Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905

Author: Various

Release Date: November 20, 2010 [EBook #34385]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'ILLUSTRATION, NO. 3242, 14 AVRIL 1905 ***




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L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905


LA REVUE COMIQUE, par Henriot.


_Ce numro contient_ L'ILLUSTRATION THTRALE _avec le texte complet de_
SCARRON.

L'ILLUSTRATION

_Prix de ce Numro: Un Franc._
SAMEDI 15 AVRIL 1905
63 Anne.--N 3242

[Illustration: ENTENTE CORDIALE L'entrevue du roi Edouard VII et du
prsident Loubet dans le wagon royal, entre Pierrefitte et la gare de
Lyon.]



COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE TRANGRE

Je suis venue passer chez Chevillard mon aprs-midi de dimanche et dire
adieu, pour six mois, aux symphonies des vieux matres. (Il y en a de
jeunes aussi, mais j'aime mieux les vieux.) Dans huit jours, ce sera
Pques; et Pques, c'est,  Paris, la fin des belles musiques de
l'hiver;--le moment de l'anne o les grands orchestres plient bagage et
o se disperse,  leur suite, la troupe fidle des adorateurs de Mozart,
de Bach, de Beethoven, de Schumann et de Franck. J'ai vcu au milieu
d'eux de trs doux aprs-midi, depuis octobre; ces concerts dominicaux
me faisaient aimer la mauvaise saison et, tout  l'heure, en regardant
autour de moi cette foule d'hommes et de femmes, entasss aux petites
places o l'on a si chaud, ou debout dans l'alle du promenoir, tous
silencieux, en des attitudes recueillies ou les yeux baisss sur les
pages d'une partition, je me rappelais la rflexion d'un vieux Parisien
mlomane qui fut autrefois mon guide  travers les concerts de Paris et
qui s'amusait, un dimanche, de me voir admirer la belle tenue de ces
auditoires populaires. Nous sortions de chez Colonne, o l'on avait jou
la _Symphonie cossaise_ et les _Batitudes;_ il me prit le bras et me
dit:

--Vous tes surprise, hein? Vous ne pensiez pas qu'en cette ville-ci on
pt voir une foule s'craser, frmir de joie et battre des mains 
d'autres spectacles que ceux de Buffalo-Bill, du Palais-Royal et de
l'Olympia. C'est que nous avons, en effet, dans le monde, une trs
mauvaise rputation. Nous passons pour le plus frivole des peuples, 
force de nous montrer accueillants  la frivolit des autres; et, parce
que Paris est le refuge bni des ftards de l'univers, on croit que la
fte est la seule chose qui importe aux Parisiens.

 On nous accuse d'tre immoraux parce qu'il y a chez nous une
demi-douzaine de romanciers pornographes qui approvisionnent l'tranger
de petits livres que nous ne lisons pas; et l'obstination de nos auteurs
dramatiques  diffamer (si spirituellement!) les moeurs d'une socit o
je vous assure qu'on ne vit pas plus malhonntement qu'ailleurs, nous
attire le reproche d'tre une capitale o la vertu fait rire.

 Cela est trs injuste, et l'on voit bien que ceux qui mdisent de nous
n'ont jamais pass leurs aprs-midi du dimanche dans ces endroits-ci...
Regardez autour de vous; il y a de tout un peu, parmi ces clientles de
concerts parisiens: des lgances, des mdiocrits, des misres; des
bonheurs qui se recueillent; des tristesses qui se consolent; des
neurasthnies qui se reposent; pas une curiosit bte, ou mauvaise... On
a dit que la pche  la ligne tait un sport de braves gens et qu'un
homme assis dans l'herbe, occup pendant des heures  regarder passer
les nuages,  tremper du fil dans l'eau, ne pouvait pas tre un
mchant homme. Il me semble qu'il ne saurait, de mme, y avoir autour
d'une belle symphonie que d'honntes mes assembles: mes de rveurs,
mes d'amoureux, mes de potes...

Il est vrai que Paris est rempli de ces mes-l; et que nulle part
ailleurs je n'ai vu tant aimer les beaux vers, clbrer avec plus
d'esprit la grce des femmes, entourer d'une plus admirative curiosit
la naissance d'une grande oeuvre d'art, acclamer plus perdument le
Panache... Et ce ne sont point des snobs, en vrit, ces milliers de
spectateurs qui saluaient d'ovations folles, au Grand Palais, mardi
dernier, les chevaux, les uniformes et les sabres de Saumur; c'taient
de braves gens en qui ne veut pas mourir le potique amour des jolis
spectacles de guerre, et qu'un carrousel bien men rend fous de joie.

J'avais got nagure,  Fontainebleau, la beaut de ces exercices; mais
il me semble que l'artilleur, le sapeur de Fontainebleau, n'apportent
point aux choses de l'quitation les qualits charmantes que le cavalier
de Saumur y dploie. Ils me donnaient,  Fontainebleau, l'impression de
jeunes savants agiles, que le mange amuse; ceux-ci sont des matres,
aux mains de qui le cheval n'est point un jeu, mais l'instrument mme et
la raison d'tre de leur tat. Le joli spectacle! Sous les guirlandes de
fleurs lumineuses dont resplendissaient les coupoles du Grand Palais,
nous les regardions courir, s'entremler, se poursuivre, se joindre et
se disloquer en un vertige de vitesse, o chevaux et cavaliers
composaient pour la joie de nos yeux de si ravissantes harmonies de
mouvement, de dessin, de couleur et de gestes... Je n'eusse souhait
qu'un peu plus de somptuosit dans l'arrangement de ce dcor; des
uniformes plus amusants, une pointe de fantaisie dans la chamarrure;
mais je crois bien qu'il faut renoncer  cela. Ces coquetteries
d'accoutrement qui paraient si joliment le soldat d'autrefois sont
aujourd'hui dmodes; l'uniforme, un peu partout, se simplifie,
s'assombrit, se dpouille des fioritures qui taient la grce, et aussi
la fiert, du beau militaire des temps passs. On veut une arme de mine
svre, dbarrasse des accessoires de luxe o se complaisait le
chauvinisme de nos anciens. (Ne parle-t-on pas de supprimer, comme
inutiles, les musiques des rgiments?)

Sur de vieilles images franaises, longtemps conserves dans ma famille,
j'ai pourtant vu d'admirables choses: des sapeurs barbus,  bonnets
fourrs, arms de haches monstrueuses et que sanglaient, du col aux
genoux, des tabliers de peau blanche, raides comme des cuirasses;
d'extraordinaires gants  plumets,--tambours-majors dont les cannes
dores dessinaient, parat-il, dans l'espace, des arabesques folles; des
cantinires en pantalons rouges, la jupe  plis serre sous le corsage 
boutons d'or, et dont le chignon s'enroulait sous un panache aux
couleurs clatantes. Cet hiver mme, j'ai vu ressusciter, en musique,
sur la scne des Varits, les cent-gardes  tuniques bleu-ciel, et les
dragons de l'impratrice  plastrons blancs!

Tout cela tait trs compliqu, je le veux bien, mais charmant. Cela ne
faisait point aimer la guerre, cependant il est possible que ce luxe en
masqut un peu les tristesses, excitt la jeunesse  s'y prparer plus
gaiement,--y ajoutt une posie...

Potes! A Paris, les cuisiniers mmes le sont. Je suis alle flner tout
 l'heure aux Tuileries, sous la longue tente pavoise de drapeaux o
s'talent, sur des tables nappes de blanc, les chefs-d'oeuvre de
l'Exposition culinaire. Un monde fou... Des groupes joyeux qui
s'entassent autour des viandes, des poissons, des fruits, des monuments
en graisse de veau, des confiseries multicolores; et,  et l, des
messieurs en redingote noire, un insigne d'argent  la boutonnire, qui
compulsent un catalogue, prennent des notes, semblent se chuchoter 
l'oreille des choses graves... Ce sont les jurs. Je regarde ce qu'ils
regardent, et j'en suis effare.

C'est une tour Eiffel en nougat; une locomotive, un moulin  vent faits
de pte d'amande et de biscuit; la maquette d'un projet de maison de
retraite pour vieux cuisiniers, construite en crote de pt et dont
les murs flchissent sous le poids des vingt-cinq kilos de volaille
qui en bourrent l'intrieur; ce sont des architectures de langoustes et
de ballottines de faisans, disposes en bassin de Neptune et en
fontaine des Innocents!

Ces potes ont parfois de l'esprit. Je note en passant un damier fait de
carrs de truffes et de foie gras, un billard en biscuit dont le drap
vert est une coule de pistache, o des billes de sucre sont poses; un
ventail dont les branches d'caill sont formes de btonnets de
gele blonde, au bout desquels se superposent, en demi-cercles, six
limandes...

J'aime moins les vrais plats, les oeuvres srieuses o s'affirme un
effort de cuisine savante: l'omelette _Sophie_, fourre d'une mousse de
jambon, dcore de truffes et d'estragon, nappe d'une gele au madre
et qui gt l, refroidie, dfigure par un coloriage malsain; la truite
emprisonne dans une gaine de mayonnaise durcie, o l'on a sculpt des
fleurs; la bcasse dont les ailes ployes semblent vouloir emporter
dans l'air un ventre plein de farce; les garnitures o le fruit a la
forme d'un lgume, o le lgume a la forme d'un fruit, o nulle chose
n'a l'apparence loyale de la chose qu'elle est. Surtout le tatouage des
viandes et la gravure sur poisson m'attristent.

On frmit  l'ide de porter  ses lvres des objets si laborieusement
manipuls,  la prparation desquels se sont attards et obstins tant
de doigts inconnus. Et l'on sent une impatience de rentrer chez soi, d'y
djeuner de deux vrais oeufs, d'une ctelette authentique et d'une
orange qui soit, sans contestation possible, une orange.

J'ai lu quelque part que Lon Gozlan ayant un jour men un ami dans un
des cabarets les plus clbres de Paris, crut convenable d'y commander
un plat rare: un gibier dont la prparation tait une des spcialits 
de la maison. L'oiseau truff, lard, piment, farci, est apport. Deux
matres d'htel s'en emparent. On allume un rchaud; des combinaisons de
sauces et de jus s'laborent; quatre mains actives s'agitent autour de
l'objet; on dcoupe, on crase, on pluche, et Gozlan,  ce spectacle,
se sent petit  petit pris de nause.

C'est fait. L'oiseau est sur la table et les matres d'htel considrent
leur ouvrage avec satisfaction. Gozlan lve vers eux un oeil triste.

--Ce plat me semble succulent, dit-il, mais voulez-vous me rendre un
grand service?...

--Lequel, monsieur?

--Ce serait de le manger.

SONIA.



M. LE PROFESSEUR GARIEL

[Illustration: M. Gariel.--_Phot. Pirou, boul. Saint-Germain._]

M. Gariel, dont la notorit ne dpassait gure les limites, d'ailleurs
assez larges, du monde scientifique et universitaire, vient de voir son
nom livr  la grande publicit de la presse. On sait quelles
circonstances rcentes le mirent ainsi en vedette,  son corps
dfendant. Professeur agrg  l'cole de mdecine, il y est, parat-il,
la terreur des candidats au doctorat, qui redoutent son extrme svrit
comme examinateur; les protestations des tudiants mcontents ont fini
par dgnrer en manifestations bruyantes, en incidents tumultueux: d'o
suspension du cours, puis, finalement, fermeture de la Facult jusqu'aux
vacances de Pques.



[Illustration: Le roi Edouard VII, arriv par le paquebot "Queen",
dbarque  Calais.]

Lgitimes ou non, les griefs des protestataires visent un savant d'une
valeur inconteste. Ancien lve de l'cole polytechnique o il devint
rptiteur, M. Gariel a droit tout ensemble aux titres d'ingnieur en
chef des ponts et chausses et de docteur en mdecine; il appartient 
l'Acadmie de mdecine depuis vingt-deux ans et il y en a dix-huit qu'il
occupe la chaire de physique  la Facult. Il compte  son actif, outre
d'importants travaux personnels, la publication des oeuvres de Lon
Foucault. Mrite-t-il sa rputation de rigueur excessive? En tout cas,
il ne serait pas tonnant qu'un homme qui a pass avec succs tant et de
si rudes examens divers se montrt, maintenant qu'il en fait subir aux
autres, quelque peu difficile sur les aptitudes et les capacits
indispensables  ses yeux pour l'obtention d'un diplme srieux.

[Illustration: A la gare de Lyon; le roi et le prsident prennent cong
l'un de l'autre.]

EDOUARD VII EN FRANCE

Le passage d'douard VII en France, pour aller rejoindre  Marseille la
reine Alexandra, a t un des vnements les plus marquants de la
semaine dernire. Ce nouveau tmoignage de l'entente cordiale
empruntait aux circonstances actuelles une importance particulire, qu'a
souligne, d'une faon significative, l'entrevue mnage entre le
souverain anglais et le prsident de la Rpublique.

Le jeudi 6 avril, le roi, venant de Douvres, avec sa suite, sur le
paquebot _The Queen_, mis entirement  sa disposition, dbarquait vers
une heure et demie de l'aprs-midi  Calais, o il tait reu par MM.
Hennon, prsident de la Chambre de commerce, et Fayton, consul
d'Angleterre, et salu par les acclamations de la foule, aux abords de
la gare maritime pavoise aux couleurs des deux nations; il portait un
pardessus de drap fonc et un chapeau de feutre noir. Aprs une heure
consacre  un lunch priv et  l'installation des voyageurs,
s'effectuait le dpart du train, compos de la voiture personnelle de Sa
Majest et de trois wagons-salons de la Compagnie du Nord.

Il ne s'arrta qu'un peu avant six heures,  Pierrefitte, petite station
prcdant Saint Denis. Le train prsidentiel l'y avait prcd d'un
quart d'heure environ, amenant de Paris M. Loubet, accompagn du gnral
Dubois, chef de sa maison militaire, de M. Lpine, prfet de police, de
sir Francis Bertie, ambassadeur d'Angleterre, et de M. Lister, premier
secrtaire de l'ambassade.

La scne de la rencontre fut trs rapide et dpourvue d'apparat: la
voiture royale stoppant devant l'abri vitr, un marchepied abaiss, le
roi se dressant dans l'encadrement de la portire ouverte et tendant la
main au prsident, en changeant avec lui des salutations d'une
cordialit souriante, et le train emporta les deux chefs d'tat. Ils
taient maintenant en tte  tte, n'ayant pour tmoin de leur entretien
qu'un personnage trs discret, Jack, le chien favori d'douard VII, un
petit griffon blanc, tachet de feu. A travers la fume d'excellents
cigares, cet entretien historique, d'une quarantaine de minutes, se
prolongea jusqu' la gare de Lyon, vers laquelle le trajet se poursuivit
par le chemin de ceinture.

[Illustration: M. Loubet et sir Francis Bertie, ambassadeur
d'Angleterre, attendent le roi  Pierrefitte.]

[Illustration: A Marseille: le roi va s'embarquer sur le
"Victoria-and-Albert "]

L, le roi, descendant le premier, se tint quelques instants sur le quai
pour un dernier change de _shakehands_ et de paroles aimables:  sept
heures, il remontait en wagon et, le lendemain matin,  neuf heures
vingt, il arrivait  Marseille, o l'attendait la plus sympathique
rception. Aprs y avoir pass toute une journe, il s'embarquait, le 8
avril,  bord de son yacht _Victoria-and-Albert_, pour entreprendre, en
compagnie de la reine, une croisire dans la Mditerrane.



NOTES ET IMPRESSIONS

Celui qui veut faire un emploi srieux de la vie doit toujours agir
comme s'il avait  vivre longuement et se rgler comme s'il lui fallait
mourir demain. MILE LITTR..

                                    *
                                   * *

Lorsqu'un vrai gnie apparat dans le monde, on le reconnat  ce signe
que les sots sont tous ligus contre lui. SWIFT.

                                    *
                                   * *

C'est  force de redouter le ridicule qu'on a renonc au sublime.
MARCHAL CANROBERT.

                                    *
                                   * *

La paix arme: tous les peuples en mesure de manger les autres sous
peine d'tre mangs. C'est l'ancien _si vis pacem para bellum_ en face
de nos rves de fraternit internationale.

                                    *
                                   * *

La science moderne nous a apport l'image exacte du cerveau de bien des
gens: le phonographe. G.-M. VALTOUR.



[Illustration: Un des uniformes d'infanterie achets au "Chat noir" par
les conspirateurs.]

[Illustration: Le capitaine Tamburini en civil. _Phot. Chamussy,
Courbevoie._]

[Illustration: La maison habite par le capitaine Tamburini, rue de
l'Alma, n 8,  Courbevoie.]

[Illustration: Le capitaine Tamburini. _Photographie par G. Gurot, de
Nevers, dans l'tat o elle nous a t confie._]

Vers la fin de mars, la police, oprant des perquisitions chez diverses
personnes souponnes, disait-on, de contravention  la loi sur le pari
aux courses, faisait une curieuse dcouverte. A Courbevoie, rue de
Normandie, dans un petit pavillon situ au fond de la Villa Mosaque, on
trouvait 500 uniformes complets d'infanterie coloniale. Or, ce pavillon,
non meubl, avait t sous-lou, en janvier, au nom de M. Tamburini,
officier en disponibilit, habitant la mme localit, rue de l'Alma,
N 8.

Celui-ci expliqua que ce fourniment tait destin  quiper des
volontaires pour une expdition projete sur la cte d'Ivoire ou au
Congo, par une socit d'tudes. Le 5 avril, l'enqute, activement
poursuivie, amenait une autre dcouverte encore plus sensationnelle,
celle de munitions caches  Nanterre, au lieu dit la
Fosse-aux-Loups--une cit de chiffonniers--dans une maisonnette en
construction de la ruelle des Fontenelles, appartenant  M. Meyer,
mcanicien-ajusteur: 8.000 cartouches de guerre du modle 1874
transform!

D'o la prsomption d'un complot ourdi contre la sret de l'tat et
l'arrestation d'une demi-douzaine de conjurs.

Le capitaine Tamburini, hros principal de l'aventure, chevalier de la
Lgion d'honneur depuis 1900, est n en 1863,  Spoleto (Italie), d'un
pre naturalis Franais; aprs avoir fait de nombreuses campagnes
coloniales, il comptait, en dernier lieu, au 136e rgiment d'infanterie,
 Saint-L; il est le gendre de M. Vrinat, qui tient,  Courbevoie,
place Charras, le caf de France, frquent par les officiers de la
garnison. Le capitaine Volpert, impliqu dans l'affaire comme membre de
la soi-disant socit d'tudes, est galement en disponibilit.

S'agit-il rellement de tentative d'embauchage et d'un complot militaire
organis pour renverser le gouvernement? C'est ce que nous apprendront
les conclusions de l'instruction, dirige par M. Chnebenot, un des
magistrats les plus distingus du parquet de la Seine.

[Illustration: M. Chnebenot, juge d'instruction. _Phot. Pirou,
boulevard Saint-Germain._]

[Illustration: Le magasin de friperie "Au Chat noir", 16, rue
Dupetit-Thouars (quartier du Temple), o les conspirateurs avaient
achet, au mois de janvier, les 500 uniformes saisis.]

[Illustration: Le capitaine Volpert.]

[Illustration: La Villa Mosaque, o la police a saisi les uniformes.]

LE COMPLOT DE COURBEVOIE



[Illustration: LE DIMANCHE DES RAMEAUX EN LOMBARDIE, DANS LA VALLE DES
ROSES (LAC DE LECCO). _Au val des Roses, au bord du lac de Lecco, la
fte des Rameaux emprunte  la fidlit aux traditions des habitants un
caractre trs-particulier. A la grand'messe, au moment de la
bndiction des rameaux, le cur, apparat au seuil de l'glise, une
palme  la main, et, la prsentant  la foule assemble, vtue de ses
habits de fte, dit: Voici la paix! Et, commentant les paroles
vangliques, il exhorte l'auditoire  la charit, au pardon des
injures. Alors les fidles agenouills, tendant aussi les palmes,
rpondent par ces mmes mots: Voici la paix!_]



[Illustration: LA SOIRE DE GALA DU 11 AVRIL AU CONCOURS HIPPIQUE DE
PARIS; LA POURSUITE DES MANNEQUINS. _Un grand carrousel militaire a
cors, cette anne, l'intrt du Concours hippique de Paris. Le succs
mme dont sont coutumiers les cuyers de Saumur, si souples sur leurs
chevaux sauteurs, si lgants sous leur sobre uniforme noir et or, avec
la culotte blanche et le petit lampion, a presque pli devant celui qu'a
obtenu la_ poursuite des chevaux en libert, _o l'on vit des cavaliers
d'lite, chasseurs, dragons ou cuirassiers, arms les uns de sabres de
bois, les autres de lances, poursuivre, attaquer, pourfendre des
bonshommes d'toupe et de chiffons, habills d'uniformes; figures
falotes, sans jambes, drlement maquilles et qui, avec leurs terribles
moustaches, leurs masques violemment enlumins, se balanaient en selle
de si amusante faon, sous les coups d'estoc et de taille._]



[Illustration: TANGER VU DE LA RADE.--Photographie montrant l'tat de la
mer le matin de l'arrive de l'empereur d'Allemagne.]

[Illustration: Le canot imprial accoste au wharf.]

[Illustration: L'empereur dbarque sur le wharf.]

[Illustration: Rptition de la fantasia qui fut supprime du
programme.]

[Illustration: Le cortge imprial se rendant  la lgation
d'Allemagne.]

[Illustration: LA VISITE DE GUILLAUME II A TANGER.--_(Deuxime srie de
photographies.--Voir notre prcdent numro.)_ L'Illustration _est le
seul journal, dans toute la presse illustre europenne, qui ait russi
 publier, dans son numro de la semaine dernire, des photographies de
la visite de Guillaume II  Tanger. Nous n'avons pas consacr moins de
trois pages, le 8 avril,  cet vnement. Il a t assez important,
cependant, pour que nous y revenions aujourd'hui avec une nouvelle srie
de documents photographiques dont on trouvera le principal  la page
suivante._]

Le cad Mac-Lean,  pied, devant le cheval de l'empereur.

DE GUILLAUME II A TANGER: LE CORTGE IMPRIAL SUR LE PETIT-SOCCO

Guillaume II, sur un cheval blanc, et son tat-major. Phot. Chusseau
Flaviens, Abd el Malek oncle du sultan, et les autorits marocaines.



[Illustration: Le dpart des cruisers, _Delahaye-IV, Avenir-VII,
Lanturlu, Titan-IV,_ le 9 avril, par mer houleuse.]

La premire journe du meeting de Monaco a t mouvemente. Les rarers,
ou canots de course, venaient  peine de s'lancer vers la haute mer
qu'une houle assez forte se leva Les petits engins trouaient les vagues
crtes d'cume; mais l'eau rejaillissaute, aveuglante, rendait toute
surveillance du moteur, toute direction impossibles au mcanicien et au
barreur. Il fallut rentrer, en toute hte, sous la protection d'un
contre-torpilleur. Nanmoins un des canots, la _Marguerite_, voulant
doubler de trop prs le cap d'Ail, fut roul par le ressac sur une
roche; les deux hommes qui le montaient ont t sauvs. Tous ces racers,
construits pour la vitesse en rivire, ne mesuraient que 8 mres de
long, ne pesaient que 1.000  1.200 kilos et emportaient, dans leurs
coques fragiles, des moteurs de plus de 100 chevaux.

[Illustration: Le racer la _Rapire_ en vitesse vers la haute mer.]

Les cruisers, ou canots de promenade, mieux ponts, ont parcouru
jusqu'au bout,  petite vitesse (12 kilom.  l'heure), l'itinraire
fix.

[Illustration: Le canot "Marguerite" chou au cap d'Ail.]

[Illustration: Mme du Gast en tenue de barreuse.]

[Illustration: Le prince de Hohenlohe en canot.]

LE MEETING AUTOMOBILE DE 1905 A MONACO.--Les premires courses de
canots.



[Illustration: Avant la reprsentation: les cavaliers peaux-rouges sont
prts  faire irruption sur la piste.]

[Illustration: LE RETOUR DE BUFFALO-BILL A PARIS.--Le dfil des
cavaliers indiens. _Voir la suite des gravures  la page suivante._]

[Illustrations: BUFFALO-BILL AU CHAMP DE MARS: DANS LES COULISSES 1. Un
cavalier Indien et le colonel Cody.--2. Indiens occups  peindre leurs
tentes.--3. Un village du Far-West amricain  Paris.--4. Le colonel
Cody en conversation avec un Peau-Rouge de sa troupe.--5. Russes et
Japonais dans le mme camp.--6. Femmes et enfant peaux-rouges.--7. Les
Indiens en costume de guerre prts  s'lancer sur la piste.--8. La
cavalerie de Buffalo Bill avant le dfil.--9. Le village indien.]



[Illustration: LA NOUVELLE CAMPAGNE NAVALE EN EXTRME-ORIENT Le
vice-amiral Rodjestvensky, commandant en chef la deuxime escadre russe
du Pacifique.]

On n'avait plus de nouvelles prcises de l'escadre commande par
l'amiral Rodjestvensky, depuis qu'elle avait quitt, sans grand bruit,
d'ailleurs, les parages de Madagascar pour une destination inconnue. Or,
les dpches viennent d'annoncer qu'elle a fait son apparition
subitement, le 8 avril, devant Singapour. Puis, presque aussitt, on
signalait sa prsence aux les Anambas, en mme temps que des navires
japonais, envoys sans doute en reconnaissance, taient vus croisant sur
les ctes de la Cochinchine. A la dernire heure, enfin, on affirmait
qu'un combat naval tait engag aux les Anambas. Donnera-t-il aux
Russes la revanche si ardemment dsire? Quoi qu'il en soit, les
techniciens sont unanimes  reconnatre que l'amiral Rodjestvensky, en
amenant sans encombre une force de cette importance jusqu'aux mers de
Chine, s'est montr un marin remarquable et a accompli un vritable
exploit.



[Illustration: Le nouveau sanatorium en achvement sur la plage de
Zuydcoote (Nord),--Phot. Falciny.]

_Documents et Informations_

Le sanatorium de Zuydcoote.

M. tienne, ministre de l'intrieur, s'est rendu, dimanche dernier, dans
le Nord, pour visiter le sanatorium de Saint-Pol, et surtout les
nouveaux btiments qu'on construit  Zuydcoote pour remplacer cet
tablissement devenu insuffisant pour les besoins auxquels il doit faire
face. On voit, sur notre photographie, quelle sera l'importance du
sanatorium de Zuydcoote. C'est une vritable ville, un hpital marin
modle, install avec les derniers perfectionnements hyginiques et
mdicaux indiqus par les spcialistes.


ENCORE LA SURDI-MUTIT ET LES UNIONS CONSANGUINES.

Dans notre numro du 4 fvrier dernier, nous faisions connatre une
intressante tude du docteur Castex, qui concluait  la non-vidence
des relations entre la surdi-mutit et les unions consanguines.

Cette note nous a valu l'envoi, par M. Fehmers, professeur 
l'Institution des sourds-muets de Rotterdam, d'une brochure dans
laquelle l'auteur, s'appuyant sur des donnes statistiques recueillies
dans l'tablissement o il professe, conclut, au contraire,  la ralit
de l'influence des unions consanguines sur la surdi-mutit.

C'est l la doctrine classique; et c'est prcisment parce que cette
opinion est gnralement admise qu'il tait intressant de faire
connatre la conclusion contraire,  laquelle tait arriv un
observateur savant et consciencieux.

Ajoutons que les statistiques de M. Fehmers ne nous paraissent nullement
probantes dans le sens indiqu par leur auteur, puisque, sur 100 lves
sourds-ns ou devenus sourds, il n'en relve gure que 10 issus de pre
et de mre apparents.

Au surplus, pour rsoudre cette question, il faudrait connatre quelle
est la proportion, dans une population donne, des mariages consanguins,
et cette proportion est absolument inconnue.


[Illustration: Inauguration de la place "de Lesseps" 
Barcelone.--_Phot. Maymi._]

LES PRIMEURS D'ESPAGNE EN ANGLETERRE.

Le commerce que fait l'Espagne avec le seul port de Liverpool, en fruits
et lgumes, atteint, d'aprs le consul d'Espagne, dans le grand port
anglais, un chiffre qui peut bien faire envie  notre colonie
algrienne. Il semble, en effet, que l'Algrie serait encore mieux
adapte que l'Espagne  la production des primeurs Quoi qu'il en soit,
pour l'anne 1902-1903 (juillet  juin), l'Espagne a vendu pour prs de
1.500.000 livres sterling de fruits et lgumes au seul port de
Liverpool, plus de 37 millions de francs. Les articles les plus
importants de ce commerce sont divers. Il y a les oranges d'abord, pour
plus du quart du total. Les bananes et tomates des Canaries reprsentent
plus du tiers; ensuite viennent les raisins. On est assez surpris de
constater l'importance des oignons: Valence en vend pour 3 millions de
francs exactement. Un des lments du succs des exportateurs espagnols,
en sus de l'excellence des produits, qui n'est pas contestable, est le
soin avec lequel sont faits les emballages. La marchandise est prsente
de faon sduisante, bien apprte, bien pare et qui plat  l'oeil.
Cela augmente un peu en frais, mais les prix obtenus sont sensiblement
plus levs qu'ils ne seraient autrement.


HOMMAGE DE BARCELONE  FERDINAND DE LESSEPS.

Ferdinand de Lesseps tait consul de France  Barcelone quand, en 1842,
Espartero, pour mettre fin  l'insurrection qui y avait clat, vint
bombarder la ville. M. de Lesseps eut le courage d'offrir sa mdiation
et alla trouver l'impitoyable gnral. Grce  son intervention, le
bombardement fut arrt, Barcelone, d'ailleurs, tant  demi ruine.

Si la ville n'a jamais pardonn  la mmoire d'Espartero cette excution
sanglante, elle a, en revanche, gard  Ferdinand de Lesseps une pieuse
gratitude pour sa gnreuse dmarche.

Elle vient de l'attester encore en donnant le nom du crateur du canal
de Suez  l'une de ses places publiques. La plaque indicatrice a t
inaugure le dimanche 2 avril, aux accents de la _Marseillaise_ et en
prsence des trois fils de Ferdinand de Lesseps et de tout le corps
consulaire de Barcelone.


LES NOUVEAUX BASSINS DE SIDI-ABDALLAH.

Le lundi 27 mars a eu lieu,  Sidi-Abdallah (Bizerte), l'inauguration
des nouveaux bassins de radoub; malgr qu'elle se soit accomplie sans
aucune solennit, elle a cependant l'importance d'un grand vnement
maritime. A partir d'aujourd'hui, nos escadres peuvent compter sur
l'effectivit du point d'appui de Bizerte et y trouver refuge en cas
d'avaries.

Les nouveaux bassins sont les plus longs et les plus vastes que nous
possdions. Ils ne mesurent pas moins de 200 mtres. Les machines
d'puisement qui les pompent les vident en moins de trois heures et
demie; on peut s'imaginer ainsi la puissance des turbines.

[Illustration: Le grand bassin de radoub de Sidi-Abdallah (Bizerte).]

C'est un petit remorqueur de la direction du port de Bizerte, le
_Cyclop_, et un ponton-grue, le _Kbir_, qui ont eu l'honneur d'entrer
les premiers dans les formes de Sidi-Abdallah. Ils semblent deux pygmes
perdus dans ces immenses cales sches faites pour recevoir des cuirasss
de 16.000 tonnes. Entre le _Cyclope_ et le _Kbir_ on pourrait encore
loger un croiseur, et la grue, de ses bras dmesurs, domine  peine la
hauteur des parapets de 9m,50! Mais qui peut le plus peut le moins;
l'essentiel c'est qu'aprs le _Kbir_ et le _Cyclope_ d'autres navires,
plus srieux, pourront suivre.

L'arsenal de Sidi-Abdallah est donc entr dans la phase initiale de
dveloppement. Ce travail gigantesque des bassins, poursuivi avec
persvrance au fond du lac de Bizerte, dont la situation est
privilgie, fait le plus grand honneur  notre pays.


LE VIN DE GROSEILLES.

A l'approche de l'poque o la terre recommence  nous donner ses
produits, il nous parat intressant de faire connatre  nos lecteurs
un mode d'utilisation des groseilles qui n'est pas trs rpandu
jusqu'ici. Il s'agit de la prparation du vin de groseilles. Ce vin se
conserve plusieurs annes et fournit une boisson agrable et saine.
Voici la recette: on cueille des groseilles parfaitement mres, par
temps chaud et sec de prfrence; on les pose dans un cuveau ou tonneau
bien propre et bien sec, o elles restent deux jours au sec. Puis on
grappe; et l'on crase les groseilles en ajoutant du sucre et de l'eau
dans les proportions de 10 litres d'eau contenant 4 ou 5 kilos de sucre
blanc dissous, pour 5 kilos de fruits.

On abandonne le mlange  lui-mme dans un cuveau ou un tonneau qu'on ne
remplit pas au del des deux tiers; on laisse fermenter quelques jours,
en ayant soin de mlanger la masse deux ou trois fois par jour, au
moins.

Aprs achvement de la premire fermentation, reconnaissable  ce que la
proportion des bulles gazeuses a diminu, on presse, et le liquide est
plac dans un petit tonneau ou une bonbonne, bien propre, o on laisse
s'oprer une seconde fermentation qui dure un peu plus longtemps que la
premire. Aprs celle-ci, on soutire le liquide ds qu'il s'est
clairci, et l'on met en bouteilles. Celles-ci doivent tre tenues
couches. Le vin de groseilles est d'une jolie couleur rouge rose; il
est limpide, agrable au got, devenant lgrement gazeux en bouteille.
La proportion d'alcool est de 10 ou 12%; celle des acides libres, de 9
ou 10%. C'est donc une boisson qui supporte d'tre additionne d'au
moins son volume d'eau. Mieux vaut la faire forte, selon la recette
prcdente, que d'essayer de fabriquer un vin moins alcoolique en
diminuant la proportion de sucre. Ce vin plus faible ne se conserverait
pas, au lieu que confectionn selon les indications que nous venons de
donner, le vin de marc se conserve au moins un an et sans doute
davantage. Avis  ceux de nos lecteurs qui, ayant trop de groseilles,
voudraient les utiliser autrement qu'en confitures.


LE SUICIDE EN FRANCE.

De 1826  1900, le nombre des suicides s'est rgulirement accru en
France, atteignant le nombre de 9.186 pour la priode 1896-1900, soit
une proportion de 23 sur 100.000 habitants.

Depuis 1900, le mouvement ascendant semble enray et, en 1902, la
proportion tait tombe  22 pour 100.000 habitants.

Mais le nombre absolu des suicides n'est pas seul  considrer, et leur
cause est surtout intressante.

Autrefois, la folie tenait une grande place parmi les causes des
suicides et, il y a vingt ans seulement, elle figurait pour environ un
tiers de ces causes. Or, actuellement, c'est  peine si les statistiques
la notent 15 fois sur 100. Le suicide des fous aurait donc diminu de
moiti; par suite, le suicide serait aujourd'hui, plus souvent
qu'autrefois, un acte raisonn et volontaire.

La misre et les revers de fortune sont invoqus dans la proportion de
16% et les souffrances physiques dans celle de 25%; les chagrins de
famille donnent la proportion de 12% et l'amour contrari celle de 7%.
Enfin l'accs d'ivresse est not 15 fois sur 100.

Le suicide est surtout frquent de cinquante  cinquante-neuf ans,  cet
ge o l'activit de l'individu devient souvent insuffisante et o les
situations, dj difficiles, se compliquent si frquemment de la maladie
et de l'infirmit.

Le procd de suicide le plus souvent employ est la pendaison (40%);
puis la submersion (27%) et l'arme  feu (12%). Le poison n'est not que
2 fois sur 100, ce qui permet de croire que les statistiques sont trs
imparfaites et que nombre de suicides par poison sont considrs comme
morts naturelles.

Enfin, prs du quart des suicids appartiennent au sexe fminin.


GROS ET PETITS MANGEURS DE PAIN.

L'Europe est une grosse mangeuse de pain: la consommation du bl et du
seigle y est de 790 millions de tonnes par an.

Dans cette quantit, la Russie entre pour 220.000.000, l'Allemagne pour
130.000.000, la France pour 112.000.000, l'Angleterre pour 65.000.000,
l'Italie pour 42.000.000, les Etats des Balkans pour 34.000.000,
l'Espagne pour 30.000.000, la Belgique pour 18.000.000, la Hollande pour
10.000.000, la Sude pour 9.000.000, le Danemark pour 7.000.000, la
Suisse pour presque autant, le Portugal pour 6.000 000, la Finlande pour
prs de 5.000.000 et la Norvge pour prs de 3.000.000.

Les pays latins (sud-ouest de l'Europe) consomment ensemble 190.000.000
de tonnes et le reste de l'Europe occidentale en consomme 290.000.000,
ce qui fait un total de 480 millions.

L'Europe, orientale est une moins grosse mangeuse de pain. Elle n'en
consomme qu'un peu plus de 300.000.000 de tonnes.

La semence, dans l'Europe entire, absorbe 110 millions de tonnes.

L'Europe, cependant, ne produit que 725.000.000 de tonnes. Le dficit
varie donc de 60  65 millions de tonnes.

Trois pays de l'Europe seulement ont une production suprieure  leurs
besoins: la Russie, les Balkans et l'Autriche-Hongrie.

Au total, c'est le Danemark qui mange le plus de pain; la France ne
vient qu'au troisime rang.

Kilos consomms par habitant (et par an)

  Danemark...................   287
  Belgique...................   274
  France.....................   254
  Allemagne..................   230
  Suisse.....................   212
  Hollande...................   203
  Russie.....................   173

En 1895 la France venait au premier rang parmi les consommateurs. On ne
peut admettre sa dchance  ce point de vue qu'en supposant que le
bien-tre a fait augmenter dans une mesure proportionnelle la
consommation de la viande.

Les pays latins, qui ne sont pas trs gros mangeurs de pain, consomment
en moyenne 180 kilos par an, tandis que le reste de l'Europe occidentale
en consomme 200.

Dans l'Europe entire, la consommation gnrale par habitant est de 183
kilos, ce qui reprsente assez exactement une livre de pain par jour.


S. M. CHULALONGKORN, ROI DE SIAM.

Dans son numro du 31 janvier dernier. L'_Illustration_ publiait sur le
Siam, dont les rapports de bon voisinage avec les possessions
indo-chinoises de la France ont t rgls dernirement par une nouvelle
convention, un article accompagn d'intressantes reproductions
photographiques. Comme complment de ces documents, nous donnons
aujourd'hui un portrait tout rcent du roi Chulalongkorn, vtu 
l'europenne.

[Illustration: Le roi de Siam en costume europen. _Phot. comm. par M.
Delaunay._]

A cette occasion, il convient de rectifier une erreur matrielle qui
s'est glisse parmi les lgendes des gravures du numro de janvier. Sous
un des groupes de personnages, au lieu de: _La cour de Siam: S. M.
Chulalongkorn et son tat-major_, il faut lire: _Phra Noradat Sarakan,
vice-dput du Dpartement sanitaire, entour des officiers de police_.
Au moment o cette photographie a t prise, ce haut fonctionnaire
attendait l'arrive du souverain.



_Mouvement littraire_

_Romanciers d'hier et d'avant-hier_, par Jules Barbey d'Aurevilly
(Lemerre, 3 fr. 50).--_Les Samedis littraires_, par Ernest-Charles
(Sansot, 3 fr. 50).--_Les Romanciers russes du XIXe sicle_, par
Ossip-Louri (Alcan, 7 fr. 50).--_Henri Heine penseur_, par Henri
Lichtenberger (Alcan, 3 fr. 75).


Romanciers d'hier et d'avant-hier.

Une main pieuse recueille peu  peu les pages de critique de Barbey
d'Aurevilly. Le romancier puissant de _l'Ensorcele_, le peintre
fantastique des _Diaboliques_ ne fut pas seulement un imaginatif. D'une
race hroque et fine, s'il savait raconter les aventures
extraordinaires, il avait en mme temps l'art de semer  pleines mains
l'esprit et les mots redoutables. C'tait, dans sa perfection, le
Normand  la fois hardi et subtil. Ses articles sur les hommes et les
livres valent,  mon avis, ses pages romanesques. Il voyait fort bien
les qualits et les dfauts de ceux qui passaient devant lui et qu'il
soumettait  son jugement. Dans des causeries fortes, images, toutes
ptillantes, il fait preuve  leur endroit du plus sur discernement.
L'outrance des mots, leur inattendu, ne sont l que pour donner plus de
vigueur  l'excution, car il excute souvent ses contemporains et
surtout ses contemporaines. Le trait part, imptueux, rutilant, comme
une flche enflamme, et va se loger au point vis avec une maestria que
les critiques actuels--s'il y a encore des critiques--sont loin de
rappeler. Dans _Romanciers d'hier et d'avant-hier_, lisez l'tude sur
MM. Erckmann-Chatrian, lesquels venaient de publier _Contes
fantastiques._

Comme il les remet sur leur chemin, les dtournant de la route 
laquelle leur talent ne les destine pas! Le fantastique oblige. Par
cela mme qu'on crit ce grand mot, on dclare ne plus se rclamer de
cette simple fantaisie qui peut tre si belle, mais de cette fantaisie
l qui doit tre transcendante, puisqu'elle se permet d'tre trange et
qu'on la dchane du dernier lien du bon sens, du dernier fil de la
ralit. Or Erckmann-Chatrian--n'en faisons qu'un seul tre--tait
plutt fait pour rendre le plein jour de la vie relle et corpulente
que la clart surnaturelle et demi-obscure du fantastique. Dans cette
opinion de Barbey d'Aurevilly, tout est juste et ingnieux autant
qu'original. Ses pages sur Lon Gozlan, celui qui nous a tous charms
avec son _Aristide Froissart,_ son _Polydore Marasquin_ et son _Notaire
de Chantilly_, tincellent de vrit et d'humour: Lon Gozlan, un des
esprits les plus brillants du sicle, de la race en droite ligne et
courte des Chamfort et des Bivarol, ne faisait nul tapage de ses
facults; c'tait un dlicat et un discret. Peut-on mieux prsenter un
homme dans son individualit littraire et morale, dans ses traits
particuliers? Veut-on savoir ce que l'on pensait de M. Ranc  ses
dbuts, alors qu'il publiait, en 1869, le _Roman d'une conspiration_?
Barbey d'Aurevilly nous l'apprend. Non sans sympathie, il juge,  ses
premiers pas ou  ses premires passes, l'homme qui devait occuper une
si grande place dans le parti rpublicain et dans le journalisme.

La beaut de la femme, disait Gozlan, c'est d'tre un ornement. La
beaut de l'homme, c'est d'tre une arme. Eh bien, Ranc a cette
incontestable beaut-l. C'est donc, avant tout, une plume de guerre que
Ranc... Tout utopiste qu'il soit, c'est l'esprit le plus ferme... avec
un mordant et une terrible plaisanterie que n'avait point Carrel. Je
m'arrte, il me suffit d'avoir marqu la manire de Barbey d'Aurevilly,
jusqu' quel point, malgr la passion nergique de la phrase, il fut
impartial et clairvoyant et quel rpertoire nous fournit son oeuvre de
critique.


Samedis littraires.

Hlas! la critique qui se tenait encore debout, aux jours de Barbey
d'Aurevilly, disparat de plus en plus sous la rclame. Cependant elle
vit encore en particulier dans une revue hebdomadaire. L, elle est
audacieuse, tranchant sur la banalit ambiante; on y fuit le mal
terrible de ce temps, c'est--dire le snobisme bat. Ce n'est pas que je
sois toujours d'accord avec M. Ernest-Charles dont un volume des
_Samedis littraires_ nous est parvenu. Peut-tre a-t-il parfois des
favoris qui ne sont pas les miens et accorde-t-il une valeur exagre 
des livres qui marquent plus de savoir-faire et d'assimilation que de
talent original. Il me comprendra sans que je m'explique davantage. D'un
autre ct il presse trop persvramment de ses aiguillons des crivains
comme M. Paul Bourget, par exemple. Mais quel feu dans les critiques!
Comme M. Ernest Charles est amusant  observer quand il harcelle certains
auteurs et certains livres! Je sais quelques hommes et mme quelques
femmes qui ne sortent de ses mains que cribls de piqres. Son grand
procd consiste mme  plonger plusieurs fois  la mme place, pour que
ce soit plus cuisant, la mme pointe envenime.

Dans la veulerie de plus en plus accentue, on a plaisir  rencontrer ce
courage et cette littraire misanthropie. Ce jeune Alceste de la
critique nous comble de joie en runissant ses articles et en nous
permettant de les savourer, sans que nous en omettions un seul
d'important.


Psychologie des romanciers russes.

M. Ossip-Louri n'use pas prcisment de la mme mthode. Il ne se
passionne gure pour ou contre les hommes; il leur mnage par l mme
les attaques virulentes. Du reste, ne sommes nous pas remplis de
mansutude  l'endroit des trangers, rservant pour les ntres les
agressions et les coups d'pingle ou de massue. Chacun, en effet, selon
son temprament, use en critique de l'pingle ou de la massue.
Sainte-Beuve avait le coup lger; Taine maniait un instrument plus
vigoureux et ne procdait gure par malignes insinuations, comme on s'en
peut assurer dans la faon dont il a trait le philosophe Cousin et
quelques autres. M. Ossip-Louri, un rudit  tour philosophique, s'il
avait  atteindre mchamment les hommes, ne rappellerait pas prcisment
l'auteur des _Lundis._ Mais ici il admire plutt. Impossible de le
suivre dans les multiples tudes de son livre. A propos d'une thse
fminine fort complte, j'ai dj ici parl de Gogol, le disciple de
Pouchkine, Gogol vraiment Russe et qui inaugure la nouvelle littrature,
toute nationale, du grand peuple. L'auteur des _Ames mortes_, raliste,
mystique aussi, a, le premier, donn une conscience et une voix  sa
race. Aprs lui, Tourgueniev est venu--il tait n le 28 octobre
1818--moins imprgn de mysticisme que Gogol, plus soigneux de sa
phrase, composant minutieusement ses livres comme son ami Flaubert,
reprsentant fort bien dans les _Rcits d'un chasseur_ la vie
provinciale et les moeurs populaires. Mais l o M. Ossip-Louri excelle
et ce qui me parat la meilleure partie de son oeuvre, c'est quand il
nous rend Dostoewski, dans ses fers, en Sibrie, dans sa misre, dans
sa maladie nerveuse, dans la folie qui l'envahit peu  peu; et Gorki,
recueillant tout l'hritage de ses prdcesseurs, s'occupant  peindre
le peuple--quel peuple souvent!--et si amoureux des aventures et des
routes ternelles qu'aprs une rception enthousiaste de la jeunesse
studieuse et des lettrs il leur dit  tous: Adieu, frres, je m'en
vais.

Tolsto, dont nous connaissons l'oeuvre et les gestes, et d'autres
romanciers russes, moins illustres parmi nous, sont tudis dans le
livre de M. Ossip-Louri, qu'on lit avec autant d'intrt qu'un roman.


Divers.

Combien je regrette de n'avoir pas la place suffisante pour prsenter,
comme il convient, le travail complet, philosophique--o la philosophie
enveloppe peut-tre et couvre un peu l'histoire--de M. Henri
Lichtenberger: _Henri Heine penseur!_

J'aperois aussi, prs des deux volumes de M. Ossip-Louri et de M.
Lichtenberger, des livres o la pense abonde et les fortes rflexions.
Le peintre, l'ami de la critique littraire, le lettr, ne peuvent que
se dlecter dans _Bismarck et son, temps_ de M. Matter (Alcan, 10 fr.),
et dans _Condorcet et la Rvolution franaise_, de M. Cahen. Des tudes
comme celles-l, modres, nourries de faits, artistement crites, nous
font, au-dehors, le plus grand honneur.

E. LEDRAIN.



Ont paru;

_Jaunes contre Blancs_, par R. Castex. 1 vol., Lavauzelle, 3
fr.--_Histoire de la littrature franaise classique_ (1515-1530), par
Ferdinand Brunetire. 1 vol. in-8, Delagrave, 2 fr.
50.--_L'Impossible_, par Jean de la Brte. 1 vol. in-16, Plon-Nourrit et
Cie, 3 fr. 50.--_La Villa de dessus_, par J.-Jacques Langlois. 1 vol.,
Victor Havard et Cie, 3 fr. 50.--_L'volution de la terre et de
l'homme_, par G. Lespagnol. 1 vol. in-8 cu, Delagrave, 5 fr.-_Souvenirs
entomologiques_, par J.-H. Fabre. 1 vol. in-8, Delagrave, 3 fr. 50.--_
Ouvriers et Patrons_, par E. Fournire. 1 vol., Fasquelle, 3 fr. 50.



LES THTRES

Les reprsentations de Mme Eleonora Duse, au Nouveau-Thtre, ont une
vogue si persistante qu'il devient puril d'attribuer ce succs
extraordinaire au snobisme parisien. La salle du thtre est comble tous
les soirs et les spectateurs tmoignent par leur attitude de
l'impression profonde que produit sur eux l'minente comdienne. Qu'elle
interprte de l'Ibsen, de l'Alexandre Dumas ou du Sardou, Mme Duse se
montre toujours une actrice incomparable par le relief intense qu'elle
donne  tous ses rles: elle les vit plus encore qu'elle ne les joue.

_Shylock_, au Thtre-Franais, n'a pas donn tout ce qu'on en
attendait. L'adaptation reprsente n'est certes pas une des oeuvres
marquantes d'Alfred de Vigny; elle laisse subsister nanmoins, dans son
intgralit, l'mouvante figure du juif de Venise, et M. Leloir en
dessine la silhouette avec un ralisme outr peut-tre, fort saisissant
en somme: le public n'est pas sans s'en apercevoir, M. Fenoux et Mlle
Garrick sont encore  signaler parmi les bons interprtes des autres
rles. Un acte de M. Andr Rivoire, _Il tait une bergre_, crit en
vers d'une facture exquise, complte agrablement le spectacle.

_Nous publions avec ce numro:_ Scarron de M. CATULLE MENDS.

_Notre prochain numro contiendra:_ L'Age d'aimer de M. PIERRE WOLFF.

_Paratront ensuite:_

L'Armature de M. BRIEUX, d'aprs le roman de M. PAUL HERVIEU.

Le Duel de M. HENRI LAVEDAN.

Monsieur Pigois de M. ALFRED CAPUS.

_Les abonns de_ L'Illustration _reoivent toutes ces pices sans aucune
augmentation de prix._

[Illustration: Le Temple d'Or  Amritsar, en partie dtruit.--_Phot.
Benedict._]



UN TREMBLEMENT DE TERRE AUX INDES ANGLAISES

Un tremblement de terre, qui s'est produit le mardi 14 avril, vient de
ravager deux provinces entires, aux Indes anglaises. Les villes qui ont
particulirement souffert sont: Simla, o lady Curzon, femme du
vice-roi, a failli prir; Kangra; Dharmsala; Palampur; Lahore; Amritsar,
o une partie des tours du Temple d'Or se sont croules; Dehra-Dun;
Jalandhar, etc.

Quant au nombre des victimes, il est considrable. On value  3.000 le
nombre des morts aux seuls environs de Palampur,  10.000 ceux des
environs de Kangra. A Dharmsala, les baraquements o taient casernes le
1er et le 7e rgiment de gourkhas et qui s'tageaient sur une colline ont
enseveli plusieurs centaines de ces soldats.

Ce tremblement de terre a eu sa lointaine rpercussion en France mme.
Les appareils mtorologiques de l'observatoire du Val-Joyeux ont
enregistr, le 4 avril, une perturbation magntique intense,  l'heure
mme o les secousses sismiques se produisaient dans l'Inde.



LA CATASTROPHE DE MADRID

Samedi matin. 8 avril,  sept heures, au moment o tous les ouvriers
travaillant  l'achvement du canal Isabelle II, qui amne  Madrid les
eaux de la Lozaya, venaient de pntrer sur les chantiers, sous la vote
du nouveau rservoir en construction, cet immense quadrilatre de 300
mtres sur 150, en ciment arm, s'effondra, ensevelissant tous les
travailleurs.

Il y en avait plus de 300. Presque tous furent crass, tus du coup.
Les rares survivants, affreusement blesss, taient pris sous les
mailles du filet d'acier qui servait d'armature  la vote de ciment.
Les secours furent organiss aussitt, au milieu d'une motion
indescriptible, qui a donn lieu  des dsordres pour la rpression
desquels la troupe est intervenue.

[Illustration: Casernements des soldats gourkhas  Dharmsala (la flche
indique les btiments sous lesquels 400 hommes ont t
ensevelis).-_Phot. du lieutenant Inglis._]

[Illustration: LA CATASTROPHE DE MADRID: CRASEMENT DE TROIS CENTS
OUVRIERS PAR LA CHUTE D'UNE VOUTE DE 70.000 MTRES CARRS 1. La foule
sur le lieu du sinistre.--2. Les sauveteurs coutant les gmissements
des ouvriers ensevelis.--3. L'enlvement des grilles du ciment arm sous
lesquelles gisent les morts.--4. La dcouverte d'un cadavre.]


[Illustration: L'EXAMEN DE MDECINE, par Henriot.]



_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tous les articles publis sous cette rubrique sont entirement
Gratuits.)_


LE GARDE-BOUE "LE VARLET"

Les garde-boue ordinaires, en bois ou en tle, possdent quelques
dfauts que tous les cyclistes connaissent: ils sont difficiles  monter
ou ncessitent le dmontage des roues; une fois poss, ils rendent la
machine disgracieuse ou l'alourdissent; souvent, ils font un bruit de
ferraille pour le plus petit crou desserr et ils ncessitent toujours
leur dmontage de la roue quand il faut rparer une crevaison.

[Illustration: Fig. 1--Le garde-boue repli.]

L'invention de M. Varlet a pour but d'obvier aux inconvnients prcits.
Son garde-boue, compos de branches articules portant  leur extrmit
une toile caoutchoute extrmement souple, se dploie tout comme un
ventail. En dvissant simplement les crous des axes des moyeux, les
deux ventails sont poss, les taquets formant rondelles s'appliquent
sur tous les axes et il suffit ensuite de revisser les crous  leur
plac respective sans dmonter les roues. Les chapes porte-toiles
s'adaptent au moyen de deux boulons pour la fourche arrire et deux
colliers pour la fourche avant. En quelques instants l'appareil est
install. Nos deux figures montrent le volume minime occup par cet
appareil repli et sa protection efficace lorsqu'il est ouvert.

[Illustration: Fig. 2.--Le garde-boue ouvert.]

Deux minutes suffisent pour ouvrir le garde-boue; aucun bruit ne fait
souponner sa prsence, qu'il soit ouvert ou ferm. Il ne gne en rien
pour les rparations. Veut-on nettoyer cet appareil, on dcroche la
toile caoutchoute, un coup d'pong et sa propret est parfaite!

Ce garde-boue se referme d'une faon instantane; une simple pression
sur la dernire branche de l'ventail fait replier le tout
automatiquement; en un clin d'oeil la toile est enroule et les branches
sont rentres l'une dans l'autre.

Le garde-boue Varlet a t rcompens d'une mdaille d'argent 
l'Exposition des petits inventeurs; organise par _l'Auto,_ en raison de
ses qualits prcieuses de lgret et de commodit. Son prix est de 12
francs chez _M. Varlet, 12 rue Dupetit-Thouars, Paris._


[Note du transcripteur: Le supplment "Scarron de M. CATULLE MENDS"]
ne nous a pas t fourni.]







End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3242, 15 Avril 1905, by Various

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L'ILLUSTRATION, NO. 3242, 14 AVRIL 1905 ***

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*** START: FULL LICENSE ***

THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
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paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
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1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
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Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
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against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
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Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
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works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


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