The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; En Roumanie, by Various

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Title: Le Tour du Monde; En Roumanie
       Journal des voyages et des voyageurs; 2e Sem. 1905

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: September 14, 2009 [EBook #29986]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LE TOUR DU MONDE; EN ROUMANIE ***




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                    LE TOUR DU MONDE




                         PARIS
                IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
                  20, rue du Dragon, 20




                NOUVELLE SRIE--11e ANNE
                       2e SEMESTRE




                    LE TOUR DU MONDE

                         JOURNAL
              DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS




                     Le Tour du Monde
             a t fond par douard Charton
                         en 1860




                         PARIS
              LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
             79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
         LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
                          1905

Droits de traduction et de reproduction rservs.




TABLE DES MATIRES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_

  I. De Paris  Srnagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay 
     Lahore. -- Premiers prparatifs. -- En _tonga_ de
     Rawal-Pindi  Srnagar. -- Les Kachmiris et les matres du
     Kachmir. -- Retour  la vie nomade.                             1

  II. La Valle heureuse en _dounga_. -- Bateliers et
     batelires. -- De Baramoula  Srnagar. -- La capitale du
     Kachmir. -- Un peu d'conomie politique. -- En amont de
     Srnagar.                                                      13

  III. Sous la tente. -- Les petites valles du Sud-Est. --
     Histoires de voleurs et contes de fes. -- Les ruines de
     Martand. -- De Brahmanes en Moullas.                           25

     IV. Le plerinage d'Amarnth. -- La valle du Lidar. -- Les
     plerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacre.
     -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles.           37

  V. Le plerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funbre et
     hydrothrapie religieuse. -- Les temples de Vangth. --
     Frissons d'automne. -- Les adieux  Srnagar.                  49


SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.

  I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso.
     -- La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. --
     Villes et villages abandonns. -- O est donc Betti? --
     Arrive  Dioubasso.                                           61

  II. Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La
     mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De
     Mop  Betti. -- Bnie, roi de Betti, et sa capitale. --
     Retour  Petit-Alp.                                          73

  III. Rapports et rsultats de la mission. -- Valeur
     conomique de la cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
     Supriorit de la faune.                                       85

  IV. La fivre jaune  Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
     Retour en France.                                              90


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_

  I. L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots
     d'histoire. -- Dbarquement  Porto-Ferraio. -- Une ville
     d'opra. -- La teste di Napoleone et le Palais imprial.
     -- La bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre 
     Napolon III, aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur.
     -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un
     enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
     blanches. Dans la paix des limbes. -- Les diffrentes routes
     de l'le.                                                      97

  II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
     temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
     Giove. -- Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la
     Madone et la Sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de
     l'infini. Bastia, Signor!. Vision sublime. -- La cte
     orientale de l'le. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
     de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer.             109

  III. Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux
     Mulini. -- L'Empereur  la gorge de Monserrat. -- San
     Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
     aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
     le miroir de la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates
     sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
     L'ancien Muse de San Martino. Essai de reconstitution par
     le propritaire actuel. Le lit de Madame Mre. -- O il faut
     chercher  Elbe les vraies reliques impriales. Apollon
     gardant ses troupeaux. ventail et bijoux de la princesse
     Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
     la signorina Squarci. -- L'glise de l'archiconfrrie du
     Trs-Saint-Sacrement. La Pieta de l'Empereur. Les
     broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
     Porto-Ferraio.                                                121


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes._

  I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et
     l'Oronte; excursions  Daphn et  Soueidieh. -- La route
     d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu
     d'Alep.                                                       133

  II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
     Premire rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
     Souvenirs des Htens. -- Excursion  Resapha. -- Comment
     atteindre Ras-el-An? Comment le quitter? -- Enfin  Orfa!    145

  III. -- Sjour  Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de
     l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos  Alep.
     -- Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
     Conclusion pessimiste.                                        157


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_

      qui les Nouvelles-Hbrides: France, Angleterre ou
     Australie? Le condominium anglo-franais de 1887. --
     L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des les. --
     L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
     Nouvelles-Hbrides. -- Leur avenir.                           169


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_

  I. -- Moscou. -- Une dception. -- Le Kreml, acropole
     sacre. -- Les glises, les palais: deux poques.             182

  II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
     moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
     Kreml et la ville.                                            193

  III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
     L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. --  bord du
     _Sviatoslav_. -- Une visite  Kazan. -- La sainte mre
     Volga.                                                       205

  IV. -- De Samara  Tomsk. -- La vie du train. -- Les
     passagers et l'quipage: les soires. -- Dans le steppe:
     l'effort des hommes. -- Les migrants.                        217

  V. -- Tomsk. -- La mle des races. -- Anciens et nouveaux
     fonctionnaires. -- L'Universit de Tomsk. -- Le rle de
     l'tat dans l'oeuvre de colonisation.                         229

  VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
     Grande-Russie. -- Conclusion.                                 241


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_

     La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
     d'histoire et de gographie. -- La cathdrale de
     Saint-Laurent. -- L'glise Sainte-Marie-des-Anges. --
     Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
     Procds employs pour le transfert des fresques.             253


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_

  I. -- Woo-Sung. -- Au dbarcadre. -- La Concession
     franaise. -- La Cit chinoise. -- Retour  notre
     concession. -- La police municipale et la prison. -- La
     cangue et le bambou. -- Les excutions. -- Le corps de
     volontaires. -- meutes. -- Les conseils municipaux.          265

  II. -- L'tablissement des jsuites de Zi-ka-oue. --
     Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
     d'opium. -- Le charnier des enfants trouvs. -- Le
     fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
     Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
     Fou-tchou-road. -- Statistique.                              277


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_

     Le problme de la civilisation des ngres. -- L'Institut
     Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
     L'cole professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
     Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des ngres et la
     casuistique de la Constitution.                               289


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan_.

  I. -- Arrive  Astrabad. -- Ancienne importance de la
     ville. -- Le pays des Turkomans:  travers le steppe et les
     Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosque;
     son commerce. -- Le dsert de Lout. -- Sur la route de
     Kirman.                                                       301

  II. -- La province de Kirman. -- Gographie: la flore, la
     faune; l'administration, l'arme. -- Histoire: invasions et
     dvastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
     province. -- Une saison sur le plateau de Sardou.             313

  III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la cte du golfe
     Arabique. -- Histoire et gographie du Makran. -- Le Sarhad.  325

  IV. -- Dlimitation  la frontire perso-baloutche. -- De
     Kirman  la ville-frontire de Kouak. -- La Commission de
     dlimitation. -- Question de prsance. -- L'oeuvre de la
     Commission. -- De Kouak  Klat.                              337

  V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
     Comparaison du Seistan et de l'gypte. -- Excursions dans le
     Helmand. -- Retour par Yezd  Kirman.                         349


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_

     De Sagon  Pnm-penh et  Compong-Chuang. --  la rame sur
     le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Rap.
     -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Dcadence de la
     civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
     -- Oudong-la-Superbe, capitale du pre de Norodom. -- Le
     palais de Norodom  Pnm-penh. -- Pourquoi la France ne
     devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor.        361


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_

  I. -- De Budapest  Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
     valle du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march
     de Targu Jiul. -- Le monastre de Tismana.                    373

  II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion  Bistritza. --
     Romnicu et le dfil de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
      Campolung. -- Dfil de Dimboviciora.                       385

  III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
     Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa,
     promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la
     Couronne.                                                     397


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._

  I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
     -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march.
     -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
     aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits
     enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais.           410

  II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
     djeuner dcevant. -- Le pre Kick.                           421

  III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
     La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
     Hollande. -- Une nuit  Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
     jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
     l'eau.                                                        423

  IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
     Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le
     fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu
     des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
     filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. --
     Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. --
     Houille locale.                                               433


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_

     Lgende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos  travers les
     dynasties,  l'poque chrtienne. -- Ses monuments et leur
     spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs.         445


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_

  I. -- De Tachkent  Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
     En tarentass. -- Tchimkent. -- Aouli-Ata. -- Tokmak. -- Les
     gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
     chef kirghize.                                                457

  II. -- La valle de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
     traverse du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
     valle dserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
     Troupeaux de chevaux. -- La valle de Kachkateur. -- En vue
     du Khan-Tengri.                                               469

  III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
     valle d'Inghiltchik. -- Le tchiou mouz. -- Un chef
     kirghize. -- Les gorges d'Attialo. -- L'aoul d'Oustchiar.
     -- Arrts par les rochers.                                   481

  IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kaende. --
     En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kaende. -- Bloqus
     par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la valle
     de l'Irtach. -- Chez le kaltch. -- Cuisine de Kirghize. --
     Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize.   493

  V. -- L'heure du retour. -- La valle d'Irtach. -- Nous
     retrouvons la douane. -- Arrive  Prjevalsk. -- La
     dispersion.                                                   505

  VI. -- Les Khirghizes. -- L'origine de la race. -- Kazaks et
     Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
     khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
     -- Mariages khirghizes. -- Conclusion.                        507


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_

     Premire escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
     l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
     vie vgtative des Feroens. -- La pche aux dauphins. -- La
     pche aux baleines. -- Excursions diverses  travers
     l'Archipel.                                                   517


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_

     Accs difficile de Pondichry par mer. -- Ville blanche et
     ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les htels
     de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
     les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
     L'avenir de Pondichry. -- Le march. -- Les coles. -- La
     fivre de la politique.                                       529


UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_

  I. -- Gographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
     Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois.      541

  II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
     Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
     Astrologie. -- L'criture. -- L'art. -- Le vtement et la
     parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
     posie.                                                       553


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_

     Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
     -- La fort de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
     Le Bou Hedma. -- Un groupe mgalithique. -- Renseignements
     indignes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
     plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
     Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
     -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
     Sidi Abd el-Aziz.                                             565


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_

  I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
     _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses potes. -- La
     Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
     hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
     palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolde. --
     Un souvenir de l'inondation du Tage.                          577

  II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
     Les pupilles de l'vque Siliceo. -- Santo Tom et l'oeuvre
     du Greco. -- La mosque de Tolde et la reine Constance. --
     Juan Guaz, premier architecte de la Cathdrale. -- Ses
     transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
     -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
     est son excutrice testamentaire. -- Ximns. -- Le rite
     mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannire d'Isabelle
      la bataille de Toro.                                        589

  III. -- Entre d'Isabelle et de Ferdinand, d'aprs les
     chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hpital de Santa
     Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
     portraits fameux de l'Universit. -- L'ange et la peste. --
     Sainte-Locadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
     couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes.           601

  IV. -- Les cigarrales. -- Le pont San Martino et son
     architecte. -- Dvouement conjugal. -- L'inscription de
     l'Htel de Ville. -- Cordoue, l'Athnes de l'Occident. -- Sa
     mosque. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
     Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
     -- Doa Maria de Pardes. -- L'industrie des cuirs repousss
     et dors.                                                     613




  TOME IX, NOUVELLE SRIE.--32e LIV.         N 32.--12 Aot 1903.

[Illustration: La petite ville de Petrozeny n'est gure originale;
elle a de plus un aspect malpropre (page 375).--D'aprs une
photographie.]




EN ROUMANIE

Par M. TH. HEBBELYNCK.

     I. -- De Budapest  Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La valle
     du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march de Targu
     Jiu -- Le monastre de Tismana.


[Illustration: Paysan des environs de Petrozeny et son fils.--D'aprs
une photographie.]

Ces messieurs sont ingnieurs?--Pardon, Madame.--Inspecteurs des
forts?--Pas davantage: nous sommes de simples voyageurs.--Des
voyageurs? Ici, en Roumanie, et sans que cela puisse rien vous
rapporter?--Rien que la satisfaction d'observer des moeurs
intressantes, d'admirer un beau pays, d'en emporter d'agrables
souvenirs.

C'est dans ces termes que nous fmes, un jour, interviews par une
personne de distinction, femme d'un gnral roumain, en villgiature
dans une localit charmante, au coeur des montagnes de la Valachie.
Cette interview prouve assez que les excursionnistes n'ont gure
visit jusqu'ici la Roumanie, et que, ni le Club Alpin, ni les agences
Cook n'ont point encore pris possession de ces belles forts des
Carpathes et de ces potiques valles qui en descendent vers le
Danube.

Notre voyage date du mois d'aot 1901. Tout d'abord, nous avons
parcouru cette Roumanie, encore primitive, reste jusqu'en ces
derniers temps  peu prs telle qu'elle tait il y a vingt sicles, et
qu'on retrouve dans les rgions montagneuses de la Valachie. Ensuite,
nous avons visit la Roumanie moderne, industrielle, ne avec le
nouveau rgime, et dont Bucharest est l'me et le centre.

L'art en Roumanie n'a laiss  travers les ges que de bien faibles
traces. Tous les souvenirs anciens qu'on croirait devoir rencontrer
dans un pays colonis par les Romains, ont t anantis par le flot
barbare qui, se dversant dans ces provinces pendant douze sicles, a
tout balay, tout emport. Seuls, quelques monastres, construits au
moyen ge sous les princes ou vovodes, et dont celui de Curtea de
Arges est le plus clbre, attirent aujourd'hui l'attention. Mais le
grand attrait pour le voyageur consiste dans le paysage souvent
grandiose, toujours potique, dans l'originalit des costumes et dans
les moeurs des habitants.

Nous partons par Budapest, la superbe capitale de la Hongrie, qui,
depuis 1896, s'est mise au rang des plus belles villes de l'Europe.
Elle ftait alors, par une brillante exposition et par l'inauguration
d'une srie de monuments nouveaux (le Parlement entre autres), le
millnaire de la prise de possession de la Hongrie par les hordes
magyares, sous la conduite d'Arpad.

Au sortir de Budapest, le train nous emporte  travers les plaines
fertiles de la Hongrie, entre des champs de blond mas, dont on
n'aperoit pas la fin. D'immenses meules de bl sont groupes autour
des fermes, o fonctionnent des batteuses  vapeur et o s'agite tout
un peuple de travailleurs et de travailleuses, habills de blanc. Plus
loin, d'innombrables troupeaux de boeufs, aux grandes cornes largement
cartes, puis des porcs aux longues soies frises, trs drles sous
leur toison panache, et qu' distance on prendrait pour des
moutons.

C'est dans ces plaines hongroises, aux environs d'Arad, que pour la
premire fois nous voyons des buffles domestiques. Tandis que les
boeufs promnent leur mlancolie dans la prairie, les buffles se
baignent avec volupt dans les eaux tides de la rivire. Ces animaux
sont trs recherchs en Hongrie et en Roumanie; leur lait est
excellent, ils sont durs  la fatigue, s'attellent, tout comme les
boeufs, aux chariots des paysans; mais ils sont galement sensibles 
la chaleur et au froid, rclament beaucoup d'eau en t, et demandent
en hiver des tables spciales. Aussi, en Transylvanie et en Roumanie,
o les hivers sont rigoureux, les loge-t-on sous les fermes, dans des
caves bien abrites.

Cette portion de la Hongrie, la Puzsta, est fort peu habite, mais
le sol est trs fertile et bien cultiv; si les corps de ferme y sont
rares, ils sont gnralement importants. C'est la grande culture, dans
toute l'acception du terme.

Mais nous voici aux confins de la plaine: nous approchons des forts
de la Transylvanie.  Piski, o nous avons nos premires impressions
sur ces rudes montagnards que nous allons voir de prs pendant
quelques jours, nous quittons la grande voie pour entrer
dfinitivement dans la montagne et gravir cette portion des Carpathes
du sud qui, dans toute son tendue, n'offre qu'une seule brche
naturelle, celle de la Tour Rouge. Plus on s'lve, plus les fermes
prennent un aspect misrable. Ce ne sont que des habitations en
torchis, recouvertes de roseaux ou de tiges de mas dessch, et
groupes autour de pauvres glises, entirement en bois. Bientt toute
trace d'habitation disparat, et la route prend un aspect vraiment
grandiose. C'est un chaos qu'il nous faut traverser.

[Illustration: Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de
l'auteur.]

Les tunnels succdent aux tunnels, et des corniches hardies sont
accroches au flanc des rochers. Il fait nuit lorsque nous nous
arrtons  deux pas de la frontire roumaine, dans un centre houiller,
domin par des rochers de 2500 mtres: nous sommes  Petrozeny. La
ville est  quelque distance de la gare.  peine deux ou trois
fiacres, sitt envahis, se trouvent-ils  la disposition des
voyageurs, et sans l'extrme obligeance d'un inconnu, qui, fort
gracieusement, nous cde son quipage, nous aurions d faire la route
 pied.

Vingt minutes au trot rapide de nos chevaux, et nous voil sur la
grande place, devant le principal htel de la localit, o un joyeux
concert rassemble l'lite des habitants.

Vers deux heures du matin, des clameurs, des cris de dtresse, nous
rveillent en sursaut. Une flamme norme s'lve de la grande place.
C'est une baraque tzigane, accole  l'htel, qui flambe.

Dj l'escalier de sortie de l'htel est menac, et le personnel de la
maison, sans songer  rveiller les voyageurs, encombre les corridors
d'armoires, de matelas, de tapis. C'est  grand'peine que nous pouvons
nous frayer un passage pour gagner la cour intrieure, o, aprs
cette chaude alerte, nous sommes en lieu sr.

[Illustration: Vendeuses au march de Targu-Jiul (page 382).--D'aprs
une photographie.]

La population de Petrozeny est, en grande partie, roumaine. Cependant,
comme la ville est industrielle, une foule d'trangers se mle  la
population primitive; voil pourquoi,  ct des frais et gracieux
costumes roumains, on trouve bon nombre de gens vtus d'une faon
quelconque.

La petite ville n'est gure originale. Des maisons en brique, en
torchis ou mme en bois bordent les rues, et de chacune de ces
devantures sortent des perches o se balancent, ici une enseigne, l
des peaux de mouton, des casseroles, des saucissons, voire des
chemises. C'est un vrai concours d'talages.

Petrozeny a un aspect malpropre. L'habitant n'y a que la coquetterie
du linge blanc. Chez l'homme, le pantalon et la chemise sont d'une
blancheur clatante; chez la femme, la chemise et le voile sont
galement irrprochables. Seul, le Tzigane se permet du linge de
nuance douteuse, et je crois volontiers qu'il ne quitte sa chemise que
lorsque celle-ci le quitte, c'est--dire lorsqu'elle tombe en
lambeaux. L'intrieur des habitations est dpourvu de tout confort.
Ces gens se contentent de si peu, qu'ils ne comprennent rien aux
lgitimes exigences des rares voyageurs qui s'garent au milieu d'eux.

La place du march offre un genre d'animation tout particulier. On se
croirait dans la cour d'une ferme. Les oies, les porcs, y ont droit de
cit; ceux-ci prsentent une varit infinie. Il y en a de blancs, de
noirs, de roux, de toute nuance et de toute dimension, suivant qu'ils
appartiennent  la race moldave, serbe, ou  la race des cochons de
marais, qu'on trouve surtout aux environs du Danube. Ces intressants
animaux vivent en libert et vont chercher des glands dans les
immenses forts de chnes, qui couvrent les hauteurs voisines.

D'aprs les relevs statistiques du ministre des Finances, la
population de la Roumanie tait, en 1894, de 5 millions d'habitants.
Mais les calculs de M. Stourdza, plus exacts, dit-on, en accusent
6100000  la mme poque[1].

         [Note 1: Benger. _La Roumanie en 1900_, p. 2.]

L'histoire du peuple roumain est celle d'un peuple malheureux, auquel
l'oppression, les guerres, le servage, ont enlev toute initiative;
d'un peuple dont l'intelligence et l'nergie ont t nerves par le
joug sculaire des Turcs.

La Roumanie actuelle, Valachie, Moldavie et Dobrudja, se compose de la
plus grande partie de la Dacie ancienne, conquise par Trajan  la fin
du Ier sicle de l're chrtienne. Comme le pays tait fort dpeupl
par les guerres, Trajan y tablit des colons romains qui, se mlant 
la population primitive, formrent la race encore aujourd'hui
existante des Daco-Romains ou des Roumains. Bientt les Goths, les
Huns, les Bulgares, les Hongrois, les Tartares, passent tour  tour
sur l'ancienne Dacie, qu'ils ravagent, et tandis que de nombreux
Daco-Romains franchissent les Carpathes et se retirent en
Transylvanie, l'autre partie de la jeune nation, aprs une lutte
dsespre, consent  partager un territoire qu'elle ne peut plus
disputer.

Au XIIIe sicle, les Tartares envahissent la Hongrie et la
Transylvanie. Fuyant ces hordes barbares, les Daco-Romains, qui
s'taient rfugis en Transylvanie, font un nouvel exode, et
retraversant les Carpathes, s'en retournent dans leur ancienne
patrie[2]. Radu-Negru, Rodolphe le Noir, chef de la colonie de
Fogaras, se fixe  Campolung et devient le premier vovode de la
Valachie, tandis qu'un autre chef, du nom de Bogdan, se fait
reconnatre vovode de la Moldavie. Voil les deux principauts
roumaines indpendantes, mais cette indpendance n'est pas de longue
dure.

         [Note 2: L'exode de Fogaras est cependant contest par
         plusieurs auteurs. Ils soutiennent que Radu-Negru n'est
         qu'une figure lgendaire. D'aprs eux, ce serait Tugomer
         Bassarab qui fonda une dynastie en Valachie, et son fils
         Alexandre Bassarab qui transforma en nation indpendante ce
         peuple de pasteurs. (Voir A. de Bertha, _Magyars et Roumains
         devant l'histoire_, 1899, livre II, p. 98 et 99.)]

En 1393 la Valachie, et en 1511 la Moldavie deviennent vassales de la
Porte. Tout d'abord, ces provinces sont gouvernes par des chefs
indignes sous la suzerainet des sultans de Byzance. Mais au XVIIIe
sicle, ceux-ci leur imposent des princes trangers, qu'ils
choisissent parmi les gros financiers grecs tablis au Phanar de
Constantinople. C'est l'poque dite Phanariote (1716  1822).  leur
avnement, les princes Phanariotes taient tenus de fournir, outre le
tribut annuel, une somme importante  la Porte. Ds lors, les charges
les plus lourdes psent sur les populations et, tout en conservant
nominalement leur indpendance, elles sont ranonnes de la faon la
plus inhumaine.

[Illustration: La nouvelle route de Valachie traverse les carpathes et
aboutit  Targu Jiul (page 377).--D'aprs une photographie.]

En 1820, toutefois, le Roumain, fatigu du joug, sort de sa torpeur,
se soulve contre le sultan et rclame, avec une nergie dont on ne
l'aurait pas cru capable, ses princes indignes qui lui sont rendus.
Ceux-ci relvent le sentiment national et, aprs la guerre de Crime,
obtiennent pour les provinces roumaines une semi-indpendance,
garantie par les puissances signataires du trait de Paris (1856).

L'union des provinces est proclame en 1861, et le colonel Couza est
lu prince sous le nom d'Alexandre-Jean Ier. D'accord avec son
gouvernement, il dcrte  la fois la scularisation des monastres,
qui possdaient le quart du territoire, et l'mancipation des paysans.
Mais en 1866, il est forc d'abdiquer, et les Chambres, aprs une
dmarche infructueuse auprs de S. A. R. le Comte de Flandre,
proclament le prince Charles de Hohenzollern, prince de Roumanie.

 son avnement tout tait  crer. Les villes prsentaient un aspect
de pauvret absolue. Partout rgnaient la corruption et le vol. Aussi
le prince s'occupe-t-il immdiatement de la rorganisation des divers
services de l'tat, et en 1877, lors de la guerre turco-russe, la
Roumanie qui s'est avance  grands pas est de taille  fournir un
puissant appoint  la Russie.

[Illustration: C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois
nous voyons des buffles domestiques (page 374).--D'aprs une
photographie.]

Elle ne fut que mdiocrement rcompense de son gnreux concours. On
lui donna la Dobroudja avec le port de Constanza; mais, en change,
elle dut cder la partie de la Bessarabie acquise en 1856, et que la
Russie convoitait depuis longtemps. Il est vrai que l'indpendance
complte de la Roumanie fut reconnue par les divers tats de l'Europe,
et en 1881, le prince Charles de Hohenzollen obtint le titre de roi de
Roumanie.

Nous pntrons en Valachie par la nouvelle route qui traverse les
Carpathes et aboutit  Targu Jiul. Puis, aprs nous tre arrts
successivement aux monastres de Tismana, d'Horezu, de Curtea de
Arges, de Campolung, nous nous dirigeons vers Bucharest, capitale de
la Roumanie, d'o nous visiterons la contre ptrolifre de Doftana et
les mines de sel gemme de Slanic. Nous terminerons par Sinaa, la
potique rsidence des souverains de Roumanie.

Actuellement, on ne voyage en Roumanie qu'en victoria, avec deux,
trois ou quatre chevaux attels de front. Sous la capote, se trouve un
grand rtelier o l'on emmagasine le fourrage de la journe, et auquel
on attache le seau destin  faire boire les chevaux, toutes choses
qu'on ne trouverait pas en route. Le sac contenant le mas, qui se
donne au lieu d'avoine, se place  ct du cocher, qui, aprs s'tre
pourvu d'amples munitions, daignera enfin s'occuper de caler vos
bagages.

Les chevaux sont trs fringants et trs rsistants  la fatigue. Ils
font 80, voire 100 kilomtres par jour,  raison de 10 kilomtres 
l'heure. Les cochers ont une manire spciale de les stimuler, en
accompagnant leurs coups de fouet de cris sauvages, trs particuliers.

Il y a vingt-cinq ans, la victoria tait inconnue dans le pays, et
l'on ne voyageait qu'en birdj, la voiture nationale, encore utilise
aujourd'hui par les paysans. Le birdj est une caisse en bois, 
claire-voie et sans ressorts, supporte par quatre roues avec, 
l'arrire, l'invitable rtelier  fourrage et, au-dessus, une grande
bche, soutenue par de larges cerceaux. On y entre par une ouverture
troite et basse, mnage entre les roues, et l'on trouve 
l'intrieur comme banquette ses colis ou une botte de foin.

La valle du Jiul, qui s'ouvre devant nous au dpart de Petrozeny, a
t longtemps rpute impraticable, et il fallait qu'elle ft bien
mauvaise, car les montagnards eux-mmes la regardaient comme
infranchissable, et pour traverser cette portion des Carpathes, ils
prfraient encore, au milieu des obstacles de toute nature, gravir le
rude sentier qui traverse le col du Vulcan. Mais grce  de superbes
travaux, dus en grande partie  des ingnieurs belges, elle est
aujourd'hui traverse par une des routes les plus majestueuses et les
plus sres qu'on trouve dans les Carpathes du sud. On s'enfonce dans
une troite crevasse domine de chaque ct par des pics levs,
absolument nus dans le haut, et couverts dans le bas d'admirables
forts inexploites, qui leur font une superbe et sombre parure. Tout
au fond de la crevasse le Jiul hongrois, grossi du Jiul roumain, roule
ses eaux tumultueuses au milieu de tous les obstacles qui encombrent
son lit de rochers. Tantt trangl entre les parois rocheuses, il
cume et bondit, tantt il s'tale calme et tranquille au milieu des
flots de verdure qui s'abaissent jusque dans ses eaux.

Parfois la rivire est si furieuse qu'elle emporte avec elle une
partie de la route nouvelle construite  grands frais. On ne peut dans
nos pays se faire une ide de ces crues subites des rivires. Elles se
produisent non seulement au printemps, lors de la fonte des neiges sur
les hauts sommets, mais encore au plein coeur de l't.

Cette route n'est certes pas comparable aux merveilleux dfils de la
Suisse; mais elle rappelle, avec un caractre plus sauvage et plus
grandiose, les plus belles valles de la Fort-Noire et du Jura.

Presque  la sortie de la passe, au fond d'un enclos, se trouve blotti
le modeste monastre de Nach. Ce petit monastre, tout blanc, dont la
curieuse glise, aux fentres trilobes, est dcore, sur tout le
pourtour, de jolies fresques, est encore occup aujourd'hui par
quelques moines.

[Illustration: Montagnard roumain endimanch.--Clich Anerlich.]

Bientt, les montagnes s'abaissent et s'cartent. Le Jiul, dbarrass
de ses entraves de pierre, coule dans un lit dix fois trop large pour
ses eaux, et les forts disparaissent pour faire place  de modestes
cultures. Ce n'est qu'aprs avoir parcouru 30 kilomtres que nous
rencontrons quelques maisonnettes de bois, avec des toits pointus  la
turque, et recouvertes de planchettes de bouleau. Si pauvres qu'elles
soient, toutes sont spares les unes des autres et entoures d'une
clture. En Roumanie, comme dans la plupart des pays d'Orient, les
haies vives sont inconnues. On se clture au moyen de planches, de
pieux, de branches mortes ou de clayonnage. Ces petites fermes, en
dpit de leur aspect misrable, constituent, du reste, une relle
amlioration dans le sort du Roumain. Il a aujourd'hui son habitation
 lui, ses tables, son grenier  mas, sa porcherie, alors que,
pendant des sicles, sous la domination des boyards, il a vcu dans de
vritables tanires creuses  2 mtres de profondeur dans le sol, et
sous un toit de clayonnage couvert de mottes de terre. Devant chacune
de ces demeures s'ouvre une vranda, o la famille dort en t, alors
que les fortes chaleurs rendent l'intrieur inhabitable. Le soir on y
place matelas et couvertures, que l'on a soin de faire disparatre au
matin.

Autrefois, une coutume pieuse voulait que chaque paysan plat devant
la porte de sa demeure une cuelle d'eau,  l'usage des passants et
des voyageurs; aujourd'hui, devant chaque ferme, on voit se dresser,
comme d'normes potences, des pompes  levier, et chacun peut  loisir
y tancher sa soif.

La porte monumentale, qui ferme les enclos, est un des ornements de
l'habitation roumaine; on la trouve partout, dans les grandes fermes
comme dans les plus petites, dans les villas comme dans les
monastres. Ces portes sont trs curieusement et parfois artistement
dcoupes.

La boyarie ne fut rellement tablie dans le pays qu' la fin du XIVe
sicle. Radu ou Rodolphe XIV, aid par le patriarche grec Niphon,
conut l'ide de crer une noblesse, sur le modle de la noblesse
byzantine, et transforma en titres nobiliaires les offices de la
Cour[3]. Ce fut l'origine de la boyarie. Plus tard, sous les
Phanariotes, une foule d'aventuriers grecs envahit le pays  la suite
des princes qui, de prfrence, les levaient aux honneurs. Il se cra
ainsi au sein du pays une aristocratie trangre, avilie, corrompue,
pre au gain, pressurant les indignes et les pillant sans vergogne.
Cette nouvelle noblesse tait hrditaire jusqu' la seconde
gnration.

         [Note 3: Ubicini (_Provinces Danubiennes et Roumaines_).]

[Illustration: Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation
modeste.--D'aprs une photographie.]

[Illustration: Nous croisons des paysans roumains (page
382).--D'aprs une photographie.]

Chaque titre de boyard donnait droit  un certain nombre de paysans,
redevables uniquement  leur seigneur. Soixante mille familles furent
ainsi mises au service des boyards. Ces malheureux cultivateurs, sans
tre prcisment attachs  la glbe, n'avaient pas le droit de
changer de matre, et ne pouvaient quitter leur terre qu'avec
l'autorisation du propritaire. Encore en 1856, nous dit Elise
Reclus[4], les matres du sol et de ses habitants taient environ 5 
6000 boyards. Mais parmi eux existait une grande ingalit; la
plupart n'taient que de petits propritaires, tandis que 70
feudataires en Valachie et 300 en Moldavie, se partageaient, avec les
monastres, la possession du territoire presque tout entier.

         [Note 4: _Nouvelle Gographie Universelle._]

En 1864, lors de la scularisation des monastres, le servage des
paysans prend fin. Chaque famille reoit un lot de terre variant de 3
 6 hectares, suivant qu'elle a une vache, deux boeufs et une vache,
ou quatre boeufs et une vache. L'hectare s'acquiert au prix de 120
francs payables  l'tat par quinze annuits.

Le nombre de paysans, devenus propritaires de cette manire, s'lve
au dbut  450000; mais en 1880, lors d'une nouvelle distribution de
terres par l'tat, il s'accrot encore de 100000.

Malgr cette rforme, les grandes sources de richesse appartiennent
encore  l'tat et aux anciens boyards. L'tat, en effet, exploite
lui-mme les mines inpuisables de sel gemme, il est matre des
terrains ptrolifres, matre en grande partie des forts qui couvrent
le cinquime du territoire. Quant aux boyards, ils ont entre les mains
d'immenses proprits que les vovodes leur ont cdes, et dont
l'tendue varie de 4000  8000 hectares.

Ces proprits ne peuvent tre vendues ou alines en bloc; la loi en
dfend le morcellement. Au reste, en vertu de l'article 7 de la
Constitution, l'acquisition de la proprit immobilire est interdite
aux trangers. Toutefois, ils peuvent hriter d'un Roumain; mais, dans
ce cas, l'tat est en droit de les obliger  vendre leurs proprits,
 moins qu'ils n'obtiennent la naturalisation. Celle-ci s'acquiert 
la suite d'un vote du Parlement et aprs dix annes de sjour. Il
existe encore d'autres tempraments  la rgle qui vise les trangers.
Ils peuvent notamment avoir des maisons en ville, et des projets de
rforme, dit M. Benger[5], tendent  rendre possible l'acquisition des
proprits immobilires aux socits trangres, dans le cas o la
majorit des associs se compose de citoyens roumains.

         [Note 5: _La Roumanie en 1900_, p. 30, note.]

[Illustration: Costume national de gala roumain.--Clich Cavallar.]

La manire dont on exploite ces grands domaines est assez originale. 
jour fixe, le maeur convoque les familles de son village et rpartit
entre elles, moyennant un salaire souvent drisoire, les terres que
chacune d'elles pourra cultiver. Ce salaire est pay d'avance, mais la
rcolte entire revient au propritaire. Dois-je le dire, ces
malheureux paysans, si maltraits autrefois, le sont encore
aujourd'hui, et en maintes circonstances on ne se fait pas faute de
les brutaliser et de les frapper.

Beaucoup d'anciens boyards, spcialement en Moldavie, dirigent
eux-mmes leurs exploitations agricoles, et occupent de vastes corps
de ferme, o ils sjournent pendant dix mois de l'anne. Mais au coeur
de l'hiver ils voyagent, et vont dpenser leurs revenus  Bucharest,
Vienne et Paris.

Sur la route de Targu Jiul, nous croisons de grands attelages. Sept 
huit couples de boeufs, les uns derrire les autres et dirigs par des
paysans tout habills de blanc, tranent des machines agricoles et de
lourds chariots remplis d'articles perfectionns ayant trait 
l'agriculture. Autrefois le battage se faisait en Roumanie  l'aide de
boeufs qui foulaient le bl sur l'aire. Aujourd'hui la machinerie
agricole a pntr partout et les petits propritaires s'associent
dans le but de faire l'acquisition de batteuses  vapeur.

Des hommes, des femmes  cheval se dirigent vers la ville, des enfants
absolument nus s'enfuient  notre approche. Les villages deviennent
plus importants, les maisons plus soignes, et sur les pieux des
cltures, de curieux vases, de formes varies et d'une dcoration
toute particulire, sont retourns pour goutter et pour scher. La
poterie est en effet une des branches les plus intressantes de la
petite industrie roumaine. Il se tient mme des foires de poterie, et
l'on se demande vraiment comment les Roumains peuvent utiliser cette
infinie varit d'ustensiles.

[Illustration: Dans les vicissitudes de leur triste existence,
les tziganes ont conserv leur type et leurs moeurs (page
383).--Photographie Anerlich.]

 l'entre de la ville, des familles entires prennent le frais au
dehors. Elles sont l, au bord du chemin, accroupies en cercle, dans
le plus grand laisser-aller. La modestie n'est certes pas la vertu par
excellence des Roumaines campagnardes. Peut-tre ont-elles  ce sujet
des notions diffrentes des ntres. Il est vrai que plus on s'approche
de l'Orient, plus le dshabill est tolr.

Nous voici  Targu Jiul, la premire localit importante de la
Roumanie. C'est une grosse bourgade de trois mille habitants, dont le
principal monument est une cole en construction, signale comme une
cole-modle.

L'htel o nous descendons est trs bien tenu, et, surprise fort
agrable, le propritaire parle le franais. Mais il nous faut faire
connaissance avec la cuisine roumaine. Oh! la cuisine roumaine! Des
potages acides, dans lesquels nagent une demi-douzaine de sardines.
N'est-ce pas  vous enlever du coup le plus bel apptit?... Ni
roastbeef, ni beefsteak.... On ne tue pas les boeufs, ils servent
uniquement de btes de trait. Les porcs, ils courent les rues, mais on
ne les tue pas davantage en t, sous prtexte que la viande ne se
conserve que deux ou trois jours. Des poulets on en a  satit, mais
ceux qu'on nous prsente  table sont des poussins tiques, grills 
tel point qu'ils sont presque desschs. Le mouton au paprika, le
koukouroute, grappes de mas bouillies, sont les plats les plus
recommandables du menu.

Dans les htels, on dne au son de la musique. Si vous avez
l'orchestre tzigane, la musique sera sauvage, ardente, passionne; si
vous avez l'orchestre roumain, l'ardeur, la fougue disparaissent pour
faire place  la complainte et  la mlancolie. C'est triste  faire
pleurer, c'est la douleur mise en musique.

Au milieu de la nuit, nous sommes rveills par un orage furieux,
comme on n'en connat gure dans nos pays. C'est une succession de
longs clairs blafards, partant  la fois de tous les points de
l'horizon, et illuminant, sans discontinuer, la place et les rues de
la ville. En mme temps, toutes les cataractes du ciel se dversent
sur la terre, et les rues se transforment en vrais torrents. Au matin,
les rues sont sches, l'air est pur et embaum.

Malgr l'orage de la nuit, ds quatre heures le march, qui se tient
en face de notre htel, offre une animation extraordinaire. Rien de
plus gracieux, de plus pittoresque que ces marchs qui runissent les
habitants des valles voisines. Ceux-ci arrivent  la ville en
charrette attele d'une paire de boeufs, ou  dos de mulet, les femmes
 califourchon, tout comme les hommes, tenant une enfilade d'une
quinzaine de poulets lis les uns aux autres par les pattes, et
qu'elles prsentent dans le plus piteux tat. Quelques femmes arrivent
au march les mains vides, mais le corsage fort rebondi.  peine en
place, elles plongent la main dans leur chemise entr'ouverte sur le
devant, et qui d'ailleurs leur tient toujours lieu de poche, et en
retirent qui un poulet, qui un canard: j'en ai mme vu qui en
retiraient un petit cochon de lait qu'elles portaient ensuite
maternellement dans les bras. Mais les plus originales sont celles qui
s'en retournent de la ville avec les provisions les plus disparates
dans leur poche improvise. Celle-ci s'allonge alors d'une faon
dmesure et pend en sac sur le tablier, sonnant  chaque pas d'un
bruit de vaisselle ou rsonnant du chant triomphant d'un coq qui a
trouv preneur. Au march, les femmes, debout ou accroupies, sont
ranges le long des trottoirs, leurs marchandises tales devant
elles. La vente de ces produits n'est gure rmunratrice. On leur
paie un poulet 30 centimes, quatre oeufs 10 centimes et 4 litres de
vin 15 centimes. Cependant elles n'ont nullement l'air de souffrir de
la misre. Elles sont gaies et aimables et viennent au march comme 
une vritable fte.

Leur costume, d'une propret irrprochable, ne manque pas d'lgance.
Elles portent une chemise de toile trs ample, orne de broderies de
laine bleue ou rouge. Devant et derrire flotte un tablier, la
catrinza en laine,  larges rayures. Dans d'autres localits, elles
s'enveloppent en guise de jupe d'une pice d'toffe en tissu trs
raide et dcore de riches motifs en couleur. Les jeunes filles vont
toujours nu-tte, la tresse tombant sur le dos. Seules, les femmes
maries se couvrent la tte et les paules d'un voile de tissu trs
lger, et dans certaines localits elles ont adopt le chapeau
d'homme, ce qui n'est pas d'un effet fort gracieux.

Les vtements des hommes rappellent l'ancien costume des Daces,
reproduit sur la colonne Trajane. Il se compose d'une chemise en
grossire toile de chanvre, fixe  la taille par une large ceinture
de cuir qui tient lieu de poche. Sous la chemise, le pantalon de
toile, serr gnralement du genou  la cheville.

Le Roumain de la plaine, et surtout le Valaque, a les yeux noirs, le
teint basan, la physionomie douce et expressive. De nos jours encore,
il porte l'empreinte de la triste condition  laquelle il fut si
longtemps rduit. Il est  la fois timide, patient, superstitieux et
fataliste.

De grand matin, notre victoria attele de trois chevaux nous attend 
la porte de l'htel, et aprs nous tre munis de provisions pour la
journe, nous nous mettons en route pour Tismana.

[Illustration: On rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de
boeufs.--D'aprs une photographie.]

Le pays que nous traversons est trs pittoresque. Aux bosquets touffus
de haut taillis de chne succdent des forts immenses, des futaies
magnifiques, o les arbres atteignent des dimensions superbes. Ces
forts qui seraient une source de richesse si on les exploitait
normalement, sont abandonnes. Les villages sont misrables, pauvres
et sales, et l'on prouve une impression pnible, lorsqu'on parcourt
ces fertiles valles des Carpathes, en constatant que l'activit y
fait totalement dfaut. Mais le pauvre, dans ce pays, n'a gure de
besoins: il a dans sa maison du mas, des oignons, du pain, un bloc de
sel, du fromage, et cela lui suffit. La fort lui fournit le bois, et
ses vtements sont fils, tisss et confectionns chez lui par les
femmes[6]. Chaque habitation a, en effet, son mtier  tisser. Le
chanvre fournit la toile grossire qui est l'lment principal de tout
costume fminin ou masculin. La laine file s'emploie  la fabrication
des manteaux de drap grossier du paysan et des couvertures du mnage.
Teinte  la garance ou au tournesol, cette laine sert aussi  tisser
ces tabliers multicolores dont s'ornent les femmes, et  dcorer le
haut des chemises de broderies curieuses et artistiques.

         [Note 6: Jusqu'en ces dernires annes cet usage s'tendait
         mme  la classe des boyards, et les dames nobles tissaient
         et brodaient de leurs propres mains les vtements de leur
         famille.]

J'ajouterai que jusqu' l'ge de six  sept ans, la plupart des
enfants courent absolument nus, ce qui est minemment conomique. Le
soir seulement, on leur passe une chemise, pour les prserver de la
fracheur des nuits.

Tout prs de Tismana, nous rencontrons de nombreux groupes
nonchalamment couchs sur le seuil de leur porte. Instinctivement, en
nous voyant approcher, ils se lvent et se tiennent debout en signe de
respect jusqu'aprs notre passage. Ces groupes sont pour la plupart
des Tziganes.

[Illustration: Les femmes de Targu Jiul ont des traits rudes et
svres sous le linge blanc.--D'aprs une photographie.]

L'origine de cette race singulire a t longtemps conteste. Il
semble tabli aujourd'hui qu'ils viennent de l'Hindoustan. De vieilles
chartes retrouves  Tismana signalent, au XIVe sicle, les Tziganes
rduits en esclavage en Valachie.

En effet, alors que partout ailleurs les Tziganes sont libres, ceux de
Roumanie restent plongs dans un asservissement honteux pendant des
sicles. Ils restent la chose de l'tat, des boyards et des
monastres, jusqu'en 1827, date de leur affranchissement. Leur nombre
est assez restreint, et dans toute la Roumanie on n'en compte
aujourd'hui que 260000.

Au milieu des vicissitudes de leur triste existence, les Tziganes ont
conserv leur type, leur langage, leurs moeurs. Le langage qu'ils
emploient toujours entre eux est un dialecte hindou se rapprochant des
idiomes sanscrits. Leur type est souvent remarquable et s'est conserv
trs pur  travers les ges. Ce n'est gure que depuis leur
mancipation, qu'ils sont allis aux autres Roumains. Ils ont le
visage ovale, d'admirables yeux noirs tincelants. Les cheveux, trs
noirs aussi, sont ports en broussailles, et jamais un peigne n'a
pass par l. Le nez est droit, lgrement aquilin, les dents d'une
blancheur que rien ne peut altrer, pas mme l'abus du tabac dont
hommes et femmes font un usage insens.

Beaucoup d'entre eux sont cultivateurs ou exercent le mtier de
forgeron et de marchal ferrant. Mais ils sont surtout musiciens, et,
sans aucune connaissance thorique, ils excutent avec une dlicatesse
et un sentiment exquis des mlodies suaves.

Nous traversons maintenant des sous-bois ravissants. De tous cts,
des ruisseaux cachs dans les taillis descendent en cascades des
hauteurs voisines, et murmurent le long de la route poudreuse.

 notre gauche, le monastre de Tismana, adoss  la montagne touffue
et camp sur un ressaut de la roche, domine le paysage. Une chute
d'eau sort tout cumeuse de dessous le monastre, et se prcipite d'un
seul jet au fond de la valle, o, frmissante encore, elle poursuit
sa course au milieu des sombres bosquets que nous ctoyons.

L'abbaye de Tismana, si renomme autrefois, n'a plus aujourd'hui pour
toute richesse que sa position merveilleuse, son cadre superbe.

Une quinzaine de moines y abritent encore leur misre. Depuis la
scularisation des monastres en 1861, c'est--dire depuis l'poque o
ils furent dpouills de leurs trsors et de leurs biens, le
Gouvernement se borne  allouer  chaque religieux 70 centimes par
jour pour la nourriture, et 50 francs par an pour l'habillement. Les
ornements riches et les icnes prcieux leur ont t enlevs et sont
exposs aujourd'hui au muse de Bucharest o ils ont perdu tout leur
intrt. Aussi quelle misre dans ces couvents: la cellule d'un des
moines, o l'on nous mne pour jouir du magnifique coup d'oeil qu'on a
sur la valle, est un misrable taudis sans autre meuble qu'un grabat.

Autrefois, au temps de leur splendeur, alors que les auberges taient
inconnues en Roumanie, les monastres d'hommes et de femmes offraient
l'hospitalit la plus large et la plus gracieuse  tout tranger qui
venait frapper  leur porte. Ils taient mme devenus des endroits de
villgiature o la socit des villes se donnait rendez-vous pour y
passer la belle saison. Il y eut beaucoup d'abus, et cette existence
oisive et mondaine, qui peu  peu s'insinua au sein de la vie
monastique, fut mme, parat-il, un des prtextes de la scularisation
de leurs biens. Aujourd'hui que les moines sont rduits  la misre,
et qu'ils doivent se livrer eux-mmes  tous les travaux des champs,
les clotres sont devenus dserts et silencieux. Quelques familles
tranquilles, fuyant la temprature torride des plaines, viennent
pourtant encore y chercher le repos et la fracheur. Les moines leur
louent des appartements, mais ils n'offrent plus que le gte. Leurs
htes doivent pourvoir eux-mmes  tous leurs autres besoins.

On pntre dans le couvent par une premire cour carre o se trouvent
les btiments destins aux trangers. Ils sont occups actuellement
par deux familles aises de Craova, dont les dames, fort aimablement,
nous servent d'interprtes auprs du portier, superbe moine  la
longue chevelure et  la barbe noire.

Une table se trouve place dans le clotre  l'usage des visiteurs qui
dsirent prendre leur collation au monastre. Mais vraiment, nous
pouvons nous estimer heureux d'avoir song  apporter nos provisions
et de ne pas nous tre fis  la rgle, ancienne il est vrai, qui
oblige les couvents  hberger et  nourrir les trangers pendant
trois jours. Le portier qui nous servait n'avait pas mme de pain 
nous offrir. Il n'avait que des biscuits ronds, durs et plats, comme
d'normes mdailles, avec le chiffr du monastre sur une face, et sur
l'autre l'effigie de saint Nicodme, patron de l'abbaye.

Les moines s'adonnent aux ouvrages les plus simples et aussi les plus
fatigants. Mais ils conservent, mme dans les occupations les plus
modestes, une dignit qui impose le respect. Pauvret n'est pas vice.

Ils appartiennent  la religion grecque orthodoxe. Jusqu'en 1864,
l'glise tait soumise au patriarcat de Constantinople; depuis lors,
elle devint une glise nationale indpendante. Son chef est le
Mtropolitain primat de Roumanie, qui rside  Bucharest. Le clerg
roumain se divise en deux catgories: les moines de Saint Basile,
astreints au clibat, et les prtres sculiers, pouvant se marier.
C'est dans la premire catgorie seule que se recrute le haut clerg.
La religion grecque fut pendant des sicles la religion dominante en
Roumanie. Mme sous le protectorat ottoman, les Roumains parvinrent 
faire respecter le trait qui dfendait de construire des mosques sur
leur territoire. Jamais les Turcs, il faut le dire  leur louange, ne
firent la moindre tentative pour contrevenir  cette dfense.

  _( suivre.)_                         Th. HEBBELYNCK.

[Illustration: En Roumanie on ne voyage qu'en victoria (page
377).--D'aprs une photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--33e LIV.         N 33.--19 Aot 1905.

[Illustration: Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes
sont dcores de paillettes multicolores (page 392).]




EN ROUMANIE[7]

         [Note 7: _Suite. Voyez page 373._]

Par M. TH. HEBBELYNCK.

     II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion  Bistritza. --
     Romnicu et le dfil de la Tour Rouge. -- De Curtea de Arges 
     Campolung. -- Dfil de Dimboviciora.


[Illustration: Dans le village de Slanic (page 395).--D'aprs une
photographie.]

 65 kilomtres de Targu Jiul se trouve le monastre d'Horezu, tout
prs de la petite ville du mme nom. Comme la route est assez
fatigante, on a attel  notre petite voiture habituelle, quatre
chevaux, tous de front. Nous suivons une direction tout oppose 
celle de Tismana; mais, comme hier, nous ctoyons le haut massif des
Carpathes, et nous coupons transversalement une infinit de valles
qui descendent de la grande chane principale pour aller se perdre
dans la puzsta Roumaine. Les valles mmes n'offrent gure d'aperus
remarquables, mais  chaque col nous dcouvrons des horizons immenses,
empreints d'une potique mlancolie. Tour  tour, nous dpassons de
superbes forts de chnes atteignant des hauteurs colossales, et de
ravissants bois de bouleaux aux troncs d'argent et au feuillage
frmissant. Nous faisons halte, tantt sous un bosquet bien ombrag,
o s'abrite un de ces puits  levier dont le bras unique se dresse
vers le ciel, et o nos pauvres chevaux boivent  longs traits une eau
pure et cristalline, tantt  une modeste auberge de village, o nous
pntrons pour nous dgourdir un peu et aussi pour nous donner une
ide de ces intrieurs villageois. Et tandis que, dans la salle
commune, notre cocher prend sa petite bouteille de tzuica[8], liqueur
de prunes, que les Roumains qualifient d'apritif, l'hte nous
introduit dans la salle du fond, la salle d'honneur. Nous y trouvons
comme meuble principal un grand lit-divan, scell dans le plancher. Il
est recouvert d'un beau tapis  rayures et de coussins orns de
broderies et d'initiales rouges et blanches. Aux murailles sont
accroches des chromolithographies alternant avec de gros noeuds de
toile blanche, toujours brods de la mme faon et portant des
initiales et des dates. Il n'y a dans toute la maison ni armoire ni
commode. Elles sont remplaces par des coffres en bois de forme
allonge,  la mode turque et serbe, dans lesquels on entasse
ple-mle bijoux, souliers, vaisselle, toute la richesse. La salle du
milieu est occupe par la famille. On y voit les mtiers  tisser, des
divans-lits, des poteries de toutes les formes, de trs primitifs
ustensiles de cuisine et un long baquet, creus en forme de barque
dans un tronc d'arbre. Ce baquet, qu'on retrouve dans toutes les
maisons, s'emploie aux usages les plus divers. C'est le berceau
portatif des enfants, le cuveau  laver des mamans et le bac 
fourrage des bestiaux.

         [Note 8: La tzuica est servie dans de trs petites bouteilles
         que l'on vide  mme le goulot.]

En gnral, durant la belle saison, les Roumains font la cuisine en
plein air. Le soir, des familles entires se groupent prs d'un
brasier sur lequel bout la mamaliga[9], et  la nuit tombante la lueur
rougetre du foyer, clairant tous ces spectres blancs qui se meuvent
alentour, donne au paysage un aspect effrayant et sinistre.

         [Note 9: La mamaliga, plat national, est une pte paisse de
         farine de mas, bouillie dans de l'eau sale.]

L'hte, aprs nous avoir fait les honneurs de sa maison, nous prsente
son meilleur vin, qui, par parenthse, n'tait pas buvable; puis il
nous mne  la cour de son tablissement, o se dresse une
roue-balanoire, la Grande Roue de l'Exposition de Paris, dans sa plus
simple et sa plus rustique expression. Ces roues se rencontrent assez
frquemment, aussi bien en Moldavie qu'en Valachie.

Les villages que nous traversons--les rares villages devrait-on dire,
car le pays est peu habit--se ressemblent tous. Ce sont toujours les
mmes fermes aux toits recouverts de planchettes de bouleau et devant
lesquelles circulent des porcs de toutes les couleurs, munis d'une
cangue triangulaire, ainsi que des groupes d'oies et de canards,
entremls d'enfants nus. De l'intrieur de ces fermes, s'lancent de
grands chiens qui aboient  la voiture et nous poursuivent, jusqu' ce
que le cocher, d'un bon coup de fouet, les rappelle  la biensance.

Les glises de village, uniformment les mmes, sont de style
no-byzantin et frappent de loin l'attention par leurs coupoles
mtalliques et leurs hauts tambours octogones, percs de larges baies
cintres.

[Illustration: Roumaine du dfil de la tour rouge (page
392).--D'aprs une photographie.]

Beaucoup d'entre elles sont dcores  l'extrieur de grandes
fresques, qui leur donnent un cachet tout particulier. Les cimetires,
gnralement isols au milieu des campagnes, sont plants de lourdes
croix byzantines peintes et dcores d'images pieuses sur fond or. Le
long des routes se dressent aussi des croix sans origine funbre, des
croix leves, comme dans beaucoup de pays montagneux, par la simple
pit des fidles. C'est ainsi qu'on voit frquemment une croix
plante  ct d'une source, o mme d'un puits isol.

 midi, nous faisons halte  Podovraj, localit fort agrable, centre
de plusieurs excursions intressantes. Nous y trouvons plusieurs
familles roumaines en villgiature.

Les Roumains ont adopt un genre de villgiature aussi simple
qu'conomique. Ils ne possdent gure comme sjour d't que Sinaa,
rsidence royale o se runit l'lite de la socit, quelques stations
balnaires, telles que Slanic en Moldavie et Calimanesti, quelques
grosses bourgades, situes au milieu des montagnes, comme Campolung,
Ocna, etc. Aussi les familles dont les ressources sont restreintes, et
qui doivent fuir la chaleur torride de la plaine, se rendent-elles de
prfrence dans des villages. L, elles font accord avec l'un ou
l'autre Tzigane, qui leur cde toute son habitation pour un ou deux
mois. C'est dans ces logements primitifs qu'elles s'installent et
passent leurs vacances, vivant au milieu des bois et de la nature
sauvage des Carpathes, heureuses si elles habitent  proximit d'une
auberge qui puisse leur fournir la nourriture. Pendant ce temps, le
Tzigane campe o il peut. Il n'est, du reste, pas exigeant sous le
rapport du gte.

 Horezu, nous devions nous fier  notre cocher pour le choix d'un
logement. Il nous mne dans une sorte de ferme que nous trouvons
absolument vide. Personne dans la salle d'auberge, personne  l'tage,
o nous jetons un coup d'oeil rapide et furtif. Mais tout nous parat
si sale, si affreusement sale, que nous ne pouvons nous rsigner  y
passer la nuit, et nous nous mettons en qute d'un logement plus
convenable. Aprs bien des recherches, nous trouvons une auberge moins
prhistorique, presque moderne. L'htelier nous montre des
appartements o les lits, il est vrai, sont remplacs par des divans 
la mode roumaine, mais o les draps sont d'une blancheur d'excellent
augure.

[Illustration: La petite ville d'Horezu est charmante et
anime.--D'aprs une photographie.]

Hlas! l'augure avait menti. Toute la nuit, des insectes sauteurs
dansrent leur sarabande. L'ammoniaque, l'eau de Cologne, rien ne put
en avoir raison, et nous fmes obligs de passer notre nuit sans
sommeil.

La petite ville d'Horezu est charmante et anime. Les habitations,
moins quelconques qu' Targu Jiul, ont un certain relief avec leurs
larges balcons qui s'avancent sur la rue. Les habitants, les femmes
surtout, ont l'air plus gai, avec je ne sais quoi de plus gamin. Le
soir,  l'extrmit de la grande artre, des chants tranges, entonns
par des jeunes filles revenant de leur travail, parviennent jusqu'
nous. Ce sont des mlodies turques, avec des modulations toutes
particulires, et ce chant est vraiment captivant, si captivant que
nous suivons ces groupes jusqu'au moment o ils disparaissent  nos
yeux, chantant toujours, et faisant retentir au loin les chos, de
leurs trilles et de leurs notes leves.

 vingt minutes de la ville se trouve le monastre d'Horezu. On se
rend en voiture par la grande route jusqu' la colline, que dominent
les masses imposantes de la vieille abbaye. L, le chemin devient si
raide et si rocailleux, qu'il nous faut mettre pied  terre. 
mi-cte, nous apercevons un moine de taille moyenne, qui gravit avec
nous ce calvaire. Nous le suivons pas  pas, comme semble nous y
convier le gentil sourire qui se dessine sous sa fine moustache, et
bientt, aprs lui, nous pntrons dans la grande cour centrale du
monastre, trs anime en ce moment. Un laque s'approche de nous, et
aprs un court colloque avec le moine qui nous avait introduits,
s'adressant  nous en un franais trs correct: Madame la suprieure,
nous dit-il, vous invite  passer au salon. Nous tions stupfaits.
Nous ignorions que le monastre d'Horezu qui, de tout temps, avait t
un couvent d'hommes, ft devenu un couvent de femmes, et le costume et
la moustache de la suprieure nous avaient totalement induits en
erreur. En effet, le costume des religieuses de Roumanie est
compltement copi sur celui des moines. C'est la mme robe noire,
trs ample,  larges manches, serre  la taille par un cordon de
laine noire qui retient le chapelet, et sur la tte, aux cheveux
courts, c'est la mme toque ronde et rigide, un peu moins haute
toutefois que celle des hommes.

Pour des profanes comme nous, l'erreur tait presque fatale, d'autant
plus qu'au moment de la rencontre, la suprieure n'avait pas le voile
qui se revt seulement dans les grandes circonstances et pour la
toilette du choeur.

Voulant accomplir  notre gard les devoirs de l'hospitalit, elle
nous conduit  l'tage, dans un modeste salon meubl  l'orientale,
c'est--dire garni, sur tout le pourtour, de larges divans. Une jeune
religieuse, conformment  l'usage turc, fait circuler  la ronde un
plateau avec des confitures et des verres d'eau glace. Aprs quelques
minutes d'entretien, comme nous manifestons le dsir de prendre
quelques photographies, la suprieure, spontanment, rassemble la
communaut, qui vient se runir, en costume de crmonie, devant la
porte principale de l'glise.

L'abbaye d'Horezu est un des monastres les plus imposants et les
mieux conservs de la Roumanie. Couvent d'hommes, autrefois, il est
transform aujourd'hui en hpital, sous la direction des religieuses
grecques orthodoxes. Aussi ne faut-il pas tre surpris du triste
spectacle qu'offrent les cours et les abords du monastre. Les misres
humaines, dans tout ce qu'elles ont de plus hideux, de plus
repoussant, viennent chercher ici un soulagement  leurs souffrances.
Les religieuses ne reoivent, chacune, de l'tat, que la somme de 35
centimes par jour, alors que les moines en touchent 70; le
Gouvernement prtend, qu' raison du genre de travaux auxquels elles
se livrent, elles parviennent plus aisment  subvenir  leurs
besoins.

Le monastre d'Horezu fut fond, dans la dernire moiti du XVIIe
sicle, par Constantin Brancovan, avant-dernier vovode indigne de
Valachie, qui, aspirant en secret  dlivrer son pays du joug ottoman,
fut livr au sultan par les boyards, et prit  Constantinople dans
les plus affreux supplices.

De loin, le monastre ressemble  un chteau fodal, avec son norme
donjon et ses quelques restes de fortifications. Mais  peine a-t-on
pntr dans la cour centrale que tout change d'aspect.

Des arbres magnifiques y projettent leur ombre sur les vastes
constructions dont l'tage s'ouvre sur une ravissante galerie 
colonnes, et  ct des anciens appartements princiers se dresse un
dlicieux petit pavillon formant avant-corps.

L'glise, comme dans presque tous les monastres, occupe le centre de
la cour. Elle est de style roumain trs pur, nous dit-on l-bas. Somme
toute, c'est du byzantin, d'aspect simple et svre, sans surcharge
d'ornements. Le portique est trs richement dcor de peintures sur
fond or. Cette jolie glise servit, avec celle de Curtea de Arges, de
type au pavillon roumain de la dernire Exposition de Paris.

[Illustration: La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche,
scintillante sous ses coupoles dores (page 393).--D'aprs une
photographie.]

Sur la route de Romnicu, beaucoup de villages prsentent un petit air
de fte. Rien n'est si original que ces ftes paisibles, qui se
passent dans un dolce far niente. Les femmes sont groupes d'un ct
de la route, les hommes de l'autre.  l'heure de la danse, tout ce
monde s'entremle, et l'on peut difficilement se faire une ide du
charme et de la posie de ces scnes villageoises. Mais ces gens sont
timides  l'excs, et si l'on veut assister  leurs bats, il faut
user d'une trs grande discrtion.

Nous faisons halte au village de Tomsani, et, autant par ncessit que
pour nous dgourdir les jambes, nous quittons la voiture pour faire 
pied la visite de l'abbaye de Bistritza.

Cette excursion, trs vante par nos guides, et qui, nous disait-on,
ne comportait qu'une heure de marche, nous prend trois grandes heures.
Entreprise en plein midi, sous un soleil de plomb, elle nous met
vraiment  bout.

[Illustration: Une ferme prs du monastre de Bistritza.--D'aprs une
photographie.]

Certes, la valle ne manque pas de posie: de hautes montagnes,
couvertes de forts, se dessinent  l'horizon, et des fermes, o tout
respire le bien-tre et l'aisance, sont chelonnes le long de la
route. Au fond des cours rustiques et ombrages, des femmes, en leur
costume biblique, tenant en main de lourds fuseaux, filent la laine
destine  la famille.

Mais la vue de ces tableaux charmants ne ddommage pas de la fatigue
que l'on prouve sur cette route mal trace, en partie dfonce, o
l'ombre fait totalement dfaut.

L'abbaye de Bistritza, aujourd'hui transforme en cole militaire,
nous cause une dsillusion complte.  l'entre, les btiments
prsentent une masse imposante, mais ils sont sans style et,
disons-le, sans intrt. L'officier de service en est si convaincu
qu'il se borne  nous proposer la visite de la cascade, cache dans un
creux du rocher, derrire l'abbaye. Aprs le mcompte que nous venons
d'prouver, cette entreprise ne nous tente gure, et nous avons hte
de rebrousser chemin.

Nous avisons un paysan qui, aprs quelques pourparlers, consent  nous
prter sa charrette et son cheval, tandis que son voisin nous fournira
un poney pour complter l'quipage. La charrette est une sorte de
birdj; deux planches attaches de chaque ct par des cordes forment
les banquettes, et en guise de tapis, nous avons un pais lit de foin
parfum.

Nous nous mettons en route cahin-caha.  chaque ornire, et Dieu sait
si elles sont nombreuses, nous sommes lancs les uns sur les autres,
et par deux fois notre cocher, un petit bonhomme d'une quinzaine
d'annes, est projet hors de la charrette; mais il s'accroche aux
brancards et rebondit sur son sige avec une lgret d'cureuil.
Quant  nous, nous nous cramponnons aux banquettes avec la perspective
de nous sentir les reins briss lorsque nous arriverons  destination.

Tout  coup, crac!... la banquette d'arrire cde, et nous voil
gigotant sur le tas de foin au fond de la voiture. C'est dans ce
piteux tat que nous rejoignons notre cocher d'Horezu qui, inquiet de
notre longue absence, tait venu  notre rencontre aussi loin que le
mauvais tat de la route le lui avait permis.

De Tomsani  Romnicu, le trajet est superbe de sauvage posie. C'est
un norme dsert rocheux qu'il faut traverser. La haute chane des
Carpathes continue  dominer  gauche, et rares sont les passants,
rares sont les habitations qu'on rencontre en route. Des chiens
errants parcourent ces plaines rocailleuses, et l'on en voit se
nourrir de cadavres d'animaux abandonns au dtour des chemins. Il y a
dans l'ensemble du paysage quelque chose de sinistre, de lugubre. Ce
n'est qu'aux abords de la valle de l'Olt, que la campagne prend un
autre aspect, et les grandes croix, plantes a et l, nous annoncent
l'approche des villages et la fin du dsert.

 l'un de ces villages, nous faisons halte devant une ferme-auberge, 
l'aspect malpropre.  l'entre, des dbris saignants, dchets de
boucherie, sont accrochs aux charpentes basses de la toiture, et des
chiens, toujours des chiens, rdent tout alentour, prts  se jeter
sur cette proie dgotante.

Dans la valle de l'Olt, le paysage devient gai et riant, et 
l'horizon s'estompent des montagnes richement boises. Des birdj,
couverts d'une lourde bche et attels de petits chevaux pleins
d'entrain, reviennent de la ville, et de la large ouverture de devant
surgissent de curieux petits minois bronzs, o brillent de grands
yeux noirs intelligents. Plus loin, de lourds chariots remplis de
blocs de sel gemme nous indiquent le voisinage des clbres salines
d'Ocna. Nous nous tions propos de les visiter, mais dj le jour
baisse, et  six heures du soir les salines sont fermes. Nous aurons,
du reste, l'occasion de voir celles de Slanic en Prahova, qu'on dit
tre les plus importantes et les plus belles de la Roumanie.

La petite ville d'Ocna, dont bientt nous traversons l'unique et large
artre, parat fort intressante et anime. Dois-je le dire? aprs les
mauvais logements des jours derniers, nous prouvons un petit
serrement de coeur de ne pouvoir nous arrter dans les dlices d'Ocna,
au milieu de ces riantes villas, dont une foule lgante encombre les
terrasses. Nous avons  peine le temps de formuler nos regrets que
nous voil de nouveau en pleine campagne, au milieu de tentes
dchires et rapices, autour desquelles s'agite tout un peuple de
Tziganes. Ils ont un aspect extrmement sauvage et audacieux, et leur
allure contraste avec la physionomie douce des Tziganes que nous avons
rencontrs jusqu'ici en Roumanie.

[Illustration: Entre de l'glise de Curtea (page 393).--D'aprs une
photographie.]

Aprs trois quarts d'heure de route, nous pntrons dans Romnicu.
C'est une ville bien roumaine. Les htels, avec leurs galeries au
premier tage, contournant les cours intrieures comme de vrais
caravansrails; les thtres en plein air, o se jouent des drames et
des vaudevilles; les restaurants o circulent des Turcs avec des
pastilles du srail, et jusqu'aux veilleurs qui, la nuit,  des
intervalles rguliers, lancent des sifflements stridents et aigus, se
rpercutant dans la ville comme les appels des sentinelles dans les
forteresses, tout cela donne  Romnicu une physionomie spciale.

Adosse  la montagne, Romnicu voit s'tendre devant elle la riche
plaine de l'Olt, avec d'normes champs de froment et de mas. La
Roumanie, on le sait, produit des crales en abondance, et exporte
annuellement quantit de ses produits. Mais le paysan cultive mal; il
brle les engrais et se fie uniquement  la richesse du sol. De plus,
comme il n'a aucune ide d'pargne ni d'conomie, si les rcoltes
viennent  manquer par suite d'inondation, de grle ou de scheresse,
la famine svit dans le pays.

En Serbie, une loi de 1889 impose  chaque commune rurale
l'tablissement de greniers communaux, destins  parer aux effets de
la disette et devant servir, en cas de guerre, au ravitaillement des
armes.

[Illustration: Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme
costume que les moines (page 387).--D'aprs une photographie.]

Tout contribuable serbe est tenu de verser, chaque anne, 90 kilos de
mas et autant de kilos de bl. Si un cultivateur, par suite d'un
accident quelconque, manque de vivres, il lui est livr par les
greniers communaux ce qu'il lui faut pour sa nourriture et ses
semailles,  condition de restituer l'anne suivante ce qu'il a
prlev pour ses besoins momentans.

Cette institution fut d'une utilit incontestable lors de la guerre
serbo-bulgare, et lors des inondations de 1897 qui furent aussi
dsastreuses pour la Serbie que pour la Roumanie. Chez les Roumains,
rien de pareil, et ce dfaut de prcaution les place dans une
situation d'infriorit incontestable[10].

         [Note 10: Un projet de loi, inspir de la loi serbe, vient
         d'tre dpos.]

Les crales ne sont pas les seules ressources du district de Romnicu.
Toute cette portion des Carpathes contient des minerais en abondance:
or, argent, mercure, fer, cuivre, arsenic, plomb; mais jusqu'ici,
toutes ces richesses ne sont que peu ou point exploites.

C'est de Romnicu que l'on entreprend l'excursion de la passe de la
Tour Rouge. Cette route a de tout temps t la grande ligne
stratgique de la Valachie, et elle traverse les Alpes  un endroit o
elles atteignent leur plus grande lvation et o elles prennent
l'aspect le plus sauvage. C'est la route naturelle des invasions,
celle que suivit Trajan pour vaincre les Daces, celle que suivirent
les Turcs pour envahir la Hongrie.

Ce long dfil, dans lequel nous allons nous engager, a t,  tous
les ges de l'histoire, le tmoin de luttes hroques. Mais de tout ce
pass de sang et de gloire il ne reste aujourd'hui que bien peu de
souvenirs. Quatre petits chevaux fringants, attels de front, nous
mnent en quatre heures et demie au Rotherthurm, distant de 64
kilomtres de Romnicu. Au sortir de la ville, on jouit d'une vue fort
tendue sur la valle de l'Olt, trs large en cet endroit. Puis on
approche rapidement des sombres Carpathes, et l'on ne tarde pas 
s'arrter dans la jolie petite ville de Calimanesti, situe dans un
site charmant, et o des sources minrales sulfates, iodes et
ferrugineuses attirent, chaque anne, bon nombre de baigneurs.

La toilette des femmes a un caractre spcial dans cette partie de la
valle. Leurs castrinza sont dcores de paillettes multicolores qui
scintillent sous les feux du soleil, et leurs voiles, toujours en
tissus trs lgers et vaporeux, ont toutes sortes de nuances: on en
voit de jaunes, de verts, de roses et de mauves.

Vers Cozia le paysage devient grandiose; des rochers volcaniques, aux
formes bizarres et contournes, se rapprochent et dominent la route.
Nous traversons le monastre de Cozia, dont la petite glise domine le
rocher de gauche, tandis qu' droite s'lvent les anciens clotres,
aujourd'hui restaurs et transforms en pnitencier. Au del de Cozia,
de hautes falaises dcoupes  pic resserrent la route, le long de
laquelle bouillonne l'Olt, dont nous suivrons dsormais le cours tout
le long du dfil.

Sur la rive oppose, le cocher attire notre attention sur les traces
encore trs visibles de la grande chausse romaine et sur une large
pierre isole qui, dtache de la montagne, s'avance en cap dans la
rivire. C'est la Table de Trajan. La lgende dit que, du haut de
cette pierre o il avait dress sa tente, Trajan assista au dfil de
ses lgions victorieuses.

[Illustration: Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de
Curtea (page 394).--D'aprs une photographie.]

Des aigles planent au-dessus de nos ttes, et s'abattent entre les
rochers convulsionns qui nous entourent. Des arbres touffus ombragent
la route solitaire, et tout  ct l'Olt, troitement encaiss, cume
et bondit en torrent furieux.

La route conserve ce caractre sauvage et grandiose sur une distance
de 17  18 kilomtres. C'est toujours la lutte entre le torrent qui
veut s'ouvrir un passage et le rocher qui lui barre le chemin; d'o
les courbes et les circuits sans nombre qu'il faut faire pour suivre
les zigzags de la rivire.

[Illustration: Au march de Campolung.--D'aprs une photographie.]

Puis peu  peu les montagnes s'cartent, et de pauvres villages
viennent s'chelonner sur les rives de l'Olt devenu moins imptueux.
Voici, tout contre la rivire, les ruines d'une forteresse romaine,
devant laquelle une auberge est venue s'installer. Plus haut, au
sommet d'une colline, les restes du chteau de Landskron, d'o l'on
jouit d'une vue superbe sur le fond de la valle. De nombreux
troupeaux de boeufs, de buffles et de moutons trouvent ici un
excellent pturage. La valle se resserre une fois encore. Nous
approchons des montagnes de Fogaras, du Surul et du Ngo, aux cimes
aigus, dont les fines dentelures grises projettent sur le ciel charg
d'orage leurs sombres silhouettes.  un tranglement de la valle,
accroch au rocher et suspendu au-dessus de la route, le Rotherthurm,
qui a donn son nom au dfil, nous apparat dans ses ruines
majestueuses.

Cette forteresse, s'il faut en croire la lgende, fut un jour si
couverte du sang des Turcs que son badigeon blanc disparut sous
l'affreuse couleur rouge, et c'est en mmoire de cette journe
sanglante que depuis l'on a peint ses murailles en rouge vif.

34 kilomtres sparent Romnicu de Curtea de Arges. Curtea de Arges
doit son nom  Radu Negru, le premier vovode de Valachie, qui vint,
en 1244, y tablir sa cour (curtea) sur la rivire Argis. Il n'est
cependant pas, comme le prtend la lgende, le fondateur du monastre,
qui ne date que de 1512. L'glise, btie par Radu Negru, est la
Biserica Domneasca, glise princire, situe au centre de la ville,
et qui, pour le moment, menaant ruine, et devant subir des
rparations urgentes, est fortement tanonne.

Mais la perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche, toute
scintillante sous ses coupoles dores, qui se dresse  un quart de
lieue de la ville, au sommet d'un monticule isol; c'est l'glise du
monastre, dont on a dit qu' elle seule elle valait le voyage de
Roumanie.

Le crateur de ce bijou architectural, o s'panouit l'art byzantin,
avec des rminiscences d'art arabe et d'art persan, est le prince
Neagu Voda Bessaraba, qui rgna en Valachie en 1513. Dans son enfance,
il fut amen comme otage  Constantinople. Le sultan le prit en
affection et lui fit enseigner l'architecture par un homme de talent
nomm Manoli de Niaesia, avec lequel il btit, entre autres, une des
grandes mosques de Constantinople. De retour dans le pays, il
construisit l'glise du monastre. Il y employa un grs calcaire trs
fin, provenant des carrires voisines d'Albesci. C'est dans ces mmes
carrires que M. Lecomte de Nouy, l'architecte franais qui, en 1875,
restaura l'difice, put encore aisment trouver les matriaux qui lui
taient ncessaires pour son travail.

D'une blancheur de marbre, rehausse par le bleu des maux et par la
dorure des ornementations et des coupoles, l'glise s'lve au milieu
d'une esplanade, entrecoupe de jardins fleuris et clture par un
grillage artistique. Les tourelles, ainsi que les hmicycles de la
partie postrieure, sont couronnes par des dmes en cuivre dor, 
grand relief et  nervures, d'o partent des chanes dores, qui vont
relier les croix  bras multiples, surmontant chaque coupole. Les murs
extrieurs disparaissent sous les torsades, les cussons, les arceaux
et les panneaux  dcoration mauresque, qui les recouvrent. Toute
cette profusion d'maux bleus, rehausss de dorures, est d'une
richesse, d'une varit de dtails telle, qu'un critique a dit
qu'elle tait plutt digne d'une chsse que d'une glise. Les
portes, dans le style des mosques arabes, sont encadres de nombreux
ornements plats, or sur azur. Dans le tympan, de superbes mosaques,
qu'entoure un arceau de pierre blanche, dcoup en fer de lance.
L'intrieur, clair d'un demi-jour mystrieux, tombant des votes, a
t totalement restaur. Les peintures murales, fort dtriores, ont
d tre refaites entirement. On s'est born  rafrachir et  raviver
le reste, et on a respect en tout le bizarre assemblage des styles
divers, runis ici. Des chapiteaux persans surmontent de ravissantes
colonnes, surcharges d'maux azur et or. Des marbres rares, des onyx,
se mlent aux mtaux les plus prcieux, pour parer l'iconostase.

Devant l'entre principale se dresse une gracieuse construction
appele le baptistre. C'est une sorte de pavillon ouvert, form par
quatre colonnes en pierre blanche soutenant quatre arceaux en plein
cintre, dcoups en fer de lance barbel. De lourdes torsades en mail
bleu et des arabesques d'or sur fond d'azur dcorent le haut du petit
difice. Une coupole de cuivre dor et  chanettes, comme celles de
l'glise, merge d'un couronnement de pierres blanches finement
denteles.

Derrire l'glise s'lvent le monastre, les btiments du palais
piscopal et l'glise du sminaire, le tout absolument neuf. Car lors
de la restauration de la clbre glise, il a fallu, pour l'isoler,
dmolir toutes les anciennes constructions qui l'enserraient
compltement.

 part ses glises, Curtea de Arges offre peu d'attrait pour
l'tranger. Des moines  longs cheveux et  longue barbe noire
circulent de tous cts. Leur toilette est irrprochable et contraste
singulirement avec le dnment de la plupart des religieux des autres
monastres. Leur allure est fort simple, et ils s'entretiennent
volontiers avec le peuple, qui semble les avoir en haute estime, et
leur tmoigne le plus profond respect.

Dans l'unique rue de la ville, se tient en ce moment un grand march
de poisson. Il y a l des monceaux de carpes colossales, recouvertes
de gros blocs de glace, des carpes que le Danube,  la suite des crues
de ces derniers jours, a refoules dans ses affluents, et qui sont
bientt tombes dans les filets des pcheurs. Ces poissons, dont le
poids moyen est de dix  vingt kilos, sont dbits en grosses tranches
et se vendent trente centimes le kilo.

Il nous reste une dernire tape  franchir avant d'arriver 
Bucarest, c'est celle qui nous mne  Campolung. Gnralement les
voyageurs s'y rendent par chemin de fer, en descendant jusqu' Pitesci
et en remontant ensuite par Golesci; mais nous prfrons la route de
voiture, qu'on dit tre originale et accidente.

[Illustration: L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment
oblig d'un sjour  Campolung (page 396).--D'aprs une photographie.]

 sept heures et demie du matin nous sommes prts pour notre
expdition.  peine sommes-nous partis depuis une heure, que nous
prouvons une srie de dboires. Les eaux, fortement gonfles par les
dernires pluies, ont emport les ponts, et il nous faut suivre une
route impraticable, descendre en plein lit des torrents, parfois trs
rapides, au risque d'tre inonds dans la voiture. Tout autour de
nous, le paysage rvle la plus grande misre. Les fermes, les huttes,
les chapelles sont dans le plus triste tat de dlabrement, et l'on se
demande vraiment si quelque cataclysme a secou ce coin de terr o
plus rien n'est debout et o tout semble vou  la destruction.  part
quelques pcheurs descendus dans les torrents et qui retiennent de
grands filets pour capturer les poissons, nous ne voyons pas un seul
habitant. Ce n'est qu' Domnesci que l'animation reprend.

Domnesci n'est qu'un pauvre village, mais,  l'occasion du dimanche,
tous les habitants ont revtu leurs plus coquets atours. Ds que nous
exhibons nos appareils de photographie, on nous entoure de la faon la
plus sympathique. Nous n'avons qu'un geste  faire et ces braves gens
se mettent en groupe, enchants de poser devant nous. Il y a mme
certaines jeunes personnes pour qui l'objectif a un tel attrait
qu'elles nous suivent pas  pas et que nous sommes obligs d'user
d'artifices pour ne pas les retrouver constamment sur nos clichs.
L'glise du village, potiquement abrite par un bouquet de grands
arbres, est entoure d'une cour dans laquelle on pntre par une porte
de style trs curieux. Cette porte, quoique appartenant  la plus
misrable commune, perdue au fond des montagnes, est dcore
d'adorables figurines d'anges et de saints, d'inscriptions et de
guirlandes vraiment artistiques. Ces dcorations sont dues  des
artistes nomades qui,  force de reproduire les mmes figurines,
acquirent de l'habilet et mme un vrai talent.

[Illustration: Dans le dfil de Dimboviciora.--D'aprs des
photographies.]

Le pope du village traverse en ce moment la route et regagne le
domicile conjugal, un pain sous le bras. Il est dguenill; il parat
si misrable, sous sa houppelande dteinte et sa haute toque brune,
qu'instinctivement nous dirigeons notre objectif vers lui. Mais
l'avouerai-je, nous sommes retenus par un certain respect devant cette
pauvret digne et fire, qui semble vouloir se drober  nos regards
peut-tre indiscrets. Ces popes de village sont de trs braves et trs
dignes gens, peu instruits, gnralement aims des populations dont
ils partagent la triste condition, mais sur lesquelles ils n'exercent
cependant que peu d'influence.

En remontant les pentes de la valle de Domnesci on aperoit,
presqu'au sommet d'une colline, les coupoles scintillantes d'une
glise de village. C'est l'glise de Slanic, charmante localit propre
et coquette, en contraste frappant avec la rgion misrable et peu
habite que nous venons de traverser. Tout ce village respire
l'aisance et la gaiet. D'normes fermes talent leurs vastes
btiments, leurs larges et belles cours d'une propret irrprochable.
Des jeunes filles, fort jolies et  la mise lgante, vont, viennent,
vaquant aux soins du mnage, au milieu des poulets, des dindons, des
canards, qui sont les seuls htes actuels de ces grandes fermes. Le
gros btail en est absent. Durant tout l't, il pture en libert
dans les montagnes. Le soir, on le parque dans des enclos, et pas un
abri ne le protge contre les intempries.

Au sortir de Slanic, c'est la solitude qui recommence. Des pasteurs
conduisant leurs troupeaux, des groupes de travailleurs tout blancs,
se reposant sous les arbres des rudes fatigues de la fenaison, sont
les seuls tres vivants que nous rencontrions en chemin pendant la
dernire partie du trajet qui nous spare de Campolung. La route
traverse une srie de valles potiques qui descendent des Carpathes.
Dans les lointains, de ravissants bois de bouleaux abritent de leur
ombre les boeufs errant sur les coteaux.  gauche, toujours la chane
bleuissante et vaporeuse des Alpes de Transylvanie. Mais plus une
habitation, plus une hutte; et tout autour de nous c'est un silence de
mort. Enfin, vers quatre heures de l'aprs-midi, nous faisons notre
entre  Campolung.

Campolung est une jolie localit dont l'importance remonte  Radu
Negru, fondateur de la principaut de Valachie. Il n'existe plus
aujourd'hui que de faibles traces de l'ancien palais de ce prince;
mais le grand monastre qu'il fonda  l'entre de la ville, bien
qu'ayant subi d'importantes restaurations, subsiste encore. Une tour
romane, haute de 40 mtres, large de 6, donne accs  la cour
intrieure du monastre. Cette tour imposante, dont le style rappelle
l'influence lombarde, a beaucoup de caractre. C'est un des monuments
les plus anciens et les plus apprcis de la Roumanie. La ville est si
propre, si bien situe, l'air y est d'une puret si remarquable que,
chaque anne, bon nombre de citadins viennent y passer une partie de
l't.

Des hauteurs qui environnent la ville, on dcouvre un superbe panorama
de montagnes. Nous sommes d'ailleurs tout proche des Carpathes, et les
valles qui en descendent sont autant de buts d'excursions agrables
et varies. La ville, quoique peu tendue, a pourtant son quartier
tzigane: une rue entire non loin du monastre. Quelle rue singulire,
surtout vers la soire, alors que de toutes les habitations largement
ouvertes se projettent les lueurs rouges et sinistres des feux de
forge, devant lesquels circulent de superbes femmes en haillons, au
teint mat et aux yeux noirs, et des amours d'enfants demi-nus, qu'on a
revtus, par dcence sans doute, d'une courte veste descendant jusqu'
la ceinture. Des hommes grands et minces,  la figure bronze,
claire par la lueur des foyers, frappent le fer; d'autres dans
l'ombre agitent des soufflets de forge. C'est l'heure du travail pour
ces parias. Leur rude mtier n'est pas supportable pendant les
chaleurs du jour, et ce n'est qu' la nuit tombante que ce quartier se
rveille.

L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig de tout
sjour  Campolung. Cette gorge est une des plus clbres et des plus
visites de cette partie des Carpathes.

Depuis le dpart de Campolung, c'est une succession ininterrompue de
points de vue superbes, d'horizons tranges, o les chanes de
montagnes s'tagent les unes par-dessus les autres, jusque dans un
lointain infini. Au village de Rocaru, nous traversons la Dimbovitza,
que nous ctoierons dans le dfil jusqu' la grotte de Dimboviciora.
La roche blanche qui merge de son lit, entremle de touffes de
verdure sombre, encadre merveilleusement cette petite rivire aux eaux
pures et cristallines. Puis nous approchons rapidement de la haute
muraille dchiquete qui, depuis quelque temps, borne notre horizon,
et au milieu de laquelle se dissimule l'entre du clbre dfil. 
peine pntrons-nous dans la gorge, qu'un spectacle rellement
admirable se dcouvre  nos yeux. Des tours massives, des aiguilles
lances, des murailles inaccessibles, des gradins en ruine, le tout
d'une superbe teinte blanc ros, nous enserrent dans l'troite
crevasse; et dans le haut, une frange de verdure se dessine sur le
ciel bleu.

 la sortie du dfil, le paysage devient moins svre, plus alpestre,
et l'on rencontre quelques pturages et quelques huttes de bois. 
l'une de ces huttes nous mettons pied  terre, et un jeune garon nous
mne jusqu' la grotte de Dimboviciora,  travers un nouveau ddale de
rochers bouls. La grotte s'ouvre au milieu d'un dcor des plus
sauvages; mais malgr les descriptions enthousiastes des guides, elle
vaut  peine une visite.  l'entre, des montagnards affairs, munis
de quelques maigres chandelles, s'offrent  nous prcder. On s'attend
 quelque chose d'un peu fantastique, et l'on n'a devant soi qu'une
caverne de 15  20 mtres de profondeur, avec quelques stalactites et
quelques stalagmites d'un blanc jauntre.

Au retour de cette excursion remarquable, dont certains sites
rappellent la clbre Bastei de la Suisse saxonne, nous visitons une
bien modeste petite abbaye de religieuses, l'abbaye de Namaesci qui
prsente un dtail curieux: son glise est entirement creuse dans un
monolithe. Seuls la tour et un petit avant-corps sont en maonnerie.
Tout l'intrieur est taill dans le rocher, au-dessus duquel on peut
circuler  l'aise, et d'o l'on jouit d'un panorama magnifique. Nous
disons adieu  Campolung. Un embranchement de chemin de fer nous mne
 Golesci, o nous retrouvons la grande ligne de Bucarest.

  (_ suivre._)                         Th. HEBBELYNCK.

[Illustration: Dans les jardins du monastre de Curtea.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--34e LIV.         N 34.--26 Aot 1905.

[Illustration: Sinaa: le chteau royal, castel Pls, sur la montagne
du mme nom (page 406).--D'aprs une photographie.]




EN ROUMANIE[11]

         [Note 11: _Suite. Voyez pages 373 et 385._]

Par M. TH. HEBBELYNCK.

     III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
     Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa,
     promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la Couronne.


[Illustration: Un enfant des Carpathes.--D'aprs une photographie.]

L'entre  Bucarest est une dception pour l'tranger. De la gare au
centre de la ville, on traverse des rues dignes des villages les plus
primitifs, des rues bordes de masures en ruine et de boutiques
infectes, o les trottoirs disparaissent sous des monceaux de fruits
et de lgumes. Mais l'impression se modifie bientt.  ces faubourgs
malpropres succdent de superbes artres, o des difices luxueux
rappellent ceux des plus grandes villes d'Europe.

Les Roumains sont trs fiers de leur capitale, et vantent volontiers
le confort qu'on y trouve. Ils comparent, avec un visible amour-propre
national, leurs voies publiques, admirablement paves, aux abominables
rues de Belgrade, o, aprs un quart d'heure de voiture, on a les
reins briss. Aussi se plaisent-ils  appeler Bucarest le Paris de
l'Orient. Dj en 1884, M. de Blowitz, revenant d'une promenade en
Orient, disait: Je ne crois pas qu'il existe au monde une ville qui
reprsente aussi fidlement que Bucarest le pays dont elle est la
capitale.... La ville de Bucarest,  cette heure, c'est l'image
vivante et curieuse de la Roumanie. Elle se dgage de son incohrence
d'hier, et aspire aux splendeurs de demain. Le haillon se teint en
pourpre, l'ambition va grandissante: c'est la capitale naissante d'un
royaume qui nat.

Avec non moins de vrit, Carmen Sylva, la reine de Roumanie, disait
en 1892: Le Bucarest oriental et pittoresque, le Bucarest aux petites
maisons enfouies dans la verdure, o l'on disait: la maison de
Monsieur un tel ou de Madame une telle (en nommant ces gens par leur
nom de guerre), disparat pour faire place  une ville comme toutes
les autres. Il ne parat oriental qu' ceux qui viennent de
l'Occident. Ceux qui viennent de l'Asie, traversent le Danube avec un
soupir de satisfaction.--Ah! disent-ils, nous voici en Europe.

Encore aujourd'hui Bucarest nous apparat avec tout l'orgueil, toute
l'ambition de l'affranchi d'hier, qui cherche, par son luxe nouveau, 
faire oublier son trop rcent tat de servage. De l, ces contrastes
frappants auxquels on se heurte  chaque pas dans la cit: ici des
maisons basses, vrais taudis de bohmiens, d'o s'chappent des gens 
peine vtus; l des palais somptueux, comme ceux de la Caisse
d'pargne et de l'Htel des Postes, des cafs richement dcors, o
s'tale toute la haute socit roumaine. D'un ct, des boutiques de
ferblanterie, comme celles de la rue de Leipzig, o les dtaillants
exhibent toutes leurs marchandises sur les trottoirs; de l'autre ct,
des magasins luxueux, du got le plus moderne, pouvant rivaliser avec
les plus beaux magasins de Paris.

Les diffrentes classes de la socit prsentent la mme antithse.
D'une part, la caste infrieure, qui n'a pu encore se dpouiller de
l'allure craintive et timide que lui a laisse son long esclavage; et
d'autre part, la classe riche qui, voulant tout d'un coup s'lever au
niveau de la civilisation moderne, s'inspire des moeurs et de la
littrature trangres, et qui,  cause de cela, n'a aucune
physionomie propre. Ds qu'on est au centre de la ville, on ressent
cette impression du plagiat de Paris, Paris l'idal, copi dans ses
monuments, dans ses magasins et mme dans l'allure de ses habitants.
Mais si les plus beaux difices publics sont btis en style parisien,
les maisons particulires ne sont malheureusement pas toujours
construites dans le got le plus pur. La fortune prive est peu
importante, et pourtant chacun veut crer du monumental. De l, ces
vieilles constructions tout habilles de pltre neuf,  grand relief,
qui s'effritent aux premires rigueurs de l'hiver, et qui sont en
perptuelle rparation.

De par sa situation au milieu d'une grande plaine largement ouverte au
nord-est, Bucarest a tous les inconvnients du climat sibrien.
L'hiver y est si long et si dur qu'on n'y circule qu'en traneau
pendant trois mois. En t, le thermomtre monte parfois jusqu' 40
degrs, et les tempratures extrmes peuvent prsenter des carts de
70 degrs. Aussi les beaux arbres sont-ils fort rares: ceux du Nord ne
rsistent pas aux chaleurs torrides de l't, et ceux du midi et de
l'Orient succombent sous les froids rigoureux de l'hiver.

[Illustration: Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village
de Campina (page 404).--D'aprs une photographie.]

Les voitures publiques, trs nombreuses, sont lgres, commodes,
toujours atteles de deux chevaux fringants, russes ou moldaves, et
conduites par des cochers  longue robe de velours serre  la taille
par une ceinture de couleur, et la tte couverte d'une casquette
plate. Les voitures les plus propres, les chevaux les plus vifs
appartiennent  des cochers russes de la secte des lipovanes, secte
religieuse qui pratique le malthusianisme le plus barbare. Ces
cochers, vulgairement appels  Bucarest castrati, se reconnaissent
 ce signe caractristique que tous s'pilent la figure, tandis que
les cochers roumains non affilis se contentent de se raser la
moustache. Ils sont bons, honntes, fort habiles, et bien qu'ils aient
des tarifs plus levs que les cochers roumains, ils sont trs
recherchs.

Bucarest n'a qu'une population de 250000 habitants, et cependant sa
superficie est gale  celle de Vienne: 30 kilomtres carrs. Aussi,
lorsque de l'une ou de l'autre colline, on jette un regard sur la
ville, on est frapp du grand nombre de jardins et de terrains vagues
que l'on y aperoit. Les constructions, les rues, les places
publiques, n'occupent que le quart de son tendue. Aux extrmits de
la ville, se trouvent dissmins de misrables faubourgs; la ville
proprement dite s'tend dans le voisinage de la Dimbovitza. Sur la
rive gauche, se concentrent les ministres, les palais, le quartier
commerant; sur la rive droite, se groupent des monuments religieux et
des tablissements de bienfaisance.

[Illustration: Vue intrieure des mines de sel de Slanic.--D'aprs une
photographie.]

Nous commenons la visite de la ville par une de ses plus anciennes
glises, la Mtropole, construction en style no-byzantin, datant de
1656. Elle est situe sur une colline de la rive droite, et l'on y
jouit d'une vue admirable sur une partie de la ville. Tout autour se
trouvent les btiments de l'ancien monastre, modifis et transforms
aujourd'hui, ceux de gauche en rsidence du mtropolitain, ceux de
droite en Chambre des dputs.

Au bas de la colline, au premier plan du panorama qui se droule
devant nous, s'lve, au milieu de jardins fleuris, l'glise de Domna
Balasa, la plus belle et la plus luxueuse des glises de Bucarest.
Cette glise, qui aprs celle de Curtea de Arges passe pour la plus
remarquable de la Roumanie, est un chef-d'oeuvre de style
no-byzantin.

Domna Balasa est entoure d'hpitaux fonds, ainsi que l'glise mme,
par la fille de Constantin Brancovan, l'avant-dernier vovode indigne
de la Valachie.

Le nombre des hpitaux est trs considrable  Bucarest, et de tout
temps de riches particuliers ont lgu leur fortune pour la cration
et l'entretien de ces tablissements de bienfaisance, qui font la
gloire de la Roumanie. Leur ncessit s'explique par les maladies
pidmiques qu'amne annuellement le contact de la Roumanie avec les
ports d'Orient.

Tout prs de Domna Balasa se trouve l'glise de Spiritou Nou,
remarquable par ses vastes proportions. Cet difice, qui date de 1858,
a remplac une ancienne basilique o les princes phanariotes se
faisaient couronner  leur retour de Constantinople.

Hormis ces quelques difices religieux, la rive droite de la
Dimbovitza n'offre que peu d'intrt; et pour se donner une juste ide
du Bucarest moderne, il faut se rendre dans l'artre principale de la
ville, la Calea Victoriei, ainsi appele au lendemain de la victoire
russo-roumaine sur la Turquie, en 1877-78.

Ici, se concentre tout le mouvement, et dans cette rue interminable
s'chelonnent le Palais, l'vch, l'Athne, le Thtre, les
Ministres, les Ambassades. Les magasins les plus luxueux s'ouvrent
sur la Calea Victoriei, et, devant les principaux htels, le long des
trottoirs, sont attabls de nombreux consommateurs, dgustant des
glaces et des confitures exquises et varies. Tout  l'extrmit de la
Calea Victoriei, s'ouvre la fameuse chausse de Kisselef.

Cette chausse, qui est pour ainsi dire le Bois de Boulogne de
Bucarest, est la promenade favorite et presque obligatoire de la
socit lgante et mondaine. Tous les jours, en hiver, alors que la
neige recouvre la ville, et au printemps qui brusquement succde aux
hivers rigoureux, c'est dans ces grandes avenues, de deux  quatre
heures, un luxe inou de traneaux et d'quipages. En t, la chausse
est absolument dserte, et cette longue avenue solitaire, sans ombre,
brle par le soleil, encadre d'arbres sans vigueur, n'est pas faite
pour enthousiasmer le voyageur.

 l'entre de la chausse s'lve le palais de l'ancien ministre
Stourdza, chef du parti libral. Ce palais colossal, bien qu'un peu
surcharg d'ornements, n'en est pas moins une construction fort
imposante. Il fait face au boulevard Coltei, de cration rcente, o
l'on rencontre une srie d'htels nouveaux, tout blancs,  l'aspect
original. La plupart de ces constructions appartiennent  des
particuliers riches; mais, de mme que la chausse, ce boulevard est
dsert, et les propritaires de ces riantes habitations sont disperss
dans les lieux de villgiature recherchs en Roumanie.

Mais tous ces quartiers nouveaux, quelque riants qu'ils apparaissent,
n'ont aucun cachet original, et l'on se prend  regretter que les
Roumains, dans leur lgitime ambition de placer Bucarest  la hauteur
des grandes villes occidentales, se soient laiss entraner  une
vritable rage de dmolition, au point d'effacer, pour ainsi dire,
toute trace du pass. Ce que les guerres ont pargn, les Roumains,
pour l'esthtique de leur capitale, le dtruisent tous les jours.

Il reste pourtant un petit bijou d'glise qui, malgr son tat de
vtust, est encore approprie au culte grec: c'est le Straviopolis.
Cette construction, vieille de deux cents ans, est en style byzantin
btard, avec un curieux pristyle arabe, aux arcades trilobes,
empruntes au style mauresque. Les emprunts au style arabe sont,
d'ailleurs, trs frquents en Roumanie, et constituent un des traits
distinctifs de l'architecture roumaine.

Terminons notre promenade  travers la ville, par une visite 
l'Universit, qui renferme, outre les locaux destins aux facults de
thologie, de mdecine, etc., une grande salle rserve au Snat
roumain, ainsi que diffrents muses. Au muse d'archologie, nous
retrouvons les superbes fresques anciennes enleves aux monastres,
les manuscrits prcieux, les tapisseries brodes. Mais la perle de ce
muse est le trsor de Petrossa, autrement dit le trsor des Goths. Ce
trsor se compose de dix pices en or massif, datant du IIe sicle de
notre re. Il fut dcouvert en 1837 par des ouvriers qui le vendirent
 vil prix  des bohmiens de passage. Ceux-ci, pour reconnatre la
nature du mtal, fendirent  coups de hache plusieurs de ces objets,
entre autres un plat merveilleux, dcor de figurines  relief, qui se
trouve au muse. Parmi les pices qui chapprent au massacre, il faut
citer un diadme orn de gros grenats, une coupe enrichie de
pierreries, une grande aiguire, un anneau massif. La dcouverte de ce
trsor constitue une trs importante rvlation archologique.

[Illustration: Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des
plus potiques (page 404).--D'aprs une photographie.]

On ne peut quitter Bucarest sans visiter Cotroceni, le premier palais
du roi de Roumanie, aujourd'hui rsidence du prince-hritier Ferdinand
de Hohenzollern. Le palais, entour de jardins, est situ un peu en
dehors de la ville, sur une colline boise.

C'est un ancien monastre fond en 1679 par un Cantacuzne, et quoique
transform et considrablement embelli il a conserv son aspect
monacal: il est froid, svre et triste. On y pntre par une grande
porte vote qui mne dans une premire cour, o les cellules et les
clotres sont convertis en communs. Au milieu d'une seconde cour, se
trouve l'glise, derrire laquelle s'abrite le palais, artistement
orn de guirlandes et de cabochons en majolique. L'intrieur, qu'on
nous permet de visiter en dtail, est fort riche, et dcor avec tout
le got, le luxe et le confort modernes. Le grand hall est peupl des
victimes cyngtiques du prince: ours, sangliers, aigles, coqs de
bruyre. Dans le cabinet de travail, de nombreuses cartes marines, des
coupes, des plans de navires, indiquent les gots et les tudes
prfres de l'hritier de la Couronne.  l'tage, on trouve le home:
les boudoirs, les salons privs de la famille, les chambres d'tude
des jeunes princes, leurs salles de jeux, encombres de jouets
luxueux. Tout cela est gai, riant, sduisant, et forme contraste avec
l'aspect austre de la faade extrieure. Entre Bucarest et Sinaa, se
rencontre Slanic, qui possde une des exploitations de sel gemme les
plus importantes de la Roumanie. Un tronon de chemin de fer, greff
sur la ligne principale, nous y mne directement.

[Illustration: Un coin de Campina.--D'aprs une photographie.]

Les couches de sel gemme s'tendent d'une manire ininterrompue, mais
 des niveaux trs diffrents, sur tout le versant moldave et valaque
des Carpathes. Ainsi,  Rimnik-Sarat, en Moldavie, on voit une
montagne de sel scintillant au soleil; dans d'autres rgions, le
gisement affleure le sol; mais le plus souvent il faut creuser  dix,
vingt, et mme trente mtres de profondeur. Certaines couches n'ont
qu'une paisseur de deux mtres et demi  trois mtres, mais la
plupart ont une paisseur beaucoup plus considrable.

Le sel roumain constitue une des grandes richesses du pays, et il
pourrait, pendant des sicles, approvisionner l'Europe entire. En
gnral, il est trs blanc et cristallin, mais la qualit n'est pas
partout la mme, et l'on trouve, dans les meilleures salines, des
veines stries de rubans noir bleut. Ces stries indiquent la prsence
de l'argile, et le sel qui en provient n'est pas livr  la
consommation: on s'en sert uniquement pour les besoins de
l'agriculture. Parfois aussi, dans certaines couches, se rencontrent
des poches ptrolifres qui communiquent au sel une saveur trs
caractristique que l'on retrouve mme dans le pain auquel on ajoute
de ce sel.

Depuis 1862, l'tat a monopolis l'exploitation du sel gemme. Comme la
production tait trop importante en ces derniers temps, il a arrt le
travail dans les mines de Doftana, dont le produit annuel tait de
25000 tonnes, mais dont le sel tait plus bleutre et de qualit
infrieure  celui de Slanic. Il ne reste donc plus en activit
aujourd'hui que les exploitations de Slanic, de Targul-Ocna et
d'Ocna-Mare.

La profondeur actuelle de la mine de Slanic est de 100 mtres. Au
passage de la cage de descente, on aperoit  20 ou 30 mtres une
premire galerie, puis bientt on arrive au niveau de la grande salle,
taille en vote comme une superbe ogive, de 60 mtres de hauteur. On
se croirait dans une cathdrale de marbre, dont les murs scintillent
sous les reflets blafards des grandes lampes lectriques. Les parois
ressemblent, en effet,  s'y mprendre, au marbre dpoli, et, comme
pour rendre l'illusion plus grande encore, on a mnag le long de ces
normes murailles des parties saillantes, formant contrefort, et
reprsentant des piliers carrs.

Trois cents ouvriers, tout habills de blanc, travaillent dans cette
grande salle; quelques-uns ne conservent que le pantalon, car la
besogne est rude. L'extraction se fait dans le bas dans le sol mme,
qui va ainsi toujours s'approfondissant. Depuis la muraille jusqu'au
petit chemin mnag au centre de la galerie pour la circulation des
wagonnets, on creuse,  la pioche, des sillons parallles, distants de
60 centimtres et ayant 20 centimtres de largeur sur 50 de
profondeur. Puis, au moyen de lourds leviers actionns par deux ou
trois hommes, on dtache du sol de gros blocs qu'on divise ensuite en
morceaux de 25  50 kilos. Dans la salle que nous visitons, le
travail est excut par des hommes libres, mais dans des galeries
spares, il est fait par des forats. Avant 1848, ces malheureux, une
fois descendus dans la mine, ne remontaient plus au jour, et bien peu
d'entre eux survivaient  trois ou quatre annes de ce rgime barbare.
Aujourd'hui, leur vie est devenue supportable et, tous les jours,
aprs huit heures de travail en hiver et douze heures en t, ils
rentrent au pnitencier. En outre, ils reoivent une gratification de
60  80 bani par jour.

Le sel de Slanic est rput le plus beau de la Roumanie, et ses
salines seules fournissent au commerce 300000 kilos par jour. On le
dbite sous deux formes: ou bien en gros blocs informes, ou bien pil
sur place et mis en sac. Aprs la Serbie, les principaux dbouchs
sont la Bulgarie et la Russie.

 peine avons-nous quitt Slanic, que nous entrons dans la rgion
ptrolifre. Toutes les gares sont encombres de wagons-rservoirs qui
rpandent au loin une odeur nausabonde. Nous sommes dans le district
de Prahova, qui occupe le premier rang dans la production totale du
pays.

De Campina, o nous faisons arrt, nous nous rendons en voiture 
Doftana pour visiter les puits et les raffineries. Aux approches du
village, de larges conduites, longeant la route et suintant un liquide
gras et boueux, annoncent le voisinage de la rgion industrielle. Il
nous faut mettre pied  terre devant la Doftana, dont les eaux sont si
basses qu'elles forment une srie d'lots rocailleux entre lesquels se
prcipitent des courants imptueux. Un pont en bois traverse la
rivire. Pour y aboutir, il faut marcher pendant cinq minutes sur la
crte troite d'un mur qui longe la rivire, et qui retient ses eaux
aux poques des crues. Mais notre quipage, qui ne peut naturellement
suivre cette route d'acrobate, doit descendre dans la rivire,
chercher les endroits guables, et, par de nombreux circuits, gagner
la rive oppose. Nous voici dans la rgion des exploitations.  droite
et  gauche, un peu partout autour de nous, d'normes pylnes en
charpente nous indiquent les puits en activit. Tout le sol est
imprgn de ptrole, l'air est satur de ses manations, et les arbres
tout alentour sont sans feuillage. Comme au Caucase et en Amrique, le
forage des puits se fait au moyen du derrick. Mais on ne rencontre que
rarement, en Roumanie, ces sources o, sous la pression des gaz
emmagasins, la soude fait jaillir violemment le liquide au-dessus du
sol. Gnralement on a affaire  des nappes souterraines non
jaillissantes, ou  des couches d'argile ou de schiste qui retiennent
le ptrole  la faon d'une ponge. Dans ce dernier cas, on fore le
sol en plusieurs endroits, et le ptrole va se runir, par exsudation,
au fond d'un puits creus au moyen d'une pompe  succion.

[Illustration: Les villas de Sinaa (page 404).--D'aprs une
photographie.]

Mais que l'on se trouve en prsence d'une nappe souterraine, ou que le
ptrole se dpose par suintement au fond d'un puits artificiel, la
manire de l'amener au jour est la mme. On descend dans les trous de
sonde, garnis au pralable de tuyaux en fonte comme les puits
artsiens, un cylindre de 4  5 mtres de longueur sur 15  20
centimtres de diamtre, et muni d'un clapet  son extrmit
infrieure. Ce cylindre est suspendu  une longue chane qui,
s'enroulant autour d'une poulie, au sommet du pylne, redescend et va
se fixer  un balancier  contrepoids. Un ouvrier,  l'aide du
balancier, fait agir tout le mcanisme, descend le cylindre dans le
puits, et le remonte ensuite  la surface. Alors un second ouvrier
ouvre la soupape, et le liquide se dverse dans des conduites de bois
qui le mnent dans des rservoirs larges et peu profonds.

Le ptrole,  la sortie du puits, est un liquide pais, trouble et
onctueux, de couleur brun-rouge avec des reflets verdtres.

Des rservoirs, o on le dverse  sa sortie du sol, on le conduit, 
l'aide de pipelines, aux usines de raffinage qui se trouvent dans la
valle. La pente du sol ne suffirait pas pour faire voyager le liquide
charg de matires trangres, et on doit le refouler au moyen de
pompes spciales, parfois trs puissantes.

[Illustration: Vues de Bucarest: Le boulevard Coltei. -- L'glise du
Spiritou Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei.
--L'glise mtropolitaine. -- L'universit. -- Le palais Stourdza. --
Un vieux couvent. -- D'aprs des photographies.]

 la raffinerie, on soumet le ptrole  des tempratures s'levant
jusqu' 270 degrs centigrades. Pour les oprations de distillation,
on l'enferme dans des cornues d'o les gaz ne peuvent s'chapper. Il
s'y transforme en naphte, gazoline, etc., etc.

La profondeur des forages varie considrablement, car le ptrole est
distribu, dans toute la rgion des Carpathes,  des diffrences de
niveau trs sensibles. Jusqu'au milieu du XIXe sicle, on ne creusait
gure au del de 30 mtres, pour recueillir ce liquide, dont on se
servait uniquement pour le graissage des voitures. Aujourd'hui, on
fore les puits  une profondeur variant de 130  400 mtres, et la
production qui, dj, en 1900, avait t de 247000 tonnes, a
notablement augment en 1901, grce surtout  l'extension prise par la
Steana Romana, la plus importante des Socits roumaines pour
l'exploitation du ptrole.

Mais les progrs de l'exploitation ne sont pas en rapport avec
l'importance des gisements ptrolifres; et les vices d'organisation
des Socits exploitantes, l'absence de dividendes rmunrateurs,
loignent les capitaux trangers cependant si ncessaires  la
prosprit industrielle de la Roumanie.

La promenade de Campina  Sinaa par la route de voiture est une des
plus potiques qu'on puisse rver. Une srie de paysages riches, d'un
coloris superbe, se droule  nos yeux, tandis que nous remontons la
valle de la Prahova. La rivire est borde de rochers rougetres
couverts de maigres prairies, dans le bas. Dans le haut, des touffes
de saules, d'un gris d'argent, sont jetes en dsordre sur leurs
flancs. Les fermes sont plus grandes, mieux construites, bien
entretenues, et les habitants n'ont plus l'aspect servile et craintif,
l'air de chien battu que nous avons remarqu chez presque tous les
campagnards.

[Illustration: Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et
les htels de la ville (page 406).--D'aprs une photographie.]

Une importante fabrique de ciment groupe autour d'elle tout un village
aux habitations blanches, recouvertes de tuiles rouges. C'est la
richesse qui pntre dans la rgion; mais avec elle le charme, la
posie disparaissent, et bientt cette route sera souille et ternie
par les fumes des usines qui ne tarderont pas  s'installer sur ses
bords.

Au fond de la valle, large et profonde, roule la Prahova, dont les
mandres et les circuits innombrables vont se perdre dans la plaine
lointaine. Ses eaux, divises en une infinit de minces filets,
scintillent au soleil comme de longues et capricieuses tranes
d'argent, escortes des deux rubans d'acier de la voie ferre.
Franchissant des ravins sauvages, ctoyant de sombres prcipices, nous
entrons dans la fort, suivant  mi-cte les sinuosits de la
montagne.

Au coeur de la fort, au pied d'un norme rocher de 2500 mtres, tout
dentel, tout dnud, s'abrite Sinaa.

Sinaa, villgiature de cration rcente, doit sa prosprit au sjour
du roi et de la reine de Roumanie, qui choisirent un des sombres
vallons de la Prahova comme rsidence d't. Autour d'eux, se groupa
bientt toute la haute socit du royaume: ministres, dputs,
ambassadeurs, dignitaires de la Cour et de l'arme. Aujourd'hui, tout
ce que Bucarest a de plus distingu passe l't  Sinaa.

Nous pntrons dans Sinaa par une large et somptueuse avenue, borde
de villas magnifiques, qui aboutit  un jardin tout maill de fleurs,
gay de jets d'eau, avec de vastes pelouses, courtes et serres,
servant de plaines de jeux. Les htels de Sinaa sont tablis dans ce
jardin. Ils ne sont gure nombreux, du reste: trois, quatre,
peut-tre. Aussi sont-ils bonds d'trangers, et nous avons de la
peine  y trouver logement.

[Illustration: Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa
(page 406).--D'aprs une photographie.]

 l'htel Sinaa, qu'on nous a spcialement recommand, l'htel
Caraman tant en reconstruction, il ne reste plus que des mansardes
au second. Comme nous hsitons  accepter ce logement, on nous montre
des chambres voisines, disposes de la mme manire et occupes par
des ambassadeurs. Cela nous dcide.

L'htel est bon, mais d'une propret orientale  laquelle
malheureusement nous ne parvenons pas  nous faire. Dans la plupart
des appartements, on ne trouve que des divans, qui, pour la nuit, sont
transforms en lits, et qui, le jour, servent de siges.

Au restaurant, toutefois, on se croirait encore  Paris. Tout le monde
parle franais; on sert la cuisine franaise, et seule la mignonne
tasse de caf turc, qu'on vous prsente  la fin du repas, vous
rappelle que vous tes aux portes de l'Orient.

Les vins roumains sont gnralement fins et dlicats. Les vins blancs
de Dragashani et de Cotnar surtout, conquirent immdiatement nos
suffrages. Nous apprcions moins favorablement les vins rouges, dont
on semble faire beaucoup de cas, et qu'on cherche  mettre sur le mme
pied que les vins du Bordelais. Bien que les Roumains aient fait de
louables efforts pour faire prosprer leurs vignobles, qu'ils aient
mme fait venir de France de nombreux vignerons pour la prparation de
leurs vins rouges, ceux-ci ne pourront jamais supporter la comparaison
avec les vins franais.

 Sinaa, la vie est luxueuse et chre; d'ailleurs, le Roumain riche
est dpensier: il aime la toilette, le plaisir: c'est un civilis dans
toute la force du terme.

Le monde qui nous entoure  l'htel est du monde officiel. C'est
l'htel des ambassadeurs, des ministres  portefeuille. Il y a l des
familles roumaines qui mnent grand train, et se distinguent par des
allures fort mondaines.

Les grands noms qu'elles portent me rappellent une des particularits
de l'tat civil roumain. Ce n'est pas qu'on puisse mettre en doute
l'authenticit de leur haute origine; mais, jusqu'en ces dernires
annes, l'hrdit des noms n'existait pas. Gnralement mme on
s'appelait tout simplement Jean fils de Philippe, Philipesco, comme on
dit en Serbie Pavitsh, fils de Paul, et chacun pouvait  son gr
ajouter  son prnom le nom de son voisin, voire le nom d'un prince ou
d'un gnral illustre, qu'il faisait sien, et transmettait  ceux de
ses hritiers qui voulaient l'accepter. De sorte que ces grands noms,
qui nous rappellent des personnages clbres, ne doivent pas nous
faire croire qu'on se trouve ncessairement en prsence de leurs
descendants, mais plutt des descendants d'un admirateur de leur nom
illustre.

Une rafale pouvantable, accompagne d'une pluie diluvienne, a secou
nos fentres durant la nuit entire, et le matin,  notre lever, nous
voyons les routes, lamentablement boueuses, se perdre dans un
brouillard de triste augure. Que faire  Sinaa quand il pleut? On n'y
voit ni kursaal, ni casino; et dans les htels, trop troits dj pour
le nombre de voyageurs qui s'y entassent, on trouve  peine un salon
de lecture et une salle de billard. Malgr la pluie fine et
persistante, nous nous dcidons  faire une promenade d'exploration.

Montant un peu dans les bosquets derrire l'htel, nous arrivons
bientt au monastre. Fond en 1695 par Michel Cantacuzne, il se
compose, comme tous les monastres de quelque importance, de deux
cours autour desquelles sont distribues les habitations des moines et
les dpendances du couvent. Au centre de chacune des deux cours, se
trouve une petite glise byzantine. L'une d'elles est aujourd'hui en
voie de restauration, et, grce au concours du roi, la restauration
promet d'tre fort belle.

Longtemps le monastre servit d'asile, dans les temps de troubles, aux
habitants de la plaine, qui cherchaient un abri dans les montagnes;
plus tard, il offrit encore l'hospitalit aux voyageurs.

Lorsque le roi Carol et la reine lisabeth, attirs par le charme
puissant, l'trange posie de la fort de Sinaa, la plus verte et la
plus touffue des Carpathes, vinrent pour la premire fois y passer une
partie de la belle saison, c'est dans les dpendances du monastre
qu'ils s'installrent d'abord.

Ce n'est qu'aprs quelques annes de villgiature qu'ils se dcidrent
 construire, dans un vallon potique, derrire le couvent, un chteau
de plaisance qui, grce au got artistique de la reine, devint un des
joyaux de la Roumanie. Bientt, cet exemple fut suivi, et du sein de
la fort s'levrent, de tous cts, de gracieuses villas, de
ravissants chalets. Le Gouvernement construisit deux htels de passage
pour les voyageurs: Sinaa tait cr.

[Illustration: Une demeure princire de Sinaa.--D'aprs une
photographie.]

Le chteau royal, Castel Pls, prend son nom de la montagne sur
laquelle il est situ. Vu de loin, il surgit d'une paisse fort de
sapins que dominent les artes nues et roses des monts Bucegi. Cette
superbe construction, en briques et en bois, o le gothique se mle au
byzantin, est un ensemble harmonieux et sduisant de tourelles
lances, de pignons tronqus, avec de vastes terrasses et des balcons
hardis. C'est un rve d'artiste, de pote, et cet artiste, ce pote,
c'est Carmen Sylva. En effet, qui parle de Sinaa voque immdiatement
l'image de la souveraine, de la cratrice de cette charmante station
d't. La reine de Roumanie, on le sait, est une de ces femmes
suprieures vivant de posie, d'art et de mlancolie. Elle parcourt
volontiers la fort, elle en connat tous les dtours, et, pour
pouvoir y rver plus  loisir, elle s'est fait construire une demeure
arienne, un chalet suspendu dans des arbres, tout au sommet d'un de
ces pics nombreux qui dominent Sinaa. C'est le Nid de la Princesse,
comme on l'appelle ici. De l, son regard s'tend sur tous les
environs.

Il y a quelques annes, il n'tait pas rare de la voir errer dans les
bois, revtue, ainsi que les dames de sa suite, du charmant costume
national, qui seyait  merveille  sa taille haute et majestueuse.
Mais cette noble tentative pour remettre en honneur, parmi les dames
de la haute socit, le gracieux costume blanc, sem de broderies
byzantines, n'a pas rencontr le succs qu'elle mritait. Les
Roumaines, moins potiques que leur souveraine, sont fascines par les
modes de Paris, et le costume national aujourd'hui fait tache 
Sinaa. On ne le retrouve plus gure que comme article de curiosit,
au march qui se tient le dimanche matin, le long de la grand'route.
Des paysannes y talent sur le gazon, au bord du chemin et sur les
cltures des jardins, leurs broderies superbes, des chemises aux
dessins riches et varis, des voiles vaporeux et des articles de
toilette travaills avec un got exquis et tout  fait artistique.
Vraiment Sinaa est un lieu de villgiature trange! On croirait
devoir rencontrer ici des succursales de toutes les grandes maisons de
Bucarest, des magasins o la foule lgante puisse satisfaire tous ses
caprices. Erreur!

[Illustration: Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour
les habitants de Sinaa (page 408).--D'aprs une photographie.]

Nous avons parcouru Sinaa-village. Il ne se compose que d'une ruelle
tortueuse et fort en pente. On n'y voit qu'une modeste picerie  ct
de quelques misrables choppes o l'on vend du poisson et des
lgumes.  Sinaa mme, vous trouverez un coiffeur, un photographe,
des ptissiers; mais tous les articles de ncessit premire y font
absolument dfaut.

Ce qui fait l'attrait, le charme spcial de la localit, ce sont les
ravissantes promenades qu'on peut varier  l'infini dans les valles
et sur le flanc des montagnes. Ds qu'on quitte la grand'route, on
s'engage dans des sentiers parfaitement entretenus qui mnent au coeur
mme de la fort; et c'est ici que l'on comprend le royal caprice de
Carmen Sylva. On ne peut rien rver de plus sauvage, de plus potique,
de plus idal. C'est la fort vierge, dans toute l'acception du mot.
Des arbres de six mtres de pourtour  la base et hauts de cinquante
mtres au moins, se pressent les uns contre les autres. Ce sont pour
la plupart des sapins et des htres, dont la sombre verdure habille
les rochers sur une grande altitude.

Tout le sol est tapiss d'immenses fougres et de mousse. a et l,
d'normes troncs renverss restent abandonns sur le sol. Personne ne
les enlve. La fort fait partie du domaine royal, et le roi, qui
ailleurs exploite trs intelligemment ses proprits, ne veut pas
qu'on y touche, qu'on enlve quoi que ce soit  cette nature
superbement sauvage; et l'ouragan seul peut renverser les gants de la
fort.

Chaque sentier de la montagne aboutit  un site diffrent. Le hasard
nous mne  la promenade Sainte-Anne,  la limite de la fort. Au
del, au-dessus de nos ttes, c'est une arte nue, d'un gris ros, une
arte qui parat infranchissable; et pourtant, tout en haut, nous
apercevons un pavillon qui semble nous narguer.

Mais il se fait tard, et le temps est incertain. Nous n'osons pas nous
aventurer plus loin. Du haut d'un refuge, adoss d'un ct au rocher,
tandis que de l'autre il repose dans les branches d'un de ces grands
sapins que nous avons tant admirs, nous jouissons d'une vue
remarquable sur les valles profondes et verdoyantes qui s'ouvrent
au-dessous de nous. Castel Pls est  nos pieds, comme un minuscule
jouet d'enfant, perdu dans l'immensit sombre. Sinaa tout entier est
cach par la fort, et tout autour de nous c'est la solitude, le
silence majestueux et profond.

La brave femme, gardienne du refuge, nous prsente du meilleur coeur
son manteau de fourrure pour nous protger contre le froid piquant de
la montagne; mais nous nous contentons de la dlicieuse tasse de caf
turc qu'elle nous offre, et qui, pris tout brlant, calme promptement
le frisson que nous avions ressenti  notre arrive. Et pendant les
quelques moments que nous passons encore chez elle, elle chante, en
s'accompagnant de la mandoline, les mlancoliques chants nationaux
roumains.

Si, par les jours de pluie, Sinaa semble dsert et maussade, ds que
le soleil parat quelles joyeuses envoles vers tous les coins de la
fort! La musique militaire clate en bruyantes fanfares dans les
jardins, tandis que la musique tzigane fait retentir les chos de la
montagne de ses accents sauvages et passionns.

Une des plus intressantes excursions aux environs de Sinaa est celle
de Busteni, jolie localit situe  quelque distance de l. Si l'on a
le choix, il faut s'y rendre le dimanche dans l'aprs-midi. Busteni
est alors le rendez-vous des paysans et des paysannes, qui viennent y
prendre leurs bats.

La route qui y mne est resserre entre de superbes rochers rostres
qui s'lancent vers le ciel, et la rivire Prahova, dont le lit norme
et en grande partie dessch est sillonn par une infinit de petits
filets d'eau. C'est certainement un des coins les plus sauvages des
Carpathes du sud. On est immdiatement au-dessous de ces normes
masses nues et denteles, dont les premiers contreforts seuls sont
couverts par la fort.

Les habitants de Busteni ont revtu aujourd'hui dimanche leurs plus
beaux atours, et les paysannes scintillent sous les feux des
paillettes qui recouvrent leurs toilettes de fte. C'est que tous les
dimanches il y a des danses publiques dans le village. Aussi, de tous
cts, on entend les violons et les fltes lancer leurs notes aigus,
et  chaque auberge les groupes se forment. Mais les vraies danses
n'ont lieu que le soir.

Nous assistons ici,  une des curieuses petites scnes qui
accompagnent les mariages roumains.  l'abri de la vranda d'une ferme
se trouvent les parents et amis des futurs maris. Tout  coup, la
fiance, en toilette voyante, le voile sem de paillettes d'or,
s'chappe de la maison en courant, et se prcipite sur la grand'route,
feignant de fuir. Aussitt le fianc et deux de ses amis se mettent 
sa poursuite, la rattrapent et l'entranent de force dans la maison.
Cette scne est, parat-il, conserve dans les mariages roumains en
souvenir de l'enlvement des Sabines.

 Busteni, se trouve une des douze proprits faisant partie du
Domaine de la Couronne. On s'est plu  y riger des coles-modles,
des maisons-modles, des fermes-modles. On y trouve aussi des
scieries, des fabriques de tissus: bref, c'est un modeste village en
voie de devenir une vraie cit industrielle et riche.

Le Domaine de la Couronne exerce partout, du reste, une influence
salutaire sur les campagnards. Grce aux nombreuses coles construites
par l'Administration du Domaine, les paysans sont mis au courant de la
manire rationnelle de cultiver la terre, et d'utiliser les derniers
perfectionnements de l'agriculture. On leur enseigne ce qui concerne
les plantations, l'levage des bestiaux, l'agriculture. Tous les
efforts de la Couronne, puissamment seconds par des auxiliaires
intelligents, sont dirigs vers l'amlioration des classes rurales.
Dans le cours de son rgne, le roi a multipli les voies de
communication, trac des grand'routes, fait appel aux ingnieurs
trangers pour construire des chemins de fer. D'autre part, rien n'a
t nglig pour instruire le paysan, pour assainir son habitation,
pour lui procurer l'outillage ncessaire, pour l'affranchir de ses
nombreux exploiteurs. Mais, on ne saurait assez le rpter, le servage
a laiss des traces profondes; et si certaines rgions centrales, et
notamment celle qui s'tend de Prdal  Bucarest, se sont
merveilleusement et intelligemment dveloppes, les confins montagneux
de la Roumanie sont encore,  peu de chose prs, ce qu'ils taient
sous la domination turque.

                                        Th. HEBBELYNCK.

[Illustration: Slanic: un wagon de sel.--D'aprs une photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.


       *       *       *       *       *


TABLE DES GRAVURES ET CARTES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_


  En rickshaw sur la route du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      1

  L'lphant du touriste  Djapour.                                 1

  Petit sanctuaire latral dans l'un des temples djans du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      2

  Pont de cordes sur le Djhilam, prs de Garhi. (Dessin de Massias,
    d'aprs une photographie.)                                       3

  Les Karvas ou plateaux alluviaux forms par les rosions du
    Djhilam. (D'aprs une photographie.)                             4

  Ekkas et Tongas sur la route du Kachmir: vue prise au relais
    de Rampour. (D'aprs une photographie Jadu Kissen,  Delhi.)     5

  Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam  Ouri. (D'aprs une
    photographie.)                                                   6

  Shr-Garhi ou la Maison du Lion, palais du Mahrdja  Srnagar.
    (Photographie Bourne et Sheperd,  Calcutta.)                    7

  L'entre du Tchinar-Bgh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
    Srnagar; au premier plan une dounga, au fond le sommet du
    Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)          7

  Ruines du temple de Brankoutri. (D'aprs une photographie.)        8

  Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
     Delhi.)                                                        9

  Le quai de la Rsidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            10

  La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam  Baramoula.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            11

  Nos tentes  Lahore. (D'aprs une photographie.)                  12

  Dounga ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
    et Shepherd,  Calcutta.)                                       13

  Vichnou port par Garouda, idole vnre prs du temple de
    Vidja-Broer (hauteur 1m 40.)                                    13

  Enfants de bateliers jouant  cache-cache dans le creux d'un
    vieux platane. (D'aprs une photographie.)                      14

  Batelires du Kachmir dcortiquant du riz, prs d'une range de
    peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd,  Calcutta.)       15

  Campement prs de Palhallan: tentes et doungas. (D'aprs une
    photographie.)                                                  16

  Troisime pont de Srnagar et mosque de Shah Hamadan; au fond,
    le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)    17

  Le temple inond de Pandrethan. (D'aprs une photographie.)       18

  Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  19

  Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthn.
    (D'aprs une photographie.)                                     20

  Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, 
    Delhi.)                                                         21

  Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din,  Vidjabroer. (D'aprs une
    photographie.)                                                  22

  Le temple de Panyech:  gauche, un brahmane;  droite, un
    musulman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                  23

  Temple hindou moderne  Vidjabroer. (D'aprs une photographie.)   24

  Brahmanes en visite au Naga ou source sacre de Valtongou.
    (D'aprs une photographie.)                                     25

  Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosque,
     Houtamourou, prs de Bhavan.                                  25

  Temple ruin,  Khotair. (D'aprs une photographie.)              26

  Naga ou source sacre de Kothair. (D'aprs une photographie.)     27

  Ver-Ng: le bungalow au-dessus de la source. (D'aprs une
    photographie.)                                                  28

  Temple rustique de Voutanr. (D'aprs une photographie.)          29

  Autel du temple de Voutanr et accessoires du culte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  30

  Noce musulmane,  Rozlou: les musiciens et le fianc. (D'aprs
    une photographie.)                                              31

  Sacrifice bhramanique,  Bhavan. (D'aprs une photographie.)      31

  Intrieur de temple de Martand: le repos des coolies employs au
    dblaiement. (D'aprs une photographie.)                        32

  Ruines de Martand: faade postrieure et vue latrale du temple.
    (D'aprs des photographies.)                                    33

  Place du campement sous les platanes,  Bhavan. (D'aprs une
    photographie.)                                                  34

  La Ziarat de Zan-oud-Din,  Eichmakam. (Photographie Bourne et
    Shepherd,  Calcutta.)                                          35

  Naga ou source sacre de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
    (D'aprs une photographie.)                                     36

  Maisons de bois,  Palgm. (Photographie Bourne et Shepherd, 
    Calcutta.)                                                      37

  Palanquin et porteurs.                                            37

  Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
    miraculeuse. (D'aprs une photographie.)                        38

  Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la valle du Lidar
    au-dessus de Palgm, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          39

  Valle d'Amarnth: vue prise de la grotte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  40

  Pondjtarni et le camp des plerins: au fond, la passe du
    Mahgounas. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                41

  Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
    Zodji-Pl. (D'aprs une photographie.)                          42

  Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac ecra-Nag.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            43

  Grotte d'Amarnth. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)           43

  Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'aprs une
    photographie.)                                                  44

  Campement de Goudjars  Astan-Marg. (D'aprs une photographie.)   45

  Le bain des plerins  Amarnath. (D'aprs une photographie.)      46

  Plerins d'Amarnth: le Sdhou de Patiala; par derrire, des
    brahmanes, et  droite, des musulmans du Kachmir. (D'aprs une
    photographie.)                                                  47

  Mosque de village au Kachmir. (D'aprs une photographie.)        48

  Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
     Calcutta.)                                                    49

  Mendiant musulman. (D'aprs une photographie.)                    49

  Le Brahma Sr et le camp des plerins au pied de l'Haramouk.
    (D'aprs une photographie.)                                     50

  Lac Gangbal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
    Kissen,  Delhi.)                                               51

  Le Noun-Kl, au pied de l'Haramouk, et le bain des plerins.
    (D'aprs une photographie.)                                     52

  Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs houkas (pipes) et leur
    hangri (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)   53

  Temples ruins  Vangth. (D'aprs une photographie.)             54

  Mla ou foire religieuse  Hazarat-Bal. (En haut, photographie
    par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen,  Delhi.)       55

  La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srnagar. (D'aprs
    une photographie.)                                              56

  Nishat-Bgh et le bord oriental du lac de Srnagar. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          57

  Le canal de Mar  Sridagar. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  58

  La mosque de Shah Hamadan  Srnagar (rive droite). (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          59

  Spcimens de l'art du Kachmir. (D'aprs une photographie.)        60


SOUVENIRS DE LA COTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.


  La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement de force
    pour la mise  l'eau d'une pirogue. (D'aprs une photographie.) 61

  Le fminisme  Adoko: un mdecin concurrent de l'auteur.
    (D'aprs une photographie.)                                     61

  Travail et Maternit ou Comment vivent les femmes de
    Petit-Alp. (D'aprs une photographie.)                       62

   Motso: soins maternels. (D'aprs une photographie.)            63

  Installation de notre campement dans une clairire dbroussaille.
    (D'aprs une photographie.)                                     64

  Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie, et une
    douzaine de grands mortiers destins  la prparation de l'huile
    de palme. (D'aprs une photographie.)                           65

  Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file indienne.
    (D'aprs une photographie.)                                     66

  Nous utilisons le ft renvers d'un arbre pour traverser la M.
    (D'aprs une photographie.)                                     67

  La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'aprs une
    photographie.)                                                  68

  Indignes coupant un acajou. (D'aprs une photographie.)          69

  La cte d'Ivoire.--Le pays Atti.                                 70

  Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les
    indignes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lave,
    d'aprs une photographie.)                                      71

  La rue principale de Grand-Alp. (D'aprs une photographie.)     72

  Les Trois Graces de Mop (pays Atti). (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Femme du pays Atti portant son enfant en groupe. (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Une clairire prs de Mop. (D'aprs une photographie.)           74

  La garnison de Mop se porte  notre rencontre. (D'aprs une
    photographie.)                                                  75

  Femme de Mop fabriquant son savon  base d'huile de palme et de
    cendres de peaux de bananes. (D'aprs une photographie.)        76

  Danse excute aux funrailles du prince hritier de Mop.
    (D'aprs une photographie.)                                     77

  Toilette et embaumement du dfunt. (D'aprs une photographie.)    78

  Jeune femme et jeune fille de Mop. (D'aprs une photographie.)   79

  Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso  Daboissu.
    (D'aprs une photographie.)                                     80

  Beni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de ses femmes
    et de ses hauts dignitaires. (D'aprs une photographie.)        81

  Chute du Mala-Mala, affluent du Como,  Malamalasso. (D'aprs
    une photographie.)                                              82

  La valle du Como  Malamalasso. (D'aprs une photographie.)     83

  Tam-tam de guerre  Mop. (D'aprs une photographie.)             84

  Piroguiers de la cte d'Ivoire pagayant. (D'aprs une
    photographie.)                                                  85

  Allou, le boy du docteur Lamy. (D'aprs une photographie.)        85

  La fort tropicale  la cte d'Ivoire. (D'aprs une
    photographie.)                                                  86

  Le dbitage des arbres. (D'aprs une photographie.)               87

  Les lianes sur la rive du Como. (D'aprs une photographie.)      88

  Les occupations les plus frquentes au village: discussions et
    farniente Atti. (D'aprs une photographie.)                    89

  Un incendie  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)           90

  La danse indigne est caractrise par des poses et des gestes
    qui rappellent une pantomime. (D'aprs une photographie.)       91

  Une inondation  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)        92

  Un campement sanitaire  Abidjean. (D'aprs une photographie.)    93

  Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine. (D'aprs une
    photographie.)                                                  94

  Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de fivre jaune.
    (D'aprs une photographie.)                                     95

  Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne. (D'aprs une
    photographie.)                                                  96


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_


  L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
    violtre.                                                       97

  Une jeune fille elboise, au regard nergique,  la peau d'une
    blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.                   97

  Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100).     98

  Porto-Ferraio:  l'entre du port, une vieille tour gnoise,
    trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.               99

  Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napolon
    pour se rendre  sa maison de campagne de San Martino.         100

  Porto-Ferraio: la porte de mer, o aborda Napolon.              101

  La teste de Napolon (page 100).                               102

  Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses faades
    scintillantes de clart (page 99).                             103

  Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un bleu
    sombre leur profil anguleux (page 99).                         103

  La faade extrieure du Palais des Mulini o habitait Napolon
     Porto-Ferraio (page 101).                                    104

  Le jardin imprial et la terrasse de la maison des Mulini
    (page 102).                                                    105

  La Via Napoleone, qui monte au Palais des Mulini.              106

  La salle du conseil  Porto-Ferraio, avec le portrait de la
    dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon,
    d'aprs le tableau de Grard.                                  107

  La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec ses
    volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire
    l'empereur (page 101).                                         107

  Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protge du
    soleil.                                                        108

  Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
    Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur.          109

  Un enfant elbois.                                                109

  Marciana Alta et ses ruelles troites.                           110

  Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du rivage et
    ses embarcations tires sur la grve.                          111

  Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
    Giove.                                                         112

  ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nues
    (page 111).                                                    113

  La Seda di Napoleone sur le Monte Giove o l'empereur
    s'asseyait pour dcouvrir la Corse.                            114

  La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithtre de
    rochers est entoure de sveltes cyprs (page 117).             115

  Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et cubiques ont
    l'air de dominos empils... (page 118).                        115

  J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nues.  116

  Une des trois chambres de l'ermitage.                            117

  L'ermitage du Marciana o l'empereur reut la visite de la
    comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.                        117

  Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille citadelle
    espagnole (page 117).                                          118

  La maison de Madame Mre  Marciana Alta.--Bastia, signor!--La
    chapelle de la Madone sur le Monte Giove.                      119

  Le coucher du soleil sur le Monte Giove.                         120

  Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.       121

  L'arrive de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        121

  Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc, bande
    orang-rouge et trois abeilles jadis dores.                   122

  La salle de bains de San Martino a conserv sa baignoire de
    pierre.                                                        123

  La chambre de Napolon  San Martino.                            123

  La cour de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        124

  Une femme du village de Marciana Alta.                           125

  Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
    reprsentant Napolon et Marie-Louise.                         126

  San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes 
    la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123).    126

  Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant Napolon sous la
    figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte.            127

  La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte avec ses
    peintures murales et son bassin  sec.                         127

  Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napolon
    aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque
    d'Ajaccio.                                                     128

  La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aeule
    portait  la cour des Mulini.                                  129

  ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy en
    souvenir d'elle  la signora Traditi, femme du maire de
    Porto-Ferraio.                                                 130

  Le lit de Madame Mre, qu'elle s'tait fait envoyer de Paris 
    l'le d'Elbe.                                                  130

  Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
    chauffait,  un petit brasero de terre jaune, ses mains
    osseuses.                                                      131

  L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la flottille
    impriale, le 26 fvrier 1815.                                 132


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes_.


  Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
    Ksar-el-Benat (page 142). (D'aprs une photographie.)          133

  Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page 140).    133

  Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les traces de
    vie antique a dict l'itinraire.                              134

  L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
    l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137).                  135

  Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses; parfois, au
    milieu, se creuse en foss. (D'aprs une photographie.)        136

  Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'aprs une
    photographie.)                                                 137

  Les crtes des collines sont couronnes de chapelles ruines
    (page 142).                                                    138

  Alep est une ville militaire. (D'aprs une photographie.)        139

  La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui l'avoisinent
    (page 143). (D'aprs une photographie.)                        139

  Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40 mtres.
    (D'aprs une photographie.)                                    140

  Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le Kasios. (D'aprs
    une photographie.)                                             141

   Alep une seule mosque peut presque passer pour une oeuvre
    d'art. (D'aprs une photographie.)                             142

  Tout alentour d'Alep la campagne est dserte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 143

  Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi.                       144

  Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une taupinire
    (page 147). (D'aprs une photographie.)                        145

  Stle Hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier ravalement
    (page 148).                                                    145

  glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au dehors.
    (D'aprs une photographie.)                                    146

  Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat  la forme des
    habitations. (D'aprs une photographie.)                       147

  La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations romaines
    et byzantines. (D'aprs une photographie.)                     148

  Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indfiniment
    (page 148). (D'aprs une photographie.)                        149

  Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page 146).
    (D'aprs une photographie.)                                    150

  Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans; sur leur personne,
    pas de haillons (page 152). (D'aprs une photographie.)        151

  Ras-el-An. Deux jours se passent, mlancoliques, en ngociations
    (page 155). (D'aprs une photographie.)                        152

  J'ai laiss ma tente hors les murs devant Orfa. (D'aprs une
    photographie.)                                                 153

  Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le sol. (D'aprs
    une photographie.)                                             154

  Vue gnrale d'Orfa. (D'aprs une photographie.)                 155

  Porte arabe  Rakka (page 152). (D'aprs une photographie.)      156

  Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports dans le
    bac  force de bras (page 159). (D'aprs une photographie.)    157

  Bdouin. (D'aprs une photographie.)                             157

  Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes debout.
    (D'aprs une photographie.)                                    158

  Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent dans la cour
    et devant la piscine (page 157). (D'aprs une photographie.)   159

  Pont byzantin et arabe (page 159). (D'aprs une photographie.)   160

  Mausole d'Alif, orn d'une frise de ttes sculptes (page 160).
    (D'aprs une photographie.)                                    161

  Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs de Cyrrhus.
    (D'aprs une photographie.)                                    162

  Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille (page 165).
    (D'aprs une photographie.)                                    163

  L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
    corps de lgionnaires romains (page 160). (D'aprs une
    photographie.)                                                 163

  Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a remplac les
    premires habitations (page 166).                              164

  Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166). (D'aprs une
    photographie.)                                                 165

  Pre Maronite (page 168). (D'aprs une photographie.)            166

  Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
    (D'aprs une photographie.)                                    167

  Trappe de Checkhl: premires habitations des trappistes
    (page 166). (D'aprs une photographie.)                        168


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_


  Indignes hbridais de l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat. (D'aprs
    une photographie.)                                             170

  Une case de l'le de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'aprs
    une photographie.)                                             171

  Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat, prsente
    une rade magnifique. (D'aprs une photographie.)               172

  C'est  Port-Vila ou Franceville, dans l'le Vat, que la France
    a un rsident. (D'aprs une photographie.)                     173

  Dieux indignes ou Tabous. (D'aprs une photographie.)           174

  Les indignes hbridais de l'le Mallicolo ont un costume et
    une physionomie moins sauvages que ceux de l'le Pentecte.
    (D'aprs des photographies.)                                   175

  Pirogues de l'le Vao. (D'aprs une photographie.)               176

  Indignes employs au service d'un bateau. (D'aprs une
    photographie.)                                                 177

  Un sous-bois dans l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 178

  Un banquet de Franais  Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La colonie franaise de Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La rivire de Luganville. (D'aprs une photographie.)            180


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_


  Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
    (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         181

  La reine des cloches Tsar Kolokol (page 180). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 181

  Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
    dans les rues de Moscou (page 183).                            182

  Les paysannes en plerinage arrives enfin  Moscou, la cit
    sainte (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  183

  Une chapelle o les passants entrent adorer les icnes
    (page 183). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         184

  La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se dcouvrir
    (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        185

  Une porte du Kreml (page 185). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    186

  Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
    entourent la cit sainte (page 185). (D'aprs une photographie
    de M. J. Cahen.)                                               187

  Deux villes dans le Kreml: celle du XVe sicle, celle d'Ivan,
    et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
    (page 190).                                                    188

  Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses crneaux, ses tours aux
    toits aigus (page 183). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    189

  Tout prs de l'Assomption, les deux glises-soeurs se dressent:
    les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 189

   l'extrmit de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
    de ses clochers (page 184). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    190

  Du haut de l'Ivan Vliki, la ville immense se dcouvre (page 190).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    191

  Un des isvotchiks qui nous mnent grand train  travers les rues
    de Moscou (page 182).                                          192

  Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchs moscovites,
    entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent l
    leurs produits (page 195). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        193

  L'isvotchik a revtu son long manteau bleu (page 194). (D'aprs
    une photographie de M. J. Cahen.)                              193

  Itinraire de Moscou  Tomsk.                                    194

   ct d'une picerie, une des petites boutiques o l'on vend le
    kvass, le cidre russe (page 195). (D'aprs une photographie de
    M. J. Cahen.)                                                  195

  Et des Tatars offraient des toffes tales sur leurs bras
    (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         196

  Patients, rsigns, les cochers attendent sous le soleil de midi
    (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         197

  Une cour du quartier ouvrier, avec l'icne protectrice (page 196).
    (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)                     198

  Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
    relie la vieille ville  la nouvelle, la citadelle au march
    (page 204). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         199

  Le march tincelait dans son fouillis (page 195). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  200

  Dj la grande industrie pntre: on rencontre  Moscou des
    ouvriers modernes (page 195). (D'aprs une photographie.)      201

  Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    202

  Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent,  tous les
    tages, autour de grandes cours (page 196). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  203

  Le char funbre tait blanc et dor (page 194). (D'aprs une
    photographie.)                                                 204

   Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
    Tcherkesses (page 208). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        205

  Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand chle
    (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        205

  Nous avons travers le grand pont qui mne  la foire (page 205).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    206

  Au dehors, la vie de chaque jour s'talait, ple-mle, 
    l'orientale (page 207). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        207

  Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    208

  Dans les rues, les petits marchands taient innombrables
    (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         209

  Dans une rue, c'taient des coffres de toutes dimensions, peints
    de couleurs vives (page 206). (D'aprs une photographie de M.
    J. Cahen.)                                                     210

  Prs de l'asile, nous sommes alls au march aux cloches
   (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)          211

  Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques taient pendues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         211

  Dans une autre rue, les charrons avaient accumul leurs roues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         212

  Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchs
    des dbarcadres ou des stations (page 215). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  213

  Le Kreml de Kazan. C'est l que sont les glises et les
    administrations (page 214). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    214

  Sur la berge, des tarantass taient ranges (page 216). (D'aprs
    une photographie de M. Thibeaux.)                             215

  Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
    (page 213). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        216

   presque toutes les gares il se forme spontanment un petit
    march (page 222). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  217

  Dans la plaine (page 221). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    217

  Un petit fumoir, vitr de tous cts, termine le train
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        218

  Les migrants taient l, ple-mle, parmi leurs misrables
    bagages (page 226). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        219

  Les petits garons du wagon-restaurant s'approvisionnent
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        220

  migrants prenant leur maigre repas pendant l'arrt de leur train
    (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)           221

  L'ameublement du wagon-restaurant tait simple, avec un bel air
    d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222

  Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibrien.
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                223

  L'glise, prs de la gare de Tchliabinsk, ne diffre des isbas
    neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
    du Guide du Transsibrien.)                                  224

  Un train de constructeurs tait remis l, avec son wagon-chapelle
    (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)          225

  Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
    la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)      226

  Un point d'migration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
    Koulomzine.)                                                   227

  Enfants d'migrants (page 228). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    228

  Un petit march dans une gare du Transsibrien. (Photographie de
    M. Legras.)                                                    229

  La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isol (page 230).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    229

  Nous sommes passs prs d'une glise  clochetons verts (page 230).
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                230

  Tomsk a group dans la valle ses maisons grises et ses toits
    verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)              231

  Aprs la dbcle de la Tome, prs de Tomsk (page 230). (D'aprs
    une photographie de M. Legras.)                                232

  Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
    (page 232). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        233

  La cathdrale de la Trinit  Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         234

  Tomsk: en revenant de l'glise (page 234). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 235

  Tomsk n'tait encore qu'un campement, sur la route de l'migration
    (page 231). (D'aprs une photographie.)                        236

  Une rue de Tomsk, dfinie seulement par les maisons qui la bordent
    (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)                    237

  Les cliniques de l'Universit de Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         238

  Les longs btiments blancs o s'abrite l'Universit (page 237).
    (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.)           239

  La voiture de l'icne stationnait parfois (page 230). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 240

  Flneurs  la gare de Petropavlosk (page 242). (D'aprs une
    photographie de M. Legras.)                                    241

  Dans les valles de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
    (page 245). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        241

  Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'aprs une
    photographie.)                                                 242

  Les rivires roulaient une eau claire (page 244). (D'aprs une
    photographie.)                                                 243

  La ligne suit la valle des rivires (page 243). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 244

  Comme toute l'activit commerciale semble frle en face des eaux
    puissantes de la Volga! (page 248.) (D'aprs une photographie
    de M. G. Cahen.)                                               245

  Bachkirs sculpteurs. (D'aprs une photographie de M. Paul
    Labb.)                                                        246

   la gare de Tchliabinsk, toujours des migrants (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. J. Legras.)                    247

  Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
    (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)                     248

  Joie nave de vivre, et mlancolie.--un petit march du sud
    (page 250). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)         249

  Un russe dans son vtement d'hiver (page 249). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  250

  Dans tous les villages russes, une activit humble, pauvre de
    moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  251

  L, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)         252


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_


  Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
    promenade. (Photographie Alinari.)                             253

  Porte de la cathdrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        253

  Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
    San Salvatore. (D'aprs une photographie.)                     254

  La ville de Lugano descend en amphithtre jusqu'aux rives de son
    lac. (Photographie Alinari.)                                   255

  Lugano: faubourg de Castagnola. (D'aprs une photographie.)      256

  La cathdrale de Saint-Laurent: sa faade est dcore de figures
    de prophtes et de mdaillons d'aptres (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        257

  Saint-Roch: dtail de la fresque de Luini  Sainte-Marie-des-Anges
    (Photographie Alinari.)                                        258

  La passion: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260). (Photographie Alinari)                             259

  Saint Sbastien: dtail de la grande fresque de Luini 
    Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.)                260

  La madone, l'enfant Jsus et Saint Jean, par Luini, glise
    Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.)     261

  La Scne: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260).                                                    262

  Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
    (Photographie Alinari.)                                        263

  Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
    (D'aprs une photographie.)                                    264


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_


  Les quais sont anims par la population grouillante des Chinois
    (page 266). (D'aprs une photographie.)                        265

  Acteurs du thtre chinois. (D'aprs une photographie.)          265

  Plan de Shangha.                                                266

  Shangha est sillonne de canaux qui,  mare basse, montrent
    une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hlne
    de Harven.)                                                    267

  Panorama de Shangha. (D'aprs une photographie.)                268

  Dans la ville chinoise, les camelots sont nombreux, qui dbitent
    en plein vent des marchandises ou des lgendes extraordinaires.
    (D'aprs une photographie.)                                    269

  Le poste de l'Ouest, un des quatre postes o s'abrite la milice
    de la Concession franaise (page 272). (D'aprs une
    photographie.)                                                 270

  La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
    chinoise de Shangha (page 268).                               271

  Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
    l'arrive du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
    Harven.)                                                       271

  Une maison de th dans la cit chinoise. (D'aprs une
    photographie.)                                                 272

  Les brouettes, qui transportent marchandises ou indignes, ne
    peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
    (page 270). (D'aprs une photographie.)                        273

  La prison de Shangha se prsente sous l'aspect d'une grande cage,
     forts barreaux de fer. (D'aprs une photographie.)           274

  Le parvis des temples dans la cit est toujours un lieu de
    runion trs frquent. (D'aprs une photographie.)            275

  Les murs de la cit chinoise, du ct de la Concession franaise.
    (D'aprs une photographie.)                                    276

  La navigation des sampans sur le Ouang-P. (D'aprs une
    photographie.)                                                 277

  Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'aprs une photographie.)   277

  Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
    (D'aprs une photographie.)                                    278

  Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
    apparence (page 282).                                          279

  Les jeunes Chinois flnent au soleil dans leur Cit.
    (Photographies de Mlle H. de Harven.)                          279

  Sur les quais du Yang-King-Pang s'lvent des btiments, banques
    ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'aprs une
    photographie.)                                                 280

  Le quai de la Concession franaise prsente,  toute heure du
    jour, la plus grande animation. (D'aprs une photographie.)    281

  Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entre de la pagode. (D'aprs
    une photographie.)                                             282

  L'omnibus du pauvre (wheel-barrow ou brouette) fait du deux 
    l'heure et cote quelques centimes seulement. (D'aprs une
    photographie.)                                                 283

  Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'aprs une
    photographie.)                                                 284

  Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
    chinois de Tou-Ka-Dou. (D'aprs une photographie.)             285

  Chinoises de Shangha. (D'aprs une photographie.)               286

  Village chinois aux environs de Shangha. (D'aprs une
    photographie.)                                                 287

  Le charnier des enfants trouvs (page 280). (D'aprs une
    photographie.)                                                 288


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_


  L'cole maternelle de Hampton accueille et occupe les ngrillons
    des deux sexes. (D'aprs une photographie.)                    289

  Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'aprs une
    photographie.)                                                 289

  Booker T. Washington, le leader de l'ducation des ngres aux
    tats-Unis, fondateur de l'cole de Tuskegee, en costume
    universitaire. (D'aprs une photographie.)                     290

  Institut Hampton: le cours de maonnerie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 291

  Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 292

  Institut Hampton: le cours d'lectricit. (D'aprs une
    photographie.)                                                 293

  Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 294

  Le salut au drapeau excut par les ngrillons de l'Institut
    Hampton. (D'aprs une photographie.)                           295

  Institut Hampton: le cours de chimie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 296

  Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'aprs
    une photographie.)                                             297

  Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 298

  Institut Hampton: le cours de botanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 299

  Institut Hampton: le cours de mcanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 300


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan._


  Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
    (D'aprs une photographie.)                                    301

  Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'aprs une
    photographie.)                                                 301

  Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
    d'Astrabad  Kirman.                                           302

  Les femmes persanes s'enveloppent la tte et le corps d'amples
    toffes. (D'aprs une photographie.)                           303

  Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravag, une rivire
    presque  sec; au fond, des constructions  l'aspect de fortins.
    (D'aprs une photographie.)                                    304

  Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
    visits de l'Asie. (D'aprs une photographie.)                 305

  La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'aprs une
    photographie.)                                                 306

  Enfants nomades de la Perse orientale. (D'aprs une
    photographie.)                                                 307

  Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 308

  Les prparatifs d'un campement dans le dsert de Lout. (D'aprs
    une photographie.)                                             309

  Le dsert de Lout n'est surpass, en aridit, par aucun autre de
    l'Asie. (D'aprs une photographie.)                            310

  Avant d'arriver  Kirman, nous avions  traverser la chane de
    Kouhpaia. (D'aprs une photographie.)                          311

  Rien n'gale la dsolation du dsert de Lout. (D'aprs une
    photographie.)                                                 312

  La communaut Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
    souhaiter la bienvenue. (D'aprs une photographie.)            313

  Un marchand de Kirman. (D'aprs une photographie.)               313

  Le dme de Djabalia, ruine des environs de Kirman, ancien
    sanctuaire ou ancien tombeau. (D'aprs une photographie.)      314

   Kirman: le jardin qui est lou par le Consulat, se trouve  un
    mille au del des remparts. (D'aprs une photographie.)        315

  Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 316

  Les gardes indignes du Consulat anglais de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 317

  La plus ancienne mosque de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
   (D'aprs une photographie.)                                     318

  Membres des cheikhis, secte qui en compte 7 000 dans la province
    de Kirman. (D'aprs une photographie.)                         319

  La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
    mosques de Kirman. (D'aprs une photographie.)                320

  Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
    terrain de plaisance occup par des jardins. (D'aprs une
    photographie.)                                                 321

  Les environs de Kirman comptent quelques maisons de th. (D'aprs
    une photographie.)                                             322

  Une tour de la mort, o les Zoroastriens exposent les cadavres.
    (D'aprs une photographie.)                                    323

  Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
    Kirman. (D'aprs une photographie.)                            324

  Le Farma Farma. (D'aprs une photographie.)                    325

  Indignes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 325

  Carte du Makran.                                                 326

  Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupes autour
    d'un fort. (D'aprs une photographie.)                         327

  Des forts abandonns rappellent l'ancienne puissance du
    Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)                     328

  Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 329

  La passe de Fanoch, faisant communiquer la valle du mme nom et
    la valle de Lachar. (D'aprs une photographie.)               330

  Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 331

  Une halte dans les montagnes du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 332

  Baloutches du district de Sarhad. (D'aprs une photographie.)    333

  Un fortin sur les frontires du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 334

  Dans les montagnes du Makran:  des collines d'argile succdent
    de rugueuses chanes calcaires. (D'aprs une photographie.)    335

  Bureau du tlgraphe sur la cte du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 336

  L'oasis de Djalsk, qui s'tend sur 10 kilomtres carrs, est
    remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
    (D'aprs une photographie.)                                    337

  Femme Parsi du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)        337

  Carte pour suivre les dlimitations de la frontire
    perso-baloutche.                                               338

  Nous campmes  Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
    palmeraie. (D'aprs une photographie.)                         339

  C'est  Kouak que les commissaires anglais et persans s'taient
    donn rendez-vous. (D'aprs une photographie.)                 340

  Le sanctuaire de Mahoun, notre premire tape sur la route de
    Kouak. (D'aprs une photographie.)                             341

  Cour intrieure du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une
    photographie.)                                                 342

  Le khan de Klat et sa cour. (D'aprs une photographie.)         343

  Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.)     344

  Dans la valle de Kalagan, prs de l'oasis de Djalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             345

  Oasis de Djalsk: Des difices en briques abritent les tombes
    d'une race de chefs disparue. (D'aprs une photographie.)      346

  Indignes de l'oasis de Pandjgour,  l'est de Kouak. (D'aprs
    une photographie.)                                             347

  Camp de la commission de dlimitation sur la frontire
    perso-baloutche. (D'aprs une photographie.)                   348

  Campement de la commission des frontires perso-baloutches.
    (D'aprs une photographie.)                                    349

  Parsi de Yezd. (D'aprs une photographie.)                       349

  Une sance d'arpentage dans le Seistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 350

  Les commissaires persans de la dlimitation des frontires
    perso-baloutches. (D'aprs une photographie.)                  351

  Le delta du Helmand.                                             352

  Sculptures sassanides de Perspolis. (D'aprs une photographie.) 352

  Un gouverneur persan et son tat-major. (D'aprs une
    photographie.)                                                 353

  La passe de Buzi. (D'aprs une photographie.)                    354

  Le Gypsies du sud-est persan.                                    355

  Sur la lagune du Helmand. (D'aprs une photographie.)            356

  Couple baloutche. (D'aprs une photographie.)                    357

  Vue de Yezd, par o nous passmes pour rentrer  Kirman. (D'aprs
    une photographie.)                                             358

  La colonne de Nadir s'lve comme un phare dans le dsert.
    (D'aprs une photographie.)                                    359

  Mosque de Yezd. (D'aprs une photographie.)                     360


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_


  Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
    votes un peuple de divinits de pierre.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 361

  Emblme dcoratif (art khmer). (D'aprs une photographie.)       361

  Porte d'entre de la cit royale d'Angkor-Tom, dans la fort.
    (D'aprs une photographie.)                                    362

  Ce grand village, c'est Siem-Rap, capitale de la province.
    (D'aprs une photographie)                                     363

  Une chausse de pierre s'avance au milieu des tangs. (D'aprs
    une photographie.)                                             364

  Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
    montagne sacre. (D'aprs une photographie.)                   365

  Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'aprs une
    photographie.)                                                 366

  La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomtres de tour;
    c'est un long clotre. (D'aprs une photographie.)             367

  Trois dmes hrissent superbement la masse formidable du temple
    d'Angkor-Wat. (D'aprs une photographie.)                      367

  Bas-relief du temple d'Angkor. (D'aprs une photographie.)       368

  La fort a envahi le second tage d'un palais khmer. (D'aprs
    une photographie.)                                             369

  Le gouverneur rquisitionne pour nous des charrettes  boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    370

  La jonque du deuxime roi, qui a, l'an dernier, succd  Norodom.
    (D'aprs une photographie.)                                    371

  Le palais du roi,  Oudong-la-Superbe. (D'aprs une
    photographie.)                                                 371

  Sculptures de l'art khmer. (D'aprs une photographie.)           372


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_


  La petite ville de Petrozeny n'est gure originale; elle a, de
    plus, un aspect malpropre. (D'aprs une photographie.)         373

  Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'aprs une
    photographie.)                                                 373

  Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de l'auteur.          374

  Vendeuses au march de Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)   375

  La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
     Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)                      376

  C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois nous voyons
    des buffles domestiques. (D'aprs une photographie.)           377

  Montagnard roumain endimanch. (Clich Anerlich.)                378

  Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation modeste.
    (D'aprs une photographie.)                                    379

  Nous croisons des paysans roumains. (D'aprs une photographie.)  379

  Costume national de gala, roumain. (Clich Cavallar.)            380

  Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
    conserv leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.)   381

  Un rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    382

  Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et svres, sous
    le linge blanc. (D'aprs une photographie.)                    383

  En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'aprs une
    photographie.)                                                 384

  Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes sont
    dcores de paillettes multicolores.                           385

  Dans le village de Slanic. (D'aprs une photographie.)           385

  Roumaine du dfil de la Tour-Rouge. (D'aprs une photographie.) 386

  La petite ville d'Horezu est charmante et anime. (D'aprs une
    photographie.)                                                 387

  La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche,
    scintillante sous ses coupoles dores. (D'aprs une
    photographie.)                                                 388

  Une ferme prs du monastre de Bistritza. (D'aprs une
    photographie.)                                                 389

  Entre de l'glise de Curtea. (D'aprs une photographie.)        390

  Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme costume
    que les moines. (D'aprs une photographie.)                    391

  Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de Curtea.
    (D'aprs une photographie.)                                    392

  Au march de Campolung. (D'aprs une photographie.)              393

  L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig
    d'un sjour  Campolung. (D'aprs une photographie.)           394

  Dans le dfil de Dimboviciora. (D'aprs des photographies.)     395

  Dans les jardins du monastre de Curtea.                         396

  Sinaa: le chteau royal, Castel Pels, sur la montagne du mme
    nom. (D'aprs une photographie.)                               397

  Un enfant des Carpathes. (D'aprs une photographie.)             397

  Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
    (D'aprs une photographie.)                                    398

  Vue intrieure des mines de sel de Slanic. (D'aprs une
    photographie.)                                                 399

  Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des plus
    potiques. (D'aprs une photographie.)                         400

  Un coin de Campina. (D'aprs une photographie.)                  401

  Les villas de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                402

  Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'glise du Spiritou
    Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
    L'glise mtropolitaine.--L'Universit.--Le palais Stourdza.
    -- Un vieux couvent. -- (D'aprs des photographies.)           403

  Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et les
    htels de la ville. (D'aprs une photographie.)                404

  Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa. (D'aprs
    une photographie.)                                             405

  Une demeure princire de Sinaa. (D'aprs une photographie.)     406

  Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour les habitants
    de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                         407

  Slanic: un wagon de sel. (D'aprs une photographie.)             408


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._


   la kermesse.                                                   409

  Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.      409

  Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant,
    un joug sur les paules.                                       410

  Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
    demeure de haut en bas.                                        410

  Emplettes familiales.                                            411

  Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs
    grosses jupes.                                                 411

  Jeune mtayre de Middelburg.                                    412

  Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit
     un pont.                                                     412

  Une mre, songeuse, promenait son petit garon.                  413

  Une famille hollandaise au march de Middelburg.                 414

  Le march de Middelburg: considrations sur la grosseur des
    betteraves.                                                    415

  Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.    416

  Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit
    bonassement.                                                   417

  Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe.                417

  Le village de Zoutelande.                                        418

  Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches
    blanches.                                                      419

  Aussi comme on l'aime, ce home.                                  420

  Les filles de l'htelier de Wemeldingen.                         421

  Il se campe prs de son cheval.                                  421

  Je rencontre  l'ore du village un couple minuscule.            422

  La campagne hollandaise.                                         423

  Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen.      423

  Par tous les sentiers, des marmots se juchrent.                 424

  Le pre Kick symbolisait les gnrations des Nerlandais
    dfunts.                                                       425

  Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.               426

  L'une entonna une chanson.                                       427

  Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.             428

  Famille hollandaise en voyage.                                   429

  Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit.                   429

  Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs
    par de forts chevaux.                                          430

  La digue de Westkapelle.                                         431

  Les cluses ouvertes.                                            432

  Les petits garons rdent par bandes,  grand bruit de sabots
    sonores....                                                    433

  Jeune mre  Marken.                                             433

  Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
    peintres de tous les pays.                                     434

  Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites
    filles de Volendam font plaisir  voir.                        435

  Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.  436

  Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle,
     forme de salade renverse.                                 437

  Deux pcheurs accroupis au soleil,  Volendam.                   438

  Une lessive consciencieuse.                                      439

  Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.    440

  Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis.    441

  Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure
    personnelle.                                                   442

  Un commencement d'idylle  Marken.                               443

  Les petites filles sont charmantes.                              444


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_


  Le lac sacr d'Osiris, situ au sud-est de son temple, qui a t
    dtruit. (D'aprs une photographie.)                           445

  Sti Ier prsentant des offrandes de pain, lgumes, etc. (D'aprs
    une photographie.)                                             445

  Une rue d'Abydos. (D'aprs une photographie.)                    446

  Maison d'Abydos habite par l'auteur, pendant les trois premires
    annes. (D'aprs une photographie.)                            447

  Le prtre-roi rendant hommage  Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.)          448

  Thot prsentant le signe de la vie aux narines du roi Sti Ier
    (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une
    photographie.)                                                 449

  Le dieu Thot purifiant le roi Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris, mur sud). (D'aprs une photographie.) 450

  Vue intrieure du temple de Ramss II. (D'aprs une
    photographie.)                                                 451

  Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Sti Ier.
    (D'aprs une photographie.)                                    451

  Temple de Sti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due 
    Ramss II. (D'aprs une photographie.)                         452

  Temple de Sti Ier, mur est, montrant des scnes diverses du
    culte. (D'aprs une photographie.)                             453

  Table des rois Sti Ier et Ramss II, faisant des offrandes aux
    rois leurs prdcesseurs. (D'aprs une photographie.)          454

  Vue gnrale du temple de Sti Ier, prise de l'entre. (D'aprs
    une photographie.)                                             455

  Procession des victimes amenes au sacrifice (temple de
    Ramss II). (D'aprs une photographie.)                        456


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_


  Le bazar de Tackhent s'tale dans un quartier vieux et ftide.
    (D'aprs une photographie.)                                    457

  Un Kozaque de Djarghess. (D'aprs une photographie.)             457

  Itinraire de Tachkent  Prjevalsk.                              458

  Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  459

  Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 460

  Un contrefort montagneux borde la rive droite du tchou.
    (D'aprs une photographie.)                                    461

  Le bazar de Prjevalsk, principale tape des caravaniers de
    Viernyi et de Kachgar. (D'aprs une photographie.)             462

  Couple russe de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)           463

  Arrive d'une caravane  Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  464

  Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'aprs une
    photographie.)                                                 465

  Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'aprs une
    photographie.)                                                 466

  Le monument de Prjevalsky,  Prjevalsk. (D'aprs une
    photographie.)                                                 467

  Des ttes humaines, grossirement sculptes, monuments funraires
    des Nestoriens... (D'aprs une photographie.)                  467

  Enfants kozaques sur des boeufs. (D'aprs une photographie.)     468

  Un de nos campements dans la montagne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 469

  Monte du col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)           469

  Dans la valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)         470

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         470

  La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indignes. (D'aprs
    une photographie.)                                             471

  Au sud du col s'levait une blanche pyramide de glace. (D'aprs
    une photographie.)                                             472

  La valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              473

  Le col de Karaguer, valle de Tomghent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 474

  Sur le col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)              475

  J'tais enchant des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
    (D'aprs une photographie.)                                    475

  Le plateau de Saridjass, peu tourment, est pourvu d'une herbe
    suffisante pour les chevaux. (D'aprs une photographie.)       476

  Nous passons  gu le Kizil-Sou. (D'aprs des photographies.)    477

  Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'aprs une photographie.)   478

  Entre de la valle de Kachkateur. (D'aprs une photographie.)   479

  Nous baptismes Kachkateur-Tao, la pointe de 4 250 mtres que
    nous avions escalade. (D'aprs une photographie.)             479

  La valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.)               480

  Des Kirghizes d'Oustchiar taient venus  notre rencontre.
    (D'aprs une photographie.)                                    481

  Kirghize joueur de flte. (D'aprs une photographie.)            481

  Le massif du Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              482

  Rgion des Monts Clestes.                                       482

  Les Kirghizes mnent au village une vie peu occupe. (D'aprs
    une photographie.)                                             483

  Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
    glace. (D'aprs une photographie.)                            484

  Valle suprieure d'Inghiltchik. (D'aprs une photographie.)     485

  Valle de Kaende: l'eau d'un lac s'coulait au milieu d'une
    prairie maille de fleurs. (D'aprs une photographie.)        486

  Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangrent, avec leurs
    enfants, sur notre passage. (D'aprs une photographie.)        487

  Le chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)                488

  Nous salumes la valle de Kaende comme un coin de la terre des
    Alpes. (D'aprs une photographie.)                             489

  Femmes maries de la valle de Kaende, avec leur progniture.
    (D'aprs une photographie.)                                    490

  L'lment mle de la colonie vint tout l'aprs-midi voisiner
    dans notre campement. (D'aprs une photographie.)              491

  Un aoul kirghize.                                              492

  Yeux brids, pommettes saillantes, nez pat, les femmes de
    Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'aprs une photographie.) 493

  Enfant kirghize. (D'aprs une photographie.)                     493

  Kirghize dressant un aigle. (D'aprs une photographie.)          494

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         494

  Nous rencontrmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
    troupeau. (D'aprs une photographie.)                          495

  Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'taient, pour
    nous recevoir, assembls sur une minence. (D'aprs une
    photographie.)                                                 496

  Le glacier de Kaende. (D'aprs une photographie.)                497

  L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.                            498

  Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'aprs des
    photographies.)                                                498

  Kirghizes de Kaende. (D'aprs une photographie.)                 499

  Le pic de Kaende s'lve  6 000 mtres. (D'aprs une
    photographie.)                                                 500

  La fille du chirta (chef) de Kaende, fiance au kaltch de la
    valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.)                   501

  Le kaltch (chef) de la valle d'Irtach, l'heureux fianc de
    la fille du chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)     502

  Le glacier de Kaende.                                            503

  Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'aprs
    des photographies.)                                            503

  Retour des champs. (D'aprs une photographie.)                   504

  Femmes kirghizes de la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Un chef de district dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
    pyramide. (D'aprs une photographie.)                          506

  Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Clestes,
    emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'aprs une
    photographie.)                                                 507

  La valle de Zououka, par o transitent les caravaniers de Viernyi
     Kachgar. (D'aprs une photographie.)                         508

  Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du mme nom,
    frquent par les nomades qui se rendent  Prjevalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             509

  Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'aprs une photographie.)  510

  talon kirghize de la valle d'Irtach et son cavalier. (D'aprs
    une photographie.)                                             511

  Vhicule kirghize employ dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 511

  Les roches plisses des environs de Slifkina, sur la route de
    Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)                         512

  Campement kirghize, prs de Slifkina. (D'aprs une
    photographie.)                                                 513

  Femme kirghize tannant une peau. (D'aprs une photographie.)     514

  Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'aprs une photographie.)   515

  Tombeau kirghize. (D'aprs une photographie.)                    516


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_


  L'espoir des Fero se rendant  l'cole. (D'aprs une
    photographie.)                                                 517

  Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
    (D'aprs une photographie.)                                    517

  Thorshavn apparut, construite en amphithtre au fond d'un petit
    golfe.                                                         518

  Les fermiers de Kirkeboe en habits de fte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 519

  Les poneys feroens et leurs caisses  transporter la tourbe.
    (D'aprs une photographie.)                                    520

  Les dnicheurs d'oiseaux se suspendent  des cordes armes d'un
    crampon. (D'aprs une photographie.)                           521

  Des lots isols, des falaises de basalte ruines par le heurt
    des vagues. (D'aprs des photographies.)                       522

  On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
    environ 6 mtres. (D'aprs une photographie.)                  523

  Les femmes feroennes prparent la laine.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 524

  On sale les morues. (D'aprs une photographie.)                  525

  Feroen en costume de travail. (D'aprs une photographie.)       526

  Les femmes portent une robe en flanelle tisse avec la laine
    qu'elles ont carde et file. (D'aprs une photographie.)      527

  Dj mlancolique!... (D'aprs une photographie.)                528


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_


  Groupe de Brahmanes lecteurs franais. (D'aprs une
    photographie.)                                                 529

  Musicien indien de Pondichry. (D'aprs une photographie.)       529

  Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
    compliqu. (D'aprs une photographie.)                         530

  La visite du march est toujours une distraction utile pour le
    voyageur. (D'aprs une photographie.)                          531

  Indienne en costume de fte. (D'aprs une photographie.)         532

  Groupe de Brahmanes franais. (D'aprs une photographie.)        533

  La pagode de Villenour,  quelques kilomtres de Pondichry.
    (D'aprs une photographie.)                                    534

  Intrieur de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 535

  La Fontaine aux Bayadres. (D'aprs une photographie.)           536

  Plusieurs rues de Pondichry sont larges et bien bties.
    (D'aprs une photographie.)                                    537

  tang de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.)     538

  Brahmanes franais attendant la clientle dans un bazar.
    (D'aprs une photographie.)                                    539

  La statue de Dupleix  Pondichry. (D'aprs une photographie.)   540


UNE PEUPLADE MALGACHE

LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_


  Les populations souhaitent la bienvenue  l'tranger. (D'aprs
    une photographie.)                                             541

  Femme d'Ankarimbelo. (D'aprs une photographie.)                 541

  Carte du pays des Tanala.                                        542

  Les femmes tanala sont sveltes, lances. (D'aprs une
    photographie.)                                                 543

  Panorama de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)             544

  Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'aprs une
    photographie.)                                                 545

  Un partisan tanala tirant  la cible  Fort-Carnot. (D'aprs
    une photographie.)                                             546

  Enfants tanala. (D'aprs une photographie.)                      547

  Les hommes, tous arms de la hache. (D'aprs une photographie.)  548

  Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creus, et recouverts
    d'un drap. (D'aprs une photographie.)                         549

  Le battage du riz. (D'aprs une photographie.)                   550

  Une halte de partisans dans la fort. (D'aprs une
    photographie.)                                                 551

  Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)  552

  Les Tanala au repos perdent toute leur lgance naturelle.
    (D'aprs une photographie.)                                    553

  Une jeune beaut tanala. (D'aprs une photographie.)             553

  Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste lgant et souple.
    (D'aprs une photographie.)                                    554

  Le chant du e manenina,  Iaborano. (D'aprs une
    photographie.)                                                 555

  La rue principale  Sahasinaka. (D'aprs une photographie.)      556

  La danse est excute par des hommes, quelquefois par des femmes.
    (D'aprs une photographie.)                                    557

  Un danseur botomaro. (D'aprs une photographie.)                 558

  La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degr.
    (D'aprs des photographies.)                                   559

  Tapant  coups redoubls sur un long bambou, les Tanala en tirent
    une musique trange. (D'aprs une photographie.)               560

  Femmes tanala tissant un lamba. (D'aprs une photographie.)      561

  Le village et le fort de Sahasinaka s'lvent sur les hauteurs
    qui bordent le Faraony. (D'aprs une photographie.)            562

  Un dtachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
    (D'aprs une photographie.)                                    563

  Profil et face de femmes tanala. (D'aprs une photographie.)     564


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_


  Les murailles de Sfax, vritable dcor d'opra.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Carte de la rgion du Bou Hedma (sud tunisien).                  566

  Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'aprs
    une photographie.)                                             567

  L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
    fivre. (D'aprs une photographie.)                            568

  Le cirque du Bou Hedma. (D'aprs une photographie.)              569

  L'oued Hadedj sort d'une troite crevasse de la montagne.
    (D'aprs une photographie.)                                    570

  Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'annes.
    (D'aprs une photographie.)                                    571

  Un puits dans le dfil de Touninn. (D'aprs une photographie.)  571

  Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sdentaires, qui
    cultivent oliviers et figuiers. (D'aprs une photographie.)    572

  De temps en temps la fort de gommiers se rvle par un arbre.
    (D'aprs une photographie.)                                    573

  Le village de Mech; dans l'arrire-plan, le Bou Hedma. (D'aprs
    une photographie.)                                             574

  Le Khrangat Touninn (dfile de Touninn), que traverse le chemin
    de Bir Saad  Sakket. (D'aprs une photographie.)              575

  Le puits de Bordj Saad. (D'aprs une photographie.)              576


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_


  Aprs avoir crois des boeufs superbes.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 577

  Femme castillane. (D'aprs une photographie.)                    577

  On chemine  travers l'inextricable rseau des ruelles
    silencieuses. (D aprs une photographie.)                      578

  La rue du Commerce,  Tolde. (D'aprs une photographie.)        579

  Un reprsentant de la foule innombrable des mendiants de Tolde.
    (D'aprs une photographie.)                                    580

  Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entres monumentales
    d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              581

  Porte du vieux palais de Tolde. (D'aprs une photographie.)     582

  Fire et isole comme un arc de triomphe, s'lve la merveilleuse
    Puerta del Sol. (Photographie Lacoste,  Madrid.)              583

  Dtail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'aprs une
    photographie.)                                                 584

  Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              585

  Madrilne. (D'aprs une photographie.)                           586

  La porte de Visagra, construction massive remontant  l'poque
    de Charles Quint. (Photographie Lacoste,  Madrid.)            587

  Tympan mudejar. (D'aprs une photographie.)                      588

  Des familles d'ouvriers ont tabli leurs demeures prs de
    murailles solides. (D'aprs une photographie.)                 589

  Castillane et Svillane. (D'aprs une photographie.)             589

  Isabelle de Portugal, par le Titien (Muse du Prado).
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              590

  Le palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)        591

  Statue polychrome du prophte lie, dans l'glise de Santo Tom
    (auteur inconnu). (D'aprs une photographie.)                  592

  Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)  593

  Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
     Madrid.)                                                     594

  La cathdrale de Tolde.                                         595

  Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (glise Santo Tom).
    (D'aprs une photographie.)                                    596

  Le couvent de Santo Tom conserve une tour en forme de minaret.
    (D'aprs une photographie.)                                    597

  Les vques Mendoza et Ximns. (D'aprs une photographie.)      598

  Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
    (D'aprs une photographie.)                                    599

  Prise de Melilla (cathdrale de Tolde). (D'aprs une
    photographie.)                                                 600

  C'est dans cette pauvre demeure que vcut Cervants pendant son
    sjour  Tolde. (D'aprs une photographie.)                   601

  Saint Franois d'Assise, par Alonzo Cano, cathdrale de Tolde.  601

  Porte des Lions. (Photographie Lacoste,  Madrid.)               602

  Le clotre de San Juan de los Reyes apparat comme le morceau le
    plus prcieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
    espagnole. (Photographie Lacoste,  Madrid.)                   603

  Ornements d'glise,  Madrid. (D'aprs une photographie.)        604

  Porte due au ciseau de Berruguete, dans le clotre de la
    cathdrale de Tolde. (Photographie Lacoste,  Madrid.)        605

  Une torea. (D'aprs une photographie.)                           606

  Vue intrieure de l'glise de San Juan de Los Reyes.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              607

  Une rue de Tolde. (D'aprs une photographie.)                   608

  Porte de l'hpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     609

  Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste,  Madrid.)         610

  Escalier de l'hpital de Santa Cruz. (D'aprs une photographie.) 611

  Dtail du plafond de la cathdrale. (D'aprs une photographie)   612

  Pont Saint-Martin  Tolde. (D'aprs une photographie.)          613

  Guitariste castillane. (D'aprs une photographie.)               613

  La Casa consistorial, htel de ville. (D'aprs une
    photographie.)                                                 614

  Le patio des Templiers. (D'aprs une photographie.)            615

  Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille lgre.
    (D'aprs une photographie.)                                    616

  Un coin de la Mosque de Cordoue. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     617

  Chapelle de San Fernando, de style mudejar, leve au
    centre de la Mosque de Cordoue. (D'aprs une photographie.)   618

  La mosque qui fait la clbrit de Cordoue, avec ses dix-neuf
    galeries hypostyles, orientes vers la Mecque. (Photographie
    Lacoste,  Madrid.)                                            619

  Dtail de la chapelle de San Fernando. (D'aprs une
    photographie.)                                                 620

  Vue extrieure de la Mosque de Cordoue, avec l'glise
    catholique leve en 1523, malgr les protestations des
    Cordouans. (D'aprs une photographie.)                         621

  Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.)       622

  Statue de doa Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
    (D'aprs une photographie.)                                    623

  Dtail d'une porte de la mosque. (D'aprs une photographie.)    624






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Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


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