The Project Gutenberg EBook of Robert Ier et Raoul de Bourgogne, rois de
France (923-936), by Ph. Lauer

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Title: Robert Ier et Raoul de Bourgogne, rois de France (923-936)

Author: Ph. Lauer

Release Date: February 17, 2004 [EBook #11132]

Language: French

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ANNALES DE L'HISTOIRE DE FRANCE  L'POQUE CAROLINGIENNE

ROBERT Ier

ET

RAOUL DE BOURGOGNE

ROIS DE FRANCE

(923-936)

PAR

PH. LAUER


1910

Cet ouvrage forme le 188e fascicule de la Bibliothque des Hautes
tudes




AVANT-PROPOS


Cet opuscule est destin  combler la lacune qui existait entre les
ouvrages sur les rgnes de Charles le Simple et de Louis d'Outre-Mer,
parus dans la srie des _Annales de l'histoire de France  l'poque
carolingienne_ entreprises sur l'initiative d'Arthur Giry[1]. L'tude
que M.W. Lippert a consacre  Raoul, dans une thse crite et publie
en Allemagne[2], n'tait pas accessible  tous, et, malgr sa trs
relle valeur, devait tre rectifie, modifie ou complte sur plus
d'un point, principalement en ce qui concerne la topographie, la
diplomatique et les affaires de Lorraine.

Les identifications des noms de lieux, comme par exemple celles de
_Donincum_ avec Doullens (Somme) et de _Calaus mons_ avec
Chaumont-le-Bois (Cte-d'Or), taient videmment  rformer, ainsi que
je l'ai montr dans mes notes des _Annales de Flodoard_. Les
cartulaires n'avaient pas t tous connus, ainsi ceux de Stavelot, de
Saint-tienne de Limoges; et les chartes de Saint-Hilaire de Poitiers
publies par Rdet n'avaient pas t utilises. Plusieurs des
dpouillements relatifs aux ditions des diplmes royaux taient ou
incomplets ou devenus insuffisants par suite des publications
postrieures. Divers passages d'annales ou de chroniques n'taient pas
analyss ou comments d'une manire satisfaisante; enfin certains
textes avaient t omis, comme les _Annales Nivernenses_. Mais ce qui
rendait surtout dsirable un nouveau travail, c'tait la conception
mme du rle politique de Raoul  l'extrieur, que ni Kalckstein ni
Lippert n'avaient bien nettement dgag. En Lorraine et dans le
royaume de Provence, ce souverain a visiblement fait des efforts pour
tendre l'influence franaise et il s'est servi de son frre Boson,
possessionn  la fois dans les valles de la Meuse et du Rhne, pour
parvenir  ses fins. C'est sous son rgne que se pose nettement la
question de savoir si le roi de France succdera ou non aux rois de
Lorraine et de Provence. Les droits incontestables de Raoul sur ce
dernier royaume et sa puissante position en Bourgogne,  proximit de
la Lorraine, semblaient le dsigner pour recueillir ces hritages,
mais sa situation mme d'adversaire de Charles le Simple, le
descendant direct des Carolingiens, lui fit visiblement un tort
immense  en juger par les rsultats obtenus. Ajoutez  cela la lutte
acharne contre les Normands et l'hostilit de ses propres vassaux.
Tel est le point de vue que nous nous sommes efforc de mettre
davantage en lumire.

Nous n'avons pas non plus nglig de souligner certains dtails de
nature  clairer un peu des faits envelopps d'obscurit, ainsi
l'antagonisme entre la famille comtale de Dijon et les Robertiens ou
les causes d'union et de rupture entre Herbert de Vermandois et Hugues
le Grand. On ne s'est occup des antcdents de Robert Ier ou de la
personnalit et des actes de Charles le Simple que dans la mesure o
cela tait ncessaire au rcit des vnements, M. Eckel ayant dj
trait  fond ces questions.

Il n'y avait pas ici place pour une bibliographie du genre de celles
qui sont en tte des volumes relatifs  Louis d'Outre-Mer et  Charles
le Simple; elle et trop ressembl  ces dernires. Nous avons prfr
mettre  la suite des livres nouveaux, cits en note, les indications
bibliographiques indispensables. Du reste, on s'est efforc de ne pas
abuser des citations. Ainsi on ne trouvera gure mentionnes les
oeuvres de K. von Kalckstein[3], Lippert, Waitz[4], Eckel[5] et mon
dition des _Annales de Flodoard_[6], auxquelles il et t facile de
multiplier les renvois. Mais les sources sont toujours indiques, avec
leurs ditions quand il y a lieu. Je me permettrai de renvoyer, en ce
qui les concerne,  ma bibliographie du _Rgne de Louis
d'Outre-Mer_[7], pour tout ce qui pourrait paratre insuffisant[8].

On n'est pas entr non plus dans l'tude diplomatique des actes, qui
trouvera sa place avec l'dition des diplmes royaux dans la
collection des _Chartes et diplmes_ publie par l'Acadmie des
Inscriptions et Belles-Lettres, mais on en a naturellement tir parti
au point de vue historique.

Nous esprons que, malgr ses imperfections, le prsent travail pourra
contribuer  faire mieux connatre un moment intressant dans cette
priode mouvemente de la dcadence carolingienne et de
l'tablissement du rgime fodal.

FOOTNOTES:

[Footnote 1: M. Labande qui s'tait d'abord charg de la rdaction des
Annales du rgne de Raoul a bien voulu y renoncer en ma faveur. Je
tiens  le remercier ici en mme temps que MM. Pfister et L. Halphen
qui ont lu ce travail, l'un en manuscrit, l'autre en preuves, et
m'ont trs obligeamment communiqu leurs critiques.]

[Footnote 2: _Geschichte des westfrnkisch en Reiches unter Knig
Rudolf (Inaugural-Dissertation der Universitt Leipzig)_. Leipzig,
1885, in-8, 126 pp. et sous le titre: _Knig Rudolf von Frankreich_.
Leipzig, 1886.]

[Footnote 3: _Geschichte des Franzsichen Knigthums unter den ersten
Capelingern_. I. _Der Kampf der Robertiner und Karolinger_. Leipzig,
1877, in-8.]

[Footnote 4: _Jahrbcher des deutschen Reiches unter Knig Heinrich
I_. 3e d. Leipzig, 1885, in-8.]

[Footnote 5: _Charles le Simple_. Paris, 1899, in-8 (_Bibliothque de
l'cole des hautes tudes_, fasc. 124).]

[Footnote 6: _Les Annales de Flodoard_. Paris, 1906, in-8 (_Collection
de textes pour servir  l'tude et  l'enseignement de l'histoire_).]

[Footnote 7: _Le rgne de Louis IV d'Outre-Mer_ (_Bibliothque de
l'cole des hautes tudes_, fasc. 127, p. xxi et suiv.)]

[Footnote 8: Il faudra cependant y ajouter, pour mmoire, l'trange
dissertation d'Aim Guillon de Montlon, _Raoul ou Rodolphe, devenu
roi de France l'an 923, ne serait-il pas le mme personnage que
Rodolphe II, roi de Bourgogne Transjurane, et d'o vient que le
cinquime de nos rois, du nom de Charles, n'est pas appel Charles V?
Dissertation historique_. Paris, 1827, in-8, 124 pp., tabl., 3 pl. Cf.
la critique de Daunou dans _Journal des savants_, anne 1828, p.
93-102.--Et on peut mettre au mme rang la Vie de Rodolphe, roi de
France, tire de tous les bons auteurs par Jean Munier, avocat du roi
s cours royales d'Autun (n 16487 du P. Lelong) conserve dans le
manuscrit de la Bibliothque nationale fr. 4629, p. 89. C'est un
chapitre des _Recherches sur les anciens comtes d'Autun_ de Jean
Munier (m. 1635), o l'auteur se proccupe surtout de rfuter les
calomnies mises en circulation par Jean de Serres sur Raoul, dans le
clbre _Inventaire gnral de l'histoire de France depuis Pharamond
jusques  prsent, illustr par la confrence de l'glise et de
l'Empire_ (Paris, 1600, 3 vol. in-8) qui eut quatorze ditions (la
dernire en 1660).]




ROBERT Ier

ET

RAOUL DE BOURGOGNE

ROIS DE FRANCE




CHAPITRE PREMIER


ROBERT DUC DE FRANCE ET RAOUL DUC DE BOURGOGNE.


Robert, fils de Robert le Fort, est en ralit un personnage un peu
effac, tant la puissante figure de son frre, le roi Eudes, lui a
fait ombrage. Pendant tout le rgne de celui-ci, il le seconda
fidlement[9], et  sa mort, en 898, il recueillit sa succession comme
duc et marquis de France. A ce titre, il prta l'hommage  Charles
le Simple[10] qui le traita d'abord avec beaucoup d'gards, ainsi
qu'il apparat par les diplmes royaux des annes 904, 915 et 918[11].
Mais ds l'an 900, un premier froissement avait eu lieu entre eux.
Manasss, vassal du duc de Bourgogne, Richard le Justicier, s'tait
permis, dans une conversation avec le roi, de tenir sur Robert des
propos jugs injurieux par ce dernier. Robert quitta la cour pendant
quelque temps[12]. Il semble cependant qu'il rentra en faveur vers
903, poque  laquelle il sollicita et obtint des diplmes pour ses
abbayes de Saint-Germain-des-Prs, Saint-Martin de Tours et
Saint-Denis[13]. Il accompagna mme, cette anne, le roi en Alsace, ce
qui l'empcha de secourir la ville de Tours assige par les
Normands[14]. Bientt il prit sa revanche  la bataille de Chartres
(20 juillet 911)[15], et, selon la lgende, c'est lui qui servit de
parrain  Rollon[16]. Dix ans plus tard, aprs une campagne contre les
Normands de la Loire, il imita l'exemple de son suzerain en cdant aux
pirates une partie de la Bretagne et le pays de Nantes[17]. Quand on
se rappelle la formidable puissance matrielle dont il disposait[18],
on est tonn qu'il n'ait pas essay de s'emparer de la couronne
aussitt aprs le dcs de son frre. S'il ne l'a pas fait, c'est
uniquement  cause de l'accord qui venait d'intervenir l'anne
prcdente entre Eudes et Charles[19], car ses bons rapports avec la
maison de Flandre et ses alliances avec les familles de Vermandois et
de Bourgogne lui auraient singulirement facilit l'accs au trne.

Raoul tait fils de Richard le Justicier, comte d'Autun devenu duc de
Bourgogne sous le rgne d'Eudes, qui avait cras les Normands  la
bataille d'Argenteuil en Tonnerrois (28 dcembre 898). Il se trouvait
tre, du chef de son pre, neveu de Boson, roi de Provence, par
l'impratrice Richilde, soeur de Richard, neveu de Charles le Chauve,
et, par sa mre Adlade, neveu du roi de Bourgogne jurane Rodolphe
1er[20].

Suivant une lgende accrdite postrieurement, il aurait t tenu sur
les fonts baptismaux par le roi Charles le Simple lui-mme[21]; mais
Charles, tant n en 879, ne devait pas tre beaucoup plus g que son
prtendu filleul. Ce dernier est, en effet, dj tmoin dans un acte
de 901, et l'on sait que les exemples de tmoins au-dessous de douze
ans sont exceptionnels[22].

Raoul avait une soeur, Ermenjart, qui pousa Gilbert de Dijon[23], et
deux frres cadets, Hugues le Noir et Boson qui, comme lui, ne
jourent aucun rle politique actif du vivant de leur pre[24]. Leur
trace ne se retrouve que dans les souscriptions de chartes. C'est,
semble-t-il, Raoul qui souscrit un arrt de Richard relatif 
Saint-Bnigne de Dijon, datant des dix dernires annes du IXe sicle;
en tout cas c'est bien lui qui figure dans un acte de Richard en
faveur de l'abbaye de Montiramey, du 21 dcembre 901, o il est
qualifi de fils de Richard[25]. Peut-tre aussi est-ce lui et son
frre Boson qui signent une donation de l'impratrice Richilde 
l'abbaye de Gorze[26]. Les trois frres sont tmoins dans une charte
de concession octroye par Richard  l'abbaye de Saint-Bnigne de
Dijon[27] et paraissent remplir un rle moins effac au tribunal
comtal d'aprs une charte en faveur de l'glise d'Autun rdige et
scelle au nom de Raoul, agissant comme mandataire de son pre
(Pouilly, 5 septembre 916)[28]. Raoul intervient aussi dans un acte
dlivr en 918 par l'vque d'Autun, Walon, avec l'assentiment du duc
de Bourgogne[29].

Les fils de Richard portrent simultanment le titre de comte. Aprs
la mort de son pre, Raoul continue  s'intituler de mme, ainsi qu'on
le voit dans une charte de donation de sa mre Adlade, relative 
des biens sis en Varais (Autun, 24 avril 922)[30]

Des premiers actes de Raoul comme duc de Bourgogne, on ne connat
gure que la prise de Bourges[31]. Mais il rgne beaucoup d'obscurit
sur les circonstances qui accompagnrent cet vnement. On trouve
mentionn: en 916 un incendie de Bourges, en 918 une prise de
possession phmre de la ville par Guillaume, neveu de Guillaume Ier
d'Aquitaine, et en 924 une cession de la ville et du Berry par Raoul,
devenu roi,  Guillaume, moyennant l'hommage[32]. Le duc de France
Robert avait, parat-il, aid Raoul  s'emparer de Bourges, mais on ne
saurait dcider si ce fut en 916 ou entre 916 et 918, ou encore plus
tard. Raoul s'tait en effet alli  la puissante famille des ducs de
France, suzeraine de tout le pays au nord de la Loire, en pousant la
propre fille de Robert, Emma, princesse doue d'une rare intelligence
et d'une mle nergie[33].

Charles le Simple tmoignait aussi des gards  Raoul en souvenir de
son pre, dont il avait  maintes reprises prouv le loyalisme. Il
semble mme qu'en prescrivant  l'abb de Saint-Martial de Limoges,
tienne (lu en 920), d'lever deux fortes tours pour rsister 
Guillaume d'Aquitaine, il prenait ouvertement le parti de Raoul[34].

Robert l'emporta nanmoins, car dans sa lutte contre Charles, nous
voyons Hugues le Noir, frre du roi Raoul, lui amener des recrues
bourguignonnes pour cooprer avec les forces des grands vassaux  la
lutte contre les troupes royales. Toutefois, aprs l'armistice
intervenu  la fin de l'anne 922, les Bourguignons s'taient
dfinitivement retirs[35].

Pour bien comprendre leur rentre en scne et finalement l'lection de
Raoul comme roi, il est ncessaire de jeter un coup d'oeil rapide en
arrire et de se rappeler l'tat politique de la France  cette
poque, ainsi que les principaux vnements qui venaient de marquer le
rgne de Charles le Simple.



FOOTNOTES:

[Footnote 9: Favre, _Eudes_, p. 78, 95-96, 147, 156, 161, 165, 192.]

[Footnote 10: _Ann. Vedast._, a. 898.]

[Footnote 11: Il l'appelle son trs cher (_admodum dilectus_), son
trs fidle, le conseil et l'auxiliaire de son royaume (_regni et
consilium et juvamen_). Plicier, _Cartul. du chapitre de l'glise
cathdrale de Chlons-sur-Marne_, p. 31; _Recueil des historiens de
France_, IX, 523, 536.]

[Footnote 12: _Ann. Vedast._, a. 900.]

[Footnote 13: _Recueil des historiens de France_, IX, p. 495-499.]

[Footnote 14: Ibid., p. 499. Eckel, p.68.]

[Footnote 15: _Cartul. de Saint-Pre de Chartres_, d. B. Gurard
(Paris, 1840), I, p. 46-47.]

[Footnote 16: Dudon de Saint-Quentin, _De moribus_, I. II, c. 30.]

[Footnote 17: Flod., _Ann_., a. 921: ... Britanniam ipsis
[Normannis], quam vastaverant, cum Namnetico pago concessit
[Rotbertus]. Cf. Dudon de Saint-Quentin, d. Lair, p. 69, n. 4.]

[Footnote 18: Voy. Favre, _Eudes_, p. 12; Eckel, _Charles le Simple_,
p. 34; F. Lot, _tudes sur le rgne de Hugues Capet_ (Paris, 1903,
in-8), p. 187.]

[Footnote 19: _Ann. Vedast._, a. 897; Favre, _Eudes_, p. 191; Eckel,
_Charles le Simple_, p. 26.]

[Footnote 20: On sait toute l'importance attache  ce titre de neveu
dans les traditions de famille franques. Pour saisir plus clairement
ces parents il suffit de parcourir la gnalogie suivante:


Conrad, comte d'Auxerre        Thierry, comte d'Autun
   |                              |
---------------------      -------------------------------
     |           |            |           |            |
Rodolphe Ier   Adlade p. Richard     Boson      Richilde p. Charles
  roi de                le Justicier  roi de Provence          le Chauve
Bourgogne                  (m. 921)     (879-887)
(888-911)
     |                        |           |                        |
Rodolphe II                 RAOUL.    Louis l'Aveugle      Louis II le Bgue
roi d'Arles en 933        p. Emma,       |                fils d'Ermentrude
 (m. 937)            fille de Robert  Charles-Constantin   p. 1 Ansgarde
     |                duc de France    comte de Vienne         2 Adlade
Conrad le Pacifique                       en 931
 p. Mathilde,                                                    |
fille de Louis d'Outre-Mer                  ----------------------------
                                               |            |
                                         1 Louis III   Carloman   2 Charles
                                            (880-882)   (880-881)   le simple
                                                                    (893-922)]

[Footnote 21: _Hist. Francor. Senon. (M.G.h., Scr._, IX, 366); Richard
le Poitevin, _Chron. (Recueil des historiens de France_, IX, 23).]

[Footnote 22: La majorit tait de 12 ans chez les Saliens et de 15
ans chez les Ripuaires. Cf. Glasson, _Hist. du droit et des instit. de
la France_, II, p. 291.]

[Footnote 23: Eckel, p. 40.]

[Footnote 24: _Chron. S. Benigni Div. (Rec. des historiens de France_,
VIII, 241; d. Bougaud et Garnier, p. 115).]

[Footnote 25: D'Arbois de Jubainville, _Hist. des comtes de
Champagne_, I, p. 450, pr. n 17; _Cartulaire de Montiramey_, d. Ch.
Lalore (Troyes, 1890, in-8), p. 18, n 12.]

[Footnote 26: _Recueil des historiens de France_, IX, 665; _Cartulaire
de l'abbaye de Gorze_, publ. p. A. d'Herbomez (_Mettensia_, II), p.
159, n 87.]

[Footnote 27: _Chron. S. Benigni Divion. (Rec. des historiens de
France_, VIII, 242; d. Bougaud et Garnier, p. 119).]

[Footnote 28: _Cartulaire de l'glise d'Autun_, publ. par A. de
Charmasse (Autun, 1865) n 22. Il ne faut pas, semble-t-il, vouloir le
reconnatre dans un _Rodolphus comes_ qui figure avec beaucoup
d'autres comtes lorrains dans un diplme de Charles le Simple en
faveur de l'abbaye de Prm, dat de la mme anne (_Recueil des
historiens de France_, IX, 526).]

[Footnote 29: _Cartulaire de l'glise d'Autun, n 23._]

[Footnote 30: Ibid., n 9, 10.]

[Footnote 31: Flodoard, _Annales_, a. 924; _Ann. Masciac._, a. 919
(_M.G.h., Scr._, III, 169); _Histoire de Languedoc_, nouv. d., II,
251; III, 95. Voy. aussi F. Lot, _Hugues Capet_, p. 190, n. 3.]

[Footnote 32: _Hist. de Languedoc, loc. cit._]

[Footnote 33: A. de Barthlemy, _Les origines de la maison de France
(Revue des questions historiques_, VII p. 123). On prtend aussi
qu'une autre fille de Robert, dont on ignore le nom, aurait pous son
oncle Herbert II. Cf. Eckel, p. 35, qui la dsigne  tort comme,
cousine d'Herbert II.]

[Footnote 34: Admar de Chabannes, _Commemoratio_, d. Dupls-Agier,
p. 3; Ch. de Lasteyrie, _L'abbaye de Saint-Martial de Limoges_ (Paris,
1901, gr. in-8), P. 58-59.]

[Footnote 35: Flod., _Ann._, a. 922.]




CHAPITRE II


LES LECTIONS DE ROBERT ET DE RAOUL.


Peu aprs la mort de Louis III, le vainqueur de Saucourt, et celle de
Carloman, son frre, le royaume franc de l'ouest, la France, comme on
l'appelle dsormais dans nos histoires, et les divers pays qui en
dpendaient, ne tardrent pas  se morceler sous l'influence du
dveloppement de la fodalit et la menace perptuelle des invasions
normandes. La Bretagne devint en fait indpendante avec les ducs Alain
et Juhel-Brenger, la Provence avec Boson et la Bourgogne avec
Rodolphe Ier. Le reste de la France, dmembr en une infinit de
fiefs, rpartis dans les trois duchs de France[36], de Bourgogne et
d'Aquitaine, fut enfin divis en deux camps ennemis par la question de
dvolution de la couronne.

A la suite de la tentative malheureuse de restauration de l'empire
carolingien, qui choua piteusement  cause de l'incapacit de Charles
le Gros, une partie des grands feudataires franais, ressuscitant leur
droit d'lection tomb en dsutude depuis longtemps, choisit pour roi
le comte Eudes, fils de Robert le Fort, tandis que d'autres restaient
fidles au reprsentant de la dynastie carolingienne, un enfant en bas
ge, Charles, fils posthume du roi Louis le Bgue, issu de son mariage
avec Adlade[37]. Des annes de luttes suivirent. Eudes rgna, mais 
sa mort, Charles, auquel le surnom de Simple a t attribu par ses
contemporains, fut reconnu dans toute la France,  l'exception des
pays qui s'taient constitus en tats indpendants.

La cession d'une partie des rives de la basse Seine, aux pirates
normands, compagnons de Rollon, ne peut tre considre comme un
affaiblissement de la puissance royale, quoi qu'en aient dit la
plupart des historiens, qui ont coutume de fltrir la mmoire de
Charles le Simple principalement pour ce motif. On ne saurait non plus
suivre d'autres critiques qui, se plaant  un point de vue
diamtralement oppos, ont voulu l'envisager comme un acte d'habile
politique. En ralit, Charles ne pouvait agir autrement devant
l'indiffrence profonde des grands vassaux, qui lui refusaient toute
aide effective pour combattre l'invasion; et sa puissance n'en fut
nullement amoindrie, puisque le territoire concd tait un
dmembrement du duch de France, qu'il en conserva la suzerainet et
trouva mme par la suite un concours inattendu auprs de ses nouveaux
vassaux[38].

Presque en mme temps que cette cession eut lieu l'acquisition de la
suzerainet sur la Lorraine, prcieuse  bien des points de vue. Elle
reconstituait un tout bris par le singulier partage de Verdun et
fournissait  la dynastie austrasienne un solide point d'appui en son
pays d'origine.

L'autonomie fodale s'tait  tel point dveloppe que pour trouver un
soutien effectif, le roi Charles en tait rduit  rechercher
l'alliance des grands dignitaires de l'glise, comme l'archevque de
Reims, ou d'hommes de naissance obscure, d'origine lorraine, comme
Haganon[39].

La premire rbellion contre le pouvoir royal clata en 920. Charles
fit preuve au cours de ces difficiles circonstances d'une fermet
remarquable. L'archevque de Reims, Herv, russit  sauver le
monarque et le seconda si bien qu'il se trouva bientt affermi au
point de pouvoir remplacer l'vque lu de Lige, Hilduin, son ennemi,
par Richer, abb de Prm, son partisan. Le trait de Bonn, sign le
1er novembre avec Henri l'Oiseleur, auquel Charles avait eu affaire
prs de Pfeddersheim, dans le pays de Worms, mit fin  cette premire
priode de troubles[40].

Bientt de nouvelles difficults surgirent. Le 31 aot 921 mourut le
duc de Bourgogne Richard le Justicier, qui tait, avec le marquis
Robert, le plus puissant des grands vassaux, mais aussi l'un des
hommes les plus capables du royaume[41]. Il avait lutt
victorieusement contre les Normands, et avait toujours su gouverner
avec autorit ses vastes domaines, ne craignant pas de rsister aux
empitements des puissances ecclsiastiques, sculires ou rgulires,
et allant mme jusqu' s'emparer par la force des biens d'glise,
comme du reste presque tous les princes laques de son temps, quand la
ncessit s'en prsentait. Charles perdit en lui un fidle partisan:
s'il n'en avait reu aucun secours dans le dernier conflit avec les
grands, il avait du moins rencontr de son ct une bienveillante
neutralit, et il semblait mme que celle-ci dt un jour ou l'autre se
changer en coopration effective. La mort de Richard bouleversa la
face des choses. Son fils Raoul qui avait pous Emma, fille du
marquis Robert, fut attir dans le parti des mcontents par son
beau-pre qui en tait le chef. Pour comble de malheur, Charles vit
encore l'archevque de Reims, d'abord condamn  l'inaction par une
grave maladie pendant les troubles de 922, abandonner ensuite
totalement sa cause, sans que nous puissions dmler la raison
vritable de cette dfection.

La concession de l'abbaye de Chelles[42] faite par le roi  Haganon
dtermina un nouveau soulvement. Charles avait enlev l'abbaye  sa
tante Rohaut qui tait devenue belle-mre de Hugues, fils de
Robert[43]. Cet acte revtait le double caractre d'une spoliation et
d'une menace. C'tait une dpendance arrache au coeur mme des
domaines patrimoniaux de Robert et donne comme poste d'observation et
de combat  un ennemi ha et mpris. Une nouvelle priode
d'hostilits s'ensuivit. Les oprations eurent lieu en Rmois,
Laonnais et Soissonnais, et se rduisirent  des incursions de part et
d'autre,  des pillages et  des incendies. A plusieurs reprises,
Charles s'enfuit, avec Haganon, jusqu'en Lorraine, et en revint avec
des troupes fraches leves parmi les lments hostiles au duc ou les
vassaux ecclsiastiques. Le duc de Lorraine, Gilbert, le duc de
Bourgogne Raoul, enfin l'archevque de Reims Herv s'taient rangs du
ct du marquis Robert[44].

Aprs la dfaite de Laon, Charles fut contraint, par suite de la
dispersion totale de son arme, de chercher  nouveau un refuge au
del de la Meuse. Les rebelles profitrent de l'absence du Carolingien
pour secouer dfinitivement sa suzerainet en se choisissant un roi
parmi eux. Le 29 juin 922, le marquis Robert fut lu roi  Reims par
les grands vassaux laques et ecclsiastiques, puis couronn le
lendemain, un dimanche,  Saint-Remy, par l'archevque de Sens
Gautier, le mme qui avait dj couronn le roi Eudes[45].
L'archevque de Reims, Herv, alors gravement malade, mourut trois
jours aprs, et son successeur Sulf, choisi sous l'influence des
rvolts, prit aussitt une attitude nettement oppose  Charles[46].

La lutte reprit de plus belle. Robert la transporta en Lorraine. Son
fils Hugues marcha sur Chivremont, que Charles assigeait, et le
contraignit  lever le sige[47]. Au dbut de 923, Robert eut
l'habilet de se mnager une entrevue, sur les bords de la Roer, avec
le roi de Germanie Henri Ier qui, au mpris du trait de Bonn, noua
des relations amicales avec l'usurpateur. Robert parvint  obtenir
d'une fraction des Lorrains un armistice qui devait se prolonger
jusqu'en octobre[48]. Puis il rentra en France, o il congdia les
contingents bourguignons, ne gardant que peu d'hommes sous les armes.

Charles ne perdit point de temps. Mettant  profit l'instant de rpit
que lui laissait la trve, il s'occupa htivement de lever en Lorraine
de nouvelles recrues, et aussitt qu'il eut russi  constituer une
arme assez puissante, rompant l'armistice, il traversa la Meuse,
marcha rapidement sur Attigny et de l contre Robert qui sjournait 
Soissons. Il arriva sur l'Aisne le 14 juin. Le lendemain, un dimanche,
vers la sixime heure, au moment o les hommes de Robert ne
s'attendant plus  tre attaqus prenaient tranquillement leur repas,
les Lorrains passrent la rivire et une bataille dcisive eut lieu
dans la plaine voisine de l'abbaye de Saint-Mdard de Soissons. Les
troupes de Robert rallies  la hte se battirent avec l'nergie du
dsespoir. Le combat fut si violent que de part et d'autre les pertes
furent considrables. Robert qui luttait vaillamment au plus fort de
la mle, tomba frapp  mort par le comte Foubert, porte-enseigne
royal, qui le reconnut  sa longue barbe, et il fut achev par les
lances de ses adversaires. Cette fin inattendue de l'usurpateur jeta
le dsordre dans les rangs de ses partisans, et la victoire du roi
lgitime semblait ds lors assure quand parut, tout  coup, une arme
conduite par Hugues le Grand et Herbert de Vermandois. Un changement
complet s'opra; les Lorrains lchrent pied et se retirrent en
dsordre[49].

Charles tait vaincu par les grands vassaux qui restaient unis dans
leur rbellion, malgr la mort inopine de leur chef. Il essaya
cependant de se crer des intelligences parmi ses adversaires,
esprant que leur obstination se trouverait peut-tre brise par la
difficult de remplacer Robert. Il envoya des messagers  Herbert, 
Sulf et  quelques autres seigneurs pour les engager  le reconnatre
de nouveau comme suzerain. Peine perdue. Les rebelles inbranlables
persvrrent dans leur ligue contre le Carolingien. Ils appelrent 
leur aide le duc de Bourgogne, Raoul, qui se dcida  revenir en
France  la tte d'une puissante arme (fin juillet).

Charles abandonn de ses plus puissants vassaux du nord, se tourna
vers ses nouveaux sujets, les seuls qui parussent lui demeurer
fidles, les Normands. Il envoya des messages jusqu' Rgnvald, qui
dominait sur l'estuaire de la Loire. Les pirates se montrrent
immdiatement prts  saisir un si beau prtexte pour recommencer
leurs incursions et piller tout le plat pays.

Afin de les arrter ds le dbut et de les empcher d'oprer leur
jonction avec Charles et les Lorrains, les grands vassaux vinrent
s'tablir sur les bords de l'Oise. Charles n'eut plus qu' se retirer
au del de la Meuse[50]. Les rebelles profitrent de cette nouvelle
absence, comme l'anne prcdente, pour lire un roi de leur choix. On
pouvait hsiter entre Hugues, fils du roi Robert et neveu du roi
Eudes, Herbert de Vermandois, descendant du Carolingien Bernard
d'Italie, et Raoul de Bourgogne, gendre de Robert, alli aux rois de
Bourgogne et de Provence. Le chroniqueur Aimoin a donn plus tard des
explications videmment inadmissibles sur les causes qui amenrent 
carter les deux premiers candidats, mais elles aident nanmoins 
discerner des raisons plus plausibles[51]. Hugues avait t jusque-l
un peu clips par son pre et son lection et t un retour 
l'hrdit en faveur d'une nouvelle famille royale. Herbert s'tait
toujours montr perfide, rapace, sans aucun respect pour les principes
fodaux ou religieux de son temps; enfin il tait en hostilit avec
Baudoin de Flandre qui avait fait assassiner son pre. Raoul se
recommandait  la fois par la droiture de son caractre et par la
puissance matrielle dont il disposait. Il tait en excellents termes
avec le clerg; rcemment encore les moines fugitifs de Montirender
avaient trouv un asile auprs de lui, en Bourgogne[52]. D'autre part
les grands vassaux avaient absolument besoin de s'assurer son
concours, sans lequel--on l'avait vu sous Richard le Justicier--ils ne
pouvaient rien entreprendre contre le Carolingien; et ses domaines
taient suffisamment loigns pour que Hugues et Herbert n'eussent pas
 en prendre ombrage ni  craindre pour leur propre scurit. Du rcit
de l'historien Raoul le Chauve (_Glaber_), postrieur de prs d'un
sicle, on peut infrer, avec une certaine apparence de vrit, que le
choix fut hsitant, surtout entre Hugues et Raoul, et que
l'intervention d'Emma, femme de Raoul et soeur de Hugues, finit par
amener un accord[53].

Le dimanche 13 juillet 923, Raoul fut proclam roi  l'unanimit par
les grands runis  Soissons, et couronn aussitt  Saint-Mdard par
l'archevque de Sens, Gautier, ce faiseur de rois, qui avait dj
consacr successivement Eudes et Robert[54].

Cependant les esprits superstitieux vivement impressionns par la mort
imprvue du puissant marquis Robert, sur le champ de bataille de
Soissons, envisageaient cette catastrophe comme une sorte de jugement
de Dieu[55]. L'archevque Sulf runit  Reims un synode des vques
de sa province, vers la fin du mois suivant (aprs le 27 aot), pour
examiner la situation. Les vques de Cambrai, Laon, Noyon, Senlis et
Soissons y assistrent en personne. Il fut dcid qu'une pnitence
gnrale serait impose  tous ceux qui avaient pris part au combat
impie o les deux rois s'taient trouvs en prsence. La pnitence
devait durer trois ans. Pendant le premier carme, ils devaient
s'abstenir d'entrer  l'glise. Les vendredis, toute l'anne, et, en
outre, pendant le carme et les semaines prcdant la Saint-Jean et la
Nol, les lundis et mercredis, un jene trs rigoureux (au pain, 
l'eau et au sel) leur fut impos[56]. Que ces prescriptions svres
n'aient pas t observes  la lettre, surtout par les seigneurs qui,
sous prtexte de maladie ou de service d'ost, pouvaient s'en faire
dispenser moyennant des aumnes, cela n'est point douteux; mais il
n'en est pas moins vrai que ces mesures prises par le haut clerg du
nord, pour fragiles qu'elles nous paraissent, sont curieuses 
enregistrer, parce qu'elles dclent la proccupation bien nette
d'empcher une nouvelle guerre civile et le dsir d'assurer pour
l'instant le pouvoir  l'usurpateur Raoul, tout en laissant rgner en
paix le roi Charles sur ses provinces demeures fidles.

Une telle solution tait bien difficile a obtenir avec le caractre du
Carolingien et la turbulence des grands vassaux, sans cesse prts 
saisir la moindre occasion pour augmenter leur puissance aux dpens de
leurs voisins.

L'lection de Raoul tait l'oeuvre d'un parti peu nombreux. Les grands
vassaux ecclsiastiques de France et mme de Bourgogne suivaient 
contre-coeur la dtermination de leurs suzerains immdiats. La
Normandie, la Bretagne et surtout l'Aquitaine restrent thoriquement
soumises  Charles, sans toutefois prendre les armes pour dfendre sa
cause. En Lorraine, le duc Gilbert se tenait sur la plus grande
rserve: seul le comte Boson osa se dclarer pour Raoul, son frre.
Quelques-uns des diplmes dlivrs par Charles sont accords  Guy de
Girone qui se trouvait auprs de lui, en Rmois, au moment le plus
critique de la guerre civile[57]. Ainsi la Marche d'Espagne restait
fermement attache au descendant de Charlemagne[58].

En ralit, sous le dvoment apparent des grands vassaux du midi au
roi Charles se cachait un profond sentiment d'gosme: tout en se
donnant les allures de dfenseurs de la lgitimit dynastique
mconnue,--en faveur de laquelle, du reste, ils se gardaient bien
d'intervenir effectivement,--ils saisissaient l'occasion favorable
pour fortifier et dvelopper leur autonomie naissante. C'tait la
tactique habituelle des seigneurs mridionaux, dont plusieurs auraient
t cependant de force  se mesurer avec un Herbert ou un Raoul. En
dpit de leur prtendu loyalisme, ils avaient longtemps refus de
reconnatre Charles aprs la mort d'Eudes; ils agirent encore de mme,
plus tard, vis--vis de Louis d'Outre-Mer et de Lothaire, sans souci
de la question de lgitimit.

Les documents diplomatiques conservs permettent, par leurs dates, de
donner un peu de prcision  l'poque o Raoul fut reconnu dans les
diffrentes rgions de la France.

En Bourgogne, la reconnaissance eut lieu immdiatement. Ds le mois de
novembre, l'vque d'Autun Anselme fait une donation  son glise
pour l'me du roi Raoul, et le roi intervient dans l'acte afin de
l'approuver et d'en fortifier l'autorit[59]. Il existe bien des
lacunes dans la srie des chartes de l'abbaye de Cluny qui concernent
surtout les comts de Mcon, Chlon et Autun: ce n'est qu'en 924 que
commence la srie des actes dats de l'an du rgne de Raoul. Cette
srie s'tend de la 2e  la 13e anne[60]. Sens, dont l'archevque
Gautier avait couronn Raoul, dut tre une des cits les plus
favorables au nouveau roi. Il en fut probablement de mme pour Dijon
et Auxerre, leurs vicomtes tant en relations troites avec la famille
ducale[61].

Beaucoup de Lorrains prtrent, comme Boson, l'hommage  Raoul, dans
l'automne de l'anne 923. On le sait expressment pour Metz et Verdun.
Toutefois le duc Gilbert et l'archevque de Trves Roger refusrent de
faire leur soumission[62].

L'archevch de Reims tait entirement tomb sous la domination
d'Herbert de Vermandois, qui empcha Sulf de rpondre aux dmarches
que Charles essaya de faire auprs de lui[63]. La province de Reims,
le Vermandois, Amiens, Troyes, les comts de Brie et de Provins
reconnurent donc Raoul; le comte de Laon, Roger, et l'vque de
Soissons, Abbon, l'ancien chancelier de Robert, se rallirent aussi 
lui[64].

Les habitants des vastes domaines du marquis Hugues furent
assurment des premiers  accepter le nouveau souverain. A Tours, par
exemple, ds le 18 dcembre 923, on datait des annes du rgne de
Raoul[65]. Pour Chartres, il existe un acte de la 8e anne de
Raoul[66]; pour Saint-Benot-sur-Loire, des chartes de la 2e et de la
10e anne de Raoul[67]; pour Angers une charte prive de la 2e anne
et une donation du comte Foulques, de la 7e anne[68]; pour Blois,
nous possdons un diplme de Raoul lui-mme de l'anne 924, dlivr 
Laon, sur la requte du comte palatin Thibaud[69]; enfin pour Paris
une charte du vicomte Thion date de la 3e anne[70].

Les Normands demeurrent fidles au Carolingien: nous le savons par
l'hostilit qu'ils dployrent contre Raoul. Mais il ne subsiste
aucune charte qui nous le confirme. La Bretagne en pleine anarchie
subissait leur influence. Le cartulaire de Redon, si riche en actes du
IXe sicle, ne fournit malheureusement aucune date intressante pour
le dbut du Xe sicle.

En Berry, nous avons dj eu l'occasion d'en toucher un mot  propos
de la prise de Bourges, Raoul dut tre reconnu presque aussitt, et
Guillaume d'Aquitaine qui fit dfection au dbut finit, on le verra,
par se soumettre.

Le Poitou parat tre rest fidle  Charles, d'aprs certains
documents[71]; il y existe cependant des actes dats des annes du
rgne de Raoul depuis la 1re et la 3e jusqu' la 11e[72] et l'vque
de Poitiers, Frotier II, s'assura de l'assentiment de Raoul en mme
temps que de celui de Guillaume Tte d'toupe, pour donner tous ses
biens  l'abbaye de Saint-Cyprien[73]. Le Limousin hsite comme le
Poitou dont il dpendait[74]. Vers 930 le vicomte de Turenne Admar
fit approuver son testament par le roi Raoul[75].

A Tulle, au contraire, on reconnut immdiatement le roi Raoul qui fut
appel, plusieurs fois  intervenir dans les rformes de l'abbaye
Saint-Martin[76]. Les chartes sont chelonnes entre la 6e et la 13e
anne: elles ont donc bien 923 comme point de dpart[77]. Dans le
cartulaire de Beaulieu, les derniers actes de l'poque de Raoul sont
dats de sa 10e anne de rgne[78]. Une charte de 932 (indiction 5)
porte la 7e anne du rgne, ce qui nous ramne pour le dbut  l'anne
925 ou 926. Il en est de mme en Quercy, o une charte du vicomte de
Cahors, Frotard, pour Aurillac, date de 930, porte la 7e anne du
rgne. Mais les chartes de l'abbaye de Moissac, allant jusqu' la 11e
anne du rgne, amnent  supposer un point de dpart antrieur 
926[79]. Cela nous prouve qu'il y eut bien des erreurs dans ces
calculs d'annes, et on peut se demander si parfois on ne prenait pas
l'an rel du rgne, compt depuis l'lection ou le couronnement, sans
tenir compte de la date de reconnaissance dans la rgion. Le duc
d'Aquitaine Guillaume portait aussi le titre de comte d'Auvergne, et
son frre Affr ou Effroi (_Acfredus_) tait avou de la clbre
abbaye de Brioude: tous deux furent des adversaires acharns de Raoul.
Quelques chartes gardent de curieuses traces de cet tat d'esprit: le
nom de Charles y est cit comme celui du roi lgitime, tandis que
Raoul est fltri comme usurpateur. Les actes de Brioude montrent que
Raoul ne fut reconnu partout dans la rgion qu'entre dcembre 926 et
octobre 927[80].

A ct des pices o Raoul est si malmen, la plupart des autres
portent les dates de son rgne et la srie s'tend depuis juillet de
la 1re anne jusqu'en octobre de la 13e[81].

Les comts de Velay et de Gvaudan dpendant de l'Auvergne suivirent
la politique du duc d'Aquitaine.

Tels sont les pays o l'on ne fit pas une opposition systmatique 
Raoul, et o, sauf exceptions, on le reconnut avant mme la mort du
roi Charles. Dans le reste du royaume on persista  considrer le
rgne de Charles comme se poursuivant, et on continua mme aprs sa
mort,  compter les annes de son rgne: ainsi dans la Marche
d'Espagne[82].

En Languedoc, le comte de Toulouse, Raimond-Pons, son frre Ermengaud,
comte de Rouergue, et en Gascogne Loup Aznar ne firent leur soumission
qu'en 932. De nombreuses chartes de Narbonne, Elne, Bziers, Nmes,
Rodez, Vabres et Conques constatent l'interrgne[83].

L'attitude des petits vassaux dont les fiefs secondaires n'ont pas t
cits, faute de textes, dut se rgler sur celle de leurs suzerains
immdiats ou de leurs voisins puissants, autour desquels ils
gravitaient.

Raoul devenu roi n'investit personne des fonctions de duc en
Bourgogne. Il s'occupa toujours lui-mme de ses domaines personnels,
de son duch et de ses comts d'Autun, d'Avallon et de Lassois[84].
C'tait l qu'il trouvait le plus solide point d'appui de son pouvoir,
car la royaut n'tait plus gure qu'une ombre de souverainet. Le
domaine royal que Raoul avait recueilli tait extrmement restreint:
quelques rsidences dans le nord, comme Compigne et Attigny, avec les
palais de Laon et de Reims. Des biens du fisc il semble qu'il ne
restait presque plus rien[85]. Aussi les ressources de Raoul
furent-elles principalement dans son duch, et ses sujets bourguignons
formrent-ils toujours le noyau de son arme, que les contingents des
grands vassaux venaient trs irrgulirement encadrer. Enfin c'est en
Bourgogne qu'il sjourna de prfrence quand la tche complique et
astreignante qui lui incombait le lui permit, et c'est l
naturellement qu'il se rendit tout d'abord de Soissons, aussitt aprs
son sacre[86].





FOOTNOTES:

[Footnote 36: Nous employons ici ce terme dans son sens territorial
restreint. Ainsi entendu, il dsigne la _Francia_, au nord de la
Seine, plus les domaines propres du _dux Francorum_ compris entre
Seine et Loire. Cf. Favre, _Eudes_, p. 228, et surtout Pfister,
_tudes sur le rgne de Robert le Pieux (Bibl. de l'cole des
hautes-tudes_, fasc. 64, 1885), p. 131 et suiv.; P. Viollet, _Hist.
des instit. polit. et admin. de la France_, I, p. 456.]

[Footnote 37: _Ann. Bertin._, a. 862; Rginon, _Chron._ a. 878;
Flodoard, _Hist. eccl. Rem._, III, 19; Eckel, P. 1-2.]

[Footnote 38: Eckel, p. 85.]

[Footnote 39: Flod., _Ann_., a. 920: quem de mediocribus potentem
fecerat [Karolus]; _Hist. eccl. Rem_., IV, 15; Richer, 1, 15.]

[Footnote 40: Flod., _Ann_., a. 920.]

[Footnote 41: Il fut inhum le 1er septembre  Sainte-Colombe de Sens,
en la chapelle de Saint-Symphorien. _Ann. S. Benigni Divion. (M.G.h.,
Scr._, V, 40); _Hist. Francor. Senon._ (ibid., IX, 366); _Ann. S.
Columbae Senon._ (ibid., I, 104); _Chron. S. Petri Vivi Senon._ (Duru,
_Bibl. hist. de l'Yonne_, II, 481); _Chron. S. Maxentii_, d.
Marchegay et Mabille, _Chron. des glises d'Anjou_, p. 375; Flod.,
_Ann._, a. 921.]

[Footnote 42: Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Lagny.]

[Footnote 43: Flod., _Ann._, a. 922. Rohaut ne mourut que le 22 mars
925. Cf. _Obituaires de la province de Sens_, d. A. Molinier et
Longnon (_Recueil des historiens de France_, in-4), t. I, pp. xx, 254,
312 et 345.]

[Footnote 44: Flod., _loc. cit._]

[Footnote 45: Flod., _Ann._, a. 922; _Hist. Francor. Senon., Ann. S.
Columbae Senon., Ann. S. Germani Parisiens., Ann. Lobienses, Ann.
Masciacenses (M.G.h., Scr._, IX, 366; I, 104; III, 167; XIII, 233;
III, 170); Admar de Chabannes (_Chron._, III, 22, texte du ms. C,
d. Chavanon, p. 142) dcrit la scne d'abandon du roi selon la forme
par jet de ftu. Richer (_Hist._, I, 40-41) prte un rle important
en cette circonstance  Gilbert. Cf. A. Luchaire, _Hist. des instit.
monarchiques_, 2e d., I, p. 8; Fustel de Coulanges, _Hist. des
instit. polit. de la France. Les transformations de la royaut pendant
l'poque carolingienne_, p. 700.]

[Footnote 46: Flod., ibid. et _Hist. eccl. Rem._, IV, 17,]

[Footnote 47: Flod., _loc. cit._]

[Footnote 48: Flod., _Ann._, a. 923]

[Footnote 49: Flodoard (_Ann._, a. 923), Richer (_Hist._, I, 45 et 46)
et Folcuin (_Gesta abbat. Sith._, c. 109, _M.G.h., Scr._, XIII, 625)
fournissent les dtails du rcit. La date est donne par les sources
suivantes: _Ann. S. Columbae Senon.; Hist. Francor. Senon.; Ann. S.
Benigni Divion._, a. 922 (_M.G.h., Scr._, I, 104; IX,: 366; V, 40);
_Necrol. Autissiodor_. (_Mm. concernant l'hist. d'Auxerre_, II, pr.,
p. 252); _Necrolog. beati Martini Turon_. (d. Nobilleau, Tours, 1875,
p. 25).--Hugues de Flavigny, _Chron. Virdun._, a. 923, et Hugues de
Fleury, _Modernorum Francor. reg. actus_, c. 3 (_M.G.h., Scr._, VIII,
358, IX, 381), drivent de Flodoard. Voy. aussi par ordre d'intrt:
_Miracula S. Benedicti_, I. II, c. 3; _Genealogiae Fasniacenses; Ann.
S. Quintini Verom.; Ann. Lobienses_ (Dei juditio Rothbertus
Occubuit); _Ann. Prum._ (id.); _Ann. S. Maximi Treverensis_, a. 923;
_Ann. Virdun._, a. 1001; _Ann. Laubienses et Leodienses_, a. 921;
_Ann. Musciacenses_, a. 922 (rebellavit Rotbertus); _Ann. S. Medardi
Suession._, a. 922; _Ann. Floriac._, a. 917 (_M.G.h., Scr._, IX, 375,
XIII, 253, XVI, 507, XIII, 233, XV, 1292, IV, 6-8, 16, III, 170, XXVI,
320, 11, 254) et Widukind, I, 30 (d. Waitz, p. 23) qui n'apportent
aucun dtail; Admar de Chabannes (texte du ms. C), III, 22 (d.
Chavanon, p. 142) mentionne l'anecdote du comte Foubert, _signifier_
royal; le _Conlin. Reginon._, a. 922 (d. Kurze, p. 156), fait prir
Robert de la main de Charles; Odoran, _Chron._, a. 922 (_Recueil des
historiens de France_, VIII, 237), n'ajoute rien aux autres sources
snonaises cites; Rodulf. Glab., 1, c. 2. 6 et III, c. 9, 39 (d.
Prou, p. 8 et 88), fait mourir Robert dans une bataille livre aux
Saxons. Richer, avec son exagration habituelle, prtend que plus de
18.000 combattants restrent sur le champ de bataille. Sur le
caractre lgendaire des rcits de la bataille de Soissons, voy.
Kalckstein, _op. cit._, p. 482 (Excurs IV) et _Louis d'Outre-Mer_, p.
295.]

[Footnote 50: Flod., _Ann._, a. 923.]

[Footnote 51: Aimoin, _Miracula S. Rened._, II, 3 (d. de Certain, P.
99).]

[Footnote 52: _Liber de diversis casibus coenobii Dervensis_ (_Acta
sanctor. ord. S. Bened._, saec. II, p. 846).]

[Footnote 53: Rodulf. Glab., _Hist._, I, 2 (d. M. Prou, p. 7-8).]

[Footnote 54: Flod., _Ann._, a. 923; _Ann. S. Medardi Suession._, a.
922; _Ann. S. Columb. Senon._, a. 923; _Hist. Francor. Senon._, a.
922; Folcuin, _Gesta abbat. Sith._, c. 101 (_M.G.h., Scr._, XIII,
623); _Ann. Blandin._, a. 925; _Ann. Floriac._, a. 917 (_M.G.h.,
Scr._, II, 24, II, 254). Cf. les sources angevines: _Ann. Vindocia._,
a. 921; Rainald. Andegav. _Ann._, a. 921; _Ann. S. Florentii_, a. 920
(d. Halphen, _Recueil d'annales angevines_, pp. 57, 84, 115). _Ann.
Nivernenses_, a. 924 (_M.G.h., Scr._, XIII, 89). Voy. aussi Godefroy,
_Crmonial_ (2e d.), t. 1, p. 413, et A. Luchaire, _Hist. des
instit. monarchiques_, I, p.11.]

[Footnote 55: Mme dans les _Miracles de saint Benot_, crits au
coeur des possessions patrimoniales de Robert, on voit sa conduite 
l'gard de Charles qualifie de nefaria temeritas et mme de
perfidia (Lib. II, c. 3, d. de Certain, p. 99). Le Continuateur de
Rginon (_Chron._, a. 922, d. Kurze, p. 457) s'exprime aussi en ces
termes: Karolus tamen ori _sacrilego_ Ruodberti ita lancea infixit,
ut diffissa lingua cervicis posteriora penetraret.]

[Footnote 56: _Concil. Rem._ (_Recueil des historiens de France_, IX,
324).]

[Footnote 57: _Recueil des historiens de France_, IX, 554-556, n
87-89; _Marca Hispanica_, append., col, 842 et 843; _Hist. de
Languedoc_, nouv. d., V, p. 143, n 46.]

[Footnote 58: Nous n'avons pas ici  retracer les tableaux de
gographie historique fodale qu'on trouvera dans Eckel, p. 32 et
suiv., Poster, _Robert le Pieux_, p. 130, Lot, _Fidles ou vassaux_,
passim, et, du mme, _tudes sur le rgne de Hugues Capet_, p. 187 et
suiv.]

[Footnote 59: _Gallia christiana_, XII, _instr._, col. 485: praedicto
rege Rodulpho laudante et omni sua auctoritate corroborante.]

[Footnote 60: _Recueil des chartes de Cluny_, I (Paris, 1876), nos
231, 233  236, etc. Le n 232 mentionne Robert comme roi, et le no
243 (juin 924) Charles le Simple. cf. aussi _Cartulaire de
Saint-Vincent de Mcon_ (Mcon, 1864), I, no, 8, 38, 310, 314, 480,
496, 501, et les diplmes de Raoul pour Autun, Chlon et Langres
(_Recueil des historiens de France_, IX, 562-565, 569).]

[Footnote 61: _Vita S. Vicentii_ (_Recueil des historiens de France_,
IX, 131; _Acta Sanctor. Boll., Januar. 1_, P. 813); Duchesne, _Hist.
gnal. de la maison de Vergy_, I, P. 40.]

[Footnote 62: Flod., _Ann._, a. 923.]

[Footnote 63: Flod., ibid.]

[Footnote 64: Flod., _Ann._, a. 927.]

[Footnote 65: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_
(Paris, 1866), n 129.]

[Footnote 66: _Cartulaire de Saint-Pre de Chartres_, I, n 3.]

[Footnote 67: _Recueil des chartes de Saint-Benot-sur-Loire_, publ.
par M. Prou et Vidier (Paris, 1900) n XL, XLI et XLII.]

[Footnote 68: _Cartulaire de Saint-Aubin d'Angers_ publ. par Bertrand
de Broussillon (_Doc. hist. sur l'Anjou_, I, 1903), n XXXVI et
CLXXVII; _Cartulaire noir de la cathdrale d'Angers_, publ. par le
chanoine Urseau (ibid., V, 1908), n 33.]

[Footnote 69: _Recueil des historiens de France_, IX, 566; _Gall.
christ._, VIII, _instr._, 412; D. Nol Mars, _Hist. du royal monastre
de Saint-Lomer de Blois_, publ. p. A. Dupr (Blois, 1869, in-8), p.
99. Ce diplme concerne la cession de l'glise Saint-Lubin au
monastre et la translation des reliques de saint Calais. Sa forme est
insolite; s'il n'est pas faux, il a t certainement refait. Cf. J.
Depoin, _tudes prparatoires  l'histoire des familles palatines_,
dans _Revue des tudes historiques_, anne 1908, p. 578.]

[Footnote 70: R. de Lasteyrie, _Cartulaire gnral de Paris_, n63.]

[Footnote 71: Besly, _Hist. des comtes de Poitou_ (Paris, 1647), pr.,
p. 221 (charte d'bles pour l'abbaye de Noaill, date de la 26e anne
de Charles), 225 (charte d'Adelelmus pour Sainte-Radegonde avec la
curieuse date suivante: a, III regni Radulfi regis, Karolo cum suis
infidelibus merite captus (sic), orig., Bibl. nat., nouv. acq. lat.
2306, fol. 2); R. de Listeyrie, _tude sur les comtes et vicomtes de
Limoges antrieurs  l'an mil_, p. 114 et A. Richard, _Chartes de
l'abbaye de Saint-Maixent (Arch. hist. du Poitou_, XVI, 1886), n XI
(charte ainsi date: Data in mense aprilis, anno XXX, quando fuit
Karolus detentus cum suis infidelibus); _Cartul. de l'abbaye de
Saint-Cyprien de Poitiers_; (ibid., III, 1874), nos 236, 237, 240;
_Documents de Saint-Hilaire de Poitiers_ publ. p. L. Rdet (_Mm. de
la Soc. des Antiquaires de l'Ouest_, XIV, 1847, n XIV, anne 26 de
Charles).]

[Footnote 72: Besly, _op. cit._, p. 237; _Chartes de Saint-Maixent_,
nos X et XII; _Cartul. de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers_, nos
92, 124, 301, 337, 528. Une curieuse charte de l'abbaye de Noaill (au
diocse de Poitiers) porte la date: anno III Radulfi regis quando
Karolus in custodia tenebatur. Baluze, _Capitular. reg. Francor_. II,
append., col. 1532. La mme formule se lit encore dans une charte de
Saint-Hilaire de Poitiers (_Doc. de Saint-Hilaire de Poitiers_, loc.
cit.), n XV. Voy. aussi A. Richard, _Hist. des comtes de Poitou_, t.
I (Paris 1903), p. 63-65.]

[Footnote 73: _Gall. christ._, II, instr., col. 328; _Cartul. de
l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers_, nos 3 et 4.]

[Footnote 74: _Cartul. de Saint-tienne de Limoges_ (Bibl. nat. ms.
lat. 9193), p. 125 154, 158 et 269.]

[Footnote 75: Baluze, _Hist. Tutelensis_, col. 338.]

[Footnote 76: Diplme du 13 dcembre 933 (_Recueil des historiens de
France_, IX, 578)]

[Footnote 77: Baluze, _Hist. Tutelensis_, append., col. 323-365.]

[Footnote 78: _Cartulaire de l'abbaye de Beaulieu_ (Paris, 1859), nos
38, 44, 48, 66, 72, 108, 144, 167; Justel, _Hist. gnal. de la maison
de Turenne_ (Paris, 1645), pr., p. 9.]

[Footnote 79: Moulenq, _Doc. historiques sur le Tarn-et-Garonne_
(Montauban, 1879), I, 291.]

[Footnote 80: _Cartulaire de Saint-Julien de Brioude_, d. Doniol
(Clermont-Ferrand, 1863), nos 39, 315, 327; _Cartul. de Sauxillanges_,
d. Doniol (ibid., 1864), no 13; Baluze, _Hist. gnal. de la maison
d'Auvergne_, pr., p. 19-21; _Capitular. reg. Francor._, II, col. 1531,
1534. Cf. A. Bruel, _Essai sur la chronologie du cartulaire de
Brioude_ (_Bibl. de l'cole des Chartes_, 6e srie, t. II, 1866, p.
477.) Voici le texte de trois de ces dates: VI. id. dec. anno IIII
quo infideles Franci principem suum Karolum propria sede exturbaverunt
et Rodulfum elegerunt, Rotberto interfecto. (d. Doniol, p. 330)--v.
id. oct. anno v. quando Franci deinhonestaverunt regem suum Karolum et
contra legem sibi Radulfum elegerunt in regem. (Bruel, _loc. cit._,
p. 495)--mense octobrio, anno v regnante Rodulfo rege Francorum et
Aquitanorum. (d. Doniol, p. 79),--Cf. J. Depoin, _Une expertise de
Mabillon_ dans _Mlanges et doc. publ.  l'occasion du 2e centenaire
de la mort de Mabillon_, P. 138.]

[Footnote 81: _Cartul. de Brioude_, nos 2, 16, 104, 112, 153, 169,
186; _Cartul. de Sauxillanges_, nos 218, 774.]

[Footnote 82: _Marca Hispanica_, append., nos 70, 71; _Le rgne de
Louis IV d'Outre-Mer_, p. 306. Quelques chartes de cette rgion sont
dates aprs la mort du roi Eudes]

[Footnote 83: _Hist. de Languedoc_, nouv. d., V, nos 50  52, 55 a,
55b, 57 a 63; _Cartulaire de l'abbaye de Conques_, d. G. Desjardins
(Paris, 1879), nos 5, 92, 121, 143, 231, 291; Mnard, _Hist. de
Nmes_, I, pr., p. 19 (charte date de l'anne 30 de Charles, aprs la
mort du roi Eudes). L'vque d'Elne, Wadaldus, date une charte de 931:
Facta scriptura donationis sub die IIII. id. april. anno II. quod
obiit Karolus filius Ludovici regis, Xpisto regnante et regem
expectante (Baluze, _Capitul._, t. II, col. 1536).]

[Footnote 84: Sur le caractre et la nature du pouvoir ducal en
Bourgogne, voy. Ch. Seignobos, _Le rgime fodal en Bourgogne jusqu'en
1360_ (Paris, 1882, in-8), p. 156 et suiv.]

[Footnote 85: Sur les domaines possds par Charles le Simple, voy.
Eckel, p. 42.]

[Footnote 86: Flod., _Ann._, a. 923.]




CHAPITRE III

LA CAPTIVIT DE CHARLES LE SIMPLE,
LA GUERRE NORMANDE ET LA PERTE DE LA LORRAINE.


Le roi Charles ayant vu chouer ses dmarches auprs de ses vassaux
rebelles, se tournait du ct du roi de Germanie, Henri Ier, avec
lequel il avait entam, ds 921, des ngociations bientt interrompues
par la rvolte des grands. Il esprait que la nouvelle de la mort de
son dangereux adversaire, Robert, dciderait peut-tre Henri  traiter
avec lui et mme  lui procurer un secours effectif. Il envoya des
dputs en Germanie avec des prsents, au nombre desquels se
trouvaient des reliques de saint Denis considres comme ayant une
valeur inestimable. Henri accueillit bien les envoys de Charles, mais
ne promit nullement d'intervenir en sa faveur: il se borna  ne pas
nouer de relations avec Raoul[87].

L-dessus Charles reut inopinment une dputation d'Herbert de
Vermandois, conduite par le propre cousin de celui-ci, le comte
Bernard[88]. D'aprs Richer,[89] qui donne videmment l'esprit du
discours des envoys, Herbert faisait dclarer  Charles qu'il ne
s'tait uni  ses ennemis que bien malgr lui, et que voyant  prsent
une occasion favorable pour tout rparer, il lui demandait de venir le
joindre sans grande escorte, afin de n'veiller aucun soupon.

Charles,  bout de ressources, fut enchant de ce revirement soudain
d'un vassal puissant, qui l'avait aid jadis. Il accueillit avec
empressement la proposition inespre des dputs. Qu'on ne l'accuse
point  la lgre de faiblesse ou de simplicit. Il tait trs
possible qu'Herbert, d'origine carolingienne et par l d'autant plus
sujet  un retour de loyalisme, devenu mcontent ou jaloux de Raoul,
voult profiter du sjour de celui-ci en Bourgogne pour faire chec 
un rival bien autrement dangereux qu'un suzerain affaibli. Au surplus,
Bernard et ses acolytes taient, dit-on, de bonne foi. S'ils
tromprent Charles c'est qu'ils avaient t tromps eux-mmes par
Herbert. Celui-ci aurait, dit-on, jug prfrable de laisser ignorer
ses vrais desseins  ses propres cratures.

Charles prit donc le chemin de Saint-Quentin avec les dputs du comte
de Vermandois. A peine mis en prsence d'Herbert, il fut apprhend et
conduit sous bonne garde au donjon de Chteau-Thierry. Quant aux gens
de sa suite, trop peu nombreux pour rsister, ils furent renvoys sans
tre inquits[90].

Ce lche guet-apens prpar par Herbert  son suzerain lgitime, le
descendant de Charlemagne, produisit une pnible impression sur les
contemporains. L'cho s'en retrouve dans les textes relativement
nombreux qui y font allusion. Les versions diffrent sur la date de la
capture (place parfois avant l'lection de Raoul), sur l'ordre des
sjours du roi dans ses prisons de Saint-Quentin, Chteau-Thierry et
Pronne, mais elles sont toutes unanimes, mme les plus brves, pour
fltrir en termes nergiques l'acte d'Herbert[91]. Il y avait l un
abus trop injustifi de ruse perfide et de force brutale pour que,
mme en ce sicle de fer, l'opinion gnrale n'en ft point mue. On
voyait recommencer pour Charles les humiliations de son aeul Louis le
Pieux. Aussi trouve-t-on appliques  Herbert, dans les textes, les
pithtes suivantes: tratre plein de perfidie, menteur le plus
fourbe, le dernier des infidles et des indignes, le plus mauvais des
seigneurs franais, l'instigateur de tous les maux; la note
dramatique ne manque pas dans plusieurs rcits de sa mort, o l'on
voit poindre l'ide d'un chtiment cleste exprime par les
circonstances lgendaires dont ils sont agrments[92].

Les historiens modernes n'ont jamais essay sinon de justifier la
conduite d'Herbert, du moins de la concilier avec les pratiques
tolres alors par les usages entre belligrants. Il est clair, en
effet, que si l'acte sans prcdent du comte de Vermandois rvoltait
l'opinion--et on en relve la trace certaine--c'est qu'il tait
considr comme un attentat brutal au droit de lgitimit ds lors
tabli, un crime de lse-majest envers la personne sacre du suzerain
 qui fidlit avait t jure. Comment se fait-il que des seigneurs
puissants et indpendants comme Hugues le Grand et surtout Raoul de
Bourgogne ne s'y soient pas opposs et n'aient pas contraint Herbert 
se dessaisir de la personne de ce fantme de roi, qui tait plus
redoutable pour eux entre les mains de l'intrigant comte de Vermandois
qu'en libert? Il y a l un de ces faits historiques difficiles 
expliquer parce qu'ils rsultent d'un concours extraordinairement
complexe de circonstances et d'influences morales dterminant, dans
les rapports politiques, une tension anormale qui aboutit presque
fatalement  des mesures extrmes. Il ne faut pas, toutefois, oublier
qu'Herbert tait arrire-petit-fils de l'infortun Bernard d'Italie,
la victime du bisaeul de Charles le Simple, Louis le Pieux, entre
les mains duquel il tait tomb  la faveur d'un guet-apens analogue 
celui qui nous occupe[93].

On peut se demander si Herbert II, imbu des traditions de famille si
vivaces  cette poque, ne saisit point cette occasion pour la maison
de Vermandois d'exercer son droit de vengeance sur la branche
carolingienne rgnante. Celle-ci l'avait vince, en effet, de la
succession  l'empire et ensuite frappe par un acte de sauvagerie
inou. Or le droit de vengeance prive est parmi les vieilles coutumes
germaniques une de celles qui taient les plus ancres dans les moeurs
au moyen ge, puisqu'on en trouve encore des traces jusqu'au XVe
sicle[94]. Charlemagne en s'associant son second fils Louis le Pieux,
au dtriment de sa descendance ane, avait caus de funestes
rivalits dans sa famille[95].

On pouvait donc, dans l'entourage de Raoul, considrer l'attitude
d'Herbert comme moins inique et on le faisait d'autant plus volontiers
qu'on tait fort satisfait d'avoir vu le comte de Vermandois accepter
un suzerain bourguignon. Et Hugues le Grand, en outre, dont le pre
avait succomb en luttant contre Charles, ne pouvait tre mcontent du
sort d'un suzerain contre lequel il devait ncessairement nourrir des
ides de revanche.

A ct de l'attentat commis sur la personne de Charles, il y a lieu de
signaler la tentative qu'aurait faite Herbert pour s'emparer du jeune
Louis, son fils, si l'on admet le tmoignage de Richer. Dans un
passage de la chronique de cet historien, le roi Louis rapporte
lui-mme, au concile d'Ingelheim (en 948), qu'il a t soustrait aux
mains d'Herbert, cach dans une botte de foin par des serviteurs, et
qu'ainsi il a pu gagner l'Angleterre avec sa mre Ogive, fille du roi
anglo-saxon douard Ier l'Ancien[96]. Le rcit de Richer ne mrite
toutefois qu'une confiance trs limite. On y remarque une singulire
confusion entre Hugues et Herbert, et on ne s'explique pas comment
Ogive reste en Lorraine avec son fils aurait eu besoin de le cacher
pour l'emmener en Angleterre, puisqu'elle n'avait pas  traverser les
domaines du comte de Vermandois. Il faudrait supposer que celui-ci et
machin quelque complot pour obtenir de se faire livrer l'enfant.

La famille de Charles comprenait encore, outre ce fils, quatre filles
de sa seconde femme Frrone et quatre enfants naturels[97]. Leurs
prtentions n'taient nullement redoutables; ils ne furent pas
inquits.

Herbert se rendit immdiatement aprs la capture de Charles, en
Bourgogne, auprs de Raoul[98]. Il sentait la ncessit de se
justifier aux yeux de celui-ci et de le gagner  sa politique.
Bientt, en effet, le pape Jean X intervint en faveur du roi dchu,
probablement sous l'influence de l'empereur Brenger qui s'tait dj
montr favorable  Charles, en 921, lors de l'occupation de l'vch
de Lige. Jean X rclamait, sous menace d'excommunication, la
rintgration de Charles sur le trne[99]. La mort de Brenger,
survenue le 7 avril 921[100], attnua sans doute le zle du souverain
pontife qui finit par s'incliner devant le fait accompli, lorsque
plusieurs annes de rgne eurent affermi la souverainet de Raoul.

Les Normands avaient pris les armes  l'appel de Charles. Ils
entrrent enfin en campagne. Le roi-de-mer Rgnvald, chef de la
colonie scandinave qui depuis des annes dominait sur l'estuaire de la
Loire, mcontent sans doute des concessions illusoires que lui avait
faites Robert[101] et obissant d'ailleurs aux messages antrieurs de
Charles, avait pris le commandement des Normands de Rollon tablis sur
les bords de la basse Seine, et fait irruption en France, en passant
l'Oise. Un premier chec que lui infligrent les vassaux du comte de
Vermandois, aids de plusieurs seigneurs du nord de la France, les
comtes Raoul de Gouy et Enjorren de Leuze[102], n'eut d'autre effet
que de le pousser  de plus graves dvastations. Une nouvelle dfaite
qu'il essuya en luttant contre le comte d'Arras, Alleaume, le
contraignit cependant  reculer. Les pillages n'en continurent pas
moins. Hugues se dcida enfin  demander assistance  son beau-frre
le roi Raoul.

Celui-ci accourut  Compigne, en plein pays envahi, avec ses troupes.
Les contingents fournis par l'archvque Sulf, par Herbert et les
autres vassaux tant venus le joindre, il se sentit assez fort pour
passer de la dfensive  l'offensive. Il pntra en Normandie, au del
de l'Epte, et par reprsailles ravagea tout le pays, en chassant
devant lui les bandes pillardes[103]. Cette pointe hardie en avant
dmontrait  la fois la valeur militaire du nouveau roi et son dsir
bien arrt de rgner autrement que de nom. La lutte contre les
Normands tait assurment le meilleur moyen de s'attacher les
populations qui avaient eu tant  souffrir des incursions des pirates,
par suite de l'indiffrence ou de l'impuissance apathique de certains
rois carolingiens. Cependant Raoul ne pouvait s'attarder 
pourchasser une poigne de brigands, quand la plupart des seigneurs
lorrains, qui jusqu'alors avaient sans cesse lutt pour Charles,
dsesprant de sa cause, depuis sa captivit, envoyaient un message
pour offrir de faire leur soumission. Il tait urgent de rpondre 
leurs propositions conciliantes et avantageuses, si l'on ne voulait
pas en perdre le bnfice et voir ce pays chapper de nouveau  la
France. Raoul runit donc les grands vassaux qui l'entouraient pour
prendre conseil, et il fut dcid que ceux-ci continueraient seuls la
poursuite des fuyards tandis que lui-mme se rendrait immdiatement en
Lorraine[104].

Raoul s'arrta d'abord sur la frontire,  Monzon. L'vque de Metz
Guerri vint l'y trouver et le dcida  marcher avec lui sur
Saverne[105], o le roi de Germanie Henri Ier avait laiss une
garnison. Le sige dura une bonne partie de l'automne et se termina
par la capitulation des gens d'Henri Ier qui, ne se voyant pas
secourus par leur suzerain, comme ils y avaient compt, se rsolurent
 livrer des otages.[106]

En revenant  Laon, Raoul trouva la reine Emma qui, de sa propre
autorit, venait de se faire consacrer reine par l'archevque de Reims
Sulf. Ce fait dcle  la fois l'ambition et l'esprit d'initiative de
la fille du roi Robert[107]: sachant la vie de son mari en danger dans
le voyage sur territoire lorrain, elle avait pris ses prcautions pour
tre assure de jouer un rle en cas de malheur.

Un certain nombre de seigneurs lorrains, et non des moindres, avaient
prfr se tourner du ct du roi de Germanie plutt que de
reconnatre celui qu'ils considraient comme un usurpateur. Le duc
Gilbert et l'archevque de Trves appelrent Henri Ier en Lorraine:
celui-ci accourut aussitt et, passant le Rhin, commena le pillage du
pays, comptant sur de nouvelles dfections. L'effet produit fut tout
le contraire: malgr la rputation d'inconstance des Lorrains, il n'y
eut gure d'autre dfection que celle d'Otton, fils de Ricoin, ennemi
personnel de Raoul[108]. La nouvelle que le roi de France se
disposait  marcher contre l'envahisseur avec une puissante arme,
recrute tant en France qu'en Bourgogne, dcida Henri  mettre son
butin en sret sur l'autre rive du Rhin. Il se hta de conclure avec
les Lorrains un armistice jusqu'au Ier octobre de l'anne suivante,
emmenant avec lui de nombreux otages et des troupeaux entiers capturs
entre Rhin et Moselle.[109]

L'influence franaise tait prpondrante dans le pays, surtout vers
la partie mridionale. Guerri de Metz s'empara de Saverne dont il fit
raser le chteau-fort, et  la mort de l'vque de Verdun, Dadon,
Raoul donna l'vch  un certain Hugues auquel Sulf confra la
prtrise[110]. Les Lorrains paraissaient accepter avec un certain
enthousiasme la souverainet bourguignonne, qui pouvait leur sembler
un acheminement vers l'autonomie et un retour  leur prpondrance
phmre de jadis, au temps du royaume de Lothaire Ier.

Cependant Hugues et Herbert, seconds par l'archevque de Reims Sulf,
avaient protg contre les Normands leurs domaines de la rive gauche
de l'Oise au moyen d'une arme de couverture. Il n'y eut pas de
rencontre dcisive, mais des irruptions suivies de pillages, de chaque
ct. On finit par entamer des pourparlers o les conditions d'une
paix dfinitive furent discutes: on parla d'tendre  l'ouest le long
de la mer, jusque vers le Cotentin, les limites du territoire concd
 Rollon, sur les deux rives de la Seine infrieure. Enfin un
armistice fut conclu jusqu'au milieu de mai 924. Les Normands
donnaient des otages, et en retour on achetait encore honteusement,
comme par le pass, leur inaction, moyennant un lourd tribut. L'argent
ncessaire devait tre fourni  l'aide d'une sorte de taxe personnelle
extraordinaire (_pecunia collaticia_)[111].

Pourquoi ce retour aux anciennes humiliations, aprs une campagne de
dbut si brillante? Ce changement subit et un peu dconcertant au
premier abord parat d  la ncessit o tait Raoul d'en finir au
plus vite avec la question normande pour se trouver compltement libre
d'agir en Aquitaine.

Tout le Midi,  peu d'exceptions prs, persistait dans son attitude
hostile  l'gard du nouveau roi et refusait absolument de le
reconnatre. Raoul n'entendait pas renoncer  ses droits de
suzerainet et il voulait profiter, ds le dbut, de son succs sur
les Normands ainsi que du prestige que lui donnait la soumission
inespre de la Lorraine, pour entrer en contact avec les opposants et
les contraindre par l'intimidation, ou au besoin par la force, 
l'obissance.

L'arme royale entra si soudainement en campagne que le duc
d'Aquitaine, Guillaume II, eut  peine le temps d'organiser la
rsistance. Le roi tait dj en Autunois, suivi d'innombrables
vassaux, et son avant-garde atteignait la Loire, quand Guillaume parut
sur la rive oppose. Ainsi les deux adversaires taient en prsence,
spars seulement par le cours du fleuve. Une telle situation tait
celle qu' cette poque on recherchait surtout pour les entrevues, par
mesure de scurit: des ngociations commencrent aussitt. Les
missaires faisaient la navette d'une rive  l'autre. Le soir venu,
Guillaume se dcida enfin,  la faveur de la nuit,  faire le premier
pas pour hter une solution. Muni d'un sauf-conduit, il passa le
fleuve et se rendit  cheval au camp de Raoul. Celui-ci l'attendait
galement  cheval. Ds que Guillaume fut en prsence du roi, il sauta
en bas de sa monture, pour le saluer comme son suzerain, et Raoul lui
rpondit en lui donnant l'accolade. Ce crmonial symbolique ratifiait
l'change pralable de promesses, et la conclusion dfinitive de la
paix fut remise  une seconde entrevue qui eut lieu le lendemain. La
condition mise par Guillaume  sa soumission tait la restitution du
Berry que Raoul avait occup. Une suspension d'armes de huit jours fut
dcide pour permettre aux Aquitains d'approuver cet accord, et au
bout du dlai, la paix fut conclue formellement et
dfinitivement[112].

Raoul parat alors avoir tenu  Autun, puis  Chlon, une vritable
cour plnire, dont le rle politique est certain, encore que nous
n'en ayons point de preuves matrielles. La reine Emma tait venu le
joindre[113], avec un grand nombre de puissants feudataires franais,
l'archevque de Reims, Sulf, les vques de Troyes, Anses[114], de
Soissons, Abbon (qui remplissait les fonctions de chancelier avec
Rainard pour notaire), le marquis Hugues, le comte Herbert de
Vermandois. Les vassaux bourguignons taient naturellement au complet:
le frre du roi, Hugues, les comtes Walon et Gilbert, fils du comte
Manasss, les abbs de Saint-Martin d'Autun, Eimon[115], et de
Tournus, Herv[116], le prvt de Saint-Symphorien d'Autun,
Hermoud[117]. Plusieurs hauts personnages aquitains avaient en outre
accompagn le duc Guillaume, par exemple l'vque du Puy Allard[118].
Enfin on vit venir le rgent du royaume de Provence pour l'empereur
Louis l'Aveugle, Hugues, qui prit part aux discussions de cette sorte
de plaid[119].

Tous ceux qui s'taient montrs les premiers fidles  Raoul reurent
des libralits. Herbert eut Pronne, qui devint sa principale
forteresse[120], Hugues reut le Mans, Sulf obtint de Hugues de
Provence, grce  l'intercession royale, la restitution des domaines
piscopaux situs en Lyonnais, dont Herv s'tait vu dpouiller[121].

La prsence de Hugues de Provence s'explique probablement par le dsir
de conjurer au moyen d'une bonne entente toute cause de conflit
ultrieur avec le roi de France,  raison des prtentions possibles de
ce dernier  la suzerainet sur le royaume du sud-est: le mariage de
Boson, frre de Raoul, avec la propre nice de Hugues, Berthe, future
comtesse d'Arles et d'Avignon, scella cet accord. La confirmation par
Raoul des biens d'un monastre sis en Viennois et en Provence, 
Vaison et Frjus, ne prouve pas ncessairement qu'il ait revendiqu
des droits sur ces pays, car souvent il arrivait qu'un abb sollicitt
de plusieurs souverains la confirmation de ses titres, afin d'en
augmenter la force probante en cas de contestation[122].

Raoul ne distribuait pas seulement ses faveurs aux grands vassaux.
Toute une srie de diplmes de cette anne 924, donns en Bourgogne en
faveur d'abbayes ou d'glises, nous sont parvenus. Le premier, pour
Saint-Symphorien, est dat d'Autun mme, le 29 fvrier[123]; les
suivants ont t donns  Chlon-sur-Sane. Le 6 avril, Saint-Martin
d'Autun obtenait la confirmation de ses privilges, avec de nouvelles
libralits[124]. Le 8, l'vque du Puy se faisait concder, sur
l'intervention de Guillaume d'Aquitaine, comte de Velay, les droits
attachs au comt de la ville du Puy, notamment celui de battre
monnaie[125]. Le 9 enfin, le monastre de Tournus obtenait
confirmation de ses dpendances situes en Chalonnais[126].

Si Raoul tait gnreux envers ses vassaux fidles, il se montrait par
contre impitoyable  l'gard de ceux qui, par leur turbulence,
suscitaient des querelles intestines. Le vicomte d'Auxerre,
Rainard,--frre de l'ennemi du roi Robert, Manasss de Dijon,--qui
avait si souvent molest les vques de sa cit, s'tait permis, sans
motif apparent, d'occuper la forteresse de Mont-Saint-Jean[127], et
refusait de la rendre malgr toutes les sommations. Raoul intervint et
confia le sige de la place  un groupe de seigneurs bourguignons au
nombre desquels se trouvaient, avec son frre Hugues, les propres
neveux du rebelle: Walon et Gilbert de Dijon. Ces derniers, au bout de
quelque temps, purent dcider leur oncle  envoyer son fils en otage
au roi. Ils intervinrent ensuite auprs de Raoul, pour que celui-ci
voult bien recevoir Rainard et lui accorder un armistice. Le roi y
consentit et s'loigna, laissant pour surveiller la place ceux qui
avaient chang les serments d'usage avec Rainard. Puis un peu plus
tard, dans le courant de l'anne, il revint et fora Rainard 
abandonner Mont-Saint-Jean, dont il reprit possession[128].

En Lorraine aussi, des luttes fodales avaient clat. Gilbert se
brouilla avec son beau-frre Brenger, comte du _pagus Lommensis_, et
son propre frre Renier; il ouvrit ensuite la lutte contre eux et le
comte de Cambrai, Isaac, leur alli. Des pillages rciproques
s'ensuivirent. Comme le roi de Germanie tait retenu en Saxe par une
invasion hongroise, Gilbert chercha  se rapprocher de Raoul pour en
obtenir l'appui et envoya des dputs lui annoncer sa soumission. Mais
le caractre inconstant de Gilbert le rendait, au dire de l'historien
Flodoard, si suspect et si odieux  Raoul, que celui-ci ne voulut
tenir aucun compte de ces nouvelles propositions d'hommage. Un plaid
runi  Attigny dcida mme qu'une expdition serait faite en Lorraine
pour soumettre les seigneurs qui n'avaient pas encore reconnu la
suzerainet du nouveau roi[129].Malheureusement, sur ces entrefaites,
Raoul tomba gravement malade. Une amlioration passagre de son tat
fut suivie d'une rechute tellement violente qu'il se fit transporter
dans un tat presque dsespr  Saint-Remy, pour implorer
l'assistance de l'aptre des Francs. L'ide de ce plerinage est fort
intressante  examiner au point de vue psychologique: il est clair
que Raoul doutait un peu de la lgitimit de sa royaut et qu'il
voulait calmer ses scrupules de conscience, en se mettant sous la
protection du saint dont il considrait l'archevque de Reims comme le
mandataire, dans la crmonie du sacre. Il est probable que l'exemple
rcent de la mort de Robert le hantait. Aussi disposa-t-il par
testament de presque tous ses biens en faveur du monastre de
Saint-Remy et de diverses abbayes de France et de Bourgogne, n'en
rservant qu'une bien faible part  la reine Emma[130].

Au bout de quatre semaines, sa gurison tait complte, mais il
n'tait pas encore suffisamment rtabli pour entreprendre une campagne
en Lorraine. Henri l'Oiseleur tait aussi,  son tour, tomb malade
sur les frontires slaves, dans le courant de l't. L'occasion et
t extrmement favorable, mais Raoul avait encore besoin de repos. De
Reims il se rendit d'abord  Soissons, puis en Bourgogne[131].

Avant son dpart, il avait charg Hugues, Herbert et Sulf de conclure
la paix projete avec les Normands. Ceux-ci profitrent de
l'incapacit de rien entreprendre, o se trouvait alors le roi, pour
se montrer exigeants. Ils demandrent  nouveau l'extension de leur
fief outre Seine et Hugues dut se rsigner  leur abandonner le
Maine qu'il venait de recouvrer et le Bessin[132]. A ce prix ils
consentirent  conclure une paix dfinitive ... au moins en
apparence[133].

Vers ce temps-l, en octobre 924, un synode fut runi  Trosly[134]
pour juger le diffrend survenu entre le comte de Cambrai, Isaac, et
son vque tienne. Isaac tait all jusqu' prendre et incendier un
chteau piscopal. Le clerg rmois s'en mut, et le synode o furent
admis plusieurs pairs laques du comte de Cambrai, notamment le comte
de Vermandois, contraignit Isaac  s'amender et  faire publiquement
pnitence[135]. Quand les fonctions civiles et ecclsiastiques
n'taient pas runies entre les mmes mains, le clerg avait le plus
souvent, grce  sa discipline, le dernier mot dans la lutte contre
les seigneurs, toujours rivaux entre eux.

Cette mme anne, une horde de Hongrois passa les Alpes, aprs avoir
pill l'Italie et brl Pavie (le 12 mars). Le roi de Bourgogne
Rodolphe II et Hugues de Provence ne purent arrter les envahisseurs,
mais ils les harcelrent en les suivant  distance et russirent  les
cerner un instant dans les dfils alpestres. Parvenus  s'chapper,
les Hongrois passrent le Rhne et se rendirent en Gothie. Une
pidmie de dysenterie se dclara fort  propos dans leurs rangs, et
le comte de Toulouse, Raimond-Pons III n'eut pas de peine  disperser
et  achever les dbris de leurs bandes[136].

Rgnvald, chef des Normands de la Loire, avait pris part aux
expditions conduites en France par les Normands de la Seine. La
raison de cette hostilit persistante ne ressort pas clairement des
textes, mais il semble bien que ce soit la non-excution des promesses
de cession du comt de Nantes et de la Bretagne faites par Robert en
921[137]. Celui-ci avait effectivement cd ces pays  Rgnvald: or
cette apparente libralit n'avait pas eu de rsultat. Il est vident
qu'en abandonnant la Bretagne ou l'une de ses parties, Robert n'avait
renonc qu' des droits thoriques contestables, puisqu'il ne
possdait point ce pays, et sa mort survenue sur ces entrefaites avait
achev de rduire  nant la valeur problmatique de ses promesses. La
comparaison avec les Normands de la Seine qui, eux, avaient su non
seulement obtenir mais accrotre la donation de Charles le Simple,
dcida vraisemblablement la reprise des hostilits. Exclu des
ngociations grce  l'habilet des seigneurs franais, Rgnvald,
mcontent de ses checs successifs, voulut une revanche clatante.

A la tte d'une nombreuse arme, il remonta le cours de la Loire en
pillant la rive gauche du fleuve. Les deux seigneurs riverains, Hugues
et Guillaume, craignant pour leurs possessions, entrrent, chacun
sparment, en pourparlers avec lui. Ces ngociations sont obscures.
Il semble que le viking se soit content d'exiger le libre passage 
travers des pays dj puiss pour se rendre dans la riche Bourgogne,
encore intacte, dont le duc-roi s'tait montr nagure un ardent
antagoniste des Normands de la Seine et avait port la guerre sur leur
territoire. Son but parat avoir t de montrer  l'usurpateur Raoul
que si les Normands de la Seine avaient accept de dposer les armes,
lui, Rgnvald, n'ayant point reu satisfaction, n'tait nullement
dispos  imiter leur exemple, qu'il entendait faire chrement payer
sa retraite et que l'loignement de la Bourgogne ne suffisait pas pour
la mettre  l'abri des reprsailles normandes.

La tmrit d'une pareille tentative explique peut-tre la facilit
avec laquelle Hugues et Guillaume laissrent l'ennemi se diriger, sans
l'inquiter, sur la Bourgogne, en l'absence de Raoul, alors retenu
dans la France du nord. Il est surprenant que ces deux puissants
vassaux se soient rsolus par gosme et indiffrence,  laisser
piller les domaines de leur suzerain. Il faut peut-tre supposer une
tactique de leur part pour tendre un pige aux Normands; sinon on ne
pourrait y voir qu'une lchet contraire  leurs devoirs fodaux. On
en jugera d'ailleurs par ce qui suivit.

Tandis que Rgnvald pntrait dans la Bourgogne, pillant tout sur son
passage, les comtes Garnier de Sens, Manasss de Dijon, avec les
vques Josselin de Langres et Anses de Troyes, prvenus peut-tre
sous main par le marquis Hugues, avaient rassembl leurs vassaux. Ces
seigneurs se portrent  la rencontre des Normands qui se retiraient
vers la France du nord, chargs de butin. Le choc eut lieu sur les
confins du Gtinais,  Chalmont, le 6 dcembre. La lutte fut acharne.
Il s'agissait pour les Normands d'assurer leur retraite, et les
Bourguignons taient dcids  leur faire expier les ravages qu'ils
avaient faits chez eux. Huit cents Normands restrent, dit-on, sur la
place. Du ct bourguignon, le comte Garnier ayant eu son cheval tu
sous lui fut pris et mis  mort. Enfin l'vque Anses, qui se battait
vaillamment  la tte de ses gens, fut grivement bless. Le reste de
l'arme normande continua vers le nord jusqu'aux rives de la Seine,
puis s'arrta pour camper, probablement dans la rgion voisine du
confluent de l'cole[138].

Dans l'intervalle, le roi Raoul compltement rtabli, mis au courant
de ce qui se passait, n'avait pas perdu un instant. Ayant runi  la
hte les vassaux de l'glise de Reims, il les entrana  sa suite avec
l'vque de Soissons, Abbon, quelques autres amis dvous et mme
Herbert de Vermandois, qui resta prudemment  l'arrire-garde,
toujours prt  tirer parti des vnements. Ds qu'il s'approcha de la
Bourgogne, de nombreux hommes d'armes vinrent du duch remplir auprs
de lui leur service d'ost. Il marcha avec ces forces directement vers
le camp ennemi et un combat s'engagea aussitt entre les fantassins
des contingents franais et les Normands, qui s'taient avancs 
leur rencontre. Pendant l'action, l'avant-garde franaise, la premire
ardeur passe, s'aperut que le gros de l'arme qui entourait le roi
ne bougeait pas et que personne n'y mettait pied  terre pour
combattre. Les Normands, d'autre part, faiblissaient, aprs quelques
pertes, et se trouvaient contraints de regagner leurs retranchements.
L'avant-garde franaise se retira alors jusqu' environ deux ou trois
milles des lignes ennemies et s'tablit en cercle d'investissement
tout autour. D'autre part, Hugues tait sur la rive oppose de la
Seine et y avait pris position juste en face des Normands. La
situation de ceux-ci semblait dsespre. On attendait seulement les
bateaux qui devaient venir de Paris pour les attaquer de toutes parts
et donner l'assaut  leur camp, mme du ct du fleuve. La lutte
promettait d'tre dcisive Rgnvald tait pris au pige o sa tmrit
l'avait conduit. Mais les assigeants perdirent trop de temps 
attendre les navires parisiens qui ne venaient pas. Tout  coup le
rus Normand sortit de son camp sans tre aperu, parvint  traverser
par surprise les lignes ennemies, o il avait pu pratiquer des
intelligences, et gagnant une fort voisine, russit  s'vader avec
tous les siens[139].

Ainsi Rgnvald sut viter par un coup d'audace, que la lenteur des
oprations des coaliss rendit possible, la sanglante dfaite ou la
honteuse capitulation  l'une ou  l'autre desquelles il paraissait
irrmdiablement accul. Et maintenant l'aventureux et habile viking
gagnait rapidement les bords de la Loire,  travers la fort
d'Orlans, avec les survivants de ses intrpides guerriers, chapps
comme par miracle du cercle de fer dont ils avaient t un instant
entours.

Les coaliss stupfaits de la soudainet de cette fuite ne se
hasardrent pas  poursuivre dans les bois un ennemi brave jusqu' la
tmrit, satisfaits de lui avoir inflig de trs srieuses pertes et
une terrible leon.

Peut-tre est-ce au cours de cette retraite mmorable que les
sectateurs d'Odin pntrrent dans l'abbaye de Saint-Benot-sur-Loire.
Le continuateur d'Aimoin raconte, en effet, sans donner de date, que
les moines s'enfuirent lors du passage de Rgnvald, emportant leurs
prcieuses reliques. Le rcit des scnes de sauvagerie qui se
droulrent dans le monastre pendant le sjour qu'y fit Rgnvald,
celui de sa vision et du chtiment final qui l'atteignit  son retour,
ont t consigns en termes mus dans les crits monastiques[140]. On
conserva longtemps,  Saint-Benot, le souvenir de l'trange abbatial
du clbre viking: on donna mme son nom  une tte d'homme, en
marbre, encastre dans la muraille septentrionale de l'glise[141].

La dislocation de l'arme des coaliss eut lieu rapidement. Elle tait
complte ds le mois de fvrier. En mars, Gilbert de Lorraine entama
des pourparlers avec les seigneurs franais malgr son chec de
l'anne prcdente[142]. Il eut une entrevue avec Herbert qui tait
l'me de ces ngociations, et celui-ci russit  gagner de nouveau le
marquis Hugues. Sur les instances de ces puissants vassaux, le roi
Raoul consentit enfin  recevoir l'hommage de Gilbert. Il en fixa le
lieu  Cambrai, au cours d'un plaid qu'il y devait tenir.

Pour des motifs inconnus,--peut-tre des raisons de mfiance ou
d'amour-propre,--les Lorrains ne parurent pas  Cambrai, et il fallut
que Raoul s'avant  leur rencontre jusqu' la Meuse La crmonie de
l'hommage eut lieu sur les rives du fleuve, et Otton, fils de Ricoin,
lui-mme, l'ennemi de Boson, jura fidlit au frre de son adversaire.
Seuls les archevques de Trves et de la cit lointaine de Cologne
continurent de s'abstenir[143]. C'tait la seconde fois depuis le
commencement du sicle, qu'un roi de France recevait la soumission
effective du duch de Lorraine.

Raoul dut presque aussitt quitter prcipitamment le pays. Les
Normands de la Seine rompirent le trait conclu en 924, soit excits
par Rgnvald lui-mme, soit simplement dsireux de venger une dfaite
normande par laquelle ils pouvaient se considrer comme moralement
atteints, et ils profitrent de l'absence momentane de Raoul. Ils
envahirent tout  coup l'Aminois et le Beauvaisis. Amiens fut menac,
et bientt un terrible incendie s'y dclara par suite de l'imprudence
des habitants, trop presss de fuir. Arras subit le mme sort. A Noyon
se produisit une vritable rsistance: les bourgeois, avec l'aide des
habitants du faubourg incendi, entreprirent une sortie qui leur valut
la reprise d'une partie du faubourg[144].

Mais durant ces brigandages, le territoire des Normands, situ sur les
rives de la Seine, fut tout  coup envahi, des deux cts  la fois,
par les habitants du Bessin et ceux du Parisis, vassaux de Hugues le
Grand. Le Vexin et une partie du Roumois furent pills et incendis.
Cette heureuse diversion produisit le rsultat attendu. Les Normands
retournrent en hte  la dfense de leurs foyers. Herbert venait
d'ailleurs d'apparatre sur les bords de l'Oise avec quelques
cavaliers runis  grand'peine,  cause de la raret du fourrage, et
il occupait une position fortement retranche de manire  barrer 
l'ennemi l'entre de ses domaines.

Dans leur retraite, les Normands furent poursuivis et harcels par le
comte de Ponthieu Helgaud et d'autres seigneurs des rgions ctires
septentrionales[145].

En quittant la Lorraine, Raoul s'tait rendu  Laon, o le 6 avril,
sur la demande du comte Roger, il confirma  l'abbaye de Saint-Amand
les donations de ses prdcesseurs[146], puis il avait gagn la
Bourgogne: le 30 mai il s'arrtait  Arciat, sur la Sane, avec
Josselin, vque de Langres, et le comte Manasss, pour renouveler les
concessions de ses prdcesseurs  Saint-Bnigne de Dijon[147], et au
mois de juillet,  Autun, o il concda par la tradition du couteau,
sur la demande de sa mre Adlade et de son vassal Unizon, le fief de
son fidle Adon aux chanoines de Saint-Symphorien d'Autun, pour le
donner en prcaire  son fidle Aldric[148].

Il se hta de runir ses vassaux bourguignons, que l'ide d'une
revanche contre les Normands devait ncessairement sduire, et il
proclama le ban et l'arrire-ban, c'est--dire la leve en masse, par
toute la France, de manire  porter un coup dcisif aux anciens
pirates, voisins turbulents, encore peu accoutums  la vie
sdentaire. Cette fois de nombreuses recrues vinrent des pays
maritimes du nord: les comtes Helgaud de Ponthieu, Allou de Boulogne
et  leur tte Arnoul, marquis de Flandre. Herbert amena les vassaux
de l'glise de Reims qu'il commandait[149]

Cependant Rollon avait pris des mesures pour rsister  l'invasion de
ses domaines, en renforant de mille hommes envoys de Rouen la place
d'Eu, situe prs de la mer, aux extrmes confins septentrionaux.
C'est en effet sur ce point que se concentrrent les premiers efforts
de l'attaque. D'aprs Richer, le roi Raoul dirigeait en personne les
combattants[150]. Les ouvrages avancs furent vite enlevs et les murs
d'enceinte pris d'assaut. Enfin le chteau fort lui-mme tomba au
pouvoir des Franais. Ceux-ci avides de vengeance et dcids  mettre
fin, par un exemple, aux entreprises de leurs infatigables
adversaires, incendirent la place et passrent au fil de l'pe toute
la population mle. Quelques Normands parvinrent toutefois 
s'chapper et se rfugirent dans une petite le de la Brle, voisine
du rivage. Les Franais les y poursuivirent, s'emparrent de l'le
avec plus de peine encore que de la place d'Eu et commencrent un
nouveau massacre. Les derniers survivants, perdant tout espoir, aprs
avoir dfendu vaillamment leur vie, se jetrent  l'eau: plusieurs
furent engloutis par les flots et ceux qui nagrent jusqu' la terre
ferme furent tus en abordant au rivage. Plusieurs enfin voyant qu'on
ne leur faisait point quartier se donnrent eux-mmes la mort, selon
la coutume scandinave, pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi[151].
L'extrme frocit de cette guerre s'explique par l'tat
d'exaspration o en taient arrives des populations si longtemps
prouves par les fureurs dvastatrices d'un ennemi rapace, cruel et
insaisissable. La conqute de Rollon tait srieusement menace. Les
Franais  leur tour s'emparrent d'un norme butin, mais ils ne
poussrent pas plus avant. Raoul tablit son camp en Beauvaisis avec
les Bourguignons et le marquis Hugues, de manire  protger le pays
contre tout essai de revanche[152].


 quelque temps de l, vers la fin d'aot, Hugues, de retour  Paris,
conclut avec les Normands un accord, dans le genre de celui de 924,
afin d'assurer l'intgrit de ses domaines: il avait  craindre des
reprsailles contre les habitants du Bessin et du Parisis. Personne ne
devait tre bien sincre dans ces ngociations. Hugues ne pouvait se
mprendre sur les intentions des Normands: ils voulaient s'assurer le
calme dans leurs foyers pour exercer leur vengeance contre Arnoul de
Flandre, Helgaud et les Franais du nord dont ils avaient eu tout
particulirement  souffrir dans la dernire affaire. Ils stipulrent
donc que les domaines des fils de Baudoin II le Chauve, Arnoul de
Flandre et Allou, comte de Boulogne-Trouanne, de Raoul de Gouy et
d'Helgaud de Ponthieu, resteraient en dehors de l'arrangement. Ils
n'avaient pas eu de peine  ranimer la rivalit latente entre Hugues
de France et les puissants feudataires flamands, arrire-petits-fils
de Charles le Chauve par leur grand'mre paternelle Judith, mais il
tait vident qu'aussitt aprs l'expdition projete contre ces
derniers, viendrait le tour des vassaux du duc de France[153].

La dfaite des Normands  Eu, suivant de prs l'chec de Rgnvald 
Chalmont, fit renatre un peu de confiance parmi les populations. Les
communauts monastiques, qui s'taient enfuies devant les
envahisseurs, reprirent avec leurs reliques, le chemin de leurs
monastres abandonns: ainsi les moines de Saint-Maur-des-Fosss[154]
et de Saint-Berchaire ou Montirender[155]. Les premiers taient dj
revenus du Lyonnais vers le 23 aot. Raoul avait tmoign une
bienveillance toute spciale  l'gard des moines de Montirender, en
leur accordant asile et protection dans son duch. Il s'tait assur
ainsi leur appui, qui lui avait dj servi lors de son lvation au
trne; et en les rapatriant, il acquit de nouveaux titres  leur
reconnaissance.

Tandis que la lutte contre les Normands tait pousse avec vigueur, le
roi de Germanie, Henri, franchissant le Rhin, avait enlev de vive
force aux hommes de Gilbert la forteresse de Zlpich et s'tait
bientt retir aprs s'tre fait livrer des otages par le duc[156]. De
retour en Lorraine, vers la fin de l'anne, il parvint  dcider tous
les feudataires  lui prter l'hommage[157]. Seul l'vque de Metz,
Witger, fit quelque rsistance, mais il fut contraint par la force 
se soumettre[158].

Le propre frre de Raoul, Boson, fut oblig de faire comme les autres
et de reconnatre la suzerainet du roi de Germanie.  Verdun l'vque
Hugues, install par Raoul, dut cder son poste  Bernoin, neveu de
l'vque Dadon: ce remplacement ne pouvait tre qu'agrable aux
Lorrains, puisque Bernoin appartenait  une famille indigne[159].

Le changement si subit survenu en Lorraine,  la suite de la prise de
Zlpich, un an  peine aprs une soumission en apparence dfinitive,
doit s'expliquer par l'absence trop prolonge du roi et son
incapacit, en face du pril normand, d'affermir son pouvoir en un
pays o le rgime fodal, dj fortement implant, rendait toute
souverainet presque illusoire, o toute menace un peu srieuse devait
ncessairement amener des dfections.

Ces vnements arrivs avec une rapidit prodigieuse dcidrent pour
un certain temps du sort de la Lorraine. Dsormais le nom du roi de
Germanie apparatra d'une faon constante dans les dates des actes
passs en la rgion. Il ne faudrait pas, cependant, aller jusqu'
dire, comme on l'a fait[160], que la Lorraine est ds lors, sous
Gilbert, fils de Renier Ier et gendre d'Henri Ier, un duch allemand
rattach pour de longs sicles  la Germanie. Les vnements du
rgne de Louis d'Outre-Mer et de Lothaire donnent un dmenti  ces
gnralisations un peu trop absolues.

Au moment o Raoul aurait eu besoin de toute sa libert pour agir au
dehors, son attention fut retenue par l'affaire de l'archevch de
Reims, qui devait tre par la suite grosse de consquences au point de
vue de la situation intrieure du royaume. Sulf vint  mourir
subitement le 1er septembre 925, et le bruit courut qu'il tait
victime du poison du comte de Vermandois[161]. Il avait, en effet,
commis l'imprudence de promettre sa succession au plus jeune des fils
d'Herbert, Hugues, un enfant en bas ge. Sulf laissait le souvenir
d'un homme de haute valeur intellectuelle: disciple du clbre Remy
d'Auxerre, il tait vers dans toutes les connaissances de son
temps[162]. Il avait reu du pape confirmation de ses prrogatives
mtropolitaines, et s'tait montr fort apte  remplir les multiples
devoirs de prlat fodal, tout ensemble ecclsiastiques et laques:
ainsi il avait fortifi Saint-Remy en mme temps qu'embelli la
cathdrale de Reims[163], et plus d'une fois, quittant l'office,
s'tait mis  la tte des vassaux de l'glise pour les conduire 
l'ost du roi. Quoique tomb sous la dpendance d'Herbert, ds la
premire anne de son pontificat, il avait toujours fait montre d'un
loyalisme  toute preuve envers Raoul.

Aussitt la nouvelle connue, Herbert parut  Reims, o il avait des
intelligences parmi les vassaux et les clercs du diocse. Grce 
l'appui de l'vque de Soissons, Abbon, et  celui de l'vque de
Chlons, Beuves, il fit lire comme successeur dsign de Sulf,
Hugues, son fils, g de cinq ans  peine, puis il alla trouver Raoul,
en Bourgogne, et se fit charger par lui de l'administration
intrimaire du temporel de l'archevch[164]. Le roi avait mis comme
premire condition  son assentiment le respect des personnes et des
biens de l'vch, et s'tait refus  reconnatre Hugues comme
rgulirement intronis, tant qu'il n'aurait pas atteint l'ge
ncessaire pour recevoir l'ordination canonique. Abbon se rendit 
Rome, afin de solliciter du pape Jean X son approbation gnrale pour
les actes d'Herbert, et pour lui-mme l'investiture provisoire des
fonctions archipiscopales, en qualit de vicaire. Il l'obtint[165].
Tout cdait devant l'habilet puissante du comte de Vermandois. Il y
eut cependant quelques mcontents. L'historien Flodoard fut de leur
nombre et cela lui cota la prbende qu'il avait reue de l'archevque
Herv. D'autres rcalcitrants furent traits encore plus mal. Herbert
n'hsita pas  user de violence, mme vis--vis du clerg, et deux
ecclsiastiques furent tus par ses gens au cours des troubles, dans
le clotre des chanoines[166].

D'autre part, les Normands ne tardrent pas  vouloir tirer vengeance
de l'effroyable massacre d'Eu. Ils ravagrent avec leur flotte le
littoral du Boulonnais, concentrrent une nouvelle arme et envahirent
l'Artois. Raoul se tenait encore sur ses gardes. Il opra sa jonction
avec Herbert et les seigneurs des rgions ctires du nord, et russit
 cerner l'ennemi non loin, semble-t-il, de Fauquembergue[167].
Malheureusement l'arme franaise avait t oblige de se diviser. Une
nuit les Normands,  la faveur de l'obscurit, sortirent soudain du
dfil bois, o ils se trouvaient enferms, et vinrent fondre 
l'improviste sur le camp royal. Plusieurs tentes furent brles et le
roi faillit tre pris. Herbert, qui campait  quelque distance, sut
accourir juste  point pour tmoigner un dvoment intress  son
suzerain, et les agresseurs furent repousss aprs une lutte acharne,
o ils laissrent onze cents morts sur la place. Les Franais de leur
ct furent grandement prouvs: le vaillant comte de Ponthieu,
Helgaud, prit dans la mle, et le roi Raoul lui-mme grivement
bless fut contraint de regagner Laon. Malgr leur chec, les Normands
purent ainsi pousser leurs dvastations jusqu'aux confins de la
Lorraine, en Porcien[168].

Vers le mme temps, aux environs de Pques, les Hongrois rdaient prs
de l, dans le pays de Voncq[169], o ils auraient pu se rencontrer
avec les Normands. A leur approche, les habitants et le clerg
dsertaient les campagnes, les moines cherchaient avec leurs reliques
un refuge  l'abri des murailles romaines des cits piscopales de
Metz, Toul et Reims, ou encore dans des lieux inaccessibles, fortifis
par la nature. Ainsi furent portes  Reims les reliques de saint Remy
et de sainte Vaubourg d'Attigny. Les Hongrois jetrent dans l'est la
mme terreur que les Sarrasins dans le midi ou les Normands dans
l'ouest: le pillage des riches monastres et des campagnes
florissantes, jusque-l pargns, fut considr par les populations
comme un chtiment cleste [170].

Les difficults s'taient accumules autour de Raoul avec une
incroyable rapidit. Lui bless, et par consquent condamn pour un
temps assez long au repos, les Normands et les Hongrois livraient au
pillage les environs de Laon et de Reims. Enhardi par les embarras
d'un suzerain qu'il n'avait reconnu que contraint et forc, le duc
d'Aquitaine fit dfection. Un de ses frres, probablement Affr, se
jeta sur Nevers et y prit une attitude telle que Raoul, craignant pour
son duch de Bourgogne [171], se hta de transiger avec les Normands:
il leur acheta la paix moyennant une forte indemnit runie  l'aide
d'un impt spcial (_exactio pecuniae collaticiae_) lev sur la
France septentrionale et la Bourgogne. Les Hongrois disparurent
heureusement, aussi vite qu'ils taient venus.

A peine remis de sa blessure, Raoul prit le commandement d'une arme
franco-bourguignonne, et, accompagn d'Herbert de Vermandois, se
dirigea sur Nevers. Il ne s'y attarda pas, se bornant  se faire
livrer des otages [172], car son objectif tait avant tout la
soumission de Guillaume d'Aquitaine. Il pntra sur les domaines de ce
dernier et le harcela sans trve, jusqu' ce que la nouvelle d'un
retour offensif des Hongrois vint le contraindre  se replier sur son
duch. Ces envahisseurs passaient avec la rapidit d'un ouragan. Il
tait presque impossible de les atteindre pour les combattre: pendant
deux annes conscutives ils reparaissent, sans qu'il soit question
d'une seule rencontre dans les textes [4].

Raoul sjourna le 10 dcembre  Sens, o  la prire du comte de
Troyes, Richard, et de l'vque Anses, il confirma les privilges et
possessions de l'abbaye de Montiramey[174].

Il traversait une priode d'checs. Un mariage de son beau-frre
Hugues lui profita plus que ses expditions indcises: le duc de
France pousa Eadhild, fille d'douard Ier l'Ancien, roi des
Anglo-Saxons, la propre soeur d'Ogive, femme de Charles le
Simple[175]. Cette alliance avait certainement un caractre politique:
Hugues, par cette union princire, se posait nettement en rival
d'Herbert pour recueillir la succession ventuelle de Raoul. L'appui
des Anglo-Saxons lui tait dsormais assur et par suite,  Raoul,
contre Herbert, le gelier de Charles le Simple. Dans une curieuse
prcaire du chapitre de Saint-Martin de Tours, o l'on voit paratre 
la fois l'abb Hugues et sa soeur la reine Emma, la date donne
d'aprs le calcul des annes du rgne de Raoul porte la mention de la
captivit de Charles[176]. Il semble que ce soit l l'indice d'une
dtente et d'un revirement en faveur du Carolingien.






FOOTNOTES:

[Footnote 87: Widukind, _Rev. gestar. saxonicar._, 1. I, c. 33 (d.
Waitz, p. 26). On peut se demander si les reliques de saint Denis,
dont il est ici question, ne sont pas  identifier avec celles qui ont
t conserves  Saint-Erameran de Ratisbonne au XIe sicle. Cf.
Lauer, _Le trsor du Sancta Sanctorum_ (_Monuments Piol_ publ. par
l'Acad. des Inscr., t. XV, 1906, p. 126).]

[Footnote 88: Il s'agit peut-tre du comte de Senlis de ce nom, qu'on
voit figurer dans le _De Moribus_ de Dudon de Saint-Quentin,
prcisment avec un rle de diplomate. Voy. _Le rgne de Louis IV
d'Outre-Mer_, p. 5, n. 2.]

[Footnote 89: Richer, _Hist._, 1, 47.]

[Footnote 90: Les rares dtails que nous ayons sont fournis par les
sources suivantes: Flod., _Ann._, a. 923; Richer, I, 47; Rodulf.
Glaber, I, 1,  5 (d. Prou, p. 6-7); Folcuin, _Gesta abbat. Sith._,
c. 101 (_M.G.h., Scr._, XIII, 625-626). La lgende apparat dans
l'_Hist. Walciodor. mon._, c. 5 (ibid., XIV, 507), et Jocundus,
_Translatio S. Serratii_, c. 14 (ibid., XII, 99). Les autres textes
mentionnent le fait en l'apprciant parfois svrement. Ce sont, dans
l'ordre de publication des _Monumenta Germaniae historica: Domus
carolingicae genealogia; Ann. S. Maximi Trerer._, a. 923; _Ann.
Laubiens._, a. 922; _Ann. Leod._, a. 922; _Ann. Elnon. min._, a. 922;
_Ann. Blandin._, a. 922; Hugues de Flavigny, _Chron.; Genealogia
comitum Buloniensium; Hist. Francor. Senon.; Miracula S. Benedicti_;
Hugues de Fleury, _Modernor. reg. actus_, c. 3; _Ann. Lobienses_, a.
924; _Genealogiae Karolorum; Ann. Prum._, a. 923; _Ann. S. Quintini
Verom._, a. 923; Aubry de Trois-Fontaines, Chron. (_M.G.h., Scr._, II,
312, IV, 6, 16; V, 19 et 25; VIII, 358; IX, 300, 366, 375, 381; XIII,
232, 247, 251, 252; XV, 1292; XVI, 507; XXIII, 757). Citons encore
pour mmoire: Odoran, Chron. (_Recueil des histor. de France_, VIII,
237); _Magnum_ et _Breve Chron. Turon._, a. 922 (d. Salmon, p. 110 et
184). Widukind (I, 29) fait une confusion en attribuant  Hugues la
prise de Charles. Cf. Thietmar, I, 13 (_M.G.h., Scr._, III, 741).]

[Footnote 91: _Ann. Einsidlenses_ (_M.G.h., Scr._, III, 141); _Ann.
Floriac. breves_ (ibid., XIII, 87); _Breve Chron. Tornacense (Recueil
des historiens de France_, VIII, 285), etc. Voy. la note prcdente.]

[Footnote 92: Voy. _Appendice_ et _Le rgne de Louis IV d'Outre-Mer_,
p. 94.]

[Footnote 93: Rappelons brivement les circonstances: Ppin d'Italie,
fils an de Charlemagne, laissa un fils, Bernard, qui revendiqua
l'empire contre son oncle Louis le Pieux. Au moment o ce dernier
marchait sur l'Italie pour le chtier, des missaires envoys par
l'impratrice Ermenjart persuadrent  Bernard de passer en France en
lui promettant sous serment toute sret pour sa personne. Bernard,
suivi de ses complices, alla trouver l'empereur  Chlon-sur-Sane et
implora  genoux son pardon. On le conduisit  Aix-la-Chapelle, o son
procs fut instruit et jug. Bernard fut condamn  mort, mais Louis
commua la peine en privation de la vue. Ce terrible arrt fut excut
si brutalement que trois jours aprs Bernard expira (le 17 avril 818)
 19 ans, laissant un fils, Ppin, qui fut pre d'Herbert Ier, comte
de Vermandois.]

[Footnote 94: G. Valat, _Poursuite prive et composition pcuniaire
dans l'ancienne Bourgogne_ (Dijon, 1907, in-8); Ch. Petit-Dutaillis,
_Les moeurs populaires et le droit de vengeance dans les Pays-Bas au
XVe sicle_ (Paris, 1909, in-8).]

[Footnote 95: Ce sont peut-tre aussi ces droits ventuels de la
maison de Vermandois  l'empire qui ont empch le roi de Germanie de
soutenir la candidature d'Herbert II au trne.]

[Footnote 96: Richer, _Hist._, II, 73 (d. Waitz, p. 75): Me vero
parvum in fasciculo farraginis a meis dissimulatum in partes
transmarinas et prope in Rifeos fugere compulit.]

[Footnote 97: Witger, _Geneal. Arnalfi_ (_M.G.h., Scr._, IX, 303).
Voy. _Le rgne de Louis IV d'Outre-Mer_, p. 10.]

[Footnote 98: Flod., _Ann._, a. 923.]

[Footnote 99: Flod., _Ann._, a. 928; _Hist. eccl. Rem._, IV, 21;
Richer, I, 54.]

[Footnote 100: Flod., _Ann._, a. 924; _Necrolog. Modiciense_;
Liudprand, _Antapodosis_, II, 71 (d. Dmmler, p. 52, n. 2).]

[Footnote 101: Voy. plus haut, p. 2.]

[Footnote 102: Voy. Flod., _Ann._, a. 923, d. Lauer, p. 15, n. 4 et
p. 46, n. 1.]

[Footnote 103: Flod., _Ann._, a. 923.]

[Footnote 104: Flod., ibid.]

[Footnote 105: L'Alsace faisait encore partie du royaume de Lorraine.
Cf. Parisot, _Le royaume de Lorraine_, p. 592-593.]

[Footnote 106: Flod., ibid.]

[Footnote 107: Flod., ibid.; Hugues de Flavigny, _Chron._, a. 923
(d'aprs Flodoard).]

[Footnote 108: C'est le propre frre de Raoul, Boson, qui avait tu
Ricoin malade dans son lit, le 14 mars 923, pour s'emparer de Verdun.
Parisot, _Le royaume de Lorraine_ (Paris, 1899), pp. 663 et 667. Le 19
septembre 923, Raoul tait encore reconnu comme roi  Toul, ainsi que
le prouve une charte de l'vque Josselin (_Mm. de la Soc. d'archol.
lorr._, XII, 133; Parisot, _op. cit._, p. 662, n. 5); mais il rsulte
d'une autre charte du mme qu'Henri Ier, y fut reconnu entre le 16
octobre 923 et le 14 octobre 924 (Bibl. de Nancy, ms. 77, fol. 42;
Calmet., _Hist. de Lorraine_, 1re d., I, pr., col. CCCXIV). Cf. J.
Depoin, _tudes sur le Luxembourg  l'poque carolingienne_ (extr. de
_Ons Hemecht_, anne 1909).]

[Footnote 109: Flod., _Ann._, a. 923.]

[Footnote 110: Flod., ibid.]

[Footnote 111: Flod., _Ann._, a. 923.]

[Footnote 112: Flod., _Ann._, a. 924.]

[Footnote 113: Elle intervient dans un diplme du 6 avril 924 en
faveur de Saint-Martin d'Autun. Bulliot, _Essai hist. sur l'abbaye de
Saint-Martin d'Autun_ (Autun, 1849), I, p. 164; 11, p. 24, no 10.]

[Footnote 114: Il figure comme imptrant avec Adson dans un diplme du
29 fvrier 924, en faveur de Saint-Symphorien d'Autun. Thiroux, _Hist.
des comtes d'Autun_, p. 118.]

[Footnote 115: Cf. Bulliot, _loc. cit._]

[Footnote 116: Chifflet, _Hist. de l'abbaye de Tournus_, p. 275;
Poupardin, _Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert_
(Paris, 1905, in-8), p. 120, no 27.]

[Footnote 117: Cf. Thiroux, _loc. cit._]

[Footnote 118: _Hist. de Languedoc_, nouv. d., V, p. 146, n 49.]

[Footnote 119: Flod., _Ann._, a. 924. Diplmes de Raoul dats d'Autun,
le 29 fvrier, et de Chlon, les 6, 8 et 9 avril 924. _Recueil des
historiens de France_, IX, 562-565.]

[Footnote 120: Flod., _loc. cit._; Em. Cot, _Hist. de la ville de
Roye_, t. I, p. 32.]

[Footnote 121: Flod., _Ann._, a. 924.]

[Footnote 122: Diplme du 6 avril 924. _Recueil des historiens de
France_, IX, 563; Bulliot, _Essai sur l'abbaye de Saint-Martin
d'Autun_, I, 164; II, 24. Sur le mariage de Boson, voy. G. de
Manteyer, _La Provence du premier au douzime sicle_ (Paris, 1908,
in-8), p. 158-159; Poupardin, _Le royaume de Bourgogne_, p. 59, 69 et
282, n. 5; du mme, _Le royaume de Provence_, p. 232, 240, 338 et
394.]

[Footnote 123: _Recueil des historiens de France_, IX, 562; _Gall.
christ._, IV, instr., 372; Thiroux, _loc. cit._]

[Footnote 124: _Rec. des histor. de Fr._, IX, 563, et Bulliot, _loc.
cit._]

[Footnote 125: _Recueil des historiens de France_, XI, p. 564, et
_Hist. de Languedoc_, nouv. d., V, p. 146, n 49; VIII, 387, 416
(_Numismatique de la province de Languedoc_). Les monnaies piscopales
portrent le nom de Raoul.--Cf. M. Prou, _Catal. des monnaies
franaises de la Bibliothque nationale. Les monnaies carolingiennes_
(Paris, 1896), p. Lvi, Lxx, 107 (n 772).]

[Footnote 126: Ibid., p. 565, et Chifflet, _Hist. de Tournus, loc.
cit._]

[Footnote 127: Cte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Pouilly-en-Auxois.]

[Footnote 128: Flod., _Ann._, a. 924, passim.]

[Footnote 129: Flod., _Ann._]

[Footnote 130: Flod., ibid., a. 924.]

[Footnote 131: Flod., ibid.]

[Footnote 132: Le comt du Maine semble avoir fait partie autrefois
des domaines de Robert. Cf. Eckel, p. 36-37.]

[Footnote 133: Flod., _Ann._, a. 924; Dudon de Saint-Quentin, _De
moribus_, d. Lair, introd., p. 66. Cette cession du Maine ne fut sans
doute pas compltement excute ou bien elle fut rendue impossible,
car on voit, dans la suite, ce pays disput entre l'Anjou et la
Normandie. Cf. Lot, _Hugues Capet_, p. 197-198.]

[Footnote 134: Trosly-Loire, Aisne, arr. de Laon, cant. de
Coucy-le-Chteau.]

[Footnote 135: Flod., _Ann._, a. 924.]

[Footnote 136: Flod., _Ann._, a. 924; _Chron. Nemaus._, a. 925
(_M.G.h., Scr._, III, 219); _Hist. de Languedoc_, III, 99, 100.]

[Footnote 137: Voy. plus haut, p. 2.]

[Footnote 138: Flod., _Ann._, a. 925; Richer, I, c. 49.--Pour
l'identification de _Mons Calaus_ avec Chalmont (Seine-et-Marne, arr.
de Melun, comm. de Fleury-en-Bire), voy. _Les Annales de Flodoard_,
d. Lauer, p. 26, n. 6.]

[Footnote 139: Flod., _Ann._, a. 925.]

[Footnote 140: _Miracul. S. Bened._, II, 2 (d. de Certain, p. 96-98):
Igitur innumerae Nortmannorum phalanges, super quas Rainaldus regnum
obtinuerat, quampluribus longis usae navibus, usque ad superiora
Ligeris percursantes, cuncta devastant. Tandem ad coenobium ter beati
Deoque dilecti Benedicti, quod Floriacum dicitur, Rainaldus cum suis
attingens, vacuum habitatoribus cunctisque necessariis offendit rebus,
domibus duntaxat exceptis; siquidem monachi cum corpore semper
nominandi patris nostri Benedicti ad tutiora se contulerant loca,
Lamberto tune abbate piae sollicitudinis erga eos curam gerente.
Perveniens ergo inibi rex memoratus, et ex captivis resciscens quorum
hominum foret talis habitatio, dormitorium fratrum suae metationis
delegit sedem; in quo varia, utpote paganus, dum patraret flagitia,
una noctium, quiescenti ei sanctus astitit Benedictus duobus comitatus
monachis, unus, ut ipsi Rainaldo videbatur, medie artatis robore
praeditus, alteri puerilis inerat habitudo. Beatissimus autem pater,
niveam capite canitiem praeferens, baculum vero manu, ita jacentem
allocutus est adversarium: Quid, inquiens, te, Rainalde, offendi,
quod me meosque a propriis perturbas sedibus? sed mihi deinceps curae
erit, et te ab incoeptis inhibere, et famulis Christi, ossibus quoque
una meis, optatam quietem reformare. His dictis, ligno, quod manu
gerebat, incurvo caput jam expergefacti regis contingens,
praenuntiavit terminum ejus vitae in proximo adfuturum, sicque
recessit. Turbatus hac visione Rainaldus, satellites magna ad
auxiliandum sibi voce inclamat. Quibus accurrentibus et quid pateretur
percunctantibus: Quidam, inquit, monachus, non alter, ut aestimo,
quam ille hujus tutor loci senex Benedictus, baculo verticem tangens
meum, mortem minitando, dolorem mihi ingessit ingentem. Jubet
confestim cunctos pervasa domicilia deserere, nativumque solum
repetere, cum quibus ipse profectus, ut patriam attigit, crebro
debilitatus cruciatu vita discessit; tantaque, subito moriente eo,
ventorum procella inhorruit, ut non solum culmina tectorum, verum
etiam eminentium subrueret moles arborum; captivorum vincula soluta;
equi seu reliqua jumenta infra duodecim et eo amplius milliaria a
Rothomagensi urbe ad pastum deducta, disruptis compedibus, in diversa
fugerunt. Corporis ejus tumulo pyramidem superaedificatam validissimo
accepimus terrae motu subversam, ac ejus cadaver tellurem a suo
rejecisse sinu; quod culeo cum lapidum mole insutum in Sequanam est
demersum, quandoquidem humo non poterat contineri tectum. Hoc interitu
memoria nefandi abolita fuisset hominis, ni vetustas Floriacensium
incolarum, curiosa futurorum, marmoream ejus capitis fingere
curavisset effigiem, quae nunc in ultima parte parietis ecclesiae
sanctae Dei genitricis Mariae ac famuli ejus Benedicti, septentrionem
versus, inserta perspicitur, quatenus et praesentes et secuturi omnes
agnoscerent, interventu eorumdem sanctorum, omnipotens Deus qualem
quantamque exercuerit in suis adversariis vindictae severitatem. Adeo
denique haec ultio Nortmannicam in posterum perterrefecit temeritatem,
ut prae caeteris Galliae sanctis beatissimum revereantur patrem
nostrum Benedictum.]

[Footnote 141: Voy. la note prcdente, _in fine_, et Rocher, _Hist.
de l'abbaye de Saint-Benot-sur-Loire_ (Orlans, 1865, in-8), p. 108
et 499.]

[Footnote 142: Flod., _Ann._, a. 925.]

[Footnote 143: Flod., _Ann._, a. 925.]

[Footnote 144: Flod., ibid.; A. Lefranc, _Hist. de la ville de Noyon
et de ses institutions_ (_Bibl. de l'cole des hautes tudes_, fasc.
75, 1887), p. 18; Peign-Delacourt, _Les Normands dans le Noyonnais_
(Noyon, 1868, in-8, p. 36.)]

[Footnote 145: Flod., _Ann._, a. 925.]

[Footnote 146: _Recueil des historiens de France_, IX, 566. La
rdaction de ce diplme prsente des particularits qui ont t
releves par N. de Wailly, _lm. de palographie_, I, 358.]

[Footnote 147: Diplme du 30 mai 925 dans _Recueil des historiens de
France_, IX, 569 ( l'anne 926), d'aprs Prard, _Recueil de pices
servant  l'hist. de Bourgogne_, p. 162. On ne peut identifier
_Artiaco villa supra fluvium Ararim_ avec Arcy (Sane-et-Loire, arr.
de Charolles, canton de Marcigny, comm. de Vindecy), cette localit
n'tant pas sur la Sane. M.-P. Gautier qui vient de rditer le
diplme d'aprs l'original (_tude sur un diplme de Robert le Pieux_
dans le _Moyen Age_, t. XXII, 1909, p. 281) identifie _Artiaco villa_
avec Arsoncourt. C'est plutt Arciat, Sane-et-Loire, arr. de Mcon,
cant. de La Chapelle-de-Guinchay, comm. de Crches-sur-Sane.]

[Footnote 148: Il avait visit l'glise Saint-Symphorien, suivi d'une
pompeuse escorte. Les chanoines profitrent de l'occasion pour se
faire accorder diverses concessions. Le diplme fut souscrit par
Adlade, mre de Raoul, et par un certain nombre de seigneurs
bourguignons prsents, appartenant  la famille comtale de Dijon.
Thiroux, _Hist. des comtes d'Autun_, p. 119.]

[Footnote 149: Flod., _Ann._, a. 925.]

[Footnote 150: Richer, _Hist_., I, c. 50.]

[Footnote 151: Flod., _Ann_., a. 925. Richer (I, 50) prtend que
Rollon prit au cours de ces combats. Cf. Dudon de Saint-Quentin, _De
moribus_, d. Lair, introd., p. 77.]

[Footnote 152: Flod., ibid.]

[Footnote 153: Flod., _Ann_., a. 925.]

[Footnote 154: Charte de Thion, vicomte de Paris (23 aot 925) dans
Mabillon, _Ann_. _Bened_., III, 384.]

[Footnote 155: _Liber de diversis casibus coenobii Dervensis_
(Mabillon, _Acta SS. ord. S. Bened._, saec. II, col. 846-847).]

[Footnote 156: Flod., _Ann_., a. 925; Waitz, _Heinrich I_, p. 81.]

[Footnote 157: Flod., ibid.]

[Footnote 158: _Contin. Reginon._, a. 923.]

[Footnote 159: Flod., _Ann._, a. 926; _Ann. Virdun._ (_M.G.h., Scr._,
IV, 8); _Hist. episcopor. Virdun. cont._ (_Scr._, IV, 45); _Ann. S.
Benigni Divion._ (_Scr._, IV, 8); Hugues de Flavigny, _Chron._
(_Scr._, VIII, 358).]

[Footnote 160: Parisot, _Le royaume de Lorraine_, p. 675; K. Wittich,
_Die Enlstehung des Herzogthums Lothringen_ (Gttingen, 1862, in-8),
p. 114; _Recueil des chartes de l'abbaye de Stavelot-Malmdy_, d.
Halkin et Roland (_Acad. roy. de Belgique_, Bruxelles, 1909), n 56
(charte de 926, date de l'an 4 du rgne d'Henri Ier); _Cartulaire de
Gorze_, d. d'Herbomez, n 92 (charte de 933, date de l'an 8 du rgne
d'Henri Ier, en Lorraine); Wauters, _Table chronologique des chartes
et diplmes impr. concernant l'hist. de Belgique_, t. I, p. 340
(charte du duc Gilbert, date de DCCCCXXVIII, _anno vero V domini
Henrici serenissimi regis super regnum quondam Lotharii, indictione
I_). Ds 924 on datait des annes d'Henri Ier  Trves et  Stavelot
(Wauters, _op. cit._, t. I, p. 338).]

[Footnote 161: Flod., _Ann._, a. 925; _Hist. eccl. Rem._, IV, 19 et
35.]

[Footnote 162: Flod., _Hist. eccl. Rem_., IV, 18.]

[Footnote 163: Flod., ibid.]

[Footnote 164: Flod., _Hist. eccl. Rem_., IV, 19.]

[Footnote 165: Jaff-Lwenfeld, _Regesta pontif. roman_., no 3570 (17
fvrier 926).]

[Footnote 166: Flod., _Hist. eccl. Rom._, IV, 20 et 35; Richer, I,
55.]

[Footnote 167: Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer. Il semble, en effet,
qu'il faille identifier la bataille livre par Raoul aux Normands, en
Artois, d'aprs Flodoard, avec le combat de Fauquembergue, mentionn
par Folcuin dans les _Gesta abbatum Sithiensium_, c. 101 (M.G.h.,
_Scr._, XIII, 626).]

[Footnote 168: Flod., _Ann._, a. 926.]

[Footnote 169: Ardennes, arr. de Vouziers, cant. d'Attigny.]

[Footnote 170: Flod., _Hist. eccl. Rom._, IV, 21; _Miracula S. Apri_,
c. 22; _Miracula S. Basoli_, c. 7 (M.G.h., _Scr._, IV, 517); _Ann. S.
Vincentii Mett._. (Scr., III 157); _Gesta episcopor. Mettens_. (Scr.,
X, 541); _Miracula S. Deicoli_ (Duchesne, Scr., III, 422); _Polypl.
Virdunense_ (Scr., IV, 38); charte de Saint-Maximin de Trves (926)
dans Reyer, _Millelrhein. Urkandenbach_ (Coblentz, 1860), t. I, n
167: ... depopulantibus Agarenis pene totum regnum Belgicae
Galliae.--Voy. aussi Dussieux, _Invasions des Hongrois_, p. 11.]

[Footnote 171: Flod., _Ann._, a. 920; _Hist. de Languedoc_, nouv. d.
III, 101.]

[Footnote 172: R. de Lespinasse, _Le Nivernais et les comtes de
Nevers_, t l. I (Paris, 1909, in-8), p. 173. Il existe une monnaie de
Nevers  l'effigie de Raoul. Soultrail. _Essai sur la numismatique
nivernaise_ (Paris, 1854, in 4), p. 20]

[173][Footnote 173: 4. Flod., _Ann._, a. 926; _Ann. Augienses_ (M.G.
h., Scr., II, 68); Ekkehard, _Casas S. Galli_ (Scr., II, 110). Voy.
Waitz, Heinrich I, p. 88.]

[Footnote 174: A. Giry, _tudes carolingiennes_, dans les _tudes
d'histoire du moyen ge ddies  Gabriel Monod_ (Paris, 1896, in-8),
p. 134, n 26; Nicolas Vignier, _Bibl. historiale_, t. II (1588,
in-fol.), p. 551.]

[Footnote 175: Flod., _Ann._, a. 926, _in fine._ Voy. W.G. Searle,
_Anglo-saxon bishops, kings and nobles_ (Cambridge, 1899, in-8), p.
346.]

[Footnote 176: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_,
n CIII (130).]




CHAPITRE IV

LA LUTTE CONTRE HERBERT DE VERMANDOIS.

PREMIRE PRIODE.

Ds la fin de l'anne 926, clata la rupture prvue depuis longtemps
entre Raoul et Herbert, dont le rle, mme lorsqu'il tait en
apparence dvou au roi, tait en ralit fort quivoque. Le comt de
Laon devint vacant par suite du dcs de Roger, partisan dvou de
Raoul[177]. Herbert avait dj mis la main sur Pronne en 924, et sur
Reims, depuis la mort de Sulf (925): il voulut profiter de la mort de
Roger pour s'installer  Laon. Fidle  ses plans ambitieux, il
continuait l'extension mthodique de ses domaines  l'aide d'intrigues
incessantes. Il eut l'audace de revendiquer le comt de Laon pour son
fils Eudes. Cette fois, Raoul se montra moins conciliant qu'
l'ordinaire. Laon tait la place forte par excellence et comme la
capitale du roi de France qui, mme aprs l'avoir infod, y gardait
toujours la haute main sur les affaires[178]. La perdre c'et t
renoncer  tout point d'appui dans le nord, et se rsigner  n'tre
qu'un duc-roi de Bourgogne. D'ailleurs la tendance  l'hrdit des
bnfices avait t dj officiellement constate dans le capitulaire
de Quiersy-sur-Oise, et ce principe fodal tait dsormais admis et
appliqu partout. Or Roger de Laon laissait un fils, du mme nom que
lui, qui devait recueillir sa succession: Raoul ne fit que sanctionner
le droit tabli, en favorisant la transmission hrditaire, sans gard
pour les prtentions adverses. Herbert fut ainsi cruellement du dans
sa rapacit, parce qu'il avait demand trop, c'est--dire le peu qui
restait  la royaut affaiblie. Ds lors on put voir que sa fidlit
envers Raoul n'tait que le rsultat d'un calcul intress: elle
disparut comme par enchantement, en mme temps que les largesses
royales. Heureusement pour Raoul, son beau-frre Hugues, depuis son
mariage avec Eadhild, s'tait quelque peu loign d'Herbert.

L'attitude de Hugues, neveu d'Herbert II par sa mre Batrice de
Vermandois[179], n'avait pas toujours t empreinte d'une gale
cordialit  l'gard du roi. Il semble qu'il ait jusque-l voulu se
soustraire  son ascendant. Malgr la grande part qu'il avait prise 
son lection, il s'tait tenu, dans certaines circonstances, sur une
rserve qui pouvait presque passer pour de l'hostilit. C'est ainsi
qu'il avait trait avec les Normands aux moments les moins opportuns
pour Raoul. Il avait, par son attitude, grandement favoris les
projets ambitieux d'Herbert. Jamais il ne figure dans les diplmes
royaux comme imptrant, et son nom ne se voit pas au bas des actes, 
ct de ceux des conseillers habituels du souverain. Mais depuis que,
par l'occupation de Reims et la revendication de Laon, la tactique
d'Herbert apparat plus nettement, Hugues se rapproche visiblement de
Raoul, comme si un sentiment de jalousie ou de crainte s'tait veill
en lui. Il commence  se dpartir du rle de simple spectateur des
vnements, qu'il avait jou jusqu'alors. Nanmoins il eut l'habilet
de ne point rompre brusquement avec le comte de Vermandois, qui dut
tout mettre en oeuvre pour le retenir dans son parti, et mme il se
laissa conduire  une entrevue qu'Herbert sollicita du roi de
Germanie[180]. Cette dmarche,  la suite de la perte de la Lorraine,
tait un acte peu amical vis--vis de Raoul. C'tait en mme temps un
acte contraire au patriotisme tel que nous l'entendons aujourd'hui.
Quoique nous ne puissions nous flatter le moins du monde de dcouvrir
les sentiments vritables des hommes de cette poque, il est clair
cependant que la dmarche des deux plus puissants vassaux de la France
septentrionale auprs de l'ennemi de leur suzerain tait, au moins au
point de vue fodal, un acte de flonie caractris[181].

Henri se montra naturellement fort bien dispos envers ses htes
insolites, dont il pouvait beaucoup attendre. Des prsents furent
changs, et pour bien affirmer sa suzerainet en Lorraine devant les
Franais, le roi de Germanie disposa de l'vch de Metz, devenu
vacant par la mort de Guerri, en le donnant  un clerc appel Bennon,
au mpris du droit d'lection des Messins[182].

Au retour de cette visite inconvenante, qui dcle l'extraordinaire
besoin d'intrigue de son esprit inquiet, Herbert sentit qu'il avait
besoin de relever son prestige. La lutte contre les Normands tait le
plus sr moyen de gagner un peu de popularit. Comme Raoul venait de
traiter avec les Normands de la Seine, Herbert et Hugues firent une
expdition contre ceux de la Loire: mais cette entreprise se termina
sans action d'clat. L'ennemi fut assig pendant cinq semaines; aprs
quoi il y eut change d'otages et nouvel abandon du comt de Nantes
aux Normands[183]. C'est au cours de cette campagne qu'on a voulu
placer sans aucune raison srieuse la mort d'Enjeuger, fils de
Foulques d'Anjou[184]. Herbert chercha ensuite  gagner le clerg.
Comme administrateur du temporel de l'archevch de Reims, il runit 
Trosly un synode compos de six vques, malgr la dfense formelle de
Raoul qui l'avait pri de diffrer et de venir le trouver  Compigne.
Le fils d'Helgaud de Ponthieu, Hloin, le vaillant adversaire des
Normands, y fut convoqu et condamn  une pnitence publique pour
crime de bigamie. Cette sentence tait faite pour plaire aux
Normands[185]. Il est probable qu'Herbert profita de cette runion
pour intriguer contre Raoul, car nous le voyons, aprs avoir refus de
se rendre  Compigne, tenter un coup de main sur Laon. L'entreprise
choua, parce que Raoul avait eu le temps d'y envoyer en hte une
garnison qu'il suivit lui-mme peu de temps aprs.

Herbert jeta alors compltement le masque. Voyant l'impossibilit de
se faire reconnatre comme roi  la place du duc de Bourgogne, depuis
que Hugues avait pous la belle-soeur du roi Charles, il imagina
d'opposer au roi Raoul le malheureux Carolingien, qu'il tira de
prison, pour forcer Hugues  garder la neutralit entre ses deux
beaux-frres. Il comptait sans doute, une fois qu'il serait dbarrass
de Raoul ainsi isol, en finir ensuite promptement avec Charles.

Depuis sa captivit, l'infortun souverain avait t gard prisonnier
au donjon de Chteau-Thierry, jusque vers la fin de 924. A cette
poque, sa prison devint inopinment la proie des flammes, sans qu'il
y ait lieu de supposer aucun acte de malveillance, ni aucune tentative
d'vasion; il fut sauv: de l'incendie et transfr alors,
semble-t-il,  Pronne[186]. En 927, Herbert l'installa dans la
capitale du Vermandois,  Saint-Quentin, et dclara qu'il le
considrait de nouveau comme roi.

Raoul se mit immdiatement sur la dfensive, et pour prendre les
dernires mesures se rendit en Bourgogne. Le 9 septembre il tait 
Briare, o il confirma les privilges de l'abbaye de Cluny[187]. La
mort de Guillaume II d'Aquitaine, survenue dans l't de 927[188],
l'avait sans doute dtermin  se rendre sur la Loire. Le duc Affr
succda  son frre dont il adopta la politique abstentionniste. Le
seigneur de Dols, Ebbon, puissant feudataire du Berry, n'en vint pas
moins solliciter du roi l'immunit pour le monastre qu'il venait de
fonder[189], et les chartes du Puy, de Brioude, de Cahors, de Beaulieu
et de Tulle furent encore dates des annes du rgne de Raoul.

Les fils de Roger de Laon faisaient bonne garde dans la cit, o leur
attitude justifiait pleinement la confiance du roi. La reine Emma,
femme d'un esprit suprieur et d'un courage viril, veillait en
personne  la dfense de la forteresse royale. La vaillante garnison
se hasarda mme, au cours d'une sortie,  pousser jusqu' Coucy,
dpendance de l'glise de Reims, dont elle ravagea les environs[190].

De son ct, Herbert ne perdait pas de temps. Il s'occupait activement
de fortifier ses alliances. Devenu le champion du roi Charles, il
s'adressa aux fidles allis de celui-ci, les Normands. Ces derniers
oublirent bien vite tous les traits conclus avec le roi Raoul dont
ils taient avides de tirer vengeance. Dj mme ils avaient russi 
rentrer dans Eu. En cette ville, prcisment, Rollon et son fils
Guillaume, qu'il s'tait dj associ selon Dudon de Saint-Quentin,
conclurent une alliance avec Herbert, et Rollon prta l'hommage 
Charles[191]. Rollon ne consentit toutefois  ce nouveau rapprochement
qu'aprs s'tre fait donner des srets: il exigea comme otage Eudes,
le propre fils du comte de Vermandois, dont il avait de justes motifs
pour redouter l'inconstance. Enfin Raoul parut  la tte d'une arme
bourguignonne, au moment de la Nol, dans la France du nord, et il s'y
conduisit comme en pays ennemi, portant en tous lieux sur son passage
la ruine et l'incendie[192]. Hugues comprit immdiatement que le rle
de mdiateur lui incombait. Il accourut au-devant de Raoul et
l'accompagna jusque sur les rives de l'Oise, o l'attendait Herbert.
Sur son intervention, un arrangement fut mnag entre le roi et son
vassal: Herbert fournit des otages et s'engagea  se prsenter  un
plaid dont la date fut fixe avant Pques[193].

Raoul retourna en Bourgogne aprs avoir en vain tent d'obtenir de sa
femme l'vacuation de Laon. Peut-tre tait-ce l une des conditions
de l'accord conclu, ou bien craignait-il une surprise de la ville par
Herbert et les Normands. Mais la courageuse reine refusa obstinment
d'abandonner cette forte place, dont la possession tait devenue comme
le signe de la royaut. Elle comptait sans doute sur l'appui de son
frre Hugues en cas de danger imminent.

Herbert se rendit  Reims et y rdigea une lettre adresse au pape
Jean X, dans laquelle il se posait en dfenseur de la lgitimit et en
excuteur des prescriptions pontificales venues nagure de Rome en
faveur du roi Charles[194]. Il est piquant de constater  quel point
il avait modifi son attitude  l'gard du pape, depuis que ses
intrts avaient chang. Mais il tait trop tard. Jean X avait t
fait lui aussi prisonnier par Guy de Spolte, et son successeur Lon
VI parat s'tre dsintress compltement du sort de Charles le
Simple. Les dmarches d'Herbert restrent sans rsultat.

Certains historiens, comme Mabille, ont voulu mettre en rapport avec
la restauration de Charles le transfert du comt d'Auvergne avec le
duch d'Aquitaine,  la maison de Poitiers, aprs la mort de
Guillaume. Les deux vnements eurent lieu, en effet, la mme anne.
Mais il n'est pas dmontr qu'bles Manzer, comte de Poitiers, ait
fait valoir ses droits  cette succession,  laquelle il pouvait
prtendre comme fils du duc d'Aquitaine Renoul II, et l'appui de
Charles ne lui aurait t de nul profit en ces conjonctures. Affr
succda  son frre Guillaume, dans ses fiefs et honneurs, et,  la
mort de celui-ci, survenue un an aprs celle de Guillaume,
Raimond-Pons de Toulouse apparat comme duc. C'est seulement le fils
d'bles, Guillaume Tte-d'toupe, qui a port les titres de duc
d'Aquitaine et comte d'Auvergne. bles ne s'est jamais intitul dans
ses diplmes que comte de Poitiers: _misericordia Dei Pictavorum
[h]umilis comes_[195].

Le roi Raoul eut avec Herbert, pendant le carme, l'entrevue qui avait
t antrieurement fixe[196]. Il dut y tre question de la possession
de Laon, car peu aprs la reine Emma abandonnant la ville se retirait
en Bourgogne. Herbert entra immdiatement en possession de l'objet de
ses convoitises, et cette circonstance semble avoir dcid Hugues  se
rapprocher du parti vermandois. Herbert se rendant auprs de Rollon
tint  se faire accompagner par Hugues, dont il esprait bien se
servir auprs du chef des Normands pour obtenir la restitution de son
fils. Hugues cda, et l'on eut le curieux spectacle du petit-fils de
Robert le Fort, le glorieux adversaire des Normands, assistant  une
confrence rclame par ceux-ci, o leur chef Rollon jouait le rle
capital et lui enjoignait ainsi qu'aux autres comtes et vques
franais prsents, d'avoir  reconnatre solennellement le roi Charles
pour leur suzerain lgitime. Et le propre fils de Rollon, Guillaume
Longue-pe leur donna l'exemple, en prtant le premier l'hommage au
Carolingien. A la suite de ce prodigieux succs de la diplomatie
normande, Rollon consentit  rendre au comte de Vermandois son fils
Eudes, et une alliance fut conclue entre Franais et Normands[197].

L'hgmonie du Vermandois n'tait pas admise par tout le monde sans
contestation. La famille des comtes de Laon compose de Roger et de
ses frres, lse par la cession de la ville  Herbert, resta
naturellement attache au roi Raoul. Leurs domaines confinaient  la
partie nord du Vermandois. Il n'en fallut pas davantage pour que le
comte de Vermandois allt assiger et dtruire leur chteau-fort de
Mortagne, au confluent de l'Escaut et de la Scarpe[198].


L'vque de Soissons Abbon, auparavant partisan d Herbert, devenu
archichancelier royal, perdit le vicariat du diocse de Reims, o il
fut remplac par l'vque fugitif d'Aix-en-Provence, Odalric, chass
de son sige par les Sarrasins. Pour prix de ses bons offices, le
nouveau vicaire ne reut d'Herbert que l'abbaye de Saint-Timothe avec
une prbende de chanoine[199].

Le frre du roi Raoul, Boson, qui s'accommodait avec peine de la
suzerainet saxonne impose aux Lorrains, souleva sur ces entrefaites
de nouvelles difficults, en se querellant avec ses voisins, en
s'emparant par force de possessions ecclsiastiques (abbayes et
domaines des vchs de Verdun et de Metz) et enfin en refusant de
tenir compte des injonctions du roi Henri. Celui-ci entra en campagne
contre le rcalcitrant, passa le Rhin avec une multitude de Germains
et vint sur la Meuse assiger son chteau de _Durofostum_[200]. En
mme temps il entra en pourparlers avec lui par la voie d'une
ambassade, promettant la paix,  condition qu'il vnt le trouver en
personne. On le voit, Henri n'osait traiter le frre de Raoul comme un
vassal ordinaire. Il alla jusqu' lui donner des otages pour lui
garantir la scurit au cours de la dmarche qu'il en sollicitait.
Boson consentit alors  se prsenter devant le roi, lui promit sous
serment fidlit et paix au royaume[201], restitua  leurs
possesseurs les biens qu'il avait usurps et en obtint d'autres en
change; enfin il se rconcilia, de mme que Renier II, avec Gilbert
et tous les autres seigneurs lorrains. Cette rapide solution eut dans
la suite une consquence heureuse pour Raoul: Herbert et Hugues tant
venus faire, aprs leur entrevue avec Rollon, une nouvelle dmarche
auprs d'Henri, pour le dcider  intervenir en faveur du Carolingien,
ils n'obtinrent aucun succs[202]. Henri, satisfait de la pacification
de la Lorraine, ne pouvait prendre les armes contre le frre d'un
vassal avec lequel il venait de se remettre. Il lui suffisait du reste
que Raoul ft empch par des difficults d'ordre intrieur de
revendiquer la Lorraine, et il avait plutt  redouter un rveil de
loyalisme envers le Carolingien, si jamais Charles parvenait 
ressaisir effectivement le pouvoir suprme.

Cette attitude du roi de Germanie jointe  l'abstention force du pape
Jean X[203] et  l'inaction des Normands et des Aquitains, partisans
franais de la dynastie carolingienne, amena un revirement complet
dfavorable  Herbert. L'habile plan du rus seigneur avait en somme
assez piteusement chou. Il n'avait pas russi  crer en faveur de
son malheureux jouet le courant de sympathie qu'il avait espr
exploiter  son profit. Tout ce qu'il avait pu faire avait t de
condamner Raoul  l'impuissance politique, en assurant ainsi la
Lorraine au roi de Germanie. Mcontent de voir rester sourd  son
appel ce prince dont il avait escompt l'appui, il se dcida  se
rapprocher de Raoul, et il sut encore se faire payer fort cher cette
apparente soumission. Il se rendit auprs du roi, et moyennant un
nouvel hommage solennel, qui lui cotait peu, il obtint la cession
dfinitive de Laon, et peut-tre la promesse d'avantages pour ses
fils, si l'on en juge par ce qui suivit. Herbert tait ainsi parvenu 
persuader Raoul, aprs Hugues, de la prtendue ncessit qu'il y avait
pour lui de possder Laon. Il avait fait valoir le besoin d'assurer
des apanages  ses enfants, mais cet apparent souci de pre de famille
besogneux masquait mal son vidente ambition personnelle. La victime
de la paix fut encore l'infortun Charles, trahi pour la seconde fois:
son semblant de souverainet passagre se transforma en une nouvelle
et trop relle captivit[204]. Cette mme anne, le 5 juin, mourait
l'empereur Louis l'Aveugle. Le roi d'Italie Hugues accourut aussitt
en Provence, pour y fortifier son autorit dj existante de fait. Le
seul hritier du trne, le btard Charles-Constantin, avait possd le
comt de Vienne depuis 926, pendant les dernires annes de son pre:
il en fut, semble-t-il, dpouill en mme temps que du pouvoir suprme
qu'il aurait d recueillir. En novembre 928, le roi Hugues parat 
Vienne, o il se rencontre avec le roi Raoul qui tait le propre
cousin germain de Louis l'Aveugle. Les ngociations entre les deux
prtendants sont malheureusement inconnues. Nous ne pouvons en juger
que d'aprs les rsultats. Le comte de Vermandois, rconcili depuis
peu avec son suzerain, sut encore ngocier assez habilement afin de se
faire concder la province de Viennoise pour son fils Eudes[205].
Ainsi cet ambitieux seigneur s'efforait de fonder pour sa maison un
centre d'influence situ au midi, dans un pays dpendant de l'ancien
royaume de Boson. Ces domaines devaient venir s'ajouter aux
dpendances bourguignonnes de l'archevch de Reims, dont Herbert
tait administrateur[206]. Cette combinaison, fort bien imagine,
n'eut pas nanmoins la suite qu'esprait le comte de Vermandois.
Vienne demeura d'abord temporairement sous la domination de son
archevque faisant fonctions de vicomte, et, bientt aprs,
Charles-Constantin dut rentrer en possession de ses droits, car au
commencement de 931 on le voit matre de la cit o jamais Eudes de
Vermandois ne semble avoir exerc la moindre autorit. Raoul eut
nanmoins ds lors la suzerainet effective sur le Viennois.

Aprs avoir ainsi satisfait, autant qu'il tait en mesure de le faire,
les apptits d'Herbert, Raoul, peut-tre sous l'influence de Hugues,
beau-frre du Carolingien, s'enquit du sort de l'infortun Charles.
Il se rendit  Reims o Herbert le tenait sous bonne garde. Raoul
aborda respectueusement son ancien souverain, lui offrit des prsents
de valeur, et lui fit remise du fisc royal d'Attigny, peut-tre aussi
de celui de Ponthion-sur-l'Ornain[207]. Aucun arrangement, aucun
compromis ne parat tre intervenu entre eux. Il est toutefois certain
que l'acceptation par Charles des dons de Raoul constituait une
vritable abdication tacite. On ne saurait admettre, en effet, avec
Leibniz[208], que Raoul et reu de Charles l'investiture du royaume 
titre de vassal: c'est tout  fait contraire aux termes prcis et
formels qu'emploie l'historien Flodoard pour relater le fait dans ses
_Annales_[209], et une telle hypothse est bien hardie, en l'absence
de tout prcdent du mme genre. On ne peut non plus souscrire 
l'opinion de ceux qui ont qualifi d'outrageante la dmarche de Raoul:
c'tait  la fois un acte chevaleresque envers un adversaire
malheureux, auquel il tmoignait des gards, et une mesure de bonne
politique, propre  lui concilier les partisans du Carolingien. Les
fidles obstins qui persvrrent  refuser de reconnatre Raoul
aprs l'entrevue de Reims, n'taient en ralit que des vassaux
indisciplins s'accommodant mieux d'un fantme de roi que d'un
vritable souverain.

Nous ignorons si Charles put jouir d'une libert relative  partir de
ce moment. Il est plutt croyable qu'Herbert ne tint nul compte de la
dmarche de Raoul, et il est mme probable qu'il en prit ombrage et y
trouva prtexte pour redoubler de vigilance auprs de sa misrable
victime: il n'avait pas encore renonc  s'en servir, le cas chant!
Flodoard rapporte, en effet, que Charles mourut  Pronne,
c'est--dire au pouvoir du comte de Vermandois. Divers chroniqueurs le
qualifient de martyr et le font expirer en prison, donnant de ses
derniers moments une description mouvante, qui, vraie ou fausse, nous
rvle en tout cas, trs nettement, la pnible impression produite par
cet vnement sur les contemporains. La date du dcs est le 7 octobre
929: Charles fut enseveli en l'glise Saint-Fursy de Pronne[210].

Les vassaux aquitains et mridionaux voyaient ainsi disparatre le
dernier obstacle qui les empcht de faire le pas dcisif vers la
rconciliation avec Raoul. Cependant ils s'abstinrent d'entrer dans
cette voie, tant tait grand chez eux le dsir de conserver leur
indpendance. On le constate par les formules de datation employes
dans leurs actes: ils calculent les annes  partir de la mort de
Charles, en ajoutant que Dieu ou le Christ rgne. Certains vont mme
jusqu' dsigner fictivement comme successeur de Charles son fils
Louis, rfugi en Angleterre  la cour de son oncle Athelstan[211].
Toutefois en Rouergue,  Conques, on finit par abandonner cette
manire de dmonstration platonique, et on se dcida  reconnatre
Raoul comme roi[212].





FOOTNOTES:

[Footnote 177: Flod., _Ann._, a. 926. La mort de Roger avait suivi de
peu celle de son prdcesseur Raoul de Gouy, fils d'Hluis. Roger
tait son beau-frre. La succession si rapide de ces dcs, dont
Herbert chercha  profiter, fait ncessairement songer aux accusations
d'empoisonneur lances contre Herbert, au dire de Flodoard.]

[Footnote 178: Ainsi lorsque, vers 925, l'vque de Laon Alleaume
voulut tablir des chanoines  Saint-Vincent, c'est  Raoul qu'il
s'adressa pour obtenir confirmation. _Recueil des historiens de
France_, IX, 568 (acte incomplet de la fin).]

[Footnote 179: A. de Barthlemy, _Les origines de la maison de
France_, dans la _Revue des questions hist._, t. VII, anne 1873, p.
123; Lot, _Les derniers Carolingiens_, p. 359 et 377.]

[Footnote 180: Flod., _Ann._, a. 927.]

[Footnote 181: Sur cette question de la naissance des sentiments de
nationalit au Xe sicle, cf. G. Monod, _Du rle de l'opposition des
races et des nationalits dans la dissolution de l'empire carolingien
(Annuaire de l'cole pratique des hautes tudes_, section des sciences
hist. et phil., 1896, p. 5).]

[Footnote 182: Flod., ibid.--Cf. Waitz, _Heinrich I_, p. 119.]

[Footnote 183: Flod., _Ann._, a. 927; _Chronique de Nantes_, d. R.
Merlet, p. 87-88.]

[Footnote 184: Lippert, p. 60. Tout ce que l'on sait d'Enjeuger, c'est
qu'il tait mort en combattant les Normands, avant 929. _Gesta consul.
Andegavor. (Chron. d'Anjou_, d. Marchegay et Salmon, p. 66); _Cartul.
de Saint-Aubin d'Angers_, d. Bertrand de Broussillon, n 177; I.
Halphen, _Le comt d'Anjou au XIe sicle_, p. 2.]

[Footnote 185: Il est probable qu'Herbert avait eu aussi en vue la
confiscation du fief d'Hloin, soit  son profit personnel, soit au
profit de Hugues le Grand, suzerain d'Hloin. Mais il semble avoir
chou sur ce point. Cf. Flod., _Ann._, a. 927; _Hist. eccl. Rem._,
IV, 21; Richer, I, 52.]

[Footnote 186: Flod., _Ann._, a. 924; Aimoin, _Miracula S. Benedicti_,
II, 3 (d. de Certain, p. 99); Eckel, _Charles le Simple_, pp. 127 et
130.]

[Footnote 187: _Recueil des chartes de Cluny_, I, 281, n 285.]

[Footnote 188: Il mourut entre avril et septembre, probablement avant
le 3 juin. Cf. _Ann. Masciacenses_, a. 927 (_M.G.h., Scr._, III,
169-170); Admar de Chabannes, _Chron._, d. Chavanon, p. 143. Voy.
Baluze, _Hist. gnal. de la maison d'Auvergne_, I, 21, II, pr., p.
18; _Hist. de Languedoc_, nouv. d., III, 104.]

[Footnote 189: Diplme de Raoul, de 927, dans _Recueil des historiens
de France_, IX, 570, d'aprs Besly, _Hist. des comtes de Poitou_, pr.,
p. 239. Deux chartes d'Ebbon qui nous sont conserves en copie par les
mss. de la Bibl. nat. lat. 12777 (p. 214 et 224), 12820 (fol. 2 et 11)
et 6007 (fol. 117) sont dates, l'une de la 20e anne du rgne de
Charles le Simple et l'autre de la 5e anne du rgne de Raoul. Les
documents que nous venons de mentionner (diplme et chartes) ont t
publis en dernier lieu par Eug. Hubert (_Recueil gnral des chartes
intressant le dpartement de l'Indre, VIe-XIe sicle_, extr. de la
_Revue archol. du Berry_ de 1899, p. 106, 112 et 115) qui n'a pas
connu tous les manuscrits cits.--Voy. aussi Raynal, _Hist. du Berry_,
t. I, p. 336.]

[Footnote 190: Flod., _Ann._, a. 927.]

[Footnote 191: Flod., ibid.; Dudon de Saint-Quentin, _De moribus_, d.
Lair, pp. 77 et 170-181; _Ann. anglo-saxon_ (_M.G.h., Scr._, XIII,
108).]

[Footnote 192: Flod., _Ann._, a. 928.]

[Footnote 193: Flod., _Ann_., a. 928.]

[Footnote 194: Richer, I, c. 54.]

[Footnote 195: _Cartulaire de Saint-Cyprien de Poitiers_ (_Arch. hist.
du Poitou_, III), p. 318, n. 1; Mabille, _Le royaume d'Aquitaine et
ses marches sous les Carolingiens_ (Toulouse, 1870, in-4), p. 44 et
47; A. Richard, _Hist. des comtes de Poitou_, I, p. 62, n. 1 et 67;
Lot, _Fidles ou vassaux?_, p. 54.]

[Footnote 196: Flod., _Ann._, a. 928. Pques tombait, en 928, le 13
avril. Le carme commenait donc le 2 mars.]

[Footnote 197: Flod., _Ann._, a. 928; _Hist. eccl. Rem._, IV, 21;
Richer, I, c. 53.--Le texte des Annales de Flodoard suppose que Rollon
vivait encore, et nous l'avons admis malgr l'assertion contraire de
Richer (I, 50) qui le fait prir  la prise d'Eu, en 925. Cf. Dudon de
Saint-Quentin, _De moribus_, d. Lair, p. 77, M. Marion (_De
Normannorum ducum cum Capetianis pacta ruptaque societate_, Paris,
1892, in-8, p. 10) le fait vivre jusqu'en 931. Deville (_Dissertation
sur la mort de Rollon_, Rouen, 1841) place avec plus de raison la mort
de Rollon entre les annes 928 et 932, sans prciser.]

[Footnote 198: Flod., _Ann._, a. 928.--Mortagne-Nord, Nord. arr. de
Valenciennes, cant. de Saint-Amand-les-Eaux.]

[Footnote 199: Flod., ibid., et _Hist. eccl. Rem_., IV, 21; Richer, I,
53 et 35. Cf. Albans, _Gall. christ. noviss_., t. I, col. 41-42.]

[Footnote 200: Flod., _Ann_., a. 928, d. Lauer, p. 42, n. 5.]

[Footnote 201: Il convient d'observer que Flodoard se sert des termes
suivants: [Boso] venit ad cum eique fidelitatem et pacem regno
juramento promittit ..., au lieu d'employer le terme qu'il prend
gnralement pour indiquer l'hommage ou la recommandation fodale: se
committit illi.]

[Footnote 202: Flod., _loc. cit._]

[Footnote 203: Une ambassade d'Herbert tait revenue de Rome sans
succs, apportant la nouvelle de l'emprisonnement du pape Jean X par
le marquis de Toscane, Guy, frre utrin de Hugues d'Arles, roi
d'Italie. Cf. Flod., _loc. cit.; Hist. eccl. Rem_., IV, 21; Richer, I,
54; Liudprand, _Antap_., III, 18, 43 (d. Dmmler, pp. 61 et 73).]

[Footnote 204: Flod., _Ann., a. 928; Hist. eccl. Rem_., IV, 22;
Richer, I, 54.]

[Footnote 205: Flod., _Ann_., a. 928; Poupardin, _Le royaume de
Provence_, p. 225-227; _Le royaume de Bourgogne_, p. 59-60; G. de
Manteyer, _La Provence du premier au douzime sicle_ (Paris, 1908,
in-8), pp. 127 et suiv., 158-159.]

[Footnote 206: En 924, l'archevch de Reims avait obtenu la
restitution de toutes ses possessions lgitimes.]

[Footnote 207: Flod., _Ann., a. 928; Hist. eccl. Rem_., IV, 22;
Richer, I, 55.]

[Footnote 208: Leibniz, _Annales imperii_, d. Pertz, II, 388.]

[Footnote 209: Rodulfus rex ... pacem facit cum Karolo ... _Ann., a.
928, in fine_.]

[Footnote 210: Flod., _Ann._, a. 929; _Hist. Francor. Senon._ (_M.G.
h., Scr._, IX, 366) dont drivent Richard le Poitevin et Orderic
Vital; Hugues de Flavigny, _Necrol._ (ibid., VIII, 287); Folcuin,
_Gesta abbat. Sith._, c. 102 (ibid., XIII, 626), donne la date du 16
septembre. Richer (I, 56): Karolus post haec tedio et angore
deficiens, in machronosiam decidit, humoribusque noxiis vexatus, post
multum languorem vita privatus est; _Confin. Regin._, a. 925 (_Scr._,
I, 616); _Ann. Blandin., Lohiens., Elnon. min._, a. 924 (_Scr._, V,
24, II, 210, V, 19); Aimoin, _Miracula S. Bened._, II, 5 (d. de
Certain, p. 104), dont drivent Hugues de Fleury et la _Chronique de
Saint-Bnigne de Dijon_; _Chron. Turonense_ (d. Salmon, _Recueil des
chroniques de Touraine_, p. 110); Sigebert de Gembloux, _Chrori._, a.
926 (_Scr._, VI, 347). Cf. J. Dournel, _Hist. gn. de Pronne_ (1879,
in-8), p. 35; Eustache de Sachy, _Essais sur l'hist. de Pronne_
(Paris, 1866, in-8), p. 39-40, et Eckel, p. 134.]

[Footnote 211: _Cartulaire du monastre de Gerri_, fol. 37, n 516
(Bibl. nat., _Coll. Moreau_, vol. V, fol. 75-77). _Chron. Nemausense_
(_M.G.h., Scr._, III, 219): Post cujus [Karoli] obitum fuerunt anni
septem sine legitimo rege, in quibus regnavit Rodulfus.]

[Footnote 212: _Cartulaire de l'abbaye de Conques_, d. G. Desjardins,
nos 6, 91, 200, 208,291.]




CHAPITRE V

LA LUTTE CONTRE HERBERT DE VERMANDOIS APRS LA MORT DE CHARLES LE
SIMPLE.

Boson venait  peine de se remettre avec Henri Ier que dj il tait
ml  de nouvelles intrigues. L'abbesse de Chelles, Rohaut, tante de
Charles le Simple et belle-mre de Hugues le Grand, mourut le 22 mars
925[213]. C'tait dj  l'occasion de son abbaye, on s'en souvient,
que Robert et Hugues s'taient soulevs contre Haganon en 922. Boson,
sans doute d'accord avec son frre Raoul, s'empara tout  coup de ce
riche monastre tant convoit, avec toutes ses dpendances, pour faire
pice  Hugues. Il tait assez naturel que Raoul pt donner un fief 
son frre alors que Hugues le contraignait  en cder un  Herbert.
Mais Hugues ne transigeait pas aussi facilement sur ses droits que sur
ceux des autres: immdiatement il rclama la restitution de Chelles,
et Herbert, son alli, en prit prtexte pour mettre la main sur la
principale place forte de Boson, le chteau de Vitry-en-Perthois. Un
armistice fut conclu jusqu' la fin de mai, puis transform en paix
dfinitive sur l'intervention du roi de Germanie. L'entreprise de
Boson aboutissait, en dernire analyse,  une nouvelle ingrence
trangre en France, dfavorable au prestige de Raoul[214].

Hugues et Herbert, de retour d'une confrence avec le roi Henri,
allrent assiger Montreuil, afin de soumettre le comte Hloin qui
affectait des allures d'indpendance. Ils le contraignirent  livrer
des otages. Mais bientt leur union se trouva compromise par le
passage d'Hloin au parti de Hugues. Herbert s'en ddommagea en
attirant dans son camp Heudoin, vassal de Hugues[215].

Les Normands de la Loire taient demeurs dans un calme relatif depuis
925. Au commencement de l'anne 930, ils envahirent de nouveau
l'Aquitaine, pillrent la Saintonge, l'Angoumois, le Prigord, et
pntrrent jusqu'en Limousin[216]. Raoul se porta au secours de
sujets qui lui taient fidles depuis le dbut de son rgne. Il
atteignit les pillards au lieu dit _Ad Destricios_ et les anantit
presque totalement[217]. La victoire eut un aussi grand retentissement
que jadis celle de Louis III  Saucourt, et, comme il arrive souvent,
ce succs en engendra un autre: une partie des Aquitains (les comtes
d'Auvergne, de Toulouse et de Rouergue) qui avaient pu juger de
l'efficacit de l'intervention royale, firent leur soumission. Cette
bataille devint lgendaire dans le pays. C'est  elle qu'on rattache
les exploits du comte d'Angoulme Guillaume Taillefer[218], et Aimoin
y fait allusion lorsqu'il flicite Raoul d'avoir rendu la paix au pays
par son triomphe sur les Normands[219].

La dfaite normande fut suivie du retour des moines dans leurs
couvents. Ceux de Charroux revinrent d'Angoulme o ils avaient
cherch refuge. Les reliques de saint Genoul furent rapportes 
Estres, celles de saint Benot  Saint-Benot-sur-Loire, qui avait
chapp  Rgnvald[220].

Dans le nord, la msintelligence entre Hugues et Herbert allait
croissant. Ernaut de Douai, vassal de Hugues, venait de passer au
parti d'Herbert, et des hostilits accompagnes de dvastations en
taient rsultes. Raoul quittant la Bourgogne o il tait encore, le
23 mars,  Autun[221], s'interposa comme mdiateur, runit plusieurs
plaids et parvint  conclure un arrangement. Son frre Boson y fut
aussi compris. Herbert devait lui rendre Vitry[222]. On aperoit ainsi
la raison intresse de l'intervention de Raoul en faveur de Hugues.
Herbert le sentait bien et pour s'en venger, il provoqua la dfection
d'Anseau, vassal de Boson, qui gardait Vitry, lui donnant Coucy comme
prix de sa trahison. Les reprsailles ne se firent pas attendre.
Boson, Gilbert et les Lorrains s'entendirent avec Hugues qui leur
faisait des avances, et tandis que Raoul retournait en Bourgogne, les
allis ayant opr leur jonction assigeaient et prenaient Douai, dont
Roger de Laon fut investi par Hugues. Quant  Ernaut, rfugi auprs
d'Herbert, il fut ddommag par la cession de Saint-Quentin. Boson
parvint  rentrer dans Vitry. Il enleva mme Mouzon par ruse 
Herbert, mais celui-ci profita de la premire absence de Boson, vers
la Nol, pour passer la Meuse  l'improviste et pntrer dans la
place, dont les portes lui furent ouvertes par des amis: la garnison
lorraine fut faite prisonnire[223].

Herbert faisait face  tout par des prodiges d'adresse et d'activit,
mais sa situation tait des plus mauvaises depuis sa rupture avec
Hugues. Raoul, au contraire, gagnait tous les jours en autorit. En
930, sa souverainet s'tait tendue en Aquitaine; l'anne suivante il
affirma  nouveau sa suzerainet sur l'importante partie du royaume de
Provence occupe par lui depuis 928. S'tant rendu avec une escorte en
Viennois, il reut la soumission formelle de son neveu
Charles-Constantin, devenu comte de Vienne, au mpris des droits
consentis  Eudes de Vermandois[224]. C'tait la preuve vidente de sa
rupture dfinitive avec Herbert. De l il se rendit en plerinage 
Saint-Martin de Tours, en ralit auprs de Hugues, dont il se
rapprochait de jour en jour davantage. Sa prsence nous y est rvle
en mars par un diplme qu'il dlivra le 24 de ce mois, en faveur des
chanoines de Saint-Martin[225].

Bientt aprs, il fut rappel en Bourgogne par la ncessit de rgler
de petites difficults d'ordre intrieur, presque domestique. La reine
Emma, dont nous avons eu l'occasion de signaler  maintes reprises les
hautes capacits, apportait parfois dans ses actes d'administration la
hte et l'acharnement irrflchi qui dprcient le mrite de
l'nergie.

Pour une raison inconnue, elle enleva le chteau d'Avallon au comte
Gilbert, fils de Manasss, l'ennemi de son pre Robert 1er[226]. Elle
en fit autant  l'gard du monastre de Saint-Germain d'Auxerre
auquel, sous un prtexte futile, elle prit la _villa Quinciacum_ (en
Nivernais) pour en gratifier quelqu'un de ses gens. La lgende ajoute
que saint Germain la punit de sa tmrit en lui paralysant la langue,
chtiment qui lui fut tout particulirement pnible. Elle se rendit au
monastre avec une escorte nombreuse et, suivant la chronique, obtint
la gurison  la suite du don de deux agrafes[227].

Gilbert de Dijon s'allia au comte Richard, fils de Garnier de Sens, et
opposa  Raoul une rsistance si vive que celui-ci dut renoncer
momentanment  la briser, d'autant plus que de nouvelles
complications l'appelaient dans le nord[228].

Depuis la dernire expdition contre Herbert, Boson avait eu de
nouvelles difficults avec le duc Gilbert. Pour la seconde fois il y
perdit son chteau de _Durofostum_, et Herbert en profita pour se
rapprocher de Gilbert. Boson quittant alors la suzerainet du roi
Henri, beau-pre de Gilbert, appela son frre Raoul, puis il se
ddommagea en tournant ses armes contre son voisin, l'vque de
Chlons, Beuves, qui avait exerc des cruauts sur plusieurs de ses
gens et se trouvait en relations suivies avec le comte de Vermandois.
Chlons fut pris et incendi[229].

A la faveur de l'anarchie gnrale, le marquis de Flandre Arnoul
s'empara de Mortagne, place forte avantageusement situe, au prjudice
des fils de Roger de Laon qui taient parvenus  y rentrer. Raoul
parut alors dans la France septentrionale, se dclarant ouvertement
l'alli de Hugues et l'ennemi d'Herbert. Il enleva  ce dernier sa
forteresse de Denain et assigea ensuite Arras. Herbert accourut avec
des renforts lorrains commands par le duc Gilbert en personne. Raoul
et Hugues, d'une part, Herbert et Gilbert, de l'autre, taient en
prsence,  la tte de forces considrables. Une grande bataille
semblait imminente. Mais avec cet esprit  la fois politique, un peu
indcis et humanitaire qui caractrisait les acteurs de ces guerres
civiles, on entra en pourparlers pour viter une effusion de sang
inutile, on discuta et on s'entendit pour conclure un armistice
jusqu'au 1er octobre[230]. Peut-tre aussi Gilbert avait-il t retenu
par le scrupule de combattre son ancien suzerain, au moment o il
n'existait aucun trouble dans les relations entre celui-ci et Henri de
Germanie, son nouveau matre.

A quelque temps de l, la garnison rmoise d'Herbert viola la trve en
allant attaquer et dtruire la forteresse de Braisne-sur-la-Vesle[231],
que Hugues avait enleve nagure  l'archevque de Rouen, Gonthard.
Raoul se dcida alors  tenter un effort nergique contre la grande
cit mtropolitaine, vritable centre de la rsistance du parti
vermandois. Il essaya sans rsultat d'entamer des ngociations avec
le clerg et les habitants de Reims, afin d'obtenir, par leur
initiative, la nomination d'un vritable archevque  la place du
jeune expectant Hugues. Ses dmarches chourent parce qu'Herbert
avait russi  s'attacher les Rmois par d'habiles largesses. Raoul
n'hsita plus  se porter en avant, avec toute son arme jointe 
celle de Hugues, sur Laon et Reims[232].

A son approche se manifestrent les dfections. Artaud, moine de
Saint-Remy, alla trouver Hugues, et par son attitude nettement hostile
 Herbert sut gagner ses bonnes grces, dont il devait un peu plus
tard apprcier toute la valeur[233].

Herbert, rduit aux abois, ne trouva d'autre moyen d'chapper  une
capitulation dsastreuse que de se rclamer de la suzerainet
germanique. Il retourna prs du roi Henri, en Lorraine, et lui prta
de nouveau l'hommage. Mais Raoul le surveillait, sachant bien ce dont
il tait capable. Il se rendit jusqu' Attigny, d'o il envoya Hugues
en ambassade au roi Henri. Le roi de Germanie fut naturellement plus
sensible  cette dmarche de conciliation d'un rival puissant qu'
celle d'un seigneur discrdit et sans ressources[234]. Il n'tait pas
dispos  profiter des avances d'un alli douteux, pour tenter une
intervention hasardeuse dans les querelles intestines d'un pays dont
le souverain ne lui tmoignait aucune hostilit. Henri et Raoul se
considraient tous les deux comme rois des Francs (_reges
Francorum_) quoique dans leurs diplmes ils ne prissent chacun que le
titre de _rex_[235]. Chacun avait t mis lgitimement--selon la
conception germanique-- la tte d'une fraction de l'ancien empire
franc (_regnum Francorum_) divis depuis la bataille de Fontenoy. La
Lorraine, l'ancien royaume intermdiaire (_media Francia_) entre la
France et la Germanie, n'avait pas russi  prserver son
individualit contre les ambitions des deux nations voisines, ses
soeurs, et maintenant on la voyait passer de l'une  l'autre selon les
caprices de la politique. Henri et Raoul avaient pu prouver, l'un et
l'autre, qu'ils devaient se borner  enregistrer la volont de la
majorit des grands vassaux lorrains, les interventions  main arme,
pour peser sur leurs volonts, amenant le plus souvent des ractions
en sens contraire. La Lorraine reconnaissait  ce moment la
suzerainet d'Henri: celui-ci sentait combien sa domination au del du
Rhin tait prcaire, et c'et t pour lui se jeter dans une aventure
dangereuse que d'ouvrir des hostilits injustifies contre le roi des
Francs de l'ouest. En 928 dj, dans une circonstance analogue, il
avait refus  Herbert et  Hugues, alors runis contre leur suzerain,
de les aider effectivement:  plus forte raison devait-il agir de mme
vis--vis d'Herbert seul. On ne voit donc gure pourquoi certains
auteurs ont trouv trange qu'Henri n'et pas secouru Herbert devenu
son vassal, et se sont laiss entraner  supposer une
reconnaissance officielle, par le roi de France, de la suzerainet
saxonne en Lorraine, pour expliquer l'attitude amicale d'Henri 
l'gard de Raoul dans ces conjonctures[236]. Les chroniqueurs
allemands n'eussent pas manqu de rapporter une telle clause. Or, ils
sont absolument muets et pour comprendre le cours des vnements, il
suffit d'observer que la mobilit d'esprit d'Herbert et le mauvais
tat de ses affaires n'taient pas de nature  donner confiance  un
alli mme entreprenant. D'autre part, en fait, la simple abstention
de toute intrigue en Lorraine pouvait tre accepte de la part de
Raoul, comme une concession prcieuse. Il y avait enfin un intrt
suprieur pour les deux rois  ne pas encourager les rbellions de
leurs vassaux respectifs.

S'tant assur de la neutralit du roi Henri, Raoul se concerta avec
le duc de France, auprs duquel nous le voyons le 21 mars 931, 
Tours, confirmant les possessions de Saint-Martin[237]. A la suite de
cet entretien, il marcha sur Reims, accompagn de Hugues, de Boson et
d'un grand nombre de comtes et d'vques[238]. Le quartier gnral des
troupes royales tait  Cormicy: les hommes d'armes pillaient le pays
environnant, et leurs lignes de campement s'tendaient jusqu'
Bouffignereux, prs de Laon[239].

Les vques qui entouraient le roi insistrent pour mettre fin  cette
interminable vacance du sige de Reims. Raoul s'y prta d'autant plus
volontiers qu'il y voyait subordonn l'intrt de sa politique, et il
envoya un message aux Rmois pour les y inviter.

Les membres du clerg et les notables de Reims venus au camp
procdrent  l'lection, aprs s'tre assurs du consentement des
assigs, qui ne fut pas obtenu sans difficult. Le protg de Hugues,
le moine fugitif de Saint-Remy, Artaud, fut lu. Ce choix d'un humble
ecclsiastique s'opposait  celui du seigneur fodal impos par
Herbert: on pouvait tre assur que le nouvel archevque ne subirait
aucune influence dicte par des intrts de famille. L'lection,
approuve par le pape, tait canonique autant que le permettaient les
circonstances. Les dissensions entre les habitants et le dcouragement
de la garnison, livre  ses seules ressources, dcidrent, au bout de
trois semaines, de la reddition de Reims. Le nouvel archevque fit son
entre dans la cit, o il fut consacr solennellement en prsence de
dix-huit vques[240].

On procda ensuite au jugement d'un partisan d'Herbert, Beuves, vque
de Chlons, qui tait tomb entre les mains du roi (peut-tre au cours
d'une sortie): il fut condamn  la destitution. Hugues se chargea de
le tenir sous bonne garde, et un religieux appel Milon le remplaa
sur son sige. Le fils d'Herbert fut dclar dchu de tout droit sur
l'archevch de Reims.

Raoul et ses allis ne se tinrent pas pour satisfaits de leur rentre
dans la grande cit mtropolitaine du nord. Ils se portrent sur Laon,
o s'tait enferm le comte de Vermandois. Se voyant dans
l'impossibilit de rsister, Herbert sollicita et obtint libre passage
pour se retirer; mais  l'exemple de ce qu'avait fait nagure le roi,
il laissa sa femme dans la forteresse rcemment difie par ses soins.
Celle-ci, aprs une belle dfense, fut oblige de capituler[241]. La
royaut rentre en possession de ses deux boulevards du nord, Reims et
Laon, tait assure par l mme d'une nouvelle priode de domination
effective et inconteste.

Aprs cet important succs, Raoul se rendit au palais de Compigne, et
le 7 octobre, il y dlivra,  la prire de son prcieux auxiliaire
Hugues, marquis du royaume, le trs cher abb, dans la chapelle
royale de Saint-Corneille, un diplme renouvelant les privilges
concds  l'abbaye de Marmoutier par Charlemagne, Louis le Pieux,
Charles le Chauve et Eudes[242]. Il alla ensuite passer l'hiver en
Bourgogne,  surveiller les divisions intestines de l'Aquitaine et 
guerroyer contre ses vassaux rvolts Gilbert et Richard. Il enleva 
ces derniers plusieurs places fortes et les contraignit finalement 
se soumettre[243]. Le 28 dcembre, tant  Auxerre, il concda  son
fidle Allard,  la femme et au neveu de celui-ci, Plectrude et
Geilon, sur la requte d'Anses, vque de Troyes, et du comte de
Nevers, Geoffroy, l'abbaye de Saint-Paul en Snonais avec des
dpendances en Gtinais[244]. C'est alors pour la premire fois
qu'Anses de Troyes parat comme archichancelier,  la place d'Abbon
de Soissons devenu suspect  cause de ses complaisances pour le fils
d'Herbert II, Hugues, qu'il avait protg a Reims[245]. Bientt
l'affaire de l'vch de Noyon rappela le roi dans le nord. Au dcs
de l'vque Airard, l'abb de Corbie, Gaubert, avait d'abord t
choisi; mais un clerc ambitieux combattit cette lection, et avec
l'appui du comte d'Arras, Alleaume, qu'il introduisit tratreusement
dans la cit, il s'appropria la dignit piscopale[246].

Quelques hommes d'armes chasss brutalement de Noyon incitrent les
habitants des faubourgs a expulser le nouveau prlat. Ils pntrrent
en ville, les uns en escaladant une fentre de la cathdrale, les
autres en mettant le feu  la porte. Le comte Alleaume, cherchant un
refuge dans la basilique, y fut massacr au pied mme de l'autel.
Gaubert fut alors consacr par Artaud[247].

 la nouvelle de ces luttes, Raoul craignant de nouvelles
complications, avait regagn le nord. Herbert venait d'enlever Ham au
frre d'Hloin de Montreuil, brard, qu'il avait fait prisonnier.
Raoul commena par se concerter avec Hugues. D'accord avec lui, il
rendit  Beuves de Chlons son vch, puis, mcontent de l'attitude
d'Herbert  Noyon et Ham, il se jeta  l'improviste sur l'abbaye de
Saint-Mdard de Soissons et en prit possession. Le comte de Vermandois
sentait  tel point son impuissance qu'il ne fit rien pour essayer d'y
pntrer, une fois Raoul parti[248]. Les proccupations royales
taient depuis quelque temps diriges d'un tout autre ct par suite
de l'entre en scne inattendue des seigneurs mridionaux. Trois
d'entre eux, parmi les plus considrables, de ceux qui s'taient
toujours tenus  l'cart de Raoul du vivant de Charles le Simple,
favorablement impressionns par la prise de Reims sur le gelier de
l'infortun souverain, se dcidrent  prter l'hommage: ce sont le
comte de Toulouse, Raimond-Pons III, son oncle le comte de Rouergue,
Ermengaud, et enfin le seigneur gascon Loup Aznar[249]. Certains
historiens ont cru ncessaire de supposer une expdition de Raoul en
Aquitaine, pour expliquer ce revirement si complet, surprenant au
premier abord par sa spontanit[250]. En ralit, la prpondrance
politique, que Raoul avait russi  gagner par son inlassable activit
depuis la mort de Charles, suffit  donner la clef de ce brusque
changement dans l'attitude des grands vassaux du midi. Ceux-ci
devaient, en effet, commencer  redouter de voir se tourner contre eux
les armes royales, victorieuses d'Herbert de Vermandois.

A partir de cet acte solennel de soumission, les documents publics et
privs de l'Aquitaine et du Languedoc furent dats des annes du rgne
de Raoul, comptes depuis la mort de Charles le Simple. On revenait
ainsi implicitement sur le calcul d'un prtendu interrgne qu'on avait
fait pendant trois annes: c'tait la reconnaissance formelle de
l'irrgularit du procd. Seule la Marche d'Espagne, o les comtes
avaient usurp tous les droits rgaliens, chappa  la suzerainet de
Raoul; mais elle tait situe si loin, au del des Pyrnes, qu'on ne
pouvait gure tre tent d'y faire une expdition pour s'assurer une
domination illusoire[251].

Il semble que Raimond de Toulouse ait reu  l'occasion de sa
soumission la dignit de duc d'Aquitaine, dont on le voit revtu par
la suite. On ne saurait dire cependant pourquoi cette dignit ne resta
pas attache au comt de Poitiers, car bles de Poitiers, fils du duc
d'Aquitaine Renoul II, avait toujours t fidle  Raoul. Il est 
supposer que ce changement fut ncessit par des circonstances d'ordre
politique, et peut-tre mme est-ce sur cette base que la soumission
de l'Aquitaine avait t ngocie[252].

En juin 932, Raoul tait en Lyonnais,  Anse, o le 19 de ce mois, il
confirmait,  la requte de Dalmace, les possessions de l'abbaye de
Montolieu sises dans le pays de Carcassonne, en Narbonnais et en
Razs, preuve manifeste de sa domination inconteste dans ces
rgions[253]. Le 21 juin et le 1er juillet,  la demande de la reine
Emma et de son frre Hugues, il fit diverses libralits au monastre
de Cluny, auquel il concda mme le droit de battre monnaie[254].
Plusieurs chartes lyonnaises dates de son rgne, en cette mme anne,
prouvent qu'il peut avoir t reconnu dans ce pays avant le trait
conclu entre Rodolphe II et Hugues d'Italie[255].

Pendant l'loignement du roi, Hugues avait poursuivi les hostilits
contre Herbert. Avec le secours de plusieurs vques, il avait assig
Amiens, occup par les gens de ce dernier, et il russit  se faire
livrer des otages; puis il marcha droit sur la capitale du Vermandois,
Saint-Quentin, et s'en empara au bout de deux mois de sige. Ces
succs dterminrent le duc de Lorraine, Gilbert,  rpondre aux
ouvertures de Hugues qui lui demandait son aide pour assiger Pronne.
Malheureusement tous les assauts des Lorrains furent repousss avec
pertes, et Gilbert dcourag prit le parti de se retirer. Hugues sut
lui faire accepter avant son dpart une entrevue avec Raoul[256].

Le roi avait coopr  l'attaque infructueuse de Pronne. Il revint
encore en Vermandois, vers la fin de l'anne, accompagn de Hugues,
pour assiger Ham, et il fora les habitants  livrer des otages.
D'autre part le marquis de Flandre, Arnoul, venait de mettre la main
sur Arras, en profitant du dsarroi caus par la mort du comte
Alleaume,  Noyon[257]. Il ne restait plus  Herbert comme derniers
rduits que Pronne et Chteau-Thierry. On prit les mesures
ncessaires afin d'empcher toute tentative de sa part pour rentrer 
Laon,  la suite du dcs de l'vque Gosbert (932): Engrand, doyen de
Saint-Mdard de Soissons, qui dpendait  prsent du roi, fut lu
immdiatement[258].

La situation du comte de Vermandois tait si prcaire qu'il essaya de
nouveau, comme en 931, d'obtenir l'appui d'Henri de Germanie; mais il
n'eut pas plus de succs qu'auparavant, ce souverain tant aux prises
avec des difficults intrieures et engag dans une guerre contre les
Hongrois.

Au milieu de ces circonstances adverses, Herbert eut du moins la
satisfaction de voir son ancien partisan, l'vque de Chlons, Beuves,
rtabli sur son sige par la faveur de Hugues, qu'il avait su se
concilier pendant sa captivit. Artaud runit mme un synode pour
excommunier son remplaant phmre, Milon, qui menaait de troubler
la paix du diocse[259].

L'archevque de Reims reut  quelque temps de l, au dbut de l'anne
933, la rcompense de cet acte de haute impartialit. Les dputs
qu'il avait envoys auprs du pape Jean XI, Gison et Amaury, revinrent
de Home, lui rapportant le _pallium_, l'insigne rserv aux seuls
archevques[260]. Cette reconnaissance formelle par le Saint-Sige lui
tait infiniment prcieuse, car l'intronisation de Hugues se
Vermandois avait obtenu jadis l'assentiment du pape Jean X, et au
point de vue du droit canon, seule une dcision pontificale pouvait en
rformer une autre.

Vers 933 Rodolphe II, roi de Bourgogne, obtint de Hugues d'Italie
l'abandon de ses droits  la souverainet sur la Provence, et
constitua ainsi le royaume d'Arles[261]. Raoul qui prtendait  la
suzerainet sur Vienne, l'ancienne capitale des rois de Provence,
Boson et Louis, craignit de se trouver vinc par Rodolphe  la suite
de cet accord pass en dehors de lui. Il descendit avec une arme la
valle du Rhne et se fit recevoir comme suzerain dans la cit, o
commandait Charles-Constantin[262]. D'autre part son frre Boson,
poux de Berthe, nice de Hugues, en possession des comts d'Arles et
d'Avignon, dominait en Provence depuis que son beau-pre tait parti
chercher fortune en Toscane[263]. Vers cette poque Raoul put
s'intituler avec raison, dans ses diplmes, _rex Francorum,
Aquitanorum et Burgundionum_[264]. Le roi de Germanie, Henri 1er,
occup  combattre les Hongrois qu'il finit par craser cette anne
mme sur les bords de l'Unstrutt (le 15 mars) n'avait pas pu
intervenir.

Revenu dans le nord, Raoul obtint enfin la soumission de la Normandie:
le jeune marquis Guillaume, fils de Rollon, n'tant plus retenu par
ses obligations  l'gard de Charles le Simple, se dcida  lui prter
hommage. Il reut en rcompense une partie du littoral contigu  la
Bretagne, probablement l'Avranchin et le Cotentin[265]. Depuis
plusieurs annes, dj, la lutte la plus vive tait engage entre
Normands et Bretons. Un soulvement gnral, suivi d'un massacre des
Normands de Flcan, avait eu lieu en 931[266]. Pris entre les deux
colonies scandinaves de la Seine et de la Loire, les Bretons avaient 
combattre sans cesse, sur leurs frontires, des envahisseurs obstins
et intrpides, conduits par des chefs comme Ingon, qui parat avoir
succd  Rgnvald, ou Guillaume Longue-pe. Ce dernier russit 
avoir le dessus dans les combats livrs aux confins de la Bretagne,
mais il ne put jamais tendre sa suzerainet sur la pninsule
elle-mme o un peu plus tard le comte Alain Barbe-Torte, aid par des
secours anglo-saxons, parvint  former une unit fodale solidement
constitue[267]. Guillaume avait nanmoins intrt  faire confirmer
les droits concds sur ce pays par Charles le Simple  son pre et 
faire reconnatre la lgitimit de ses dernires conqutes. Ces
raisons se prsentent naturellement  l'esprit, quand on cherche 
comprendre la cause du changement si considrable et si gros de
consquences qui se produisit dans l'attitude de Guillaume.

Encourag par ce magnifique succs qui affermissait son pouvoir
souverain, Raoul reprit la lutte contre le Vermandois avec une
nouvelle ardeur. Accompagn de la reine Emma et d'une arme puissante,
compose en partie de milices ecclsiastiques, il alla camper devant
Chteau-Thierry. Les archevques de Tours et de Reims, Totolon et
Artaud, qui taient avec lui, profitrent de la prsence de plusieurs
de leurs suffragants et de quelques vques bourguignons pour runir
un synode, o Heudegier fut consacr vque de Beauvais. Le sige dura
six semaines, et la place ne fut prise que grce  la trahison de son
chef Walon, qui consentit  prter l'hommage  la reine Emma 
condition de garder son poste[268].

Ham qui s'tait rendu au roi l'anne prcdente, tait retourn au
parti d'Herbert. Le fils de ce dernier, Eudes, l'occupa et s'en servit
comme base pour aller piller les environs de Soissons et de Noyon.
L'abbesse de Notre-Dame de Soissons fut oblige de solliciter la
gnrosit royale, pour trouver un abri aux chanoines de Saint-Pierre
dont les habitations et le clotre avaient t dtruits par
l'incendie[269].

Une tentative hardie d'Herbert sur Saint-Quentin put russir, mais ce
ne fut qu'un succs passager. Les habitants de la ville avaient une
certaine rpugnance  combattre pour Hugues, leur nouveau matre: ils
facilitrent l'assaut au comte de Vermandois qui y rentra ds le
troisime jour du sige. La faible garnison laisse par Hugues obtint
de se retirer, en promettant une neutralit absolue pendant la suite
des hostilits. Herbert s'loigna, confiant la garde de la ville, dont
il s'exagrait l'attachement,  un trs petit nombre des siens. Hugues
accourut presque aussitt, s'empara pour la seconde fois de
Saint-Quentin et punit svrement la tideur des habitants: plusieurs
furent mutils et un clerc noble appel Treduin, qu'Herbert avait
rcemment amen, fut pendu[270].

En quittant Saint-Quentin, Hugues, accompagn de l'archevque Artaud,
obtint la reddition de la forteresse de Roye, en Vermandois[271].

Herbert, devant la supriorit numrique de ses ennemis, fit preuve
d'une opinitret et d'une activit vritablement prodigieuses. Il
parvint  rentrer en possession de Chteau-Thierry, en gagnant  sa
cause quelques-uns de ses anciens partisans prposs par Walon  la
garde de la place; mais il se borna  y mettre une garnison, ne
voulant pas s'y enfermer lui-mme afin de garder toute sa libert pour
agir[272].

A cette nouvelle, Hugues accourut assiger la ville, malgr la
mauvaise saison. Raoul, de retour en France depuis peu[273], vint le
rejoindre au dbut de l'anne 934. Ce second sige de Chteau-Thierry
fut encore plus difficile que le premier. Enfin, au bout de quatre
mois[274]. Walon le vassal de la reine, qui tait avec les
assigeants, trouva moyen, grce  sa parfaite connaissance des lieux,
d'escalader pendant la nuit les murs du faubourg infrieur, au bord de
la Marne. La forteresse situe sur la hauteur continua nanmoins 
rsister. De nouveaux assauts ritrs dcidrent enfin les vaillants
dfenseurs  entamer des pourparlers: ils obtinrent de rester en
possession du chteau moyennant la remise d'otages.

Le comte de Vermandois affecta de n'attacher aucun prix aux garanties
donnes par ses gens. Raoul et Hugues se dcidrent alors  revenir,
ds qu'ils le purent, continuer le sige de la citadelle de
Chteau-Thierry. L'intervention du roi de Germanie vint fort  propos
apporter le rglement au moins provisoire de cette question. Les
victoires d'Henri sur les Hongrois, les Slaves et les Danois lui
permettaient de rpondre maintenant aux avances jadis faites en vain
par Herbert.

Il envoya  son secours Gilbert de Lorraine et berhard de Franconie,
avec plusieurs vques lorrains; et ceux-ci russirent ngocier en
faveur de leur protg, un armistice jusqu'au 1er octobre. Mais Raoul
ne consentit que moyennant l'abandon de Chteau-Thierry,  laisser
Herbert jouir paisiblement de la possession de Pronne et de Ham
pendant la trve[275].

Cependant, d'une faon trs inattendue, Herbert fut en partie
ddommag de ses revers par l'acquisition d'un puissant alli. Le
comte ou marquis de Flandre, Arnoul, se dcida enfin  pouser Adle
de Vermandois,  laquelle il avait t fianc antrieurement[276].
Herbert avait dj apprci la puissance d'Arnoul lorsque celui-ci
avait occup Arras, en 932. Depuis lors, le mme comte tait devenu
matre de Boulogne et Trouanne et abb de Saint-Bertin  la mort de
son frre Allou. L'alliance d'un tel voisin, si longtemps hostile,
tait tout  fait inespre.

Pendant l'armistice, Herbert se hta d'approvisionner Pronne, et il
se vengea en mme temps de ses vassaux, partisans de Hugues, en
confisquant leurs rcoltes. Gilbert, de son ct, s'tait prpar 
aider de nouveau le comte de Vermandois. La trve expire, les
Lorrains entrrent en France, avec l'intention d'enlever
Saint-Quentin; Hugues conjura le danger en envoyant des dputs 
Gilbert, afin de ngocier un nouvel armistice. On tomba d'accord pour
prolonger la paix jusqu'au 1er mai 935[277].

Vers la fin de l'anne, Raoul perdit un prcieux auxiliaire en la
personne de sa femme, la reine Emma[278]. Quelque blme que la lgende
monacale ait pu mettre sur le caractre violent et usurpateur de
certains de ses actes, conformes du reste aux moeurs de l'poque, la
vaillance et l'activit de cette princesse n'en mritent pas moins
l'admiration. Elle avait pris personnellement part aux pnibles luttes
soutenues par son mari contre les grands vassaux, et son influence
politique mrite nous est encore rvle par les diplmes royaux o
on la voit souvent intervenir.

Au printemps de 935, Raoul fit une courte dmonstration contre un
parti d'Aquitains qui avait pris _Viriliacum_[279]  Geoffroi de
Nevers, son fidle vassal. Ayant chass les usurpateurs, il regagna le
nord et profita de ses bons rapports avec Geoffroi pour le charger
d'une mission dlicate auprs du roi de Germanie, Henri Ier. Il
s'agissait de ngocier les bases d'un accord et de prparer une
entrevue[280].

Pendant le sjour du roi  Laon, vers Pques, une rixe sanglante,
heureusement sans consquences, clata entre ses gens et ceux de
l'vque. De l, Raoul se transporta  Soissons, o il runit les
grands vassaux (_primates regni_) en un plaid: une ambassade d'Henri
Ier vint l'y trouver. La rencontre des deux souverains fut fixe au
mois de juin, et elle eut lieu, en effet, vers le 8, sur les bords de
la Chiers[281], aux confins de la Lorraine. Outre les suites
nombreuses des deux princes, on vit encore paratre,  la confrence,
le roi de Bourgogne Rodolphe II, sans qu'on sache au juste la cause de
sa venue; peut-tre tait-ce en vue de rgler la question du Viennois.
Herbert de Vermandois se prsenta devant Raoul, et, selon
l'arrangement intervenu, fit sa soumission. Le roi lui rendit
solennellement plusieurs des domaines occups par Hugues, et il
rconcilia les deux adversaires. Henri obtint aussi, de son ct, la
soumission de Boson, auquel il rendit  peu prs la totalit de ses
domaines Lorrains[282]. Ainsi Raoul avait ngoci une paix dfinitive
avec Herbert moyennant quelques concessions, dont Hugues faisait les
frais, et il avait assur la restitution  son frre Boson de ses
domaines perdus. Sauf cette dernire clause, onreuse thoriquement
puisqu'elle pouvait engager la question de suzerainet de la Lorraine,
l'arrangement tait fort avantageux pour Raoul.

A peine l'eut-il conclu qu'il fut rappel en Bourgogne par une
invasion hongroise. Les barbares pillrent et brlrent divers
monastres, notamment celui de Bze, et  l'approche du roi, gagnrent
en hte le midi, puis l'Italie[283]. Raoul profita du moins de sa
venue pour assiger Dijon, dont le comte Boson s'tait nagure empar
et que ses gens occupaient encore[284].




 FOOTNOTES:

[Footnote 213: Obituaires de Saint-Germain-des-Prs, de Saint-Denis et
d'Argenteuil, dans _Obituaires de la province de Sens, d._ A.
Molinier (_Recueil des historiens de France_, in-4), t. I, p. xx, 254,
312 et 345.]

[Footnote 214: Flod., _Ann._, a. 929.]

[Footnote 215: Flod., ibid.]

[Footnote 216: Flod., _Ann._, a. 930; Adrevald, _De miraculis S.
Benedicti_, I, C. XXXIII-IV, d. de Certain, pp. 70-75.]

[Footnote 217: Admar de Chabannes, III, 20 (d. Chavanon, p. 139);
Richer, I, 57; _Chron. Vezeliac._, a. 929 (_Rec. des historiens de
France_, IX, 89). Marvaud (_Hist. des vicomtes de Limoges_, 1873, I,
p. 67) a identifi le lieu dit Ad Destricios cit par Admar avec
Estresse, prs Beaulieu, dp. de la Corrze, arr. de Brives.]

[Footnote 218: Admar, III, 28 (d. Chavanon, p. 149): Willelmus ...
Sector ferri, qui hoc cognomen indeptus est quia, commisso praelio cum
Normannis et neutro cadenti, postera die pacti causa cum rege eorum
Storm solito conflictu deluctans, ense corto durissimo per media
pectoris secuit simul cum torace una modo percussione ... Cf. J.
Depoin, _Les comtes hrditaires d'Angoulme de Vougrin Ier  Audoin
II_ (extr. du _Bulletin de la soc. archol. et hist. de la Charente_,
anne 1904), p. 14.]

[Footnote 219: Aimoin, _De miraculis S. Benedicti_, lib. II, c. III
et V (d. de Certain, p.100). En fait, il n'est plus question, 
partir de ce moment, que d'une simple incursion de pillards en Berry
(voy. plus loin, p. 75).]

[Footnote 220: Admar, III, 23, d. Chavanon, p. 144; _Translatio S.
Genulfi_ (_Acta SS. ord. S. Benedicti_, saec. IV. 2, p. 230). Le
monastre de Saint-Benot eut beaucoup de mal  reprendre sa
prosprit antrieure. La discorde se mit chez les moines, et pour
mettre fin  cet tat de choses lamentable, il fallut que le comte
Elisiard,  la mort de l'abb Lambert, appelt  sa direction le
clbre rformateur Eudes de Cluny. Cf. E. Sackur, _Die Cluniacenser_,
p. 88-89.]

[Footnote 221: Il y donnait un diplme confirmatif de tous les biens
du monastre de Saint-Andoche. _Recueil des historiens de France_, IX,
573 ( l'anne 928); Thiroux, _Hist. des comtes d'Autun_, p. 121 (
l'anne 927); L. Lex _Documents originaux antrieurs  l'an mil des
archives de Sane-et-Loire, (Mm. de la Soc. d'hist. et d'archol. de
Chlon-sur-Sane_, t. VII, 4e partie, 1888, p. 266), n XIV (au 1er
avril 928, d'aprs une copie). Nous rtablissons ici la date de 930 en
supposant une erreur d'indiction et en admettant l'anne du rgne
(VII) comme correcte.]

[Footnote 222: Vitry-en-Perthois ou le Brl, dp. de la Marne, arr.
de Vitry-le-Franois.]

[Footnote 223: Flod., _Ann._, a. 930 et 931; _Hist. eccl. Rem._, IV,
23.]

[Footnote 224: Flod., _Ann_., a. 931. Cf. A. Steyert, _Hist. de Lyon_,
t. II (1897), p. 192-194. Voy. plus haut, p. 54-55.]

[Footnote 225: Flod., _Ann_., a. 931; _Recueil des historiens de
France_, IX, 573; Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de
Tours_, no VI (136).]

[Footnote 226: Flod., ibid. Sur le diffrend entre Manasss et Robert,
voy. plus haut, p. 1.]

[Footnote 227: _Appendix Miracul. S. Germani Autissiod. (Bibl. hist.
de l'Yonne_, II, p. 197-198).]

[Footnote 228: Flod., _Ann_., a, 931]

[Footnote 229: Flod., _Ann_., a. 931.]

[Footnote 230: Flod., ibid.]

[Footnote 231: Aisne, arr. de Soissons.]

[Footnote 232: Flod., ibid.; _Hist. eccl. Rem_., IV, 24; Richer, 1,
59.]

[Footnote 233: Flod., _Anna_., a. 931; _Hist. eccl. Rem_., IV, 24, 35;
Richer, I, 61.]

[Footnote 234: Flod., ibid.]

[Footnote 235: Charles le Simple s'tait intitul _rex Francorum_,
aprs l'acquisition de la Lorraine (_largiore hereditate indepta_),
comme s'il avait t alors rellement  la tte de tout l'ancien
_regnum Francorum_.]

[Footnote 236: Kalckstein, p. 185; Lippert, p. 76-77; cf. Waitz,
_Heinrich I_, 2e d., p. 141-142. Henri Ier revint encore en Lorraine
 la fin de cette anne. Il tait  Yvoix (Ardennes) le 24 octobre
931, avec le comte Gilbert, observant sans doute les vnements de
France (_M.G.h., Dipl. reg. et imp. Germ._, I, p. 65, n 30).]

[Footnote 237: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_,
n VI (136); _Recueil des historiens de France_, IX, p. 573.]

[Footnote 238: Flod., _Ann._, a. 931; _Hist. eccl. Rem._, IV, 24 et
35; Richer, I, 59-61.]

[Footnote 239: Flod., _Hist. eccl. Rem._, I, 20, _in fine_: In
Vulfiniaco-Rivo, pago Laudunensi, habetur oratorium in honore sancti
Remigii dedicatum. In quo, dum Rodulfus rex Heribertum comitem
persequeretur, qui episcopatum Remensem a rege sibi commendatum
tenebat, homines ipsius villae res suas prepter hostiles incursus
recondere studuerunt. At dum rex prefatus ad obsidendam Remensem
venisset urbem et in Culmissiaco metatus esset, exercitus ejus vicinas
occupavit villas. Quidam vero illorum, qui in prenotata villa,
scilicet Vulfiniaco-Rivo, metatum habebant, vinum, quod in ecclesia
timoris causa reconditum fuerat, invadit, et quasi tabernam
constituens in eadem ecclesia, paribus suis illud vendere coepit. Haec
dum ageret, pereussus morbo, repente sensum amisit, ore sibi ad aurem
usque pene retorto, vitam finivit. Quod cernentes ceteri, ab hujusmodi
sese cohibuere presumptione.]

[Footnote 240: Flod., _Ann._, a. 934; _Hist. eccl. Rem._, IV, 24 et
35; Richer, I, 61.]

[Footnote 241: Flod., ibid.; Richer, I, 62. On a identifi, sans
preuve, la forteresse construite  Laon par Herbert avec le
Chteau-Gaillot, actuellement dtruit. Cf. _Le rgne de Louis IV
d'Outre-Mer_, p. 32, n. 6.]

[Footnote 242: A. Giry, _Un diplme royal interpol pour l'abbaye de
Marmoutier (Comptes rendus de l'Acadmie des Inscriptions et
Belles-Lettres_, 1898, p. 197).]

[Footnote 243: Flod., _Ann._, a. 932.]

[Footnote 244: _Recueil des historiens de France_, IX, 579; Quantin,
_Cartul. gnral de l'Yonne_, I, 137, n LXXI.]

[Footnote 245: On peut mme se demander si cet Herbert, dont il
avait fait son notaire et puis un chancelier royal (_Recueil des
historiens de France_, IX, pp. 570, 571 et 573) n'est pas  identifier
avec le propre fils d'Herbert II.]

[Footnote 246: Flod., ibid.; Richer, I, 63.]

[Footnote 247: Flod., _Ann._, a. 932; Richer, _loc. cit._]

[Footnote 248: Flod., _loc. cit._]

[Footnote 249: Flod., _Ann._, a. 932; Bicher (I, 64) place l'entrevue
sur les bords de la Loire. Cf. _Le rgne de Louis d'Outre-Mer_, p.
219; J. de Jaurgain, _La Vasconie_ (Pau, 1898, in-8), pp. 195 et
suiv.; Lot, _Hugues Capet_, p. 204, n 2; A. Richard, _Hist. des
comtes de Poitou_, I, p. 68-69. D'aprs A. Degert, (_Le pouvoir royal
en Gascogne sous les derniers Carolingiens et les premiers Captiens_,
dans _Revue des Questions historiques_, t. LXXII, anne 1902, p. 427).
Aznar aurait t un seigneur de Comminges. On peut hsiter pour la
date de cette entrevue entre les annes 931 et 932; (voy. _Les Annales
de Flodoard_, d. Lauer, p. 53, n. 9). Nous penchons cependant pour
admettre la seconde de ces dates,  cause de la place des _Annales_ o
se trouvent rapports les dtails de l'entrevue.--Flodoard a recueilli
une anecdote plaisante: le seigneur gascon Loup Aznar avait,
parat-il, racont aux Bourguignons que son cheval tait g de plus
de cent ans. On ne crut pas cependant le Gascon sur parole, ainsi
qu'il ressort du ton mme des Annales. Aznar montait probablement l'un
de ces petits chevaux tarbes, de race arabe, trs efflanqus,
l'anctre de Rossinante.]

[Footnote 250: Kalckstein, p. 186; _Hist. de Languedoc_, nouv. d.,
III, p. 110 et suiv.]

[Footnote 251: _Hist. de Languedoc_, loc. cit.]

[Footnote 252: Lot, _Fidles ou vassaux?_, p. 55.]

[Footnote 253: _Hist. de Languedoc_, nouv. d., V, n 56, Anse est
dans le Rhne, arr. de Villefranche.]

[Footnote 254: _Recueil des chartes de Cluny_, I, nos 396  398; bulle
de Jean XI faisait allusion  un diplme perdu de Raoul.
Jaff-Lwenfeld, _Regesta pontif. roman._, no. 3584.]

[Footnote 255: Recueil des chartes de Cluny, I, nos 239, 255, 258,
411, 442. Cf. Poupardin, _Le royaume de Provence_, p. 235.]

[Footnote 256: Flod., _Ann._, a. 932; E. Lemaire, _Essai sur l'hist.
de la ville de Saint-Quentin_ (_Mm. de la Soc. acad. de
Saint-Quentin_, 4e srie, t. VIII, 1886-7) P. 280-281.]

[Footnote 257: _Ann. Elnon. min.; Chron. Tornac._, a. 932 (_M.G.h.,
Scr._, V, 19, et XV, 2, 1296). Cf. Vanderkindere, _Formation
territoriale des principauts belges au moyen ge_, 2e d., I, 325.]

[Footnote 258: Flod., _loc. cit._]

[Footnote 259: Flod., _Ann._, a. 933.]

[Footnote 260: Flod., _Ann._, a. 933. Jaff-Lwenfeld, _Regesta
pontif. roman._, n 3591.]

[Footnote 261: Liudprand, _Antapodosis_, III, 48 (d. Dmmler, p.76),
Poupardin, _Le royaume de Provence_, p. 230 et suiv.; _Le royaume de
Bourgogne_, p. 39-60.]

[Footnote 262: Flod., _Ann._ 933. _Recueil des chartes de Cluny_, I,
n 437, 439. Cf. G. de Manteyer, _La Provence du premier au douzime
sicle_, p. 131.]

[Footnote 263: Liudprand, _Antapodosis_, III, 47, _loc. cit._; _Hist.
de Languedoc_, nouv. d., V, no XCII; Poupardin, _Le royaume de
Bourgogne_, p. 69.]

[Footnote 264: _Recueil des historiens de France_, IX, 578 et 580. Le
titre de _rex Aquitanorum_ est attribu  Raoul dans plusieurs actes
de Brioude postrieurs  926 (Cf. Bruel, _Essai sur la chronologie du
cartulaire de Brioude_, dans _Bibl. de l'cole des chartes_, anne
1866, pp. 479-480).]

[Footnote 265: Flod., _Ann._, a. 933. Cf. Dudon de Saint-Quentin, d.
Lair, prface, p. 71; Longnon, _Atlas hist._, texte, p. 86; Dmmler,
_Zur Kritik Dudos von S. Quentin_ (_Forschungen zur Deutschen
Geschichte_, VI, 375); A. de La Borderie, _Hist. de Bretagne_, II, p.
378; F. Lot, _Fidles ou vassaux?_, p. 184, n. 3.]

[Footnote 266: Flod., _Ann._, a. 931; _Chron. de Nantes_, d. Merlet,
introd., pp. XLIII-XLIV; Dudon de Saint-Quentin, d. Lair, prface, p.
71.]

[Footnote 267: Flod., _Ann._, a. 933 et 936; _Chron. de Nantes_, d.
Merlet, c. XXIX-XXX, pp. 82-83-89; A. de La Borderie, _Hist. de
Bretagne_, II, 409-410.]

[Footnote 268: Flod., _Ann._, a. 933.]

[Footnote 269: Diplme de Raoul du 5 mars 934 (_Recueil des historiens
de France_, IX, 579, d'aprs Mabillon, _De re diplomatica_, p. 566).]

[Footnote 270: Flod., _Ann._, a. 933; E. Lemaire, _Essai sur l'hist.
de Saint-Quentin, loc. cit._, p. 280-281.]

[Footnote 271: Flod., ibid.]

[Footnote 272: Flod., _Ann._, a. 933.]

[Footnote 273: Il tait  Attigny le 13 dcembre 933. Mabillon, _Ann.
Bened._, III, 404; _Recueil des historiens de France_, IX, 578.]

[Footnote 274: Raoul tait  Chteau-Thierry le 3 mars. Mabillon, _De
re diplomatica_, n133, p. 566; _Recueil des historiens de France_,
IX, 579 (diplme en faveur des chanoines de Saint-Pierre de
Soissons).]

[Footnote 275: Flod., _Ann._, a. 934.]

[Footnote 276: Flod., _Ann._, a. 934; _Ann. Elnon. min. (M.G.h.,
Scr._, V, 19); Witger, _Geneal. comit. Flandriae (ibid._, IX,
303-304); lettre d'Aethelwerd (ibid., X, 439).]

[Footnote 277: Flod., _Ann._, a. 934.]

[Footnote 278: Flod., _Ann._, a. 934, _in fine._]

[Footnote 279: Sur les difficults d'identification de cette localit,
voy. _Les Annales de Flodoard_, d. Lauer, p. 60, n. 6.]

[Footnote 280: Flod., _Ann._, a. 935.]

[Footnote 281: Flod., ibid.; Widukind, I, 39; diplme d'Henri
l'Oiseleur, du 8 juin 934 (_M.G.h., Diplom._, I, 73, n 40); Stumpf,
n 44-47; Waitz, _Heinrich I_, p. 470.]

[Footnote 282: Flod., _Ann._, a. 935.]

[Footnote 283: Flod., _ibid.; Ann. Floriacenses_, a. 936; _Ann.
Mettenses_, a. 934 (_M.G.h., Scr._, II, 225, III, 133); _Chron.
Vezetiae.; Chron. Dolense (Rec. des histor. de France_, IX, 90); _Ann.
Besuenses_, a. 933 (_M.G.h. Scr._, II, 246). Cf. Waitz, _op. cit._, p.
134. _Le Chron. Dolense_ place  cette date de 935 une invasion
hongroise en Berry, au cours de laquelle Ebbon de Dols prit. Nous
avons expliqu ailleurs (_Le rgne de Louis d'Outre-Mer_, p. 24, II.
1) les raisons pour lesquelles nous considrons ce tmoignage comme
peu digne de foi et croyons devoir reporter l'pisode de la mort
d'Ebbon en l'anne 937, o la prsence des Hongrois en Berry est
atteste par Flodoard. Le systme inverse, qui consiste  accorder
plus de valeur au _Chron. Dolense_ qu' Flodoard, a t suivi par
Raynal (_Hist. du Berry_, t. I, p. 336) et par M.E. Chnon dans _Un
monastre breton  Chteauroux_ (extr. du I. XVII des _Mm. de la
Socit archol. d'Ille-et-Vilaine_), p. 7.]

[Footnote 284: Flod., ibid. Peut-tre faut-il distinguer de Boson,
frre du roi, ce comte homonyme qui s'empare de Dijon, bien que
Flodoard ne prcise pas.]




CHAPITRE VI


LA FIN DU RGNE.


Les conditions de l'entente des bords de la Chiers n'taient pas
faciles  raliser. Hugues refusa, on ne sait pour quelle raison, de
restituer Saint-Quentin au comte de Vermandois. Ce dernier en appela 
Henri de Germanie. Plusieurs comtes lorrains et saxons vinrent, sous
prtexte de mdiation, rejoindre Herbert avec une forte arme, et au
lieu d'entrer en pourparlers avec Hugues, ils se jetrent sur
Saint-Quentin qu'il retenait, d'aprs eux, indment. La ville fut
oblige de se rendre. Herbert, craignant de n'tre pas en mesure de
conserver une si difficile conqute, son ancienne capitale, dont il
avait prouv  deux reprises l'attachement douteux, n'hsita pas 
laisser des trangers raser la forteresse. Ce succs avait  ce point
mis en haleine ses allis (_amici_) qu'ils parlaient maintenant
d'attaquer Laon. Il fallut l'intervention royale pour les en
dtourner[285].

Aprs sa femme, Raoul perdit son frre. Boson avait pris part 
l'expdition lorraine contre Hugues. Le 13 septembre, selon un
diplme, il s'tait rencontr avec le roi  Attigny[286]. Peu aprs il
mourut et fut enseveli en l'abbaye royale de Saint-Remy de Reims, 
laquelle il avait jadis concd Domrmy[287]. C'tait un prcieux
auxiliaire de Raoul et un utile reprsentant des intrts franais en
Lorraine qui disparaissait.

La paix intrieure, rtablie  grand'peine, faillit tre trouble par
une nouvelle invasion des Normands de la Loire. Les habitants du Berry
et de la Touraine parvinrent heureusement  les arrter[288]. Vers le
mme temps, Artaud runissait un synode de sept vques  Fismes, en
l'glise Sainte-Macre, pour aviser aux moyens de faire cesser
dfinitivement les brigandages[289]. L're des luttes fodales
semblait enfin close. Maintenant le rle du roi devait tre diffrent.
Aprs douze annes d'efforts, Raoul dclare dans un diplme dlivr le
13 septembre 935,  Attigny, qu'il entend dsormais se vouer 
l'administration paisible de son royaume et qu'il compte maintenir ses
sujets dans le devoir par la confiance et non par la force des armes.
Ce curieux document renferme en outre une concession du donjon royal
d'_Uxellodunum_, en Quercy, au monastre de Tulle: la forteresse
difie jadis pour rsister aux Normands devait tre rase, afin
qu'elle ne pt dornavant servir  des entreprises hostiles, aprs la
pacification dfinitive du midi[290].

Il ne fut pas donn  Raoul de gouverner en paix ni de jouir bien
longtemps du fruit de ses efforts. Il tomba malade en automne, et
retourna souffrant dans son duch[291]. Le 12 dcembre, il tait 
Auxerre o il confirmait diverses concessions du comte Geoffroi de
Nevers  son vque Tedalgrinus[292]: il y expira le 14 ou le 15
janvier suivant[293]. On ignore son ge, mais il devait tre encore
jeune, quoique puis par treize annes de luttes presque sans trve.
Conformment  son dsir, il fut inhum  Sainte-Colombe de Sens.
Comme l'glise venait d'tre incendie au cours de troubles rcents,
ce ne fut que le 11 juillet que ses restes furent ensevelis au milieu
du choeur, auprs de ceux de son pre, qui reposaient dans la crypte
de Saint-Symphorien, et de ceux du roi Robert,  droite de
l'autel[294]. Le roi Louis d'Outre-Mer, couronn le 19 juin, ayant
sjourn  Auxerre le 25 et le 26 juillet, semble avoir d assister
avec Hugues le Grand aux funrailles de son prdcesseur. Raoul avait
lgu au monastre de Sainte-Colombe une partie de sa fortune prive,
sa couronne d'or enrichie de pierres prcieuses et le superbe mobilier
de sa chapelle comprenant des ornements d'autel, des calices, des
reliquaires et des manuscrits. Ce trsor fut longtemps l'orgueil de
l'abbaye. Malheureusement, en 1147, l'abb Thibaud emporta la couronne
de Raoul  la seconde Croisade, et comme il mourut en Orient, cette
magnifique pice d'orfvrerie fut irrmdiablement perdue[295].

D'aprs l'auteur de la Chronique de Saint-Bnigne de Dijon et Aubry de
Trois-Fontaines, Raoul aurait eu un fils appel Louis[296]. Un diplme
de sa mre Adlade, dat de 929, o il est question d'un Louis son
petit-fils (?), _Ludovicas repos_, parat bien venir confirmer ces
assertions[297]. En tout cas, cet enfant tait mort avant son pre,
puisque le dcs de Raoul amena une restauration carolingienne, le
rappel d'outre mer du fils de Charles le Simple, nomm lui aussi
Louis.

Un trait psychologique est intressant  relever: c'est la persistance
avec laquelle, mme dans les rgions o l'on avait le plus longtemps
refus de reconnatre la suzerainet de Raoul, on continua pendant
plusieurs mois  dater les actes en prenant pour point de dpart le
jour de sa mort. On ignora ainsi volontairement la restauration du
jeune rejeton de cette dynastie carolingienne,  l'gard de laquelle
on avait affect jadis une si inbranlable fidlit, parce que la
fiction d'un interrgne semblait  prsent le meilleur prtexte aux
revendications d'indpendance. On conoit qu'en face d'un tel tat
d'esprit, consquence directe du mouvement fodal, et aprs avoir eu
sous les yeux l'exemple des extraordinaires difficults du rgne de
Raoul, Hugues le Grand n'ait pas os briguer la succession du roi
dfunt et qu'il ait prfr se mettre  la tte du parti qui rappela
le jeune Louis, son propre neveu par alliance.




CONCLUSION

Sur Robert il est impossible de formuler aucune opinion, tant sa
carrire a t promptement brise. Nous nous bornerons  enregistrer
qu'aprs avoir t trs svrement jug par ses contemporains, il est
devenu un hros pique sous le nom de Robert de Montdidier[298]. Les
apprciations qu'on a formules au sujet de Raoul ne sont pas toutes
concordantes. Pour les uns c'est un usurpateur, et par suite
l'universalit de ses actes est comprise dans la mme rprobation
gnrale. Pour les autres, au contraire, ses qualits personnelles en
font une figure sympathique  tous les gards. Il est incontestable
que sa valeur militaire suffit  le mettre hors de pair. Dans les
nombreuses luttes qu'il eut  soutenir, il paya toujours de sa
personne, et il fut grivement bless en combattant les Normands. Il
semble mme,  dire vrai, que son audace soit alle souvent jusqu' la
tmrit, et que son instinct guerrier une fois dchan ne ft pas
exempt d'une certaine cruaut.

S'il se montra d'une bravoure accomplie en un sicle o la vaillance
tait la premire des vertus, il n'en possda pas moins  un haut
degr les qualits ncessaires pour gouverner. Il tait vers dans les
lettres[299]. Les chroniqueurs contemporains ont lou sa dvotion et
sa gnrosit envers les glises, ce qui, sous la plume d'crivains
ecclsiastiques, signifie qu'il sut faire des largesses utiles  son
influence et comprit les ncessits matrielles de son temps. Les
abbayes de Sainte-Colombe de Sens et de Saint-Germain d'Auxerre, dont
il tait avou, les glises d'Autun, d'Auxerre[300] et d'Orlans[301],
les abbayes de Saint-Martin de Tours[302], de Saint-Benot-sur-Loire[303],
de Tulle[304] et de Cluny[305] furent combles de ses dons. Il se montra
toujours protecteur de la justice et de l'ordre, suivant les traditions
de son pre Richard, qu'on a prcisment surnomm le Justicier[306].
Aussi est-ce  lui que s'adressa le pape Jean X pour faire restituer 
l'abbaye de Cluny les domaines occups par Guy, abb de Gigny, en
violation du testament de Bernon[307].

Toujours prt  combattre contre des difficults sans cesse
renaissantes, il dploya une admirable activit, pendant les douze
annes que dura son rgne. Sa fermet, sa constance et aussi son
savoir-faire se trouvent amplement dcels par les circonstances de sa
vie. Il est loin d'galer le politique sans scrupule qu'est Herbert de
Vermandois; mais il sait se tracer une ligne de conduite et excuter,
malgr les obstacles, un plan arrt  l'avance. La manire dont il se
servit de son frre Boson, en Lorraine et en Provence, et les phases
diverses de sa lutte contre Herbert, admirablement mene aprs
quelques hsitations au dbut, en apportent la dmonstration la plus
limpide.

On a trs justement mis en parallle Raoul avec ses contemporains, les
souverains allemands Conrad de Franconie et Henri de Saxe, et on a
observ que la comparaison ne lui tait en rien dfavorable[308]. S'il
fut moins heureux que le second, dont le fils Otton le Grand put
recueillir l'hritage et l'accrotre, du moins arriva-t-il  faire
reconnatre partout sa souverainet, ce  quoi le premier ne put
jamais parvenir.

L'oeuvre de Raoul fut difficile principalement  cause du rgime
social de son royaume, o la fodalit en se constituant avait
dtermin l'anarchie. Les intrts particularistes des seigneurs,
opposs les uns aux autres, rendaient extrmement ingrate la tche
d'un roi fodal, dont l'autorit dpendait du concours des grands
vassaux. La soif d'accroissement d'Herbert de Vermandois amena sa
rupture avec Raoul. Le fils de Robert Ier, Hugues, fut d'abord
entran par lui contre un suzerain trop peu docile qu'il regretta
naturellement trs vite de s'tre donn; il ne se rapprocha de Raoul
que lorsqu'il le vit suffisamment affaibli et qu'Herbert devint
dangereux pour lui-mme. Les grands avaient espr, en crant roi le
duc de Bourgogne, rgner  sa place et s'en servir comme d'auxiliaire
contre les Normands, et ils se heurtrent  la volont d'un homme
autoritaire et actif qui entendait gouverner autrement que de nom. Ils
s'aperurent qu'ils s'taient donn un matre et ils prouvrent bien
vite que le pouvoir royal entre les mains d'un roi lu par eux tait
devenu plus fort qu'entre celles d'un dynaste affaibli. Toutefois  un
point de vue plus lev, le choix de Raoul avait t excellent au
moment o s'ouvraient les successions de Lorraine et de Provence,
puisqu'il tait alli aux familles royales de ces pays, que son frre
Boson y tait possessionn et pousa mme la petite-fille de Lothaire
II de Lorraine, nice de Hugues de Provence.

La difficult de la tche de Raoul tait encore accrue par la rivalit
du roi de Germanie en Lorraine. Celui-ci avait affaire  une fodalit
moins dveloppe et, partant, plus aise  dominer. En dehors des
grands feudataires laques et ecclsiastiques, il ne semble pas qu'il
y ait eu alors en Germanie le mme esprit d'indpendance dans cette
classe turbulente des comtes et vicomtes dsireux de s'accrotre, qui
empcha mme un moment Raoul d'tre assur de la soumission de son
propre duch. Il est vrai que pour satisfaire les gots belliqueux et
les apptits insatiables de tous ces fodaux, Raoul ne disposait pas,
comme Henri l'Oiseleur, de nouveaux territoires conquis sur les
Slaves. Il n'avait que les rares dbris d'un domaine royal tellement
brch par ses prdcesseurs qu'il comprit la ncessit de le
sauvegarder  tout prix.

C'tait la troisime fois qu'un roi dsign par une lection vritable
parvenait au trne de France. Cette royaut fodale naissante nous est
en somme trs mal connue, faute de documents. Il semble qu'elle
puisse tre ainsi dfinie: un suzerain choisi par l'lection des
grands et consacr par l'onction religieuse, qui est le seigneur des
seigneurs et dont tous les sujets sont considrs comme les vassaux.
Elle parat dpouille de presque toutes les prrogatives de la
souverainet. Les mesures gnrales prises par le roi, leves d'hommes
ou d'argent, ont un caractre exceptionnel et transitoire. Il n'y a
plus d'arme royale, plus d'impts, plus de dmes, plus de justice
royale. Nous assistons  l'abandon successif du droit rgalien de
battre monnaie en faveur des grands feudataires laques et
ecclsiastiques. Enfin il n'existe plus de lgislation royale dicte
par des capitulaires: depuis Carloman, on trouve trace uniquement de
mesures d'ordre priv, prises par de simples diplmes. Nanmoins telle
tait la force des souvenirs rcents de la puissance d'un Charlemagne
ou d'un Charles le Chauve, que le principe de l'unit monarchique,
contre-poids ncessaire au morcellement fodal, prvalut sur le
systme des anciens partages germaniques, dont Louis le Bgue avait
encore fait l'application. Cette royaut apparaissait comme un lment
stable, dans l'anarchie issue de la dcomposition d'un ancien
organisme en ruines et consquence naturelle des nouveaux phnomnes
sociaux[309].

Des bords de l'Escaut jusqu'en Navarre, Raoul parvint  faire
reconnatre sa suzerainet, grce  son habile politique et  son
ascendant moral, fruit de ses victoires sur les Normands qu'il tailla
en pices en de rudes batailles,  Chalmont, Estresse, Eu et
Fauquembergue. Il donnait des actes relatifs au comt de Tournai[310],
et le seigneur gascon Loup Aznar qui vint lui prter hommage, du fond
de la Gascogne, sur sa rossinante tait, semble-t-il, le propre
beau-pre de Sanche-Garcie[311]. Enfin des monnaies au nom de Raoul
taient frappes notamment  Angoulme, Beauvais, Bourges,
Chteau-Gaillard, Chteau-Landon, Chteaubleau, Chteaudun, Chartres,
Compigne, Dreux, Etampes, Langres, Laon, au Mans, au Puy,  Meaux,
Nogent, Nevers, Orlans, Paris, Poissy, Saint-Denis, Sens, Soissons,
peut-tre  Lyon[312].

Le passage de Raoul au pouvoir eut cependant, on ne peut le nier, deux
rsultats fcheux: la perte de la Lorraine et la reprise des
hostilits par les Normands. S'il russit  forcer ces derniers  la
paix, et s'il parvint  tendre sa suzerainet sur le Viennois, Raoul
ne rentra nanmoins en possession de la Lorraine que temporairement
et ne fut jamais reconnu dans la Marche d'Espagne[313]. Ainsi la
France se trouva amoindrie, en passant des mains du Carolingien rput
simple, en celles d'un roi fodal choisi par les grands  cause de
ses brillantes qualits et de sa redoutable puissance matrielle. La
cause en remonte principalement, il convient de le reconnatre, aux
perptuelles intrigues des grands eux-mmes, surtout  celles
d'Herbert de Vermandois, homme nfaste qui, toute sa vie, fut le
mauvais gnie de son pays et qui assume, en grande partie, devant
l'histoire, la responsabilit d'avoir rendu impossible une domination
franaise durable en Lorraine ou en Provence[314].


APPENDICE

FRAGMENTS INEDITS DE L'ANONYME DE LAON, CONCERNANT HERBERT II, CONTE
DE VERMANDOIS.

MM. Alexandre Cartellieri et Wolf Stechele viennent de publier une
excellente dition du texte de la partie de la _Chronique universelle_
de l'Anonyme de Laon, concernant les annes 1151  1219[315]. Bien que
ce soit l le morceau capital et vraiment original de l'ouvrage, il ne
faudrait pas ddaigner systmatiquement tout ce qui prcde. Divers
passages peuvent prsenter de l'intrt sinon au point de vue purement
historique, du moins au point de vue lgendaire. En voici un exemple.
Ce sont deux extraits relatifs  Herbert II, comte de Vermandois,
renfermant une quantit de dtails prcis qu'on ne trouve pas
ailleurs. On y relve dj la fameuse anecdote de la pendaison
d'Herbert, que j'ai signale ailleurs[316] dans la partie indite de
la Chronique de Guillaume de Nangis, dont il est  prsumer que
l'Anonyme est la source. Il est impossible, en l'tat des choses, de
formuler une hypothse motive sur la faon dont l'Anonyme a pu runir
les renseignements qu'il fournit: en tout cas il parat bien difficile
d'admettre qu'il n'ait puis qu' la tradition orale.

BIBL. NAT., MS. LAT. 5011, FOL. 104[317]:

Karolus rex Francorum Robertum, fratrem Odonis, sibi congressum juxta
Suessionem cum multis suorum interfecit auxilio Lotharingorum.--Anno
II [regni Henrici]. Hic est annus XXI Karoli qui dictus est Simplex,
quod (sic) omnes proceres regni regem habent exosum propter quemdam
Haganonem obscure natum, quem rex habuit consiliarium; qui cum
injuriatus fuisset Herberto comiti Viromandensium, cui suberat omnis
terra ab Alhamarla usque Namucum[318], nec rex eidem justiciam
fecisset, conquestus est cunctis baronibus repli. Postea cum
interfuisset idem comes curie Aquisgrani, inperator volens ei addere
terram a Namuco usque Renum, insuper fecit eum prothospatarium inperii
ut laboraret id perficere, quod rex inperatori faceret hominium. Tunc
fertur Herbertum respondisse se ista lion debere, presertim cum ipsum
regem licet sibi exosum non efesticaverat[319]. Inducias querit, regem
adit, conqueritur nec ei emendatur, set magis ei conviciis injuriatur,
unde magis contra regem exasperatur. Rediit comes ad imperatorem.
Congregatur exercitus; non latuit regem neque barones regni. Comes
vero Tiebaldus Blesensis non odiosi regis amore set regni affuit regi;
et cunctis tocius regni navibus et naviculis Parisius adductis, ne
transitus fluviorum hostibus pateret[320], et tradito sibi sigillo
regio, scripsit comes memoratus cunctis regni proceribus sigillatim ne
in tali articulo deessent corone, quod fieret eis et eorum posteris
obprobrium sempiternum. Quid multa? Aderant[321] omnes, sed interim
inperator Parisius venit. Fit colloquium inter comites Herbertum et
Theobaldum, et dato Herberto signo utrum Francorum excercitus venturus
esset necne, quisque ad suum regem revertitur. Statuto vero die et
hora fuit uterque in loco sibi ante prefixo, Secane fluvio
interfluente. Tunc comes Theobaldus, secundum signum quod inter se
fecerant, erecta virga, quam manu portabat in altum, deinde submissam
viriliter fregit et frustra in Secanam projecit. Tunc cogito exercitus
et baronum adventu, Herbertus sucgesit inperatori ut recederet.
Inperatore reverso, obsedit rex Herbertum infra Peronam, qui locus
_Cignorum Mons_ vocabatur[322], quem pro tutiori loco tocius terre sue
habebat, obi proceres suos cum rebus sibi caris adesse fecerat.
Obsidione per aliquot dies perdurante, diffidunt obsessi de viribus
suis et ciborum penuria. Rex vero, procerum [fol. 104, v] consilio
cummunicato, Herbertum nec salvo ejus honore nec ad misericordiam,
sicut se obtulerat, recipere volens, obtulit se ad regis voluntatem,
quod rex cura suis principibus annuit gratanter. Tunc Herbertus, quia
res promta ei erat, subtili et versuto dolo usus est: Mi, inquit, rex
pro meis baronibus, qui in nullo tuam offenderunt majestatem, rogo ne
vulgi manibus tradantur. Est enim servorum condicio semper nobilitati
contraria. Benefaciens principibus tuis donativa hec tam grata, pro
inpensa libi gratia et eorum laboribus recompensa. Tunc principes,
hac pollicitatione cecati, collaudant viri consilium. Eliguntur de
primoribus usque ad quinquaginta qui cum rege municionem ad dividenda
inter se spolia intraverunt. Set Herbertus, non immemor doli a se
excogitati, armatorum manum de abditis exire jussit et regem cum
omnibus castrum ingressis cepit et custodire mancipavit. Que res cum
innotuisset exercitui qui foris regressum suorum precelabatur, velut
grex bestiarum sine pastore collectis sarcinulis suis nimio neglectis
discedunt. Fuerunt cum rege sublimes principes [Willelmus][323] dux
Normannie, [Conanus][324] dux Britannie, [Willelmus][325] dux
Aquitanie, [Amphusus][326] dux Narbonensis provincie, [Odo][327] dux
Burgundie, comites [Fulco][328] Cenomannensis, [Galfridus][329]
Andegavensis, [Arnaldus][330] Engolismensis, Hugo[331] Campanensis,
Richardus[332] Pontuensis, Hugo[333] Parisiensis, Theobaldus[334]
Blesensis. Barones vero erant cum rege quamplurimi. Hos omnes
allocutus est Herbertus, cum esset sub ejus custodia, dicens se nullum
rancorem ad eos tenere, set tamen adversus regem, et, si vellent se ei
prestare caucionem juratoriam quod super hoc facto de cetero contra
eum arma non producerent nec ferri facerent, muneratos eos ad propria
remitteret. Juraverunt omnes arma contra eum nunquam conrepturos, ad
propria sunt restituti.

Solus vero sub custodia tenebatur rex simplex. Argrina[335] vero, cum
Ludovico filio vix quinquenni, ad patrem suum reversa est in Angliam.
Radulfus quidam, assencientibus sibi quibusdam de primoribus regni,
coronatur. Interca rex de custodia elapsus, ad lapidem qui usque hodie
extra Peronam erectus servatur ob memoriam[336] veniens, cepit
deliberare quo se verteret, sciens se nullum fidum habere amicum.
Tandem cogitante illo quod per neminem alium tam de facili posset
regnum recuperare quam per Herbertum, [fol. 105] si vellet ejus
misereri, reversus est ad custodes a quibus evaserat. Illi recognito,
de vita sua timentes si forte iterato evaderet, mandaverunt ut alios
regi provideret custodes. Comes autem adveniens, de evasione regis
furens, ipsum enervavit. Rex autem pre dolore nimio infra breve tempus
mortuus est Perone exul et martir.

FOL. 105, v-106.

Ludovicus, rex Francorum, omnibus modis laboravit gratiam principum
regni Francorum obtinere et maxime Hereberti, comitis Viromandorum.
Hic, primo anno Ottonis imperatoris, curiam quam sollempnem apud
Laudunum tenuit. Cui ad mandatum et ad preces regis omnes proceres
regni interfuerunt, exceptis paucis qui se litteris suis excusaverunt.
Cumque omnes cum rege una essent in loco, ecce quidam brevigerulus in
modum cursoris apte aptatus, sicut rex ipse elam aliis ordinaverat. Is
ingeniculatus ad pedes regis, palam omnibus, quasi de Anglia tunc
advenisset, regem ex parte avi sui regis Anglorum[337] salutavit. Rex
vero ex nomine nuncium resalutavit. Erat ei nomen Galopinus[338], et
data regi epistola et a cancellario lecta subrisit rex, dicens:
Revera dubium non est Anglos sensu esse pueriles et fatuo, nec id
mirum cum extra mundum conversentur[339]! Tunc principibus de re
querentibus, ait rex: Avus meus rex hec mandat: Quidam rurestris homo
dominum suum invitavit ad epulas et eum infra domum suam morte
ignobili jugulavit. Querit igitur per vos, o proceres Francie, quod
sit mortis genus ceteris magis probrosum, quo moriatur qui hoc fecit.
Comes vero Theobaldus Blesensis, ceteris sensu et in dandis consiliis
clarior, rogatus sic ait: Non est, meo judicio, inter mortes, que
magis heredibus et amicis in obprobrium vertatur sempiternum, quam
interire suspendio. Hanc vero comitis sentenciam cum omnes et ipse
comes Herebertus approbassent, prosilientes armati qui aderant a rege
ordinati, arreptum eum in monte quodam, jubente rege, suspenderunt,
sic dicente rege ad eum: Tu dominum tuum patrem meum rege[m]
invitasti, et infra domum tuam ignominiose occidisti, nunc recipe quod
meruisti. Mons vero, in quo suspensus interiit, usque in hodiernum
diem _Mons Herberti_ appellatur.





FOOTNOTES:

[Footnote 285: Flod., _Ann._, a. 935; E. Lemaire, _Essai sur l'hist.
de Saint-Quentin_, _loc. cit._, p. 281.]

[Footnote 286: _Recueil des historiens de France_, IX, 580.]

[Footnote 287: Flod., _loc. cit._; Varin, _Archives lgislatives de
Reims_, II, 1, p. 169, note.]

[Footnote 288: Flod., _Ann._, a. 935. Cette invasion normande en Berry
a pu tre confondue par l'auteur du _Chron. Dolense_ avec l'invasion
hongroise qui eut lieu deux ans aprs dans la mme rgion. Voy.
ci-dessus, p. 75, n. 4.]

[Footnote 289: Flod., ibid. et _Hist. eccl. Rem._, IV, 25.]

[Footnote 290: _Recueil des historiens de France_, IX, 580; Justel,
_Hist. de la maison de Turenne_, pr., P. 16, Ce document d'une forme
assez insolite n'est connu que par une copie.]

[Footnote 291: Flod. _Ann._, a. 935.]

[Footnote 292: _Recueil des historiens de France_, IX, 581; R. de
Lespinasse, _Le Nirvernois et les comtes de Nevers_, t. I, p. 174.]

[Footnote 293: Flod., _Ann._, a. 936; _Hist. eccl. Rem._, IV, 24;
Richer, I, 65; Adon, _Contin. altera_, au 14 Janvier; _Ann. Floriae._,
a. 936; _Hist. Francor. Senon._, au 15 janvier; _Ann. S. Germani
Paris._, a. 942, _S. Medardi Suession. S. Quintin. Veromand._, a. 936
(_M.G.h., Scr._, II, 326, 255; IX, 366; III, 168; XXVI, 520; XVI,
507); _Ann. S. Columbae Senon._, au 14 janvier (Duru, _Bibl. hist. de
l'Yonne_, I, 205); ncrologe de Nevers, au 15 janvier et ncrologe
d'Auxerre au 14 janvier (Lebeuf, _Mm. concernant l'hist. d Auxerre_,
II, p. 48 et pr., p. 274; nouv. d., III, 48 et IV, 9); Clarius,
_Chron. S. Petri Viri Senon._, au 13 janvier (_Rec. des histor. de
France_, IX, 34); L'obituaire de Sainte-Colombe de Sens fournit la
date du 12 janvier qui est moins vraisemblable (_Obituaires de la
province de Sens_, d. A. Molinier, P. 15): 11 id. jan. Depositio
domni Rodulfi regis. Hic debet thesaurarius pitantiam sollempnem
conventui.]

[Footnote 294:_Append. Miracut. S. Germ. Autiss. (Bibl. hist. de
l'Yonne_, II, 198). Le Psautier de la reine Emma (Mabillon, _De re
dipl._, p. 200) donne le 11 juillet: Depositio Rodulfi ineliti regis
v. idus julii.--Sur le lieu de spulture, voy. Quesvers et Stein,
_Inscriptions de l'ancien diocse de Sens_, t. II (Paris, 1900, in-4),
p. 46-47, et Bibl. nat., _Coll. de Champagne_, vol. 43, fol. 114
verso.]

[Footnote 295: _Ann. S. Columbae, Senon._, a. 1148; _Contin. Adon.
alt. (M.G.h., Scr._, I, 107; II, 326).]

[Footnote 296: _Chron. S. Benigni Dirion. (Rec. des histor. de
France_, VIII, 243); Hugues de Flavigny, _Chron._; Aubry de
Trois-Fontaines, _Chron., (M.G.h., Scr._, VIII, 359; XXIII, 757).]

[Footnote 297: _Recueil des chartes de Cluny_, I, p. 358, n 379
(donation de Romainmoutier  Cluny, en 929): ... pro annua germani et
dulcissimi mei domini Rodulfi regis, harum videlicet rerum largiloris,
tum vero pro requie domini mei piae memoriae principis Richardi ac pro
Vuella regina, dehinc pro me et domino Rodulfo rege, filio meo, iitem
_(sic)_ Rodulfo rege nepote meo, pro aliis quoque filiis meis Hugone,
Bosone, et _Ludovico nepote_ scilicet et pro coeteris consanguineis
nostris atque his qui nostro servitio adherent, pro genitore etiam ac
genitrice mea et domino Hugone, insigni abbate, seu ceteris nostris
utriusque sexus propinquis ... ]

[Footnote 298: F. Lot, _tudes sur le rgne de Hugues Capet_, p. 305,
307 et 327.]

[Footnote 299: Richer (I, 47): virum strenuum et litteris liberalibus
non mediocriter instructum.]

[Footnote 300: _Gesta pontificum Autissiodor._, c. 41 et 43 (_Bibl.
hist. de l'Yonne_, I, p. 362, 378 et 379).]

[Footnote 301: Diplme royal perdu mentionn dans une bulle de Lon
VII du 9 janvier 938. Jaff-Lwenfeld, _Regesta pontif. roman._, n
3607.]

[Footnote 302: Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 390, n 508. Cf.
Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_, n VI (136).]

[Footnote 303: _Vila S. Odonis_, I. III, c. 8: Per illud tempus vir
Elisiardus, qui tune erat comes illustris nunc vero in monastico degit
habitu, audiens infamiam horum monachorum, proedictam abbatiam a
Rodulfo rege petiit et accepit, acceptamque patri nostro tradidit
(Mabillon, _Acta SS. ord. S. Bened._, saec. V, p. 182). D'aprs
Aimoin, _De miraculis S. Benedicti_, II, c. III (d. de Certain, p.
100), Raoul tua mme de sa main l'usurpateur d'un domaine (Dy, dans
l'Yonne, arr. de Tonnerre) dpendant de l'abbaye de
Saint-Benot-sur-Loire.]

[Footnote 304: _Recueil des historiens de France_, IX, 578 (diplme de
Raoul faisant allusion  un autre diplme aujourd'hui perdu).]

[Footnote 305: Bruel, _Recueil des chartes de Cluny_, I, _loc. cit._,
et n 408 (charte des moines de Cluny faisant allusion  un diplme de
Raoul qui semble perdu).]

[Footnote 306: _Chron. S. Benigni Divion._: Et hoc post mortem
Richardi ducis qui ab executione justitiae cognomen accepit (d.
Bougaud et Garnier, p. 280).]

[Footnote 307: Jaff-Lwenfeld, _Regesta_, n 3578; _Recueil des
historiens de France_, IX, 217 et 718; cf. E. Sackur, _Die
Cluniacenser_, p. 67.]

[Footnote 308: Lippert, p. 99.]

[Footnote 309: C. Rayel, C. Plister et A. Kleinclausz, _Le
christianisme, Les Barbares, Mrovingiens et Carolingiens_ (t. III de
Lavisse, _Hist. de France_, Paris, 1903, in-8), p. 121 et 437-438; P.
Viollet, _Hist. des instit. polit. et admin. de la France_, II, p. 22;
Fustel de Coulanges, _Hist. des instit. pol. de l'anc. France. Les
transformations de la royaut pendant l'poque carolingienne_, pp.
697-698. Sur la royaut fodale constitue, voy. Plister, _Robert le
Pieux_, p. 86-179, et A. Luchaire, _Hist. des instit. monarchiques_,
2e d., 1, p. 84, 43 et suiv., _Manuel des instit. fran._, p. 457;
Glasson, _Hist. du droit et des instit. de la France IV_, p. 487 et
suiv., V, p. 282; Esmein, _Cours lm. d'hist. du droit franais_, p.
484.]

[Footnote 310: Wauters, _Tabl. chronol. des chartes et diplmes impr.
concernant l'hist. de la Belgique_, I. 1, p. 338.]

[Footnote 311: J.-F. Blad, _Origine du duch de Gascogne_ (Agen,
1897, in-8), p. 37.]

[Footnote 312: Gariel, _Les monnaies royales de France sous la race
carlovingienne_ (Strasbourg, 1883, in-4.) p. 299 et suiv.]

[Footnote 313: _Marca Hispanica_, col. 386, et Append., col. 846-847.
Le seul acte o le nom de Raoul apparaisse, concerne le Roussillon: il
est tir du cartulaire d'Elne (loc. cit., no LXXII). _Chron.
Barcinonense (Marca Hisp._, Append., col. 738): Karolus rex post
obitum Odonis XXIII annos, III menses. Post cujus obitum non habuerunt
regem per annos octo. (Voy. aussi _Espana sagrada_, t. XXIX, p. 199,
et XLIII, p. 125 et 400, no XVII: Charte du comte d'Urgel Suniaire,
date de 934, sixime anne aprs la mort du roi Charles); Bofarull y
Mascaro, _Los condes de Barcelona rindicados_, t. 1 (Barcelone, 1836,
in-8) p. 49. Eckel (p. 147) a montr par les dates du Cartulaire
d'Elne que Raoul ne fut reconnu en Roussillon qu'en 932 et que l'on
comptait ses annes de rgne  partir de la mort de Charles le Simple
(929).]

[Footnote 314: M. Flach, dans _Les origines de l'ancienne France_, t.
III (Paris, 1904), p. 397, a trs exactement caractris la politique
d'Herbert II.]

[Footnote 315: _Chronicon universale Anonymi Landunensis, von 1154 bis
zum Schluss_ (1219), d. Alexander Cartellieri et Wolf Slechele.
Leipzig-Paris, 1909, in-8, 87 pages.]

[Footnote 316: _Le rgne de Louis IV d'Outre-Mer_, pp. 296-298. M.
Longuon vient de fournir tout dernirement une date de jour pour la
mort d'Herbert II, le 23 fvrier 943, d'aprs les obituaires de Reims
(_Nouvelles recherches sur Raoul de Cambrai_, dans _Romania_, XXXVIII,
p. 229).]

[Footnote 317: Le mme passage se retrouve dans le ms. de Berlin
Phillipps 144, fol. 99 et suiv.]

[Footnote 318: Il s'agit d'Aumale (Seine-Infrieure, arr. de
Neufchtel-en-Bray) et de Namur (Belgique).]

[Footnote 319: Pour _effestucaverat_, abandonner selon la forme
juridique de la _festuca._ Cf. le passage fourni par le ms. C de la
_Chronique_ d'Admar de Chabannes, 1. III, c. 22(d. Chavanon, p.
142), dj cit plus haut, p. 9, n. 2.]

[Footnote 320: Ce trait est un souvenir de ce que fit Hugues le Grand
lors de l'expdition d'Otton Ier, en France, en 946. Richer, II, c.
57; Cf. _Louis d'Outre-Mer_, p. 151. Il y a l une confusion bizarre
entre l'expdition d'Otton Ier de 946 et l'aide prte par les
Lorrains  Charles le Simple.]

[Footnote 321: Ou _accesserant._ Le manuscrit porte acerant
_(sic)._]

[Footnote 322: Il n'existe pas de lieu dit Mont-des-Cygnes, 
Pronne, mais dans les _Virtutes Furesei abbatis Latiniacensis_
(M.G.h., Scr. _rer. Merov._, IV, pp. 444 et 447) on trouve les
passages suivants: praeparabo montem Cygnopum qui Perrona noncupatur
et deduxerunt sanctum corpus ad montent Cygnophum. Sur cette
dnomination de la colline de Pronne, voy. F.-J. Martel, _Essai hist.
et chronol. sur la ville de Pronne_ (Pronne, 1860), pp. 3-4 et 9-10;
Eustache de Sachy, _Essais sur l'hist. de Pronne_, p. 1-2; J.
Dournel, _Hist. gn. de Pronne_, p. 1. Ce sige de Pronne est un
souvenir de la lutte entre Raoul et Herbert, de 932  935, au cours de
laquelle Pronne fut assige par Hugues le Grand et Gilbert de
Lorraine.]

[Footnote 323: Il s'agit ici probablement de Guillaume Ier
Longue-pe. Les noms propres mis entre crochets ont t biffs sur le
manuscrit  une date qui semble de peu postrieure  l'poque de la
transcription. On y remarquera de nombreux anachronismes.]

[Footnote 324: Conan Ier le Tort, comte de Rennes (m. 992).]

[Footnote 325: Peut-tre Guillaume tte d'toupe, comte de Poitiers,
ou Guillaume le pieux, comte d'Auvergne.]

[Footnote 326: Pour _Alphonsus_, rminiscence d'Alphonse-Jourdain,
comte de Toulouse et vicomte de Narbonne (1134-1143).]

[Footnote 327: Ce nom parat provenir d'une confusion entre Otton de
Bourgogne (956-965) et Eudes Ier (1078-1102).]

[Footnote 328: Foulques Ier ou Foulques II, comte d'Anjou. Le
qualificatif de comte du Mans qui lui est appliqu est un surnom
pique.]

[Footnote 329: Geoffroy Ier Grisegonelle devenu de bonne heure, comme
on sait, un hros pique, qui succda prcisment  Foulques II
d'Anjou.]

[Footnote 330: Arnaud Bouration, comte de Prigord et d'Angoulme
(962-975), ou Arnaud Manzer, btard de Guillaume Taillefer, qui lui
succda (975-1001).]

[Footnote 331: Hugues Ier comte de Champagne (vers 1093-1123).]

[Footnote 332: Il n'y a jamais eu de comte de Ponthieu de ce nom. Ce
doit tre une confusion avec Roger ou Raoul.]

[Footnote 333: Hugues le Grand.]

[Footnote 334: Thibaud le Tricheur, comte de Blois.]

[Footnote 335: Forme fautive pour _Aedgiva._]

[Footnote 336: Il se pourrait que toute la lgende rapporte ici ft
ne  l'occasion de cette pierre, comme il est arriv parfois dans des
cas analogues.]

[Footnote 337: douard Ier l'Ancien, pre de la reine-mre Ogive, mort
avant l'avnement de Louis IV.]

[Footnote 338: Le mme nom se retrouve dans Guillaume de Nangis. Il
signifie prcisment messager.]

[Footnote 339: Sur l'opinion peu favorable que les Franais se
faisaient des Anglais au moyen ge, cf. Ch.-V. Langlois, _Les Anglais
au moyen ge d'aprs les sources franaises (Revue historique_, t.
LII, pp. 298-315).]




TABLE ANALYTIQUE

   A

   ABBON, vque de Soissons, chancelier de Robert Ier, partisan de
   Raoul;-- Autun, chancelier de Raoul;--accompagne le roi
   Raoul;--soutient Herbert II de Vermandois; sollicite  Rome
   l'approbation de Jean X pour les actes d'Herbert II;--devenu
   archichancelier royal, perd le vicariat du diocse de
   Reims;--remplac comme archichancelier royal, par Anses de Troyes.

   _Aefredus_, voy. AFFR.

   _Acinarius_, voy. LOUP AZNAR.

   _Ad Destricios._ Lieu dit o les Normands sont anantis par Raoul.

   ADLE DE VERMANDOIS, fille d'Herbert II, pouse Arnoul de Flandre.

   ADLADE, seconde femme de Louis le Bgue;--mre de Charles le
   Simple.

   ADLADE, fille de Conrad d'Auxerre, pouse Richard le
   Justicier;--mre de Raoul, roi de France;--charte;--intervient en
   faveur de Saint-Symphorien d'Autun.

   _Adelelmus._ Charte pour Sainte-Radegonde de Poitiers.

   ADMAR, vicomte de Turenne. Fait approuver son testament par Raoul.

   ADMAR DE CHABANNES. Son rcit des exploits de Guillaume Taillefer.

   ADSON, imptrant d'un diplme en faveur de Saint-Symphorien
   d'Autun.

   _Aedgiva_, voy. OGIVE.

   AFFR ou EFFROI, frre de Guillaume II d'Aquitaine, avou de
   l'abbaye de Brioude;--occupe Nevers;--succde  Guillaume II, duc
   d'Aquitaine;--sa mort.

   AIMOIN, chroniqueur. Explication du choix de Raoul;--vante le
   triomphe de Raoul sur les Normands.

   AIMOIN (Continuateur d'). Son rcit du pillage de
   Saint-Benot-sur-Loire, par Rgnvald.

   AIRARD, vque de Noyon. Sa mort.

   AISNE, riv. Charles le Simple la traverse.

   AIX-EN-PROVENCE. Odalric, archevque.

   AIX-LA-CHAPELLE;--le procs de Bernard d'Italie y est jug.

   ALAIN BARBE-TORTE, duc de Bretagne;--aid par les Anglo-Saxons,
   constitue une principaut fodale en Bretagne.

   _Albamarla_, voy. AUMALE.

   ALDRIC, fidle de Raoul.

   ALLARD, vque du Puy, accompagne Guillaume d'Aquitaine prs Raoul.

   ALLEAUME, comte d'Arras. Repousse les Normands;--s'empare de Noyon;
   il est tu dans la basilique;-- sa mort, Arnoul de Flandre prend
   Arras.

   ALLEAUME, vque de Laon. tablit des chanoines  Saint-Vincent de
   Laon.

   ALLOU, comte de Boulogne-Trouanne;--opre avec Raoul contre les
   Normands;--frre d'Arnoul de Flandre, abb de Saint-Bertin.

   ALPES. Les Hongrois y sont un instant cerns par Rodolphe II et
   Hugues de Provence.

   ALPHONSE-JOURDAIN, comte de Toulouse, et vicomte de Narbonne,  la
   cour royale.

   ALSACE. Charles le Simple et Robert y sjournent.--Voy. SAVERNE.

   AMAURY, rapporte de Rome le _pallium_  Artaud.

   AMINOIS, pays envahi par les Normands.

   AMIENS. Raoul y est reconnu roi;--menac par les Normands; dvor
   par un incendie;--assig par Hugues le Grand qui reoit des otages
   de la garnison d'Herbert II.

   ANGERS. Raoul y est reconnu;--Cathdrale et Saint-Aubin,
   cartulaires.

   ANGLAIS. Opinion des Franais sur leur caractre.

   ANGLETERRE. La reine Ogive s'y rfugie avec son fils Louis.

   ANGLO-SAXONS.

   ANGOULME. Guillaume Taillefer, comte; les moines de Charroux s'y
   rfugient;--monnaie de Raoul;--comt.

   ANGOUMOIS, pill par les Normands.

   ANJOU. Comt.

   ANNALES. Voy. au nom d'auteur ou de provenance et les notes au
   texte.

   ANONYME DE LAON. Fragments indits de sa chronique relatifs 
   Herbert II de Vermandois.

   ANSE, en Lyonnais. Raoul y sjourne.

   ANSEAU, vassal de Boson, chtelain de Vitry, reoit Coucy d'Herbert
   II.

   ANSES, vque de Troyes,  Autun, prs de Raoul;--lutte coutre
   Rgnvald;--bless  Chalmont;--dans un diplme pour
   Montiramey;--intervient dans un diplme de Raoul comme
   archichancelier.

   ANSELME, vque d'Autun. Acte de donation approuv par Raoul.

   ANSGARDE, premire femme de Louis de Bgue.

   AQUITAINE. Duch;--soumise  Charles;--tactique des seigneurs de ce
   pays  l'gard de la royaut;--transfert du titre de duc  la
   maison de Poitiers; pille par les Normands;--reconnat Raoul comme
   roi.

   ARCIAT, sur la Sane, Raoul s'y arrte.

   ARCY (Sane-et-Loire).

   ARGENTEUIL. (Seine-et-Oise) Obituaire.

   ARGENTEUIL, en Tonnerrois. Dfaite des Normands.

   _Argrina_, forme fautive pour _Aedgiva._ Ogive, femme de Charles le
   Simple.

   ARLES. Comt. Appartient  Boson, du chef de sa femme Berthe.

   ARLES (Royaume d'). Son origine;--Rodolphe II, roi.

   ARNAUD BOURATION, comte de Prigord et d'Angoulme,  la cour
   royale.

   ARNAUD MANZIER, btard de Guillaume Taillefer,  la cour royale.

   ARNOUL, marquis de Flandre. Opre avec Raoul contre les
   Normands;--les Normands veulent s'en venger;--enlve Mortagne 
   Roger de Lion;--s'empare d'Arras;--pouse Adle de Vermandois;
   occupe Arras; entre en possession de Boulogne et Trouanne et
   devient abb de Saint-Bertin,  la mort d'Allou.

   ARRAS. Le comte Alleaume repousse les Normands;--menac par les
   Normands;--assig par Raoul;--Arnoul, marquis de Flandre, s'en
   empare  la mort du comte Alleaume;--pris par Arnoul de Flandre.

   ARSONCOURT.

   ARTAUD, lu archvque de Reims;--runit un synode pour excommunier
   Milon de Chlons;--moine de Saint-Remy, se rend auprs de Hugues le
   Grand;--archevque de Reims, accompagne Raoul au sige de
   Chteau-Thierry et Hugues le Grand  la prise de Roye;--runit un
   synode  Fismes.

   ARTOIS, pays envahi par les Normands.

   ATHELSTAN, oncle de Louis IV, le reoit  sa cour.

   ATTIGNY. Charles le Simple s'y rend;--rsidence royale;--plaid
   dcidant une expdition en Lorraine;--fisc royal, rendu par Raoul 
   Charles le Simple;--Raoul s'y rend et envoie de l Hugues le Grand
   en ambassade auprs d'Henri 1er;--Raoul y rside;--Raoul y donne un
   diplme.

   AUBRY DE TROIS-FONTAINES. Sa chronique--attribue un fils  Raoul.

   AUMALE, _Albamarla_, limite des domaines d'Herbert II.

   AURILLAC. Charte de Frolard pour cette ville.

   AUTUN. glise, chartes de Raoul;--Walon, vque;--comt de Raoul,
   dbut de son rgne;--Saint-Martin, abbaye; Eimon abb; dpendances
   en Viennois et Provence; ses privilges;--Saint-Symphorien, Hermoud
   prvot;--Raoul y sjourne;--Saint-Andoche.

   AUVERGNE. Maison comtale;--a pour dpendances le Velay et le
   Gvaudan;--reconnat la suzerainet de Raoul;--comt.

   AUXERRE. Relations de ses vicomtes avec le duc de
   Bourgogne;--Rainard vicomte;--monastre Saint-Germain: la reine,
   Emma lui enlve la _villa Quinciacum_;--Raoul y donne un diplme 
   son fidle Allard;--Raoul y confirme des concessions de Geoffroi de
   Nevers  l'vque _Tedalyrinus_;--Louis IV y sjourne avec Hugues
   le Grand;--monastre de Saint-Germain, Raoul en est avou.

   AVALLON. Comt de Raoul;--chteau, enlev au comte Gilbert par la
   reine Emma.

   AVIGNON, Comt. Appartient  Boson, du chef de sa femme, Berthe.

   AVRANCHIN, pays cd par Raoul aux Normands.

   AZNAR, voy. Loup Aznar.

   BAUDOIN II LE CHAUVE. Ses fils;--hostile  Herbert II.

   BEAULIEU. Cartulaire;--chartes dates des annes de Raoul.

   BEAUVAIS. Heudegier, vque;--monnaie de Raoul.

   BEAUVAISIS, pays envahi par les Normands.

   BATRICE DE VERMANDOIS, mre de Hugues le Grand.

   BENNON, vque de Metz, successeur de Guerri.

   BENOT (Saint) Miracles;--son apparition  Rgnvald;--reliques
   portes  Saint-Benot-sur-Loire pendant l'invasion normande.

   BRENGER, empereur. Son intervention sollicite en faveur de
   Charles le simple; sa mort.

   BRENGER, comte du _pagus Lommensis_. Se brouille avec Gilbert, son
   beau-frre.

   BERNARD, comte (de Senlis?), cousin d'Herbert II de
   Vermandois;--aurait t de bonne foi en trompant le roi Charles.

   BERNARD D'ITALIE, aeul d'Herbert II de Vermandois;--sa rvolte
   contre Louis le Pieux et sa mort.

   BERNOIN, vque de Verdun, neveu de Dadon.

   BERNON, abb de Cluny. Testament.

   BERRY. Raoul y est reconnu;--pays restitu par Raoul  Guillaume II
   d'Aquitaine;--invasion hongroise;--les habitants repoussent les
   Normands.

   BERTHE, comtesse d'Arles et d'Avignon, nice de Hugues de Provence;
   pouse Boson, frre de Raoul.

   BESSIN, pays cd par Hugues le Grand aux Normands;--les habitants
   attaquent les Normands de la Seine;--habitants.

   BEUVES, vque de Chlons. Soutient Herbert II;--chass par
   Boson;--condamn  la destitution;--rtabli sur son sige par la
   faveur de Hugues le Grand;--Raoul lui rend son vch d'accord avec
   Hugues le Grand.

   BZIERS. Chartes y constatant l'interrgne.

   BLANDIGNY. Annales.

   BLOIS. Raoul y est reconnu:--Saint-Lomer, monastre, reoit de
   Raoul l'glise Saint-Lubin;--comt.

   BONN (Trait de), entre Charles le Simple et Henri l'Oiseleur.

   BOSON, frre cadet de Raoul;--son partisan;--prte l'hommage 
   Raoul;--tue Ricoin malade, pour s'emparer de Verdun;--pouse
   Berthe, comtesse d'Arles et d'Avignon;--ennemi d'Otton, fils de
   Ricoin;--oblig de reconnatre la suzerainet d'Henri Ier;--conclut
   la paix avec Henri Ier; se rconcilie avec Gilbert de
   Lorraine;--s'empare de domaines des vchs de Verdun et Metz;
   assig dans _Durofostum_ par Henri Ier;--s'empare de
   Chelles;--rentre dans Vitry, et prend Monzon; s'allie  Gilbert de
   Lorraine et  Hugues le Grand contre Herbert II; a pour vassal
   Anseau de Vitry; compris dans un accord entre Hugues le Grand et
   Herbert II;--se brouille avec Gilbert de Lorraine qui lui prend
   _Durofostum_;--se soustrait  la suzerainet d'Henri Ier beau-pre
   de Gilbert;--accompagne Raoul au sige de Reims;--poux de Berthe,
   nice de Hugues, possde Arles et Avignon;--se soumet  Henri Ier
   qui lui rend presque tous ses domaines;--prend part a l'expdition
   lorraine contre Hugues le Grand; se rencontre avec Raoul  Attigny;
   concde Domrmy  Saint-Remy de Reims; y est enseveli;--sa femme
   est petite-fille de Lothaire II de Lorraine, nice de Hugues de
   Provence.

   BOSON, roi de Provence. Oncle de Raoul, roi de France;--fils de
   Thierry d'Autun;--son royaume.

   BOUFFIGNEREUX, prs de Laon. Les troupes royales y campent.

   BOULOGNE.--Gnalogie des comtes;--occup par Arnoul de Flandre.

   BOULONNAIS. Littoral ravag par la flotte normande.

   BOURGES. Pris par Raoul de Bourgogne;--monnaie de Raoul.

   BOURGOGNE. Duch;--maison ducale; allie  Robert;--royaume
   indpendant sous Rodolphe Ier;--les moines de Montirender s'y
   rfugient;--Raoul y est reconnu roi--pouvoir ducal de Raoul;--Raoul
   y sjourne;--Herbert II s'y rend;--faveurs de Raoul pour les
   abbayes de ce pays;--chappe aux pillages normands;--des
   contingents en sortent pour rallier l'arme de Raoul.

   BOURGUIGNONS. Luttent contre les Normands  Chalmont.

   BRAISNE-SUR-LA-VESLE. Enlev par Hugues  l'archevque de Rouen,
   Gonthard; pris et dtruit par Herbert II.

   BRLE, fl. ctier.

   BRETAGNE. Indpendante sous Alain;--soumise  Charles;--dans
   l'anarchie;--cession faite par Robert  Rgnvald non excute.

   BRIARE. Raoul y confirme les privilges de Cluny.

   BRIE. Comt. Raoul y est reconnu.

   BRIOUDE. Abbaye Saint-Julien; Affr en est avou;--dates des
   chartes;--cartulaire.

   C

   CAHORS. Frotard vicomte;--chartes dates des annes de Raoul, 50.

   CALAIS (Saint). Translation de ses reliques  Saint-Lomer de Blois.

   CAMBRAI. vques;--Isaac comte;--Gilbert de Lorraine y tient un
   plaid.

   CARCASSS. Possessions de l'abbaye de Montolieu situes dans ce
   pays.

   CARLOMAN, roi de France;--sa mort;--le dernier capitulaire date de
   son rgne.

   _Carolingicae domus genealogia_.

   CHALMONT (Seine-et-Marne). Dfaite des Normands.

   CHLON-SUR-SANE. (comt). Dbut du rgne de Raoul;--Bernard
   d'Italie s'y rencontre avec Louis le Pieux;--Raoul y sjourne avec
   toute sa cour;--diplmes de Raoul dats de cette ville.

   CHALONNAIS. Dpendances de Tournus, sises dans ce pays.

   CHLONS-SUR-MARNE. Cartulaire.

   CHAMPAGNE. Comt.

   CHARLEMAGNE. S'associe son second fils Louis le Pieux;--diplme
   pour Marmoutier;--son souvenir.

   CHARLES-CONSTANTIN, btard de Louis l'Aveugle, comte de
   Vienne.--Rentre en possession de Vienne;--comte de Vienne au mpris
   des droits d'Eudes de Vermandois; se soumet  Raoul;--reoit Raoul
   comme suzerain  Vienne.

   CHARLES LE CHAUVE. Oncle de Raoul;--pouse Richilde; aeul des
   comtes de Flandre;--diplme pour Marmoutier;--son souvenir.

   CHARLES LE GROS, empereur.

   CHARLES LE SIMPLE. Fils de Louis le Bgue.--parrain de Raoul de
   Bourgogne; n en 879;--son diplme en faveur de l'abbaye de
   Prm;--prescrit  tienne, abb de Saint-Martial de Limoges, de
   construire deux tours pour rsister  Guillaume d'Aquitaine;--fils
   posthume de Louis le Bgue;--concession  Rollon; signe le trait
   de Bonn;--s'enfuit en Lorraine; en revient avec des troupes; sa
   dfaite  Laon; assige Chivremont, repouss par Hugues le
   Grand;--lutte  Soissons contre Robert; envoie des messagers 
   Herbert II et  Sulf;--appelle les Normands  son aide;--reconnu
   en Normandie, Bretagne et Aquitaine;--dlivre des diplmes  Guy de
   Girone;--reconnu dans le Midi;--fait des dmarches inutiles auprs
   de Sulf;--reconnu en Poitou;--reconnu longtemps dans la Marche
   d'Espagne;--ses domaines;--envoie des reliques de saint Denis 
   Henri Ier, avec une ambassade; ngocie avec Henri Ier de
   Germanie;--sa captivit; enferm  Chteau-Thierry; se rend 
   Saint-Quentin avec la dputation d'Herbert II;--ses enfants
   lgitimes et naturels;--donation aux Normands de la Seine;--enferm
   au donjon de Chteau-Thierry, puis  Pronne; tir de sa prison par
   Herbert II;--Rome intervient en sa faveur;--retourne en
   prison;--captif  Reims, reoit la visite de Raoul;--sa mort en
   captivit  Pronne; enseveli  Saint-Fursy;--a pour tante
   Rohaut;--sa mort dcide le Midi  reconnatre Raoul comme roi.

   CHARROUX, abbaye. Prgrinations des moines.

   CHARTRES. Dfaite des Normands;--Saint-Pre, cartulaire;--Raoul y
   est reconnu;--monnaie de Raoul.

   CHTEAUBLEAU. Monnaie de Raoul.

   CHTEAUDUN. Monnaie de Raoul.

   CHTEAU-GAILLARD. Monnaie de Raoul.

   CHTEAU-GAILLOT,  Laon.

   CHTEAU-LANDON. Monnaie de Raoul.

   CHTEAU-THIERRY. Charles le Simple y est enferm;--incendie du
   donjon;--un des derniers rduits d'Herbert II, avec
   Pronne;--assig par Raoul et les archevques Totolon et
   Artaud;--Herbert II y rentre; assig  deux reprises par Raoul et
   Hugues le Grand; abandonn par Herbert II.

   CHELLES, abbaye. Enleve  Rohaut et concde par Charles le Simple
    Haganon;--occupe par Boson  la mort de l'abbesse Rohaut.

   CHIERS, riv. Henri Ier se rencontre sur ses bords avec Raoul.

   CHIVREMONT. Assig par Charles, dbloqu par Hugues le Grand.

   CHRONIQUE de Saint-Bnigne de Dijon. Attribue un fils  Raoul.

   _Cignorum Mons_,  Pronne.

   CLERG, maltrait par Herbert II  Reims.

   CLUNY, abbaye. Chartes concernant les comts de Mcon, Chlon et
   Autun;--diplmes de Raoul en faveur de ce monastre; son droit de
   battre monnaie; abbaye dote par Raoul.

   COLOGNE. L'archevque s'abstient de reconnatre Raoul.

   COMMINGES. Loup Aznar en aurait t seigneur.

   COMPIGNE. Rsidence royale;--Raoul s'y rend avec ses
   troupes;--Raoul y convoque Herbert II;--Raoul y dlivre un diplme,
    Saint-Corneille, en faveur de Marmoutier;--monnaie de Raoul.

   CONAN Ier LE TORT, comte de Rennes;  la cour royale.

   CONQUES, en Rouergue, abbaye. Cartulaire; chartes constatant
   l'interrgne;--actes dats des annes du rgne de Raoul.

   CONRAD, comte d'Auxerre.

   CONRAD DE FRANCONIE, mis en parallle avec le roi Raoul.

   CONRAD LE PACIFIQUE, fils de Rodolphe II, roi d'Arles. pouse
   Mathilde, fille de Louis d'Outre-Mer.

   CORMICY. Quartier gnral des troupes royales lors de
   l'investissement de Reims.

   COTENTIN. Les possessions de Rollon s'y seraient tendues;--cd
   par Raoul aux Normands.

   COUCY, dpendance de l'glise de Reims. Environs ravags par la
   garnison royale de Laon;--donn  Anseau de Vitry par Herbert II.

   COURONNE de Raoul. Son histoire.

   _Cygnophum_, lieu dit  Pronne.

   D

   DADON, vque de Verdun;--sa mort.

   DALMACE. Intervient dans un diplme de Raoul pour Montolieu.

   DENAIN. Enlev  Herbert II par Raoul.

   DENIS (S.). Reliques envoyes par Charles le Simple  Henri Ier de
   Germanie.

   DOLS, monastre. Obtient de Raoul l'immunit,  la requte
   d'Ebbon.

   _Destricios (Ad)_, Voy. _Ad Destricios_.

   DIJON. Saint-Bnigne;--relations de ses vicomtes avec le duc de
   Bourgogne;--Manasss, comte;--pris par le comte Boson; assig par
   Raoul.

   DOUAI, repris par Hugues le Grand  Herbert II et concd par lui 
   Roger de Laon.

   DREUX. Monnaie de Raoul.

   DUDON DE SAINT-QUENTIN;--prte  Bernard de Senlis un rle de
   diplomate.

   _Durofostum_, chteau sur la Meuse. Boson y est assig par Henri
   Ier;--pris par Gilbert de Lorraine.

   _Dux Francorum_, titre.

   DY (Yonne). Domaine de Saint-Benot-sur-Loire, restitu  l'abbaye
   par Raoul.

   E

   EADHILD, fille d'douard Ier l'Ancien, roi des Anglo-Saxons. pouse
   Hugues le Grand.

   ERBON, seigneur de Dols. Obtient de Raoul l'immunit pour le
   monastre fond par lui;--sa mort.

   EBERHARD de Franconie. Intervient en faveur d'Herbert II.

   BLES MANZER, comte de Poitiers. Charte pour l'abbaye de
   Noaill;--fils de Renoul II, duc d'Aquitaine;--ne porte pas le
   titre de duc d'Aquitaine.

   EBRARD, frre d'Hloin de Montreuil. Herbert lui enlve Ham et le
   fait prisonnier.

   COLE riv., affl. de la Seine. Les Normands campent auprs.

   DOUARD Ier l'Ancien, roi des Anglo-Saxons, pre de la reine
   Ogive;--son prtendu messager envoy  Louis IV.

   _Effestucare_, sens de ce mot.

   EFFROI, voy. AFFR.

   GLISE, allie  Charles le Simple.

   EIMON, abb de Saint-Martin d'Autun.

   EINSIEDELN, monastre. Annales.

   ELISIARD, comte. Appelle Eudes de Cluny 
   Saint-Benot-sur-Loire;--intervient auprs de Raoul en faveur de
   Cluny.

   ELNE. Chartes y constatant l'interrgne;--Wadaldus
   vque;--cartulaire, acte dat du rgne de Raoul.

   EMMA, fille de Robert Ier, femme de Raoul;--haute valeur de cette
   princesse;--son rle dans l'lection de Raoul;--rejoint Raoul 
   Autun;--dshrite par Raoul en faveur de Saint-Remy;--souscrit une
   prcaire de Saint-Martin de Tours;--son courage; elle dfend
   Laon;--abandonne Laon;--enlve le chteau d'Avallon au comte
   Gilbert, fils de Manasss de Dijon;--enlve la villa _Quinciacum_ 
   Saint-Germain d'Auxerre;--intervient dans un diplme de Raoul en
   faveur de Cluny;--accompagne Raoul au sige de
   Chteau-Thierry;--son psautier;--sa mort, rle jou par elle.

   ENGRAND, doyen de Saint-Mdard de Soissons, lu vque de Laon.

   ENJEUGER, fils de Foulques d'Anjou. Sa mort.

   ENJORREN DE LEUZE. Combat les Normands.

   EPTE, riv. traverse par Raoul.

   ERMENGAUD, comte de Rouergue, ne reconnat Raoul qu'en 932;--prte
   l'hommage  Raoul.

   ERMENJART, impratrice, femme de Louis le Pieux. Son ambassade 
   Bernard d'Italie.

   ERMENJART, soeur de Raoul de Bourgogne; femme de Gilbert de Dijon.

   ERMENTRUDE, femme de Charles le Chauve.

   ERNAUT de Douai, vassal de Hugues. Passe au parti d'Herbert
   II;--dpossd reoit d'Herbert II Saint-Quentin.

   ESCAUT, fl. Limite septentrionale de la France.

   ESPAGNE. Marche; Charles le Simple y est longtemps
   reconnu;--n'accepte pas la suzerainet de Raoul.

   ESTRES. Les reliques de saint Genoul y sont dposes.  ESTRESSE,
   prs de Beaulieu (Corrze). Identifi avec _Ad Destricios_, o
   Raoul battit les Normands.

   TAMPES. Monnaie de Raoul.

   TIENNE, abb de Saint-Martial de Limoges. Fortifie l'abbaye.

   TIENNE, vque de Cambrai. Diffrend avec le comte Isaac.

   EU. Garnison renforce;--enlev aux Normands par les
   Franais;--entrevue de Rollon et Guillaume Longue-pe avec Herbert
   II;--victoire de Raoul sur les Normands.

   EUDES, roi de France. Frre de Robert Ier;--son accord avec Charles
   le Simple;--fils de Robert le Fort, lu roi;--couronn par Gautier,
   archevque de Sens;--oncle de Hugues le Grand--chartes dates 
   partir de son dcs et;--diplme pour Marmoutier.

   EUDES Ier DE BOURGOGNE,  la cour royale.

   EUDES DE CLUNY. Appel  Saint-Benot-sur-Loire.

   EUDES DE VERMANDOIS, fils d'Herbert II, candidat au comt de
   Laon;--donn en otage  Rollon;--renvoy par Rollon;--obtient la
   Viennoise; semble n'y avoir jamais exerc la moindre autorit.

   F

   FAUQUEMBERGUE. Raoul y est bless en luttant contre les Normands.

   FLCAN, chef normand massacr avec ses compagnons par les Bretons.

   FODALIT. Son dveloppement;--son caractre en France et en
   Germanie  cette poque.

   FTU. Abandon de Charles le Simple par jet de ftu.

   FISC. Sa diminution.

   FISMES, glise Sainte-Macre. Artaud y runit un synode.

   FLANDRE.--Maison comtale; ses bons rapports avec Robert Ier.

   FLODOARD, annaliste; perd la prbende reue de l'archevque de
   Reims Herv.

   _Floriacum_, voy. SAINT-BENOT-SUR-LOIRE.

   FOLCUIN, chroniqueur. lection de Raoul;--rcit de la capture de
   Charles le Simple;--date qu'il assigne  la mort de Charles le
   Simple.

   FOUBERT, comte, porte-enseigne de Charles le Simple. Tue Robert
   Ier.

   FOULQUES Ier, comte d'Anjou. Charte;-- la cour royale.

   FRANCE. Duch.

   _Francia_.

   FRJUS, possession de Saint-Martin d'Autun.

   FRRONE, seconde femme de Charles le Simple. Ses quatre filles.

   FROTARD, vicomte de Cahors. Charte pour Aurillac.

   FROTIER II, vque de Poitiers, reconnat Raoul.

   _Fulbertus_ voy. FOUBERT.

   G

   GARNIER, comte de Sens. Lutte contre Rgnvald;--sa mort  Chalmont.

   GALOPIN, prtendu messager envoy par douard Ier l'Ancien  Louis
   IV.

   GASCOGNE. Raoul n'y est reconnu qu'en 932.

   GTINAIS, pays.--Les dpendances de l'abbaye de Saint-Paul situes
   dans ce pays donnes  Allard par le roi Raoul.

   GAUBERT, abb de Corbie, lu vque de Noyon; chass puis
   rinstall et consacr par Artaud.

   GAUTIER, archevque de Sens. Couronne Eudes puis Robert
   Ier;--couronne Raoul.

   GEILON, neveu d'Allard, fidle de Raoul.

   GENOUL. (S.). Reliques portes  Estres, pendant l'invasion
   normande.

   GEOFFROY, comte de Nevers. Intervient dans un diplme de
   Raoul;--perd _Viriliacum_, secouru par Raoul contre les Aquitains;
   charg de ngocier une entrevue avec Henri Ier de Germanie;--ses
   concessions  l'vque _Tedalgrinus_.

   GEOFFROY Ier GRISEGONELLE, comte d'Anjou;  la cour royale.

   GERRI, monastre. Cartulaire.

   GVAUDAN. Comt; suit la politique du duc d'Aquitaine.

   GIGNY, abbaye. Guy abb, usurpateur des biens de Cluny.

   GILBERT, comte de Dijon, fils de Manasss.  Autun, prs
   Raoul;--neveu de Rainard d'Auxerre, assige ce dernier 
   Mont-Saint-Jean;--s'allie au comte Richard, fils de Garnier de
   Sens; le chteau d'Avallon lui est enlev.

   GILBERT, duc de Lorraine, partisan de Robert.--Son attitude 
   l'gard de Raoul;--refuse de se soumettre  Raoul;--appelle Henri
   Ier de Germanie en Lorraine;--se brouille avec son beau-frre
   Brenger et son frre Renier; lutte contre Isaac de Cambrai; se
   rapproche de Raoul;--son caractre inconstant; son chec auprs de
   Raoul;--entre en pourparlers avec les seigneurs franais;--prte
   l'hommage  Raoul;--fils de Renier Ier, duc de Lorraine;--s'allie 
   Boson et  Hugues le Grand contre Herbert II;--enlve le chteau de
   _Durofostum_  Boson;--vient aider Herbert II contre Raoul; il
   conclut un armistice avec ce dernier;--coopre avec Hugues le Grand
   et Raoul au sige de Pronne;--intervient en faveur d'Herbert
   II;--intervient de nouveau en faveur d'Herbert II, et fait conclure
   un nouvel armistice.

   GILBERT, vassal de Raoul, rvolt contre lui et chti.

   GIRONE, en Catalogne.

   GISON, rapporte de Rome le _pallium_  Artaud.

   GONTHARD, archevque de Rouen. Perd la forteresse de
   Braisne-sur-la-Vesle.

   GORZE, abbaye. Cartulaire;--chartes.

   GOSBERT, vque de Laon. Sa mort.

   GOTHIE, pays envahi par les Hongrois.

   GUERRI, vque de Metz. Dcide Raoul  assiger Saverne;--s'empare
   de Saverne et en fait raser le chteau-fort;--sa mort.

   GUILLAUME Ier LE PIEUX, d'Aquitaine, oncle de Guillaume II.

   GUILLAUME II D'AQUITAINE, neveu de Guillaume Ier d'Aquitaine.
   S'empare de Bourges; reoit le Berry de Raoul moyennant
   l'hommage;--d'abord hostile  Raoul finit par se soumettre;--prend
   aussi le titre de comte d'Auvergne;--sur la Loire; se rend au camp
   de Raoul et lui prte l'hommage;--accompagn par l'vque du Puy,
   Allard;--comte de Velay, intercde auprs de Raoul en faveur de
   l'vque du Puy;--ngocie avec Rgnvald;--fait dfection;--sa mort.

   GUILLAUME DE NANGIS. Passage de sa Chronique en rapport avec
   l'Anonyme de Laon.

   GUILLAUME LONGUE-PE, associ  son pre Rollon, l'accompagne  Eu
   prs d'Herbert II de Vermandois;--prte l'hommage  Charles le
   Simple;--prte l'hommage  Raoul, et reoit le littoral contigu 
   la Bretagne;-- la cour royale.

   GUILLAUME TAILLEFER, comte d'Angoulme. Exploits contre les
   Normands;--a pour successeur son btard Arnaud Manzer.

   GUILLAUME TTE D'TOUPE. Autorise une libralit de l'vque
   Frotier II en faveur de Saint-Cyprien;--fils d'bles, duc
   d'Aquitaine et comte d'Auvergne;--comte de Poitiers.

   GUY, abb de Gigny. Restitue  Cluny les domaines qu'il avait
   usurps.

   GUY DE GIRONE, Diplme en sa faveur.

   GUY DE SPOLTE. Tient le pape Jean X prisonnier.

   H

   HAGANON, favori de Charles le Simple;--accompagne Charles le Simple
   en Lorraine.

   HAM. Enlev par Herbert II  Hloin de Montreuil;--assig par
   Raoul et Hugues le Grand, livre des otages;--retourne au parti
   d'Herbert II qui y tablit son fils Eudes.

   HELGAUD, comte de Ponthieu.--Harcle les Normands;--opre avec
   Raoul contre les Normands;--les Normands cherchent  s'en
   venger;-- la bataille de Fauquembergue;--pre d'Hloin.

   HLOIN DE MONTREUIL, fils d'Helgaud de Ponthieu. Condamn pour
   bigamie  Trosly;--assig par Herbert II et Hugues le Grand; se
   rconcilie avec ce dernier;--a pour frre brard.

   HLUIS, pre de Raoul de Gouy.

   HENRI Ier L'OISELEUR, roi de Germanie. Signe le trait de
   Bonn;--reoit des envoys de Charles le Simple;--sa garnison de
   Saverne capitule;--appel par Gilbert et l'archevque de Trves,
   passe le Rhin; conclut un armistice avec les Lorrains, emmenant
   troupeaux et otages en Germanie;--reconnu  Toul entre le 16
   octobre 923 et le 14 octobre 924;--malade sur la frontire
   slave;--passe le Rhin, enlve Zlpich  Gilbert de
   Lorraine;--Herbert II se rend auprs de lui avec Hugues le
   Grand;--donne l'vch de Metz  Bennon;--assige Boson 
   _Durofostum_, et conclut la paix avec lui;--refuse  Herbert II
   d'agir en faveur de Charles le Simple;--intervient en France et
   fait signer un armistice entre Boson et Herbert II;--Herbert II lui
   prte l'hommage;--son appui sollicit par Herbert II; aux prises
   avec des difficults intrieures et la guerre hongroise;--crase
   les Hongrois sur les bords de l'Unstrutt;--vainqueur des Hongrois,
   des Slaves et des Danois, envoie Gilbert de Lorraine et berhard de
   Franconie au secours d'Herbert II;--envoie une ambassade  Raoul, 
   Soissons; se rencontre: avec lui sur les bords de la
   Chiers;--envoie une arme aider Herbert II  reprendre
   Saint-Quentin;--parallle avec Raoul;--domine mieux la fodalit de
   son pays que Raoul.

   HERBERT Ier, comte de Vermandois, fils de Ppin, petit-fils de
   Bernard d'Italie.

   HERBERT II, comte de Vermandois. Aurait pous sa nice, fille de
   Robert Ier;--met en droute les Lorrains  Soissons; reoit des
   messagers de Charles le Simple;--descendant de Bernard
   d'Italie;--empche Sulf de rpondre aux dmarches de Charles le
   Simple;--envoie une dputation  Charles le Simple;--aurait cach
   ses desseins  ses envoys auprs du roi Charles;--sa conduite
   svrement juge par ses contemporains; essai d'explication;--sa
   prtendue tentative pour s'emparer de Louis, fils de Charles le
   Simple;--ses vassaux infligent un chec aux Normands; se rend en
   Bourgogne aprs la capture du roi Charles;--fournit des contingents
   contre les Normands;--dfend la ligne de l'Oise contre les
   Normands; conclut un armistice avec eux;-- Autun, prs de
   Raoul;--reoit Pronne du Raoul;--charg par Raoul de ngocier la
   paix avec les Normands;--fait condamner le comte de Cambrai Isaac
   au synode de Trosly;-- l'arrire-garde des troupes franaises,
   prt  tirer parti des vnements;--russit  gagner Hugues le
   Grand;--apparat sur les rives de l'Oise pour arrter les
   Normands;--amne les vassaux de l'glise de Reims  Raoul;--accus
   d'empoisonnement;--fait lire archevque de Reims son fils
   Hugues;--accompagne Raoul au sige de Nevers;--s'empare de Pronne
   et de Reims; se brouille avec Raoul;--lutte contre les Normands de
   la Loire et leur abandonne le comt de Nantes; runit le synode de
   Trosly malgr Raoul;--oppose Charles le Simple  Raoul; tente un
   coup de main sur Laon;--conclut une alliance avec les Normands 
   Eu;--sa lettre au pape Jean X; se rend  Reims et y rdige une
   lettre  Jean X; conclut un accord avec Raoul, et donne des
   otages;--se rencontre avec Raoul; amne Hugues le Grand  une
   entrevue auprs de Rollon; entre  Laon;--choue auprs d'Henri
   Ier; donne Saint-Timothe et une prbende de chanoine  Odalric
   d'Aix;--ayant chou avec la restauration de Charles, prte
   l'hommage  Raoul qui lui concde Laon;--obtient la Viennoise pour
   son fils Eudes; s'empare du chteau de Vitry-en-Perthois; assige
   Hloin dans Montreuil; attire  son parti Heudoin, vassal de Hugues
   le Grand;--rend Vitry  Boson; concde Saint-Quentin  Ernaut de
   Douai; conclut un accord avec Hugues le Grand; pril et reprend
   Mouzon;--se rapproche de Gilbert de Lorraine; sa rupture avec
   Raoul;--enlve Braisne-sur-la-Vesle  Hugues le Grand et dtruit la
   place;--prte l'hommage  Hugues le Grand;--assig par Raoul 
   Laon; obtient d'en sortir en y laissant sa femme;--enlve Ham 
   brard, frre d'Hloin de Montreuil;--sa situation prcaire;
   recherche sans succs l'appui d'Henri Ier de Germanie;--recouvre
   Ham puis Saint-Quentin, mais reperd vite cette dernire
   ville;--reprend Chteau-Thierry; obtient, grce  la mdiation
   lorraine, un armistice moyennant l'abandon de Chteau-Thierry,
   reste en possession de Pronne et de Ham;--acquiert l'alliance
   d'Arnoul de Flandre; approvisionne Pronne; enlve les rcoltes des
   partisans de Hugues le Grand;--fait sa soumission  l'entrevue des
   bords de la Chiers; il reoit divers domaines occups par Hugues le
   Grand, et se rconcilie avec lui;--sa lutte avec Raoul;--sa
   cupidit;--son rle nfaste;--jour de sa mort;--amne une invasion
   en France;--se rend au roi de France;--s'empare de Charles le
   Simple, le fait mutiler et mourir en prison;--sa prtendue
   pendaison par ordre de Louis IV.

   HERBERT DE VERMANDOIS, fils d'Herbert II, notaire ou chancelier
   royal (?).

   HERMOUD, prvt de Saint-Symphorien d'Autun.

   HERV, abb de Tournus.

   HERV, archevque de Reims.--Partisan de Robert;--dpouill de
   domaines piscopaux sis en Lyonnais;--sa mort.

   HEUDEGIER, vque de Beauvais.

   HEUDOIN, vassal de Hugues le Grand. Passe au parti d'Herbert II.

   HILDUIN, vque lu de Lige.

   HONGROIS. Pillent l'Italie, Brlent Pavie; en Provence, en Gothie;
   achevs par Raimond-Pons III;--pillent le pays de Voncq;--quittent
   la France, puis font un retour offensif;--pillent la Bourgogne,
   brlent le monastre de Bze, s'enfuient devant Raoul et gagnent
   l'Italie.

   HUGUES LE GRAND, fils de Robert Ier. A pour belle-mre
   Rohaut;--force Charles  lever le sige de Chivremont;--met en
   droute les Lorrains  Soissons;--neveu du roi Eudes, clips par
   son pre;--candidat ventuel  la couronne;--ses domaines;--aurait
   captur le roi Charles d'aprs Widukind;--adversaire du roi Charles
    cause de la mort de Robert  Soissons;--confondu avec Herbert II
   par Richer dans le rcit de la capture de Charles le
   Simple;--sollicite l'assistance de Raoul coutre les
   Normands;--dfend la ligne de l'Oise contre les Normands; conclut
   un armistice avec eux;-- Autun, prs de Raoul;--reoit le Mans de
   Raoul;--frre de Raoul, charg par Raoul du sige de
   Mont-Saint-Jean;--charg par Raoul de ngocier avec les Normands,
   leur cde le Maine et le Bessin;--ngocie avec Rgnvald;--campe sur
   les rives de la Seine, en face des Normands;--gagn par Herbert
   II;--ses vassaux attaquent les Normands;--campe en Beauvaisis;--sa
   rivalit avec la Flandre;--pouse Eadhild; souscrit une prcaire de
   Saint-Martin de Tours;--neveu d'Herbert II; modification de son
   attitude;--lutte contre les Normands de la Loire et leur abandonne
   le comt de Nantes;--intervient auprs de Raoul et l'accompagne
   jusque sur les rives de l'Oise; mdiateur entre Raoul et Herbert
   II;--prte l'hommage  Charles le Simple en prsence de Rollon et
   d'Herbert II;--choue avec Herbert II auprs d'Henri Ier;--assige
   Hloin dans Montreuil; a pour belle-mre Rohaut;--s'allie  Boson
   et  Gilbert contre Herbert II et lui reprend Douai; conclut un
   accord avec Herbert II; a pour vassal Ernaut de Douai;--enlve
   Braisne  l'archevque de Rouen Gonthard; s'allie  Raoul contre
   Herbert II;--envoy par Raoul en ambassade auprs d'Henri Ier pour
   contrebalancer l'influence d'Herbert II;--accompagne Raoul au sige
   de Reims;--charg de garder Beuves de Chlons prisonnier;--s'entend
   avec Raoul au sujet de Beuves de Chlons;--assige Amiens occup
   par Herbert II; s'empare de Saint-Quentin; s'entend avec Gilbert
   de Lorraine pour assiger Pronne, mais choue; se fait livrer des
   otages  Ham;--perd puis reprend Saint-Quentin et en chtie
   cruellement les habitants; s'empare de Roye avec Artaud;--assige
   deux fois, avec Raoul, Chteau-Thierry;--se rconcilie avec Herbert
   II sur l'intervention de Raoul, et lui rend divers
   domaines;--refuse de restituer Saint-Quentin  Herbert II;--semble
   avoir assist aux funrailles de Raoul;--son attitude  la mort de
   Raoul;--sa politique;-- la cour royale.

   HUGUES LE NOIR, frre cadet de Raoul de Bourgogne.--Assiste Robert
   dans sa lutte contre Charles le Simple;--auprs de Raoul, 
   Autun;--intervient dans un diplme en faveur de Cluny.

   HUGUES DE PROVENCE, rgent du royaume de Provence; auprs de Raoul;
   sa nice Berthe, comtesse d'Arles et Avignon, pouse
   Boson;--harcle les Hongrois dans les Alpes;--roi d'Italie, se rend
   en Provence pour y fortifier son autorit,  la mort de Louis
   l'Aveugle, et rencontre Raoul  Vienne;--son trait avec Rodolphe
   II de Bourgogne; consquences en Lyonnais;--abandonne ses droits
   sur la Provence  Rodolphe II; a pour nice Berthe, femme de Boson,
   frre de Raoul;--sa nice pouse Boson, frre de Raoul.

   HUGUES Ier, comte de Champagne;  la cour royale.

   HUGUES, vque de Verdun. Choisi par le roi Raoul pour succder 
   Dadon.

   HUGUES DE VERMANDOIS, fils d'Herbert II.--Dclar dchu de tout
   droit sur l'archevch de Reims;--protg par Abbon, vque de
   Soissons.

   HUGUES DE FLAVIGNV. Chronique.

   HUGUES DE FLEURY. _Modernorum regum actus_.

   I-K

   INGELHEIM. Concile de 948; discours de Louis IV.

   INGON, chef normand; parat avoir succd  Rgnvald.

   ISAAC, comte de Cambrai. En lutte avec Gilbert;--diffrend avec son
   vque tienne.

   ITALIE, pille par les Hongrois.

   JEAN X, pape. Intervient en faveur de Charles le Simple;--approuve
   les actes d'Herbert II;--lettre d'Herbert II  lui adresse;
   prisonnier de Guy de Spolte;--emprisonn par Guy de Toscane;--fait
   restituer  Cluny des domaines occups par Guy, abb de Gigny.

   JEAN XI, pape. Bulle faisant allusion  un diplme perdu de
   Raoul;--envoie le _pallium_  Artaud.

   _Jocundus_. Sa _Translatio S. Servatii_.

   JOSSELIN, vque de Langres.--Lutte contre Rgnvald.

   JOSSELIN, vque de Toul. Charte date du rgne de Raoul.

   JUGEMENT de Dieu. Conception mdivale.

   JUHEL-BRENGER, duc de Bretagne.

   _Karolorum genealogiae_.

   L

   LAMBERT, abb de Saint-Benot-sur-Loire.

   LANGRES.--Diplme de Raoul pour cette ville.

   LANGUEDOC. Sa soumission  Raoul en 932.

   LAON. Charles le Simple y est battu;--vque;--le comte Roger
   partisan de Raoul;--palais royal;--la reine Emma y est couronne;
   Raoul y rentre;--environs pills par les Hongrois;--Saint-Vincent,
   chanoines;--comt vacant par le dcs de Roger;--abandonn
   difficilement par Emma, est occup par Herbert II;--concd 
   Herbert II par Raoul;--investi par Raoul;--Herbert II y est assig
   par Raoul; obtient d'en sortir en y laissant sa femme qui finit par
   capituler;--Engrand succde  Gosbert comme vque;--Raoul y
   sjourne; rixe entre ses gens et ceux de, l'vque;--menac par les
   comtes lorrains et saxons allis d'Herbert II;--monnaie de
   Raoul;--Louis IV y tient une cour plnire.

   LAONNAIS. Oprations militaires dans ce pays.

   LASSOIS. Comt de Raoul.

   LEIBNIZ. Son opinion sur l'entrevue de Raoul et de Charles le
   Simple  Reims.

   LE MANS. Cd par Raoul  Hugues le Grand;--monnaie de
   Raoul;--Foulques comte.

   LE PUY. Allard, vque;--comt et monnaie de la ville concds par
   Raoul  l'vque;--chartes dates des annes de Raoul;--monnaie de
   Raoul.

   LON VI, pape. Se dsintresse du sort de Charles le Simple.

   LON VII, pape. Bulle.

   LIGE. vch, son occupation en 921;--annales.

   LIMOGES. Saint-Martial;--Saint-tienne, cartulaire.

   LIMOUSIN, pays hsitant entre Charles le Simple et Raoul;--pill
   par les Normands.

   LOBBES, monastre. Annales.

   LOIRE, fl. Estuaire occup par les Normands;--cours remont par
   Rgnvald.

   _Lommensis pagus_. Brenger comte.

   LORRAINE. Acquise par Charles le Simple;--Charles le Simple s'y
   rfugie;--Charles y lve des recrues;--luttes fodales;--sa
   soumission effective au roi de France;--sous la suzerainet
   germanique;--la question lorraine au Xe sicle;--perdue
   temporairement sous Raoul.

   LORRAINS. Prtent l'hommage  Raoul;--offrent leur soumission 
   Raoul;--acceptent la souverainet bourguignonne.

   LOTHAIRE, roi de France.

   LOTHAIRE II, roi de Lorraine. Sa petite-fille pouse Boson, frre
   de Raoul.

   LOUIS LE PIEUX. Ses humiliations; sa cruaut  l'gard de Bernard
   d'Italie;--diplme pour Marmoutier.

   LOUIS II LE BGUE, fils de Charles le Chauve et d'Ermentrude.
   pouse successivement Ansgarde et Adlade;--pre de Charles le
   Simple;--applique encore l'ancien systme des partages.

   LOUIS III, roi de France;--vainqueur de Saucourt. Sa mort.

   LOUIS IV D'OUTRE-MER. Sa fille Mathilde pouse Conrad le
   Pacifique;--fils de Charles le Simple, chappe  Herbert II  la
   faveur d'une ruse;--dsign fictivement comme roi dans les chartes
   du Midi, aprs la mort de Charles le Simple;--sjourne  Auxerre;
   assiste peut-tre aux funrailles de Raoul;--emmen en Angleterre
   par sa mre Ogive; tient une cour plnire  Laon.

   LOUIS L'AVEUGLE;--empereur, a pour rgent en Provence
   Hugues;--cousin germain de Raoul; sa mort.

   LOUIS, prtendu fils de Raoul.

   LOUP AZNAR, seigneur gascon. Prte l'hommage  Raoul en
   932;--aurait t seigneur de Comminges;--reconnat le roi Raoul.

   LYON. Monnaie de Raoul.

   LYONNAIS. Domaines de l'vch de Reims;--chartes de cette rgion
   montrant que Raoul peut y avoir t reconnu.

   M

   MABILLE, historien. Son opinion sur le transfert du duch
   d'Aquitaine  la maison de Poitiers.

   MABILLON. Expertise faite par lui.

   MCON. Comt; dbut du rgne de Raoul dans ce pays;--Saint-Vincent,
   cartulaire.

   MAINE, pays cd par Hugues le Grand aux Normands; appartenait 
   Robert Ier;--pays disput entre l'Anjou et la Normandie.

   MANASSS, comte de Dijon;--pre de Gilbert et Walon;--frre de
   Rainard, vicomte d'Auxerre;--lutte contre Rgnvald;--a pour fils
   Gilbert; ennemi du roi Robert Ier.

   MANS (LE), voy. LE MANS.

   MARCHE D'ESPAGNE. Voy. ESPAGNE.

   MARMOUTIER, abbaye. Diplme de Raoul en sa faveur, confirmant ceux
   de Charlemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve et Eudes.

   MATHILDE, fille de Louis d'Outre-Mer. pouse Conrad le Pacifique.

   MEAUX. Monnaie de Raoul.

   METZ. Reconnat Raoul;--l'vque Guerri dcide Raoul  marcher sur
   Saverne;--Witger, vque;--vch donn par Henri Ier  Bennon.

   MONTIRAMEY, abbaye. Cartulaire.

   MEUSE, fl.;--traverse par Charles le Simple;--Raoul s'avance
   jusque sur ses bords.

   MILON, vque de Chlons;--excommuni par Artaud.

   MOISSAC, abbaye. Chartes.

   MONNAIES de Raoul. _Mons Calaus_, lieu identifi avec Chalmont
   (Seine-et-Marne, arr. de Melun, comm. de Fleury-en-Bire).

   _Mons Herberti_, voy. MONT-HBERT.

   MONTDIDIER, voy. ROBERT DE MONTDIDIER.

   MONT-HBERT, lieu dit prs de Laon. Herbert II de Vermandois y
   aurait t pendu.

   MONTIRENDER, monastre;--moines en fuite.

   MONTOLIEU, abbaye. Diplme de Raoul en sa faveur.

   MONTREUIL-SUR-MER. Hloin y est assig par Hugues le Grand et
   Herbert II;--voy. HLOIN DE MONTREUIL.

   MONT-SAINT-JEAN, forteresse prise par Rainard, vicomte d'Auxerre,
   puis reprise par Raoul.

   MONTAGNE-NORD, chteau des comtes de Laon. Pris et dtruit par
   Herbert II;--Roger de Laon y rentre;--Arnoul de Flandre l'en
   dpouille.

   MOUZON. Pris par Boson; repris par Herbert II.

   N

   NAMUR, Belgique. Limite des domaines d'Herbert II

   NANTES, Comt. Cession faite par Robert  Rgnvald et aux Normands
   de la Loire non excute.

   NARBONNAIS. Possessions de l'abbaye de Montolieu situes dans ce
   pays.

   NARBONNE. Chartes constatant l'interrgne;--vicomt.

   NAVARRE. Limite de la France, au sud.

   NEVERS. Assig par Raoul, livre des otages; occup par
   Affr;--Geoffroy comte;--monnaie de Raoul.

   NMES. Chartes constatant l'interrgne;--chronique.

   NOAILL. Abbaye.

   NOGENT. Monnaie de Raoul.

   NORMANDIE. Reste soumise  Charles;--envahie par Raoul.

   NORMANDS. Assigent Tours;--ceux de la Loire obtiennent une partie
   de la Bretagne et le pays de Nantes;--battus  Argenteuil par
   Richard le Justicier;--fidles  Charles le Simple;--rpondent 
   l'appel de ce dernier--ceux de la Seine donnent des otages et
   concdent la paix moyennant un tribut;--les mmes aids par ceux de
   la Loire; avantages obtenus par eux;--leur lutte contre les troupes
   de Raoul et les Bourguignons  Chalmont;--rompent le trait de 924;
   rappels par une diversion  la dfense de leurs foyers; poursuivis
   et harcels par Helgaud de Ponthieu;--Raoul prend sa revanche
   contre eux;--concluent un accord avec Hugues le Grand;--leur
   dfaite  Eu;--ravagent le Porcien; leur flotte ravage les ctes du
   Boulonnais; envahissent l'Artois;--se font acheter la
   paix;--envahissent l'Aquitaine, pntrent en Limousin, nattas par
   Raoul au lieu dit _Ad Destricios_;--en lutte contre les Bretons;
   massacrs par ceux-ci avec leur chef Flcan;--ceux de la Loire
   repousss par les habitants du Berry et de la Touraine;--vaincus
   par Raoul.

   NOYON. vque;--rsiste aux attaques des Normands;--la mort de
   l'vque Airard, suivie de la brise de la ville par le comte
   Alleaume; sa dlivrance; Gaubert vque;--environs pills par
   Eudes, fils d'Herbert II.

   O

   ODALRIC, archvque d'Aix-en-Provence. Chass de son sige par les
   Sarrasins, devient vicaire du diocse de Reims et reoit l'abbaye
   de Saint-Timothe avec une prbende de chanoine.

   ODIN, dieu scandinave.

   ODORAN. Chronique. OGIVE, reine de France, fille  d'douard Ier
   l'Ancien et femme de Charles le Simple;--passe directement de
   Lorraine en Angleterre.

   OISE, riv. Les grands campent sur ses bords;--traverse par les
   Normands en 923;--ses rives dfendues par Hugues et Herbert II
   contre les Normands;--Herbert II campe sur ses bords;--sur ses
   rives un accord est conclu entre Herbert II et Raoul.

   ORLANS. Fort traverse par Rgnvald;--glises dotes par
   Raoul;--monnaie de Raoul.

   OTTON Ier, roi de Germanie. Succde  son pre Henri
   Ier;--synchronisme de son rgne.

   OTTON, fils de Ricoin, ennemi personnel de Raoul, passe du ct
   d'Henri Ier de Germanie;--jure fidlit  Raoul.

   OTTON DE BOURGOGNE,  la cour royale.

   P

   PARIS. Raoul y est reconnu;--sa flotte doit cooprer  l'attaque du
   camp normand;--Hugues y sjourne;--monnaie de Raoul;--comt.

   PARISIS, pays. Les habitants attaquent les Normands de la Seine.

   PARTAGES germaniques, encore appliqus sous Louis le Bgue.

   PAVIE. Brl par les Hongrois.

   _Pecunia collaticia_. Impt lev en France pour acheter la paix aux
   Normands.

   PPIN, fils de Bernard d'Italie, pre d'Herbert Ier de Vermandois.

   PRIGORD, Comt;--pill par les Normands.

   PRONNE. Charles le Simple y est enferm;--remis par Raoul 
   Herbert II;--pris par Herbert II;--Charles le Simple y est
   transfr de Saint-Quentin;--Charles le Simple y meurt captif; est
   enseveli  Saint-Fursy;--attaqu sans succs par Raoul, Hugues le
   Grand et Gilbert de Lorraine;--reste en la possession d'Herbert
   II;--approvisionn par Herbert II;--assig par le roi de France;
   le _Cignorum Mons_, _Cygnophum_, Mont-des-Cygnes,
   Saint-Fursy;--Charles le Simple y meurt.

   PFEDDERSHEIM, dans le pays de Worms.

   PLECTRUDE, femme d'Allard, fidle de Raoul.

   POISSY. Monnaie de Raoul.

   POITIERS. L'vque Frotier II reconnat
   Raoul;--Saint-Hilaire;--Saint-Cyprien,
   cartulaire;--Sainte-Radegonde;--le comte bles, fils de Renoul II,
   n'hrite pas de son pre, du titre de duc d'Aquitaine;--comt.

   POITOU, pays hsitant entre Charles le Simple et Raoul.

   PONTHIEU. Comt.--Le comte Helgaud harcle les Normands.

   PONTHION-SUR-L'ORNAIN, fisc royal, rendu par Raoul  Charles le
   Simple.

   PORCIEN, pays ravag par les Normands.

   POUILLY, localit en Bourgogne.

   PROVENCE. Boson, roi;--indpendante sous Boson;--Hugues, rgent
   pour Louis l'Aveugle; Raoul y confirme les biens de Saint-Martin
   d'Autun;--Hugues d'Italie y fortifie son autorit;--Hugues d'Italie
   cde  Rodolphe II ses droits sur ce pays; Boson y domine  cause
   des comts d'Arles et d'Avignon.

   PROVINS. Comt; Raoul y est reconnu.

   PRM, abbaye. Diplme de Charles le Simple;--annales.

   PUY (LE), voy. LE PUY.

   Q-R

   QUERCY, pays.

   QUIERSY-SUR-OISE. Capitulaire.

   _Quinciacum_, villa dpendant de Saint-Germain d'Auxerre, enleve
   par la reine Emma.

   RAIMOND-PONS III, comte de Toulouse; reconnat Raoul en
   932;--disperse les Hongrois;--duc d'Aquitaine;--prte l'hommage 
   Raoul;--devient duc d'Aquitaine.

   RAINARD, notaire du roi Raoul.

   RAINARD, vicomte d'Auxerre, frre de Manasss de Dijon.

   RAOUL, roi de France. Fils de Richard le Justicier; neveu de
   Rodolphe Ier, roi de Bourgogne jurane; neveu de Charles le Chauve;
   neveu de Boson, roi de Provence;--pouse Emma, fille de Robert
   Ier;--souscrit divers actes du vivant de son pre; tmoin dans un
   acte de 901; charte en faveur de l'glise d'Autun;--s'intitule
   comte;--attir par Robert dans le parti des rvolts contre Charles
   le Simple;--entre en France avec une puissante arme;--lu et
   couronn  Soissons;--diplmes pour Autun, Chlon et
   Langres;--reoit l'hommage d'une partie des Lorrains;--fltri comme
   usurpateur dans des chartes de Brioude;--son pouvoir ducal, sa
   royaut;--reoit Herbert II en Bourgogne, aprs la capture de
   Charles;--pntre en Normandie;--menace d'envahir la Lorraine et
   force ainsi Henri Ier  se retirer;--reconnu roi  Toul;--reoit
   l'hommage de Guillaume II d'Aquitaine et lui restitue le
   Berry;--confirme les biens d'un monastre en Viennois et Provence;
   ses prtentions possibles sur ces pays;--sa maladie; son plerinage
    Saint-Remy; se rend  Soissons puis en Bourgogne;--confirme les
   donations faites par ses prdcesseurs  l'abbaye de
   Saint-Amand;--dirige le sige d'Eu;--concde  Herbert II
   l'administration intrimaire du temporel de l'archevch de
   Reims;--grivement bless  Fauquembergue, regagne Laon;--se rend
   en Viennois;--son entrevue avec Charles le Simple;--sa victoire sur
   les Normands  Estresse;--prend Denain;--assige et prend
   Reims;--reprend Laon;--prend Saint-Mdard de Soissons; reoit
   l'hommage de Raimond-Pons III, comte de Toulouse;--reconnu en
   Viennois et en Normandie;--sa mort;--son caractre.--Voy. pour le
   dtail aux noms des matires.

   RAOUL DE GOUY. Combat les Normands;--fils d'Hluis; sa mort.

   RAOUL GLABER OU LE CHAUVE. Rcit de l'lection de Raoul;--rcit de
   la capture de Charles le Simple.

   RATISBONNE. Saint-Emmeran; reliques de saint Denis.

   RAZS. Possessions de l'abbaye de Montolieu situes dans ce pays.

   REDON, abbaye. Cartulaire.

   RGINON, chroniqueur;--son continuateur qualifie Robert de
   sacrilge.

   REIMS. Archevch.--Saint-Remy; Robert y est couronn;--synode
   runi par Sulf prescrit pnitence aux vainqueurs de
   Soissons;--archevch sous la dpendance d'Herbert II de
   Vermandois; Raoul est reconnu;--palais royal;--Raoul fait un
   plerinage  Saint-Remy et lui lgue presque tous ses
   biens;--vassaux de l'glise, runis par le roi;--glise,
   archevch;--les reliques de saint Remy et de sainte Vaubourg
   d'Attigny y sont apportes;--pris par Herbert II;--l'glise a pour
   dpendance Coucy;--Herbert II s'y rend;--l'archevch a des
   dpendances bourguignonnes;--Raoul y visite Charles le
   Simple;--Raoul essaie en vain de ngocier avec les habitants, et
   finalement investit la place;--assig par Raoul, Hugues le Grand
   et Boson;--se rend  Raoul; Artaud y est consacr
   solennellement;--obituaires.

   RMOIS. Oprations militaires dans ce pays;--Charles le Simple y
   sjourne.

   REMY D'AUXERRE. A pour disciple Sulf.

   RENNES. Comt.

   RENIER Ier de Lorraine, pre de Gilbert.

   RENIER II DE HAINAUT, frre de Gilbert de Lorraine, se brouille
   avec lui;--se rconcilie avec Gilbert.

   RENOUL II, comte de Poitiers. Est en mme temps duc
   d'Aquitaine;--pre d'bles Manzer.

   RHIN, fl. Pass par Henri Ier.

   RHNE, fl. Pass par les Hongrois.

   RICHARD LE JUSTICIER, comte d'Autun, puis duc de Bourgogne.
   Victorieux des Normands  Argenteuil;--fils de Thierry d'Autun;
   pouse Adlade;--arrt concernant Saint-Bnigne de Dijon;--sa
   mort;--son oeuvre;--son surnom.

   RICHARD, comte, fils de Garnier de Sens, s'allie  Gilbert de
   Dijon;--comte de Troyes, parat dans un diplme pour
   Montiramey;--en lutte contre Raoul.

   RICHARD, prtendu comte de Ponthieu,  la cour royale.

   RICHARD LE POITEVIN.--Son rcit de la mort de Charles le Simple
   drive de Flodoard.

   RICHER, abb de Prm. Devient vque de Lige.

   RICHER, chroniqueur. Rcit de la capture de Charles le Simple;--son
   rcit de la fuite de Louis IV en Angleterre;--fait prir Rollon au
   sige d'Eu.

   RICHILDE, impratrice, soeur de Richard le Justicier;--fille de
   Thierry d'Autun; pouse Charles le Chauve.

   RICOIN, tu  Verdun par Boson, frre de Raoul;--pre d'Otton de
   Verdun.

   ROBERT LE FORT, pre de Robert Ier, roi de France;--pre
   d'Eudes;--grand-pre de Hugues le Grand.

   ROBERT Ier, duc puis roi de France, fils de Robert le Fort; succde
    Eudes et prte l'hommage  Charles le Simple; quitte la cour de
   Charles le Simple; parat comme imptrant dans les diplmes de
   Charles le Simple;--ennemi de Manasss de Dijon;--parrain de
   Rollon;--cde la Bretagne et Nantes aux Normands;--beau-pre de
   Raoul de Bourgogne;--aide Raoul  s'emparer de Bourges;--marquis
   de France; chef des rvolts contre Charles le Simple;--a une
   entrevue avec Henri Ier sur la Boer; obtient un armistice des
   Lorrains; rentre en France et congdie les Bourguignons; lu roi 
   Reims; couronn  Saint-Remy; ses partisans;--sjourne  Soissons;
   surpris par Charles le Simple, sa mort  la bataille de
   Soissons;--pre de Hugues;--acte dat de son rgne;--a pour
   chancelier Abbon de Soissons;--sa mort  Soissons;--consquences de
   sa mort;--souvenir de sa mort.

   ROBERT DE MONTDIDIER, nom pique de Robert Ier.

   RODEZ. Chartes constatant l'interrgne.

   RODOLPHE Ier, roi de Bourgogne.

   RODOLPHE II, roi de Bourgogne puis d'Arles;--harcle les Hongrois
   dans les Alpes;--obtient de Hugues d'Italie l'abandon de ses droits
   sur la Provence, et constitue ainsi le royaume d'Arles;--assiste 
   l'entrevue de Raoul avec Henri Ier sur les bords de la Chiers.

   ROGER, archevque de Trves, refuse de reconnatre Raoul.

   ROGER, comte de Laon. Partisan de Raoul;--intercde auprs de Raoul
   pour l'abbaye de Saint-Amand;--sa mort;--ses fils gardent
   fidlement leur cit au roi.

   ROGER DE LAON, fils du prcdent. Son chteau de Mortagne assig
   et dtruit par Herbert II;--investi de Douai par Hugues le Grand.

   RGNVALD, viking, chef des Normands de la Loire. Appel par Charles
   le Simple;--mcontent des promesses illusoires de Robert Ier;
   appel par le roi Charles; se joint aux Normands de la Seine et
   passe l'Oise;--aide les Normands de la Seine; promesses de cession
   du comt de Nantes et de la Bretagne non ralises;--exclu des
   ngociations par les seigneurs franais; cherche vengeance contre
   Raoul; son expdition en Bourgogne; parvient  traverser les lignes
   franaises et  s'chapper;--lgende de son passage 
   Saint-Benot-sur-Loire.

   ROHAUT, tante de Charles le Simple, belle-mre de Hugues le Grand,
   abbesse de Chelles;--sa mort.

   ROLLON. Son tablissement en Neustrie;--se joint  Rgnvald et
   passe l'Oise;--ngocie un armistice avec Hugues le Grand et Herbert
   II et concde la paix moyennant une indemnit;--prend des mesures
   pour dfendre Eu;--sa conqute est menace; sa mort  Eu d'aprs
   Richer;--prte l'hommage  Charles le Simple  Eu et y conclut une
   alliance avec Herbert II;--rend  Herbert II son fils Eudes; son
   entrevue avec Herbert II, Hugues le Grand et Charles le Simple.

   _Rothildis_, voy. ROHAUT.

   ROUEN.

   ROUERGUE. Comt. Le comte Ermengaud ne reconnat Raoul qu'en
   932;--reconnat la suzerainet de Raoul;--Ermengaud prte l'hommage
    Raoul. ROUMOIS, pays incendi par les  Parisiens.

   ROUSSILLON. Raoul y est reconnu.

   ROYAUT fodale. Son caractre.

   ROME, ville;--forteresse prise par Hugues le Grand et Artaud.

   S

   SAINT-AMAND. Annales.

   SAINT-BENOT-SUR-LOIRE. Raoul y est reconnu;--annales;--les
   Normands y pntrent;--glise;--les reliques de saint Benot y sont
   dposes;--abbaye dote par Raoul.

   SAINT-BERCHAIRE, monastre.

   SAINT-BERTIN, abbaye. Annales;--Arnoul de Flandre en devient abb 
   la mort de son frre Allou.

   SAINT-CYPRIEN DE POITIERS, abbaye. Reoit une donation de l'vque
   de Poitiers, Frotier II.

   SAINT-DENIS, abbaye. Diplme de Charles le
   simple;--obituaire;--monnaie de Raoul.

   SAINT-EMMERAN DE RATISBONNE, voy. RATISBONNE.

   SAINT-GERMAIN-DES-PRS. Diplme de Charles le Simple;--obituaire.

   SAINT-LOMER DE BLOIS, monastre. Reoit de Raoul l'glise
   Saint-Lubin.

   SAINT-LUBIN. glise concde par Raoul  Saint-Lomer de Blois.

   SAINT-MAIXENT.

   SAINT-MAUR-DES-FOSSS, monastre.

   SAINT-PAUL, en Snonais. Abbaye concde par Raoul  son fidle
   Allard.

   SAINT-QUENTIN. Charles s'y rend avec la dputation d'Herbert
   II;--annales;--Charles le simple y est install comme roi par
   Herbert II;--concd par Herbert II  Ernaut de Douai
   dpossd;--pris par Hugues le Grand;--Herbert reprend cette ville,
   mais Hugues le Grand la lui enlve presque aussitt;--Gilbert se
   propose de reprendre la ville, mais y renonce;--Hugues le Grand
   refuse de restituer la ville  Herbert II; elle est prise et rase
   par les comtes lorrains et saxons allis d'Herbert II.

   SAINT-REMY, monastre fortifi par Sulf.--Voy. REIMS.

   SAINT-TIMOTHE, abbaye donne par Herbert II  l'archevque Odalric
   d'Aix.

   SAINT-VAST, abbaye. Annales.

   SAINTE-RADEGONDE, voy. POITIERS.

   SAINTONGE, pays pill par les Normands.

   SANCHE-GARCIE, duc de Gascogne, parat tre beau-pre de Loup
   Aznar.

   SARRASINS. Chassent l'archevque d'Aix, Odalric, de son sige.

   SAUCOURT. Victoire de Louis III sur les Normands.

   SAUXILLANGES. Cartulaire.

   SAVERNE, en Alsace. Raoul y assige la garnison laisse par Henri
   Ier;--pris par Guerri, vque de Metz, qui en dtruit le chteau
   fort.

   SAXE. Invasion hongroise dans ce pays.

   SCARPE, riv.

   SEINE, fl.--Son estuaire occup par les Normands.

   SENLIS. vque.

   SENS.--Sainte-Colombe;--archevch;--Gautier
   archevque;--l'archevque Gautier couronne Raoul;--_Historia
   Francorum Senonensis_;--Raoul y sjourne;--Raoul est enseveli 
   Sainte-Colombe, auprs de son pre et du roi Robert
   Ier;--Sainte-Colombe hrite du trsor de Raoul;--Raoul est avou de
   Sainte-Colombe;--monnaie de Raoul.

   SERVAIS (S.). Translation.

   SULF. Devient archevque de Reims;--reoit des messagers de
   Charles le Simple;--archevque de Reims; runit un synode 
   Reims;--ne rpond pas aux dmarches de Charles;--fournit des
   contingents pour combattre les Normands;--couronne la reine Emma 
   Laon;--confre la prtrise  Hugues de Verdun;--aide Hugues et
   Herbert II  dfendre la ligne de l'Oise contre les Normands;--
   Autun, prs de Raoul;--obtient de Hugues de Provence la restitution
   de domaines piscopaux sis en Lyonnais;--charg par Raoul de
   ngocier la paix avec les Normands;--disciple de Remy d'Auxerre;
   fortifie Saint-Remy de Reims;--sa mort.

   SOISSONNAIS. Oprations militaires dans ce pays.

   SOISSONS.--Robert y sjourne;--abbaye de Saint-Mdard;--Raoul est
   couronn  Saint-Mdard;--l'vque Abbon, chancelier de Robert Ier,
   partisan de Raoul;--Abbon, vque;--Raoul s'y rend;--Saint-Mdard
   occup par Raoul;--Saint-Mdard a pour doyen Engrand qui devient
   vque de Laon;--environs pills par Eudes, fils d'Herbert II;
   Notre-Dame, abbesse; Saint-Pierre, chanoines;--Raoul y tient un
   plaid; une ambassade d'Henri Ier vient l'y trouver;--monnaie de
   Raoul;--bataille.

   STAVELOT-MALMDY, abbaye. Chartes.

   SUNIAIRE ou SUNIER, comte d'Urgel. Charte.

   T

   TAILLEFER, voy. GUILLAUME-TAILLEFER.

   _Tedalgrinus_, vque de Nevers. Reoit des concessions du comte
   Geoffroi de Nevers.

   TOTOLON, archevque de Tours. Accompagne Raoul au sige de
   Chteau-Thierry.

   TROUANNE ou THROUANNE;--occup par Arnoul de Flandre.

   THIBAUD, abb de Sainte-Colombe de Sens. Emporte la couronne de
   Raoul  la seconde croisade, et meurt en Orient.

   THIBAUD LE TRICHEUR, comte de Blois. Parat dans un diplme de
   Raoul;--son rle lors de l'arrive de l'empereur  Paris;-- la
   cour royale;--sa prtendue autorit dans le conseil du roi Louis
   IV.

   THIERRY, comte d'Autun.

   THIETMAR, historien.

   THION, vicomte de Paris.--Charte.

   TITRE de _rex Francorum, Aquitanorum et Burgundionum_ pris par
   Raoul dans ses diplmes.

   TOSCANE, pays.

   TOUL. Raoul y est reconnu roi, puis Henri Ier, en octobre 923.

   TOULOUSE. Le comte Raimond-Pons III ne reconnat  Raoul qu'en
   932;--comt; la suzerainet de Raoul y est reconnue.

   TOURAINE. Les habitants de ce pays repoussent les Normands.

   TOURNAI. Comt. Acte de Raoul concernant ce pays;--Chroniques.

   TOURNUS, abbaye. Herv abb;--obtient confirmation de ses
   dpendances sises en Chalonnais.

   TOURS. Assig par les Normands;--chroniques;--Raoul y est reconnu
   et y sjourne;--Totolon archevque;--Saint-Martin: diplme de
   Charles le Simple;--pancarte noire;--prcaire souscrite par Hugues
   le Grand et la reine Emma;--Raoul s'y rend en plerinage;
   diplme;--Raoul confirme ses possessions et privilges.

   TREDUIN, clerc noble, partisan d'Herbert II, pris et pendu 
   Saint-Quentin par Hugues le Grand.

   TRVES. L'archevque Roger refuse de reconnatre
   Raoul;--Saint-Maximin, annales;--l'archevque appelle Henri Ier, en
   Lorraine;--l'archevque s'abstient de reconnatre
   Raoul;--Saint-Maximin, charte.

   TROSLY. Synode, affaire d'Isaac de Cambrai;--synode runi par
   Herbert II, malgr Raoul.

   TROYES.--Raoul y est reconnu;--Anses vque.

   TULLE. Saint-Martin, abbaye rforme; Raoul y est reconnu;--chartes
   dates des annes de Raoul;--le monastre reoit le donjon royal
   d'_Uxellodunum_;--diplme de Raoul pour cette abbaye.

   TURENNE. Admar vicomte fait approuver son testament par
   Raoul;--maison.

   U-Z

   UNIZON, vassal de Raoul. Intervient en faveur de Saint-Symphorien
   d'Autun.

   UNSTRUTT, riv. Les Hongrois sont battus sur ses bords par Henri
   III.

   URGEL. Comt.

   _Uxellodunum_, en Quercy. Concession du donjon royal au monastre
   de Tulle.

   VABRES. Chartes constatant l'interrgne.

   VAISON. Domaine de Saint-Martin d'Autun.

   VARAIS, pays. Adlade de Bourgogne y possde des biens.

   VELAY. Comt. Suit la politique du duc d'Aquitaine.

   VENGEANCE prive, Droit en vigueur jusqu'au XVe sicle.

   VERDUN. Partage;--reconnat Raoul;--l'vque Hugues succde 
   Dadon;--Ricoin y est tu par Boson;--l'vque Hugues remplac par
   Bernoin.

   VERGY. Maison.

   VERMANDOIS. Maison; allie  Robert;--Raoul y est reconnu;--son
   hgmonie.

   VEXIN normand. Pill et incendi par les Parisiens.

   VIENNE. Comt. Possd par Charles-Constantin; Hugues d'Italie s'y
   rencontre avec Raoul;--sous la domination de son archevque puis de
   Charles-Constantin; Raoul y est reu comme suzerain par
   Charles-Constantin.

   VIENNOIS, pays. Raoul y confirme les biens de Saint-Martin
   d'Autun;--sous la suzerainet de Raoul;--Raoul s'y rend;--peut-tre
   en fut-il question  l'entrevue des bords de la Chiers;--acquis par
   Raoul.

   _Viriliacum_, localit enleve par des Aquitains  Geoffroi de
   Nevers; reprise par Raoul.

   VITRY-EN-PERTHOIS, chteau de Boson. Pris par Herbert II;--rendu
   par Herbert II a Boson;--repris par Boson.

   VIVANT (S.). Vie.

   VONCQ (Pays de). Pill par les Normands.

   _Wadaldus_, vque d'Elne. Charte date du dcs de Charles le
   Simple.

   WALON ou GALON, chtelain de Chteau-Thierry; prte l'hommage  la
   reine Emma;--sa conduite au second sige de Chteau-Thierry.

   WALON, comte, fils de Manasss de Dijon.  Autun, prs
   Raoul;--neveu de Rainard d'Auxerre, assige ce dernier dans
   Mont-Saint-Jean.

   WALON, vque d'Autun.

   WAULSORT. Chronique.

   WIDUKIND, chroniqueur. Attribue  Hugues la capture de Charles.

   WITGER, vque de Metz.

   WORMS (Pays de).

   YVOIX. Henri Ier y sjourne.

   ZLPICH, pris par Gilbert de Lorraine.


TABLE DES MATIRES


AVANT-PROPOS

CHAPITRE PREMIER. Robert duc de France et Raoul duc de Bourgogne.

CHAPITRE II. Les lections de Robert et de Raoul.

CHAPITRE III. La captivit de Charles le Simple, la guerre normande et
la perte de la Lorraine.

CHAPITRE IV. La lutte contre Herbert de Vermandois. Premire priode.

CHAPITRE V. La lutte contre Herbert de Vermandois aprs la mort de
Charles le Simple.

CHAPITRE VI. La fin du rgne.

CONCLUSION.

APPENDICE

Fragments indits de l'Anonyme de Laon, concernant Herbert II, comte
de Vermandois.

TABLE ANALYTIQUE.





End of the Project Gutenberg EBook of Robert Ier et Raoul de Bourgogne, rois
de France (923-936), by Ph. Lauer

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work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
https://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at https://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit https://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: https://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
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