The Project Gutenberg EBook of Le registre d'crou de la Bastille de 1782
 1789, by Alfred Bgis

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Title: Le registre d'crou de la Bastille de 1782  1789
       Extrait de la Nouvelle Revue du 1er dcembre 1880

Author: Alfred Bgis

Release Date: February 18, 2011 [EBook #35315]

Language: French

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Note de transcription:

L'orthographe a t conserv; seules les erreurs videntes de
typographie ont t corriges. Les majuscules qui le demandaient ont
toutefois t accentues. Il faut noter que le registre est prsent,
non dans l'ordre chronologique, mais par prisonnier. Cet ordre a t
conserv.




     LE

     REGISTRE D'CROU

     DE LA BASTILLE

     DE 1782  1789

     PAR ALFRED BGIS


     EXTRAIT de la _NOUVELLE REVUE_

     du 1er dcembre 1880.

     PARIS

     TYPOGRAPHIE GEORGES CHAMEROT

     19, RUE DES SAINTS-PRES, 19

     1880




     LE

     REGISTRE D'CROU

     DE LA BASTILLE

     DE 1782  1789[1]


Les documents qui se rapportent au chteau de la Bastille et  ses
prisonniers n'ont pas cess d'exciter la curiosit publique. Chacun s'y
intresse; chacun voudrait pouvoir pntrer le mystre qui enveloppait
les prisonniers, depuis leur entre dans la forteresse jusqu' leur
sortie, et connatre exactement le rgime et les traitements auxquels
ils y taient soumis.

De grandes prcautions ont t prises  toutes les poques pour assurer
le secret de ce qui se faisait  la Bastille; cependant il a t
possible, avec le temps, de connatre en dtail  peu prs tout ce qui
s'est pass dans cette prison tant redoute.

 l'une des dernires runions de la Socit des _Amis des Livres_,
forme entre cinquante bibliophiles parisiens, sous la prsidence de M.
Eugne Paillet, conseiller  la cour d'appel, il a t question d'un
registre fort curieux, acquis rcemment par l'un des membres de la
Socit dans une vente publique faite  Londres. Ce volume indit ne
nous parat pas avoir t mme signal dans les nombreux ouvrages
publis sur la Bastille et sur ses archives: il peut tre considr
comme une curiosit historique de premier ordre.

Nous avons pens qu'il serait intressant de le faire connatre par la
description de son tat matriel, et d'en reproduire littralement, 
titre de spcimen, quelques extraits portant sur des personnages ou sur
des faits qui ont dj t signals  l'attention du public.

Avant d'arriver  ce point principal, il nous a paru ncessaire de
rappeler brivement l'origine, la destination et l'tat du chteau de la
Bastille, les formalits qui taient remplies lors de l'entre et de la
sortie des prisonniers, enfin les prcautions qui taient prises  leur
gard.

[1] Nous sommes redevables au possesseur du prcieux registre dont il va
tre question, de cet article aussi intressant par lui-mme que curieux
par les citations qui s'y trouvent.




I


Le chteau de la Bastille avait t construit sous Charles VI et sous
Charles VII; il avait t complt de 1553  1559. Il servait de
forteresse pour dfendre ou pour commander la ville de Paris, et en mme
temps de prison d'tat.

La faade du chteau prsentait quatre tours vers Paris et quatre vers
le faubourg Saint-Antoine. Le dessus tait une plate-forme en terrasse
continue d'une tour  l'autre. Ces tours portaient les noms de la
Comt, du Trsor, de la Bazinire, de la Chapelle, de la Libert, de la
Bertaudire, du Puits et du Coin. L'intrieur tait divis en cinq
tages dont le dernier, vot, tait nomm la Calotte; au pied se
trouvaient des cachots.

La Bastille servait de lieu de dtention pour des prisonniers d'tat,
lesquels taient en trs petit nombre pendant les dernires annes, et
pour des prisonniers de police, lesquels comprenaient: des auteurs, des
libraires, des colporteurs, des graveurs d'estampes satiriques ou
obscnes, et mme des relieurs. Ordinairement on relchait ces derniers
aprs quelques mois de dtention. Certains prisonniers taient maintenus
 la Bastille, par l'influence de leurs familles et  leurs frais,
moyennant le payement d'une pension dont le chiffre tait fix par le
gouverneur.

C'tait ordinairement en fiacre qu'on tait conduit dans cette prison,
afin d'chapper  la curiosit publique et d'viter le scandale. Un
inspecteur de police et deux hommes arms montaient dans la voiture pour
tenir le prisonnier en respect. Le fiacre s'arrtait dans l'intrieur du
chteau, devant la porte de l'htel du gouverneur. Les sentinelles et
les soldats des corps de garde avaient pour consigne de mettre leurs
chapeaux devant leur visage, afin de ne pas voir le prisonnier; cette
prcaution se renouvelait  toutes les entres, sorties, alles et
venues de tous les dtenus.

Le major de la Bastille et le lieutenant du roi recevaient le
prisonnier, le faisaient monter avec l'exempt  l'appartement du
gouverneur, et la lettre de cachet, en vertu de laquelle l'arrestation
avait eu lieu, tait remise par l'exempt au gouverneur qui lui en
donnait une dcharge. Nous reproduisons celle relative au sieur Jacquet
de la Douay, espion de police, charg de la surveillance des hommes de
lettres et des libraires, lequel avait t arrt comme s'tant
intress dans la publication et la vente de livres prohibs.

Le sieur Jacquet, entr une premire fois  la Bastille le 30 octobre
1781, en tait sorti le 19 novembre 1782, pour tre conduit  Charenton,
puis ramen le 7 novembre 1783, pour n'en plus sortir que le 9 juillet
1789. Lors de cette seconde incarcration, il tait accompagn par le
sieur Le Houx, inspecteur de police, porteur d'une lettre ainsi conue:

     Monsieur le marquis de Launay,

     Je vous fais cette lettre pour vous dire de recevoir dans mon
     chteau de la Bastille le sieur Jacquet et de l'y retenir
     jusqu' nouvel ordre de ma part. Sur ce, je prie Dieu, Monsieur
     de Launay, qu'il vous ait en sa sainte garde.

     crit  Fontainebleau, le 3 novembre 1783.

     Sign: LOUIS.

     Contresign: AMELOT.

La lettre de cachet tait quelquefois remplace provisoirement par une
lettre d'anticipation, en attendant celle du roi qui devait autoriser
l'emprisonnement.

Le major inscrivait sur un registre le nom et la qualit du prisonnier,
avec le numro de l'appartement qu'il allait occuper; puis escort de
deux porte-clefs, il l'emmenait  la chambre qui lui tait destine. En
arrivant, le dtenu tait invit  remettre tout ce qu'il avait dans ses
poches, sa montre, ses bagues, son argent, ses papiers, ses tuis et
mme ses cure-dents; le major en dressait l'inventaire qu'il faisait
signer par le prisonnier. Les papiers taient runis en un paquet que
l'on cachetait avec le cachet du prisonnier auquel il tait rendu. Ce
paquet devait tre ouvert par le magistrat charg de l'interrogatoire.

Les noms des dtenus n'taient jamais prononcs; ils taient dsigns
par le nom de la tour dans laquelle ils taient placs, et par le numro
de leur tage. Ils pouvaient obtenir du lieutenant de police
l'autorisation d'crire  leur famille et d'en recevoir des rponses par
son intermdiaire, d'avoir un domestique ou un garde-malade, et de
recevoir des visites du dehors.

Pendant ces visites, le prisonnier devait rester  une certaine distance
de son visiteur, afin que celui-ci ne pt pas lui remettre ni papiers,
ni armes, ni instruments dont il aurait pu abuser. On prenait en outre
les plus grandes prcautions pour que le visiteur ne pt tre vu d'aucun
autre que celui qu'il venait voir.

Plusieurs prisonniers avaient t autoriss  se promener, l'un aprs
l'autre, sous l'escorte d'un officier ou d'un porte-clefs, dans le
jardin, puis sur les plates-formes des tours donnant du ct de la rue
Saint-Antoine. M. Amelot dcida que ces promenades n'auraient plus lieu
que dans la cour du chteau. Cette cour formait un carr de 30 mtres
sur 20; elle tait entoure de murailles qui avaient plus de 30 mtres
de haut, sans aucune fentre. C'tait un large puits o le froid tait
insupportable pendant l'hiver et la chaleur excessive pendant l't.
Cette cour sans abri formait le seul passage pour arriver aux cuisines.
Comme il fallait surtout que le prisonnier ft invisible et qu'il ne vt
personne, quand il se prsentait des trangers, pendant sa promenade, il
devait se rfugier dans le _cabinet_, couloir de 4 mtres de long sur 65
centimtres de large, pratiqu dans l'paisseur d'une ancienne vote.
Au moindre soupon de curiosit, sa promenade lui tait supprime, et il
tait rduit  une claustration absolue.

Les prisonniers taient interrogs dans la salle du conseil du chteau,
quelques jours aprs leur arrive, par le lieutenant de police ou par un
conseiller d'tat, un matre des requtes, un conseiller ou un
commissaire du Chtelet.

Lorsqu'un prisonnier avait obtenu sa libert, on lui rendait les effets,
les valeurs et les objets qu'il avait remis en entrant. On lui
prsentait ensuite un registre intitul: Livre des sorties des
prisonniers du chteau de la Bastille, sur lequel tait inscrite une
formule contenant la promesse de ne jamais rvler ce qu'il avait vu ou
entendu pendant son sjour  la Bastille, et on l'invitait  la signer.

Nous reproduisons l'une de ces dclarations, signe par l'abb Lenglet
du Fresnoy, enferm plusieurs fois  la Bastille  cause de ses crits:

     tant en libert, je promets, conformment aux ordres du Roy,
     de ne parler  qui que ce soit, ny en aucune manire que ce
     puisse tre, des prisonniers ny d'autres choses concernant le
     chteau de la Bastille, qui auraient pu parvenir  ma
     connaissance. Je reconnais de plus que l'on m'a rendu tout
     l'or, l'argent, papiers et effets que j'ai apports ou fait
     apporter audit chteau. En foy de quoi j'ai sign le prsent.
     Fait au chteau royal de la Bastille, le 24 du mois de janvier
     1752. Sign: l'abb Lenglet du Fresnoy.

En marge du livre se trouve le nom de Lenglet du Fresnoy, et au-dessous
cette mention: L'ordre de sortie, contresign d'Argenson, du 17 janvier
1752.

Le major tait charg de la tenue des livres d'entre et de sortie des
prisonniers et du dpt de leurs effets. Depuis 1774, le major Chevalier
avait t charg de la rdaction d'un livre secret, contenant toutes les
particularits relatives  chacun des prisonniers; ce livre ne devait
tre communiqu qu'aux ministres. Tous les jours, le major rendait
compte, par lettre, au lieutenant de police, des visites reues, de ce
qui s'y tait dit et fait.

Le plus important des registres de la Bastille tait de format
in-folio; il tait enferm dans un carton ou portefeuille couvert en
maroquin et fermant  clef. Les pages de ce registre taient divises en
sept colonnes, dont chacune portait l'un de ces titres imprims:

1 Noms et qualits des prisonniers;

2 Date des jours d'arrive des prisonniers au chteau;

3 Noms des secrtaires d'tat qui ont expdi les ordres;

4 Date de la sortie des prisonniers;

5 Noms des secrtaires d'tat qui ont sign les ordres d'largissement;

6 Causes de la dtention des prisonniers;

7 Observations et remarques.

Le major remplissait de lui-mme les cinq premires colonnes et la
septime; quant  la sixime, il devait suivre les indications que lui
donnait le ministre ou le lieutenant de police. Les observations et les
remarques contenaient l'historique des faits et gestes, du caractre, de
la vie, des moeurs et de la fin des prisonniers.

Ces mmoires secrets eussent t accueillis par le public avec la plus
grande curiosit; il aurait trouv l des renseignements sur beaucoup de
points intressants de notre histoire; mais ce prcieux recueil ayant
t port en triomphe  l'htel de ville, le 14 juillet 1789, fut livr
aux flammes immdiatement.

tienne de Junca, cuyer, lieutenant du Roy  la Bastille depuis le 11
octobre 1690 jusqu'au 26 aot 1705, avait tenu pendant la dure de ses
fonctions un registre qu'il avait intitul: Mmoires ou agenda de Mr
de Junca, lieutenant du Roy de la Bastille. Ce registre se trouve parmi
les manuscrits de la bibliothque de l'Arsenal; il est reli en
parchemin blanc et divis en 4 volumes in-folio.

Le premier volume dbute ainsi: tat de prisonniers qui sont envoys
par ordre du Roy  la Bastille,  commencer du mercredi 11 du mois
d'octobre, que je suis entr en possession de la charge de Lieutenant du
Roy en l'anne 1690.

Au verso du folio 37, se trouve cette constatation:  la date du jeudi
18 septembre 1698, trois heures de l'aprs-midi, Mr de Saint-Mars,
gouverneur de la Bastille, est arriv pour sa premire entre, venant
de l'le Sainte-Marguerite, ayant amen avec lui, dans sa litire, un
prisonnier qu'il avait  Pignerol, dont le nom ne se dit pas, lequel on
fait tenir toujours masqu, qui fut mis d'abord dans la tour de la
Bazinire, en attendant la nuit, et que je conduisis ensuite moi-mme,
sur les neuf heures du soir, dans la troisime chambre de la tour de la
Bertaudire, laquelle chambre j'avais eu soin de faire meubler de toutes
choses, avant son arrive, en ayant reu l'ordre de Mr de
Saint-Mars... En le conduisant dans ladite chambre, j'tais accompagn
du sieur de Rosargues, que Mr de Saint-Mars avait amen avec lui,
lequel tait charg de servir et de soigner le prisonnier, qui tait
nourri par le gouvernement.

Le deuxime volume porte en tte: tat des prisonniers qui sont sortis
de la Bastille, leurs noms et le temps,  commencer le 11 octobre 1690,
que je suis arriv.

Au verso du folio 80, se trouve cette constatation:  la date du lundi
19 novembre 1703, le prisonnier inconnu, toujours masqu d'un masque de
velours noir, que Mr de Saint-Mars avait amen avec lui des les
Sainte-Marguerite, s'tant trouv hier un peu plus mal, en sortant de la
messe, il est mort aujourd'hui, sur les dix heures du soir, sans avoir
eu une grande maladie. Mr Giraud, notre aumnier, le confessa hier.

Du mardi 20 novembre 1703:

Ce mme prisonnier a t enterr  quatre heures aprs midi dans le
cimetire de Saint-Paul, et son enterrement a cot 40 livres.

Ces mentions tablissent avec une authenticit incontestable la
dtention et la mort du personnage mystrieux qui portait un masque de
velours, et qui est gnralement dsign sous le nom du _Masque de fer_.




II


Le registre de la Bastille achet  Londres, dont nous allons donner la
description et faire des extraits, avait t commenc le 15 mai 1782; il
se termine par un article du 12 juillet 1789. Il renferme beaucoup plus
de dtails que celui tenu par de Junca, et il est bien plus tendu pour
une priode moins longue. Il constate jour par jour l'entre et la
sortie des prisonniers, avec les dates, les noms des signataires des
ordres en vertu desquels le gouverneur avait agi, la date de leurs
interrogatoires, des visites de leurs mdecins, de leurs avocats, de
leurs notaires, de leurs parents ou de leurs amis, l'entre et la sortie
de leurs correspondances, l'entre des commissaires et des agents
chargs de classer les archives de la Bastille et de surveiller la
destruction des ouvrages mis au pilon, avec l'indication de la dure de
chaque sance. Il contient, dans une forme prcise et brve, de nombreux
renseignements sur le rgime des prisonniers, sur le caractre de leur
dtention, sur les secours qui leur taient fournis par leur famille,
sur les adoucissements apports  leur captivit, tant par le gouverneur
que par les ministres et le lieutenant-gnral de police, enfin la
relation des troubles qui se sont produits autour de la Bastille avant
le 14 juillet, et des prcautions qui avaient t prises  cette
occasion dans le chteau.

Le volume est de format in-folio; il s'ouvre par ce titre inscrit sur
une feuille spare:

Rpertoire ou Journalier du chteau de la Bastille  commencer le
mercredi 15 mai 1782.

Il se compose de 183 feuillets numrots, formant 366 pages de 40 lignes
environ, avec une marge sur laquelle se trouvent indiques les dates des
constatations. Il tait tenu jour par jour, par l'un des officiers de la
Bastille, sans doute par de Losme-Salbray, major adjoint; il renfermait
les lments de la correspondance qui devait tre adresse
quotidiennement au lieutenant de police. Il porte au verso du 1er
feuillet, sur la marge, les signatures de Chevalier, Bailly de
Gaillardon et de De Losme, apposes dans cet ordre, en face d'une
constatation. Il ne contient aucune signature de prisonniers ni celle du
gouverneur.

       *       *       *       *       *

Les mentions que nous allons maintenant relever n'ont pas besoin de
commentaires; elles font dfiler sous nos yeux des personnages dont le
nom voque les souvenirs les plus caractristiques du temps; vers la
fin, elles voquent les mouvements et les tumultes populaires
prcurseurs de la chute de la Bastille.

       *       *       *       *       *

Le texte du registre dbute ainsi:

Cejourdhui quinze mai 1782, M. le marquis de Launay, gouverneur du
chteau royal de la Bastille, a reu conformment aux ordres du Roy, le
sieur de Losme, en qualit d'officier adjoint  l'tat-major pour en
faire les fonctions dans tous les dtails attachs  cette place.

Envoy  M. Lenoir une lettre de l'abb Duvernet et une autre de La
Coste de Mzires.

Le 19 mai 1782, M. Lenoir est venu et a fait sortir le sieur Linquet,
avocat, enferm  la Bastille le 27 septembre 1780.

Le 21 octobre 1782,  une heure et demie du matin, le sieur Lompr,
inspecteur de police, a amen le sieur Marchand, intendant des princes
de Rohan et de Gumene, sur une lettre d'anticipation de M. Lenoir, en
date du 20. M. Lenoir est venu voir le prisonnier l'aprs-midi.

Le 15 fvrier 1783, d'aprs ce que M. Amelot avait dit  M. le
Gouverneur, M. Lenoir ayant donn une lettre relative, M. le cardinal de
Rohan est venu  quatre heures et demie dans le salon du Gouvernement et
est rest jusqu' six avec le sieur Marchand, M. le Gouverneur et un
officier de l'tat-major prsents. Le sieur Marchand avait t conduit
dans une chambre du Gouvernement d'o il est venu dans le salon.

Le 26 fvrier,  midi, M. le cardinal de Rohan est venu et est rest
jusqu' une heure dans le salon du Gouvernement avec le sieur Marchand.

Le 12 dcembre 1785,  six heures du soir, le sieur Surbois, inspecteur
de police, est venu chercher le sieur Marchand avec un ordre du Roy,
contresign Baron de Breteuil, pour sa libert; nanmoins ledit
inspecteur l'a conduit aux Minimes de la place Royale o ledit sieur
Marchand doit tre gard par un homme affid de la maison de Rohan et un
commis pour y travailler  rendre ses comptes.

Le 19 novembre 1782,  neuf heures du matin.--Le sieur Lehoux,
inspecteur de police, est venu chercher le sieur Jaquet de la Douay pour
le conduire chez les frres de Charenton; avant de sortir, il a feint de
vouloir se tuer en se donnant un coup avec un goulot de bouteille qui
tait mme trs uni.

Le 7 novembre 1783.--Le sieur Jaquet a t amen de Charenton  midi
par le sieur Lehoux, inspecteur de police, sur un ordre du roy du 3
novembre 1783, contresign Amelot.

crit tout de suite  M. Amelot et  M. Lenoir pour leur rendre compte
de l'arrive de ce prisonnier.

Le 9 juillet 1789.--Le commissaire Chenon est venu  une heure, et il a
dress procs-verbal de la remise de tous les effets au sieur Jaquet,
par lequel ce prisonnier a reconnu les avoir reus et en dcharge M. le
gouverneur et tous autres, rservant ledit prisonnier la rptition
d'une somme de 4,040 fr. qui ont t remis antrieurement par ordre de
M. le commissaire Chenon  une personne quelconque. M. le gouverneur a
mis dans les lettres des magistrats le reu que lui a donn ledit
commissaire Chenon pre.

 onze heures du soir, le sieur Jaquet a t mis en libert sur la
lettre de cachet date du 5, contresigne de M. Villedeuil. Le sieur
Vosgien s'en est charg pour le conduire  la diligence de Bezanon: il
est exil  Lons-le-Saulnier, son pays.

Inform et rendu compte au magistrat et au ministre de cette sortie.

Le 28 fvrier 1784.--Le sieur Surbois, inspecteur de police, a amen de
Vincennes,  dix heures et demie du soir, le sieur comte de Solages.
L'ordre du roy, contresign de Breteuil, est dat du 31 janvier: il est
log  la quatrime Bertaudire.

Le 29 fvrier 1784,  deux heures du matin.--Le sieur Surbois,
inspecteur de police, a amen le sieur de Whyte. L'ordre du roy,
contresign de Breteuil, est dat du 31 janvier. Il est log  la
deuxime Bertaudire. Le sieur de Whyte est fou, et par cette raison on
a fait signer son entre par l'inspecteur de police qui l'a conduit.

Envoy une lettre  M. le baron de Breteuil et  M. Lenoir, pour leur
rendre compte de l'arrive du sieur comte de Solages.

Envoy  M. le baron de Breteuil et  M. Lenoir lettres pour leur
rendre compte de l'arrive du sieur de Whyte.

Le 23 avril 1787.--Le sieur Pyat, commissaire des Guerres, m'ayant
apport 700 livres pour le quartier du courant de la pension et
entretien du sieur comte de Solages, je lui ai donn mon reu de ladite
somme au nom de M. Bosquet, motiv suivant l'usage pour le compte de M.
le gouverneur, pour causes  eux connues, et  M. le lieutenant gnral
de police,  imputer jusqu'au dernier juin prochain.

Remis les 700 livres tout de suite  M. le gouverneur en trois billets
rouges.

Le 4 avril 1789.--Remis  M. le gouverneur 700 livres pour les trois
mois courants de la pension du comte de Solages, dont j'ai donn le reu
motiv suivant l'usage pour causes  lui connues et  M. le lieutenant
gnral de police.

Le 14 aot 1788.--Le sieur Girard, notaire, et Argent, procureur, sont
venus pour recevoir une procuration du sieur de Whyte, qui ne les a pas
voulu couter, ainsi que son tat de folie perptuelle indiquait qu'il
devait faire.

16 fvrier 1789.-- une heure et demie, est venu M. Angrand d'Alleray,
lieutenant civil, avec le greffier Rousseau; il a interrog le sieur de
Whyte de Malleville, et ayant fait dresser un procs-verbal de ses
rponses, il a fait signer MM. les gouverneur et major de leur dire que
ce prisonnier tait toujours dans le mme tat de dlire, et que des
papiers qu'ils lui ont remis taient de son criture.

Le 29 fvrier 1784.--Le sieur Surbois, inspecteur de police, a amen de
Vincennes,  neuf heures du soir, le sieur marquis de Sade. L'ordre de
roy, contresign de Breteuil, est dat du 31 janvier: il est log  la
deuxime Libert.

Le 1er mars, rendu compte au ministre et  M. Lenoir de l'arrive du
prisonnier.

Le 5 mars.--M. Lenoir est venu  midi; il est rest jusqu' une heure
et demie; il a vu le sieur comte de Chavaigne et le sieur marquis de
Sade.

Le 16 mars.--Mme la marquise de Sade est venue  quatre heures, est
reste jusqu' sept avec le sieur marquis son mari, sur une permission
de M. Lenoir, date de ce jour, pour voir son mari deux fois par mois;
elle doit revenir le 27; elle lui a apport six livres de bougie.

Le 14 avril.--M. le gouverneur a trouv bon qu'on laisst au sieur
marquis de Sade un couteau rond pour dner, lequel couteau il remettra
tous les jours quand on ira le desservir.

Le 20 avril.--Le sieur Girard, notaire, est venu pour faire signer une
procuration au sieur marquis de Sade, qui a refus de donner sa
signature.

Le 24 mai 1784.--La dame marquise de Sade est venue  trois heures et
demie et est reste jusqu' six heures avec le sieur marquis de Sade,
son mari. Elle lui a apport une paire de draps, dix-neuf cahiers de
papier, une demi-livre de pte de guimauve, une bouteille d'encre et une
bouteille d'orgeat, et une bote de pastilles de chocolat.

Le 7 juin.--La marquise de Sade est venue  quatre heures et a t
jusqu' six avec le sieur marquis de Sade, son mari. Elle lui a apport
six coeffes de bonnet, six grosses plumes tailles, six de coq et vingt
et un cahiers de papier rgl, et aussi elle lui a apport, mais pour
rendre, deux comdies broches et trois volumes relis de relations de
voyages  Maroc, et de voyages pour la rdemption des captifs.

Le 24 septembre.--Donn  M. le prsident de Montreuil un reu
(toujours motiv pour causes  lui connues et  M. Lenoir) de 350 livres
pour 1 mois et 23 jours de la pension du sieur marquis de Sade, 
imputer jusqu'au 1er octobre.

M. le Gouverneur a touch cet argent.

Le 5 octobre 1786.--Les sieurs Gibert l'an et Girard, notaires, sont
venus pour faire signer une procuration au sieur de Sade, suivant le
dsir de sa famille, ce qu'il a refus de faire.

Le 20 janvier 1787.--crit  Mme la marquise de Sade pour la prier,
de la part de M. le gouverneur, d'envoyer une pice de vin, pareil 
celui dont elle boit, pour le sieur marquis de Sade, son mari, sous
condition expresse d'en payer le prix, et que cette condescendance est
pour faire chose agrable audit sieur marquis de Sade et pour satisfaire
au dsir qu'il a de boire d'un vin auquel il tait accoutum. M. le
lieutenant du roy tait prsent  l'invitation que M. le gouverneur m'a
faite d'crire cette lettre.

Le 8 juillet 1788.--Remis  M. le gouverneur 600 livres pour le
quartier courant de la pension du sieur comte de Sade, dont j'ai donn
reu  M. le prsident de Montreuil, motiv, suivant l'usage, pour
causes  lui connues et  M. le lieutenant gnral de police.

Le 28 mai 1789.--Remis  M. Coquerel le reu de 600 livres pour le
quartier courant de la pension de M. de Sade, d'aprs la volont de M.
le gouverneur, lequel reu il doit toucher chez M. Gibert l'an,
notaire, clotre Sainte-Opportune; il est motiv suivant l'usage.

Le 5 juin 1789.--La promenade du comte de Sade tant suspendue jusqu'
nouvel ordre, le prisonnier n'ayant pas voulu tenir compte de la
signification par crit que le major lui en a envoye, il a voulu forcer
les sentinelles de sa porte et du pied de la tour, qui l'ont oblig de
rentrer dans sa chambre en lui montrant le bout du fusil d'un peu prs.

Le 15 juin.--Le sieur comte de Sade a eu la visite de la dame son
pouse.

Le 2 juillet 1789.--Le comte de Sade a cri par sa fentre,  diverses
reprises, qu'on gorgeait les prisonniers de la Bastille et qu'il
fallait venir le dlivrer.

Le 4 juillet.-- une heure du matin, d'aprs le compte qui avait t
rendu  M. de Villedeuil, de la scne du sieur comte de Sade, du 2, il a
t conduit  Charenton par le sieur Quidor, inspecteur de police, et le
commissaire Chenon a mis les scells sur sa chambre.

Le 11 juillet 1784.-- trois heures du matin, le sieur Lafitte de
Pelport[2] a t amen par le sieur de Long pr, inspecteur, sur une
lettre d'anticipation de M. Lenoir, date du 10.

[2] Le marquis de Pelleport (Anne-Gdon de Laffite), auteur du _Diable
dans un bnitier_.

Le 3 octobre 1788.--Le sieur Pelport a t mis en libert  une heure
et demie, sur une lettre de cachet contresigne Laurent de Villedeuil,
en date du 1er de ce mois. Le sieur....., inspecteur de police, lui a
fait signer une soumission d'tre toujours  trente lieues de Paris.

Rendu compte et inform le ministre et le commissaire du roy de la
sortie de ce prisonnier.

Le 12 juillet 1784.--Le sieur Henry, inspecteur de police, a amen, 
une heure et demie du matin, le sieur Brissot de Warville[3], sur une
lettre d'anticipation de M. Lenoir du 1er juillet 1784.

[3] Brissot de Varville, avocat, accus d'avoir compos des libelles.

Le 10 septembre 1784.--Le sieur Brissot de Warville a t mis en
libert  une heure trois quarts aprs midi, sur l'ordre du roy,
contresign baron de Breteuil, en date du 5 de ce mois.

Le 16 aot 1785.--Aprs quatre heures, lettre de M. le baron de
Breteuil, qui mande M. le gouverneur pour lui venir parler tout de
suite. M. le lieutenant du roy y a t en son absence.

 onze heures et demie du soir, M. le cardinal de Rohan, grand
aumnier, vque de Strasbourg, commandeur des ordres du roy, a t
amen au chteau par M. le comte d'Agoult, premier aide-major-gnral
des gardes du corps. M. le marquis de Launay, gouverneur, avait t au
parloir du cardinal le chercher, et l'a amen dans sa voiture, ainsi que
M. d'Agoult. Le lieutenant du roy, M. le chevalier de Saint-Sauveur, a
cd son appartement pour cette nuit et pour donner le temps de meubler
l'appartement du premier.

Le 17 aot.-- une heure du matin, deux valets de chambre de M. le
cardinal sont arrivs avec des paquets; lesdits valets de chambre ont
couch chacun dans un cabinet de l'appartement; ils sont enferms, ainsi
que leur matre, sous clefs: ils s'appellent Brandner et Screibert.

 huit heures du matin, M. le baron de Breteuil et M. de Crosne sont
venus et ont pass une demi-heure dans la chambre de M. le cardinal.

 onze heures, le gouverneur a amen dans sa voiture M. le cardinal.
Ils sont rentrs au chteau  huit heures et demie.

Le 18 aot.--S. A. Mgr le prince de Cond est venu  onze heures et
demie; il a t un quart d'heure dans l'appartement de M. le cardinal de
Rohan. M. le gouverneur a t prsent  la visite. L'usage ancien
voulait que le prince du sang restt dans sa voiture et qu'on lui ament
le prisonnier; mais il a demand  le voir comme parent, et mme il
tait mis sur la liste que M. le baron de Breteuil a dicte  M. le
gouverneur.

M. de Crosne est venu  sept heures et demie avec M. de la Chapelle,
premier commis de la maison du Roy; ils ont t jusqu' prs de neuf
heures chez M. le cardinal; M. le gouverneur tait prsent.

Dans le courant de la journe, M. le cardinal a reu dans son
appartement le sieur Travers, son chirurgien Racle le matin et le soir,
Carbonnire, MM. l'abb Georgel, l'abb de Villefon et l'abb Bidot,
Cotte valet de chambre, les princes Ferdinand Montbazon, la princesse et
les princes de Soubise et Charles de Rohan.

Le 19 aot.--M. le gouverneur est sorti  neuf heures et demie avec M.
le cardinal qui a mont dans sa voiture. Ils ont t  Versailles et
sont revenus  deux heures un quart. Le gouverneur s'est servi de ses
chevaux et avait demand des chevaux de poste qui l'ont attendu  la
place Louis XV.

Le 20 aot.--Le sieur Surbois, inspecteur de police, a amen  quatre
heures du matin la dame comtesse de la Motte de la Penissire. Cette
dame est dans son nom de demoiselle Valois, descendante de la maison
royale par btardise,  ce que l'on dit, et a t aide dans sa
jeunesse, ainsi que ses frre et soeur, d'aprs cette prtention. Elle a
t loge  la 3e Comt.

Le 20 aot,  dix heures et demie, le sieur Longpr, inspecteur de
police, a conduit au chteau le sieur baron de Planta. On l'a log  la
3e de la tour Bazinire par ordre du Roy, contresign du baron de
Breteuil, en date du 18 de ce mois. L'abb Georgel l'a vu descendre de
voiture dans la cour du gouvernement, n'ayant pas pu faire entrer la
voiture  cause des croises de M. le cardinal sur la cour. Le
gouverneur lui a demand sa parole d'honneur de n'en pas parler  M. le
cardinal.

M. le comte de Vergennes et M. le marchal de Castries sont venus 
onze heures et demie et sont rests jusqu' trois heures seuls dans
l'appartement de M. le cardinal de Rohan. Ils avaient un ordre du Roy,
contresign baron de Breteuil, pour le voir ce jour, 20 aot, et M. le
baron de Breteuil avait donn l'ordre verbal  M. le gouverneur de
laisser les ministres seuls avec le prisonnier. Ces Messieurs ont mont
voir une chambre de prisonnier; ils ont vu la 2e du Coin et ont mont
sur les tours.

M. de Crosne est venu  huit heures avec le commissaire Chenon et ils
ont travaill dans la salle du Conseil avec la comtesse de La Motte,
jusqu' trois heures du matin.

Le 22 aot,  une heure du matin, est entr au chteau, de la Porte,
avocat, conduit par le sieur Quidor, inspecteur de police, sur l'ordre
du Roy, contresign baron de Breteuil, en date du 21 de ce mois, log 
la 4e du Puits.

 six heures et demie du matin, le sieur Grenier, orfvre, a t
conduit au chteau par le sieur Quidor, inspecteur de police, sur
l'ordre du Roy, contresign baron de Breteuil, en date du 21 de ce mois,
log  la 4e du Coin.

Le 23.--Le sieur des Brugnires, inspecteur de police, a conduit au
chteau le sieur comte de Cagliostro,  huit heures du matin, sur une
lettre de cachet contresigne baron de Breteuil, en date du 21, log 
la Calotte Comt.

 dix heures du matin, le sieur des Brugnires, inspecteur de police, a
amen la dame comtesse de Cagliostro, sur une lettre de cachet
contresigne baron de Breteuil, en date du 21, loge  la 4e Libert.

Le 24.-- deux heures et demie du matin, le sieur Surbois, inspecteur,
a conduit au chteau la dame de la Motte de Latour; elle a t loge 
la 1re du Puits.

Le 26.--MM. de Vergennes, de Castries et de Breteuil sont venus avant
midi et sont rests jusqu' plus de midi et demie avec M. le cardinal
dans sa chambre.

Le 27,  neuf heures et demie du matin, le sieur Quidor, inspecteur de
police, a conduit au chteau la nomme Madelaine Brissault, dite
Rosalie.

Le 27.--Le sieur Laporte a t mis en libert, cejourd'hui, sur une
lettre de cachet contresigne baron de Breteuil, en date du 24 de ce
mois.

Le 29.--Sur l'apparence de dsespoir et des propos tenus par le sieur
Cagliostro, crit  M. de Crosne que ce prisonnier demandait un garde
qui pt le dsennuyer et l'empcher d'effectuer ses ides noires. M. de
Crosne a crit  M. le gouverneur de mettre auprs de lui un bas
officier, doux, exact et ferme, ce qui a t excut  dix heures du
soir.

1er septembre 1785.--Le commissaire Chenon est venu demander de
l'criture des diffrents prisonniers arrts  l'occasion de l'affaire
de M. le cardinal de Rohan et en a emport.

Le 2 septembre,  huit heures et demie du matin, le sieur Grenier a t
mis en libert sur une lettre d'anticipation et en prsence de M. de
Crosne.

Le 4 novembre,  huit heures du soir, le sieur Quidor, inspecteur de
police, ayant un ordre de M. le comte de Vergennes, a conduit le sieur
de Beaussire et la demoiselle Leguay, dite d'Oliva.

Rendu compte et inform M. le baron de Breteuil et M. de Crosne de
l'arrive des deux prisonniers;

Lettre d'anticipation de M. de Crosne, date du 3, pour recevoir les
deux prisonniers ci-dessus.

Le 12 septembre.--Reu les deux lettres de cachet pour l'entre de dame
Leguay dite d'Oliva et du sieur Toussaint de Beaussire, contresignes
Gravier de Vergennes.

Le 29 septembre.--Le sieur Regnault est venu  quatre heures et a
emmen au Palais la dame d'Oliva, l'a remene  sept heures et demie. Il
lui avait pralablement fait une signification. On a donn Foin, bas
officier, pour escorte.

11 janvier 1786.-- midi et demi a t faite  M. le cardinal de Rohan
la signification de son dcret de prise de corps;  cinq heures, M.
Titon, commissaire du Parlement, et le sieur Fremyn, greffier, sont
venus pour commencer les interrogatoires.

Le 16 janvier.--La dame Leguay dite d'Oliva, se trouvant grosse de cinq
mois et dans le cas de passer les grands remdes, il lui a t donn
hier la nomme Catherine pour garde et la soigner.

Le 19 janvier.--Le dcret de la dame d'Oliva lui a t signifi  une
heure et demie par le sieur Sergent, huissier au Parlement.  cinq
heures, M. Titon, rapporteur de l'affaire et son greffier tant arrivs,
la dame d'Oliva a subi son interrogatoire jusqu' huit heures.

Le 20 janvier.--M. Titon, avec son greffier, a interrog la dame de
Valois de la Motte, depuis cinq heures jusqu' neuf. La signification du
dcret a t faite ce matin  onze heures et demie.

Le 30 janvier.--Le dcret du sieur comte de Cagliostro a t signifi 
une heure.

Le 11 mars 1786.--Le sieur Toussaint de Beaussire a t mis en libert
de ce chteau  huit heures et demie du matin, sur un ordre du Roy
contresign baron de Breteuil, du 4 fvrier. Il a t remis au nomm
Grandmaison, envoy par le sieur Quidor, inspecteur de police, pour le
conduire  une maison de force du faubourg Saint-Antoine.

Le 24 mars.--Depuis neuf heures jusqu' une, M. Dupuy de Marc avec
Fremyn greffier a confront la dame de la Motte avec le sieur comte de
Valbonne et affront les dames de la Motte et d'Oliva.  quatre heures,
la dame de la Motte a t confronte au sieur Desclou ainsi que M. le
cardinal ensuite et la demoiselle d'Oliva: la dame de la Motte a t
confronte avec Mme la comtesse Dubarry, et M. le cardinal a t
aprs confront avec la dame d'Oliva. La sance a fini  neuf heures et
demie.

Le 26 mars.--La dame Cagliostro a t mise en libert  dix heures du
matin, sur une lettre de cachet date du 25, contresigne baron de
Breteuil.

Le 4 mai.--Les sieurs Thilorier et Bosquillon sont venus dner avec le
sieur Cagliostro.

Le 12 mai,  minuit et demi, la dame d'Oliva s'tant trouve
indispose, Lecoq, chirurgien-major a t rveill, et jugeant qu'elle
allait accoucher, on a envoy chercher la matrone Choppin. La dame
d'Oliva est accouche  quatre heures du matin d'un garon.

Le 13 mai,  huit heures et demie du soir, le fils de la dame Oliva a
t baptis  Saint-Paul, sous le nom de Jean-Baptiste-Toussaint
Beaussire. Le parrain et la marraine, deux pauvres. Le sieur Robin,
tuteur de la dame d'Oliva, la femme Choppin, sage-femme, et la veuve
Richard pour porter l'enfant, ont t  la paroisse.

Le 29 mai 1786.-- dix heures du soir, les sieurs Sergent et Regnault,
huissiers du Parlement, sont venus chercher le sieur Retaux de Villette
pour le conduire  la Conciergerie.

 onze heures, les mmes sont revenus prendre la dame d'Oliva pour la
conduire aussi  la Conciergerie avec son enfant et la garde.

 minuit pass, les mmes sont revenus prendre la dame de la Motte,
pour la conduire aussi  la Conciergerie.

Le 30 mai.-- quatre heures du matin lesdits sieurs Sergent et
Regnault, huissiers du Parlement, sont venus chercher le sieur
Cagliostro pour le conduire au Palais.

 six heures, M. le gouverneur et M. le lieutenant du roy ont
accompagn M. le cardinal de Rohan au Palais; ils y doivent passer la
journe dans le cabinet du sieur Lebret, greffier en chef, qui l'a prt
pour que M. le cardinal ft dans un lieu propre et  porte de la salle
d'audience o il devait se rendre  la premire invitation.

Le 30.-- six heures et demie, le sieur Cagliostro a t ramen par les
mmes huissiers Sergent et Regnault.

 sept heures, M. le cardinal est revenu: il avait un grand habit
violet. Aprs avoir parl un moment au Palais, il a t invit 
s'asseoir, ce qu'il a fait, et cette invitation, dit-on, n'a pas
d'exemple.

Le 31 mai.-- cinq heures, M. le cardinal de Rohan a t accompagn par
M. le gouverneur et M. le lieutenant du roy au Palais, ainsi qu'il avait
t fait le 30.

 six heures et demie, le sieur Sergent, huissier du Parlement, est
venu chercher le sieur Cagliostro pour le conduire au Parlement.

Le sieur Cagliostro a t ramen par l'huissier Sergent  sept heures.

M. le cardinal est rentr  plus de dix heures tant dcharg purement
et simplement d'accusation.

Le 1er juin.-- dix heures, M. le cardinal de Rohan a t mis en
libert, sur une lettre de M. le baron de Breteuil en date du mme jour.
Il est sorti avec M. le prince de Montbazon, son frre.

Brandner, Screibert et Liegeurs, valets de chambre, sont sortis en mme
temps.

 onze heures, le sieur Cagliostro a t mis en libert sur la mme
lettre ci-dessus de M. le baron de Breteuil, et il lui a t remis les
effets rests de sa femme, sur son reu mis au bas d'un procs verbal
qu'en a fait le commissaire Chenon fils.

Rendu compte et inform tout de suite M. le baron de Breteuil et M. de
Crosne.

Le 2 juin.--Remis au sieur Hubert fils, greffier, concierge du Palais,
les hardes et linges de la dame de Valois de Lamotte qui taient peu
considrables, en ayant pralablement fait le dtail au bas de la lettre
de ladite dame qui les demandait, et fait mettre au bas dudit dtail le
reu dudit sieur Hubert.

La dame de Lamotte n'avait emport lors de son transport  la
Conciergerie que ce qu'elle avait sur elle.

Le 15 juillet 1788.--Depuis trois heures du matin jusqu' sept, il a
t conduit au chteau les sieurs de Montluc, de la Rouerie, de
Chtillon, de Metumires, de la Peronire, de la Fruglaye, de Tremergat,
de Carn, de Guer, de Bd, de Bec de Livre, de Cice, chacun par un
officier major de la garde de Paris et un inspecteur de police. Ils ont
t reus sur des lettres de cachet contresignes de M. le baron de
Breteuil. Ces douze gentilshommes bretons avaient t chargs par la
noblesse de Bretagne de prsenter au roi un mmoire sur des rformes 
faire.

Remis des paquets de linges et hardes  plusieurs des prisonniers
gentilshommes bretons qui leur ont t envoys.

M. de Crosne qui a visit les douze gentilshommes a reu d'eux
diffrentes lettres: il a dit de leur donner plumes, encre, papier,
couteaux, ciseaux, montres, promenades, en un mot de faire pour eux tout
ce qui tait possible. Il a trouv bon que trois de ces Messieurs, qui
avaient leurs domestiques, les gardassent.

Le 18.-- quatre heures et demie aprs midi, remis  chacun de
Messieurs les gentilshommes bretons une lettre de Messieurs les tats de
Bretagne, envoye par M. de Crosne.

Le 28.--M. de la Fruglaye le fils ayant obtenu la permission de venir
s'enfermer avec monsieur son pre, il y a eu un combat de tendresse qui
a fini par l'ordre qu'a donn le pre au fils, auquel il a fallu obir,
de s'en retourner ou de rester  Paris.

Le 21 aot.--Il a t lou un billard qui a t mis dans la chambre du
major pour l'amusement de Messieurs les gentilshommes bretons.

Le 12 septembre.--M. de la Fruglaye a eu la visite de son fils  qui M.
le gouverneur a permis de dner avec son pre et les cinq autres de ces
Messieurs qui formaient la table.

 huit heures et demie, tous Messieurs les Bretons taient en libert.

Rendu compte au ministre et inform le commissaire du roi de leur
sortie.

Le 19 mai 1783.--M. Martin est venu  huit heures du matin; il avait
fait avertir les sieurs Cazin et Cornu qui ont reconnu les diffrents
livres et autres imprims qui taient au dpt des saisies, envoys par
ordre des ministres. On a employ une vingtaine de bas officiers pour
dchirer. M. Lenoir est venu vers midi et a ordonn qu'il serait gard
un certain nombre d'exemplaires de certains ouvrages, lesquels seraient
mis au dpt ordinaire.

Condamn d'autres  tre dchirs.

25 mai.--Les sieurs Cazin et Cornu sont venus travailler la matine 
l'arrangement des livres rservs du pilon. M. Martin est venu passer
deux heures.

Le 14 juin.--M. Martin et le sieur Cazin sont venus travailler toute la
journe au pilon; ils ont occup toute la journe deux bas officiers.

M. Martin a retir de l'armoire du premier cinq paquets qu'il a mis
sous cachet ledit jour dans le dpt des livres.

25 juillet 1785.--M. le gouverneur a envoy  M. Lenoir deux paquets de
livres qui taient tiquets pour MM. d'Amoury et Cardonne, d'aprs la
lettre de M. Lenoir du 23 qui demandait deux exemplaires de chaque
livre du dpt, pour tre donns  M. de la Michodire, beau-pre de M.
de Crosne.

Le 21 mars 1786.-- sept heures et demie du matin, le nomm Chambon,
commissionnaire de livres, a t amen par le sieur Henry, inspecteur de
police.

 deux heures, le sieur Henry a amen le nomm Point Dupr et une
charrette remplie d'imprims et d'une imprimerie.

Le 22 avril 1786.-- deux heures, le sieur Henry, inspecteur, a apport
des ballots de brochures qui ont t mis au dpt des livres et dont 834
cahiers du rideau lev, 7 cahiers du recueil, 44 de la gazette noire. Il
y avait 14 exemplaires de brochs qui ont t remis par le sieur Henry 
M. de Crosne.

Le 16 mai 1787.--Les papiers concernant M. de Vendosme qui taient au
chteau par suite du sieur chevalier d'Hauterive, ont t donns en
communication par ordre du ministre au sieur Bejot, garde des manuscrits
de la Bibliothque du roy; prsence du sieur Bouyn, employ aux archives
du chteau; ils m'ont fait la reconnaissance et mis en ordre dans une
des pices du gouverneur, afin de demander au ministre un ordre pour en
exporter  la Bibliothque du roy ce qu'ils en estiment mriter la
peine.

24 mai.--Remis  M. Bejot, conjointement avec M. Bouyn, par M. le
Gouverneur, deux malles de manuscrits, lettres, etc., concernant M. le
duc de Vendosme, qui taient rests au dpt de la Bastille aprs la
mort du chevalier de Bellerive, son fils naturel, pour tre ports au
dpt de la Bibliothque du Roy, par l'ordre de M. le baron de Breteuil
du 19 de ce mois. Il y a eu, suivant l'ordre de ce ministre un
procs-verbal fait double et sign des trois dnomms ci-dessus, dont
l'un est envoy par M. Bouyn au ministre et l'autre est rest pour la
dcharge de l'tat-major.

Le 18 avril 1789.--M. Mesurier, porteur d'une lettre de M. le comte de
Puysegur, ministre de la guerre, et M. d'Angenoux, colonel d'artillerie,
dont il a laiss copie signe de lui, a fait apporter des sabres,
fusils, pistolets, lances, pertuisanes; le tout a t mis  la 2e
Bazinire.

Le 19 avril.--M. le Gouverneur a donn l'ordre que tous les
travailleurs de la compagnie de bas-officiers rentrent dans le jour dans
la caserne; prcautions prises relativement aux grands attroupements que
l'lection des dputs aux tats gnraux occasionnera.

Le 27 avril 1789.--Des ouvriers du faubourg Saint-Antoine se sont
attroups en grand nombre, pour punir, disaient-ils, un nomm Reveillon,
marchand de papier et meubles, et un nomm Henriot, salptrier, de
propos mprisants qu'ils avaient tenus  l'assemble du Tiers tat sur
le compte des ouvriers dudit faubourg.

Ils ont dvalis la maison du sieur Henriot, parquets, glaces, lambris,
enfin tous meubles, et les ont brls dans la place du march du
faubourg. Les gardes franaises sont venus sur la fin, en ont t
spectateurs et tout le monde s'est retir vers onze heures du soir.

Le 28.--L'meute de la veille ayant paru apaise, il n'y a point t
mis de gardes au faubourg; lesdits ouvriers se sont rattroups, accrus
de gens des autres faubourgs, arms de gros btons, perches, fers, etc.

Sur le midi.--Les troupes sont venues, soit gardes franaises, soit
dtachements du rgiment Royal Cravate qui tait par prcaution depuis
quelques jours  Charenton; leur trop petit nombre a t cause qu'ils
ont t obligs de gagner le haut du faubourg, et les brigands ont
dmnag la maison de Rveillon et ont brl le tout comme ils avaient
fait la veille. Un renfort de troupes arriv, on a fonc et tir dessus
les rvolts; il y en a eu deux ou trois cents de tus ou blesss ou
arrts, et ils ont quitt le faubourg vers six heures, en s'en allant
par bandes de huit  vingt.

Ils entraient dans les boutiques de vitriers ou les fesaient ouvrir et
emportaient tous les comestibles et quelquefois mme l'argent du
comptoir et autres choses. Cela a dur jusqu' prs de deux heures.

Le 29.--Ds six heures du matin, corps de troupes respectable dans le
faubourg, deux pices de canons en patrouille jusqu'aux environs de la
place Royale.

 six heures du soir, il a t excut, pendu deux hommes de l'meute;
il y avait une escorte  leur charrette, du guet  pied,  cheval,
marchausse en robe courte; et le faubourg Saint-Antoine tait gard
par les Suisses, gardes franaises, des dtachements de Royal Cravate,
de Bourgogne cavalerie et de toutes les marchausses et guet possible.

Le 30.--A t tranquille.

Le 1er mai.-- quatre heures du matin est arriv au chteau le sieur
Reveillon, sur un ordre du roy, contresign de Villedeuil: il a t log
 la 3me Comt. Ce prisonnier a demand de l'tre pour sa sret.

Plusieurs personnes dnommes peuvent voir la 3me Comt sans la
prsence d'officiers majors. Il peut aussi recevoir des lettres et en
crire sans aucune prcaution ordinaire.

Le 3.--Le chevalier du Puget, lieutenant du roy de ce chteau, a eu
lettres de M. le duc du Chtelet commandant  Paris pour commander  la
sret des poudres  l'Arsenal.

Le 22 mai.--M. de Villedeuil est venu  cinq heures et demie et est
rest demi-heure au gouvernement avec la 3me Comt.

 deux heures, il y a eu,  la place de l'entre du faubourg
Saint-Antoine, un homme de pendu et cinq fouetts et marqus et au
carcan, par suite de l'meute du mois prcdent dans ledit faubourg: il
y avait des gardes franaises, des Suisses, de la cavalerie et des
hussards qui entouraient la place de l'excution.

Les 26, 27 et 28.--Le sieur Rveillon a eu beaucoup de visites ainsi
que depuis son arrive; il a vu souvent le commissaire Lerat, le sieur
Abeille, secrtaire du commerce, le sieur Jacmart, le sieur Dumoulin,
matre maon, la dame Jacmart, la dame Abeille et son fils, l'abb
Morellet, l'avocat Tronson du Coudray, M. le prsident de Gourgues, deux
fois le sieur Pontcarr, secrtaire du ministre, le sieur Duval fils, de
la police, le sieur Couch, secrtaire de M. de Crosne, le sieur Noroy,
de la manufacture des glaces, le sieur Renouf, procureur au Chtelet, le
sieur Lachaume, etc.

Le 28.-- neuf heures du soir, le sieur Reveillon est sorti du
chteau; il y avait, avec l'ordre pour son entre, celui de sa sortie,
contresign de M. de Villedeuil.

Le 29.--M. de Crosne est venu avec un conseiller au Parlement, voir le
chteau, conduit par M. le Gouverneur; ils ont mont sur les tours.

Le 1er juillet.--Un sergent et douze bas-officiers sont arrivs de
l'htel pour supplment de notre garde.

Le 7.-- quatre heures du matin, est arriv un dtachement de Salis
Samade Suisse, compos de trente hommes et un lieutenant nomm M.
Deflue, pour renforcer la garnison de ce chteau.

       *       *       *       *       *

Nous n'avons fait que copier. N'est-ce pas de l'histoire crite au jour
le jour, par une plume qui ne savait rien du lendemain?




III


La dernire page du registre ne contient que ces deux mentions:

Juillet 1789.--Les 10 et 11. Envoy  M. de la Mornire chaque jour une
lettre de M. de la Corrge.

Le 12.--Le sieur La Corrge a eu la visite de la fille Genevive
Chevalier.

       *       *       *       *       *

Les troubles qui s'taient dj produits dans les rues de Paris et les
attroupements nombreux qui stationnaient sur la place de la Bastille
avaient interrompu les correspondances et les visites.

Le 14 juillet,  cinq heures du soir, la Bastille tait prise par le
peuple et ses prisonniers dlivrs. Il ne restait alors dans cette
prison que sept personnes:

1 Jean Bechade la Barte, employ;

2 Bernard Laroche, g de 18 ans, employ;

3 Jean La Corrge, employ;

4 Jean Antoine Pujade, ngociant;

Tous quatre enferms au mois de janvier 1787 et accuss d'avoir fabriqu
de fausses lettres de change.

5 Le comte de Solages, enferm en 1782,  Vincennes, sur la demande de
son pre, pour cause de dissipation et de mauvaise conduite, et
transfr  la Bastille le 28 fvrier 1784;

6 Tavernier, accus de complot contre la vie du roi, enferm d'abord
pendant dix ans aux les Sainte-Marguerite, puis transfr  la Bastille
le 4 aot 1759; il tait en tat de dlire. Il fut plac  Charenton peu
de temps aprs sa sortie de la Bastille;

7 Le comte de Whyte de Malleville, enferm d'abord au chteau de
Vincennes, puis transfr  la Bastille le 29 fvrier 1784. Il tait
ordinairement en tat de dlire depuis plusieurs annes: il fut aussi
plac  Charenton quelques jours aprs sa sortie de la Bastille.


Paris.--Typographie Georges Chamerot, 19, rue des Saints-Pres.--10429.







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1782  1789, by Alfred Bgis

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Section 1.  General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
electronic works

1.A.  By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
and accept all the terms of this license and intellectual property
(trademark/copyright) agreement.  If you do not agree to abide by all
the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.

1.B.  "Project Gutenberg" is a registered trademark.  It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement.  There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement.  See
paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
works.  See paragraph 1.E below.

1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
the copyright status of any work in any country outside the United
States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
copied or distributed:

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org

1.E.2.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
1.E.9.

1.E.3.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
terms imposed by the copyright holder.  Additional terms will be linked
to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
permission of the copyright holder found at the beginning of this work.

1.E.4.  Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5.  Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6.  You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
word processing or hypertext form.  However, if you provide access to or
distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
form.  Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7.  Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.8.  You may charge a reasonable fee for copies of or providing
access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
that

- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
     the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
     you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
     does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
     License.  You must require such a user to return or
     destroy all copies of the works possessed in a physical medium
     and discontinue all use of and all access to other copies of
     Project Gutenberg-tm works.

- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

- You comply with all other terms of this agreement for free
     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.
