Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3235, 25 Fvrier 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3235, 25 Fvrier 1905

Author: Various

Release Date: October 5, 2010 [EBook #33840]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'ILLUSTRATION, NO. 3235, 25 FVRIER 1905 ***




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L'Illustration, No. 3235, 25 Fvrier 1905

LA REVUE COMIQUE, par Henriot.

Supplments de ce numro:

1 Huit pages de documents sur le RETOUR DU GNRAL STOESSEL et la FIN
DE PORT-ARTHUR.

2 L'Illustration thtrale avec le texte complet de LA RETRAITE.

L'ILLUSTRATION

Prix de ce Numro: Un Franc.
SAMEDI 25 FVRIER 1905
63e Anne.--N 3235.

LE GRAND-DUC SERGE ALEXANDROVITCH
en costume de seigneur russe du temps du tsar Boris Godounof (fin du
seizime sicle).
Phot. Bergamasco.




L'ILLUSTRATION THTRALE

_Nous sommes heureux d'annoncer  nos lecteurs que l_'Illustration
_publiera, aussitt aprs leur premire reprsentation: LE RVEIL, pice
en trois actes de_ M. PAUL HERVIEU, _en prparation  la
Comdie-Franaise; LE DERNIER AMOUR_ (titre provisoire), _pice en quatre
actes de_ M. PIERRE WOLFF, _qui sera joue au thtre du Gymnase et dans
laquelle Mme Rjane fera sa rentre. Nous avons annonc dj la
publication prochaine de LA MASSIRE, de_ M. JULES LEMATRE; _LES
VENTRES DORS, de_ M. EMILE FABRE; _L'ARMATURE, tire par_ M. BRIEUX _du
roman de_ M. PAUL HERVIEU; _LE DUEL_ et _LE GOUT DU VICE_, de
 M. HENRI LAVEDAN; _MONSIEUR PIGOIS, de_ M. ALFRED CAPUS.




COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE TRANGRE

J'coute avec curiosit ce qui se dit,  Paris, des gens et des choses
de mon pays et, parmi tant d'opinions contradictoires, mon esprit
s'embrouille un peu. Que dois-je penser du malheureux prince dont la
bombe d'un rvolutionnaire fit, il y a huit jours, sauter le corps en
morceaux? C'tait, crivent les uns, le plus dangereusement
ractionnaire des chefs... ennemi du peuple, oppos aux plus ncessaires
rformes, il a subi le sort terrible auquel l'exposait depuis longtemps
son imprudente politique; suivant la formule orientale, il a trouv ce
qu'il cherchait. A quoi d'autres rpondent: Vous vous trompez. Ce
hautain n'tait qu'un timide et que ceux qui le condamnent n'ont pas
compris. Ce ractionnaire ne mprisait point la libert; mais il avait
d'autres ides que nous sur la faon dont il convient d'en faire usage.
Il mritait de vivre...

Et Stoessel, mritait-il de vaincre? L-dessus non plus je ne sais plus
trop que penser. Pendant six mois, les journaux ont vant l'hrosme des
combattants de Port-Arthur et le gnie de leur chef. Un clbre pote
franais, aux applaudissements de l'Acadmie, a chant ce soldat; un
journal a consacr le produit d'une souscription publique, ouverte tout
exprs,  faire ciseler pour lui une pe d'honneur.

Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un vaincu qu'on discute. Sur les bateaux
qui ramenaient Stoessel et sa fortune du Japon  Port-Sad et de
Port-Sad  Odessa, maints reporters ont interrog le gnral ou bien
ont incit ceux qui l'entouraient  des confidences; et le bruit
commence  courir que le vrai hros de ce sige fabuleux, ce ne fut pas
lui; que Stoessel eut des dfaillances, et que sa science militaire,
notamment, fut pleine de lacunes. Qui croire? Qui a tort ou raison? Je
ne sais pas. Mais nos arrire-neveux sauront. Nous, nous ne pouvons pas
savoir, parce que nous sommes trop presss de savoir. Nous vivons trop
vite; nous btissons nos convictions sur des tlgrammes; nous demandons
des leons d'histoire--et de philosophie-- des journaux o se rdigent
et s'impriment en deux heures des choses penses en dix minutes. Ce
n'est pas notre, faute; c'est la faute du progrs qui nous pousse, nous
donne le got, le besoin de l'existence au grand galop. Tout se tient.
Malheureusement, l'histoire ne se fait que tout doucement et, si la
vapeur, le ptrole et l'lectricit aident les hommes  faire voyager
leurs penses beaucoup plus rapidement qu'autrefois, la science de la
raison instantane n'est pas dcouverte encore. Il nous faut autant de
temps pour apercevoir une vrit qu'il en fallait aux contemporains de
Montaigne et de Pascal; et c'est  cela justement que ne peuvent se
rsigner nos mes d'lectriciens et d'automobilistes...

Un _gala_ place d'Italie,  six cents mtres des fortifications. Mon
vieil ami Bizeneuille, ex-professeur, ancien pensionnaire de l'Odon,
prsentement ml  diverses entreprises thtrales, a voulu que je
connusse l'oeuvre des Trente Ans de thtre et ses galas. La bonne
soire et la jolie ide!

Au profit de braves gens que trente annes de vie thtrale ont uss
sans les enrichir, un homme de coeur, entour d'amis que son projet
sduisait, s'est avis de promener autour de Paris les chefs-d'oeuvre de
la scne franaise et leurs interprtes ordinaires. Il y a, loin du
centre de cette ville dont nous ne voulons, nous autres trangers,
connatre et frquenter que les boulevards, une population de braves
gens qui vivent retirs dans leurs quartiers comme en de petites
provinces et que les grands thtres attirent peu, parce qu'ils cotent
trop cher et que, de si loin on perd bien du temps  les atteindre. On a
donc entrepris de leur porter,  bon march, de la bonne littrature et
de la bonne musique  domicile. Le domicile, c'est le minuscule thtre
du quartier, qu'on loue pour ce soir-l; ou bien, c'est une salle
publique, meuble d'un piano et o, sur une estrade, un dcor sommaire
s'improvise, devant la chaise d'un souffleur de bonne volont
Montmartre, Batignolles, Mnilmontant, Belleville, Grenelle, la Villette,
ont reu la visite de ces prcheurs de bonnes paroles; hier, c'tait le
tour des Gobelins. La mairie nous ouvrait sa salle, des ftes;  huit
heures du soir, on n'y trouvait plus une chaise,  occuper. Public
familial de petits fonctionnaires, de petits marchands, d'ouvriers
aiss; public honnte, avide de s'amuser proprement. Au programme:
_Tartuffe_, des fragments d'_Aida_, quelques chansons; non pas de ces
chansons rosses ou d'effarante obscnit, que le boulevard et les
cabarets de Montmartre ont mises  la mode; mais de vraies chansons,
telles qu'on les aimait en France il y a un demi-sicle et dont les
auteurs semblent aujourd'hui trs vieux jeu; des chansons o la satire
s'enveloppe de bonhomie, o la grivoiserie reste pudique... Et cela
parut charmant. Les Franais mettent une coquetterie singulire  se
diffamer: ils ne parlent qu'avec mpris de ces romances o se
complaisait l'ingnue gaiet de leurs grands-pres; ils se proclament
trop corrompus pour s'y amuser; on les leur chante: les voil pris; ils
trpignent de joie! Mais Molire, Racine, Corneille, restent les dieux
de ces auditoires populaires. Sans interruption, les cinq actes de
_Tartuffe_ furent jous devant une assemble dont ces deux heures de
rcitation ne lassrent point l'attention une minute. Et je pensais, en
coutant Molire, que ces vieux matres furent des gnies deux fois
bienfaisants: ils firent des comdies admirables o n'interviennent ni
machinistes ni tapissiers; ils crrent le chef-d'oeuvre conomique et
portatif; et nous devons  leur mpris du dcor cette chose dlicieuse:
la pice _sans entr'actes ncessaires_... c'est--dire l'ouvrage
reposant, devant lequel il est permis de, se recueillir, de rver, et
que n'interrompent point, toutes les demi-heures, le dsarroi d'une
salle en fuite, les bousculades de petits bancs, l'invasion des courants
d'air  travers cinquante portes ouvertes, et puis les rentres
bruyantes de spectateurs retardataires qui gagnent leurs places en me
marchant sur les pieds, pendant que se disent sur la scne des choses
qu' cause d'eux je n'entends pas!

Rien que cela devrait suffire  rendre les classiques chers aux
femmes...

Paisible sance de lecture, _at home_. Le _Temps_ m'apporte, sur deux
pages (et quelles pages!) le texte des deux discours qu'changrent
tout  l'heure, sous la coupole du palais Mazarin, deux immortels. Je
vais les lire doucement, sous la lampe, en buvant du th rose,--du th
de chez moi; j'en goterai les finesses et les rosseries gentiment
dissimules sous la plus jolie des langues; je m'instruirai et je
m'amuserai. Et je n'envierai pas les femmes qui, pour bien jouir de ce
rgal ont cru ncessaire de l'aller savourer sur place.

Car elles y mettent un empressement furieux; et, de toutes les ftes de
Paris, une rception acadmique est celle, peut-tre, qu'une Parisienne,
vraiment soucieuse de son prestige mondain, se consolerait le moins
d'avoir manque.

Pourquoi? Je me rappelle une de ces rceptions o j'accompagnai, il y a
deux ans, une trs lgante amie--cliente ordinaire de ces spectacles.
Il lui avait fallu faire auprs de je ne sais quel homme puissant, pour
obtenir les deux cartes qu'elle dsirait, une dmarche dont je vis bien
que sa fiert souffrait un peu; nous dmes, en outre, l'heure venue,
faire queue trs longtemps devant une porte qui ne s'ouvrait pas, et mon
amie y prit une migraine.

Nos places taient mdiocres et, du fond de l'espce d'amphithtre 
plafond bas o nous tions blotties, on ne voyait qu'une partie de
l'assemble qui s'entassait l. Les siges taient durs et l'atmosphre
tait devenue, au bout d'une heure, irrespirable. Au-dessous de nous; un
troit parterre, une tribune encadre de siges en hmicycle, et partout
l'crasement... l'crasement silencieux, avec des bonjours  distance,
des sourires des appels discrets de la main. Mon amie se plaignait de ne
pas trouver dans cette foule les grands hommes dont elle cherchait les
figures, et quand, debout devant son petit pupitre et flanqu de ses
parrains en habit vert, le rcipiendaire (qui tait-ce? je l'ai oubli)
commena de lire son discours, mon amie me confia qu'elle s'amusait peu;
que, du reste, elle entendait mal et qu'elle avait trs chaud.
N'importe, il fallait bien qu'elle ft l, qu'elle pt dire le
lendemain: Comme on s'est ennuy hier  l'Acadmie! Elle y tait donc
tout  l'heure... voil quinze jours qu'elle m'avouait son impatience
d'y retourner. Mon amie est une vraie Parisienne.

SONIA.




_Les Faits de la Semaine_

FRANCE

14 fvrier.--La Chambre complte son bureau par l'lection,  la
vice-prsidence, de M. Doumergue, ministre des colonies dans le
prcdent cabinet.

16.--Au Snat, adoption, par 239 voix contre 37, de l'ensemble du projet
de loi instituant et organisant le service militaire de deux ans. Les
principales divergences entre le texte adopt et celui de la Chambre
portent sur le service des lves des grandes coles de l'tat, les
priodes d'instruction des rservistes et des territoriaux, la dure du
service du contingent algrien et la date de l'application de la loi,
le Snat admettant un dlai d'un an  partir de la promulgation et la
Chambre s'tant prononce pour la mise en vigueur immdiate.

18.--Explosion d'une bombe  Paris, rue Lamennais, prs de l'avenue de
Friedland, blessant seulement l'homme qui l'a lance, un Espagnol du nom
de Garcia.

TRANGER

12 fvrier.--En Portugal, lections gnrales  la Chambre des dputs:
la grande majorit des lus est ministrielle.--Nouvel ukase du tsar,
ordonnant la formation d'une commission charge de rechercher et
d'tablir sans retard les causes du mcontentement des classes ouvrires
de Saint-Ptersbourg et des environs et de proposer les mesures propres
 empcher le retour d'un semblable mcontentement.

13.--La reprise du travail, en Westphalie, est presque gnrale; dans
les usines du bassin de la Ruhr, 188.000 ouvriers, sur 215.000, sont
descendus dans les puits.--A Riga (Russie), la grve reprend avec
intensit; 4.000 ouvriers ont abandonn les ateliers.--Le baron Komura,
ministre des affaires trangres du Japon, donne un banquet pour
clbrer l'anniversaire de la conclusion de l'alliance anglo-japonaise.

14.--L'universit de Moscou rouvre ses portes.--Le roi et la reine
d'Angleterre assistent  l'ouverture solennelle de la cinquime session
du 27e Parlement du Royaume-Uni.

17--Assassinat,  Moscou, du grand-duc Serge Alexandrovitch, oncle
paternel du tsar Nicolas II.--A Varsovie, nouvelle collision sanglante
entre la troupe et les ouvriers.




LA GUERRE RUSSO-JAPONAISE

Les cavaleries russe et japonaise font preuve d'une nouvelle activit 
l'ouest des positions occupes par les deux armes, sur l'extrme flanc
droit russe et l'extrme flanc gauche japonais; elles se livrent  des
tentatives d'enveloppement. Le 12, deux bataillons japonais (1.000
hommes) taient signals prs de Fan-Tsia-Toun,  mi-chemin entre
Kharbine et Ti-Ling; ils attaquaient un pont et endommageaient la voie
ferre. Par contre, on annonait, le 17, de l'arme du gnral Oku, que
15.000 cavaliers russes, avec 500 fantassins et 20 canons, s'taient
avancs au sud, sur les deux rives du Liao-Ho, vers Siaopao.

Le grand-duc Alexis a inspect, le 15,  Liban, avant leur dpart, les
navires de la troisime escadre du Pacifique.




M. EMILE GEBHART

Le nouvel acadmicien dont, au nom de ses collgues, M. Paul Hervieu
saluait hier officiellement rentre sous la coupole est un Nancien de
soixante-six ans,  qui l'on chanterait volontiers le refrain de Nadaud:
Vous n'tes pas vieux, grand-pre, car M. Emile Gebhart est rest
jeune en dpit des annes. Il appartient  cette lite heureuse de
laborieux bien portants, qui savent enseigner avec bonne humeur,  la
franaise, des choses graves, et les enseignent fort bien. Il est le
type de l'rudit souriant; quelqu'un disait un jour de M. Gebhart: Il
serait illustre, si Renan n'avait pas exist. Et, sous cette
restriction, il y a un loge dont beaucoup se contenteraient.

Il s'en contente aussi, probablement, car ce savant est un modeste, qui
n'a jamais cherch, hors de son mtier, les succs bruyants o se
complaisent les ambitions de certains matres. Il avait grandi dans
l'Universit; il a voulu mrir et vieillir l o il avait grandi; c'est
un professeur, dont l'unique souci est de bien professer.

Ancien lve de l'cole normale, M. Emile Gebhart a pass par l'cole
d'Athnes et, bien qu'un proverbe (faux comme la plupart des proverbes)
affirme que nul n'est prophte en son pays, il a t un peu prophte
dans le sien: on l'avait install de bonne heure en l'une des
principales chaires de l'universit de sa ville natale, et c'est
l--comme professeur de littrature trangre  la Facult des lettres
de Nancy--que M. Emile Gebhart commena d'attirer sur ses travaux
l'attention du monde savant. L'agrment de sa parole, l'originalit de
son enseignement, la haute valeur de ses premiers ouvrages, le
dsignaient pour un poste encore plus haut:  quarante ans, il tait
appel, pour y occuper la chaire de littrature mridionale,  la
Facult des lettres de Paris. Voil juste un quart de sicle qu'il
occupe cette chaire et qu'un public d'anne en anne plus nombreux vient
l'y applaudir.

M. Emile Gebhart entretient ses auditeurs, cette anne, de Dante et de
Machiavel: deux leons par semaine sur des sujets qui n'ont rien de trs
actuel et qu'aucune mode ne dsigne  nos prfrences. Les habitus de
la Sorbonne savent cependant que, si l'on veut trouver, ces deux
jours-l, un peu de place sur les banquettes de l'amphithtre Turgot,
il faut y venir de bonne heure...

[Illustration: M. Gebhart en habit d'acadmicien.]

[M. Gebhart faisant son cours  la Sorbonne.--_Croquis d'aprs nature de
Malteste._]

Assis derrire le gros livre qu'il commente, le professeur parle
lentement, d'une voix profonde,  la fois rauque et douce. Sa leon a
l'attrait d'une conversation familire; et l'homme lui-mme a, si l'on
peut dire, la figure de sa conversation: sous un crne rond tout chauve,
une face large et ronde aussi, barre d'une moustache grise de vieux
soldat et plante sur de robustes paules; et sous l'arcade sourcilire
un peu forte, la petite flamme d'un oeil rieur et bon. Supprimez cette
moustache et voil la tte de soldat devenue tte de moine, d'un moine
charmant qui aurait sur les choses et les hommes des temps passs toutes
sortes d'histoires dlicieuses  raconter.

Il parle de Dante et de Machiavel. Mais, de ces vieux textes, il excelle
 dgager des ides gnrales qui n'ont point d'ge et des leons de
sagesse trs modernes... Il est surtout charmant dans l'anecdote.
Personne n'en sait plus que lui et ne les conte mieux. Et c'est pour
cela qu'il y a toujours tant d'auditeurs aux soutenances de thse de
doctorat quand M. Emile Gebhart est du jury. M. Gebhart n'a point, en
effet, comme certains membres de ces aropages, la coquetterie d'en
remontrer au candidat docteur qu'il coute; il se dit qu'il y a bien
des chances pour qu'un homme trs instruit, qui a consacr plusieurs
annes de sa vie  faire un livre, en sache beaucoup plus, sur le sujet
qu'il a trait, que les matres qui l'examinent. Alors, au lieu de
prsenter des objections, il raconte des histoires, et c'est un rgal
pour tout le monde.

Car M. Emile Gebhart raconte comme pas un ces histoires-l. Il les a
gnreusement semes  travers une dizaine de volumes dont quelques-uns
sont des chefs-d'oeuvre: dans ses _Essais sur l'art antique_, dans son
_Rabelais_, dans ses _Origines de la Renaissance en Italie_, dans son
_Italie mystique_, un livre admirable; dans _Moines et Papes_, dans ses
_Conteurs florentins du moyen ge_... je ne cite que les plus connus.
Cette riche et obscure priode de la Renaissance en Italie, en France,
en Espagne, a eu en M. Gebhart un historien dont on ne surpassera point
l'rudition, la clairvoyance et la verve. Il l'a tudie en savant, il
la _sent_ en artiste, et c'est en moraliste qu'il la raconte.

Il y a dix ans, l'Acadmie des sciences morales et politiques lui
offrait un de ses siges; le voil donc deux fois de l'Institut.

On se souvient de la faon brillante dont sa seconde victoire y fut
remporte. Le fauteuil d'Octave Grard tait vacant: il se prsenta pour
l'occuper et toutes les candidatures, aussitt, s'effacrent devant la
sienne. L'lection de M. Emile Gebhart  l'Acadmie franaise fut donc
la plus heureuse des candidatures: elle n'a pas d'histoire. Personne ne
s'en plaindra, pas mme M. Gebhart, historien.

EMILE BERR.




NOTES ET IMPRESSIONS

Les vnements et les questions du jour prennent dans nos discussions
une importance sans rapport avec la vrit des choses et les intrts du
pays.                                                             GUIZOT.
                                  *
                                 * *

Aujourd'hui il faut tre Grec ou Turc pour oser se dclarer la guerre.
                                                         GNRAL Lambert.
                                  *
                                 * *

L'honneur, c'est la pudeur virile.
                                                      ALF. DE VIGNY.
                                  *
                                 * *

A voyager seul en pays inconnu, sans but prcis, toutes les penses
petites s'effacent.
                                                            H. TAIRE.
                                  *
                                 * *

Paris est le meilleur lieu du monde pour y passer et le pire pour y
vivre.
                                                         O. FEUILLET.
                                  *
                                 * *

Que fait un Franais? Il dit du mal d'un autre Franais.
                                                     RUDYARD KYPLING.
                                  *
                                 * *

Les actifs ne parlent gure.
                                                         JEAN AICARD.
                                  *
                                 * *

Quand nous commettons un petit mal dans l'espoir d'un grand bien qui en
peut sortir, nous ne sommes certains que du mal que nous aurons fait.
                                                        J.-P. HEUZEY.
                                  *
                                 * *

La guerre n'est pas plus une cole de vices que la paix une cole de
vertus; l'une ou l'autre vaut ce que valent le peuple et ses chefs.

                                  *
                                 * *

Les faits et les dates sont le squelette de l'histoire; les moeurs, les
ides, les intrts en sont la chair et la vie.
                                                        G.-M. VALTOUR.




[Illustration: Le Petit Palais qu'habitait, au Kremlin, le grand-duc
Serge, depuis qu'il avait abandonn le gouvernement gnral de Moscou.]

[Illustration: La place du Snat, o a eu lieu le meurtre. Au fond, la
porte Nikolsky: au premier plan, le tsar des canons.--Phot. Eastman
Kodak.]

[Illustration: La grande-duchesse Elisabeth, ne le 20 octobre 1864,
veuve du grand-duc Serge, soeur de l'impratrice de Russie.]

[Illustration: Le grand-duc Serge Alexandrovitch, n le 29 avril 1857,
assassin au Kremlin le 17 fvrier 1905.]

[Illustration: Le monastre de Tchoudov ou des Miracles, au Kremlin, o
ont t transports les restes du grand-duc Serge, et o ils doivent
tre inhums.]

[Illustration: LE MEURTRE DU GRAND-DUC SERGE SUR LA PLACE DU SNAT, DANS
L'ENCEINTE DU KREMLIN DE MOSCOU
D'aprs un croquis pris d'un point situ prs du tsar des canons (Voir
le plan, page 120). A gauche, l'arsenal;  droite, le Snat.--Au fond,
la porte Nikolsky prs de laquelle on arrte le meurtrier.]

_Il aurait fallu un hasard bien extraordinaire pour qu'un photographe se
trouvt sur la place du Snat au moment prcis de l'explosion de la
bombe qui a tu le grand-duc Serge. La scne tragique a eu pourtant de
nombreux tmoins. L'un d'eux, dont le journal anglais le_ Daily
Telegraph _a publi le rcit, a pu fournir  notre dessinateur-correspondant
 Moscou deux croquis que celui-ci n'a eu qu' mettre au net et que nous
reproduisons ici tels que nous les avons reus._

[Illustration: LES RESTES DU GRAND-DUC SERGE TRANSPORTS SUR UNE CIVIRE
AU MONASTRE DE TCHOUDOV
(Voir l'article, page 120.)]

[Illustration sur deux pages
Grand Palais, porte Talnitsky. Cathdrales. Tour d'Ivan Vliky.
LE KREMLIN DE MOSCOU VU DE LA......]

[Illustration: suite....
Monastre de Tchoudov et Petit palais.
Monastre de l'Ascension.
Tour de Spassky.
glise du vnrable Basile.
DE LA RIVE DROITE DE LA MOSKVA]

LE MEURTRE DU GRAND-DUC SERGE
AU KREMLIN DE MOSCOU

Depuis les vnements du 22 janvier  Saint-Ptersbourg, suivis d'autres
journes non moins tragiques  Moscou et  Varsovie, on pouvait
s'attendre, dans cette Russie o les terroristes guettent, toutes les
occasions d'agir, aux pires attentats politiques. Que la famille
impriale ft directement menace, ce n'tait douteux pour personne.
C'est le grand-duc Serge, oncle de l'empereur, qui a t frapp dans
l'enceinte mme de l'antique Kremlin, sanctuaire et forteresse de
l'autocratie russe.

Nous donnons du Kremlin, prodigieuse acropole de 2 kilomtres de tour,
assemblage norme de palais, de cathdrales et de casernes, de tours, de
flches et de coupoles surmontes d'aigles ou de croix, une vue
d'ensemble particulirement suggestive, prise du quai de la rive droite
de la Moskva, prs du pont de Moskvoretski. La neige du long hiver russe
estompe un peu les silhouettes infiniment varies, teint l'or toujours
neuf des coupoles bulbeuses. Vers le ciel bas et nuageux pointe plus
haut que tous les autres clochers celui d'Ivan Vliky, qu'leva en 1600,
le tsar Boris Godounof.

C'est aussi le tsar Boris Godounof et cette poque de luxe et de
splendeur, de meurtres et de rvoltes, qu'voque le trs rare portrait
du malheureux grand-duc Serge dont nous donnons une belle reproduction
en premire page.

On connaissait dj les somptueux costumes anciens que le tsar Nicolas
II et l'impratrice se plaisaient, il y a deux ans (avant la guerre et
avant les meutes),  revtir pour certaines ftes de la cour. C'est
dans les mmes circonstances que l'oncle de l'empereur porta ces riches
vtements de soie blanche et d'hermine qui donnaient  ce prince, de
stature lgante, mais dont la physionomie tait si naturellement triste
et songeuse, l'aspect d'un Hamlet du Nord.

Les portes du Kremlin sont continuellement ouvertes et la circulation y
est toujours libre, mais ce n'est pas un lieu de passage et la place du
Snat, notamment, est presque toujours dserte, sauf du ct de la
caserne, o se trouve le tsar des canons, fondu en 1586, et qui pse
39.000 kilos. C'est  ce point qu'arrivait, quand l'explosion de la
bombe se produisit, le tmoin oculaire  qui nous devons les deux
croquis reproduits page 117 et dont voici le rcit:

La place du Snat tait dserte et offrait un aspect mlancolique au
moment o j'y entrais, c'est--dire un peu avant 3 heures. La neige
tait sale, le temps sombre; quelques hommes taient occups  racler
les trottoirs pour en ter la glace. Je n'avais rien remarqu d'anormal
et n'avais mme pas fait attention  la voiture du grand-duc qui
pourtant devait avoir pass  ct de moi. Tout  coup, comme j'arrivais
prs de la caserne, je fus comme assourdi et ahuri par une formidable
explosion. Le trouble que me causa la commotion ne dura qu'une fraction
de seconde. Ds que j'eus retrouv ma prsence d'esprit, j'aperus une
sorte de colonne jauntre s'levant du sol, tandis qu' mon oreille
arrivait un bruit de verre cass du ct de l'arsenal. A ce moment
quelques personnes parurent sur la place. Je les voyais regarder, puis
courir vers quelque chose dans la neige. Je htai le pas et aperus le
devant de voiture tran par un cheval mourant. L'impression tait
affreuse comme celle d'un cauchemar. Quelques autres personnes firent
leur apparition au bout de la place et accoururent vers nous: Qu'y
a-t-il?--Le grand-duc a t tu par une bombe!--Qui l'a tu?--Les
tudiants.--Attrapez les assassins! A mort les assassins! Arrtez les
tudiants!

[Illustration: La comtesse de Hohenfelsen, qu'a pouse en 1902, 
Livourne, le grand duc Paul, exil pour ce fait par Nicolas II. _Phot.
Boissonnas et Taponnier, Paris._]

[Illustration: Plan du Kremlin de Moscou. C'est sur la place du Snat
qu'a eu lieu le meurtre du grand-duc Serge.]

Peu aprs arrivrent les agents de police accompagns de plusieurs
agents secrets chargs spcialement de veiller  la sret du grand-duc
Serge. Ils se baissrent; quelques-uns firent le signe de la croix.
Entre temps, prs de la porte Nikolsky, des groupes de personnes,
composs surtout d'agents de police, faisaient circuler les gens 
grand'peine et non sans un certain tumulte. Au centre se trouvait un
jeune homme habill de noir, dont je ne pus voir le visage. Il faisait
de grands gestes. Autour de lui on disait que c'tait un tudiant, qu'il
venait de lancer une bombe. On disait encore l'avoir vu, accompagn de
deux autres tudiants; mais une partie de tout ce qu'on disait tait de
pure invention.

La police avait form un cordon autour des dbris de la voiture et fit
ranger le public, afin de frayer un passage  la grande duchesse,
accourue sans chapeau, un manteau de fourrure jet sur les paules. La
voici agenouille sur la neige sale devant les restes de son poux. On
l'aperoit  peine  travers le cordon de police. Bientt arrivent des
officiers et des prtres, pour faire transporter sur une civire, au
monastre de Tchoudov, contigu au Petit Palais et plus proche, les
restes du grand-duc rassembls  grand'peine, tant le corps avait t
dchiquet. Le cocher avait t bless au dos et  la tte, mais il
tait rest sur son sige et tenait encore les rnes quand on le
descendit pour le porter  l'hpital...

Quoique la police entourt l'endroit o avait eu lieu l'explosion,
beaucoup de fragments de la voiture et d'objets ayant appartenu au
grand-duc ont t ramasss un peu partout et remis aux autorits. La
montre en or et la bague de diamant du grand-duc furent trouves tout
prs du cadavre. A quelque distance, on trouva une autre bague dont les
pierres prcieuses avaient t desserties par le choc.

La poigne de la porte de la voiture avait t lance  une distance
de deux cents pas. Le lendemain, on retrouva dans la neige l'tui 
cigares.

[Illustration: Le grand-duc Paul Alexandrovitch, n en 1860, frre cadet
du grand-duc Serge, qui vient d'tre rappel en Russie et rintgr dans
ses titres et grades. _Phot. Boissonnas et Eggler, Saint-Ptersbourg._]




[Illustration: DPART DE LA TROISIME ESCADRE DU PACIFIQUE POUR
L'EXTRME-ORIENT
_La troisime escadre du Pacifique, le croiseur_ Vladimir-Monomach _en
tte, a quitt le port de Libau, le 15 fvrier, aprs qu'un navire
brise-glace lui eut creus un large chenal jusqu' la haute mer, libre
de glaces. Cette escadre, compose de quatre cuirasss:_
l'Amiral-Apraxine, l'Amiral-Seniavin, l'Amiral-Ouchakov, le Nicolas-Ier,
_du croiseur-cuirass_ Vladimir-Monomach, _de trois transports et d'un
remorqueur, va rejoindre et renforcer la deuxime escadre actuellement
stationne dans les eaux de Madagascar. Elle a mouill dans la baie de
Skagen (Danemark)_ le 24 fvrier, pour faire du charbon.]




[Illustrations: (2)
Mille kilos d'ivoire avant le dpart pour la vente aux enchres 
Brazzaville.
Trois mille kilos de caoutchouc en route pour Brazzaville.
La perception de l'impt indigne  Fort-Crampel (1er semestre 1904)].

[Illustrations:(2)
Le jeu du baquet. Le mt de cocagne.
Les divertissements officiels du 14 Juillet  Gribingui (Fort-Crampel).]

AU CONGO FRANAIS.--_Photographies prises par M. Gaud._

UNE GRAVE AFFAIRE COLONIALE

Rcemment, M. Toqu, administrateur au Congo franais, se trouvant 
Paris, en cong rgulier, tait arrt en vertu d'un mandat dcern par
le juge de paix  comptence tendue de Brazzaville. Ainsi que la
nouvelle s'en rpandit bientt, on l'accusait des pires svices, commis
sur des indignes relevant de son autorit, de complicit avec un autre
agent colonial, M. Gaud, contre lequel pareil mandat avait t excut
auparavant au Congo mme.

[Illustration: M. Gaud (en haut de la photographie) entre deux officiers
d'infanterie coloniale.]

Le jour de la fte du 14 Juillet, raconte-t-on,  Gribingui
(Fort-Crampel), les inculps, qui taient ivres, auraient fait sauter,
littralement, au moyen d'une cartouche de dynamite, un malheureux
ngre, pris au hasard dans la foule inoffensive. Quelques jours plus
tard, ils auraient dcapit un autre indigne, fait bouillir sa tte et
servi le bouillon  ses parents et amis, non prvenus, afin de se
procurer le spectacle de leur stupeur quand cette tte leur serait
exhibe aprs le repas. Et l ne se bornerait pas la srie de leurs
criminels mfaits!

[Illustration: M. Toqu.--_Phot. Rives._]

M. Toqu est g de vingt-cinq ans; au sortir de l'cole coloniale, il
fut envoy, comme administrateur stagiaire, au Dahomey, o il resta un
an et demi environ, sans qu'aucun incident marqut sa gestion; il y a
deux ans qu'il occupe, au Congo, le poste de Gribingui.

M. Gaud, commis de seconde classe des affaires indignes, est un ancien
lve en pharmacie. Ainsi que sa correspondance en fait foi, il
s'occupait beaucoup d'observations scientifiques, notamment sur les
causes de la maladie africaine dite maladie du sommeil.

Les actes de cruaut imputs  ces fonctionnaires coloniaux sont
tellement abominables qu'on hsite  les tenir pour exacts, malgr le
caractre affirmatif de divers tmoignages. C'est d'ailleurs  la
justice locale, devant laquelle les accuss vont comparatre (M. Toqu
s'est embarqu  Bordeaux  destination du Congo), qu'il appartient de
faire la lumire et, le cas chant, de dpartir les responsabilits.

Aux portraits des agents mis en cause, nous joignons la reproduction de
quelques documents assez curieux: ce sont des photographies excutes
par M. Gaud, pendant son sjour au Congo. Deux d'entre elles
reprsentent: 1 les noirs payant,  Fort-Crampel, leur impt en ivoire
du premier semestre de 1904, que l'administrateur tait charg de
percevoir et d'expdier  Brazzaville, o la matire devait tre vendue
aux enchres; 2 un convoi de ngres portant  cette destination l'impt
en caoutchouc. Deux autres photographies montrent des indignes se
livrant aux jeux habituels, celui-ci grimpant au mt de cocagne,
celui-l essayant de renverser le baquet; inoffensives rjouissances de
cette fte du 14 Juillet que des reprsentants de la France et de la
civilisation auraient, d'autre part, clbre d'une faon si barbare.




LES OBSEQUES D'ADOLF MENZEL

Les obsques du clbre peintre allemand ont eu lieu, le 13 fvrier, 
Berlin, avec une grande solennit. Suivant le programme rgl par
l'empereur lui-mme, on avait transport d'avance au Vieux-Muse le
cercueil de Menzel, auprs duquel une compagnie des grenadiers de
Potsdam montaient une garde d'honneur. C'est de l que le cortge
funbre est parti pour se diriger, par les principales rues de la ville,
vers le cimetire de la Trinit, aprs une crmonie  laquelle
assistait le souverain, entour des grands corps de l'tat, des membres
de l'Acadmie des beaux-arts et des dlgations de toutes les socits
artistiques. Guillaume II a suivi  pied le char jusqu' son passage
devant le chteau royal, o il a pris cong, la tte dcouverte, du
peintre national de Frdric et de la vieille arme prussienne.

[Illustration: Guillaume II Les funrailles du peintre Menzel  Berlin.]




Documents et Informations.

La production d'or dans le monde.

En 1904, s'il faut en croire un journal amricain toujours trs bien
inform, la production de l'or dans le monde a atteint la somme de 1.769
millions de francs: soit environ 120 millions de plus que l'anne
dernire. C'est mme un peu plus que l'anne 1899, qui dtenait jusqu'
ce jour le record de la production.

Les tats-Unis, dans ce total, entrent environ pour le quart de la
production, ainsi que la Transvaal et l'Australasie. Le quatrime quart
revient au Canada, au Mexique,  la Russie et  quelques autres pays
petits producteurs.

Tandis que la production du Klondyke canadien, sur lequel on avait fond
tant d'esprance, va baissant de plus en plus, la production du
Transvaal se relve rapidement et laisse prvoir un considrable
accroissement.

Vraisemblablement, l'anne prochaine atteindra le beau chiffre d'une
production de 2 milliards.

Pour combien de temps reste-t-il de la houille en Angleterre?

La commission royale nomme en 1901 pour enquter sur les rserves de
houille existant encore en Angleterre vient de dposer un rapport d'o
il rsulterait que le sol britannique renferme encore 100.914 millions
de tonnes de houille. Cette provision pourra durer trs longtemps,
surtout si l'on dveloppe l'emploi des mthodes conomiques et si l'on
rduit les gaspillages qui, actuellement, sont normes. On perd beaucoup
de force avec les gaz inutiliss qui s'chappent des hauts fourneaux,
par exemple; et l'on en perd beaucoup  employer la houille dans la
machine  vapeur au lieu d'en extraire le gaz et d'utiliser celui-ci
dans le moteur  gaz. Si l'on dveloppe les moteurs  gaz et si on les
perfectionne encore, on tirera un parti plus avantageux de ce qui reste
de houille. La consommation de houille ayant t de 167 millions de
tonnes en 1903, l'Angleterre renfermerait encore de quoi subvenir 
celle-ci, au taux actuel, pendant plus de six cents ans: une dure qui
donne le temps de se retourner, assurment.

Le monopole de l'alcool en Suisse.

Les partisans du monopole de l'alcool par l'tat prsentent ce systme
comme tant en mme temps une bonne affaire et une mesure d'hygine.

Ce qui se passe en Suisse, o le monopole est tabli depuis bientt
vingt ans, peut nous montrer ce qu'il faut penser de ces affirmations.

Sur le premier point, il n'y a gure  discuter, et il est manifeste que
le monopole de l'alcool n'a pas t pour la Suisse une mauvaise affaire.
De 1887  1903, l'excdent des recettes sur les dpenses a t de 98
millions et demi environ; ce qui donnait, en 1887-1888, prs de 5
millions, et en 1903, 6.352.000 francs de bnfices.

Mais le second point apparat comme fort discutable. Jusqu'en 1901, il
sembla que la consommation de l'alcool baissait de plus en plus: de 6
litres 27 par tte en 1890, elle tombait progressivement  3 litres 80
en 1901. Le rsultat tait admirable.

Voici toutefois que la consommation se met  remonter: en 1902, elle est
de 3 litres 87, et en 1908, de 4 litres 20.

Provisoirement gns par la faon du monopole, les buveurs semblent
maintenant s'y tre adapts. Il ne faut donc pas se hter de conclure
sur le rle bienfaisant du monopole au point de vue de l'hygine.

Le chne porte-gui de Versailles.

Un mot encore--le dernier sans doute--sur la question des chnes
porte-gui. Nos lecteurs parisiens nous sauront gr de leur signaler un
chne de cette espce qui se trouve trs  porte de leur vue. Ce chne
nous est indiqu par M. E. Lefebvre, de Versailles, et se trouve 
Versailles, dans le parc mme. C'est un arbre de belle taille, qui se
trouve presque en bordure de l'alle circulaire qui entoure le bassin de
l'Encelade, du ct nord par rapport au groupe central du bassin. Ce
chne porte du gui depuis plus de vingt-cinq ans, et un de ses voisins,
plus jeune, se met  imiter son exemple.

MORTALIT ET MORBIDIT COMPARES DES ISRALITES.

Un mdecin d'Amsterdam, M. B.-H. Stephan, vient de se livrer  une
comparaison fort intressante de la frquence des maladies et de la
mortalit chez les isralites et chez les populations qui les entourent.

D'une faon gnrale, le fait curieux que cette tude met en vidence,
c'est que la mortalit des isralites est faible. A Amsterdam, elle
n'est que de 12 0/00 au lieu de 17 chez le reste de la population; 
New-York, la mortalit des migrants russes ou polonais, isralites pour
la plupart et fort misrables, est moiti moindre de celle des autres
nationalits. Et cependant ces migrants habitent les quartiers les plus
malsains.

Les mort-ns sont galement, chez les isralites, moins nombreux que
chez les chrtiens. A Amsterdam, on en trouve chez les premiers 33,4
pour 1.000 naissances, alors que la proportion, pour la ville entire,
est de 47.

Relativement  la morbidit, la faon dont les isralites rsistent  la
tuberculose est trs remarquable. A New-York, les Slaves ont une
mortalit 3 ou 4 fois moindre que les autres nationalits. En Algrie et
en Tunisie, on a observ que la tuberculose tait trs rare chez les
isralites, et l'on a expliqu ce phnomne par les habitudes de
rigoureuse propret observes dans les intrieurs.

Par contre, et cette particularit a t note bien souvent, les
isralites paraissent trs prdisposs aux affections nerveuses
proprement dites,  la surdi-mutit et  la ccit congnitale: ce que
l'on a essay d'expliquer par la frquence des mariages consanguins.

Ajoutons--ce qui peut jeter une certaine lumire sur ce qui prcde--que
le divorce est beaucoup plus rare chez les isralites que chez les
catholiques et les protestants, et que la femme juive est surtout
rfractaire au divorce. Sur 100 jugements, 15 avaient t prononcs  la
requte d'une femme chrtienne, et 3,5 seulement  la requte d'une
femme juive.

_Un concours de poules._

Un concours de poules a eu rcemment lieu en Australie: il a dur une
anne entire, ce qui est un dlai plus long que celui qu'on accorde--ou
impose--aux candidats aux coles les plus difficiles qui puissent offrir
aux humains un mirage qui d'ailleurs, comme les autres mirages, est
souvent trompeur. Le but du concours, c'tait simplement d'tablir
quelle race de poules est la meilleure pondeuse. Et si l'on a fait durer
ce concours si longtemps, c'tait pour que les btes puissent faire
leurs preuves durant la mauvaise saison aussi bien que durant la bonne
et pour exclure la possibilit de l'emploi de stimulants artificiels,
ayant une action temporaire.

Les poules concurrentes taient toutes loges dans les mmes conditions
exactement: toutes taient nourries de la mme manire. On tenait compte
toutefois des diffrences dans la quantit de nourriture absorbe,
certaines races tant plus voraces que d'autres. Enfin, toutes les
concurrentes taient places dans les conditions les plus favorables et
les coqs taient soigneusement exclus. Pendant une anne entire, par
consquent, les poules vcurent dans le clibat.

Le rsultat du concours, le voici:

Premier prix: un groupe de poules Wyandotte argentes. Ce groupe donna
une moyenne de 218 oeufs par poule pour l'anne complte. Les poules en
question taient les filles d'un groupe qui, l'anne prcdente, avait,
donn 214 oeufs en moyenne. Elles taient de petite taille plutt et peu
voraces. Des six poules de ce groupe, un amateur a offert 1.250 francs,
mais en vain. Un groupe de poules a reu une forte rcompense: c'est un
groupe de leghorn brunes. Elles ont fourni 200 oeufs chacune et cette
espce est fort avantageuse en ce qu'elle mange la moiti de ce qu'il
faut aux autres.

Les rsultats principaux du concours sont les suivants, d'aprs un
expert qui a suivi les oprations. C'est, d'abord, que le mas est un
excellent aliment pour les poules. Puis, que l'absence des coqs est trs
recommande: les coqs gnent la ponte, au lieu de la stimuler. En
troisime lieu, les poules pondent plus quand elles sont runies en
petits groupes, que lorsqu'on les accumule en grandes troupes. Enfin,
dit l'expert, les races asiatiques se sont montres des couveuses tout 
fait suprieures.

Notons que si la dpense en nourriture a t de 122 livres et le prix de
vente des oeufs de 373 livres, il ne faudrait pas conclure que le
bnfice a t de 251 livres. Il faut tenir compte du prix d'achat des
poules, de la valeur de la terre, de la dpense en enclos, poulaillers,
etc.

Mais ceci est une autre affaire. Ce qu'il faut retenir, c'est la valeur
de la wyandotte argente comme pondeuse et celle de la leghorn.




_Mouvement littraire._

_Le Pch de la Morte_, par Maxime Formont (Lemerre, 3 fr. 50). _La
Maison de Danses,_ par Paul Reboux (Calmann-Lvy, 3 fr. 50).--_Les
Amants du Pass_, par Jean Morgan (Plon, 3 fr. 50).--_Emancipes_, par
Alphonse Georget (Lemerre, 3 fr. 50).--_Le Droit au Bonheur_, par
Camille Lemonnier (Ollendorff, 3 fr. 50).

Le Pch de la Morte.

M. Maxime Formont expose, dans son roman, un curieux cas de conscience.
Savinien de Mrglisse est plong en un profond dsespoir, parce qu'il a
perdu sa femme adore, la petite comtesse Franoise. Malgr sa mre qui
le veut ramener chez les vivants, il persiste  vivre avec la morte. De
quelle faon le tirer du lac noir o il est tomb? Dans son chteau, une
douce jeune fille, Mlle de Fleuriel, fait son apparition. Une invincible
sympathie les rapproche, mais comment l'pouserait-il? Peut-il violer le
serment fait  la petite dfunte? Lvera-t-on son scrupule? La comtesse
Franoise, en son dlire, avant d'expirer, avait prononc le nom de
Pierre Anfrey, un ami de Savinien. Et ledit Pierre avait t surpris,
par Mme de Mrglisse, la mre,  baiser dvotement le front de la
morte. Hlas! un jour, dans un moment de solitude et d'abandon, la
comtesse Franoise s'tait donne pour quelques minutes seulement 
l'ami de son mari. Mlle de Fleuriel dprit d'amour; Savinien, sous le
poids de son serment, marche  la folie. L'aveu de Pierre peut seul les
sauver. Mais doit-il avouer? Aprs de longues hsitations et en toute
conscience, il le fait. En avait-il le droit? Oui, dit M. Formont,
puisque cette solution est celle de son roman. Non, rpondons-nous, car
le secret n'tait pas seulement le sien. Rien ne l'autorisait  souiller
le tombeau et le souvenir de l'amie. De plus, il nous est impossible
d'admettre la faon dont il claire, sur une faute aussi passagre,
Savinien de Mrglisse. C'est lui-mme qui fait  son ami la terrible
rvlation. N'et-il pas t prfrable qu'il ust d'un intermdiaire?
Et en quels termes le complice de la comtesse Franoise s'exprime devant
Savinien! C'est une femme qui en tait indigne, indigne, entends-tu (de
ton serment).

Maintenant, le roman est passionnant, crit par une plume des plus
expertes. M. Formont a dnou le cas de conscience comme quelques
autres peut-tre l'auraient fait: c'est, en casuistique surtout qu'il y
a autant d'avis que de ttes.

La Maison de Danses.

La danse, l'amour et la jalousie: voil trois choses fort espagnoles et
qui remplissent le volume de M. Reboux. Ramon tient un cabaret de
Sville, o des ballerines se livrent avec art  leurs exercices aims.
L'une d'elles, la plus jeune, les dpasse toutes, par la souplesse et
par l'enchantement de ses mouvements; Ramon l'pouse. Mais l'enfer du
soupon entre dans son coeur et y tablit ses feux. Un beau jour, n'en
pouvant plus, craignant tout, jusqu'au vol d'une mouche, il quitte
Sville pour Cadix. Toute sa fortune repose sur sa femme, fort belle et
divinement habile sur les planches. Mais il prfre la misre 
l'exhibition de la dlicieuse Estrellita. Cependant un pcheur de la
cte en tombe amoureux; et, sous le soleil de l-bas, l'amour est
violent. Ce pcheur, Benito, surprend un jour Estrellita en conversation
avec son jeune frre,  lui, Luisito. Dans sa rage, il les tue tous les
deux  coups de couteau. Peu s'en faut qu'il n'envoie les rejoindre dans
la mort le mari, Ramon. Peut-tre la fin du roman choit-elle un peu trop
dans le drame. N'oublions pas cependant que nous sommes en Espagne, o
le couteau, en amour, fraternise avec la guitare et la mandoline. Toutes
les inquitudes de la jalousie sont parfaitement dtailles dans Ramon,
et toutes ses fureurs dans Benito. Ce qui sduit dans la _Maison de
Danses_ c'est l'ample posie; nous avons l une oeuvre de pote autant
que de romancier. M. Paul Reboux, avant d'crire des histoires, a publi
des vers; c'tait une excellente prparation. Au fond il n'y a de bons
romanciers, d'excellents historiens et mme des critiques que ceux-l
qui, en leur jeunesse, ont rythm leurs phrases et se sont exercs au
jeu des rimes harmonieuses.

Les Amants du Pass.

Jean Morgan est une femme; n'en doutons pas. Pourquoi n'arbore-t-elle
pas franchement les dentelles fminines et se cache-t-elle sous un
dguisement masculin? Ce qu'on peut reprocher  son roman, c'est le
dbut un peu long. Mais une fois ses deux personnages principaux bien
poss, tout marche  souhait. Mme de Nangis, marie  un austre
magistrat, fort peu aimable et qui l'a pouse par ambition, pour sa
fortune et ses relations de famille, se rappelle un ami d'enfance et de
premire jeunesse, avec lequel elle a jou au jeu innocent du petit mari
et de la petite femme. Dans une villgiature, elle le rencontre;
celui-ci, mu par ses charmes, se rappelle le doux pass et lui tend des
piges o elle finit par tomber. Du reste, dans leurs entours, tout les
pousse  l'amour. Ce ne sont partout que flirts et compromis avec la loi
morale; chacun et chacune suivent sans vergogne le principe du droit au
bonheur. Comment ne pas se laisser influencer par un tel milieu? Mais,
au sein du plaisir, une mlancolie finit par les envelopper, et par
mettre de l'amertume dans leur bonheur. Ne sont-ils pas obligs au
mensonge,  l'hypocrisie? Est-ce qu'un monde implacable n'est pas l
pour les surveiller et souvent pour les sparer. Au dclin des jours, au
dclin de l'anne surtout, une immense tristesse s'empare d'eux aprs
les premiers enchantements. Peut-tre goteraient-ils une joie sans
mlange s'ils s'en allaient loin des foules, dans le petit coin de
Bretagne o ils ont pass leur adolescence et se sont tout d'abord
adors. Ne redeviendront-ils pas enfants, sans souci, sans ombre dans
leur lumire, parmi les objets d'autrefois? Emports comme par la folie,
ils partent pour retrouver leur Ploet et la vieille maison. Mais quelle
dsillusion! Rien ne peut leur rendre ce qu'ils taient quinze ans
auparavant. Ils aperoivent nettement leur erreur. Ce qu'ils avaient
idoltr, ce n'tait pas leur prsent, leurs tres actuels, mais leur
pass et leurs personnes d'enfance et de jeunesse. Or, rien ne pouvait
les faire revivre, pas mme l'habitation dans les lieux familiers. Aussi
se sparent-ils dsenchants. Cette thse de Mme Morgan, dont j'aime le
talent, est peut-tre un peu subtile et s'accommode peu de la bonne
nature. Ce qui fait le charme de son volume, c'est qu'il nous livre
l'me de la femme, sans aucune retraite inaperue. De nombreux
personnages accessoires, fort bien observs, se meuvent autour des deux
principaux. Une posie merveilleuse enveloppe tout. Rien de dlicieux
comme la fort de Marly en t, quand l'air est lumineux, la pousse
intense et exubrante, et en automne lorsque les routes sont ensevelies
sous la tombe des feuilles. Aussi bien que les hommes et les femmes,
Mme Jean Morgan a observ minutieusement les bois et les grandes plaines
avant de les peindre.

Emancipes.

On me dit que le volume de M. Georget est fort got. D'une plume
honnte et vive, l'auteur y flagelle certains types d'arrivistes comme
son Philomathe, un jeune mdecin sans pudeur, et dont la seule pense
est de parvenir, mme en brisant ceux qui l'aiment et qui l'ont aid, 
l'argent et  la notorit. Mais o sont les mancipes? J'aperois deux
charmantes jeunes filles, leves dans la maison paternelle, attendant,
sans aucune coquetterie, l'poux possible. Je sais bien que, remplissant
presque tout le livre, Irma ne leur ressemble gure. Aprs une jeunesse
orageuse, elle s'est unie lgitimement  un peintre naf, dont elle fait
sa victime. Rien de moins rare que les Irma. Qui se lie  elles par le
mariage risque tous les accidents. Si elles s'occupent de la vente des
tableaux, elles gardent, dans leur cassette, la moiti du prix; elles
forcent le malheureux  un labeur acharn qui ne l'empche nullement de
recevoir,  son domicile, la visite rpte de MM. les huissiers. M.
Georget nous a fort bien reprsent, dans toute son horreur, le
classique mnage d'artiste, ou plutt de bohme artiste. Fort
heureusement, quand elle voit le peintre dans la misre, Irma se retire
et lui permet de divorcer Mais cette femme est-elle une mancipe?
Est-ce qu'une mancipe n'est pas celle qui se contente de certains airs
lgers, qui a une certaine faon de relever la tte et de sourire
sceptiquement? Ce mot qui garde encore quelque grce convient-il 
l'horrible dmon, sans intelligence, sans morale, sans l'ombre de
dlicatesse fminine, et qui change en enfer la maison qu'elle habite?

Le Droit au Bonheur.

Cette ide du droit au bonheur qui pointe dans le volume de M. Formont,
s'panouit dans celui de Mme Morgan et se retrouve, plus ou moins, dans
tous les romans, clate tout particulirement dans l'histoire que nous
raconte, avec son habilet et sa puissante et sre imagination, M.
Camille Lemonnier. Ici point de muscadins, aucun salon, mais la nature
toute simple. Une femme du peuple place entre deux hommes, l'un veule,
affaibli par la gourmandise et la paresse, l'autre intelligent, robuste
et laborieux, abandonne le premier pour suivre le second. Ce n'est
point toutefois sans remords que cela s'accomplit, car rien n'a fauss
la droiture de ces gens auxquels est tranger l'art des sophismes.

E. LEDRAIN.


ONT PARU:

Romans.--_Les Trois Danoise, les_, par G. de Peyrebrune. In-18, Juven, 3
fr. 50.--_La Beaut d'Alcias_, par Jean Bertheroy. In-18, illustr,
Flammarion, 3 fr. 50.--_Le Prisme_, par Paul et Victor Margueritte.
In-18, Plon, 3 fr. 50.--_La Bayadre_, par Henry Gauthier-Villars.
In-18, illustr, Flammarion, 3 fr. 00.--_Complications d'amour_, par
Paul Junka. In-18, Tallandier, 3 fr. 50.--_Dans la paix des campagnes_,
par Maurice Montgut. In-18, Ollendorff, 3 fr. 50;--_Le Serpent noir_,
par Paul Adam. In-18, d, 3 fr. 50.--_Les Beoenanis,_ par Andr
Theuriet. In-18, Lemerre, 3 fr. 50;--_Contre l'impossible_, par
Marie-Anne de Bovel. In-18, d, 3 fr. 50.--_Le Prteur d'amour_, par
John-Antoine Nau. In-18, Fasquelle, 3 fr. 50;--_Amants et Voleurs_, par
Tristan Bernard. In-18, d, 3 fr. 50.--_L'Ecole des vieilles femmes_,
par Jean Lorrain. In-18, Ollendorff, 3 fr. 00.--_La Petite
Mademoiselle_, par Henry Bordeaux. In-18, Fontemoing, 3 fr.
50.--_Prisonniers marocains_, par Hugues Le Roux. In-18, Calmann-Lvy,
3 fr. 50.

POSIES.--_Le Banc de pierre_, par Georges Boutelleau. In-18, Lemerre, 3
fr.;--_Posies_ (1892-1904), par Franois Fabi. In-18, d, 16 fr.
--_Horizons_, par Mme Lucie Delarue-Mardrus. In-18, Fasquelle, 3 fr.
50.--_Les Voix du Coeur_, par Gaston Tournier. In-18, A. d'Espi, 3 fr.
50.--_Partances_, par Auguste Dupouy. In-18, Lemerre, 3 fr.--_Pomes de
France et d'Italie_, par P. de Nolhac. In-18, Calmann-Lvy, 3 fr. 60.
--_Archiloque_, sa vie et ses pomes, par Amde Hauvette. In-8,
Fontemoing, 7 fr. 50.--_Le Sang de la Mduse_, par Sbastien-Charles
Lecomte. In-18, Mercure de France, 3 fr. 50;--Les Rves unis, par Marie
et Jacques Nervat. In-18, d, 3 fr. 50.

DIVERS.--_Les Grands Ecrivains scientifiques_ (de Copernic  Berthelot),
extraits, introduction, biographies et notes, par Gaston Laurent. In-18,
Colin, 3 fr.--_Le Vingtime sicle politique_ (1904), par Ren Wallier.
In-18, Fasquelle, 3 fr. 50;--_La Vraie Religion selon Pascal,_ par Sully
Prudhomme. In-8, d, 7 fr. 50;--_Associations et Socits secrtes sous
la deuxime Rpublique_ (1848-1851), d'aprs des documents indits, par
J. Tchernoff. In-8, d, 7 fr.--_gypte et Palestine_, notes de voyages,
par A. Andr. In-18, illustr, Fontemoing, 5 fr.--_Hector Berlioz_, sa
vie et ses oeuvres, par J.-G. Prudhomme. In-8 Delagrave, 5 fr.




[Illustration: Phot. Paul Boyer. LA SAISON SUR LA COTE D'AZUR.--M.
Massenet et le prince Albert dans le parc du palais ducal de Monaco.]

M. Jules Massenet, on le sait, est all  Monte-Carlo pour les
reprsentations de _Chrubin_. Son sjour dans la principaut n'a pas
t celui d'un oisif; cependant, si les soins qu'il a voulu donner
lui-mme  l'interprtation de sa nouvelle oeuvre musicale lui ont pris
une bonne partie de son temps, ils lui ont laiss quelques loisirs.
C'est ainsi qu'il a pu profiter de l'accueillante hospitalit du prince
Albert, qui, en une promenade tout intime, a pris plaisir  lui faire
visiter les clbres jardins du palais ducal de Monaco.

Une vritable merveille, ces jardins tageant, sous un ciel d'une puret
idale, jusqu' la mer d'un bleu intense, leur vgtation luxuriante, o
les arbres de toutes essences, la flore exotique mle  la flore
europenne, mettent toute la gamme des verts, o parfois l'paisseur des
frondaisons offre des aspects de fort vierge.

Certes, le matre avait apprci les pittoresques dcors de Visconti
destins  encadrer _Chrubin_, et que nous reproduisions la semaine
dernire: mais combien plus encore il a d goter la magnificence de ce
dcor naturel, dont le prince, aimable Mcne, faisait les honneurs 
l'minent artiste!




L'ILLUSTRATION

Supplment au Numro du 25 fvrier 1905.

LE RETOUR DES DFENSEURS DE PORT-ARTHUR

_Dessins et photographies rapports par L. Sabattier, notre envoy
spcial au-devant de Stoessel._

[Illustration: Mme Stoessel. LE GNRAL STOESSEL SUR LE PONT DE
L'AUSTRALIEN _Croquis de L. Sabattier, sur lequel le gnral Stoessel
a appos sa signature.)_]

[Illustration: Mme Stoessel Gnral Stoessel. Aide de camp du gnral.
Groupe des passagers de l'Australien.]

Notre collaborateur L. Sabattier, parti il y a plus d'un mois au-devant
des dfenseurs de Port-Arthur rentrant en Europe par l'_Australien_, a
fait route jusqu' Port-Sad avec le gnral Stoessel et ses glorieux
compagnons d'armes.

Nous publierons la semaine prochaine l'intressant rcit qu'il a
rapport et qu'il illustrera de nombreux croquis et de curieux
instantans.

Mais nous avons voulu auparavant consacrer, ds cette semaine, un
important supplment  reproduire intgralement une srie unique de
photographies prises pour l'_Illustration_ pendant les dernires
semaines du sige.

Ces photographies n'avaient pu nous tre adresses avant la reddition de
la place troitement bloque Emportes par un des officiers russes
passagers de _l'Australien_, elles ont t remises par lui  notre
envoy.

[Illustration: Le dbarquement du gnral Stoessel et de Mme Stoessel 
Port-Sad.]

Les pisodes glorieux et sanglants des grands siges dont parle
l'histoire ont t reprsents par les peintres militaires dans des
tableaux mouvements. Ici, ce n'est pas l'oeuvre d'un artiste; rien n'est
apprt, rien ne vise  l'effet: c'est l'aspect lamentable et morne de
la destruction et de la mort. Mais quelle composition savante ou
fougueuse galerait en motion ces simples clichs photographiques, dont
la sincrit fait toute la beaut, et qui resteront comme des
tmoignages  jamais irrcusables des horreurs de l'agonie de
Port-Arthur?

[Illustration: LES DERNIRES SEMAINES DE LA RSISTANCE DE PORT-ARTHUR
_Photographies de notre correspondant  Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner_,
qui n'ont pu nous parvenir qu'aprs la reddition de la place. Le dpt
du gnie (magasins d'huile, de ptrole, de peinture), incendis par les
obus japonais  la fin d'octobre.]

[Illustration: LA DFENSE DE LA MONTAGNE HAUTE (COLLINE DE 203
MTRES).--Les rserves allant prendre position. Les rserves
(tirailleurs sibriens) s'engagent dans une tranche.--On distingue sur
le flanc de la colline les travaux de dfense et d'abri des Russes.--A
gauche du sommet clate un shrapnell japonais.]

[Illustration: Wagons atteints par les obus, dans la gare.--Au fond, la
colline aux Cailles. _Photographies de notre correspondant 
Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner._]

[Illustration: ASPECT DE PORT-ARTHUR QUELQUES JOURS AVANT LA REDDITION
(DCEMBRE 1904). Toits des maisons trous par les obus.--Dans la rade
intrieure, navires atteints par les projectiles japonais aprs la prise
de la Montagne Haute.--Au centre, la rue Pouchkine. _Photographie de
notre correspondant  Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner._]

[Illustration: AU PIED DE LA MONTAGNE HAUTE (COLLINE DE 203 MTRES), LE
MATIN MME DU JOUR OU LES JAPONAIS SE SONT EMPARS DE LA POSITION (30
novembre 1904). A gauche, tombes des morts des journes prcdentes.--A
droite, un soldat recueille les cartouches des morts de la nuit, avant
qu'on les enterre dans la fosse que d'autres soldats creusent un peu
plus loin.--Le flanc de la colline est sem d'excavations dont les unes
sont des tranches ou abris russes, les autres des trous creuss par
l'explosion des gros obus japonais. _Photographie de notre correspondant
 Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner._]

[Illustration: Le Poltava. Le Gilliak Le Peresviet.]

[Illustration: Le Pallada. Le Pobieda.]

[Illustration: Le Retvisan.]

CE QUI RESTE DE LA PREMIRE ESCADRE RUSSE DU PACIFIQUE _Photographies de
notre correspondant  Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner._

[Illustration: L'hpital n 9 avec les trous d'obus japonais dans le mur
 la hauteur du premier tage.]

LES HOPITAUX DE PORT-ARTHUR

Quand les Japonais se furent empars de positions assez rapproches de
Port-Arthur pour que leurs projectiles pussent atteindre la ville, le
gnral Stoessel fit parvenir au gnral Nogi un plan exact indiquant
l'emplacement des hpitaux.

Le gnral nippon promit alors que son artillerie les pargnerait autant
que possible. Les photographies reproduites ici montrent qu'il ne put
tenir sa promesse.

Sans accuser les Japonais d'avoir volontairement vis les btiments o
taient soigns les blesss, on doit constater que ces btiments ont t
parmi les plus maltraits de la place.

[Illustration: Deux vues de l'hpital n 6 montrant les effets du tir
des Japonais.]

[Illustration: UNE PICERIE DANS LA VIEILLE VILLE A LA FIN DU SIEGE
Photographies de notre correspondant  Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner.]

[Illustrations: (2)
Un tube lance-torpilles mont sur un afft. Exprience de lancement de
torpille  terre.
Comment les torpilles Whitehead des cuirasss et torpilleurs de la
flotte de Port-Arthur ont t utilises par le gnral Kondratenko pour
la dfense terrestre.]

Le gnral Stoessel fut l'me de la dfense; le gnral Kondratenko en
fut l'Archimde. La formule est de notre confrre, M. Emile Danthesse,
de _l'cho de Paris_, qui s'est livr,  bord de _l'Australien_,  une
minutieuse enqute sur le rle respectif des chefs russes pendant le
sige de Port-Arthur.

L'esprit ingnieux de Kondratenko ne cessa, pendant ces longs mois de
lutte, de faire des trouvailles tonnantes. La flotte ne pouvant se
dcider  sortir, il avait rclam ses canons, ses torpilles, ses
munitions de guerre, tout ce qui pouvait tre utilis sur terre. Il
n'avait pas seulement construit tous les forts qui n'existaient que sur
le papier  la date du 8 fvrier; il les avait arms, semant leurs
approches de chausse-trapes, de fougasses, o les torpilles, o les
mines flottantes, devenues mines terrestres, dtruisaient, en quelques
secondes, les plus beaux rgiments de Nogi.

En novembre, alors qu'on commenait  manquer d'obus, il imagina mme de
lancer du haut des forts des torpilles Whitehead,  l'aide des tubes
mmes des torpilleurs installs sur des affts de fortune et transforms
ainsi en des sortes de mortiers.

La torpille, munie  sa base d'un bloc de bois faisant l'office de culot
et s'adaptant  peu prs exactement  l'me du tube, n'a jamais d tre
un projectile bien perfectionn. Sa trajectoire peu tendue, sa faible
vitesse initiale, sa petite porte (environ 60 mtres), ne le rendaient
dangereux que pour des assaillants parvenus en masses serres au pied
mme des retranchements. Mais, quand cet engin arrivait sans encombre et
clatait au milieu d'une colonne japonaise, il la rduisait, parat-il,
littralement en bouillie.

Les photographies ci-dessus ont t prises pendant des expriences
prparatoires, et c'est prcisment la vitesse modre de la torpille
qui a permis  l'objectif de la saisir ainsi au passage. Nous
reproduisons en mme temps un autre document, que nous envoyait
rcemment M. Balet, notre correspondant au Japon, et qui prouve bien que
Kondratenko ne s'en tint pas  des essais. C'est un dessin, publi par
une revue illustre de Tokio, et qui reprsente une torpille Whitehead
traversant les rangs japonais pendant un assaut.

[Illustration: Fac-simil d'un dessin publi par un journal de Tokio et
reprsentant une torpille marine traversant les rangs japonais pendant
un assaut.
Kondratenko. Nomaenko.
LA MORT DE DEUX HEROS.--Le gnral Kondratenko et le colonel Nomaenko
morts cte  cte au fort de Kikouan n 2: exposition des corps dans une
chapelle ardente, avant les funrailles. _Photographies de notre
correspondant  Port-Arthur, K.-D. Linzpaitner._]




[Illustration: LES GROUPES, par Henriot.]




_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tous les articles publis sous cette rubrique sont entirement
gratuits.)_


NOUVEAU PISTOLET D'ABATTOIR

Il s'en faut de beaucoup que nous soyons tous vgtariens et les
hcatombes d'animaux indispensables  notre alimentation ne seront pas
de sitt supprimes. Du moins est-il indiqu d'viter  ces victimes
ncessaires les angoisses et les tortures de l'agonie et de la mort. De
nombreux appareils d'abatage ont t crs dans ce but et nous devons
dire que les solutions sont  peu prs satisfaisantes. La plupart de ces
instruments produisent un choc violent sur le crne, choc capable de
tuer net ou tout au moins d'tourdir la bte  abattre.

Il est en effet bien connu qu'une forte commotion sur la tte enlve
instantanment toute connaissance  l'tre qui la subit et ce mode
d'abatage est le moins pnible et le plus susceptible de retenir notre
attention.

Dans cet ordre d'ides nous devons dcrire un type rcent de pistolet
d'abattoir qui a fait ses preuves et dont l'application a t approuve
par la Socit protectrice des animaux.

[Illustration:]

Ce pistolet, que reprsente notre gravure, diffre entirement des
pistolets ordinaires en ce qu'il ne projette pas de balles; il chasse
simplement une forte tige de percussion destine  perforer le cerveau
de l'animal  abattre; cette tige de percussion ne quitte d'ailleurs pas
le pistolet et se remet d'elle-mme  sa position de dpart grce  un
ingnieux artifice. On peut voir sur la figure que cette tige comporte 
l'arrire une sorte de piston projet par l'explosion de la cartouche;
la partie antrieure et rtrcie du canon dans laquelle coulisse la tige
se trouvant close par cette lige mme, la partie la plus forte du piston
comprime l'air dans le canon lorsqu'elle est projete en avant par la
force explosive; lorsque cette force explosive a termin son effet,
presque instantan d'ailleurs, cet air comprim ramne la tige-piston
tout entire  sa position de dpart.

Le mode d'emploi du pistolet est des plus simples: il suffit d'appuyer
d'une main contre la partie frontale du crne et de presser sur la
dtente comme s'il s'agissait d'une arme ordinaire. L'animal tombe
foudroy sans pousser un cri; la tige de percussion a pntr dans le
cerveau avec une partie des gaz de l'explosion qui suivent un canal
perfor dans l'me de la tige et qui contribuent pour une bonne part 
assurer l'instantanit de la mort.

L'inventeur attribue  son appareil les avantages suivants:

La tige de pntration tant renforce au bout postrieur, tout danger
est exclu pour le personnel de l'abattoir.

Les cartouches dtonent sans bruit.

Ces cartouches, par leur fabrication toute spciale, sont prserves
contre l'humidit, rgnant constamment dans les abattoirs.

A la chute de l'animal la tige est compltement dgage. Donc, toute
cassure de celle-ci est vite.

L'emploi de l'appareil se fait d'une main, ce qui est d'une grande
importance, surtout en ce qui concerne les porcs, vu que la fixation
devient superflue.

L'appareil, par sa facilit de maniement et sa lgret, ne fatigue
aucunement l'homme.

La manipulation pour la charge, le tir et la recharge se faisant avec
une grande rapidit, l'appareil est trs avantageux pour l'abatage en
gros.

Pendant le tir il faut essuyer et regraisser la tige, mais l'appareil
n'exige pas de nettoyage.

Aucune trace d'chauffement de l'appareil ne se fait sentir pendant un
tir prolong de plusieurs heures.

Le pistolet ne possde aucun mcanisme pouvant nuire au bon
fonctionnement; son nettoyage s'opre avec grande facilit et rapidit.

Ce nettoyage ne s'impose d'ailleurs que le tir termin et il n'exige que
quelques minutes.

L'inventeur recommande simplement de graisser soigneusement la tige et,
pour viter des coups rats, de s'assurer avant le tir qu'elle se trouve
refoule compltement sur la cartouche.

La qualit de la viande n'est nullement altre par ce systme d'abatage
et la cervelle ne subit pas de dtrioration nuisible.

Cet ingnieux appareil, dont les avantages paraissent srieux, se
fabrique en deux modles: le modle n 1 pour grands et petits bestiaux,
cartouches 9mm, charge 25  30 centigrammes, le modle n 2, pour petits
bestiaux, cartouches calibre 8mm charge 15  18 centigrammes. Pour tous
renseignements, s'adresser  _M. Buttler, 11, rue du Gnral-Blaise,
Paris._

_Pour toutes insertions concernant les nouvelles inventions, crire au
service des Nouvelles Inventions,  l'_Illustration, _13, rue
Saint-Georges, Paris._






End of the Project Gutenberg EBook of L'Illustration, No. 3235, 25 Fvrier
1905, by Various

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK
L'ILLUSTRATION, NO. 3235, 25 FVRIER 1905 ***

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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
