The Project Gutenberg eBook of Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement des écritures secrètes

This ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.

Title: Les règles de Cicco Simonetta pour le déchiffrement des écritures secrètes

Author: Cicco Simonetta

Editor: P.-M. Perret

Release date: March 1, 2009 [eBook #28227]

Language: French

Credits: Produced by Laurent Vogel, Christine P. Travers and the
Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
(This file was produced from images generously made
available by the Bibliothèque nationale de France
(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)

*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LES RÈGLES DE CICCO SIMONETTA POUR LE DÉCHIFFREMENT DES ÉCRITURES SECRÈTES ***



(p. 001) LES
RÈGLES DE CICCO SIMONETTA
POUR
LE DÉCHIFFREMENT DES ÉCRITURES SECRÈTES

(4 JUILLET 1474).

Le manuscrit italien 1595[1] de la Bibliothèque nationale contient, du folio 438 au folio 446, des fragments d'un prétendu diario de Cicco Simonetta, secrétaire et conseiller des trois premiers ducs de Milan de la dynastie de Sforza[2]. Les folios 438, 439 et 440 sont remplis par des minutes de comptes; les folios 442, 443, 444, 445, 446, par des catalogues de livres ou de manuscrits ou des minutes de lettres; enfin le folio 441 tout entier et le recto du folio 442, par les Regule ad extrahendum litteras ziferatas sine exemplo, qui font la matière du présent travail. Dans ces fragments, on le voit, il y a un peu de tout, des notes de toutes sortes plutôt qu'un journal, et la dénomination de diario (p. 002) qui leur a été assignée, soit par le classificateur, soit par le possesseur ancien du manuscrit en question, serait tout à fait impropre, si la plupart d'entre eux n'étaient datés du quantième et du mois. Quant à leur attribution à Simonetta, elle nous paraît devoir prêter moins à controverse. D'abord la théorie des règles suivies par la chancellerie milanaise avait été pendant longtemps l'objet des méditations de Cicco Simonetta; il avait même préparé, en 1435, un traité de la chancellerie de François Sforza[3], et nous ne serions pas surpris que les règles qui nous occupent eussent été tirées de ce traité, qui n'a jamais été publié. Ce n'est là qu'une présomption en faveur de l'hypothèse qui fait de Simonetta l'auteur de ces règles; nous avons en revanche des preuves presque certaines que, si elles ne sont pas l'œuvre de Cicco, elles ont du moins été tracées de sa main. En effet, elles sont de la même écriture que le soi-disant diario, et l'écriture de ces notes présente de telles analogies avec celle des lettres ou morceaux autographes de Simonetta, conservés dans l'Archivio Sforzesco[4], et avec celle du manuscrit dit de Simonetta[5], regardé ordinairement comme autographe, qu'on doit les attribuer au même personnage. Il est vrai que le catalogue de manuscrits, non daté, qui, sous forme de lettre à Philippe Sacramoro, orateur milanais à Florence, termine le prétendu diario (fol. 445 vo et fol. 446 ro) est signé Ja. Poggius[6]; mais cette signature ne (p. 003) peut être autographe; en effet, l'écriture de ce catalogue est la même que celle des autres pièces du diario[7]; or, toutes ces pièces sont datées de Pavie ou de Gallerate et émanent certainement d'un Milanais; de plus, les comptes qui en font partie (fol. 438, 439 et 440) et qui sont tous relatifs aux revenus et aux dépenses du royaume de Naples dénotent une connaissance intime des détails de l'administration et du gouvernement napolitain, connaissance qui eût pu difficilement être le lot de Jacques Pogge, tandis qu'elle serait parfaitement celui de Simonetta, ancien serviteur du roi de Naples. Somme toute, l'attribution à ce dernier du diario et par suite des regule, exception faite toutefois pour le catalogue de manuscrits signé de Pogge, nous paraît devoir être provisoirement admise à défaut d'une meilleure à proposer.

D'ailleurs cette discussion n'a, suivant nous, qu'un intérêt secondaire; ce qu'il importe, c'est d'étudier les règles de Simonetta elles-mêmes de façon à définir leur nature et à déterminer leur but et leur utilité.

Elles ont été rédigées à Pavie le lundi 4 juillet 1474. Cette date est digne de remarque, car c'est le moment où les correspondances chiffrées commencèrent à prendre de l'extension en Italie. En effet, l'usage de la cryptographie, qui remonterait à l'antiquité la plus reculée, qui aurait été commun chez les Grecs[8] et les Romains[9], dont les documents wisigothiques offrent de nombreux spécimens[10], dont on rencontre aux archives de Venise deux ou (p. 004) trois exemples du XIIIe siècle[11] et plusieurs du XIVe[12], ne devint pas général en Italie avant le courant du XVe[13]; mais alors les écritures secrètes se multiplient. Toutefois à cette époque, qui est comme l'enfance de l'art cryptographique, tous les systèmes d'écriture secrète dérivent du même principe; les noms propres de personnes, de lieux ou de pays sont représentés par des mots ou des signes particuliers; pour les noms communs, chaque lettre de l'alphabet répond à un signe ou deux; ces signes sont tantôt des lettres, isolées ou accouplées, dont l'ordre est interverti ou la valeur changée, tantôt des chiffres isolés ou accouplés, tantôt des caractères bizarres et de pure fantaisie au choix desquels l'imagination des correspondants a seule présidé; enfin ces lettres, ces chiffres ou ces caractères sont accompagnés de ce qu'on nomme en cryptographie des non-valeurs, c'est-à-dire de signes nuls, qui n'ont pas de sens et ne sont introduits dans le texte qu'en vue de dépister les curieux[14]. Déjà, cependant, les accents, (p. 005) les points, les virgules, les apostrophes, tous les signes qui pourraient aider au déchiffrement sont supprimés[15]; le plus souvent les mots ne sont pas séparés[16].

C'est à cet état arriéré de la science cryptographique que s'appliquent les règles ou mieux les instructions de Simonetta; elles sont au nombre de treize et, bien entendu, ainsi que l'atteste le titre que l'auteur leur a donné, elles ne prétendent qu'à fournir des procédés pratiques, fruit sans doute de son expérience personnelle et dont il voulait faire profiter les secrétaires de la chancellerie milanaise, propres à dévoiler l'alphabet ou la clef d'une dépêche écrite en lettres interverties, en chiffres ou en caractères conventionnels.

Bien que Simonetta semble avoir eu quelque notion des chiffres à alphabet double, il ne se préoccupe que des chiffres à alphabet simple, c'est-à-dire de ceux où le même signe représente toujours la même lettre, méthode rudimentaire où la lettre la plus répétée dans l'idiome du texte cryptographique ou cryptogramme ne peut rester longtemps dissimulée[17]. Presque tout son système repose sur la recherche des voyelles[18].

(p. 006) Les trois premiers préceptes, par l'examen de la lettre finale de chaque mot, par celui des monogrammes, des digrammes et des trigrammes, roulent sur les moyens de distinguer si le texte à déchiffrer est en latin ou en langue vulgaire, c'est-à-dire en italien. La découverte en cette dernière langue de la voyelle e, de la labiale l dans les digrammes et du relatif che dans les trigrammes forme l'objet du 4e, du 5e et du 6e conseil. Passant ensuite au latin, auquel il consacre les règles 7, 8, 9, 10, 11 et 12, Simonetta observe que les mots de cette langue sont terminés le plus communément par s, m ou t, ou a, e, i et o. Si un signe est employé seul, on peut être sûr que c'est une voyelle, et, selon toute vraisemblance, la préposition a, qui est le monogramme le plus usité. Quant aux digrammes, il transcrit la liste des plus usuels; ce sera à la sagacité du lecteur à les interpréter. Les trigrammes dont la première lettre est la même que la troisième correspondront à non, sis, etc., mais plutôt à non, le trigramme le plus fréquent. Un signe répété trois fois sans intervalle doit être un u. Dans les mots de quatre lettres, un chiffre redoublé équivaudra, selon toute probabilité, à l ou à s, comme dans ille, esse, etc.

La dernière observation est commune au latin et à l'italien: un chiffre ou un signe toujours suivi du même chiffre ou du même signe figurera q; le second sera u, et le suivant une autre voyelle.

En finissant, Simonetta remarque, toutefois, que ces règles peuvent facilement être mises en défaut, pour peu que l'auteur de la dépêche ait soin de varier et de compliquer les chiffres de diverses manières, soit en intercalant au milieu d'eux, comme nous l'avons dit, des caractères, des monogrammes, des digrammes ou des trigrammes nuls, soit en se servant de deux alphabets à la fois, etc.

L'intention de Simonetta en recueillant ces règles n'a pas été, on s'en aperçoit, de composer un traité théorique et complet de cryptographie. Son but est plus modeste; les destinant, comme nous le disions plus haut, à satisfaire aux exigences courantes (p. 007) des chancelleries, il les a basées sur l'expérience seule; c'était du reste inévitable; au XVe siècle, cette science ou cet art n'avait pas encore fait de progrès considérables; les combinaisons, à peu près inextricables[19], qui devaient le transformer sous l'impulsion de Trithème[20], de Porta[21], de Blaise de Vigenère[22], le créateur des alphabets multiples[23], et des cryptographes du XIXe siècle[24], n'étaient pas encore inventées. Notre auteur ne suppose pas de plus grande difficulté que l'alphabet double et ne soupçonne pas les méthodes à alphabets multiples[25], à anagramme ou à interversion[26] et à répertoire[27]. Cependant, quelque élémentaires et imparfaites que soient ces règles, quoique tout esprit attentif et réfléchi puisse les déduire sans aucun secours étranger, elles nous ont paru mériter d'être publiées; on y trouve en effet réunis et coordonnés les préceptes les plus indispensables et les plus commodes, en raison de leur empirisme même, pour le déchiffrement des dépêches italiennes du XVe siècle dont les clefs sont perdues ou n'ont pas été rétablies, et à ce titre leur publication pourra peut-être rendre quelques services aux personnes qui ont à lire ou à copier des documents de ce genre.

P.-M. Perret.

(p. 008) Papie die lune iiii julii 1474.

Regule ad extrahendum litteras ziferatas sine exemplo.

(1.) Primo, inspiciendum est utrum littera sit in latino an in vulgari, quod hoc modo scietur: consydera utrum dictiones littere proposite habeant solum quinque terminationes diversas aut pauciores, vel plures: si quidem fuerint solum quinque vel pauciores, estima quod littera illa sit in vulgari: si vero fuerint plures quinque, estima quod littera proposita sit in latino; et hoc quia omnes dictiones vulgares in idiomate nostro terminantur in vocalem, et vocales sunt quinque, a, e, i, o, u. Si vero dictiones littere proposite habuerint plures terminationes quam quinque, estima quod littera proposita sit in latino; et hoc quia dictiones latine seu litterales possunt terminari in vocalem, semivocalem, scilicet l, m, n, r, s, x, et mutam, scilicet b, c, d, f, g, k, q, p, t.

(2.) Alia regula, ad idem scilicet cognoscendum, utrum littera proposita sit in vulgari vel in latino seu littera. Inspice litteram propositam utrum in ea multiplicentur seu frequententur dictiones representate solum per unam zifram; quia si sit, verisimile est litteram propositam esse in vulgari; et hoc quia in vulgari dictiones representate per unam zifram tantum multum frequentantur, sed in latino seu littera raro, cum in latino non sint dictiones representate per unicam litteram vel zifram nisi quatuor, scilicet e, a propositiones, o adverbium vocandi et i verbum imperativum: que dictiones monolittere raro ponuntur in litteris preter a prepositionem.

(3.) Item. Consydera litteram propositam si in ea multiplicantur et frequentantur dictiones duarum vel trium litterarum vel zifrarum, et tunc consydera quod littera proposita sit in vulgari; et hoc, quia hujusmodi dictiones magis replicantur in vulgari quam in latino.

(4.) Posteaquam igitur per regulas premissas tibi paruerit quod littera proposita fuerit in vulgari, vel quod fuerit in latino vel littera, si fuerit in vulgari jam certus eris que zifre tibi representant vocales, non terminate tamen sed confuse, et hoc quia zifre que sunt in fine dictionum semper sunt vocales in idiomate totius Italie; cum autem tibi note fuerint vocales per hunc modum nunc dictum, consydera que zifra ex zifris repertis in fine dictionum frequentius repetitur in dictionibus monosillabis et unius littere seu unius zifre tantum, quia possibile est et satis verisimile quod talis zifra representet e; et hoc quia hoc verbum est substantivum et per consequens e multum frequentatur (p. 009) et repetitur in litteris vulgaribus et similiter hec conjunctio copulativa et per consequens e.

(5.) (Fol. 441 vo.) Item. Multum consyderande sunt dictiones duarum zifrarum tantum in litteris vulgaribus, quia multe ex eis incipiunt ab l; et hoc propter articulos qui apponuntur nominibus appellativis, utputa lo et la in singulari, et li et le in plurali.

(6.) Item. Consyderande sunt dictiones trium zifrarum tantum et si aliqua talis sepe repetitur in littera proposita; et hoc quia hec dictio che sepe repetitur in litteris vulgaribus.

(7.) Si vero apparuerit tibi quod littera proposita sit in latino et non in vulgari, tunc consydera zifras que sunt in fine dictionum et que ex eis maxime repetuntur, quia verisimile est tales esse aut vocales, aut s, aut m, aut t; et hoc quia maxima pars dictionum latinarum desinunt aut in vocalem, aut in s, aut in m, aut in t, et pauce ex ex (sic) eis finiunt in mutam preterquam in t, preter ab, ad et quod, que satis frequentantur in litteris.

(8.) Alia regula. Consydera litteram propositam, si in ea est aliqua dictio representata per unicam zifram, et conjectura quod illa zifra sit a, quia in litteris que sunt in latino raro contingunt dictiones unius littere tantum preter a prepositionem, ut supra dictum est.

(9.) Alia regula. Consydera zifras que sunt in fine dictionum, que, ut dictum est, frequenter representant aliquam vocalium, aut s et m, aut t, et vide si aliquam ex eis inveneris in dictionibus unius aut duarum zifrarum, quia si fuerit in dictione unius zifre, tunc talis zifra representat unam vocalium, quia nulla dictio ideo nec syllaba potest esse sine vocali, et illa vocalis erit aut a, aut e, aut i, aut o; sed verisimilius est quod sit a prepositio, ut dictum est supra. Si vero fuerit in dictione duarum zifrarum, tunc discurre per mentem tuam omnes dictiones duarum litterarum tantum et eas maxime que ut frequenter occurrunt in litteris, sicut et, ut, ad, si, me, te et se. Et ut non te lateat, hic ponam omnes dictiones duarum litterarum tantum vel maximam partem earum, et sunt: ab, ac, ad, an et at, da, de et do, ea, ei, eo, et, ex et es, he, hi, id, ii, in, ir, is et it, me, mi, na, ne et ni, ob, os, re, se et si, tu, te, ve, vi et ut.

(10.) Alia regula. Consydera si in littera proposita sint dictiones trium zifrarum tantum quarum prima sit eadem vel similis ultime, quia forte talis dictio erit non, que sepe occurrit in litteris, aut sis vel ibi; et tu discurre per alias dictiones trium litterarum quarum prima sit similis ultime, sicut sunt: ala, ama, ana, ara, ede, eme, ere, che, ixi, ivi.

(p. 010) (11.) (Fol. 442.) Alia regula. Consydera si in littera proposita sit aliqua dictio vel dictiones in qua vel quibus sit aliqua zifra triplicata absque intervallo, quia talis zifra representat u, ut mula (sic pour uvula?).

(12.) Alia regula. Consydera si in littera proposita est aliqua zifra geminata et maxime in dictionibus quatuorum (sic) zifrarum, quia fortasse talis zifra representabit l vel s qui ut frequenter geminantur, ut esse et ille.

(13.) Alia regula et ultima, communis tam in litteris vulgaribus quam latinis. Consydera si in littera proposita est aliqua zifra ad quam semper et ubique sequatur una et eadem zifra, quia talis zifra representat q, et alia sequens representat u, quia semper post q sequitur u, et zifra que sequitur zifram representantem u semper est vocalis, quia semper post q sequitur u, et post u sequitur alia vocalis.

Possunt tamen predicte regule decludi (sic) multipliciter, utputa scribendo per zifras partim litteram in vulgari et partim in latino; item interponendo et apponendo in littera zifras nullas litteras representantes et maxime dictionibus unius vel duarum aut trium zifrarum vel litterarum; item scribendo cum duobus alphabetis zifrarum omnino diversis; item ponendo unam zifram solam loco q et u.

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes, tome LI, 1890.)

Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur.

Note 1: Ce ms. forme le t. XIII de la collection connue sous le nom d'Archivio Sforzesco (ms. ital. 1583-1615), cédée en 1867 par M. Costa de Beauregard à la Bibl. nat. (Delisle, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. II, p. 313). M. Mazzatinti a donné un dépouillement sommaire, mais presque complet, de l'Archivio Sforzesco, dans l'Archivio storico lombardo, Milano, 1883, p. 222 et ss., et 1885, p. 657 et ss.[Retour au Texte Principal]

Note 2: Sur cet éminent personnage, qui fut disgracié en 1479 et mis à mort le 30 octobre 1480, voir Argelati, Bibliotheca scriptorum mediolanensium, Milan, 1745, t. II, col. 2166-168, et la biographie qui lui a été consacrée par Carlo Belgiojoso en tête de l'édition de son drame intitulé: Cicco Simonetta, Milano, 1858, in-8o. De nombreuses lettres adressées à Cicco Simonetta par différentes personnes sont conservées à la Bibl. nat., ms. ital. 1590. Voir aussi Diarium Parmense, dans Muratori. Rerum italicarum scriptores, t. XXII, col. 249 et ss.; Mémoires de Commynes, éd. Dupont, t. II, p. 302 et 303; Litta, Fam. Simonetta di Calabria, etc.[Retour au Texte Principal]

Note 3: Ce traité, intitulé: Constitutiones et ordines cancellariæ secretioris illustrissimi principis et excellentissimi d. d. Francisci Sfortiæ Vicecomitis ducis Mediolani, etc., appartenait, au temps d'Argelati (op. cit., II, col. 2167), à l'avocat Sitone: nous ne savons pas ce qu'il est devenu.[Retour au Texte Principal]

Note 4: Lodi, 18 décembre 1449. Cicco Simonetta au duc de Milan (Bibl. nat., ms. ital. 1585, fol. 106).—Milan, 2 octobre 1455. Le même à frère Jacques de Pesaro à Naples (Bibl. nat., ms. ital., 1587, fol. 76).—4 mars 1456. Relatio facta per me Cicchum magnificis dominis de consilio secreto parte Illmi domini domini nostri (ibid., fol. 109). Voy. aussi les lettres ducales contresignées par Simonetta, par exemple Bibl. nat., ms. ital. 1595, fol. 296.—Milan, 14 juillet 1462. Le duc de Milan à Laurent de Pesaro, conseiller à Parme; ibid., fol. 30.—Milan, 11 février 1463. Le même aux maîtres des entrées, etc.[Retour au Texte Principal]

Note 5: Bibl. nat., ms. lat. 10133. Une copie de ce manuscrit, qui n'est autre qu'un recueil des documents relatifs aux rapports des ducs de Milan avec la France depuis 1461, appartenait, suivant Argelati (op. cit., II, col. 2167), au comte Antoine Simonetta, descendant d'un frère de Cicco: nous ignorons le sort de cette transcription. Nous préparons une notice sur le ms. lat. 10133.[Retour au Texte Principal]

Note 6: Il s'agit sans doute de Jacques Pogge (1441-1478), secrétaire du cardinal Riario; compromis dans la conjuration des Pazzi, il fut exécuté. Il était fils de Pogge, le grand humaniste.[Retour au Texte Principal]

Note 7: L'examen d'un autographe de Pogge confirmerait probablement notre assertion: mais nous n'avons pu en trouver un dans les bibliothèques de Paris. Quant au fac-similé inséré par M. de Nolhac dans son bel ouvrage: la Bibliothèque de Fulvio Orsini, Paris, 1887, c'est celui d'un autographe de Jacques Pogge l'ancien.[Retour au Texte Principal]

Note 8: Bibliophile Jacob, la Cryptographie, Paris, 1858, p. 6 et ss.[Retour au Texte Principal]

Note 9: Paoli, Programma scolastico di paleografia latina e di diplomatica. 1. Paleografia latina, Firenze, 1888, p. 40. Il ne faut pas confondre la tachygraphie ou sténographie des Romains avec la cryptographie: la tachygraphie est à peu près à la cryptographie ce que la sténographie est à l'écriture ordinaire. (Voy. Kopp, Paleographia critica, Mannheim, 1817, 2 vol. in-4o; Wailly, Éléments de paléographie, I, 425; et surtout le mémoire de M. Julien Havet sur l'Écriture secrète de Gerbert, lu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, le 11 mars 1887, et publié dans le t. XV, 4e série, des Comptes-rendus de ce corps.)[Retour au Texte Principal]

Note 10: Paoli, op. cit., p. 41, d'après Muños y Rivero, Paleographia visigoda, Madrid, 1881, p. 77.[Retour au Texte Principal]

Note 11: Pasini, Delle scritture in cifra usate dalla republica veneta, dans Il R. Archivio generale di Venezia, Venezia, 1873, p. 292.[Retour au Texte Principal]

Note 12: Ibid., p. 292 et 293.[Retour au Texte Principal]

Note 13: Le plus vieux document véritablement cryptographique que possèdent les archives de Venise est du 28 juin 1411 (Senato, Deliberazione secrete, t. IV, fol. 184 vo): sur 36 lignes d'écriture, 29 sont en chiffres (Pasini, op. cit., p. 300). L'acte le plus ancien en écriture secrète conservé à Florence est de 1414 (Dispacci in cifre del R. archivio di stato di Firenze, dans Archivio storico italiano, 3e série, t. XIV, p. 473, Firenze, 1871). À Milan, le plus ancien paraît être de 1454 et à Gênes de 1481 (R. Sovrintendenza agli archivi veneti, L'Archivio di stato in Venezia negli anni 1876-1880, Venezia, 1881, p. 64-67. Voir aussi Cecchetti, Le scritture occulte nella diplomazia veneziana, dans Memorie del R. istituto veneto di scienze, lettere ed arti, 3e série, t. IV, Venezia, 1869, p. 1185-1211).[Retour au Texte Principal]

Note 14: Dispacci in cifre, etc., dans Arch. stor. ital., loc. cit., p. 475; Pasini, op. cit., p. 300. On trouvera les clefs de chiffres de ce genre et de l'année 1465 à la Bibl. nat. (ms. ital. 1591, fol. 132, 133, 134, et 1592, fol. 29). Un chiffre analogue, mais du XVIe siècle, a été reproduit par M. L. Paris dans les Négociations, lettres et pièces diverses relatives au règne de François II, Paris, 1841 (Collection de documents inédits), en regard de la page XVI. Nous n'insistons pas sur ces clefs, dont le but est tout différent des règles que nous étudions: ces clefs ont été dressées afin de déchiffrer une lettre secrète déterminée ou un alphabet déterminé, tandis que les règles de Simonetta visent à indiquer une méthode pour découvrir ces clefs elles-mêmes. Les clefs pareilles à celles que nous avons citées, mais de temps postérieurs, ne sont pas rares. Les archives de Venise en conservent plus de 400 des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (Pasini, op. cit., p. 291). De plus, quelques cryptographes exercés en ont restitué un certain nombre; ainsi l'abbé Gabrielli, à Florence, en a rétabli plus de 1,300 (voy. l'article déjà signalé de l'Arch. stor. ital.). Pasini, à Venise, a déchiffré près de 800 dépêches (R. Sovrintendenza agli archivi veneti, op. cit., p. 64 et 202, et id., Gli archivii della regione veneta, Venezia, 1881, t. II, p. 195). Cf. les cinq clefs publiées à l'appendice de ce volume. Ces déchiffrements ne vont pas sans donner lieu à des interprétations diverses. Voir à ce sujet la curieuse dissertation de Pasini, I dispacci di Giovanni Michiel ambasciatore veneto in Inghilterra (1554-1557), deciferati da Paolo Friedmann, rettificazioni ed aggiunte, Venezia, 1869.[Retour au Texte Principal]

Note 15: Pasini, Delle scritture in cifra, etc., loc. cit., p. 291.[Retour au Texte Principal]

Note 16: Ibid., voy. la table qui fait suite au mémoire de Pasini et qui n'est que le fac-similé d'une partie de la pièce de 1411 mentionnée plus haut.[Retour au Texte Principal]

Note 17: Pour le français, c'est la lettre e. Voir: Cryptographie, étude publiée dans le journal le Génie civil (mai-juin 1888), par le marquis de Viaris (p. 6). Nous devons à l'obligeance de l'auteur la communication de cet excellent ouvrage, auquel nous empruntons la plupart des détails qui précèdent, entre autres la définition des alphabets simples et des alphabets multiples. Ce tirage à part n'est malheureusement pas livré au commerce. Voir aussi: Kerckhoffs (Aug.), la Cryptographie militaire ou des chiffres usités en temps de guerre, avec un nouveau procédé de déchiffrement applicable aux systèmes à double clef, Paris, 1883, p. 19.[Retour au Texte Principal]

Note 18: Cette recherche fut plus tard le fondement du système de déchiffrement de Porta (De furtivis litterarum notis, Naples, 1563), dont le bibliophile Jacob (op. cit., p. 56 et ss.) a donné une analyse circonstanciée. De nos jours, un cryptographe distingué et original, M. Vesin de Romanini, a repris cette idée en la développant et en a fait la base de son traité de cryptographie intitulé: la Cryptographie dévoilée, ou Art de traduire ou de déchiffrer toutes les écritures en quelque caractère et en quelque langue que ce soit, quoiqu'on ne connaisse ni ce caractère ni cette langue, appliquée aux langues française, allemande, anglaise, latine, italienne, espagnole, etc. Paris, 1857. Pour la langue italienne, voir p. 163 et ss.[Retour au Texte Principal]

Note 19: Sur les traits caractéristiques des dépêches chiffrées du XVIIe et du XVIIIe siècle, voir l'article déjà mentionné de l'Arch. stor. ital., t. XIV, 3e série, p. 473.[Retour au Texte Principal]

Note 20: Steganographia, Francfort, 1606. Le bibliophile Jacob (op. cit., p. 38 et ss.) a consacré à cet ouvrage une analyse détaillée.[Retour au Texte Principal]

Note 21: Voy. plus haut, p. 520, note 4.[Retour au Texte Principal]

Note 22: Traité des chiffres ou secrettes manieres d'écrire, Paris, 1587.[Retour au Texte Principal]

Note 23: M. de Viaris (op. cit., p. 7) a reproduit des types de ces alphabets multiples. Voy. aussi le Bibliophile Jacob, op. cit., p. 71, et Kerckhoffs, op. cit., p. 30.[Retour au Texte Principal]

Note 24: Leurs traités sont très nombreux. Nous nous contenterons d'indiquer quelques-uns des principaux: Mamert Gallien, Dictionnaire télégraphique, économique et secret, Paris, 1874.—Simonot (Edme), l'Art de déchiffrer les écritures secrètes, Paris, 1881.—Kerckhoffs, op. cit.—Sittler, Dictionnaire abréviatif chiffré, Paris, 1889 (10e édition), etc., etc.—Pour les ouvrages relatifs à la cryptographie et antérieurs à 1858, on consultera avec profit la bibliographie que le bibliophile Jacob a mise en appendice a son livre déjà cité (p. 242-251).[Retour au Texte Principal]

Note 25: Viaris, op. cit., p. 6.[Retour au Texte Principal]

Note 26: Ibid., p. 22.[Retour au Texte Principal]

Note 27: Ibid., p. 44.[Retour au Texte Principal]