Ces rsultats sont trs encourageants et il faut
esprer que la lprine tiendra les promesses qu'elle semble faire. La
lpre est une maladie devenue trs rare dans notre rgion; mais il reste
encore beaucoup de lpreux dans la rgion de la Mditerrane orientale,
dans celle du Pacifique, en Asie et dans les pays Scandinaves.



LE GNRAL DE LACROIX

Le mariage du prince imprial d'Allemagne avec la duchesse Ccile de
Mecklembourg, clbr  Berlin, le 6 juin, a t l'occasion de
crmonies solennelles et de ftes somptueuses, o les gouvernements
trangers s'taient fait reprsenter par des ambassades extraordinaires.
La mission franaise, comprenant le contre-amiral de Marolles, le
colonel Chabaud et M. Arago, dput, ministre plnipotentiaire, avait
pour chef une de nos plus hautes personnalits militaires, le gnral de
Lacroix, commandant du 14e corps d'arme et gouverneur de Lyon depuis
bientt deux ans. Ce choix se justifiait d'autant mieux qu' la
supriorit hirarchique de cet officier s'ajoutent de fort beaux tats
de services: pendant la rude campagne du Tonkin il compta parmi les
hros de Lang-Son et de Tuyen-Quan; gnral de brigade en 1898, chef
d'tat-major gnral de l'arme en 1899, divisionnaire en 1900, il
commandait en 1902 l'cole suprieure de guerre.

[Illustration: Le gnral de Lacroix.--Phot. Bruchon.]

[Illustration: Le prix d'honneur du Corso automobile fleuri du bois de
Boulogne.]

[Illustration: Un coin du jardin du peintre Chartran pendant la
garden-party du 30 mai.]

[Illustration: Une figure originale du dernier gymkhana au cercle du
Polo.]



LA BATAILLE NAVALE DU DTROIT DE CORE: LES PHASES DU COMBAT

I.--27 mai, 6 heures du matin Rojestvensky arrive au dtroit de Core.
Le 27 mai,  6 heures du matin, la flotte russe avance en deux colonnes,
le croiseur-claireur _Zemtschoug_ en tte. La colonne de droite,
conduite par le _Kniaz-Souvarof_ (amiral Rojestvensky), comprend les 7
autres cuirasss (dans l'ordre: le _Borodino, l'Orel, l'Alexandre-III,
l'Osliabia, le Sissoi-Veliky, le Navarin, le Nicolas-Ier_), plus 5
transports. La colonne de gauche comprend 3 croiseurs-cuirasss, 3
gardes-ctes et 5 croiseurs protgs. Huit contre-torpilleurs
accompagnent l'escadre,  l'abri des cuirasss. Craignant les forts de
Tsou-Shima, l'escadre passe entre Iki et la cte de Kiou-Siou. A cette
heure, l'amiral Togo se tenait  Masampho.

II.--27 mai, 11 heures: Togo lance ses escadres. La flotte japonaise
formait six divisions: 1re et 3e commandes par Togo en personne; 2e et
4e par Kamimoura; 5e par Uriu et 6e par Kataoka. Averti par la
tlgraphie sans fil, Togo quitte sa base et se rend  toute vitesse au
nord de Tsou-Shima. Ayant spar ses escadres et poursuivi lui-mme sa
route par le dtroit qui spare Tsou-Shima, il se trouve face aux lignes
russes qui avaient pris la formation de combat sur trois lignes. Un
brouillard assez intense rgne.

III.--27 mai, 1 heure: Togo cerne la flotte russe. Kamimoura, ayant
doubl le nord de Tsou-Shima, incline dans la direction sud et laisse
les navires russes le croiser. Uriu et Kataoka, qui taient, partie 
Masampho, partie  Yokoba, font leur jonction aux environs d'Iki et
s'lancent sur les derrires de la flotte russe. Togo envoie ses 4
cuirasss, qu'il conduit en personne, par la droite de l'ennemi qui
effectue une conversion vers l'est; sa 3e division (3
croiseurs-cuirasss) conserve le contact avec les autres divisions.

IV.--27 mai, avant 3 heures: le combat d'Okino. A droite, les 1re et 6e
divisions japonaises concentrent leur feu sur les deux vaisseaux-amiraux
_Souvarof_ (Rojestvensky) et _Osliabia_ (Felkersam), respectivement le
1er et le 5e de la ligne. Ces cuirasss coulent vers 3 heures. Le
croiseur d'avant-garde _Zemtschoug_ s'chappe. A gauche, le combat
s'engage entre les croiseurs russes et les 2e 3e et 4e divisions
japonaises; un des croiseurs russes (le _Nakhimof_) est coul.

V.--27 mai, aprs 3 heures: la fuite russe. La flotte russe, pour ne pas
tre accule  la cte du Nippon, change de direction et fuit vers le
nord-ouest. L'amiral Rojestvensky passe du _Souvarof_, coul, sur le
_Borodino_,  l'extrme arrire-garde; 5 navires japonais, dont 3
cuirasss, concentrent leur feu sur le nouveau cuirass-amiral russe,
qui succombe  7 h. 1/2. Les 5 cuirasss survivants s'chappent, le
_Nicolas-Ier_ (Nebogatof) en tte, ainsi que les 3 gardes-ctes et les
croiseurs _Oleg, Aurora, Almaz_. Au centre, les trois transports
_Kamtchatka, Irtessim et Oural_, coulent.

VI.--27-28 mai: l'attaque nocturne des torpilleurs. Les torpilleurs et
contre-torpilleurs japonais entrent en scne. Venant de Tsou-Shima, ils
s'abattent, comme un vol de gupes, sur les cuirasss russes. Les gros
navires japonais, en formation d'enveloppement clairent de tous leurs
projecteurs cette attaque. _L'Alexandre-III_, le _Sissoi-Veliky_ et le
_Navarin_ sont couls. Le _Nicolas-Ier_ (Nebogatof), _l'Orel_ et les
trois gardes-ctes s'chappent encore vers le nord.

VII.--28 mai, 10 h. matin: Reddition de Nebogatof aux rochers de
Liancourt avec deux cuirasss et deux gardes-ctes; le troisime
garde-cte est coul plus au sud.

VIII.--28 mai, 11 h. matin: Capture de Rojestvensky,  bord du
_Biedovy_, au sud de l'le Uldschin (+) et du _Dmitri_ prs de couler.



[Illustration: CE QU'ON FAIT PENDANT L'ENTRACTE, par Henriot.]







End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3250, 10 Juin 1905, by Various

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     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

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     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

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     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
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providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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