The Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org Title: Manuel des difficultés de la langue française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses Author: Thomas Maguire Release Date: February 17, 2012 [EBook #38913] Language: French Character set encoding: ISO-8859-1 *** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA *** Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard, the proofers at Distributed Proofreaders International and the Online Distributed Proofreading Canada Team at http://www.pgdpcanada.net (This book was created from images provided by Bibliothèque et Archives nationales du Québec (http://www.banq.qc.ca/).) Notes de transcription: Pour une plus grande cohérence de l'ouvrage, les majuscules ont été accentuées. De plus les errata incorporés entre l'avertissement et la première page ainsi qu'entre les pages 128 et 129 ont été corrigés dans le texte et repportés à la fin de l'ouvrage. Les primo (1º), secundo (2º) etc. qui figuraient sous la forme 1o, 2o... ont été transformés par souci de lisibilité en 1º, 2º... Le nom de l'auteur a été ajouté dans la première page de présentation. Dans cette version texte les expressions qui étaient en italiques ont été entourées de tirets bas. MANUEL DES DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES DE LA LANGUE FRANÇAISE, ADAPTÉ AU JEUNE ÂGE, ET SUIVI D'UN RECUEIL DE LOCUTIONS VICIEUSES. PAR THOMAS MAGUIRE QUÉBEC: IMPRIMÉ ET PUBLIÉ PAR FRÉCHETTE & Cie, Nº. 13, RUE LAMONTAGNE, BASSE-VILLE. 1841. _AVERTISSEMENT._ Le besoin d'un _Manuel Lexique_ des difficultés de la langue française, se fait vivement sentir dans nos écoles de grammaire; et l'on a à regretter que le commerce ne nous fournisse pas les ouvrages de ce genre, qui se multiplient, depuis quelques années, sur l'ancien continent. C'est pour remedier en partie à ce défaut, que le présent travail, _né de circonstances purement fortuites_, a été préparé pour la presse: et en l'offrant au jeune âge, l'Auteur n'a garde de se présenter sous d'autre titre, que celui d'_humble compilateur_; titre qui doit lui demeurer entier, malgré quelques articles de sa création, devenus indispensables pour signaler des erreurs de langage particulières au Canada. Les grammaires mises à contribution, pour la confection de ce petit livre, sont celles de Duvivier, de Chambaud, de Lequien, de Lhomond, de Letellier, de Galland, de Noël et Chapsal, etc. Les sources pures et abondantes des Dictionnaires de l'Académie, de Trévoux, de Boiste, de Rolland, de Gatel, de Noël et Chapsal, etc., ont été exploitées dans le même but: et il est essentiel d'ajouter, que les articles puisés dans ces riches trésors de la langue française sont reproduits textuellement, autant que les circonstances et le cadre étroit de l'ouvrage l'ont permis. Ayant exposé les difficultés les plus communes de la langue, il était naturel de fournir un tableau des expressions incorrectes et dénaturées, qui en altèrent la beauté et les règles: voilà ce qui a donné lieu au _Recueil de Locutions Vicieuses_, placé à la suite du _Manuel_. L'Auteur ne s'est point fait illusion sur la difficulté de sa tâche: il n'ignore pas qu'il ouvre un champ large à la critique. Heureux! si son livre attire l'attention de quelque Aristarque consciencieux, qui daigne en signaler les erreurs, au profit de la portion chérie de la société à laquelle il est destiné! Du reste, si l'Auteur a aplani au jeune âge quelques-unes des aspérités dont la langue est hérissée, son but est atteint, son voeu accompli. Québec, Octobre, 1841. MANUEL DES DIFFICULTÉS LES PLUS COMMUNES DE LA LANGUE FRANÇAISE. ABSOUDRE. _J'absous_, _tu absous_, _il absout_, _nous absolvons_, _vous absolvez_, _ils absolvent_. _J'absolvais_; point de prétérit défini. _J'ai absous_, _j'absoudrai_, _j'absoudrais_, _absous_, _absolvons_, _absolvez_, _que j'absolve;_ point d'imparfait du subj. _Absolvant_, _absous_, _absoute_. _Dissoudre_ se conjugue de même. ACADÉMICIEN est un membre d'une compagnie de savans: _académiste_, celui qui étudie les armes, l'équitation dans une académie. ACCENT CIRCONFLEXE. On l'emploie pour les voyelles longues, et on le met,--1º. sur _a_ long, _lâche_, _tâche_, _château_.--2º. sur l'avant dernier _e_ des mots en eme: _même_, _blême_; excepté cependant les adjectifs numéraux ordinaux, comme _deuxième_, _troisième_, etc.--3º. sur l'_i_ des verbes en _aitre_ et _oitre_, comme _paraître, accroître_; dans tous les temps où _i_ est suivi de _t_; _il naît_, _il paraîtra_, _nous accroîtrons_.--4º. sur l'_o_ qui précède les finales _le_, _me_, _ne_: _pôle_, _rôle_, _dôme_, _zône_.--5º. sur _le nôtre_, _le vôtre_, mais non sur _notre_, _votre_.--6º. on l'emploie encore à la première et seconde personne plurielle du prétérit défini: _nous aimâmes_, _vous aimâtes_, _nous reçûmes_, _vous reçûtes_.--7º. à la troisième personne singulière de l'imparfait du subjonctif: _qu'il fût_, _qu'il eût_, _qu'il aimât_.--8º. on le pose aussi sur les adjectifs _sûr_, (pour signifier certain) _mûr_, etc., parce qu'on écrivait autrefois _seur_, _meur_, et enfin sur _dû_, participe du verbe devoir, pour le distinguer de l'article _du_. Toutefois ce participe ne prend l'accent circonflexe, ni au pluriel masculin, ni au féminin, tant singulier que pluriel, parce qu'alors il ne peut être confondu avec l'article _du_. Enfin on le met sur _tû_, participe du verbe _taire_, pour le distinguer du pronom _tu_, et sur _crû_, participe de _croître_, pour le distinguer de _cru_, participe de croire. ACCORD du verbe avec ses sujets. Quand plusieurs substantifs ou pronoms composent les sujets, le verbe s'accorde avec le dernier substantif ou pronom; 1º. lorsque les mots formant les sujets sont synonymes: _son courage_, _son intrépidité_ ÉTONNE _les plus braves_. Il est essentiel que les substantifs synonymes ne soient jamais unis par la conjonction _et_. 2º. lorsque les mots formant les sujets renferment une expression qui réunit en elle tous les mots qui précèdent, comme _chacun_, _tout_, _rien_, _personne_. _Paroles et regards_, TOUT EST _charmes en vous_:--_le temps, les biens, la vie_, RIEN _ne nous_ appartient. 3º. lorsque l'esprit s'arrête sur le dernier substantif, parce qu'il est d'un tel intérêt, qu'il fait oublier les autres:--_ce sacrifice, votre intérêt, votre honneur_, DIEU _vous le_ COMMANDE:--_mon repos, mon_ BONHEUR SEMBLAIT _être affermi_. Lorsqu'un verbe a deux sujets de la troisième personne unis par la conjonction _ou_, on peut faire accorder le verbe avec les deux sujets, ou avec le dernier, et dire également bien--_Pierre_ ou _Paul le_ FERA, ou, _le_ FERONT. Cependant l'accord avec le dernier sujet parait préférable. Cette règle s'applique à _l'un l'autre_, lorsqu'ils sont unis par la conjonction _ou_:--_l'un ou l'autre vous_ ÉCRIRA, ou _vous_ ÉCRIRONT. Cependant si les mots unis par _ou_ sont de différentes personnes, l'usage demande que le verbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde avec la personne qui a la priorité:--_c'est toi ou moi qui_ AVONS _fait cela_,--_c'est toi ou lui qui_ AVEZ _dit cela_:--_lui ou moi nous_ SERONS _peut-être assez heureux_, _etc._ Dans les phrases où deux substantifs, ou bien deux pronoms sont liés par une des conjonctions, _de même que_, _aussi bien que_, _comme_, _non plus que_, _plutôt que_, _avec_, _ainsi que_, et autres semblables, c'est avec le premier substantif que l'accord a lieu: _la vertu_, _de même que le savoir_, _A son prix_. _C'est sa fille_, _plutôt que son fils_, _qu'il_ A DÉSHÉRITÉE. Après _l'un et l'autre_ faut-il mettre le verbe au singulier, ou au pluriel? L'Académie, Vaugelas, Marmontel, &c., sont d'avis que l'on peut se servir indifféremment du singulier ou du pluriel: mais presque tous les grammairiens, suivant Duvivier, se sont prononcés pour le pluriel. Si _l'un et l'autre_ était placé après le verbe, le pluriel serait de rigueur. _Ils_ VOULAIENT _l'un et l'autre se promener_. Si les sujets sont exprimés par _ni l'un ni l'autre_, ou sont liés par _ni_ répété, le verbe doit-il être mis au singulier ou au pluriel? Duvivier répond qu'on est libre de se décider en faveur du singulier ou du pluriel, puisque l'Académie et les meilleurs auteurs ont fait usage indifféremment du singulier et du pluriel. Il ajoute cependant qu'il se range à l'opinion de Wailly et de Marmontel qui veulent que quand les deux sujets concourent à l'action, l'on donne au verbe la forme plurielle, parce qu'il y a pluralité dans l'idée, et que l'on dise, _ni l'un ni l'autre n'_ONT FAIT _leur devoir_:--_Ni la douceur ni la force ne_ PEUVENT _rien_. Mais si l'un des deux sujets seulement fait, ou reçoit l'action, parce qu'alors il y a unité dans la pensée, les mêmes grammairiens veulent que l'on mette le verbe au singulier, et que l'on dise, _ni l'un ni l'autre n'_EST _mon père_:--_Ce ne sera ni Mr. le Duc, ni Mr. le Comte qui_ SERA NOMMÉ _ambassadeur d'Espagne_. Lorsque le verbe qui suit _ni_ répété, est au pluriel, on doit le faire accorder avec la personne qui a la priorité. _Ni vous ni moi ne_ SOMMES _coupables_.--_Ni vous ni lui n'_AVEZ FAIT _cela_. Doit-on après _un_, _une_ joint à _de_, _des_ se servir du singulier ou du pluriel, et dire, _c'est une des plus belles actions qu'il ait jamais_ FAIT: ou, _c'est une des plus belles actions qu'il ait jamais_ FAITES? La phrase dont il s'agit est elliptique: c'est comme s'il y avait, _c'est une action des plus belles actions qu'il ait jamais faites_. Pour résoudre la difficulté, il faut examiner si le pronom relatif _que_ a pour antécédent le substantif en ellipse, ou le substantif pluriel placé après la préposition _des_. Dans le premier cas on emploie le singulier, et dans le second le pluriel. Or dans la phrase citée ci-dessus, il est évident que le relatif _que_ se rapporte au substantif placé après la préposition; car il s'agit _d'actions faites_, et non pas _d'une action faite_. Le participe doit donc être mis au pluriel. D'après ces principes il faudra dire au singulier, _c'est un de nos meilleurs grammairiens qui_ A FAIT _cette faute_: et au pluriel; _votre ami est un des hommes qui_ PÉRIRENT _dans la sédition_. ACCORD d'un adjectif qui suit plusieurs substantifs. Quand un adjectif suit plusieurs substantifs régimes, soit régimes d'un verbe, soit régimes d'une proposition, et que cet adjectif ne se prononce pas au masculin comme au féminin, au singulier comme au pluriel, il ne s'accorde qu'avec le dernier des substantifs: mais il est sous-entendu après les précédens. _Ce soupçon..excita des plaintes, et un mécontentement_ GÉNÉRAL.--_C'est donc en vain qu'on met la véritable gloire dans l'honneur et la probité_ MONDAINE. Mais un adjectif, placé après des substantifs régimes, se met au pluriel, si cet accord ne change pas la prononciation de l'adjectif.--_Il sacrifie son repos et sa liberté pour la liberté et la félicité_ PUBLIQUES. ACQUÉRIR. _J'acquiers_, _tu acquiers_, _il acquiert_, _nous acquérons_, _vous acquérez_, _ils acquièrent_, _j'acquérais_, _j'acquis_, _j'acquerrai_, _j'acquerrais_, _acquiers_, _acquérons_, _acquérez_, _que j'acquière_, _que nous acquérions_, _que j'acquisse_, _acquérant_, _acquis_, _acquise_. Conjuguez de même _conquérir_, _reconquérir_, _requérir_, _s'enquérir_. ADJECTIFS ABSOLUS, (les) _Parfait_, _universel_, _immortel_, _mortel_, _éternel_, _essentiel_, _divin_, _suprême_, _extrême_, _excellent_, ne peuvent être précédés de mots qui expriment le plus ou le moins, par cela même qu'ils sont _absolus_, et rejettent toute comparaison. On ne peut dire, _plus_ ou _moins éternel,--mortel_, &c. ADJECTIF NUMÉRAL. Quelquefois l'adjectif de nombre cardinal remplace celui de nombre ordinal. _Il est_ SIX _heures_;--_l'an_ MIL HUIT CENT:--_le_ CINQ _Mars_,--GUILLAUME QUATRE. AIDER quelqu'un, c'est l'assister de sa bourse, de ses conseils:--_aider à quelqu'un_, c'est partager sa fatigue, sa peine:--_aider à quelque chose_, c'est y contribuer. AÏEUL est le père du père ou de la mère. Au pluriel on dit _aïeuls_, quand on veut désigner préscisément le grand-père paternel et le grand-père maternel. Hors delà on dit _aïeux_, pour signifier tous ceux de qui l'on descend, et qui ont devancé nos _aïeuls_. AIGLE, _oiseau_, est masculin. AIGLE, _drapeau_, est féminin. _Les Aigles Romaines_. AIGLE, _constellation_, est féminin. AIGUILLON. Il y a quelques mots, comme, _aiguillon_, _aiguille_, _aiguiser_, _arguer_, _inextinguible_, et les noms propres _d'Aiguillon, le Guide, de Guise_, dans lesquels l'_u_ se fait entendre, et que l'on prononce, _é-gu-i-glion_,--_é-gu-i-lle_,--_é-gu-i-zé_,--_ar-gu-é_, --_inextin-gu-i-ble_,--_d'É-gu-i-glion_,--_le Gu-i-de_,--_de Gu-i-se_. AIR. On dit, _cette femme_ a l'air BON, et non pas BONNE, parce que _bon_ se rapporte à l'_air_. Mais on dit, _cette pomme a l'air_ CUITE, et non pas CUIT, parce que l'adjectif ne peut être dit ici du substantif _air_. ALLER. On ne dit plus _je vas_, mais, _je vais_. L'impératif _va_ prend une _s_ euphonique quand il est suivi du pronom relatif _y_: _vas y_. Mais si après l'_y_ il suit un _verbe_, l'Académie veut que l'on supprime l'_s_. _Va y mettre ordre._ AMOUR au singulier est masculin: au pluriel féminin, excepté quand il désigne les petits génies de la mythologie. _Ces_ PETITS _amours sont bien_ GROUPÉS. À NEUF, DE NEUF. _Refaire un bâtiment_ À NEUF:--_remettre un tableau_ À NEUF, c'est les restaurer, les réparer. _Se faire habiller_ DE NEUF, c'est se faire faire des habits neufs. ANCÊTRES. _Nos ancêtres: nos aïeux: nos pères._ Le siècle de nos _pères_ a touché au nôtre: nos _aïeux_ les ont devancés: nos ancêtres sont les plus reculés de nous. ANIMAUX. Leurs parties principales. On dit le _pied_ d'un cheval, d'un boeuf, d'un cerf, d'un mouton, d'une vache, et des autres animaux chez lesquels cette partie est de _corne_. On dit la _patte_ d'un chien, d'un chat, d'un lièvre, d'un loup, d'un ours, d'un rat, et des autres animaux chez lesquels cette partie n'est pas de _corne_. On dit les _ongles_ d'un lion, les _griffes_ d'un chat, d'un tigre, les _serres_ d'un aigle, d'un épervier. On dit la _bouche_ d'un cheval, d'un boeuf, d'un âne, et en général en parlant des bêtes de somme. On se sert du mot _gueule_ en parlant des poissons, des reptiles, et de la plupart des quadrupèdes. On dit la _gueule_ d'une carpe d'une truite, d'un brochet, d'un serpent, d'un lion, d'un tigre, d'un chien, d'un loup, d'un chat, &c. On fait usage du mot _bec_ pour les volatiles. Quand on parle de cette partie qui comprend la _gueule_ et le _nez_, on dit le _groin_ d'un cochon, le _muffle_ d'un cerf, d'un boeuf, d'un lion, d'un léopard, d'un tigre: le _museau_ d'un chien, d'un renard, &c. On donne le nom de _défenses_ ou _broches_ de sanglier aux deux grosses dents crochues et effilées qui sortent de sa gueule. On appelle _bois de cerf_ ou _tête de cerf_, le grand bois que cet animal porte sur le devant de sa tête, et qui tombe tous les ans au printemps. Enfin on dit la _hure_ d'un sanglier, d'un ours, d'un saumon, d'un brochet, pour la tête, lorsqu'elle est coupée. ANIMAUX, leurs cris. L'abeille bourdonne, l'âne brait, le boeuf mugit ou beugle, la brebis bêle, le renard nasille, le cerf bramme, le chat miaule, le cheval hennit, (prononcez hanit) le chien aboie ou jappe, le cochon grogne, le corbeau croasse, la grenouille coasse, le lion rugit, le loup hurle, le serpent siffle, l'aigle et la grue glapissent ou trompettent, les petits chiens et les renards glapissent, les pigeons roucoulent, la perdrix cacabe, le moineau chuchète ou pépie, le paon braille ou criaille, le dindon glougloute, le poulet piaule, la poule glousse, le grillon grésillonne, l'oie siffle, le rossignol gringotte, &c. APPELER. _J'appelle, tu appelles, il appelle, nous appelons, vous appelez, ils appellent, j'appelais, j'appelai, j'appellerai, j'appellerais, appelle, appelons, appelez, que j'appelle, que nous appelions, que j'appelasse, appelant, appelé, appelée_. Ce verbe comme tous ceux qui sont terminés par _eler_, doublent la lettre _l_, quand après cette lettre on entend un _e_ muet; c.-à-d. lorsque la lettre _l_ est suivie de _e_, _es_, _ent_. _J'appelle_,--_tu chancelles_,--_ils étincellent._ Cette règle est applicable aussi aux verbes dont l'infinitif est en _eter_. V. JETER. APPLAUDIR. Comme on fait usage de ce verbe tantôt à l'actif, tantôt au neutre, il est indifférent de dire, _applaudir_ AUX _acteurs_, ou _applaudir_ LES _acteurs_: _on_ LUI _a applaudi_, ou, _on_ L'_a applaudi_. Le participe passé de _s'applaudir_ s'accorde toujours. _Ils se sont_ APPLAUDIS _de leur conduite_. ARC-EN-CIEL. Au pluriel on écrit, _arcs-en-ciel_; mais on prononce, comme au singulier, _ar-kan-ciel_. ARTICLE. On répète l'article et les adjectifs déterminatifs, _mon_, _ma_, _mes_, _ton_, _ta_, _tes_, _ce_, _cette_, _un_, etc. 1º. devant chaque substantif, _les officiers et_ LES _soldats_;--_son frère et_ SA _mère_. 2º. devant deux adjectifs unis par _et_, lorsqu'ils ne qualifient pas le même substantif: _les anciens et_ LES _nouveaux soldats_,--_vos grands et_ VOS _petits appartemens_. Mais on dirait, _les anciens et braves soldats_;--_vos grands et beaux appartemens_, attendu que les mêmes soldats sont _anciens et braves_, et les mêmes appartemens _grands et beaux_. Il n'est pas toujours aisé de connaître d'une manière précise les cas où l'on doit faire usage de l'article, et ceux où l'on ne doit pas s'en servir. Voici un principe général qui sera d'un grand secours pour les distinguer. On doit employer l'article avant tous les noms communs pris _déterminément_, mais non avant ceux qu'on prend _indéterminément_. Un nom est pris _déterminément_ lorsqu'il est employé pour désigner tout un genre, toute une espèce, ou enfin un individu. LA _jeunesse est imprévoyante_. Le mot _jeunesse_ est genre parce qu'il désigne la totalité des jeunes gens. LES _hommes à prétention sont insupportables_. Le mot _hommes_ est espèce, parce qu'il est restreint à un certain nombre d'individus. LE _roi est sage_. Le mot _roi_, dans cette phrase, désigne un individu. Un nom est pris _indéterminément_ lorsqu'on s'en sert uniquement pour réveiller l'idée qu'on y attache: qu'on ne détermine rien sur l'étendue dont elle est susceptible; en un mot qu'on ne l'emploie pas pour désigner ni un genre, ni une espèce, ni un individu. _Les chemins sont bordés_ DE _lauriers_, DE _grenadiers_, DE _jasmins_. Les mots _lauriers_, _grenadiers_, _jasmins_ étant indéterminés, ne prennent pas l'article. REMARQUES. Les noms de provinces et de royaumes peuvent être pris _déterminément_ et _indéterminément_. On dit: _je viens d'Angleterre, de France_, sans l'article; parce qu'il suffit de regarder l'Angleterre ou la France comme terme d'où l'on part, et qu'il est inutile de penser à l'étendue de ces royaumes. Mais parce que les mots _limites_, _bornes_ font penser à cette étendue, on dit; _les limites de l'Angleterre, les bornes de la France_. L'usage permet que l'on dise indifféremment, _les peuples de l'Asie_ ou _les peuples d'Asie_,--_les villes de l'Angleterre_ ou _les villes d'Angleterre_. Mais on dit avec l'article: _les peuples de l'Asie ont toujours été faciles à subjuguer_; parce que l'on considère ces peuples par rapport à l'étendue du pays qu'ils habitent. On dit plus communément: _il vient de l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique_. C'est une exception à la règle donnée plus haut. Il y a des noms de royaumes et de pays qui veulent absolument l'article; et l'on dit toujours: _les empereurs de la Chine--du Pérou--du Japon:--les habitants du Canada_. Les locutions suivantes sont donc vicieuses: _je vais_ EN _Canada_,..EN _Pérou_:--_il demeure_ EN _Canada_,..EN _Japon_. Il faut dire: _je vais_ AU _Canada_,..AU _Pérou_;--_il demeure_ AU _Canada_,..AU _Japon_. Les noms _Mercure_, _Jupiter_, _Vénus_, _Mars_, _Saturne_, _Herschel_ ne prennent pas l'article. ASPECT, PERSPECTIVE, VUE. _Aspect_ désigne des points de vue particuliers. _Les vues de la Suisse offrent les aspects les plus agréables._ _Perspective_ est _l'aspect_ des objets vus de loin. L'idée de _vue_ est plus étendue que celle d'_aspect_. ASSAILLIR. _J'assaille, tu assailles, il assaille, nous assaillons, j'assaillais, j'assaillis, j'assaillirai, j'assaillirais, assaille, assaillons, assaillez, que j'assaille, que j'assaillisse, assaillant, assailli, assaillie_. _Tressaillir_ se conjugue de même. ASSEOIR. _J'assieds, tu assieds, il assied, nous asseyons, vous asseyez, ils asseient, j'asseyais, nous asseyions, vous asseyiez, ils asseyaient, j'assis, j'assiérai ou j'asseierai, j'assiérais ou j'asseierais, assieds, asseyons, asseyez, que j'asseie, que nous asseyions, que vous asseyiez, qu'ils asseient, que j'assisse, asseyant, assis, assise_.. _Rasseoir_ se conjugue de même. ASSURER veut un régime direct de personne quand il signifie _témoigner_: _assurez_ LE _de mon estime_: et un régime indirect lorsqu'il veut dire _donner pour sûr_: _assurez_ LUI _que nous sommes réconciliés_. ATOCA. (_Oxycoccum_). Suivant Sarrasin, cité par Charlevoix, _atoca_ est un mot indien, qui désigne la baie de la canneberge. Cette baie, que les anglais appellent _cranberry_, ne porte point de nom en français. À TRAVERS veut un régime direct; _à travers_ LES _champs_: _au travers_ est toujours suivi de la proposition _de_: _au travers_ DU _corps_. AUCUN se met toujours au singulier: _aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire_: excepté quand il accompagne un substantif qui n'a pas de singulier, comme _pleurs_, _ancêtres_: ou qui, au pluriel, est pris dans un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_. _On n'a fait_ AUCUNES _fénérailles_,--AUCUNES _troupes ne sont mieux disciplinées_. AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes de comparaison qui doivent être suivis de la conjonction _que_, et non de _comme_, autre adverbe de comparaison. Ne dites pas: _il est aussi grand_ COMME _vous_,--_j'en ai autant_ COMME _vous_,--dites _il est aussi grand_ QUE _vous_,--_j'en ai autant_ QUE _vous_. On dit: _il est grand_ COMME _vous_:--_j'en ai_ COMME _vous_. AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on veut simplement marquer l'extension d'une qualité, il faut prendre _si_: _il n'est pas_ SI _fin_, _qu'on ne le puisse tromper_. Mais quand on veut faire comparaison entre deux adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir d'_aussi_ dans les phrases affirmatives: _il est_ AUSSI _poli qu'il est brave_: mais si la phrase est négative il faut employer _si_: _personne ne vous a servi_ SI _utilement que lui_. Cependant il est bien des personnes qui emploient alors presque indifféremment _si_ ou _aussi_, et disent, _il ne sera pas_ AUSSI _constant qu'il le dit_,--ou,--_il ne sera pas_ SI _constant qu'il le dit_. AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux sujets sont unis par _aussi bien que_, le verbe s'accorde avec le premier sujet: _le roi, aussi bien que ses ministres_, VEUT _la paix_. AUTOMNE, d'après l'usage le plus commun, est masculin quand l'adjectif précède: UN _bel automne_: et féminin quand l'adjectif suit: UNE _automne froide_. AUTOUR, ALENTOUR. Suivant les écrivains modernes _autour_ est une proposition, qui a par conséquent un régime, et _alentour_ un adverbe qui n'en a point. Il faut donc dire, _la reine avait toutes ses filles_ AUTOUR _d'elle_; et non pas, ALENTOUR _d'elle_:--_le roi était là, et ses gardes étaient_ ALENTOUR, et non pas, AUTOUR. AUTRE QUE, TOUT AUTRE QUE, AUTREMENT QUE, marquant la comparaison, veulent _ne_ devant le verbe suivant: _il est tout autre que je_ NE _pensais_:--_il parle autrement qu'il_ N'_agit_: excepté quand le premier verbe est négatif: _il_ NE _parle pas autrement qu'il agit_. AUXILIAIRES. Il y a deux auxiliaires _avoir_ et _être_: _avoir_ marque l'action, et _être_ l'état. Dans les verbes neutres qui prennent les deux auxiliaires, comme, _accourir_, _disparaître_, _déchoir_, _passer_, _décider_, _périr_, _croître_, _éclore_, _demeurer_, _rester_, _cesser_, _échapper_, _monter_, _descendre_, _entrer_ etc., on emploie _avoir_, si c'est l'action que le verbe énonce que l'on a en vue: et _être_ si c'est l'état que l'on veut exprimer. Ce sont les circonstances dont le verbe est accompagné qui indiquent lequel de ces deux points de vue on envisage: ainsi pour exprimer l'action, l'on dira avec _avoir_: _elle_ A _disparu subitement_;--_la fièvre_ A _cessé hier_;--_la rivière_ A _monté rapidement_;--_le baromètre_ A _descendu en peu d'heures_: et pour exprimer l'état qui suit l'action, l'on dira avec _être_; _elle_ EST _disparue depuis un an_:--_la fièvre_ EST _passée depuis quelque temps_;--_il_ EST _monté_--_il_ EST _descendu depuis une heure_. Il faut excepter de cette règle les verbes neutres _aller_, _arriver_, _choir_, _décéder_, _mourir_, _naître_, _tomber_, _venir_, et les composés de ce dernier, comme _devenir, intervenir, parvenir, revenir, survenir_, lesquels prennent le seul auxiliaire _être_, quoique chacun d'eux exprime une action: c'est l'usage qui en a décidé ainsi; _elles_ SONT _allées_,--_nous_ ÉTIONS _arrivés_,--_il_ SERA _venu_. Remarque. _Convenir_, _contrevenir_, _subvenir_, quoique formés du verbe _venir_, donnent lieu aux observations suivantes. _Convenir_ demande tantôt l'auxiliaire _avoir_, et tantôt l'auxiliaire _être_. Dans le sens d'être convenable, il prend _avoir_: et _être_ dans le sens de demeurer d'accord. _Cette maison m'_A _convenu, et je_ SUIS _convenu du prix_. _Contrevenir_ est employé par le plus grand nombre des écrivains avec _avoir_. _Subvenir_ prend toujours l'auxiliaire _avoir_. AVANT veut un régime, _auparavant_ n'en veut aucun. Ne dites pas, _auparavant de partir_, mais, _avant de partir_. AVANT, DEVANT. _Avant_ est pour l'ordre des temps; _devant_ pour l'ordre des places. Le premier est opposé à _après_, le second à _derrière_. Plusieurs auteurs font aussi usage d'_avant_ pour l'ordre des places. AVANT QUE rejette le _ne_. Dites, _avant qu'il parte_, et non, _avant qu'il_ NE _parte_. AVANT QUE DE, AVANT DE, sont employés indifféremment par les écrivains modernes: les prosateurs préfèrent même _avant de_. AVOIR _affaire à quelqu'un_, suppose infériorité, dépendance de celui qui a affaire. Un plaideur _a affaire_ À ses juges, et non AVEC ses juges. _Avoir affaire avec quelqu'un_, c'est avoir à traiter avec lui: _il faut éviter d'avoir affaire_ AVEC _les fripons_. _Avoir affaire de_ signifie avoir besoin de: _il a affaire_ D'_argent_,--_j'ai affaire_ DE _vous, ne sortez pas_. BARBARISME, (le) est l'emploi de mots inusités, ou pris dans un mauvais sens, ou mal associés: c'est aussi l'emploi de locutions insolites. Le _solécisme_ est une faute grossière contre la syntaxe. BÂTISSE, BÂTIMENT. _Bâtiment_ est l'édifice entier: _bâtisse_ n'en est que la partie comprenant la maçonnerie. Dites: _la bâtisse de cette construction a couté fort cher_: mais ne dites pas: _je veux assurer cette_ BATISSE; _je veux vendre cette_ BATISSE, pour signifier, _je veux assurer cette maison, je veux vendre cette maison_. BEAUCOUP. _Il s'en faut beaucoup_ marque différence de qualité: _il s'en faut de beaucoup_ la différence de quantité: _il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi prudent que vous_:--_il s'en faut_ DE _beaucoup qu'il ait autant de connaissances que son cousin_. BÉARN, ancienne province de France; prononcez, _Béar_. BÉNIT, TE, signifie consacré par l'église: _pain bénit_, _eau bénite_. _Béni--e_, a les autres significations de son verbe;--BÉNIS _sont les rois qui chérissent leurs peuples_. BIFTECK ou BIFSTECK de l'anglais, _beef-steak_, signifie tranche de boeuf saisie dans le beurre. BLEU. L'adjectif _bleu_ est invariable quand il est modifié par un autre adjectif, étant alors substantif. _Des étoffes_ BLEU FONÇÉ, c.-à-d. _d'un bleu foncé_. Il en est ainsi de plusieurs autres adjectifs qui désignent les couleurs: _des cheveux_ BLOND FONÇÉ;--_des robes_ ROSE TENDRE;--_des draps_ VERT FONCÉ:--_des cheveux_ CHATAIN CLAIR, etc. BOSSER, BOSSUER. _Bosser_ est un terme de marine. _Bossuer_ signifie _faire des bosses_: dites _j'ai_ BOSSUÉ _mon goblet_, et non pas, _j'ai_ BOSSÉ _mon goblet_. BOUILLIR. _Je bous_, _tu bous_, _il bout_, _nous bouillons_, _vous bouillez_, _ils bouillent_, _je bouillais_, _je bouillis_, _je bouillirai_, _je bouillirais_, _bous_, _bouillons_, _bouillez_, _que je bouillisse_, _bouillant_, _bouilli_, _bouillie_. BRAIRE n'est usité qu'aux temps et aux personnes qui suivent: _braire_, _il brait_, _ils braient_, _il braira_, _ils brairont_, _il brairait_, _ils brairaient_. BRUIRE, n'est guère usité qu'à l'infinitif, aux troisièmes personnes de l'imparfait de l'indicatif, _il bruyait_, _ils bruyaient_, et au participe présent, _bruyant_. _On entend_ BRUIRE _les vagues_:--_le vent_ BRUYAIT _dans la forêt_. BUREAU. Lieu où l'on expédie des affaires, où l'on travaille, où l'on délibère. Mais en parlant d'avocat, de notaire, il faut employer le terme _étude_, et dire, l'ÉTUDE _de tel avocat_, _l'_ÉTUDE _de tel notaire_. _Office_ pour signifier _bureau_ est un barbarisme. C ne se prononce pas à la fin des mots, _estomac_, _broc_, _croc_, _accroc_, _marc_, _échecs_, (jeu), _tabac_, _jonc_, _lacs_, (filets), _arsenic_, _escroc_, _tronc_, _clerc_, _cric_, _porc_, etc. CALÈCHE est un carosse léger et découvert, dont le train porte sur quatre roues. _Cabriolet_ est une voiture légère et suspendue, montée sur deux roues. _Calèche_ n'est donc pas synonyme de _cabriolet_; et c'est par conséquent une faute de l'employer comme tel. D'un autre côté, l'on se sert souvent du mot _cabriolet_, pour désigner la petite charrette sans soupentes, dont l'usage est si commun: c'est encore, comme l'on voit, une faute à éviter. CAMPAGNE. _À la campagne_ exprime le séjour que l'on fait hors de la ville. _Vivre à la campagne pour sa santé_. _En campagne_ signifie que l'on est en mouvement pour ces affaires, _les troupes sont_ EN _campagne_;--_il s'est mis_ EN _campagne pour découvrir ce qu'il cherche_. CARRIOLE est une voiture à roues, et c'est abusivement que l'on applique ce terme à une de nos voitures d'hiver à patins. _Traîneau_ est le mot propre. _Traîneau_ signifie voiture sans roues pour faire des courses sur les neiges, sur les glaces. _Traîneau_ désigne aussi la voiture sans roues destinée au transport également sur les neiges, de faix, de charges, etc. Le mot _traîne_, pris dans ce dernier sens, est un barbarisme. _Traîneau_ est encore un assemblage de pièces de bois, pour traîner sur la terre des fardeaux lourds, des marchandises, etc. Au mot _traîneau_ quelques personnes substituent le terme anglo-américain _sleigh_. C'est une absurdité. CARTOUCHE est _féminin_ quand il signifie charge en rouleau d'une arme à feu: mais il est _masculin_ lorsqu'il signifie ornement de sculpture, de peinture ou de gravure autour des inscriptions, des chiffres, des armoiries. LE _cartouche d'une carte géographique_. CENT au pluriel prend une _s_, _deux cents chevaux_: excepté lorsqu'il est suivi d'un autre adjectif de nombre: _deux cent cinquante chevaux_. Quand il s'agit de la date, _cent est_ toujours invariable; _l'an mille huit cent_. CHARLES V, Empereur d'Allemagne, se prononce, et même s'écrit quelquefois, CHARLES-QUINT. CUEILLIR. _Je cueille, tu cueilles, il cueille, nous cueillons, vous cueillez, ils cueillent; je cueillais, je cueillis, je cueillerai, je cueillerais, cueille, cueillons, que je cueille, que je cueillisse, cueillant, cueilli, cueillie_. Conjuguez de même _recueillir_, _accueillir_. CH. Le _ch_ dans plusieurs mots qui viennent du grec, ou de quelque langue orientale, se prononce comme _k_; tels sont: archéologie, archéologue, catéchumène, Chersonèse, Chalcédoine, chaldéen, chaos, chirographaire, chiragre, chirologie, chiromancie, Melchior, Melchisédech, Ochosius, Jéchonias, Achaïas, Archimélech, Ezéchias, Ezéchiel, exarchat, archiépiscopal, Michel-Ange, Achéloüs, archétype, etc. Cette règle souffre quelques exceptions, comme, _archevêque_, _archidiacre_, _archiprêtre_, _architecte_, etc., dont le _ch_ prend la prononciation française. CHACUN, précédé d'un pluriel, prend après lui _son_, _sa_, _ses_, quand le régime direct est avant, ou que le verbe n'a pas de régime de cette nature: _ils ont apporté leurs offrandes_, _chacun selon_ SES _moyens_;--_ils se sont retirés_, _chacun dans_ SA _chambre_:--_ils ont opiné_, _chacun à_ SON _tour_. Il prend _leur_, _leurs_ lorsqu'il est suivi du régime direct: _ils ont dit chacun_ LEUR _avis_: _ils ont apporté chacun_ LEURS _offrandes_. _Un chacun dit, un quelqu'un a pensé_ sont des locutions vicieuses: dites, _chacun dit, quelqu'un a pensé_. CHAIR. Considéré comme aliment le mot chair se dit plus ordinairement des animaux terrestres et des oiseaux: CHAIR _de boeuf_:--CHAIR _de mouton_:--CHAIR _de perdrix_: et c'est en ce sens que l'on dit, _on ne mange point de_ CHAIR _en carême_. _Chair_ se dit aussi quelquefois des poissons et des fruits: _la_ CHAIR _du brochet_:--_la_ CHAIR _du melon_. V. VIANDE. CHANTRE se dit pour le chant de l'église, et _chanteur_ et _chanteuse_ pour le chant profane. _Cantatrice_ est une chanteuse de profession. CHAQUE veut toujours un substantif après lui. Ainsi ne dites pas, _ces livres me coutent quatre francs_ CHAQUE: dites, _quatre francs_ CHACUN. CHOIR est usité seulement à l'infinitif. _Un astrologue un jour se laissa_ CHOIR. CHOISIR. Ce verbe ne régit pas les substantifs quand ils sont sans article, ou sans préposition: on ne dit pas, _il a été choisi président du comité_, mais, _il a été choisi_ POUR _président du comité_. CLORRE ou CLORE est usité à tous les temps composés, et de plus aux temps simples suivans; _je clos_, _tu clos_, _il clôt_, sans pluriel: _je clorai_, etc., _je clorais_, etc.: _clos_ sans pluriel, _clos_, _close_. _Enclorre_ se conjugue de même. CLUB, mot anglais, adopté depuis la révolution française, que l'on prononce _klobe_. COLLECTIF. Il y a deux sortes de noms collectifs, le _général_ qui représente une collection entière, et le _partitif_ qui représente une collection partielle. Tout verbe qui a pour sujet un collectif, s'accorde avec ce collectif, s'il est _général_: _l'infinité des perfections de Dieu m'accable_:--_la totalité des enfans sacrifie l'avenir au présent_; et avec le substantif qui suit le collectif, si celui-ci est _partitif_: _une multitude d'hommes l'environnaient_;--_une troupe de barbares désolèrent le pays_. On distingue le collectif partitif au mot, _un_, _une_, dont il est presque toujours précédé, UNE _quantité_, UNE _foule_. Remarque. Avec _la plupart_, employé absolument, le verbe se met toujours au pluriel. _Le sénat fut partagé_; _la plupart_ VOULAIENT _que_, etc. COLORER _une estampe_ est une faute. Dites COLORIER _une estampe_. _Colorer_ c'est donner la couleur; ainsi le saffran _colore_ l'eau. _Colorier_ c'est appliquer les couleurs: _une estampe_ COLORIÉE. COMMANDER. On emploie souvent, mais improprement, le mot _recommander_ au lieu de _commander_, pour signifier la charge que l'on donne de faire quelque chose. Ainsi l'on dit, _j'ai_ RECOMMANDÉ _un habit_,--_une paire de souliers_, au lieu de, _j'ai_ COMMANDÉ _un habit_,--_une paire de soulliers_. COMME. Lorsque deux sujets sont unis par _comme_, _ainsi que_, le verbe s'accorde avec le premier sujet: _l'enfer comme le ciel_ PROUVE _un Dieu juste et bon_:--_la vertu ainsi que le savoir_ A _son prix_. _Comme_ ne doit pas remplacer _que_ pour unir les deux termes d'une comparaison. Ne dites pas: _César était aussi éloquent_ COMME _brave_: dites, _aussi éloquent_ QUE _brave_:--_il est aussi grand_ COMME _moi_: dites, QUE _moi_. COMMENCER. _Commencer à_, désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement: _cet enfant commence_ À _parler_. _Commencer de_, exprime une action complète, qui aura de la durée: _il commença_ DE _parler à deux heures, et ne finit qu'à six_. COMPLU est toujours invariable, n'ayant pas de régime direct. _Elle s'est_ COMPLU _dans ses enfans_. COMPRIS. Le participe _compris_, employé sans auxiliaire, est invariable, quand il précède le mot auquel il se rapporte: _y_ COMPRIS _cette somme_; mais lorsqu'il le suit, il doit s'accorder avec lui: _cette somme y_ COMPRISE. CONCORDANCE des temps de l'indicatif entre eux dans certains cas. Lorsque deux verbes sont unis par la conjonction _que_, l'on met le second verbe au présent de l'indicatif, si ce second verbe exprime une vérité constante, ou une action qui se fait ou peut se faire dans tous les temps. _J'ai toujours cru qu'il_ EXISTAIT _un Dieu rénumérateur et vengeur_. Il faut dire... qu'il EXISTE. _J'ai toujours cru que quatre et cinq_ FESAIENT _neuf_. Il faut dire, FONT _neuf_. _Je vous ai dit qu'il n'y_ AVAIT _rien de stable dans ce monde_. Dites, _qu'il n'y_ A _rien de stable_. On se servira également du présent, s'il s'agit de quelque chose qui existe au moment que l'on parle, et l'on dira: _je savais bien que vous_ ÊTES _marié_;--_nous avons su que vous_ AVEZ _acheté une métairie_:--_on m'a rapporté que notre mère_ A ÉTÉ _quelque temps malade_; et non pas: _je savais bien que vous_ ÉTIEZ _marié_;--_nous avons su que vous_ AVIEZ _acheté une métairie_:--_on m'a rapporté que votre mère_ AVAIT ÉTÉ _quelque temps malade_. Au lieu du futur on se sert abusivement du conditionnel présent: _on nous a dit que vous_ CONSENTIRIEZ _à cette démarche_:--_votre frère m'a assuré que vous_ IRIEZ _à la campagne au printemps prochain_;--_le bruit a couru que je_ QUITTERAIS _ce pays incessamment_: il faut dire _que vous_ CONSENTIREZ; _que vous_ IREZ: _que je_ QUITTERAI, attendu qu'il s'agit ici seulement d'exprimer que les actions de _consentir_, d'_aller_, de _quitter_, s'exécuteront dans un temps où l'on n'est pas encore. Le conditionnel passé ne doit pas s'employer pour le conditionnel simple ou présent: _j'aurais parié que vous m'_AURIEZ RÉPONDU: dites, _que vous me_ RÉPONDRIEZ. CONCORDANCE des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif et du conditionnel. Quand le verbe de la proposition principale est à l'imparfait, aux prétérits, au plus-que-parfait, ou à l'un des conditionnels, l'on met le second verbe à l'imparfait du subjonctif. Par conséquent au lieu des phrases sottement ridicules; _il désirait que je_ CHANTE;--_je voudrais qu'il_ SORTE;--_le médecin a ordonné que vous_ PRENIEZ _un bain_; il faut dire: _il désirait que je_ CHANTASSE:--_je voudrais qu'il_ SORTIT:--_le médecin a ordonné que vous_ PRISSIEZ _un bain_. Cependant avec le prétérit indéfini l'on peut mettre le second verbe au présent du subjonctif, quand il exprime une action qui se fait dans tous les temps. _Dieu nous a créés pour que nous l'_AIMIONS. CONFIRE. _Je confis_, _tu confis_, _il confit_, _nous confisons_, _vous confisez_, _ils confisent_; _je confisais_, _je confis_, _je confirai_, _je confirais_, _confis_, _confisons_, _confisez_, _que je confisse_, point d'imparf. du subj. _confisant_, _confit_, _confite_. CONNEXITÉ dénote un simple rapport qui est dans la nature des choses: _connexion_ énonce une liaison établie entre les choses. CONSOMMER, CONSUMER. _Consommer se dit_ de tout ce qui est susceptible d'être accompli ou perfectionné: _un homme_ CONSOMMÉ _dans les sciences_: et _consumer_ du tout ce qui ont susceptible d'être dévoré ou anéanti: _il a_ CONSUMÉ _son temps et son argent_. CONSONNES. D'après l'ancienne appellation les consonnes, _b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z,_ se prononcent, _bé, cé, dé, effe, gé, ache, ji, ka, elle, emme, enne, pé, qu, erre, esse, té, vé, ixe, zède_. D'après la nouvelle appellation, elles se prononcent, _be, ce, de, fe, ghe, he, je, ke, le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, ze_. Cette nouvelle méthode fut proposée, par MM. du Port-Royal, et quoiqu'elle ait de grands avantages sur l'ancienne, elle resta long temps dans l'oubli, par cela seul quelle était contraire à la pratique générale. _Mais enfin_, dit Duvivier, _l'empire du préjugé commence à s'affaiblir, et dans peu elle sera selon toute probabilité, la seule en usage_. Suivant cette nouvelle appellation, toutes les lettres de l'alphabet sont _masculines_; suivant l'ancienne, il y en a qui sont _féminines_ et d'autres qui sont _masculines_. Les _féminines_, sont _f, h, l, m, n, r, s_: les _masculines_, _a, b, c, d, e, g, i, j, k, o, p, q, t, u, v, x, y, z_. CONSTABLE. On sait que les devoirs de l'_Officier de Paix_ en France, sont analogues à ceux du _constable_ en Angleterre. Il est donc évident que l'on doit rejetter le mot anglais _constable_, puisque nous avons en français son équivalent. Quant au mot français _connetable_, c'est une grave faute que de l'employer dans le sens d'_Officer de Paix_. CONTINUATION est pour la durée: _continuité_ pour l'étendue. CONTINUER À se dit d'une chose que l'on fait sans interruption: _continuez_ À _bien vivre_: _continuer de_ d'une chose où il y à interruption: _continuez_ DE _vous former le style_. CONTRAINDRE prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: c'est l'oreille et le goût qui en décident: _contraindre quelqu'un_ À _travailler_, ou DE _travailler_. Il en est ainsi des verbes _demander_, _s'empresser_, et _forcer_. COPIE n'est pas synonyme d'_exemplaire_, et c'est une faute de dire, _j'ai acheté quelques_ COPIES _de tel ouvrage_: dites, _quelques_ EXEMPLAIRES. COUDRE. _Je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent, je cousais, je cousis, je coudrai, je coudrais, couds, cousons, cousez, que je couse, que je cousisse, cousant, cousu, cousue_. COULEUR et COLORIS, en parlant d'un tableau, ont des significations bien différentes. _Couleur_ est l'impression que fait sur l'oeil la lumière réfléchie par chaque partie du tableau. _Coloris_ est l'effet qui résulte de l'ensemble, et de l'assortiment des _couleurs_. COULEUR est toujours féminin, excepté dans les mots composés, _couleur de feu_, _couleur de rose_, etc. Ainsi l'on dit; LE _couleur de feu est_ MA _couleur favorite_: _cette étoffe est d'_UN _couleur de rose charmant_. On dit adjectivement, _un ruban couleur de feu_. Un habit de couleur, une robe de couleur, sont un habit et une robe de toute autre couleur que le blanc et le noir. COUPLE est féminin quand il désigne deux choses qui ne vont pas ensemble nécessairement: _une couple de serviteurs_,--_de poulets_,--_d'oeufs_. Ils est masculin quand il désigne deux personnes unies par le mariage, ou qu'il se dit d'un mâle ou d'une femelle qu'on a appareillés ensemble: _un couple d'époux_,--_un couple de pigeons_. COURIR prend deux _r_ au futur simple, _je_ COURRAI et au présent du conditionnel _je_ _cou_RR_ais_. Il en est ainsi des verbes _concourir_, _discourir_, _encourir_, _parcourir_, _secourir_, _mourir_, _accourir_. COUVERCLE est ce qui ferme en couvrant: ainsi on dit, COUVERCLE _d'un chaudron_,--_d'un pot_,--_d'une écuelle_,--_d'une soupière_, etc. On doit se garder d'employer dans ce sens le mot _couvert_ qui a une toute autre signification. CRAINTE, PLAINTE. Autrefois l'on rejetait les participes féminins _crainte_ et _plainte_; aujourd'hui on les emploie, et l'on dit: _la chose que j'ai crainte_,--_la personne que j'ai plainte_. CRAINTE DE précède toujours un substantif: dites, _crainte de_ PIS, et non pas DE _crainte de_ PIS. _De crainte de_ se met devant un infinitif: dites, DE _crainte de_ TOMBER, et non pas, _crainte de_ TOMBER. CROIRE _quelque chose_, c'est l'estimer véritable; _je crois la religion_. _Croire à quelque chose_, c'est s'y fier, y avoir confiance: _je crois_ À _son innocence_. _Croire quelqu'un_, c'est ajouter foi à ce qu'il dit: _c'est un menteur, on ne_ LE _croit plus_. _Croire à quelqu'un_, c'est croire à son existence: _il croit_ AUX _revenans_. On dit aussi dans ce sens, _croire à la magie_. CULOTTE, vêtement d'homme de la ceinture aux genoux. On ne doit pas confondre _culotte_ avec _pantalon_ qui est un vêtement de la ceinture aux pieds. D final sonne dans les noms propres _David_, _Obed_, _Joad_, etc.: et dans _Sud_ (le midi). En général le d final se fait sentir devant une voyelle, ou une _h_ non aspirée. Cette règle néanmoins souffre beaucoup d'exceptions, surtout dans la conversation: ainsi dans ces phrases, _chaud accablant_,--_bord escarpé_,--_froid épouvantable_, le _d_ est nul en prononciation. On doit à cet égard consulter l'oreille, interroger l'usage. DAME est un titre d'honneur qui s'étend aujourd'hui à toutes les femmes d'une condition un peu honnête. Mais c'est une erreur grossière de l'employer comme synonyme de _femme mariée_. Ainsi ne dites pas, _la_ DAME _de Monsieur un tel_; ni, _votre_ DAME; dites; _la_ FEMME _de Monsieur un tel_: _votre_ FEMME. Cette dernière locution, quoique correcte, doit être évitée néanmoins dans la bonne société: au lieu donc de dire, _votre femme_, dites _Madame_, en y ajoutant le nom du mari. Une dame ne dit, _mon mari_, que dans l'intimité; en toute autre circonstance elle le nomme par son nom en l'appelant _Monsieur_. Mais il n'en est pas ainsi du mari; il serait ridicule qu'il dit en société, _mon épouse_ ou _Madame_ N: il doit dire tout simplement, _ma femme_. _Madame votre femme_, _Madame votre épouse_ sont des expressions de mauvais ton; moins ridicules néanmoins que, _Monsieur mon père_: _Madame ma mère_. Une dame ne doit pas dire, _quand j'étais fille_, mais, _quand j'étais demoiselle_. DANS, EN. _Dans_ a un sens précis et déterminé: _il est_ DANS _la ville_: _en_ a un sens vague et indéterminé: _il est_ EN _ville_. _Dans_ marque le temps où l'on exécute les choses; _il viendra_ DANS _un mois_: et _en_, celui qu'on emploie à les exécuter: _il a fait le voyage_ EN _un mois_. DE entre deux noms. Si le second nom ne sert qu'à spécifier la nature du premier nom, et par conséquent s'il n'est employé que dans un sens indéfini, dans un sens général, qui ne présente à l'esprit qu'une idée vague et confuse, l'idée de pluralité disparaît, et le second nom se met au singulier: _des queues de cheval_;--_de l'huile d'olive_;--_des gens de plume_. Mais le second nom se place au pluriel, s'il désigne une chose qui se compte; _une mesure de haricots_;--_un bouquet de roses_,--_un marchand de plumes_ (à écrire). DÉCHOIR. _Je déchois_, _tu déchois_, _il déchoit_, _nous déchoyons_, _vous déchoyez_, _ils déchoient_, point d'imparfait, _je déchus_, _je décherrai_, _je décherrais_, _déchois_, _déchoyons_, _déchoyez_, _que je déchoie_, _que tu déchoies_, _qu'il déchoie_, _que nous déchoyions_, _que vous déchoyiez_, _qu'ils déchoient_, _que je déchusse_, point de participe présent, _déchu_, _déchue_. DEDANS ne veut point de régime: dites, _dans la ville_, et non, DEDANS _la ville_; à moins que _dedans_ ne soit précédé d'une préposition; PAR _dedans la ville_; ou employé en opposition avec un des adverbes _dehors_, _dessus_, _dissous_: _il y à des animaux_ DEDANS _et_ DESSUS _la terre_. DE FACON QUE. _De façon que_, _de manière que_, _de sorte que_, demandent le subjonctif, quand l'idée tient du doute, de l'avenir: _conduisez-vous de manière que vous_ MÉRITIEZ _l'estime des gens de bien_: et l'indicatif lorsqu'elle est positive, et qu'elle a rapport au présent, ou passé: _il s'est conduit de façon qu'il_ A MÉRITÉ _l'estime des gens de bien_. DEHORS ne veut point de régime: dites, _hors de la ville_; à moins que _dehors_ ne soit précédé d'une préposition: _passer_ PAR _dehors la ville_; ou employé en opposition avec un des adverbes _dedans_, _dessus_, _dessous_: _j'en voyais et_ DEDANS _et_ DEHORS _nos murailles_. DÉJEUNER, DÎNER, SOUPER. Ces trois verbes veulent la préposition _avec_ devant un nom de personne: et la préposition de devant le nom de la chose que l'on mange, _j'ai déjeûné_--_dîné_--_soupé_ AVEC _mon ami_: _j'ai déjeûné_ DE _café_: _j'ai dîné_ D'_un bon pâté_. On dit, DE _quoi avez-vous déjeûné_--_dîné_--_soupé_? et non pas, AVEC quoi avez-vous déjeûné? etc. DÉLICE au singulier est masculin; au pluriel féminin: _mon plus_ GRAND _délice_,--_mes plus_ CHÈRES _délices_. DÉLIVRER dans le sens de _livrer_ ne peut avoir deux régimes de personnes. Ainsi on dit bien, _délivrer des marchandises à quelqu'un_: mais on ne doit pas dire, _délivrer un prisonnier à quelqu'un_. DEMAIN. On dit, _demain matin_, _demain soir_ de préférence à _demain_ AU _matin_, _demain_ AU _soir_. DEMEURER prend _avoir_ pour exprimer que le sujet n'est plus au lieu, dans l'état dont il est question: _il_ A _demeuré six mois en Italie_:--_il_ A _demeuré longtemps captif_. Il prend _être_ pour marquer que le sujet n'a pas changé de lieu, d'état: _deux cens hommes_ SONT _demeurés sur le champ de bataille_:--_il a reçu une blessure, et_ EST _demeuré infirme_. DEMI reste invariable quand il précède le substantif: _une_ DEMI_-heure_: _une_ DEMI_-verge_: et s'accorde en genre seulement lorsqu'il suit le substantif: _deux heures et_ DEMIE. DÉPLU. Le participe _déplu_ est toujours invariable: _ces Messieurs se sont_ DÉPLU _à la campagne_:--_ces Dames se sont_ DÉPLU. DE QUI, DONT, DUQUEL. _De qui_ ne se dit que des personnes, ou des choses personnifiées. _Dont_ et _duquel_ se disent des personnes et des choses; mais en général _dont_ est préférable: _un arbre_ DONT _le fruit est excellent_, et non pas, _un arbre_ DUQUEL, etc. Cependant _duquel_ doit être préféré à _dont_; 1º pour éviter une équivoque; _la bonté du Seigneur_ DE LAQUELLE _nous ressentons les effets_. 2º lorsque le mot auquel se rapporte ce pronom relatif est suivi d'une préposition: _l'homme à la réputation_ DUQUEL _vous voulez nuire_; et non pas, _l'homme à la réputation_ DONT, etc. DÉSESPÉRER QUE, étant accompagné d'une négation, veut _ne_ devant le verbe qui suit: _je ne désespère pas qu'il_ NE _vienne_. DÉSHONNÊTE, MALHONNÊTE. Il ne faut pas confondre ces deux mots. Le premier est contraire à la pureté: le second à la civilité, à la droiture. DESSUS, DESSOUS ne veulent pas de régime: ne dites donc pas, DESSUS _la table_, DESSOUS _le lit_: _dites_ SUR _la table_, SOUS _le lit_: à moins que ces adverbes ne soient précédés d'une préposition: PAR DESSUS _les murs_, PAR DESSOUS _la jambe_: ou employés en opposition: _il y a des livres dessus et dessous_ LA TABLE. DIRE. De tous les composés de _dire_, il n'y a que le verbe _redire_ qui se conjugue absolument comme _dire_: _redire_ fait donc au présent de l'indicatif, _vous redites_, et à l'impératif _redites_. À l'égard des verbes _dédire_, _contredire_, _interdire_, _médire_, _prédire_, on dit au présent de l'indicatif, _vous dédisez_, _vous contredisez_, _vous interdisez_, _vous médisez_, _vous prédisez_, et à l'impératif, _dédisez_, _contredisez_, _interdisez_, _médisez_, _prédisez_. DISCONVENIR. Lorsque _disconvenir_ est accompagné d'une négation, il veut _ne_ devant le verbe suivant; _je ne disconviens pas qu'il_ NE _soit habile_. DISPUTER. Lorsque _disputer_ signifie, _prétendre concurremment à_, il prend le pronom personnel, et alors il est suivi d'un régime direct: _on_ SE DISPUTE _la prééminence_,--_un rang_,--_un héritage_. Employé dans un sens absolu, signifiant _avoir contestation_, il ne prend pas ce pronom: ainsi ne dites pas, _vous avez tort de_ VOUS DISPUTER,--_ils_ SE _se sont longtemps_ DISPUTÉS: dites, _vous avez tort de_ DISPUTER: _ils_ ONT _longtemps_ DISPUTÉ. DISTINGUER DE se dit des choses analogues; _distinguer la bienfaisance_ DE _la charité_; _distinguer d'avec_, se dit d'objets différens: _distinguer l'or d'_AVEC _l'argent_. DONC se prononce _donk_ devant une voyelle, et au commencement d'une phrase, ou d'un membre de phrase; et aussi quand la phrase indique l'indignation, la colère, etc. DOUTER accompagné d'une négative veut _ne_ devant le verbe suivant: _je ne doute pas que vous_ NE _réussissiez_. Le participe passé de _se douter_ s'accorde toujours avec le second pronom; _il se sont_ DOUTÉS _de cela_. DRESSER. Dites, _les cheveux me dressent_ À _la tête_, et non SUR _la tête_. DROIT. On dit, _Mademoiselle marchez_ DROIT, et _Mademoiselle marchez_ DROITE. Le premier veut dire, _marchez en ligne droite_: _droit_ est un adverbe, et se rapporte au verbe _marchez_: le second signifie _tenez-vous droite en marchant_. DU, DE LA, DES sont employés devant les substantifs communs, pris dans un sens partitif; c.-à-d., pour désigner une _partie_, une _portion_ des personnes ou des choses dont on parle: _il a_ DU _papier_; c.-à-d., _quelque papier_:--vous avez DE L'_encre_; c.-à-d., _quelque encre_:--_nous avons acheté_ DES _plumes_; c.-à-d., _quelques plumes_: excepté quand le substantif dans un sens partitif, est précédé d'un adjectif; alors on emploie simplement _de_; _il a_ DE _bon papier_:--_vous avez_ DE _bonne encre_:--_nous avons acheté_ D'_excellentes plumes_. On ne doit donc pas dire; _j'ai mangé_ DE LA _bonne viande_:--_j'ai bu_ DU _bon vin_:--_voilà_ DU _beau papier_: dites, _j'ai mangé_ DE _bonne viande_:--_j'ai bu_ DE _bon vin_:--_voilà_ DE _bon papier_. DU GUESCLIN. On ne fait point sonner l'_s_ de ce nom d'homme. DURANT. Cette préposition se met quelquefois après son régime; _sa vie_ DURANT. _Durant_ exprime une durée continue; _pendant_ marque un moment, une époque. _Durant que_, n'est plus usité. ÉCHOIR, n'est guère d'usage au présent de l'indicatif qu'à la troisième personne du singulier, _il échoit_, qu'on prononce et qu'on écrit quelquefois _il échet_: point d'imparfait de l'indicatif, _j'échus_, _j'écherrai_, _j'écherrais_, point d'impératif, _qu'il échée_, _qu'ils échéent_, _que j'échusse_, _échéant_, _échu_, _échue_. _Échoir_ construit avec les adverbes _bien_ et _mal_, se dit des personnes; _vous ne sauriez que_ BIEN _échoir_;--_je suis_ MAL _échu_. Noël veut qu'aux temps composés _échoir_ prenne _avoir_ et _être_. Duvivier prétend au contraire que le participe du verbe _échoir_ se construit avec le seul auxiliaire _être_. ÉCLAIRER. Lorsqu'on donne ordre de porter une lumière à quelqu'un qui passe par un endroit obscur, il faut dire, _éclairez_ À _Monsieur_, et non pas, _éclairez Monsieur_. ÉCLORE, _il éclôt_, _ils éclosent_, _il éclora_, _ils écloront_, _il éclorait_, _ils écloraient_, _qu'il éclose_, _qu'ils éclosent_, _éclos_, _éclose_. Il n'est usité qu'aux temps et aux personnes ci-dessus, et de plus à la troisième personne du singulier et du pluriel des temps composés. EFFORCER À. (s') _S'efforcer à_, a rapport aux forces physiques; _s'efforcer_ À _courir_:--_s'efforcer_ À _porter un fardeau_. _S'efforcer de_, a rapport aux facultés intellectuelles: _s'efforcer_ D'_être plaisant_:--_s'efforcer_ DE _paraître calme_. ELLE, EUX, ELLES, précédés d'une préposition, ainsi que les prénoms, _lui_, _leur_, ne se disent que des personnes, ou des choses personnifiées: il ne faut donc pas dire, _cette maison menace ruine, n'approchez pas_ _d'_ELLE:--_ce cheval est méchant_, ne LUI _touchez pas_. Dans ces cas on se sert des pronoms _en_ et _y_; _n'_EN _approchez pas_;--_n'_Y _touchez pas_: ou bien on donne une autre tournure à la phrase si les pronoms _en_ et _y_ ne peuvent y entrer. Placés après le verbe _être_ les pronoms _lui_, _elle_, _eux_, _elles_ ne se disent que des personnes: _est-ce Monsieur votre père?_--_c'est_ LUI;--_est-ce votre soeur qui a écrit?_--_c'est_ ELLE;--_sont-ce là vos cousins?_--_ce sont_ EUX. Mais aux questions suivantes, où il s'agit de _choses_ et non de _personnes_: _est-ce là votre chapeau?_--_est-ce là votre épée?_--_sont-ce là vos livres?_--_sont-ce là vos plumes?_--il ne faut pas _répondre_, _oui, c'est_ LUI,--_c'est_ ELLE,--_ce sont_ EUX,--_ce sont_ ELLES: il faut répondre _ce_ L'_est_ aux deux premières questions, et _ce_ LES _sont_ aux deux dernières. EMPIERRER et EMPIERREMENT. (Dict. de Boiste) _Empierrer_ c'est mettre un lit de pierres sous l'aire du gravier pour le consolider. _Empierrement_ signifie le lit de pierres, ou l'action de les poser. V. FERRER. EMPÊCHER QUE, veut toujours _ne_ devant le verbe suivant: _j'empêcherai qu'il_ NE _vienne_. EN. Lorsqu'il est question de choses, on se sert du pronom relatif _en_, au lieu du pronom possessif, ainsi il faut dire; _ce livre me plaît, la reliure_ EN _est belle_, et non pas, SA _reliure est belle_:--_cette statue est belle, mais la tête_ EN _est trop petit_, et non pas SA _tête est trop petite_. Au jeu de cartes on dit, _jouer_ EN _pique_--EN _coeur_, etc., et non pas, DU _pique_,--DU _coeur_. V. SON, SA. ENGAGER prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _il s'engagea_ À _payer_, ou DE _payer_. ENNOBLIR (prononcer _an-noblir_,) c'est donner de l'éclat, du lustre: _les beaux arts_ ENNOBLISSENT _une langue_. _Anoblir_ c'est donner des lettres de noblesse: _la Reine Victoire l'a_ ANOBLI. ENNUYANT marque l'action, et _ennuyeux_ l'état. Un homme _ennuyant ennuie_ actuellement par ses discours, ou de quelqu'autre manière: un homme _ennuyeux_ est celui qui par sa simplicité, par l'habitude de bavarder, etc., a tout ce qu'il faut pour ennuyer. _Ennuyeux_ se dit des personnes et des choses: _ennuyant_ des personnes seulement. ENTRE. L'_e_ final d'_entre_ s'élide seulement dans les verbes réfléchis, dont le simple commence par une voyelle: _s'entr'aider_, _s'entr'ouvrir_: et de plus dans _entr'acte_, _entr'autres_, et quelquefois devant _eux_, _elles_: c'est à volonté: _entr'eux_, _entr'elles_, ou _entre eux_, _entre elles_. ENTRE-NUIRE. (s') Le participe passé de _s'entre-nuire_ est toujours invariable: _ils se sont_ ENTRE-NUI. ENVIRON ne doit pas être suivi de la conjonction _ou_: ne dites pas; _une somme d'_ENVIRON _quatre_ OU _cinq cens livres sterling_: dites; _une somme de quatre_ OU _cinq cens livres sterling_: ou bien, _d'environ quatre_ À _cinq cens livres sterling_. La raison en est qu'_environ_ et _ou_ expriment chacun quelque chose de vague: leur réunion forme un pléonasme vicieux. _Environ_ ne doit pas être suivi de _de_: dites, _il était environ deux heures_, et non, _environ_ DE _deux heures_. ESPÉRER QUE portant à l'esprit une idée de _futur_, ne doit pas être suivi d'un verbe au _présent_ ou au _passé_: _j'espère que vous vous_ PORTEZ _bien_:--_j'espère que vous_ AVEZ RÉUSSI. Dites: _je me_ FLATTE _que vous vous portez bien_;--_je_ PENSE _que vous avez réussi_. C'est une faute grossière de dire; ESPÉREZ _un moment_, pour ATTENDEZ _un moment_. ESSAYER prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif qui suit: _essayer_ À ou DE _combattre_: c'est le goût qui en décide. ET. La conjonction _et_ donne lieu à plusieurs remarques. 1º. Elle ne doit pas unir les mots synonymes; ainsi ne dites pas, _une douceur_ ET _une aménité admirable_;--_il est érudit_ ET _savant_; dites, _une douceur_, _une aménité admirable_:--_il est érudit_, _savant_. 2º. Elle ne doit pas non plus unir deux membres de phrases commençant chacun par une des conjonctions, _plus_, _moins_, _autant_. Dire, _plus on étudie_, ET _plus on aime l'étude_, serait une faute: dites: _plus en étudie_, _plus on aime l'étude_. 3º. Elle ne peut unir que des mots de même nature, c.-à-d., un substantif à un substantif, un verbe à un verbe, etc.: d'où il suit que l'on ne doit pas dire, _il aime le jeu et_ À ÉTUDIER, mais, _il aime le jeu et l'_ÉTUDE. ET CÆTERA. Quand il est question de _choses_, l'on dit, _et cætera_; quand il s'agit de _personnes_, il faut dire, _et autres_, ou, _et d'autres_, ou, _et les autres_. ÊTRE. Le verbe _être_ précédé de _ce_ se met au pluriel, lorsqu'il est suivi de la troisième personne du pluriel: _ce_ SONT _les Romains_;--_ce_ SONT _eux_;--_c'_ÉTAIENT _nos amis_;--_ce_ SERONT _nos ennemis_, _qui_.. Mais on dirait avec le verbe _être_ au singulier, _c'_EST _le travail et l'application_;--_c'_EST _nous_;--_c'_EST _vous_;--_c'_ÉTAIT _nous_;--_ce_ SERA _vous_; aucun de ces mots ne formant la troisième personne du pluriel. _Remarque._ Quelques auteurs emploient le singulier, quoique le verbe soit suivi de la troisième personne du pluriel. Racine dit, _ce n'_EST _pas les Troyens_: l'Académie écrit, EST-_ce les Anglais_? Le temps du verbe _être_ précédé de _ce_ est déterminé par le verbe suivant: ainsi il faut dire: _ce_ SERA _nous qui répondrons_; et non pas, _c'_EST _nous qui répondrons_;--_ce_ FUT _Cicéron qui sauva la république_; et non pas, _c'_EST _Cicéron qui sauva la république_. Lorsque le verbe _être_ précédé de _ce_, est suivi d'une préposition, comme dans, _c'est à vous_; _c'était de nous_; _ce sera pour mes enfans_; on fait usage de la conjonction _que_: _c'est_ À _vous_ QUE _je m'adresse_;--_c'était_ DE _nous_ QUE _vous parliez_;--_ce sera_ POUR _mes enfans_ QUE _je travaillerai_. Si au lieu de cette conjonction, on employait _à qui_, dans la première phrase; _dont_ ou _de qui_ dans la seconde; et _pour qui_ dans la troisième; l'on violerait les règles de la grammaire, en ce que l'on donnerait deux régimes indirects aux verbes, _je m'adresse_, _vous parliez_, _je travaillerai_, tandis qu'ils n'en doivent avoir qu'un. On dit de même, _c'est ici_ QUE _je demeure_;--_c'est là_ QUE _je vais_: et non pas, _c'est ici_ OÙ _je demeure_;--_c'est là_ OÙ _je vais_. Dans ces phrases, ce ne sont pas, il est vrai, deux régimes indirects qui marquent le même rapport, mais deux adverbes qui expriment la même circonstance, et dont un seul suffit. Après le verbe _être_ précédé de _ce_, l'on met _à_ et _de_ devant l'infinitif: _c'est à moi à_,--_c'est à vous à_,--_c'est à lui à_, éveille une idée de tour: _c'est à moi de_,--_c'est à vous de_,--_c'est à lui de_, exprime une idée de droit ou de devoir. Ainsi l'on dira, _c'est à moi_ À _jouer_, c.-à-d., c'est mon tour de jouer: _c'est à moi_ DE _commander_, c.-à-d., c'est mon droit, c'est mon devoir de commander. On dit souvent _il a été_ pour _il est allé_, et vice-versa. La règle à suivre en cela est que toutes les fois que l'on suppose le retour du lieu, il faut dire, _il a été_, _j'ai été_: et lorsqu'il n'y a pas de retour, _il est allé_. Ainsi, _Pierre est allé au sermon_, signifie que Pierre n'est pas de retour du sermon: _Pierre a été au sermon_, veut dire que Pierre est de retour du sermon. Les locutions, _je suis allé le voir_;--_je suis allé le visiter_, sont vicieuses; il faut dans l'une et l'autre phrase dire, _j'ai été_. Il est essentiel de remarquer que ce n'est que dans les temps composés, qu'on emploie le verbe être pour le verbe _aller_; _il est allé à la messe_,--_il a été à la messe_: ne dites, pas: _il_ FUT _à la messe_,--_il_ FUT _jusqu'à Rome_: mais, _il_ ALLA _à la messe_,--_il_ ALLA _jusqu'à Rome_. EUPHONIE; terme de grammaire qui signifie prononciation agréable. L'_euphonie_ fait changer quelquefois un mot, comme quand on dit MON _amitié_ pour MA _amitié_; et quelquefois ajouter certaines consonnes, comme dans ces locutions, _va_-T-_en_;--_va_s-_y_;--_si_ L'_on vous demande_: où les lettres T, S, L, font éviter le son désagréable qui résulte de la rencontre de deux voyelles. ÉVANGILE est masculin. Ne dites pas, _la dernière évangile_,--_à la dernière évangile_, mais, _le dernier évangile_,--_au dernier évangile_. ÉVEILLER, RÉVEILLER. _Éveiller_ se dit d'une cessation de sommeil douce, ordinaire et naturelle. _Réveiller_ suppose quelque chose d'irrégulier et de subit. ÉVITER ne signifie jamais _épargner_: ne dites pas, _je vous_ ÉVITERAI _cette peine_;--ÉVITEZ _moi ce désagrément_: dites, _je vous_ ÉPARGNERAI _cette peine_;--ÉPARGNEZ _moi ce désagrément_. EXCEPTÉ s'accorde lorsqu'il suit le substantif; _vos frères_ EXCEPTÉS, et reste invariable quand il le précède, EXCEPTÉ _vos frères_. EXCLURE. Participe passé _exclu_, _exclue_: ou, _exclus_, _excluse_. Ce dernier est peu usité. EXCUSE. _Demander excuse_ signifie _exiger des excuses_: on ne peut donc pas dire à quelqu'un qu'on a offensé, _je vous demande excuse_; il faut dire, _je vous fais excuse_. EXEMPLE est féminin quand il signifie modèle de _dessin_, d'_écriture_, etc., que l'on copie: il est masculin dans ses autres acceptions. C'est une faute grave de dire, IMITEZ _l'exemple de vos ancêtres_, dites, SUIVEZ _l'exemple de vos ancêtres_. EXHIBITION est un terme de pratique qui signifie, _représentation juridique de papiers_. Gardez-vous donc d'employer ce mot en parlant de bestiaux, de grains, et en général des produits de l'industrie, d'objets d'art, offerts à la vue du public en certaines occasions. _Exposition_ est le terme propre. Ainsi dites, EXPOSITION _de tableaux_, _de bestiaux_ etc.; et s'il y a concurrence pour des prix, employez le mot _concours_. Ces observations s'appliquent également au verbe _exhiber_. EXPIRER se conjuge avec _être_ quand il se dit des choses; _la trève_ EST _expirée_; et avec _avoir_ lorsqu'il se dit des personnes, _il_ A _expiré entre mes bras_. F. L'_f_ finale ne se fait pas sentir dans les mots suivans: _clef_, _clefs_, _oeuf frais_, _oeuf dur_, _oeuf pourri_, _boeuf gras_, _boeuf salé_, _cerf_, _cerfs_: elle ne se fait pas sentir non plus dans les mots au pluriel, _nerfs_, _boeufs_, _oeufs_; mais on l'a fait entendre dans ces expressions, _du boeuf_, _un oeuf_, _un nerf_, dans _nerf de boeuf_, l'on prononce seulement l'_f_ du mot _boeuf_; dans le mot _neuf_ l'_f_ se fait sentir au singulier, et elle est muette au pluriel: _habit neuffe_, _habits neu_. FACE. La locution _en face_ prend après elle la préposition de; _en face_ DU _temple_. Cependant dans le style familier on peut omettre cette préposition; _il demeure en face le marché_. Cette régle s'applique à _près_, et à _vis-à-vis_. FAILLIR est usité principalement à l'infinitif; au passé défini, _je faillis_; et aux temps composés, _j'ai failli_, _j'avais failli_. Le participe présent _faillant_ s'emploie rarement. On dit _j'ai failli tomber_ ou _de tomber_ ou _à tomber_; c'est l'oreille qui décide. C'est encore l'oreille qui prescrit le choix des prépositions _à_ ou _de_ devant l'infinitif, qui suit les verbes _contraindre_, _demander_, _s'empresser_, _s'engager_, _finir_, _forcer_, et _souffrir_. FALLOIR. _Il s'en faut_, accompagné d'une négation, ou de quelque mot qui ait un sens négatif, tels que, _peu_, _guère_, _presque_, _rien_, etc., veut la négation devant le verbe suivant: _il ne s'en faut pas_ BEAUCOUP _qu'il_ NE _soit ruiné_:--_il s'en fallait_ PEU _qu'il_ N'_eût achevé_. Mais on dirait, _il s'en faut qu'on y meure de faim_, le verbe _il s'en faut_, n'étant accompagné d'aucune préposition négative. FERRER un chemin, c'est le garnir de pierraille, d'après le système de McAdam. V. EMPIERRER. FEU. L'adjectif _feu_ ne s'accorde en genre que quand il précède immédiatement le substantif: _la_ FEUE _reine_,--_notre_ FEUE _mère_: mais on dit sans accord; FEU _la reine_;--FEU _notre mère_, l'adjectif _feu_ étant séparé de son substantif par les mots _la_, _notre_. FEVE et HARICOT. Malgré beaucoup de ressemblance _la fêve_ et _le haricot_ sont des légumes bien différens, et jamais les naturalistes ne les confondent. Linnée nomme la _fêve_ FABA, et le _haricot_ PHASEOLUS. Nous possédons en abondance la _féve_ et le _haricot_: mais il est à regretter que nous les désignions presque toujours par le seul mot _féve_: à peine même le terme _haricot_ nous est-il connu. FINIR prend _à_ et _de_ devant l'infinitif: _il ne finit pas_ DE _parler_; ou, _il ne finit pas_ À _parler_. C'est l'oreille qui en décide. FIXER ne saurait s'employer pour _regarder_: ne dites pas, _on ne peut_ FIXER _le soleil_, _sans en être ébloui_: dites, _on ne peut_ REGARDER etc. FLEURIR employé au figuré, c.-à-d., en parlant des arts, des sciences, d'un empire, fait au participe _florissant_ et à l'imparfait _florissait_; _alors les sciences_ FLORISSANT _en Égypte_:--_l'empire romain_ FLEURISSAIT _sous Tite_. FORTUNÉ n'a jamais le sens de _riche_. Ne dites pas _un homme_ FORTUNÉ: dites _un homme qui a de la fortune_. FOUDRE employé au propre est féminin: _être frappé_ DE LA _foudre_: employé au figuré il est masculin: _quand le sublime rient à éclater, il renverse tout comme_ UN _foudre_: à moins qu'il ne soit accompagné d'une épithète; alors il est des deux genres; _la foudre_ VENGEUR, OU, _la foudre_ VENGERESSE. FUNERAIRE n'est guère usité qu'en cette phrase: _frais funéraires_. FUR. On dit également bien AU _fur et_ À _mesure_, ou, À _fur et_ À _mesure_. G, est nul dans _Clugny_, _Regnaud_ et _Regnard_, (poëte): dites _Cluny_, _Reno_, _Renar_. _Gessner_ (poëte) se prononce _Guesse-nère_. GABARI est un terme de marine, et signifie modèle de construction de vaisseau, et contour vertical de la carène. Toute autre acception est étrangère à ce mot. GARDE. Si _garde_ en composition se dit _d'une personne_, il a alors le sens de _gardien_, substantif qui doit prendre l's au pluriel; _des gardes-champêtres_, des _gardes-marines_, des _gardes-magasins_. Mais si _garde_ se dit d'_une chose_, ou se rapporte à _une chose_, alors il est verbe, et par conséquent invariable: des _garde-vue_, des _garde-manger_, des _garde-robes_. _Garde_ est masculin quand il désigne un ou plusieurs individus tirés de la totalité, comme UN _garde_ NATIONAL, _des gardes_ NATIONAUX. Mais il est féminin quand il désigne tout le corps, comme _la garde_ NATIONALE. GENS veut au féminin tous les correspondans qui le précèdent, et au masculin tous ceux qui le suivent: _les_ VIEILLES _gens sont_ SOUPCONNEUX. Cependant au lieu de _toutes_ on emploie _tous_. 1º. quand cet adjectif est le seul qui précède le substantif _gens_: TOUS _les gens d'esprit_:--TOUS _les gens qui pensent bien_. 2º. quand _gens_ est précédé d'un adjectif qui n'a qu'une seule et même terminaison pour les deux genres, comme _aimable_, _brave_, _honnête_ etc.; TOUS _les honnêtes gens_,--TOUS _les habiles gens_. GÉSIR n'est plus en usage que dans _il git_, _nous gisons_, _ils gisent_, _il gisait_, _ils gisaient_. _Ci-git_ et _ci-gisent_ sont des formules d'épitaphe. Quoique seule entre deux voyelles dans _nous gisons_, _ils gisent_ etc. _s_ conserve le son qui lui est propre, et l'on prononce _nous gissons_, _ils gissent_ etc. GRANDE. L'_e_ de l'adjectif _grande_ s'élide toujours dans _grand'mère_, _grand'tante_; et fort souvent dans _grand'chambre_, _grand'chère_, _grand'croix_, _grand'messe_, _grand'peine_, _grand'peur_, _grand'rue_, _grand'pitié_, _grand'salle_: cependant l'élision cesse d'avoir lieu quand l'adjectif _grande_ est précédé de l'article, ou d'un adjectif déterminatif, comme, _une_, _ma_, _ta_, _sa_, _cette_, etc.; _la plus_ GRANDE _peine_,--_une_ GRANDE _chambre_;--_cette_ GRANDE _messe a été bien chantée_. HAÏR prend deux points sur l'_ï_ dans toute la conjugaison, excepté aux trois personnes du singulier du présent de l'indicatif: _je hais_, _tu hais_, _il hait_, et à l'impératif, _hais_. HENRI. On aspire l'_h_ de ce mot dans le discours soutenu, mais on ne l'aspire jamais dans la conversation. L'_h_ de _Henriette_ ne s'aspire dans aucun cas. HIER. L'usage veut qu'on dise, _hier matin_, et non, _hier_ AU _matin_: _hier_ AU _soir_, et non, _hier soir_. V. DEMAIN. HIVERNEMENT n'est pas français, mais _hivernage_ l'est, et signifie le temps qu'un navire passe en relâche pendant l'hiver. HIVERNER pour signifier, passer l'hiver en quelque lieu, n'est employé qu'en parlant de troupes. On ne peut donc pas dire, _j'ai_ HIVERNÉ _à trois-Rivières_;--_à Québec_. HOLLANDE. L'_h_ de ce mot est toujours aspiré, excepté dans les locutions, _toile_ D'_Hollande_;--_fromage_ D'_Hollande_. HYMNE est toujours masculin, excepté quand il signifie chant d'Église. IMAGINER. On emploie souvent _imaginer_ pour _s'imaginer_. Le premier signifie inventer, ou se former dans l'esprit l'idée de quelque chose: le second se persuader quelque chose sans fondement: il IMAGINE _avoir raison_; dites, _il_ S'IMAGINE _avoir raison_. _Immaginer_ sans pronom personnel ne peut jamais être suivi immédiatement d'un _que_, ni d'un _infinitif_. On dit bien, _on ne peut rien_ IMAGINER _de plus intéressant_;--_j'_IMAGINE UNE _chose_, UN _moyen de_.. Mais on ne doit pas dire, j'_imagine_ QUE _cela est_:--_il imagine_ ÊTRE _un grand homme_: il faut dire: _je_ M'_imagine_ QUE _cela est_;--_il_ s'_imagine_ ÊTRE _un grand homme_. IMPARDONNABLE ne se dit que des _choses_, et non des _personnes_: _faute_ IMPARDONNABLE. En parlant des _personnes_, on dit, _inexcusable_: _homme inexcusable_. La même observation s'applique au mot _pardonnable_. IMPATIENTER. (s') L'usage refuse au verbe _s'impatienter_ un infinitif pour régime. Ainsi ne dites pas, _ils s'impatientèrent d'attendre_. IMPERATIF. La seconde personne singulière de l'impératif, excepté pour les quatre verbes irréguliers, _aller_, _avoir_, _être_ et _savoir_, est toujours semblable à la première du présent de l'indicatif. Ainsi l'on dira, _travaille_, _cueille_, et non pas, _travailles_, _cueilles_, à moins pourtant que la seconde personne de l'impératif terminée par un _e_ muet, ne soit suivie d'un _y_, ou du pronom _en_: elle prend alors une _s_, pour la douceur de la prononciation;_travailles-y_,--_donnes-en_. L'impératif _va_, suivi d'_y_ et d'_en_, prend aussi une _s_ euphonique: _vas-y_,--_vas en chercher_. IMPOSITION. Le mot anglais _imposition_ signifie quelquefois _abus de pouvoir_, _fraude_, etc. Le mot français _imposition_ ne comporte pas cette acception. INCLUS. _Ci-inclus_, _ci joint_, sont invariables quand ils précèdent un nom, dont le sens est vague: _vous trouverez_ CI-INCLUS,--CI-JOINT _copie de ma lettre_. Mais quand l'énonciation est précise, comme LA _copie_, l'accord a lieu; _vous trouverez_ CI-INCLUSE,--CI-JOINTE _la copie de ma lettre_. INSULTER _quelqu'un_, c'est l'injurier. _Insulter_ À _quelqu'un_, c'est manquer aux égards que réclament sa faiblesse, son malheur: _insulter_ AUX _malheureux_. INTERJECTIONS. Duvivier dit «que beaucoup de personnes écrivent indistinctement AH! et HA!--Ô! OH! et HO!--EH! et HÉ!» et il ajoute, «que cette diversité d'orthographe vient de la difficulté de représenter nettement, par l'écriture, le mouvement de l'organe dans l'espèce de cri inarticulé que nous arrache une émotion vive.» Ce qui suit est puisé dans le Dictionnaire de l'_Académie_. «Ô avec l'accent circonflexe est une interjection qui sert à marquer diverses passions... _ô siècle!_ _ô temps!_ _ô le plaisant homme!_ _ô si je pouvais!_ «O, sans accent circonflexe, désigne l'apostrophe, _o mon fils!_ _o mon Dieu!_ «OH. Interjection qui marque la surprise ou l'affirmation. _Oh, oh, je n'y prenais pas garde_:--_Oh pour cela, non._ «HO. Interjection qui sert tantôt pour appeler, tantôt pour témoigner de l'étonnement ou de l'indignation. _Ho! venez un peu ici. Ho! que me dites-vous là?_ «Quand il est interjection d'étonnement, ou d'indignation, il s'écrit quelquefois OH! «AH. Interjection qui sert à marquer la joie, la douleur, l'admiration... _Ah! que vous me faites plaisir! Ah! que vous me faites mal!_ «Ce n'est souvent qu'une interjection explétive, qui ne sert qu'à rendre une locution plus animée. _Ah! Madame, gardez-vous de le croire._ «HA. Interjection de surprise, d'étonnement. _Ha! vous voilà! Ha! ha!_ Il se confond souvent avec l'interjection AH! «EH. Interjection d'admiration, de surprise. _Eh! qui airait pu croire que..._ «HÉ. Interjection qui sert principalement à appeler. _Hé! viens ça._ «Souvent cette interjection se confond avec EH, soit pour avertir de prendre garde à quelque chose, comme, _Hé! qu'allez-vous faire?_ soit pour témoigner de la commisération, _Hé! mon Dieu..._ soit pour marquer de la douleur, _Hé! qu'ai-je fait?_» JAMAIS. Après _jamais_ l'on sous-entend souvent l'article devant les substantifs communs, et alors on met ces substantifs au singulier: _jamais mortel n'a joui d'un bonheur parfait_, et non pas, _jamais mortels n'ont joui_, etc. JE. Quand _je_, mis après un verbe, produit un son désagréable, ce qui a lieu le plus souvent pour les verbes qui n'ont qu'une syllabe au présent de l'indicatif, il faut prendre un autre tour: ainsi au lieu de _dors-je?_ _ris-je?_ _choisis-je?_ _mangé-je?_ dites, _est-ce que je dors?_ _est-ce que je ris?_ etc. JETER. Ce verbe et tous ceux qui sont terminés en _eter_ à l'infinitif, comme _fureter_, _feuilleter_, _souffleter_, _projeter_, etc. ne doublent la consonne _t_ que devant un _e_ muet. _Je jette, tu jettes, il jette, nous jetons, vous jetez, ils jettent, je jetais, tu jetais, il jetait, nous jetions, vous jetiez, ils jetaient, je jetai, tu jetas, il jeta, nous jetâmes, vous jetâtes, ils jetèrent, je jetterai, tu jetteras, nous jetterons, vous jetterez, ils jetteront, je jetterais, etc., jette, jetons, jetez, que je jette, que tu jettes, qu'il jette, que nous jetions, que vous jetiez, qu'ils jettent, que je jetasse, etc., jetant, jeté, jetée._ JOINDRE signifiant _ajouter_ demande _à_: _joignez cette maison_ À _la vôtre_: dans le sens d'_unir_, d'_allier_, il prend indifféremment _à_ ou _avec_: _joindre la prudence_ À ou AVEC _la bravoure_. JOUIR se prend toujours en bonne part: ainsi ne dites pas, JOUIR _d'une mauvaise santé_:--JOUIR _d'une mauvaise réputation_: dites, AVOIR _une mauvaise santé_:--_une mauvaise réputation_. JUSQUE. Au lieu de _jusque_, on peut employer _jusques_ devant une voyelle: JUSQU'_à nous_, ou JUSQUES _à nous_: c'est l'oreille qui en décide. L'_e_ de _jusque_ s'élide seulement devant _à_, _au_, _aux_, _ici_: _jusqu'à Paris_,--_jusqu'au Pérou_,--_jusqu'ici_. L'usage permet de dire également, _jusqu'à aujourd'hui_, et _jusqu'aujourd'hui_. L finale ne se prononce pas dans _baril_, _chenil_, _coutil_, _fournil_, _fusil_, _gril_, _nombril_, _outil_, _persil_, _soûl_, _sourcil_, _gentil_ (idolâtre). Mais elle sonne dans tous les autres mots. Cependant il faut remarquer que cette lettre, dans le mot _gentil_ pour signifier _joli_, ne sonne que devant une voyelle, et qu'alors elle se mouille comme au feminin: _un gentil enfant_: prononcez _un gentille enfant_: mais au pluriel l'_l_ reste muette, et on dit _genti-zan-fan_. L finale précédée d'un _i_ prend le son mouillé, dans _avril_, _babil_, _cil_, _mil_ (petit grain), _péril_, _bail_, _travail_, _fénil_, etc. Il faut en excepter _fil_, _Nil_, _mil_, (adjectif numéral) ainsi que les adjectifs en _il_, et de plus les mots énumérés ci-dessus, où l'_l_ ne se prononce pas. LÀ. L'adverbe _là_ doit être accompagné d'un trait d'union, lorsqu'il est joint à des mots, dont le sens ne permet pas de le séparer: _cet homme_-LÀ,--_celui_-LÀ,--_allez_-LÀ,--_quel livre est-ce_-LÀ? Mais on dira sans trait d'union: _c'est_ LÀ _mon opinion_,--_que dites-vous_ LÀ?--_sont-ce_ LÀ _vos livres_? parce que dans ces phrases l'adverbe _là_ n'est pas indispensable: on peut le supprimer, et dire: _c'est mon opinion_,--_que dites-vous?_--_sont-ce vos livres?_ LE. Le pronom _le_ peut représenter un _substantif_, ou un _adjectif_. Quand il représente un substantif, ou un adjectif pris substantivement, il s'accorde en genre et en nombre avec ce substantif, ou avec cet adjectif pris subtantivement: _êtes-vous Madame de Ste. Croix?_--_je_ LA _suis_: _êtes-vous la malade?_--_je_ LA _suis_: _êtes-vous les ministres du roi?_ _nous_ LES _sommes_: _êtes-vous les mariés?_ _nous_ LES _sommes_. Lorsque le pronom _le_ représente un adjectif, ou un substantif pris adjectivement, il est invariable, l'adjectif ne pouvant lui communiquer ni genre ni nombre: _Madame, êtes-vous malade?_--_je_ LE _suis_; _Messieurs êtes-vous mariés?_--_nous_ LE _sommes_.--_Madame êtes-vous mère?_ _je_ LE _suis_. Le pronom _le_ peut aussi tenir la place d'une proposition ou d'un verbe. Dans ce cas il est invariable parce qu'une proposition, ou un verbe, n'a ni genre ni nombre. _Si le public a eu quelque indulgence pour moi_, _je_ LE _dois à votre protection_;--_il faut obliger quand on_ LE _peut_. Après _aussi_, _autant_, _moins_, _mieux_, _plus_, l'on fait suivre la conjonction _que_ du pronom _le_: _il est aussi habile que je_ LE _croyais_:--_elle est moins douce qu'elle ne_ LE _semblait_;--_ils sont plus savans qu'on ne_ LE _disait_. On pécherait contre la grammaire de dire,.. _que je croyais_,.. _qu'elle ne semblait_,.. _qu'on ne disait_. L'oreille exige qu'on dise, _donnez_ LE _moi_,--_montrez_ LA _moi_,--_prêtez_ LA _nous_, et non pas, _donnez moi_ LE,--_montrez moi_ LA,--_prêtez nous_ LA. LE DIT, LA DITE, SUSDIT, SUSDITE, sont des termes de _Palais_, dont l'emploi, en dehors de la pratique, est interdit aux personnes qui se piquent d'écrire et de parler avec grâce. LE MIEN. Les pronoms possessifs, _le mien_, _le tien_, _le nôtre_, _le vôtre_, doivent toujours se rapporter à un substantif énoncé précédemment. Ainsi, _j'ai reçu la_ VÔTRE _en date du_....est une phrase dans laquelle _la vôtre_ ne se rapporte à rien: dites, _j'ai reçu votre lettre en date du_.... LEQUEL. Au lieu de _qui_, _que_, l'on doit employer _lequel_, pour éviter une équivoque. Ainsi l'on ne dira pas, _c'est un effet de la Providence divine_ QUI _excite l'admiration_.--_c'est un effet de la Providence divine_ QUE _nous admirons_: car on ne sait si _qui_ et _que_ se rapportent à _effet_ ou à _Providence_. Il faut dire, _c'est un effet de la Providence divine_ LEQUEL _excite notre admiration_..LEQUEL _nous admirons_. Hors le cas d'équivoque on doit préférer _qui_, _que_, à _lequel_, expression prosaïque et inélégante. LETTRES MAJUSCULES. Il faut commencer par une _majuscule_ ou _grande lettre_ chaque alinéa, chaque phrase, chaque vers, tous les noms d'homme, de vaisseau, de fausse divinité, tels que _Pierre_, _Jean_, _le Formidable_ (vaisseau) _Jupiter_: tous ceux de lieu, tels que l'_Europe_, _Londres_, _Québec_; tous ceux de peuples, tels que les _Européens_, les _Romains_, les _Canadiens_: tous ceux de sectes, tels que les _Épicuriens_, les _Protestans_: tous ceux de rivières, de montagnes, de vents; le _St. Laurent_, les _Alpes_, le _Nord-Est_: tous ceux de jour et de mois, tels que _Vendredi_, _Août_; tous ceux de tribunaux, de compagnies, de corps, de dignités, quand ces noms sont employés avec application individuelle, tels que l'_Église_ du Canada, le _Parlement_ d'_Angleterre_, l'_Académie_, l'_Apôtre S. Paul_: enfin tous ceux de science, d'art, de métier, s'ils sont pris dans un sens individuel, qui distingue la science, l'art, le métier de toute autre science, de tout notre art, de tout autre métier. _La Grammaire est une science indispensable_:--_la Musique est un art charmant_. Les adjectifs _saint_, _grand_, et semblables, lorsqu'ils entrent dans la composition d'un nom propre, aussi bien que les titres, _Monseigneur_, _Monsieur_, _Madame_, etc., doivent prendre une _initiale majuscule_: c'est l'usage. Quelquefois on personnifie les êtres moraux, et alors ils suivent la règle des noms d'homme. _Envie_ par ex. prend une lettre majuscule dans ce vers de la Henriade: _Ci-gît la sombre Envie à l'oeil timide et louche._ Le même mot s'écrit sans grande lettre dès qu'il cesse d'être personnifié. _L'envie s'attache aux grands talens._ Lorsque les noms de peuples et de sectes n'embrassent pas la totalité, la majuscule cesse d'avoir lieu, _un français_, _des anglais_, _un calviniste_. _Remarque._--Ces règles sur l'emploi des lettres majuscules sont à peu près les plus généralement suivies. Néanmoins il faut dire qu'il existe à cet égard bien des contradictions entre les auteurs. LEUR joint au verbe ne prend jamais la lettre _s_: _donnez leur à manger_;--_je leur ai dit_: joint à un nom il prend une s au pluriel. LIRE. On doit dire, _lire_ DANS _un journal_,--DANS _un régistre_; et non pas, _lire_ SUR _un journal_,--SUR _un régistre_. LIS. L'_s_ de ce mot se prononce toujours, excepté dans _fleur de lis_. LOUIS. Plusieurs personnes confondent _louïs_, pièce de monnaie, avec _livre_, monnaie de compte. C'est une erreur grave, parce que le _louïs_ est une ancienne monnaie d'or de France, dont la valeur, fixée par nos lois, est d'un peu plus de quatre piastres et demie d'Espagne; tandis que notre livre du cours d'Halifax vaut seulement quatre piastres. Le mot _dollar_, monnaie des États-Unis, est reçu, de même que le mot _pound_ pour la livre sterling. Ce dernier cependant sonne mal à l'oreille. L'UN et L'AUTRE, employé comme sujet, veut le verbe au pluriel: _l'un et l'autre_ VIENDRONT. Le substantif placé après _l'un et l'autre_ se met au singulier; _l'un et l'autre_ CHEVAL. Quand _l'un_ est précédé d'une préposition, cette préposition doit être; répétée devant _l'autre_; _je parle_ POUR _l'un et_ POUR _l'autre_. _Ni l'un ni l'autre_, veut également le verbe au pluriel, excepté quand un des sujets précédés de _ni_ peut seul faire l'action marquée par le verbe; _ni l'un ni l'autre n'_OBTIENDRA _le prix_:--_ni Monsieur A_, _ni Monsieur B ne_ SERA _nommé président_. _L'un et l'autre, les uns et les autres_ marquent simplement la pluralité. _L'un l'autre_, _les uns les autres_ expriment la réciprocité: _Racine et Boileau étaient poëtes l'un_ ET _l'autre_; _ils s'estimaient l'un l'autre_. MAJESTÉ veut au féminin l'adjectif et le participe qui suit: _Votre Majesté est_ VICTORIEUSE. Lorsqu'il est suivi d'un substantif pris adjectivement, les avis sont partagés; les uns disent; _Votre Majesté est_ MAÎTRESSE _de ses états_, les autres, _Votre Majesté est_ MAÎTRE _de ses états_. Cette dernière construction est généralement plus usitée. MALGRÉ QUE employé dans le sens de _quoique_, a vieilli, et n'est plus français. Ainsi ne dites pas, _il sort_ MALGRÉ QU'_on_ _le lui défende_: dites, QUOIQU'_on le lui défende_. MANOEUVRE et MANOUVRIER. Ces mots différent dans leur signification. _Manoeuvre_ est un ouvrier subalterne, qui sert ceux qui font l'ouvrage. _Manouvrier_, ouvrier qui travaille de ses mains et à la journée. MANQUER prend _à_ et _de_ devant l'infinitif: _à_, quand il signifie ne pas faire ce qu'on doit: _on mésestime celui qui manque_ À _remplir ses devoirs_: et _de_ lorsqu'il signifie _omettre_, _oublier_, _faillir_: _ne manquez pas_ DE _venir_,--_il a manqué_ DE _tomber_. MASSACRANT. Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire. On doit donc éviter de dire, _cet homme est aujourd'hui d'une humeur_ MASSACRANTE, etc. MATINAL est celui qui s'est levé matin, sans en avoir l'habitude; _matineux_ celui qui a l'habitude de se lever matin: _vous êtes bien_ MATINAL _aujourd'hui_:--_je ne suis pas_ MATINEUX. MEILLEUR. Le comparatif _meilleur_ suivi de _que_ veut _ne_ devant le verbe suivant: _ces fruits sont meilleurs que je_ NE _le croyais_: à moins que le premier verbe ne soit négatif, ou employé interrogativement: _ces fruits ne sont pas meilleurs que je le croyais_. MÊLER _avec_, c'est brouiller ensemble plusieurs choses; _mêler l'eau_ AVEC _le vin_,--_mêler de l'or_ AVEC _de l'argent_. _Mêler à_, c'est joindre, unir: _mêler la douceur_ À _la sévérité_:--_mêler l'agréable_ À _l'utile_. MÊME est adjectif ou adverbe. _Même_ est adjectif, 1º. quand il précède le substantif: _vous retombez dans les_ MÊMES _allarmes_. 2º. quand il est placé après un pronom, ou un seul substantif: _les Dieux_ EUX-MÊMES _devinrent furieux_,--_ces murs_ MÊMES _peuvent avoir des yeux_. _Même_ est adverbe, 1º. quand il est placé après deux ou plusieurs substantifs: _les animaux, les plantes_ MÊME, _étaient au nombre des Divinités_. 2º. quand il qualifie un verbe; _exempts de maux réels les hommes s'en forment_ MÊME _de chimériques_. MI. Particule indéclinable, abréviation de _demi_, signifie la moitié, le milieu: _la_ MI-_août_,--_la_ MI-_carême_. _À mi_ est une locution adverbiale qui signifie, à la moitié de; _à mi-côte_,--_à mi-jambes_. MIEUX. La syntaxe de l'adverbe _mieux_ donne lieu à plusieurs observations. 1º. suivi de deux infinitifs, _mieux_ veut _de_ avant le second infinitif; _il vaut mieux se taire que_ DE _parler mal_. 2º. _mieux_ veut _ne_ devant le verbe qui suit la conjonction que; _il écrit mieux que je_ NE _le croyais_; à moins que le verbe devant _mieux_ ne soit négatif: _il n'écrit pas mieux que je le croyais._ 3º. _Le mieux_, _la mieux_, _les mieux_ veulent le verbe suivant au subjonctif: _le livre le mieux écrit que nous_ AYONS LU. MIL s'écrit de trois manières. 1º. _mil_, dans les supputations d'années: _l'an mil huit cent quarante et un_. 2º. _mille_ pour exprimer dix cents: _nos troupes firent cinq_ MILLE prisonniers. Dans ces deux cas il rejette la marque du pluriel. 3º. _mille_ avec une _s_ au pluriel, pour représenter une mesure de chemin: alors il est substantif commun. MOINDRE veut _ne_ devant le verbe qui suit la conjonction _que_: _cette somme est moindre que vous_ NE _le dites_: à moins que le verbe placé devant _moindre_, ne soit négatif, ou interrogatif; _cette somme n'est pas moindre que vous le dites._ _Le moindre_, _la moindre_, _les moindres_ veulent le verbe suivant au subjonctif: _la moindre faute que vous puissiez commettre._ Tout ce qui est dit ici pour l'adjectif _moindre_ doit s'appliquer à l'adverbe _moins_. MOINS. _À moins que de_, et, _à moins de_ se disent également devant l'infinitif. MON. Les adjectifs possessifs _mon_, _ma_, _mes_, _ton_, _ta_, _tes_, _son_, _sa_, _ses_, _notre_, _nos_, _votre_, _vos_, _leur_, _leurs_ se répètent, 1º. devant chaque substantif: _mon père et_ MA _mère_:--_mes frères et_ MES _soeurs_; et non pas, _mes pères et mère_;--_mes frères et soeurs_. 2º. devant deux adjectifs unis par _et_, lorsqu'ils ne qualifient pas le même substantif: _mon grand et_ MON _petit appartement_;--_nos vieux et_ NOS _jeunes soldats_. Mais on dirait sans répéter l'adjectif possessif; _mon grand et bel appartement_:--_nos vieux et braves soldats_: attendu que le même appartement est _grand_ et _beau_, et que les mêmes soldats sont _vieux_ et _braves_, les deux adjectifs modifiant le même substantif. MOUCHER n'est jamais neutre: ainsi il ne faut pas dire, _je mouche beaucoup_, mais _je_ ME _mouche beaucoup_. MOUDRE. _Je mouds, tu mouds, il moud, nous moulons, vous moulez, ils moulent, je moulais, je moulus, je moudrai, je moudrais, mous, moulons, moulez, que je moule, que tu moules, que je moulusse, moulant, moulu, moulue._ MOUVOIR. _Je meus, tu meus, il meut, nous mouvons, vous mouvez, ils meuvent, je mouvais, je mus, je mouvrai, je mouvrais, meus, mouvons, mouvez, que je meuve, que tu meuves, qu'il meuve, que nous mouvions, que vous mouviez, qu'ils meuvent, que je musse, mouvant, mû, mûe._ Conjuguez de même _émouvoir_, _s'émouvoir_. MUR et MURAILLE. On dit,--_les_ MURS _d'un jardin_,--_les_ MURAILLES _d'une ville_. Le propre du _mur_ est de séparer, de partager, de fermer: l'idée particulière de la _muraille_ est celle de défendre, de fortifier. N. Quand un mot est terminé par un son nasal, c.-à-d., par _an_, _in_, _on_, l'on ne fait la liaison de l'_n_ finale avec la voyelle qui commence le mot suivant, que quand le sens n'admet aucune pause entre ces deux mots, comme dans, _mon ami_,--_certain auteur_,--_on ignore_. Mais on prononce sans lier la consonne _n_ à la voyelle qui suit, _mon cousin est venu_,--_vin bon à boire_,--_je demande pardon à Dieu_, parce que l'on peut faire une légère pause après les mots, _cousin_, _bon_, _pardon_. NE. La négation _ne_ précédée d'un _que_ et suivie d'un _verbe_ offre quelques difficultés. Dans les comparatifs d'inégalité caractérisés par _plus_, _moins_, _meilleur_, _mieux_, ou autres termes équivalens, si le premier membre de la comparaison est _négatif_, le second qui vient après _que_ doit être affirmatif, et la négation _ne_ ne peut y paraître: _il n'est pas plus sage qu'il était_;--_il ne pense pas autrement qu'il parle_;--_il n'écrit pas mieux qu'il parle_. Dans les mêmes comparatifs d'inégalité, si le premier membre de la comparaison est affirmatif, le second doit prendre _ne_: _il est plus sage qu'il_ NE _l'était_,--_il pense autrement qu'il_ NE _parle_,--_il écrit mieux qu'il_ NE _parle_. Les locutions conjonctives _à moins que_, _de peur que_, _de crainte que_, et le verbe _empécher_, veulent toujours après eux la négation _ne_; _à moins que vous_ NE _lui parliez_,--_de peur que l'on_ NE _vous trompe_,--_les fautes d'Homère n'ont pas empêché qu'il_ NE _fût sublime_. _Nier_, _douter_, _désespérer_, _disconvenir_ sont suivis de NE seulement quand ils sont accompagnés d'une négation: _je ne doute pas que cela_ NE _soit_, etc. Mais on dirait sans la négation, _je nie_,--_je doute que cela soit_, parce que les verbes _nier_, _douter_ sont employés ici affirmativement. Les locutions conjonctives _avant que_, _sans que_, et le verbe _défendre_, ne sont jamais suivis de _ne_: _avant qu'il fasse froid_,--_je défends qu'on lui fasse mal_. Quand deux phrases négatives sont jointes par _ni_, ou quand _ni_ est répété, l'emploi de la négation _ne_ est nécessaire: _il ne les craignait ni_ NE _les aimait_,--_ni Pierre ni Paul_ NE _viendront_. NÉGATION. La négation se compose de _ne_, _ne pas_, _ne point_,--_je n'ose_,--_je n'ose pas_,--_je n'ose point_; _ne_ est la plus faible des négations; _ne point_ est la plus forte; et _ne pas_ tient le milieu. _Pas_ ne peut jamais être employé avec _rien_. Ne dites pas avec Racine; _On ne veut_ PAS RIEN _faire ici qui vous déplaise_. NÉOLOGIE. L'emploi de nouveaux termes dans une langue est une conséquence qui découle de la nature même des langues, qui ne peuvent rester stationnaires. Horace l'a dit il y a près de deux mille ans. Mais avons-nous au Canada mission ou titre pour la création de nouveaux mots? Oui, sans nul doute. Mais en même temps il est clair qu'il n'existe chez nous aucun tribunal qui puisse connaître de nos produits de ce genre: il est évident que l'Océan Atlantique nous sépare des seuls juges compétens de la langue française, auxquels il appartient de prononcer en dernier ressort. Tous les lexicographes conviennent de la nécessité d'incorporer à la langue les termes de relation qui expriment les choses et les objets qui n'existent que dans les pays lointains, nouvellement découverts, ou avec lesquels l'on a eu peu de communications. D'où il résulte pour le Canada le droit de créer des termes pour les objets et les choses qui lui appartiennent exclusivement. D'un autre côté, notre position sous le gouvernement britannique a nécessité l'adoption de quelques constructions, de quelques termes même anglais. Il résulte de cette double circonstance, qu'un sage emploi de _nouveaux termes_ et de mots anglais, là où la langue française n'en fournit pas d'équivalens, est permis, commandé même. Mais que l'élève ne perde pas de vue que, hors les cas extrêmes, l'emploi de mots et de constructions anglaises est un véritable fléau pour la langue. Déjà cet abus a envahi la portion instruite de notre société, et y fait des progrès allarmans; et pour comble de malheur l'on porte quelquefois cette licence dans des écrits, que d'ailleurs le génie ne désavouerait pas. Quant à l'emploi de mots purement anglais, là où il y a des termes en français qui leur correspondent, c'est une manie insupportable, c'est le comble du ridicule; et cependant combien de personnes, même d'éducation, qui tombent dans ce défaut! Telle Dame ne peut manger de soupe qu'au BARLEY! Tel Monsieur vous prie _de lui passer un_ TUMBLER _pour boire du_ BRANDY _et de l'eau_! Celui-ci vous demande, sans perdre son sérieux, si _ces_ PATATES (pommes de terre) _sont cuites au_ STEAM: celui-là si _vous avez_ PAYÉ _une visite à Monsieur un tel_, etc. Qui ne voit la barbarie de ces expressions; l'impertinence de ce langage? NEUF, NOUVEAU, RECENT. _Neuf_ signifie qui n'a pas servi; _nouveau_ qui n'a pas encore paru: _récent_ qui vient d'arriver: _habit neuf_,--_mode nouvelle_,--_fait récent_. NIER veut toujours au subjonctif le verbe qui suit la conjonction _que_; _je nie qu'il_ AIT _raison_. _Nier_ accompagné d'une négation veut _ne_ devant le verbe suivant; _je ne nie pas qu'il_ NE _mérite votre estime_. NOMBRE (du) et du GENRE de certains substantifs. Les chiffres, les lettres de l'alphabet, les notes de musique, s'écrivent sans _s_ au pluriel: _deux_ CINQ;--_trois_ B;--_quatre_ FA. Il en est ainsi de tous les mots de la langue pris matériellement; comme dans cette phrase, _il y a plusieurs fautes d'impression dans cette adresse_; _il y manque deux_ MONSIEUR, _trois_ MOT _et deux_ IL. Il est essentiel de remarquer, qu'un mot féminin, employé matériellement, devient masculin. En voici un exemple pris dans Duvivier; _Rencontre_, _toujours_ FÉMININ _en quelque sens qu'on l'emploie_, _était autrefois_ MASCULIN. NOMS PROPRES. Les _noms propres_ ne prennent jamais la marque du pluriel: _l'Espagne a vu naître les deux_ SENEQUE;--_les_ CORNEILLE _et les_ RACINE _ont illustré la scène française_; excepté quand ils sont employés comme noms communs, c.-à-d., pour désigner des individus semblables à ceux dont on emprunte le nom: _la France a eu ses_ CÉSARS _et ses_ POMPÉES. NON PLUS QUE. Quand deux sujets sont unis par _non plus que_, le verbe s'accorde avec le premier sujet: _la fortune, non plus que les dignités_, _n'_ASSURE _le bonheur_. NOUS. Quelquefois l'on emploie le pronom _nous_ au lieu de _je_; alors l'adjectif et le participe en rapport avec _nous_, se mettent au singulier; CONVAINCU _comme nous le sommes de notre insuffisance_, et non pas, CONVAINCUS _comme nous le sommes_... NOUVEAU employé comme adverbe est invariable: _des enfans_ NOUVEAU _nés_. Il ne s'emploie jamais adverbialement avec un substantif féminin; ainsi ne dites pas, _une fille_ NOUVEAU _née_, mais, _une fille nouvellement née_. NU. L'adjectif _nu_ ne s'accorde que lorsqu'il suit le substantif; _tête_ NUE,--_pieds_ NUS. Lorsqu'il précède le substantif il est invariable; NU _tête_,--NU _pieds_. NUIRE. _Je nuis_, _tu nuis_, _je nuisais_, _je nuisis_, _je nuirai_, _je nuirais_, _nuis_, _que je nuise_, _que je nuisisse_, _nuisant_, _nui_. Le participe _nui_, ainsi que le participe _s'entre-nui_ est invariable: _ils se sont nui_;--_elles se sont entre-nui_. NUL. L'adjectif _nul_, signifiant _pas un_, rejette la marque du pluriel; _nulle proposition_; à moins qu'il n'accompagne un substantif qui n'a pas de singulier, comme _pleurs_, _ancêtres_; ou qui ou pluriel a un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_: _nuls pleurs_,--_nulles troupes_. Avec _nul_ on supprime _pas_ et _point_. NUMÉRO, FOLIO, RECTO, DUO, etc. Les mots empruntés du latin ne prennent pas d's au pluriel; _factum_ est excepté; on dit des _factums_. OBÉIR. Quoique verbe neutre, _obéir_ a un passif: _je veux_ ÊTRE OBÉI. OBLIGER dans le sens _d'imposer l'obligation de_, prend _à_ ou _de_ au choix de l'oreille: _la religion nous oblige_ À _secourir_, ou, DE _secourir nos semblables_. Dans le sens de _rendre service_, ou employé au passif, il prend _de_, et jamais _à_: _vous m'obligerez_ DE _m'accompagner_;--_nous sommes obligés_ D'_obéir aux lois_. _Être obligé_ ne se dit point des _choses_: cette locution, _le mérite est_ OBLIGÉ _d'être modeste_, est donc vicieuse: dites, _le mérite_ DOIT ÊTRE _modeste_. OBSERVER accompagné d'un régime indirect de personne, doit être précédé du verbe _faire_. Ainsi dites; _je vous_ FAIS _observer que_..:--_il nous_ FIT _observer que_..:--_je_ FERAI _observer à l'assemblée que_.. et non pas, _je vous observe que_.._il nous observa que_.._j'observerai à l'assemblée que_... Il résulte de là que l'on ne peut pas dire; _faire une observation à quelqu'un_; il faut dire: FAIRE _faire une observation à quelqu'un_. OCCUPER (s'). On dit s'_occuper à_ et s'_occuper de_: le premier se met avec les verbes, le second avec les substantifs: _il s'occupe_ À _me faire avoir une place_;--_il s'occupe_ DE _mon affaire_. OEIL-DE-BOEUF. Au pluriel, _oeils-de-boeuf_: il en est ainsi d'_oeil-de-bouc_,--d'_oeil-de-chat_,--d'_oeil-de-chèvre_, --d'_oeil-de-christ_,--d'_oeil-de-perdrix_,--d'_oeil-de-soleil_. On dit; YEUX _du frommage_:--YEUX _du pain_. OFFRIR devant l'infinitif prend _de_, et _s'offrir_ prend _à_; _il offre_ DE _vous accompagner_:--_il s'offre_ À _vous accompagner_. OINDRE, _j'oins, tu oins, il oint, nous oignons, vous oignez, ils oignent, j'oignais, j'oignis, j'ai oint, j'oindrai, j'oindrais, oins, oignons, oignez, que j'oigne, que nous oignons, que j'oignisse, oignant, oint, ointe._ Ainsi se conjugue _joindre_. ON. Quoique masculin et singulier de sa nature, le pronom _on_ devient _féminin_ quand il s'applique spécialement à une personne du sexe: et _pluriel_ lorsque le sens indique évidemment qu'il désigne plusieurs personnes. Alors l'adjectif et le participe qui se rapportent à _on_ prennent la marque du féminin et du pluriel: _quand on est_ MÈRE _on n'est pas toujours_ MAÎTRESSE _de son temps_:--_quand on s'estime mutuellement_, _on n'est pas heureux d'être_ SÉPARÉS. Au lieu de _on_, il faut employer _l'on_, pour éviter certaines consonnances choquantes qui ont lieu principalement après _et_, _si_, _ou_:--_et_ L'_on veut_;--_si l'on dit_:--_ou_ L'_on verra_. Cependant on doit faire usage de _on_ devant _le_, _la_, _les_, _lui_ pour éviter la répétition désagréable de l'articulation _l_:--et dire, _et on le veut_,--_si on le dit_,--_ou on le verra_, et non pas, _et_ L'_on le veut_,--_si_ L'_on le dit_,--_ou_ L'_on le verra_. Au commencement d'une phrase, il faut préférer _on_ à _l'on_, parce qu'alors il n'y a pas de mauvaise consonnance à éviter. ONZE se prononce avec aspiration: _le_ ONZE _de Juillet_:--_de_ ONZE _enfans il n'en reste que trois_:--_vous êtes_ ONZE;--_sur les_ ONZE _heures_:--_ils étaient_ ONZE: prononcez, _vous ête onze_:--_sur lè onze heures_:--_ils étè onze_. ONZIÈME _adjectif_. On prononce ce mot avec ou sans aspiration, à volonté: LE _onzième ou_ L'_onzième de Juillet_:--LA _onzième ou_ L'_onzième page_. Mais dans _onzième_ substantif l'_o_ est toujours aspiré; ainsi l'on ne fait pas sentir l'_n_ ni l'_s_ dans cas phrases:--_il est héritier pour_ UN _onzième_:--_pour trois onzièmes_. ORGUE est _masculin_ au singulier, et _féminin_ au pluriel:--_un_ BEL _orgue_:--_de_ BELLES _orgues_. OU. Quand deux ou plusieurs sujets sont unis par la conjonction _ou_, le verbe s'accorde avec le dernier sujet:--_la faiblesse_ OU _l'inexpérience nous_ FAIT _commettre bien des fautes_: à moins que les mots unis par _ou_ ne soient de différentes personnes: alors le verbe se met au pluriel, et s'accorde avec la personne qui a la priorité: _vous ou moi_ PARLERONS, et mieux NOUS PARLERONS:--_vous ou votre frère_ PARLEREZ, et mieux, VOUS PARLEREZ. OUBLIER DE, désigne un manque de mémoire:--_j'ai oublié_ DE _vous écrire_. _Oublier à_ marque un manque d'usage: _il oublie_ À _danser_--À _dessiner_. OUÏR n'est guère usité qu'au prétérit défini, _j'ouis_, _il ouit_: au présent du subj., _que j'ouïsse_, _qu'il ouït_: à l'infinitif, _ouïr_; au participe passé, _ouï_, _ouïe_; et aux temps composés. PAÎTRE. _Je pais_, _tu pais_, _il pait_, _nous paissons_, _vous paissez_, _ils paissent_, _je paissais_, point de prét. défini, _je paîtrai_, _je paîtrais_, _paissons_, _paissez_, _que je paisse_, point d'imparf. du subj., _paissant_, _pu_. Ce dernier mot ne s'emploie que dans cette phrase familière; _il a pu et repu_. _Repaître_, qui se conjugue de même, a un prétérit défini;--_je repus_. PÂLE, _Pâle_, signifie qui est faible de coloris: _blême_, qui est très-pâle; _livide_, qui est plombé et taché de noir; _hâve_ qui est défiguré par le décharnement: _blafard_ qui est pâle jusqu'à l'affadissement. PÂQUE substantif féminin: fête annuelle des Juifs en mémoire de leur sortie d'Égypte. _Pâque_ ou _Pâques_ substantif masculin, singulier: fête des chrétiens:--_Pâques est passé_. _Pâques_ subst. fém. pluriel; communion pascale; _faire ses Pâques_. _Pâques-fleuries_, le Dimanche des Rameaux. PARDONNER veut un régime direct des choses; _pardonnez quelques vers faibles_; et non, À _quelques vers faibles_; et un régime indirect de personnes: _pardonnez_ À _vos enfans_, et non _pardonnez vos enfans_. PARLER, (se) Le participe passé de _se parler_ est toujours invariable, parce que _se parler_ n'a pas de régime direct: _ils se sont_ PARLÉ:--_elles se sont_ PARLÉ. PARMI. _Entre_ se dit de deux objets: _entre Rome et Carthage_: _parmi_ se dit d'un plus grand nombre, et veut après lui, ou un pluriel: _parmi les hommes_; ou un collectif: _parmi la foule_. PARTICIPE PRÉSENT. Il est toujours terminé en _ant_, et ne prend ni genre ni nombre: _un homme_ LISANT:--_des hommes_ LISANT:--_une femme_ LISANT:--_des femmes_ LISANT. On dit, _des hommes obligeans_:--_une femme surprenante_. Mais ces mots, _obligeans_, _surprenante_, ne sont point des participes présens: ce sont des adjectifs _verbaux_, qui s'accordent avec les substantifs auxquels ils se rapportent. Pour distinguer les adjectifs verbaux des participes présens, il faut voir si ces mots ont un régime. Lorsqu'ils ont un régime, ce sont des participes. Lorsqu'ils n'ont point de régime, ils sont adjectifs: _cette femme est douce_, _affable_, PRÉVENANT _tout le monde_:--_cette femme est douce_, _affable_, PRÉVENANTE. Dans la première phrase le mot _prévenant_ est un participe, parce qu'il est suivi du régime _tout le monde_: dans la seconde il est adjectif, parce qu'il n'a point de régime. Cette règle pour distinguer les adjectifs verbaux des participes présens souffre quelques rares exceptions. PARTICIPE PASSÉ des verbes réfléchis. Ce participe s'accorde avec le régime direct lorsque ce régime est avant le participe: _cette femme s'est_ PROPOSÉE _pour modèle à ses enfans_: _proposée_ est au féminin et au singulier, parce qu'il est précédé de son régime direct le pronom _se_ qui se rapporte à _femme_: c'est comme s'il y avait,--_cette femme a proposé elle_. Mais si le régime direct est après le participe, le participe est invariable: _ma soeur s'est_ COUPÉ _le doigt_. _Coupé_ ici est invariable parce que le régime direct _doigt_, est après le participe: et le pronom _se_ n'est que le régime indirect, puisque c'est comme s'il y avait, _ma soeur a coupé le doigt à elle_. PARTICIPE PASSÉ suivi d'un verbe à l'infinitif. Quand le _participe passé_ est suivi d'un verbe à l'infinitif, il faut examiner avec attention si le régime qui précède le participe est régime de ce participe, ou régime de l'infinitif qui suit le participe. S'il est régime du participe passé, ce participe doit s'accorder avec lui: _voilà les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_. _Que_ est ici régime du participe _entendus_, et non de l'infinitif _lire_. Mais si le régime qui précède le participe passé, est celui du verbe à l'infinitif, le participe passé demeure invariable: _voilà les livres_ QUE _vous avez_ PARU _désirer_: le régime _que_ appartient au second verbe. On reconnaît que le régime qui précède le participe passé, est le régime de ce participe, lorsqu'on peut mettre ce régime immédiatement après le participe, et changer l'infinitif qui suit en participe présent; ou bien en un imparfait précédé du pronom relatif _qui_: cela est évident dans l'exemple ci-dessus: _voilà les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_: on peut dire, _j'ai entendu les enfans_ LISANT, ou QUI LISAIENT. Lorsque ce changement ne peut se faire, il faut en conclure que le régime qui précède le participe, est le régime du verbe qui suit le participe. PARTICIPE PASSÉ entre deux _que_. Lorsque le _participe passé_ se trouve entre deux _que_, le régime direct, c.-à-d., le premier _que_ appartient toujours au second verbe, et par conséquent le participe est toujours invariable: _voilà les livres_ QUE _l'on a_ VOULU _que je lusse_:--_les peines_ QUE _j'ai_ PRÉVU _que cette affaire vous donnerait_. PARTICIPE PASSÉ du verbe réfléchi, formé d'un verbe neutre. Ce participe est toujours invariable, parce que son verbe n'ayant pas de régime direct, ne peut en être précédé: _elles se sont_ NUI:--_ils se sont_ PARLÉ:--_elles se sont_ SUCCÉDÉ. Les verbes réfléchis ainsi formés d'un verbe neutre, sont au nombre de neuf, savoir; _se plaire_, _se déplaire_, _se complaire_, _se rire_, _se sourire_, _se parler_, _se succéder_, _se nuire_, _s'entre-nuire_. Le participe passé _fait_, suivi d'un infinitif, est toujours invariable: _la maison_ que j'ai FAIT bâtir:--_les habits que j'ai_ FAIT _faire_. Beaucoup de grammairiens veulent que le participe _laissé_ suive la même règle, et que l'on écrive: _la femme que j'ai_ LAISSÉ _passer_. D'autres veulent que ce mot suive la règle générale, et que l'on écrive: _la femme que j'ai_ LAISSÉE _passer_. PARTICIPE PASSÉ joint au verbe _avoir_ précédé du mot _en_. Ce participe est invariable, à moins qu'il ne soit précédé d'un autre régime direct: _vous avez plus de richesses que je ne vous_ EN _ai_ DONNÉ, et non pas DONNÉES:--_il m'a promis plus de services qu'il ne m'_EN _a_ RENDU, et non pas RENDUS. Les participes _donné_ et _rendu_ sont invariables ici parce que le mot _en_ est un pronom relatif qui signifie _de cela_, et qui par conséquent représente un régime indirect. Mais le participe est variable s'il est précédé d'un autre pronom qui en soit le régime direct: _j'ai écrit à mon frère, et voici la réponse_ QUE _j'_EN _ai_ REÇUE. _Reçue_ est au féminin et au singulier, parce qu'il est précédé de son régime direct, le relatif _que_ pronom qui se rapporte à _réponse_. Le pronom EN est régime indirect et signifie _de mon frère_. PARTICIPE PASSÉ joint au verbe _avoir_ précédé du mot _le_. Ce participe ne varie point, lorsque le relatif _le_ se rapporte à un _adjectif_: ainsi l'on écrira: _votre soeur n'est pas aussi instruite que je l'avais_ PENSÉ, parce que le pronom _le_ se rapporte à l'adjectif _instruite_. Mais le participe varie, quand le mot _le_ se rapporte à un _substantif_, comme dans cette phrase: _ma soeur est toujours la même que je l'ai_ CONNUE. PARTICIPE PASSÉ des verbes impersonnels _il a fait_, _il y a eu_. Ce participe demeure invariable: ainsi on dit, _les chaleurs qu'il a_ FAIT; et non pas, _qu'il a_ FAITES:--_la disette qu'il y a_ EU _pendant l'hiver dernier_; et non pas, _qu'il y a_ EUE. On écrit également sans accord: IL EST ARRIVÉ _de grands malheurs_:--_quels changemens en_ EST-IL RÉSULTÉ? parce que c'est une règle sans exception, que le participe conjugué avec _être_ (excepté dans les verbes réfléchis, où il est pour _avoir_) s'accorde toujours avec son sujet: or le sujet de, _est arrivé_;--_est résultée_, c'est _il_ représentant _ceci_, mot invariable, mot neutre, qui ne saurait exercer aucune influence sur le participe. Il faut aussi écrire sans accord: IL S'EST RASSEMBLÉ _une foule de gens armés_:--IL S'EST GLISSÉ _une faute dans votre copie_:--IL S'EST TROUVÉ _dix personnes chez moi_. PARTICIPE PASSÉ des verbes neutres. Le verbe neutre n'ayant pas de régime direct, son participe passé demeure invariable: _les sommes que ce procès m'a_ COUTÉ:--_les pistoles que ce cheval a_ VALU:--_les jours que j'ai_ VÉCU. Cependant lorsque _valoir_ signifie _procurer_, _faire obtenir_, il est actif, et alors son participe passé doit s'accorder avec le régime direct qui le précède: _les honneurs que m'a_ VALUS _mon habit_. Il en est ainsi du participe passé de _couter_, lorsque ce verbe signifie _causer_, _exiger_: _les peines que cette affaire m'a_ COUTÉES. PARTICIPER À, c'est avoir part à quelque chose, à quelque action: _participer_ AUX _faveurs du Prince_. _Participer de_, c'est tenir de la nature de quelque chose: _l'enthousiasme de cet auteur participe_ DE _la folie_. PASSÉ INDÉFINI et DÉFINI. Il ne faut pas confondre le _passé indéfini_ avec le _passé défini_. Le passé indéfini s'emploie indifféremment pour un temps passé, soit qu'il en reste encore une partie à écouler ou non: J'AI REÇU _une lettre l'année dernière_,--_le mois passé_,--_la semaine dernière_,--_hier_:--J'AI REÇU _une lettre cette année_,--_ce mois_,--_cette semaine_,--_aujourd'hui_. Le passé défini ne se dit au contraire que d'un temps complètement écoulé, et éloigné au moins d'un jour de l'instant où l'on parle: ainsi l'on ne dira pas; JE REÇUS _une lettre cette année_,--_ce mois_,--_cette semaine_,--_aujourd'hui_, parce que l'on est encore dans le temps dont il s'agit. PASSIF. Les verbes passifs demandent pour régimes les prépositions _de_ et _par_: _de_, quand ils expriment un sentiment, une passion, en un mot un mouvement de l'âme: _par_, lorsqu'ils signifient une action à laquelle l'esprit ou le corps a seul part: _l'honnête homme est estimé_ DE _tout le monde_;--_une grande partie de la terre a été conquise_ PAR _les Romains_. Cependant au lieu de la préposition _de_, l'usage permet d'employer _par_ pour éviter plusieurs _de_: _votre conduite a été approuvée_ D'_une commune voix_, PAR _toutes les personnes sages et éclairées_. PATATE, _plante du genre des liserons_. POMME DE TERRE, _plante du genre des solanums_. Ces définitions sont du Dict. de l'Académie, Édit. de 1835, et elles s'accordent avec celles que les naturalistes donnent de ces plantes. C'est donc une grave erreur que de désigner notre _pomme de terre_ par le terme _patate_, plante que nous ne possédons pas, et qui ne vient guère qu'entre les deux Tropiques. PAYEMENT, PAIEMENT, PAIMENT. Ce mot, quoique écrit de trois différentes manières, se prononce _pè-ment_. PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui sont terminés au participe présent par _yant_, comme _bégayer_, _bayer_, _employer_, _renvoyer_, _aboyer_, _essayer_, _ployer_, _appuyer_, etc., prennent un _y_ et un _i_ à la première et à la seconde personne du pluriel de l'imparfait de l'indicatif, et du présent du subj. _Je paie, tu paies, il paie, nous payons, vous payez, ils paient,_ (prononcez _je pè_, _tu pè_, _il pè_, et à la troisième personne du pluriel, _ils pè_) _je payais, tu payais, il payait, nous payions, vous payiez, ils payaient, je payai, tu payas, il paya, nous payâmes, vous payâtes, ils payèrent, je paierai, tu paieras, il paiera, nous paierons, vous paierez, ils paieront,_ (prononcez, _je pè-e-rai_, _tu pè-e-ras_, _il pè-e-ra_, etc.) _je paierais, tu paierais, il paierait, nous paierions, vous paieriez, ils paieraient,_ (prononcez _je pè-e-rais_, _tu pè-e-rais_, _nous pè-e-rions_, etc.) _paie_, (prononcez _pè_,) _payons, payez, que je paie, que tu paies, qu'il paie, que nous payions, que vous payiez, qu'ils paient,_ (prononcez, _que je pè_, _que tu pè_, _qu'il pè_, _qu'ils pè_) _que je payasse, que tu payasses, qu'il payât, que nous payassions, que vous payassiez, qu'ils payassent, payant, payé, payée._ Les verbes _croire_, _voir_, _fuir_, _asseoir_, etc., ayant leur participe présent terminé en _yant_, font aussi à l'imparfait de l'indicatif et au présent du subjonctif, _nous croyions_, _vous croyiez_; _que nous croyions_, _que vous croyiez_, etc. Quelques personnes, contrairement aux règles de la prononciation, font entendre l'_l_ mouillée, ou l'_y_, aux trois personnes du singulier, et à la troisième personne du pluriel du présent du subjonctif des verbes dont le participe présent est terminé en _yant_. Ainsi elles prononcent, _que je pèghe_, (du verbe payer) _que tu pèghes_, _qu'il pèghe_, _qu'ils pèghe_, au lieu de, _que je pè_, _que tu pè_, _qu'il pè_, _qu'ils pè_:---- _que j'èghe_, (du verbe avoir) _que tu èghes_, _qu'il èghe_, _qu'ils èghe_, au lieu de, _que j'è_, _que tu è_, _qu'il è_, _qu'ils è_:---- _que je croèghe_, (du verbe croire) _que tu croèghes_, _qu'il croèghe_, _qu'ils croèghe_, au lieu de, _que je croa_, _que tu croa_, _qu'il croa_, _qu'ils croa_. Ces exemples prouvent combien l'instituteur doit faire d'efforts pour rompre de bonne heure dans ses élèves l'habitude de cette prononciation vicieuse. PEMINA, que le vulgaire nomme _pinbina_, est l'obier du Canada. Le peuple appelle aussi _pinbina_ son fruit: c'est à tort, parce que la baie que porte le _pémina_, n'a pas de nom en français. PENNY est le mot anglais, et _denier_ le mot français qui représentent le terme latin _denarius_, quoiqu'ils expriment des monnaies de valeurs très-différentes. Pourquoi donc employer le mot anglais _penny_, lorsque le français fournit un équivalent? D'ailleurs _penny_ fait _pence_ au pluriel, et puis les fractions du _penny_ se nomment _farthings_: nouvelles difficultés donc pour ceux qui ne savent pas l'anglais; et nouvelle raison par conséquent de rejeter ces mots étrangers, pour s'en tenir aux termes faciles et corrects de _denier_;--_demi-denier_; --_quart de denier_, etc. Il n'en est pas ainsi du mot _shilling_, dont l'emploi est nécessité par l'absence d'un terme français qui lui corresponde. Le mot anglais _dollar_, monnaie des États-Unis, se trouve dans quelques dictionnaires modernes: et _Boiste_ admet _pound_, mot anglais pour _livre sterling_. PÉRIODE est masculin quand il marque le plus haut point, où une chose puisse arriver: _il est au plus_ HAUT _période de sa gloire_; ou quand il signifie un espace de temps: _dans un_ COURT _période_:--_dans le_ DERNIER _période de sa vie_: il est féminin dans ses autres acceptions: LA _période lunaire_:--LA _période julienne_. PÉRIR. En parlant de personnes qui n'existent plus, on dirait, _elles_ SONT _péries_, parce qu'alors la pensée est occupée de l'état des personnes qui n'existent plus. Mais si l'on voulait désigner l'époque où elles ont cessé d'exister, ou la manière dont elles ont perdu la vie, il faudrait se servir de l'auxiliaire _avoir_, et dire, _elles_ ONT _péri en 1840_:--_elles_ ONT _péri dans un naufrage_. Le même principe est applicable au verbe _échouer_. _Le vaisseau_ A _échoué sur la côte_;--_le vaisseau que montait mon ami_ EST _échoué_. V. AUXILIAIRES. PERSONNE _pronom indéfini_, a un sens vague, s'emploie sans article et sans adjectif déterminatif, et signifie aucune personne, qui que ce soit: il est toujours du masculin et du singulier: PERSONNE _n'est assez sot pour le croire_;--_il n'y a_ PERSONNE _qui ne soit fâché_. _Personne substantif_ a un sens déterminé; il est accompagné de l'article, ou d'un adjectif déterminatif, et est féminin: _quelle est la personne assez_ SOTTE _pour le croire?_--_il n'y a pas_ UNE _personne qui n'en soit_ FACHÉE. PERSES. On doit appeler _Perses_ les anciens habitans de la Perse, et _Persans_ ceux d'aujourd'hui. PERSUADER. La grammaire permet d'écrire,--_les modernes se sont_ PERSUADÉS _qu'ils surpassaient les anciens_--et--_les modernes se sont_ PERSUADÉ _qu'ils surpassaient les anciens_. La raison en est qu'avec le verbe _se persuader_, le pronom _se_ peut être également régime direct, ou régime indirect du verbe: en effet, on dit _persuader quelqu'un_, et _persuader_ À _quelqu'un_. PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le verbe qui suit au subjonctif: _il y a peu d'hommes, qui_ SACHENT _supporter l'adversité_. _Un petit peu_ est une faute grossière: dites simplement, _un peu_. _Pour le peu que_ est un barbarisme, il faut dire, _pour peu que_. PEUR. La locution conjonctive, _de peur que_, veut toujours _ne_ devant le verbe suivant: _de peur qu'il_ NE _vienne_. _Avoir peur_ exige également _ne_ devant _le_ verbe qui suit: _j'ai peur qu'il_ NE _vous trompe_: à moins qu'_avoir peur_ ne soit accompagné d'une négation; ou ne soit employé interrogativement: dans ces deux cas on supprime ne: _je n'ai pas peur qu'il vous trompe?_ PEUT-ÊTRE employé avec le verbe _pouvoir_ forme un pléonasme ridicule: ne dites pas: _peut-être il pourra venir_, mais, _peut-être il viendra_. PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours à un substantif, et s'accorde avec lui. _De deux maux il faut éviter le_ PIRE:--_les_ PIRES _des ennemis ce sont les flatteurs_. _Pire_, suivi de _que_, veut _ne_ devant le verbe qui suit: _ce vin est pire que je_ NE _le pensais_: à moins que cet adjectif n'accompagne un verbe négatif, ou ne soit employé interrogativement: _ce vin n'est pas pire que je le pensais_:--_ce vin est-il pire que vous le pensiez?_ PIS est l'opposé de _mieux_, et se dit pour _plus mal_. Il ne se joint pas à des substantifs masculins ou féminins, mais seulement à des noms, où à des pronoms indéterminés, comme dans cette phrase, _rien n'est_ PIS _qu'une mauvaise langue_. _Pis_ est quelquefois substantif: _le_ PIS _de l'affaire est que_... _Pis_ est aussi adverbe comparatif: DE PIS _en_ PIS,--_de mal en_ PIS,--_tant_ PIS. Le peuple dit abusivement _de_ PIRE _en_ PIRE,--_de mal en_ PIRE,--_tant_ PIRE. PLAINDRE. _Se plaindre de ce que_, suppose un sujet de plainte: _il se plaint_ DE CE QUE _vous l'avez trompé_. _Se plaindre que_ ne suppose pas lieu à la plainte: _il a tort de se plaindre_ QUE _vous l'ayez trompé_. Le participe passé de _se plaindre_ s'accorde toujours avec le second pronom: _ils se sont_ PLAINTS _de vous_:--_elle s'est plainte de votre conduite_: excepté lorsque _se plaindre_ signifie _se refuser_, cas dans lequel le second pronom cesse d'être régime direct, _elle s'est_ PLAINT _le boire et le manger_. PLAIRE. Ce _qui plait_ est ce qui est agréable: ce _qu'il plait_ est ce que l'on veut: _les incensés sacrifient leurs intérêts à ce_ QUI _leur_ PLAIT:--_les gens d'un caractère opiniâtre ne veulent faire que ce_ QU'IL _leur_ PLAIT. On doit répondre à quelqu'un qui offre quelque chose, _ce_ QU'IL _vous plaîra_, et non pas, _ce_ QUI _vous plaîra_. Le participe passé de _plaire_ est toujours invariable:--_ils nous ont_ PLU:--_ils se sont_ PLU _réciproquement_:--_ils se sont_ PLU _à me contrarier_:--_elles se sont_ PLU _à la campagne_. PLAISIR (il y a). Cette locution prend _à_ devant une consonne, et _de_ devant une voyelle. _Il y a plaisir_ À _l'entendre chanter_:--_il y a plaisir_ D'_avoir affaire à un homme si loyal_. PLÉONASME. Le pléonasme est autorisé lorsqu'il ajoute à la phrase plus d'énergie et de grâce; mais souvent il est un vice à éviter. Voici quelques phrases dans lesquelles le pléonasme est vicieux. _S'entr'égorger les uns les autres_: les mots _les uns les autres_ sont superflus:--_plaintes réciproques de part et d'autre_: _de part et d'autre_ sont redondans: _discours rempli de beaucoup de citations_: _beaucoup_ est inutile.--_À Mons. N, Prêtre, Curé de N_;--_À Mons. N, Prêtre, Vicaire de N_:--_Je_, _soussigné, Prêtre, Curé de N_. Le mot _prêtre_ dans ces phrases est superflu:--_une heure de temps_: retranchez _de temps_:--_ainsi donc vous avez tort_; l'un des deux termes _ainsi_ et _donc_ est redondant:--_les ennemis reculent en arrière_: on ne recule pas en avant; _en arrière_ est donc superflu; _un brillant éclat_: _brillant_ est superflu, car tout éclat est _brillant_:--_un cadavre inanimé_; certes il n'y a pas de cadavre _animé_:--_il fut forcé malgré lui d'y consentir_; supprimez _malgré lui_:--_il faut s'entr'aider mutuellement_; le dernier mot de cette phrase n'ajoute rien au sens:--_un petit peu_; retranchez _petit_:--_dépêchez-vous vite_; _vite_ est superflu:--_tempête orageuse_; retranchez _orageuse_:--_voyons voir_; répétition barbare:--_je vais aller le chercher_, dites _je vais le chercher_:--_pour faire fuir les ennemis on n'aurait seulement qu'à se montrer_; _seulement_ est superflu:--_je vais dîner, et puis ensuite je me rendrai chez vous_; _puis_ signifie _ensuite_, il faut donc retrancher l'un ou l'autre:--_réellement vrai_; langage ridicule:--_au jour d'aujourd'hui_; _jour_ est de trop:--_hémorragie de sang_: retranchez _de sang_, puisque le mot _hémorragie_ signifie par lui-même _perte de sang_:--_il est impossible qu'on puisse réussir_; dites, _il est impossible de réussir_:--_il est impossible de pouvoir_; otez _de pouvoir_:--_je suis bien parfaitement_, ou _très-parfaitement votre humble serviteur_; les mots _bien_ et _très_, joints à _parfaitement_, sont redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter à ce qui est parfait:--_un des modèles les plus parfaits_ est une faute, retranchez _les plus_. Quelques grammairiens souffrent dans la conversation familière ces expressions, _montez en haut_;--_descendez en bas_;--_je veux unir ces deux prairies ensemble_. PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles: _plier du linge_;--_plier une lettre_. PLOYER. _Je ploie, tu ploies, il ploie, nous ployons, vous ployez, ils ploient, je ployais, nous ployions, vous ployiez, ils ployaient, je ployai, je ploierai, je ploierais, ploie, ployons, ployez, que je ploie, que nous ployions, qu'ils ploient, que je ployasse, ployant, ployé, ployée._ _Ployer_, c'est courber, faire fléchir: _ployer une branche d'arbre_. PLUPART. Le substantif _plupart_ étant un collectif partitif, veut que le verbe et les autres correspondans, comme adjectifs, participes et pronoms s'accordent avec le substantif exprimé, ou sous-entendu après _la plupart_: _la plupart du monde_ PENSE,--_la plupart des sénateurs_ ÉTAIENT MÉCONTENS _et_ FATIGUÉS _de la guerre_;--_la plupart_ ÉTAIENT _d'avis que_... Dans le premier exemple l'accord a lieu avec _monde_, dans le second avec _sénateurs_, et dans le troisième avec le mot _sénateurs_ sous-entendu; c'est comme s'il y avait, _la plupart des sénateurs étaient d'avis que_... PLUS. Le superlatif _le plus_, _la plus_, _les plus_, veut après lui le subjonctif: _les mouvemens des planètes sont les plus réguliers que nous_ CONNAISSIONS. Avant les adverbes _plus_, _mieux_, _moins_, on emploie _le_, _la_, _les_, pour exprimer une comparaison: _cette dame ne pleurait pas, quoiqu'elle fût_ LA PLUS _affligée_, c.-à-d., la dame plus affligée que les autres. Au contraire on emploie simplement _le_ pour marquer une qualité portée au plus haut degré, sans aucune idée de comparaison avec d'autres objets: _cette dame ne pleure pas alors même qu'elle est_ LE PLUS _affligée_:--_il s'est baigné dans l'endroit où les eaux sont_ LE MOINS _rapides_. Dira-t-on, _les opinions_ LES PLUS ou LE PLUS _généralement suivies_? La réponse dépend de l'intention de celui qui parle. S'il s'agit d'opinions considérées en elles-mêmes, et sans comparaison, on dira LE PLUS _généralement suivies_. Si au contraire, vous avez en vue d'autres opinions moins suivies, et que vous vouliez indiquer une comparaison, vous direz LES PLUS _généralement suivies_. Lorsque le terme de comparaison placé après _plus_ exprime une idée de mesure, de quantité, cet adverbe doit être suivi de la préposition _de_, et non de _que_: _il est plus_ D'_à demi mort_:--_mon argent est plus_ D'_à moitié dépensé_. PLUS TÔT, PLUTÔT. Il ne faut confondre ces deux mots. _Plus tôt_, locution adverbiale, est l'opposé de _plus tard_: _plutôt_, adverbe, marque une préférence. _Plutôt mourir que de trahir ma foi._ POINT. Pas énonce simplement la négation: _point_ l'exprime avec beaucoup plus de force: _il n'a_ PAS _d'esprit ce qu'il faut pour cette place_:--_c'est un homme qui n'a_ POINT _d'esprit_. Il n'en est pas de même quand on interroge: si ma question est accompagnée de doute, je dirai; _n'avez-vous point été là?_ mais si je suis persuadé, je dirai par manière de reproche: _n'avez-vous pas été là?_ PORTE. Les mots composés qui suivent ne prennent point d'_s_ au pluriel: _porte-éguille_, _porte-baguette_, _porte-balle_, _porte-chape_, _porte-collet_, _porte-crayon_, _porte-croix_, _porte-crosse_, _porte-dieu_, _porte-drapeau_, _porte-enseigne_, _porte-étendard_, _porte-lanterne_, _porte-malheur_, _porte-manteau_, _porte-mousqueton_, _porte-respect_, _porte-verge_, etc. V. SUBSTANTIFS COMPOSÉS. POUPÉE, jouet d'enfant. On substitue souvent à ce mot celui de _catin_. Le mot _catin_, quoique désigné par quelques auteurs comme synonyme de _poupée_, sonne mal aux oreilles délicates, au point qu'il n'est plus prononcé en ce sens dans la bonne société, et que le Dict. de l'Académie, Édit. de 1834, ne lui donne d'autre signification que celle de _femme de mauvaises moeurs_. POURVOIR. Passé défini, _je pourvus_: futur, _je pourvoirai_; conditionel, _je pourvoirais_: imparfait du subj. _que je pourvusse_. Le reste sur _voir_. POUVOIR. _Je puis_ est plus usité que _je peux_. On ne dit pas _peux-je_? mais _puis-je_? Avec _pouvoir_ on peut supprimer _pas_ et _point_; _je ne puis_:--_il ne peut sortir_:--il en est de même des verbes _cesser_, _oser_, et _savoir_. PRENDRE GARDE QUE veut _ne_ devant le verbe suivant: _prenez garde qu'on_ NE _vous trompe_: excepté quand il est employé interrogativement, ou avec une négation. PRÉPOSITIONS. Les prépositions _à_, _de_, _en_, se répètent toujours avant chaque régime: _il dut la vie_ À _la clémence_, _et_ À _la magnanimité du vainqueur_:--_il est doux_ DE _servir_, _et_ DE _contribuer à sa gloire_. Les autres prépositions, surtout celles qui n'ont qu'une syllabe, se répètent quand les régimes n'offrent aucune ressemblance de signification. DANS _la paix et_ DANS _la guerre_:--PAR _la force et_ PAR _l'adresse_. Au contraire elles ne se répètent pas quand les régimes sont des expressions synonymes: DANS _la mollesse et l'oisiveté_:--PAR _la force et la violence_:--À TRAVERS _les dangers et les obstacles_. PRÈS, veut après lui la proposition _de_: _près_ DES _montagnes_;--_près_ DU _château_, excepté dans le style familier; _près le marché_. _Près de_ indique aussi le temps et le nombre: _il est_ PRÈS DE _deux heures_;--_il y a_ PRÈS DE _vingt ans_. Ne dites pas: _il est_ PROCHE _de deux heures_:--_il y a_ PROCHE _de vingt ans_. PRESQUE. L'_e_ final de _presque_ s'élide seulement dans _presqu'île_; ainsi écrivez sans élision, _ouvrage_ PRESQUE _achevé_:--_habit_ PRESQUE _usé_. PRÊT À adjectif, signifie disposé à: _prêt_ À _partir_:--_ils sont prêts_ À _commencer_. _Près de_ préposition, signifie sur le point de: _le soleil est près_ DE _se coucher_. PRÉVALOIR se conjugue sur _valoir_, excepté au présent du subjonctif, où il fait, _que je prévale_, _que tu prévales_, _qu'il prévale_, _que nous prévalions_, _que vous prévaliez_, _qu'ils prévalent_. PRIER. Imparf. de l'ind. _nous priions_, _vous priiez_, _ils priaient_: présent du subjonctif, _que nous priions_, _que vous priiez_. _Prier_ DE _dîner_ se dit d'une invitation accidentelle: _Prier_ À _dîner_ d'une invitation préméditée. PRONOMS RELATIFS. Les pronoms relatifs _qui_, _que_, _lequel_, _laquelle_, _dont_, _où_, veulent le subjonctif après eux, quand ils ont pour antécédent un nom employé dans une phrase qui marque le doute, le désir, l'interrogation ou le commandement; et l'indicatif, lorsque la phrase exprime quelque chose de positif. _Pronoms relatifs avec l'indicatif._ Je connais quelqu'un qui POURRA vous rendre ce service:--voilà un livre que vous POURREZ consulter au besoin:--prêtez-moi ce livre dont vous n'AVEZ pas besoin:--ne quittez pas une place où vous ÊTES commodément, et d'où vous ENTENDEZ bien. _Les mêmes pronoms avec le subjonctif._ Connaissez-vous quelqu'un qui PUISSE me rendre ce service?--donnez-moi un livre que je PUISSE consulter au besoin;--prêtez-moi un livre dont vous n'AYEZ pas besoin:--choisissez une place où vous SOYEZ commodément, et d'où vous ENTENDIEZ bien. _Auquel_, _à laquelle_, sont d'un usage très-ordinaire, et presque toujours indispensable quand il est question de _choses_: _le jardin_ AUQUEL _je donne mes soins_:--_les sciences_ AUXQUELLES _je m'applique_. Mais si l'on parle de _personnes_, on est libre d'employer _à qui_, ou _auquel_, _à laquelle_: _Dieu_ À QUI, ou AUQUEL _nous devons rapporter toutes nos actions_. Quand ce sont des prépositions autres que _de_ et _à_, qui régissent le pronom relatif, l'on peut employer indifféremment _qui_ ou _lequel_, si l'on parle de _personnes_, et dire; _cherchons à fléchir le Juge_ DEVANT QUI, OU DEVANT LEQUEL _nous devons paraître un jour_:--_on s'ennuie toujours avec ceux_ AVEC QUI, ou AVEC LESQUELS _il n'est pas permis de s'ennuyer_. Mais si l'on parle de _choses_, l'on doit se servir de _lequel_, _laquelle_: _l'opinion_ CONTRE LAQUELLE _je me déclare_. _Qui_ s'emploierait cependant dans les cas où les choses seraient _personnifiées_: _rochers_ À QUI _je me plains_:--_la gloire_ À QUI _je me suis dévoué_. PRONONCIATION. La prononciation de la conversation diffère de celle de la déclamation, et de la lecture, en ce qu'elle souffre une infinité d'hiatus, pourvu qu'ils ne soient pas trop rudes. L'usage est tellement prononcé à cet égard, qu'il serait d'un pédant de ne pas s'y conformer. Ainsi dans la conversation, _folâtrer et rire_:--_aimer à jouer_, se prononcent, _folâtré et rire_:--_aimé à jouer_. En général l'_s_ finale des verbes ne se prononce point devant une voyelle: ainsi, _tu aimes à rire_:--_tu joues avec prudence_, se prononcent, _tu aime à rire_:--_tu joue avec prudence_. L'articulation vicieuse de la diphthongue _oi_, si fréquente chez nous, doit attirer l'attention sérieuse de l'instituteur; ou plutôt, devons-nous dire, sa conscience est grevée à cet égard, d'une immense responsabilité envers ses élèves et la société. En discutant la prononciation de cette diphthongue, Gatel, dans la préface de son dictionnaire, p. XII (Édit. de 1813) dit: «Quant à la diphthongue _oi_...je n'ignore pas que l'usage lui donne chez nous...une susceptibilité de plusieurs nuances, pour ceux du moins qui...ont les organes extrêmement souples et délicats. C'est tantôt le son d'_oe_, ou plutôt d'_oè_;...tantôt celui d'_oa_...tantôt celui d'_oua_...mais ces nuances m'ont paru en général si légères, si difficiles à saisir...que...j'ai jugé plus convenable...de désigner toujours...la prononciation d'_oi_ par _oa_, en prenant la seule précaution d'affecter l'_a_ de l'accent circonflexe, suivant que le son en devait être plus ou moins fortement appuyé.» Duvivier, dans son article des diphthongues, dit que le son le plus naturel de la diphthongue _oi_, «est celui que l'on suit en grec, où l'on fait entendre l'_o_ et l'_i_, comme dans _voi-ïelle_, _roi-ïaume_ (_voa-ïelle_, _roa-ïaume_) mais,» dit-il, «elle a encore d'autres sons qu'il est difficile de représenter par écrit.» Outre Gatel déjà cité, Noël et Chapsal dans leur dictionnaire, et Rolland dans son vocabulaire, désignent toujours la prononciation de la diphthongue _oi_ par _oa_, ou _oua_. Suivant eux, _voir_, _boire_, _croire_, _moi_, _toi_, _droit_, etc., se prononcent, _voar_, _boar_, _croar_, _moa_, _toa_, _droa_. Il faut donc éviter de donner le son de l'_è_ ouvert à la diphthongue _oi_, et se garder de prononcer, _vo-ère_, _bo-ère_, _cro-ère_, _mo-è_, _to-è_, _dro-è_, etc. Le Dictionnaire de l'Académie, et la plupart des grammairiens modernes donnent, à quelques nuances près, la même règle pour la prononciation de la diphthongue _oi_. Le son de la voyelle _a_, comme le son de quelques autres voyelles, peut être _aigu_ ou _grave_: il est aigu dans _patte_, _natte_ et grave dans _hâte_, _pâte_. On conçoit, facilement que le son grave doit être plus fort, plus rempli que le son aigu: mais on doit éviter de prononcer l'_a_ comme les anglais le prononcent dans LAW (loi): et les allemands dans JA (oui) avec une effrayante ouverture de bouche. La douceur, l'harmonie de la langue française, ne peut souffrir la rudesse de tels sons. L'Académie vient à l'appui de cette règle de la prononciation de la voyelle _a_. «Le son de l'_a_, en français, est le même dans tous les mots: il ne différe que par sa durée, et par des nuances peu sensibles. Il est long ou bref: long dans _pâte_, _grâce_; bref dans _glace_, _trace_. _Dict._ de _l'Ac. Édit. de 1832_.» Les autres voyelles susceptibles de devenir graves, sont _e_, _u_, _o_: _tempête_, _jeûne_, _côte_. PROPORTIONNEL _adjectif_, et PROPORTIONNELLEMENT _adverbe_, termes de mathématiques, sont employée quand il s'agit de quantités en lignes, en nombres ou en grandeurs, qui sont en proportion. _Réduire_ PROPORTIONNELLEMENT _un grand plan à un petit_. Dans les autres cas, où il est question de proportion entre une chose et une autre chose, on se sert du participe _proportionné_, et de l'adverbe _proportionnément_: _le remède est_ PROPORTIONNÉ _au mal_:--_il n'a pas été récompensé_ PROPORTIONNEMENT _à son mérite_. PROPRE À, désigne une vocation, ou une destination encore imparfaite. _Propre pour_, marque une capacité acquise: un homme _propre à_ la guerre, pourra être un jour un guérier: un homme _propre pour_ la guerre, a ce qu'il faut pour l'être maintenant. PUISQUE. L'_e_ de _puisque_ ne s'élide que devant _il_, _ils_, _elle_, _elles_, _on_, _un_, _une_: même observation pour le mot _quoique_. QUATRE-VINGTS prend la marque du pluriel: _quatre-vingts hommes_: excepté quand il est suivi d'un autre adjectif de nombre: _quatre-vingt-dix hommes_. Il est également invariable quand il s'agit de la date: _l'an mil huit cent quatre_-VINGT. QUELQUE s'écrit de trois manières: 1º. suivi d'un verbe il se met en deux mots, _quel que_, et alors _quel_ adjectif s'accorde au genre et en nombre avec le sujet du verbe: QUELS QUE _soient les humains_. 2º. suivi d'un substantif il s'écrit en un mot, _quelque_, et s'accorde en nombre avec ce substantif: QUELQUES _raisons que vous puissiez me donner_. 3º. suivi d'un qualificatif, soit adjectif, soit participe, soit adverbe, _quelque_ s'écrit également en un mot: mais alors il est adverbe, et conséquemment reste invariable: QUELQUE _puissans qu'ils soient_:--QUELQUE _considérés que nous soyons_:--QUELQUE _adroitement qu'ils s'y prennent_. L'_e_ finale de _quelque_ s'élide seulement devant _un_, _une_, _autre_, _il_, _elle_, _elles_: _quelqu'un_,--_quelqu'une_,--_quelqu'autre_, --_quelqu'il soit_,--_quelle qu'elle soit_. QUELQUE CHOSE. Quand _quelque chose_ signifie une certaine chose, il est substantif masculin. _J'ai vu quelque chose de_ BEAU. Il est substantif féminin lorsqu'il veut dire, quelque soit la chose. _Quelque chose que je lui ai_ DITE. QUÊTER. C'est abusivement qu'on emploie ce mot pour signifier _mendier_. _Quêter_, c'est faire une collecte pour les pauvres, pour les objets de confréries, pour les établissemens religieux, etc. _Mendier_ c'est demander l'aumône. Même remarque pour _quêteur_ qu'on fait synonyme de _mendiant_. _Quêteux_ pour _mendiant_ est doublement barbare. QUI prend le nombre et la personne de son antécédent, et les communique au verbe dont il est le sujet. Conséquemment on dira: _moi qui_ AI _parlé_:--_toi qui_ AS _parlé_:--_lui_ ou _elle qui_ A _parlé_:--_nous qui_ AVONS _parlé_:--_vous qui_ AVEZ _parlé_:--_ils_, ou _elles qui_ ONT _parlé_. On doit donc aussi dire, _si c'était moi qui_ VOULUSSE--_si c'était vous qui_ VOULUSSIEZ--_si c'était lui qui_ VOULUT, et non pas, _si c'était moi qui_ VOULUT:--_si c'était vous qui_ VOULUT, etc. On dira, _vous parlez comme un homme_ QUI ENTEND _la matière_, et non pas, QUI ENTENDEZ _la matière_:--_vous parlez comme des hommes_ QUI S'Y CONNAISSENT, et non pas, QUI VOUS Y CONNAISSEZ:--_tu étais le seul qui_ PUT _me dédommager_: parce que dans ces phrases, le relatif _qui_ représente le substantif qui le précède immédiatement: et en effet, c'est comme si l'on disait; _vous parlez comme un homme_, LEQUEL HOMME _entend la matière_, etc. et puis ce substantif, que l'on est censé répéter après _lequel_, étant réellement le sujet, communique au verbe le genre, le nombre et la personne. Lorsque le relatif _qui_ est précédé d'un adjectif, c'est au pronom qui est placé auparavant que se rapporte ce relatif: en conséquence il faut dire; _nous sommes ici_ PLUSIEURS _qui nous_ SOUVENONS _des succès_....--_c'est vous_ SEULS _qui vous_ CHARGEZ _de cette responsabilité_:--_nous étions_ DEUX _qui_ ÉTIONS _du même avis_. Observez que l'on dirait: _nous étions_ DEUX _juges qui_ ÉTAIENT _du même avis_, et non pas, _qui_ ÉTIONS _du même avis_, à cause du substantif _juges_ qui est l'antécédent de _qui_. QUI, QUE. On doit éviter la multiplicité de ces pronoms, surtout quand ils sont interrogatifs. La grammaire ne les condamne pas absolument, mais l'oreille en est offensée. Ainsi au lieu de: QUI _est-ce_ QUI _a fait cela_?--QU'_est-ce_ QUE _c'est_ QUE _cela_?--QU'_est-ce_ QUE _tu as_? dites: QUI _a fait cela_?--QU'_est-ce_ QUE _cela_?--QU'_as tu_? QUICONQUE devient féminin quand il désigne spécialement une femme: _quiconque est bonne mère est_ ADORÉE _de ses enfans_. QUOIQUE, en un mot, signifie _bien que_; QUOIQUE _vous soyez instruit_, _soyez modeste_: en deux mots, il veut dire, _quelque chose que_: QUOI QUE _vous lui disiez_, _il ne vous écoutera pas_. L'_e_ de _quoique_ ne s'élide que devant _il_, _elle_, _ils_, _elles_, _ou_, _un_, _une_. R. Dans la lecture, dans le discours soutenu, et dans les vers, _r_ finale des infinitifs en _er_ est nulle devant une consonne ou une _h_ aspirée: mais suivie d'une voyelle ou d'une _h_ muette, elle se fait entendre. Dans la conversation _r_ est une lettre muette à la fin des infinitifs, même devant une voyelle: _aimer à boire_,--_parler et chanter_, se prononcent _aimé à boire_,--_parlé et chanté_. RAILLERIE. _Entendre raillerie_, c'est bien prendre la raillerie. _Entendre_ LA _raillerie_, c'est avoir le talent de railler. RAPPELER, (se) veut un régime direct; ne dites pas, _je me rappelle_ DE _cette personne_:--_je me rappelle_ DE _cette chose_:--_je_ _m'_EN _rappelle_: dites, _je me rappelle cette personne_:--_je me rappelle cette chose_:--_je me le rappelle_. On met cependant la préposition _de_ devant l'infinitif: dans ce cas _de_ n'est qu'un mot euphonique, et l'infinitif n'en est pas moins le régime direct: _je me rappelle_ D'_avoir vu_. RAPPORT. _Avoir rapport à_ exprime une idée de relation, de liaison: _les effets ont rapport_ AUX _causes_. _Avoir rapport avec_ marque une idée d'analogie, de ressemblance: _nos plus belles tragédies ont beaucoup de rapport_ AVEC _celles des Grecs_. RAVOIR ne se dit qu'à l'infinitif. RÉGIMES, (deux). Quand un verbe a deux régimes, l'un est simple et l'autre est composé: alors il faut toujours placer le régime simple le plus près possible du verbe: _apportez-moi-la_,--_dites-moi-le_, seraient donc des fautes, parce que _moi_ est régime composé, et _le_, _la_, régimes simples; il faut dire, _apportez-la-moi_, --_dites-le-moi_,--_donnez le-lui_,--_chantez-la-nous_, etc. RÉGIME PRONOM. Toutes les fois qu'un verbe actif est suivi d'un infinitif, on doit employer _le_, _la_ _les_, devant ce verbe actif, si l'infinitif n'est pas régime direct: car alors il faut que le pronom soit régime direct, puisqu'un verbe actif exige un régime de cette nature: mais on doit employer _lui_, _leur_, quand l'infinitif est le régime direct du verbe actif, un verbe actif ne pouvant pas avoir deux régimes directs. On doit donc dire en parlant d'un homme, _je_ L'_ai vu faire bien des sottises_, et non pas, _je_ LUI _ai vu faire bien des sottises_: et en parlant des animaux; _c'est la brutalité qui_ LEUR _fait suivre les mouvemens de leur colère_: et non pas: _c'est la brutalité qui_ LES _fait suivre_, etc. Dans la première phrase le pronom LE (_cet homme_) est le régime direct de _voir_ et non pas de l'infinitif _faire_; c'est comme s'il y avait, _j'ai vu cet homme faisant bien des sottises_. Dans la seconde phrase _suivre_ est le régime direct de _faire_, et _leur_ (aux animaux) le régime indirect; c'est comme si l'on disait; _c'est la brutalité qui fait suivre aux animaux les mouvemens de leur colère_. On ne doit pas dire, _l'idée_ LES _a pris d'aller à la campagne_: mais, _l'idée_ LEUR _a pris_, etc. Ici le verbe est pris neutralement, et ne saurait avoir de régime direct. Il y a une grande différence entre, _je_ LUI _ai vu donner un soufflet_, et, _je_ L'_ai vu donner un soufflet_,--entre, _les offres de service que je_ LEUR _ai vu faire_, et, _les offres de service que je_ LES _ai vus faire_:--entre, _les liqueurs que je_ LEUR _ai vu verser_, et, _les liqueurs que je_ LES _ai vus verser_. Cette différence est telle, qu'en confondant les deux régimes l'on exprimerait positivement le contraire de ce que l'on voudrait faire entendre. RÉFORMATION, RÉFORME. La _réformation_ est l'action de réformer; la réforme en est l'effet. RÉSOUDRE. _Je résous_, _tu résous_, _il résout_, _nous résolvons_, _vous résolvez_, _ils résolvent_, _je résolvais_, _je résolus_, _je résoudrai_, _je résoudrais_, _résous_, _résolvons_, _résolves_, _que je résolve_, _que nous résolvions_, _que vous résolviez_, _que je résolusse_, _résolvant_: il a deux participes passés, _résolu_ et _résous_: ce dernier n'a point de féminin. Lorsqu'il est question de déterminer une chose douteuse, on se sert de _résolu_: _ce jeune homme a_ RÉSOLU _de changer de conduite_. En parlant des choses qui se convertissent en d'autres, on se sert de _résous_; _le soleil a_ RÉSOUS _le brouillard en pluie_. Quant _résoudre_ est actif, il régit _de_ avant l'infinitif, _on a résolu_ D'_agir sans plus tarder_: employé passivement il prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _je suis résolu_ À _partir_, ou DE _partir_. Quand résoudre est réfléchi, il régit _à_; _je me suis résolu_ À _demander une retraite_. RESPECT. On dit également _respè_ ou _respeck_. Quand aux mots _aspect_ et _circonspect_, il faut prononcer _aspeck_ et _circonspeck_. Cependant Boiste prononce _assepekte_. RESTE. _Au reste_ se dit des choses dont on a déjà parlé, et sur lesquelles il reste quelque chose à dire; _voilà l'opinion de Bernard_: AU RESTE _je vous en écrirai_. _Du reste_ s'emploie quand ce qui suit n'est pas dans le même genre que ce qui _précède_; _il est bizarre, emporté_, DU RESTE _brave homme_. RÉSULTER n'est usité qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes du singulier. Il prend _avoir_ et _être_. RÉUNIR, lorsqu'il signifie, _posséder en même temps_, ne doit jamais être suivie des prépositions _à_ ou _avec_; ne dites donc pas, _Turenne réunissait la prudence_ À _la hardiesse_, ni, AVEC _la hardiesse_: dites, _Turenne réunissait la prudence_ ET _la hardiesse_. En matière de Fief et d'autres choses semblables, on dit, _réunir à_.--_Réunir un grand Fief_ À _la Couronne_. Le verbe _unir_ rejette la préposition _avec_, et veut _à_. _Turenne unissait la prudence_ À _la hardiesse_. RÊVER À, c'est réfléchir profondément; _il rêve_ À _une affaire_. _Rêver de_, c'est faire un songe: _j'ai rêvé_ DE _vous_:--_j'ai rêvé_ DE _combats_. REVERS INATTENDU. On prononce _rever inattendu_. RIRE. Le participe _ri_ est invariable: _ils se sont_ RI,--_elles se sont_ RI _de mes menaces_. ROSBIF, du mot anglais _roast-beef_, signifie boeuf rôti. ROYAL. On disait autrefois, _des lettres royaux_,--_des ordonnance royaux_: la raison a fait justice de cette bizarre irrégularité: aujourd'hui l'on dit, _lettres royales_, _ordonnances royales_. S. L'_s finale_ se fait entendre dans les mots _anus_, _aloès_, _as_, _atlas_, _blocus_, _calus_, _foetus_, _iris_, _maïs_, _moeurs_, _prospectus_, _lapis_, _laps_, _en sus_, _locatis_, _vis_, _vasistas_, et dans les mots purement étrangers, tels que _bibus_, _chorus_, _agnus_, _gratis_, _Crésus_, _Délos_, _Rubens_, _Valens_, (prononcez, _rubinze valinze_) _Bacchus_, _Pallas_, etc. Exceptions. L'_s_ ne sonne pas dans _Mathias_, _Thomas_, _Judas_. Quand le pronom _y_, ou le pronom _en_, suit immédiatement la seconde personne singulière de l'impératif terminé par un _e_ muet, il faut, pour éviter un hiatus, y ajouter une _s_ euphonique, et écrire, _donnes-en_;--_portes-y_;--_aies-en_;--_travailles-y_. Mais si le mot _en_, au lieu d'être un pronom, est une préposition, alors on ne fait point usage de la lettre euphonique _s_; et l'on écrit, _admire en France_...et non pas, _admires en France_. On ne fait pas sonner l'_s_ dans cette phrase du discours familier, _sur les une heure_. L'impératif _va_, suivi des pronoms _y_, _en_, prend aussi une _s_: _vaS-y-voir_;--_vaS-en demander_; mais on ne doit pas dire, _vaS en Angleterre_, mais, _va en Angleterre_, parce que _en_ est ici préposition. SAILLIR, (verbe neutre et défectif) dans le sens de _jaillir_, ne se dit que des liquides: il n'est d'usage, suivant du Duvivier, qu'aux troisième personnes, et à l'infinitif, et se conjugue sur _finir_. _Il saillit_, _ils saillissent_, _il saillissait_, _ils saillissaient_, _il saillit_, _ils saillirent_, _il saillira_, _ils sailliront_, _il saillirait_, _ils sailliraient_, _qu'il saillisse_, _qu'ils saillissent_, _qu'il saillît_, _qu'ils saillissent_. SAILLIR, terme d'architecture, signifie s'avancer en dehors comme un balcon, une corniche. En ce sens il se conjugue différemment du verbe _saillir_ de l'article qui précède, et ne s'emploie qu'à l'infinitif, et à la troisième personne des temps suivans; _il saille_, _ils saillent_, _il saillait_, _ils saillaient_, _il saillera_, _ils sailleront_, _il saillerait_, _ils sailleraient_, _qu'il saille_, _qu'ils saillent_, _qu'il saillît_, _qu'ils saillissent_. SANS QUE n'est jamais, suivi de _ne_: dites, _sans qu'il vienne_, et non, _sans qu'il_ NE _vienne_. SAVOIR est le seul verbe qui se mette au subjonctif, sans être sous la dépendance d'un autre mot qui le précède; mais alors il doit être accompagné d'une négation: _je ne_ SACHE _rien de nouveau_. SECOND éveille une idée d'ordre, et _deuxième_ une idée de série. Ne dites pas; _le_ DEUXIÈME, _mais_, _le_ SECOND _tome_ d'un ouvrage qui n'a que deux tomes. Si l'ouvrage a plusieurs tomes, dites, _le_ DEUXIÈME et non _le_ SECOND _tome_. SEMBLER. Le verbe impersonnel, _il semble_, veut le subjonctif: _il semble qu'il vous_ CRAIGNE: excepté quand il est accompagné d'un régime indirect de personne; _il_ ME _semble qu'il vous_ CRAINT. SEMI ne s'emploie qu'avec certains mots, et reste toujours invariable; _une_ SEMI-_fête_:--_des_ SEMI-_tons_:--_des fleurs_ SEMI-DOUBLES. S'EN ALLER. Le pronom _en_ de _s'en aller_, doit toujours, dans les temps composés, précéder immédiatement le verbe _être_. Dites, _nous nous_ EN _sommes allés_: et non pas, _nous nous sommes_ EN _allés_. Il ne faut pas dire; _je m'_EN _vais commencer cette lettre_:--_je_ _m'_EN _vais lui écrire_: mais, _je vais commencer cette lettre_:--_je vais lui écrire_. SENS (ville). Prononcez, _San-ce_. SEOIR, pour signifier _être assis_, ne se dit plus qu'aux participes, _séant_, _sis_, _sise_: et pour signifier _être convenable_, ne se dit qu'au participe présent, qu'on écrit alors _seyant_, et aux troisièmes personnes, _il sied_, _ils siéent_, _il seyait_, _ils seyaient_, _il siéra_, _ils siéront_, _il siérait_, _ils siéraient_. Il est inusité aux temps composés. _Messeoir_ se conjugue comme _seoir_, _et s'_emploie aux mêmes temps. SI. On ne doit pas dire, _il était_ SI _en peine_:--SI _en colère_: mais, _il était_ SI FORT _en peine_...SI FORT _en colère_. SOFA, CANAPÉ. L'Académie dit qu'on confond souvent les _canapés_ avec les _sofas_. _Sofa_, ou _sopha_, est un lit de repos qui sert de siége. _Canapé_ est un long siége à dossier, qui sert quelquefois, mais rarement, de lit de repos. La plupart des longs siéges, qui parent nos salons, sont des _canapés_, et c'est une faute de les désigner par le terme _sofa_. _Divan_ est un canapé oriental, sans dossier. SOI. Le pronom personnel _soi_ se dit des personnes et des choses. Quand il se dit des personnes, ce ne peut être que dans les propositions générales, ou avec des noms collectifs ou indéfinis, comme _on_, _chacun_, _personne_, _quiconque_, etc. _On doit rarement parler de_ SOI;--_chacun est content de_ SOI;--_quiconque n'aime que_ SOI, _est indigne de vivre_;--_ne vivre que pour_ SOI, _c'est être déjà mort_. Lorsque l'antécédent présente un sens déterminé, ce n'est plus _soi_ qu'il faut employer, c'est _lui_, _elle_, _lui-même_, _elle-même_: _cet homme rapporte tout à_ LUI,--_cette femme ne parle que d'_ELLE-MÊME. Cependant, pour éviter une équivoque, les écrivains emploient _soi_, quoique l'antécédent offre un sens déterminé. _Ce jeune homme, en remplissant les volontés de son père, travaille pour_ SOI. Si au lieu de _pour_ SOI, l'on disait _pour_ LUI, il y aurait une équivoque; on ne saurait si LUI représente le père ou le fils. Lorsqu'il est question de _choses_, on peut indifféremment employer le pronom _soi_, ou le pronom _lui_, _elle_. _L'aimant attire le fer à_ SOI, ou _à_ LUI;--_un bienfait porte sa récompense avec_ SOI, ou _avec_ LUI,--_la vertu est aimable de_ SOI, ou _d'_ELLE-MÊME. _Soi_ étant toujours du nombre singulier, ne peut jamais se rapporter à un pluriel, lorsqu'il s'agit de _personnes_; mais s'il est question de _choses_, les avis sont partagés. L'Académie et Th. Corneille rejettent cette phrase, _ces choses sont indifférentes de_ SOI, tandis qu'ils admettent celle-ci, _de_ SOI _ces choses sont indifférentes_. SON, SA, SES, LEUR, LEURS, quand il s'agit de choses, se remplacent par l'article et le pronom _en_, lorsque ceux-ci peuvent entrer dans la phrase sans nuire au sens. Ainsi, an lieu de dire en parlant d'une maison, SON _extérieur est agréable_; en parlant d'une ville, _j'aime_ SES _environs_; et en parlant d'arbres, LEURS _fruits sont excellens_; l'on dira: L'_extérieur_ EN _est agréable_,--_j'_EN _aime_ LES _environs_,--LES _fruits_ EN _sont excellens_. Mais on dira avec _son_, _sa_, _ses_, _leur_, _leurs_; _le Saint-Laurent a_ SA _source au delà du Lac Supérieur_,--_les sciences ont_ LEURS _difficultés_; parce que le sens ne permet pas de remplacer _son_, _sa_, _ses_, etc., par l'article et le pronom _en_. SORTIR, pour signifier _obtenir_, _avoir_, est un terme de palais, usité seulement à la troisième personne, et à quelques-uns de ses temps; _il sortit_, _ils sortissent_, _il sortissait_, _qu'il sortisse_, _sortissant_, _sorti_, _sortie_. Pour les temps composés, on se sert d'_avoir_: _ce jugement_ A _sorti son plein et entier effet_. SOU. On n'écrit plus, comme autrefois, _sol_. SOUFFRIR prend _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _je souffre_ À _le voir_, ou DE _le voir dans cet état_. SOUVENIR (faire). C'est une faute de dire: _afin de_ LEUR _faire souvenir_:--_je_ LUI _ai fait souvenir_: dites, _afin de_ LES _faire souvenir_:--_je_ L'_ai fait souvenir_. _Souvenir_ s'emploie en parlant de choses récentes; _ressouvenir_ en parlant de choses passées depuis longtemps. SUBSTANTIFS. L'usage veut que certains substantifs, ayant la même inflexion et le même genre, servent à désigner les deux sexes; tels sont, _auteur_, _docteur_, _général_, _géomètre_, _graveur_, _médecin_, _orateur_, _philosophe_, _poëte_, _sculpteur_, _soldat_, _témoin_, _peintre_, _traducteur_, etc. Quand les substantifs _enfant_, _esclave_, _dépositaire_, etc., représentent une personne du sexe, l'article et l'adjectif doivent être mis au féminin. UNE _enfant_ PIEUSE;--UNE _esclave_ BLANCHE;--UNE _dépositaire_ PRUDENTE. SUBSTANTIFS COMPOSÉS (l'orthographe des). _Première règle_. Quand un substantif composé est formé d'un substantif et d'un adjectif, ils prennent l'un et l'autre la marque du pluriel: _une basse-taille_, _des basses-tailles_:--_un plain-chant_, _des plains-chants_: excepté, _des blanc-seings_, _des terre-pleins_, _des chevau-légers_, _des grand'-mères_, _des grand'-messes_. _Remarque._ Quand il entre dans un substantif composé un mot, qui ne s'emploie plus isolément, comme dans _pic-grièche_, _loup-garou_, _gomme-gutte_, etc., ce mot joue le rôle d'un adjectif, et conséquemment prend la marque du pluriel: _des pics grièches_, _des loups-garous_, _des gommes-guttes_. _Deuxième règle._ Quand un substantif composé est formé de deux substantifs, placés immédiatement l'un après l'autre, ils prennent tous les deux la marque du pluriel: un _chef-lieu_, des _chefs-lieux_, un _chien-loup_, des _chiens-loups_, un _chou-fleur_, des _choux-fleurs_: excepté, un _bec-figues_, des _bec-figues_, un _appui-main_, des _appuis-main_, un _Hôtel-Dieu_, des _Hôtels-Dieu_, un _brèche-dents_, des _brèche-dents_. _Troisième règle._ Quand un substantif composé est formé de deux substantifs unis par une préposition, c'est le premier substantif qui prend la marque du pluriel: un _ciel-de-lit_, des _ciels-de-lit_: un _chef-d'oeuvre_, des _chefs-d'oeuvre_: excepté, des _coq-à-l'âne_, des _pied-à-terre_, des _tête-à-tête_. _Quatrième règle._ Quand un substantif composé est formé d'un substantif joint à un verbe, ou à une préposition, ou à un adverbe, le substantif seul prend le signe du pluriel, si toutefois il y a pluralité dans l'idée. Ainsi l'on écrira avec une _s_ au pluriel, des _contre-coups_, des _avant-coureurs_, des _arrière-saisons_. Mais on écrira sans mettre une _s_ au pluriel, parce qu'il y a unité dans l'idée, des _serre-tête_, des _réveille-matin_ (horloges), des _contre-poison_. Enfin on écrira avec une _s_, tant au singulier qu'au pluriel, parce qu'il y a toujours pluralité dans l'idée, les mots _essuie-mains_, _cure-dents_, _porte-clefs_. V. TIRE-BALLE, PORTE. _Cinquième règle._ Quand un substantif composé ne renferme que des mots invariables de leur nature, comme _verbe_, _préposition_, _adverbe_, aucune de ces parties ne prend la marque du pluriel: des _pour-boire_, des _passe partout_. SUCCÉDER. Le participe _succédé_ est invariable: _ils nous ont_ SUCCÉDÉ,--_ils se sont_ SUCCÉDÉ. SULLY. Les _ll_ de ce nom propre sont mouillées. SUPPLÉER. _Suppléer une chose_, et _suppléer_ À _une chose_, ont des sens très-différens. _Suppléer une chose_, c'est remplacer ce qui manque, en fournissant une chose de la même nature. _Ce sac doit être de mille francs_: _s'il y a cent francs de moins, je_ LES _suppléerai_. _Suppléer_ À _une chose_ c'est remplacer cette chose par une autre chose qui en tient lieu: _la valeur supplée_ AU _nombre_. Avec un nom ou pronom de _personne_, qui lui sert de régime, _suppléer_ ne prend jamais la préposition _à_. Ainsi dites _suppléer quelqu'un_, et non pas, _suppléer_ À _quelqu'un_:--_s'il ne vient pas je_ LE _suppléerai_, et non pas, _je_ LUI _suppléerai_. SUPPOSÉ s'accorde lorsqu'il suit le substantif: _ces faits_ SUPPOSÉS: il est invariable quand il le précède: SUPPOSÉ _ces faits_. SURSEOIR. _Je sursois, tu sursois, il sursoit, nous sursoyons, vous sursoyez, ils sursoient, je sursoyais, nous sursoyions, vous sursoyiez, ils sursoyaient, je sursis, nous sursîmes, je surseoirai, nous surseoirons, je surseoirais, nous surseoirions, surseois, sursoyons, que je surseoie, que nous sursoyions, que je sursisse, que nous sursissions, sursoyant, sursis, sursise._ _Surseoir_, verbe actif, signifie suspendre: _on a sursis la délibération_: on dit aussi neutralement: _surseoir au jugement d'une affaire_. SYNONYME. Après deux substantifs synonymes, employés comme sujets, le verbe s'accorde avec le dernier: _son courage_, _son intrépidité_ ÉTONNE _les plus braves_. L'adjectif suit la même règle: _une douceur_, _une affabilité_ CHARMANTE. T. À quelques rares exceptions près, le _t_ final se prononce seulement devant une voyelle ou une _h_ muette. C'est donc une faute, même grave, que de le faire sonner dans _juillet_, _beset_, _calumet_, _Nicolet_, ainsi que dans les noms d'hommes, _Bossuet_, _Croiset_, etc.: prononcez, _juillè_, _besè_, _calumè_, _Nicolè_, _Bossuè_, _Croisè_. Dans _avant-hier_ le _t_ se fait sentir faiblement: mais il ne peut être prononcé, sans blesser l'oreille, dans les locutions, _un goût horrible_,--_un tort incroyable_,--_un instinct heureux_, etc.: et si le mot suivi d'une voyelle, a un _r_ devant le _t_ final, comme dans _il part aujourd'hui_,--_il court à bride abattue_,--_il s'endort à l'ombre_, l'usage le plus commun est de ne pas faire sonner le _t_. Le _t_ final se fait toujours entendre dans _abject_, _contact_, _fat_ (_fat_ n'a point de féminin), _suspect_, _granit_, etc. L'adverbe _net_ se prononce indifféremment _nè_ ou _nette_: mais le _t_ de l'adjectif _net_ est muet au masculin. Duvivier dit: «La plupart des écrivains modernes forment le pluriel des substantifs qui sont terminés par _ant_, ou par _ent_, en ajoutant un _s_ et en supprimant le _t_ final dans les polysyllabes: mais ils le conservent dans les monosyllabes. «Toutefois cette suppression n'est pas également adoptée; et en effet _Regnier_, _Desmarais_, MM. de _Port-Royal_.... beaucoup de grammairiens modernes.... et un grand nombre d'imprimeurs.... conservent le _t_ final.... mais.... l'Académie a adopté cette suppression....» Les mêmes remarques sont applicables à la suppression du _t_ au pluriel des adjectifs terminés par _ant_ et par _ent_. TÂCHER. _Je tâcherai que vous soyez content_, est un solécisme, parceque _tâcher_ n'est jamais suivi de la conjonction _que_. _Tâcher_ prend _à_ devant l'infinitif, quand il signifie _songer à_, _viser à_: _il tâche_ À _m'embarrasser_,--À _me nuire_: et _de_ quand il exprime les efforts que l'on fait pour parvenir à une fin: _il tâche_ D'_avancer_. TAMBOUR. _Battre_ DU _tambour_, c'est jouer du tambour; _battre_ LE _tambour_, c'est donner un signal par le tambour. TARDER prend également _à_ ou _de_ devant l'infinitif: _tarder_ À, OU _tarder_ DE _venir_. TÉMOIN placé au commencement d'un membre de phrase, est pris adverbialement: TÉMOIN _les victoires de nos armes_. TERMES DE MARINE. L'emploi abusif de termes de marine, importés au pays par les premiers colons et navigateurs, à fait à la langue une plaie, qu'il n'est pas facile de fermer. Le mal, comme une épidémie, des dernier rangs de la société, s'est communiqué aux premiers: et souvent l'éducation la plus soignée est une faible barrière contre l'emploi, à rebours du sens commun, des termes, _virer_, _amarrer_, _larguer_, _greiller_ (gréer), _embarquer_, _débarquer_, _revirer de bord_, _amarre_, _bordée_, etc., etc. Les Instituteurs ne peuvent trop sévir contre l'abus que nous signalons ici. TERMES PARASITES. Il faut éviter avec un soin extrême les _mots favoris_, les _termes bizarres_, qui inondent nos discours, et nous rendent importuns, ridicules et sont souvent le fléau de la société, sans que nous nous en appercevions. Rien d'ailleurs ne décèle plus une éducation vulgaire. Également on doit éviter les tours surannés, les expressions ignobles, qui ne peuvent que fatiguer les personnes qui écoutent: tels que, _tirer les vers du nez_; _vous pouvez m'en croire_;--_par dessus le marché_;--_je vous remercie bien des fois_;--_au bout du compte_; _ce n'est pas l'embarras_; _sourd comme un pot_; etc. Le jeune âge doit être prémuni contre ces défauts, dont l'habitude se corrige difficilement. TIRANT est un _cordon_ qui sert à ouvrir et fermer une bourse, un ridicule: c'est un _cuir_, un _ruban_ pour boucler des souliers, monter des bottes, attacher des papiers, etc. On ne doit pas employer dans ces sens les termes _attache_, _ganse_, et encore moins le mot anglais _strap_. TIRE-BALLE ne prend pas d'_s_ au pluriel; non plus que les mots suivans; _tire-bouchon_, _tire-bourre_, _tire-bouton_, _tire-clou_, _tire-pied_, etc.: _tire-botte_ s'écrit au pluriel avec une _s_. V. SUBSTANTIFS COMPOSÉS. TITRES _d'honneur_. Le mot _Révérend_ est un titre qui appartient exclusivement aux _Prélats_, aux _Religieux_ et aux _Religieuses_: et par conséquent, c'est une erreur grave que de le donner aux membres de notre clergé canadien, qui est _séculier_. Cette erreur nous vient des anglais, qui qualifient tous leurs ministres de _Révérends_. Mais quelque soit l'usage des Anglais à cet égard, nous ne pouvons donner au mot français _Révérend_, une extension qu'il n'a pas, une acception qui lui est étrangère. C'est encore par un abus de langage, que l'on attribue à nos ecclésiastiques la qualification de _Messire_. Ce titre d'honneur se donnait ci-devant en France et au Canada dans les actes, (mais seulement dans les actes,) _aux nobles et aux personnes distinguées par quelque haute dignité_, tant parmi les laïcs, que parmi les gens d'église: _fut présent Haut et Puissant Seigneur_ MESSIRE _Pierre Séguier_, _Chevalier_, etc. _Révérend Messire_ est une expression doublement incorrecte. Il est à regretter que le titre d'_Abbé_, que l'on donne invariablement en France aux ecclésiastiques séculiers, ne soit presque plus usité chez nous. Les titres, _Monsieur_ et _Madame_ doivent être supprimés, quand on prend en écrivant, une autre qualification. Ainsi un _Chevalier_ ne doit pas écrire, _Monsieur le Chevalier de N. a l'honneur de prévenir Monsieur le Colonel_: un Curé, _Monsieur le Curé de N., prie Monsieur le Marguillier en charge_: une Baronne, _Madame la Baronne de N. a l'honneur de présenter ses respectueux hommages à_: un Juge, _Monsieur le Juge N. présente son compliment à Monsieur le Procureur_. Il faut écrire, _Le Chevalier de N. a l'honneur_ etc.--_Le Curé de N._, etc. _La Baronne_, etc. etc. Lorsqu'il n'y a pas d'autre qualification, on emploie dans les billets et sur les cartes de visite, les termes _Monsieur_, _Madame_, _Mademoiselle_. Le nom d'un individu écrit sur la porte de sa demeure, ne doit pas être précédé du mot _Monsieur_. Mais s'il s'agit d'une personne du sexe féminin, il convient d'écrire, _Madame N._--_Mademoiselle N._ TOMBER _par terre_, se dit d'une chose qui touchait à la terre avant sa chute: _tomber à terre_, d'une chose qui étant élevée au-dessus de terre, tombe d'en haut. Ainsi un homme qui tombe en marchant dans la rue, _tombe_ PAR _terre_, et non À _terre_: un couvreur qui tombe d'un toit, _tombe_ À _terre_ et non PAR _terre_. TOSTE sub. mas. (de l'anglais _toast_) signifie la proposition de boire à la santé de quelqu'un; au souvenir d'un évènement, etc. C'est à tort que l'on emploie le mot anglais _toast_, pour signifier _tranche de pain rôtie_. _Rôtie_ est en français le correspondant de _toast_: et si la rôtie est recouverte de beurre, l'on dit, _une rôtie au beurre_. TOUCHER et PINCER, employés pour exprimer l'action de jouer des instrumens, sont actifs, et doivent conséquemment avoir un régime direct: d'où il suit qu'il faut dire, _toucher l'orgue_, _le forté-piano_: _pincer la guitarre_, _la harpe_: et non pas, _toucher_ DE _l'orgue_, DU _forté-piano_: _pincer_ DE LA _guitarre_, DE LA _harpe_. TOUT. Quand _tout_ est adverbe il signifie _tout-à-fait_, _quelque_, et reste invariable: TOUT _aimable qu'est la vertu_,--TOUT _spirituels qu'ils sont_,--_elle est_ TOUT _étonnée_. _Exception._ _Tout_, quoique adverbe, varie quand l'adjectif, ou le participe qui suit, est féminin, et commence par une consonne, ou une _h_ aspiré: _elle est_ TOUTE _stupéfaite_,--TOUTE _hardie qu'elle est_.--TOUTES _spirituelles qu'elles sont_. _Tout._ Quand l'adjectif _tout_ est joint à un nom de ville, il prend le genre masculin, quoique le nom de ville soit féminin: non que dans ce cas on le considère comme adverbe, mais parce que l'on sous-entend le mot _peuple_. On dira donc, TOUT _Rome le sait_,--TOUT _Florence en est convaincu_: c'est-à-dire, _tout le peuple de Rome_..._tout le peuple de Florence_.... Mais joint à un nom de province, de royaume, de paroisse, _tout_ prend le genre de ce nom. TOUTE _l'Italie_,--TOUTE _la paroisse_. TOUT-À-COUP signifie soudainement: _il disparut_ TOUT-À-COUP. _Tout-d'un-coup_ veut dire, tout d'une fois; _il s'est ruiné_ TOUT-D'UN COUP. TOUT DE SUITE, phrase adverbiale, signifie _incontinent_, _sur l'heure_. Il ne faut pas la confondre avec _de suite_, autre phrase adverbiale qui signifie _l'un après l'autre, sans interruption_.--_ces livres ne sont pas_ DE SUITE. TRAIRE. _Je trais_, _tu trais_, _il trait_, _nous trayons_, _vous trayez_, _ils traient_, _je trayais_, _tu trayais_, _il trayait_, _nous trayions_, _vous trayiez_, _ils trayaient_; point de passé défini, _je trairai_, _je trairais_, _trais_, _trayons_, _trayez_, _que je traie_, _que tu traies_, _qu'il traie_, _que nous trayions_, _qu'ils traient_, point d'imparfait du subj. _trayant_, _trait_, _traite_. TRAIT D'UNION ou TIRET. Il sert à marquer la liaison qui existe entre deux ou plusieurs mots. On l'emploie, 1º. entre le verbe et les pronoms, _je_, _moi_, _nous_, _tu_, _vous_, _il_, _ils_, _elle_, _elles_, _le_, _la_, _les_, _lui_, _leur_, _y_, _en_, _ce_, _on_, quand ces pronoms sont placés après le verbe, dont ils sont le sujet, ou le régime: _irai-je?_--_viens-tu?_--_donnait-on?_ --_laisse-moi_;--_allez-y_; --_portes-en_; etc. S'il y a deux noms, on emploie deux traits d'union: _laisse-le-moi_,--_donne-les-leur_. 2º. avant ou après _ci_ et _là_, accompagnant un substantif, un pronom, une préposition, un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une manière inséparable: _celui-ci_,--_celui-là_,--_là-dessus_,--_là-haut_, etc. 3º. pour lier _très_ au mot qui suit: _très-sagement_,--_très-riche_. 4º. pour unir le dernier terme d'un nombre au terme précédent, quand le dernier terme passe _un_, et ne dépasse pas dix: _dix-huit_; --_trente-cinq_;--_deux cent dix-neuf_, mais on dirait sans trait d'union: _vingt et un_:--_cinquante et un_: le dernier terme étant _un_: et _cent quinze_;--_deux cent vingt_; le dernier terme dépassant _dix_. Cependant _quatre-vingts_ prend toujours le trait d'union: _quatre-vingts chevaux_:--_quatre-vingt dix hommes_. 5º. pour lier deux ou plusieurs mots qui, par le sens, n'en font qu'un, _Marc-Aurèle_,--_chef-lieu_;--_s'entre-choquer_, _Jean-Jacques_, _Jean-Baptiste_. 6º. pour indiquer le changement d'interlocuteur: il remplace alors les _dit-il_, _reprit-il_, _répondit-il_. 7º. pour marquer une suspension dans le discours. 8º. pour lier le mot, dont une partie se trouve à la fin d'une ligne, et l'autre au commencement de la ligne suivante. TRAITER. On dit indifféremment, _traiter une matière_,--_une question_: ou, _traiter_ D'_une matière_,--D'_une question_: à moins qu'on ne spécifie la matière, la question: alors il faut _de_:--_dans son ouvrage, il traite_ DES _plantes_, DES _métaux_. TRAVERSER _le pont_, pour exprimer l'action de le parcourir dans sa longueur, n'est pas correct: il faut dire, _passer le pont_. TRÉMA. Le tréma est un double point (¨) qu'on met sur une des voyelles _e_, _i_, _u_, pour la faire prononcer séparément de celle qui précède: _naïf_, _Saül_, _ciguë_. L'emploi du tréma est une faute quand on peut le remplacer par un accent: ainsi au lieu de _poësie_, _Cloë_, écrivez, _poésie_, _Cloé_. TRÈS. L'usage ne permet guère de mettre _très_ devant les participes. Dans ces cas l'on emploie _beaucoup_, _fort_, etc., et au lieu de dire _cet homme est_ TRÈS-_aimé_; _cette place est_ TRÈS-_menacée par l'ennemi_, l'on dit, _cet homme est_ FORT _aimé_,--_cette place est_ FORT _menacée_, etc. On peut cependant se servir de _très_ avec certains participes employés comme adjectifs verbaux: _il est_ TRÈS-_occupé_,--_il est_ TRÈS-_humilié_. _Très_ ne doit pas être employé dans une proposition négative, Ne dites pas, _il n'est pas_ TRÈS-_sage_;--_il n'est pas_ TRÈS-_occupé_: dites, _il n'est pas_ FORT _sage_,--_il n'est pas_ FORT _occupé_. L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre adverbe, mais jamais un substantif. On doit donc éviter les locutions suivantes si communes et si vicieuses: _J'ai_ TRÈS-_faim_:--_il a_ BIEN _soif_:--_il est parti_ TRÈS-_matin_:--_il fait_ TRÈS-_chaud_:--_j'ai_ EXTRÊMEMENT _froid_:--_il ne fait pas_ BIEN _froid_. Il faut dite: _J'ai une très_-GRANDE _faim_:--_il a une bien_ GRANDE _soif_:--_il est parti de très_-GRAND _matin_:--_il fait_ GRAND _chaud_:--_j'ai un_ TRÈS-GRAND _froid_:--_il ne fait pas un bien_ GRAND _froid_. TROIS-RIVIÈRES, (en latin _Trifluvium_) nom composé, est substantif masculin du nombre singulier: il est masculin parceque les noms de ville en général sont masculins, à moins qu'ils ne dérivent d'un féminin latin: et quoiqu'il porte la marque du pluriel, il est au singulier, parce que le nom propre n'étant qu'un nom qui distingue une chose des autres choses, ne peut être susceptible de l'idée accessoire de pluralité. _Trois-Rivières_ étant un nom propre, ne peut, d'après la règle générale, être accompagné de l'article _les_. Il est vrai que cette règle souffre quelques exceptions, comme, _Le Hâvre_, _Le Puy_, _La Rochelle_. Il est encore vrai que, jusqu'à ces derniers temps, on a toujours écrit _Trois-Rivières_ avec l'article: mais les écrivains récens, d'accord avec la raison, travaillent à corriger cette vieille erreur indiquée d'ailleurs suffisamment par le terme latin _Trifluvium_. Des observations qui précèdent il résulte que l'on doit dire, _Je vais_ À _Trois-Rivières_:--_il demeure_ À _Trois-Rivières_:--_Trois-Rivières_ EST BÂTI _sur le fleuve St. Laurent_, et non pas, _je vais_ AUX _Trois-Rivières_:--_il demeure_ AUX _Trois-Rivières_:--LES _Trois-Rivières_ SONT BÂTIES _sur le fleuve St. Laurent_. _Trois-Pistoles_, _Trois-Saumons_, noms de paroisses, suivent la même règle. UN. Lévisac pense que le mot _un_ devant une voyelle, doit être prononcé comme _une_, et que l'on doit dire _une-imbécile_,--_une hérétique_. D'autres grammairiens veulent que l'on prononce _un-nimbécile_, --_un-nhérétique_. UN DE. Au lieu de _un de_, il faut employer _l'un de_, quand _un_ est précédé d'un substantif ou d'un pronom, et suivi d'un nombre précis: _Ducis l'un_ DES _quarante de l'Académie_. Mais on dira avec _un de_,--_Henri IV est_ UN DES _meilleurs princes, qui aient régné sur la France_,--UN DES _quarante de l'Académie est de mon avis_; parce que dans la première phrase, _un_ précédé par le substantif _Henri_, n'est pas suivi d'un nombre: et que dans le second, _un_ suivi par le nombre _quarante_, n'est pas précédé par un substantif ou un pronom. UNIQUE veut aprês lui le subjonctif: _c'est l'unique service que vous_ PUISSIEZ _me rendre_. VACANCES au pluriel, se dit des études publiques: _vacations_ au pluriel, de la cessation des séances des gens de justice. VAINCRE. _Je vaincs_, _tu vaincs_, _il vainc_, _nous vainquons_, _vous vainquez_, _ils vainquent_, _je vainquais_, _je vainquis_, _je vaincrai_, _je vaincrais_, _vaincs_, _vainquons_, _vainquez_, _que je vainque_, _que je vainquisse_, _vaincant_, _vaincu_, _vaincue_. Le présent de l'indicatif n'est guère usité au singulier, non plus que _vaincs_, seconde personne du singulier de l'impératif. VALOIR. _Je vaux_, _nous valons_, _ils valent_, _je valais_, _je valus_, _je vaudrai_, _je vaudrais_: pas d'impératif, _que je vaille_, _que nous valions_, _que je valusse_, _valant_, _valu_, _value_. Le participe _valu_ s'accorde seulement lorsque le verbe _valoir_ signifie _procurer_, _rapporter_, et que le régime direct précède le participe: _que d'éloges ne lui a pas_ VALUS _sa conduite noble et généreuse_! c.-à-d. _procurés_; le participe, comme l'on voit, s'accorde ici avec le régime direct _que_, qui est devant. VENIMEUX se dit des animaux: _le scorpion est un animal_ VENIMEUX: _vénéneux_ des végétaux; _la ciguë est une plante vénéneuse_. VÊPRES, MATINES. Dites, _aller_ À _vêpres_,--À _matines_: _réciter vêpres_,--_matines_: et non pas, _aller_ AUX _vêpres_,--AUX _matine_: _réciter_ LES _vêpres_,--LES _matines_: attendu que _vêpres_ et _matines_ étant pris _indéterminément_ dans ces phrases, on doit supprimer l'article. Mais si ces noms étaient pris _déterminément_, comme dans ces locutions, _aller_ AUX _vêpres de la paroisse de St. Roch_;--_réciter_ LES _matines de Noël_, l'on ne pourrait omettre l'article. VERBES. Quelques grammairiens modernes ont substitué aux anciens titres de certains verbes de nouvelles dénominations, qu'il convient d'indiquer. Pour _actif_ ils disent _transitif_: pour _neutre_, --_intransitifs_: pour _impersonnel_,--_unipersonnel_: et enfin _réfléchi_ est remplacé par le terme _pronominal_ ou _réciproque_. Les mêmes grammairiens disent _complément_ pour _régime_. VÊTIR. _Je vêts, tu vêts, il vêt_ (ce singulier est peu usité) _nous vêtons, je vêtais, je vêtis, je vêtirai, je vêtirais, vêts, vêtons, vêtez, que je vête, que je vêtisse, vêtant, vêtu, vêtue_. VIANDE, chair des animaux terrestres et des oiseaux dont on se nourrit. En ce sens on dit que l'on ne mange point de _viande_ en carême. _Viande_ se dit quelquefois de la chair des poissons: _le saumon n'est pas une_ VIANDE _de malade_. On appelle viandes de carême, _la morue_, _le hareng_, _le saumon_, etc. V. CHAIR. VIEIL. Au lieu de _vieux_, on se sert de _vieil_ devant un substantif qui commence par une voyelle, ou une _h_ non aspirée: cependant on est toujours libre d'employer le mot _vieux_. VILLES. En général les noms de _ville_ sont masculins, excepté quand ils dérivent d'un féminin latin. Lorsque le genre est incertain, l'on doit faire précéder le nom du mot _ville_. Quand on personnifie une ville, l'on en met ordinairement le nom au féminin: _malheureuse Tyr, dans quelles mains es-tu tombée_. VINGT ET UN. On dit _vingt et un_, _trente et un_, etc. Mais la conjonction est omise dans _vingt-deux_, _vingt-trois_, etc., _trente-deux_, _trente-trois_, etc. Il s'en suit que les locutions _trente un soldats_,--_l'an mil huit cent quarante un_, sont vicieuses. L'usage veut que l'on dise, _soixante et dix_, _soixante et onze_, etc. VIS-À-VIS ne doit pas s'employer dans le sens de _envers_, _à l'égard de_. Ne dites donc pas, _sa conduite_ VIS-À-VIS _de ses bienfaiteurs est fort répréhensible_: dites, ENVERS _ses bienfaiteurs_, etc., ou, À L'ÉGARD _de ses bienfaiteurs_, etc. Après _vis-à-vis_, on met _de_, excepté dans le style familier; _vis-à-vis la rue_;--_vis-à-vis mes croisées_. VIVRE régit _de_ et non pas _du_: _je vis_ DE _bonne viande_,--DE _bonne soupe_,--_vivre_ DE _légumes_. VOLUME. TOME. _Volume_ est un livre relié ou broché. Tome est un volume qui fait partie d'un ouvrage; Le _volume_ peut contenir plusieurs _tomes_: et le _tome_ peut faire plusieurs volumes. Quelquefois _tome_ signifie simplement _volume_. VOUS. Lorsqu'on parle à des supérieurs, ou à des dames, les convenances du langage exigent que l'on se serve _quelquefois_ de la troisième personne au lieu de la seconde. Ainsi au lieu de, _Monsieur, voulez-vous me permettre?_ dites, _Monsieur voudrait-il me permettre._--_Madame, pourriez-vous me faire la grâce?_ dites, _Madame pourrait-elle me faire la grâce?_ Y, adverbe de lieu avec l'impératif. Le pronom _moi_ se met toujours après l'_y_. _Envoyez-y_ MOI,--_menez-y_ MOI,--_attendez-y_-MOI,--_tu vas au musée_, _menes-y_ MOI,--_tu vas en voiture_, _donnes-y_ MOI _une place_. Les pronoms _nous_ et _les_ se mettent au contraire avant l'_y_. _Envoyez_-NOUS-_y_--_attendez_-NOUS-_y_,--_tu vas au musée_, _mène_-LES-_y_,--_tu vas en voiture_, _donne_-NOUS-_y_ _une place_. _M'y_ ne peut être placé après le verbe. Ne dites pas; _Vous allez à Québec_, _menez_-M'_y_: dites,..._menez-y_-MOI. Mais il se place très-bien devant: _Je vais à Trois-Rivières_, _voulez-vous_ M'_y_ _accompagner_? Z, prend le son propre d'_s_, même avant une consonne, dans _Metz_, _Rodez_, _Suez_, _Alvarez_, _Cortez_, _Sènez_, _Usez_; mais il ne sonne pas dans _Sèez_. Les deux z dans le mot _Abruzze_ se prononcent comme deux _s_, _Abrusse_. ZÉPHYR, ZÉPHYRE. Le premier se dit d'un vent doux et agréable: le second du même vent considéré comme divinité de la fable. FIN RECUEIL DE LOCUTIONS VICIEUSES. À. C'est une faute grossière que de dire, _la fille_ À _Madame une telle_,--_le cheval_ À _Mons. un tel_. Dites, _la fille_ DE _Madame une telle_,--_le cheval_ DE _Mons. un tel_. _Venez_ À _bonne heure_, est aussi une expression vicieuse: dites, _venez_ DE _bonne heure_. ABAT _de neige_, _abat de pluie_ sont des barbarismes, de même que, _chute de neige_,--_chute de pluie_. ABIMER. _J'ai abîmé mon chapeau_,--_ma robe_; dites, _j'ai gâté mon chapeau_,--_ma robe_. ADONNER (s') est un des mots de la langue dont on fait le plus fréquent abus, et par fois le plus ridicule emploi. Ainsi l'on dit, _il s'est_ ADONNÉ _à entrer chez moi, au moment où le feu a éclaté_; pour, _il est entré par hasard chez moi au moment_ etc.:--_il s'est_ ADONNÉ _que votre frère et moi nous sommes arrivés le même jour à Trois-Rivières_; pour, _votre frère et moi nous sommes arrivés par hasard le même jour à Trois-Rivières_;--_ce Monsieur s'est_ ADONNÉ _à Kingston à l'ouverture du Parlement_, pour, _ce Monsieur s'est trouvé par hasard à Kingston, à l'ouverture_ etc. Mais on dit, en parlant de chemin, _passez chez moi quand votre chemin s'_ADONNERA: et en termes de marine, que _le vent_ ADONNE, pour signifier qu'il est favorable. AMBRE, pour désigner l'allure d'un cheval, est une faute: dites _amble_,--_aller l'amble_. AMONT, terme de batellier, qui signifie, en remontant la rivière: _pays d'_AMONT,--_ce bateau arrive d'_AMONT. On voit par là combien sont répréhensibles les expressions, AMONT _le coteau_,--AMONT _le Cap aux Diamans_, etc. _Amont_ est opposé à _aval_. On dit, _vent d'_AVAL,--_navire venant en_ AVAL,--_bateau amarré en_ AVAL _du pont_,--_en_ AMONT _du pont_,--_en_ AMONT _et en_ AVAL _de la ville de Québec_. ANIMAUX. Souvent on désigne par ce mot les bestiaux et autres quadrupèdes domestiques: et l'on dit, _mener les_ ANIMAUX _au paturage_,--_soigner les_ ANIMAUX,--_ces_ ANIMAUX _sont fort gras_, etc. Ce langage est incorrect, parce que le terme animal est générique, et comprend par conséquent tous les êtres animés et sensibles de la nature. _Bestiaux_ ou BÉTAIL ne se dit guère que pour désigner les _boeufs_, les _vaches_, les _moutons_, les _chèvres_. Quant aux _chevaux_, aux _ânes_, aux _cochons_, aux _chiens_ etc., il faut les spécialiser par leurs noms. On dit _animaux domestiques_ par opposition aux _animaux sauvages_. ANVALER pour signifier _avaler_, n'est pas français. APRÈS. _La clef est_ APRÈS _la serrure_: dites, À _la serrure_. APPROPRIER. C'est une faute grossière de dire, APPROPRIER _une chambre_, _un meuble_, pour signifier, NETTOYER _une chambre_, _un meuble_. À RAISON DE signifie _à proportion_; et ne peut être par conséquent employé pour _à cause de_, qui a une toute autre acceptation. Au lieu donc de, _il a abandonné cette entreprise_ À RAISON _des obstacles qu'il y a rencontres_, _il faut_...À CAUSE DES _obstacles_... ARGENT n'a point de pluriel: c'est donc une faute de dire, _envoyer des_ ARGENS _à quelqu'un_;--_placer des_ ARGENS _à intérêt_: dites, _envoyer de l'argent_, ou mieux _des fonds à quelqu'un_,--_placer de l'argent_, ou _des fonds à intérêt_. _De la_ BONNE _argent_,--_de l'argent_ BLANCHE, sont des solécismes révoltans. ATTELER _un cheval sur une voiture_,--_mettre les chevaux sur le carosse_, sont des locutions qui blessant le sens commun: dites, _atteler un cheval_ À _une voiture_,--_atteler les chevaux_ AU _carosse_. ATTENDRE. Le peuple dit _attendre_ pour _entendre_: de là les expressions choquantes, _j'ai_ ATTENDU _la messe_,--_cet homme n'_ATTEND _pas raison_, etc. AVEC. _Venez_ AVECQUE _moi_: mauvaise prononciation: dites, _venez_ AVÉ _moi_. Le _c_ dans ce mot ne sonne que devant une voyelle. BALANCE, BALANCINE pour signifier _balançoire_, ne sont pas français. _Une_ planche appuyée par le milieu, et sur les extrémités de laquelle des enfans placés en contre-poids, s'élèvent et s'abaissent alternativement, s'appelle également _bascule_ et _balançoire_. _Escarpolette_ est une balançoire, dont le siège est suspendue par des cordes ou par des brins de bois. Si la machine sur laquelle on se balance est construite de manière que le mouvement soit circulaire et horisontal, elle se nomme aussi _balançoire_. _Brandilloire_ est synonyme de _balançoire_. BALANCER _quelqu'un_, c'est imprimer un mouvement à la balançoire, où est la personne, sans y être placé soi-même. _Se balancer_, c'est aller soi-même sur la balançoire; ainsi quand deux ou plusieurs personnes veulent aller se balancer, elles doivent dire, _allons_ NOUS _balancer_, et non pas, _allons balancer_. BAND. On a francisé à tort ce mot anglais, et l'on dit, _la_ BANDE _de musique de tel régiment_: dites, _le_ CORPS _de musique_... ou simplement, _la musique de tel régiment_. BARBOT. C'est ainsi que le peuple appelle l'_escarbot_, insecte de la famille des coléoptères. BARRER _une porte_, c'est la fermer avec une barre. Si la porte est munie d'une serrure seulement, il serait ridicule de dire, BARREZ _la porte_. BATTURES, BORDAGES, employés pour signifier les glaces qui s'accumulent pendant l'hiver sur le bord des rivières, sont des barbarismes. On ne doit donc pas dire, _les_ BORDAGES _tiennent encore_,--_les_ BATTURES _sont parties_. _Embarquement_ et _débarquement_ sont encore des termes impropres, lorsqu'on leur fait signifier l'endroit où, en hiver, l'on passe de la rive sur la glace d'une rivière, et _vice versâ_. BELLE, EN BELLE. Ces mots sont employés par le peuple pour signifier _facilité_, _occasion favorable_, et il en résulte des locutions tout-à-fait ridicules; comme, _vous avez_ EN BELLE, pour, _vous avez la_ FACILITÉ:--_si vous trouvez votre_ BELLE, pour, _si vous trouvez une_ OCCASION FAVORABLE, etc. BERDAS, BERDASSERIE, de même que, _berdasser_, _berdasseur_, _berdasseuse_, sont des mots bas et révoltans. BEURRÉE est une tranche de pain recouverte de beurre. L'expression BEURRÉE _de confitures_ choque le bon sens: dites, TARTINE _de confitures_. On dit aussi, _tartine de beurre_,--_de miel_, etc. BOITE pour signifier le son, l'avoine, les légumes, etc., qu'on délaie avec de l'eau ou du lait pour les bestiaux, n'est pas français. BOMBARDE. Le peuple nomme ainsi, mais improprement, le petit instrument en métal, dont on tire du son, en le plaçant entre les dents, et en en frappant la languette avec le doigt. Cet instrument s'appelle _trompe_, et plus ordinairement _guimbarde_. BOTTE. _Tomber en botte_, en parlant d'un tonneau, d'une cuve, etc., dont les douves et les cercles se séparent, est un solécisme. Les tonneliers, suivant Trévoux, disent, _tomber en javelle_. Le peuple dit aussi, mais improprement, _cet homme tombe en botte_, pour désigner le dépérissement rapide de sa santé, ou de sa fortune. BOUCANE, terme impropre qu'on emploie comme synonyme de _fumée_. BOUCANER signifie sécher des comestibles à la fumée, et aller à la chasse des boeufs sauvages: ne dites pas, _la cheminée_ BOUCANE,--_le poële_ BOUCANE: dites, _la cheminée fume_, etc. BOUILLIR. Le vulgaire dit abusivement _bouillir_ pour _fermenter_, comme dans cette phrase, _la bierre n'a pas encore_ BOUILLI, pour, _n'a pas encore_ FERMENTÉ. BOUQUET. Le peuple confond les termes, _bouquet_ et _fleur_: il dit, _semer des_ BOUQUETS; et à l'aspect des fleurs d'un parterre, _voilà de beaux_ BOUQUETS. _Bouquet_ n'est pas une fleur: il est un assemblage de fleurs liées ensemble. BOUT. _Un_ BOUT _de temps_,--_un long_ BOUT _de temps_,--_un petit_ BOUT _de temps_, sont des locutions basses et vulgaires. BRASSE CORPS. _Prendre à brasse corps_: populaire: dites _à-bras-le-corps_. BRETON. Ce nom appartenait jadis aux habitans de la Grande Bretagne: ils ont cessé de le porter depuis l'invasion de l'Angleterre par les Saxons: et par conséquent il ne peut plus être employé comme synonyme d'_anglais_. Les seuls habitants de la Bretagne, ci-devant province de la France, portent aujourd'hui le nom de _Bretons_. BRIN est une faute dans les expressions suivantes, _un petit_ BRIN _de pain_,--_un petit_ BRIN _de lait_,--_il n'a mangé qu'un petit_ BRIN,--_il tombe quelques_ BRINS _de pluie_, etc. On dit cependant, _un_ BRIN _d'estime_,--_un_ BRIN _d'amitié_,--_un petit_ BRIN _d'espérance_. BROYER, Au lieu de _broyer_, pour signifier briser le lin, le chanvre; et de _broie_, l'instrument pour broyer, nos paysans disent abusivement, _brayer_, _braye_. BUT. Ne dites pas, _j'ai rempli mon_ BUT, mais, _j'ai atteint mon_ BUT. BUTIN est tout ce qu'on enlève à l'ennemi. Dans le langage du peuple ce mot signifie, _meubles_, _marchandises_, _comestibles_, toutes sortes d'effets en un mot: et de là une multitude innombrable de locutions ignobles, dont voici quelques échantillons. Un huitrier dit, _j'ai vendu tout mon_ BUTIN: un acheteur qui n'a pas achevé de faire ses amplettes, _j'ai encore du_ BUTIN _à acheter_: celui-ci, à l'aspect de beaux meubles s'écrie, _voilà de beau_ BUTIN: celui-là, à la vue d'un voleur qui enlève ses volailles, _au voleur!_ _qui emporte mon_ BUTIN: cet autre, en parlant d'un tailleur qui a gâté son habit, _il a gâté mon_ BUTIN. Quel pitoyable langage! CADRE. On emploie abusivement ce mot pour signifier _image_, _estampe_, etc.: et l'on dit, _voilà un beau_ CADRE:--_quel est le prix de ce_ CADRE? pour, _voilà une belle_ ESTAMPE:--_quel est le prix de cette_ IMAGE? _Cadre_ n'est que la bordure de bois, de bronze, etc., dans laquelle on enchâsse un tableau, une estampe, etc. CAILLE pour signifier tacheté de blanc et de noir, en parlant des bestiaux, etc., n'est pas français. CAJEU, CAGE. En parlant de pièces de bois liées ensemble, que l'on transporte à flot sur une rivière, gardez-vous de dire, CAJEU, CAGE. _Cajeu_ n'est pas français, non plus que _cage_ dans le sens qu'on lui prête ici. Dites, _train_, _radeau_, _train de bois_, etc. _Drame_ employé dans le sens de _radeau_ est également un barbarisme. CALER, terme de marine, est employé improprement par le peuple pour signifier enfoncer dans la boue,--dans l'eau,--couler à fond. _Caler un fossé_, pour, _creuser un fossé_ est aussi une locution vicieuse. CANOT. Outre le canot fait d'écorce, ou d'un tronc d'arbre, une autre petite embarcation, destinée pour l'ordinaire, au service des vaisseaux, se nomme _canot_. Désigner ce canot par le mot _chaloupe_, est une faute grave. _Chaloupe_, que les Anglais nomment _long-boat_, est une embarcation plus grande que le canot, et porte quelquefois le nom de _grand canot_. CASSOT pour signifier un petit vaisseau d'_écorce_, ou de _bois_, n'est pas français. CASTALOGNE est une couverture de lit de laine très-fine, et c'est une faute d'employer ce mot pour désigner les petits tapis d'un travail grossier, dont on couvre un plancher, et c'est une autre faute de prononcer _ca-ta-logne_. C'EST-IL employé pour _est-ce_? est un solécisme. Évitez donc les expressions populaires, C'EST-IL _moi qui ai fait cela_?--C'EST-IL _lui qui a parlé_?--C'EST-IL _bon, cela_? CHAMPLURE pour signifier _robinet_, est un barbarisme. Dites, _chantepleure_. Dans quelques départemens de la France on appelle _chantepleure_ le robinet d'un tonneau de vin ou de cidre. CHANDELLE. Ne dites pas, TUEZ _la chandelle_,--TUEZ _le feu_: dites, ÉTEIGNEZ _la chandelle_,--ÉTEIGNEZ _le feu_. _Enterrer le feu_ est aussi une faute; dites, _couvrir le feu_. CHANGER. C'est une faute grossière que de dire, CHANGEZ-VOUS,--_allez_ VOUS CHANGER: dites, _changez votre linge_,--_allez changer vos habits_. CHARGE. _La charge d'un vaisseau_ n'est pas français. Dites, _le chargement_ ou _la cargaison d'un vaisseau_. CHIFFON _de pain_, pour signifier un gros morceau de pain, est une expression vicieuse; il faut dire _guignon_, _ou bribe de pain_. CIRE, ou CIRAGE, est la composition luisante que l'on étend sur les chaussures en cuir. L'emploi du mot anglais _black-ball_ est insupportable; également on doit repousser le terme _noir à souliers_. _Frottez mes souliers_,--_mes bottes_: expressions ridicules; on doit dire, _cirez mes souliers_,--_mes bottes_, quand on veut les faire enduire de cire; et, _décrottez mes souliers_,--_mes bottes_, lorsqu'on en veut faire ôter la boue. CLAIRER (du verbe anglais _to clear_) n'est pas français. Ainsi ne dites pas, _j'ai_ CLAIRÉ _£5OO dans mon année_;--_il a_ CLAIRÉ _à la douane_: dites, _j'ai fait un gain net de £500 dans mon année_:--_il a eu sa décharge de la douane_. CLENCHE, suivant Boiste, signifie _loquet de porte_: mais _clencher_ n'est pas français: conséquemment l'on ne doit pas dire, _on clenche à la porte_, etc. COEUR, CHOEUR se prononcent _keur_. Gardez-vous de dire avec le peuple, _qu-eur_. COFFEE. Il est du dernier ridicule d'aller chercher le mot anglais _coffee_, que l'on prononce comme les anglais, _kâu-fé_ tandis que nous avons le terme français _café_, dont l'_a_ est aigu, et que l'on doit par conséquent prononcer _caf-é_. COUETTE pour signifier, cheveux de la nuque noués, n'est pas français. COLLÉREUX-EUSE, dites, _colère_. COLLATION est féminin. _J'ai mangé du fruit à_ MON _collation_,--_il a fait un_ BON _collation_, sont des sollécismes insupportables. COLLECTER (du verbe anglais _to collect_) est un barbarisme. Il ne faut donc pas dire, COLLECTER _des dettes_,--_des souscriptions_; mais, RECUEILLIR _des dettes_, _des souscriptions_. COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement de celui qui est chargê de percevoir les taxes, les impositions; mais non de celui qui recueille des souscriptions, des dettes, etc. CONDUITE n'est pas synonyme d'_économie_: et c'est une faute grossière que de dire, _cet homme a beaucoup de_ CONDUITE, pour signifier qu'il est fort entendu en économie. CORDEAU est une petite corde pour aligner: et c'est à tort qu'on l'emploie au pluriel comme synonyme des _rênes_ ou _guides_, que l'on attache à la bride d'un cheval attelé à une voiture. CORDON, employé pour signifier une mesure de bois de chauffage, n'est pas français. _Cordon d'aube_ est une faute: dites, _ceinture d'aube_. COTON employé pour designer une tige sans feuilles; un épi de blé d'Inde dépouillé de ses grains; la souche d'un choux; etc., est une faute grossière. COÛTE QUI COÛTE. Dites, _coûte_ QUE _coûte_. CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire anglais, par lequel on désigne une sorte de petit biscuit dur et cassant; et dites en français _biscotin_. CRAQUÉ. _Le mur est_ CRAQUÉ,--_le verre est_ CRAQUÉ, sont des expressions incorrectes: dites, _le mur est fendu, ou crevassé_;--_le verre est fêlé_. CRI-CRI est le grillon domestique: il ne doit pas être confondu avec le _criquet_, habitant des champs, qui est une autre espèce de grillon. CROCHET et TAQUET sont des instrumens recourbés pour tenir quelque chose. On ne doit pas confondre ces mots avec _verrou_, qui est une fermeture de porte d'une autre forme. CROUSTILLANT-TE, ne se trouve dans aucun dictionnaire. Conséquemment l'on ne doit pas dite: _pâtisserie_ CROUSTILLANTE:--_comptes_ CROUSTILLANS: mais, _pâtisserie croquante_;--_comptes croustilleux_. CUSTODE. Au lieu de _tabernacle_, le peuple dit _custode_, pour désigner l'ouvrage fait en forme de petit temple pour renfermer le saint ciboire. _Custode_ n'est qu'une couverture du ciboire. DALLE. L'emploi de ce mot, pour désigner le petit canal qui conduit l'eau à la roue d'un moulin, est une faute: AUGE est le vrai terme. DÉCESSER n'est pas français. _Il ne_ DÉCESSE _de parler_; dites, _il ne cesse de parler_. DÉFONCER _une porte_, est un solécisme: dites, _enfoncer une porte_. DÉGRADER, terme de marine, signifie _dégréer et abandonner un vaisseau_. _Navire_ DÉGRADÉ signifie aussi un _navire arrêté, ou éloigné de sa route par la violence des vents_. C'est contrairement aux règles de la langue que l'on emploie le mot _dégrader_ en parlant des voyages par terre. Ainsi l'on dit, _nous avons été_ DÉGRADÉS _par le mauvais temps_: pour, _nous avons été arrêtés en chemin par le mauvais temps_;--_j'ai_ DÉGRADÉ _mon compagnon de voyage_; pour, _j'ai devancé mon compagnon de voyage_, etc. DÉGRAS. _Être au dégras_, qui se dit de quelqu'un devenu infirme et incapable d'agir; ou de quelque chose qui est usé et hors de service, n'est pas français. DÉMANCHER, qui veut dire, ôter la manche à un instrument, est employé abusivement pour signifier démonter un instrument composé de plusieurs pièces, défaire un ouvrage, détruire, démettre, disloquer, etc., comme dans ces phrases: _cet ouvrage est mal fait, il faut le_ DÉMANCHER:--_il faut_ DÉMANCHER _cette lunette d'approche, pour en nettoyer les verres_:--_il s'est_ DÉMANCHÉ _une épaule_. Mais on dit, _cette affaire se_ DÉMANCHE, pour signifier qu'elle va mal. DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le langage vulgaire, signifie une mesure de liquide, de la demi-contenance d'une chopine. _Demi-ard_ ne se trouve pas dans les dictionnaires; et par quel terme le remplacer?--Par celui de _demi-chopine_ ou de _demi-setier_ sans doute, puisque la _chopine_ et le _setier_ sont une même mesure. DEPUIS. Ne dites pas, DEPUIS _Québec jusqu'à Montréal il y a 60 lieues_;--DEPUIS _ici jusque-là_: dites, DE _Québec à Montréal_ etc.--D'_ici jusque-là_. DÉTEINDRE. Ne dites pas, _ce drap_ DÉTEINT, mais SE _déteint_. DIFFICILE. C'est une faute de dire, _ces livres sont_ DIFFICILES _à se procurer_: il faut, _il est difficile à se procurer ces livres_. DINDON est un substantif masculin qui signifie _coq-d'Inde_. _Dinde_ est la _poule-d'Inde_, et féminin par conséquent: _voilà_ UN BEAU _dinde_,--_j'ai mangé_ DU _dinde_, sont donc des solécismes: dites, _voilà_ UNE BELLE _dinde_:--_j'ai mangé_ DE LA _dinde_. On dit au moral, _voilà un grand dindon_ (niais) et non pas, _voilà un grand dinde_. ÉBAROUI. Terme de marine, qui se dit d'un navire dont le bordage est desséché par le soleil. Ce mot n'a point d'autre acception, et par conséquent les expressions, _ce seau est_ ÉBAROUI,--_cette cuve est_ ÉBAROUIE, ne valent rien. ECCLESIASTIQUE. Terme qui désigne tout membre du clergé, qu'il soit ou non _prêtre_. C'est donc à tort que l'on applique ce mot aux seuls aspirans, qui n'ont pas reçu l'ordre de la prêtrise. ÉLEVEZ _les yeux au ciel_; phrase vicieuse: dites, _levez les yeux au ciel_. EMBARQUEMENT. DÉBARQUEMENT. ABORDAGE. Le peuple emploie ces mots pour signifier un lieu propre pour embarquer et débarquer. Il faut dire, EMBARCADÈRE. EMBARQUER, S'EMBARQUER, DÉBARQUER, pour signifier, monter en voiture, descendre de voiture, en parlant de voitures de terre, ne seraient que des expressions ridicules, si elles fussent restées dans les derniers rangs de la société: mais que ces locutions ignobles aient gagné nos salons respectables, c'est un vrai scandale. _Monsieur est_ DÉBARQUÉ _du carosse_,--_Madame est_ EMBARQUÉE _dans la calèche_,--_je m'_EMBARQUERAI _dans mon traîneau_. Quel pitoyable langage! ÉMIGRATION est l'action d'émigrer. Il est l'opposé d'IMMIGRATION, qui signifie l'établissement d'étrangers dans un pays. EMMANCHER, (prononcez _an-manché_, et non pas _a-manché_) signifie mettre un manche. On voit par là combien ce mot est employé abusivement dans ces phrases, _cet artiste a mal_ EMMANCHÉ _ma lunette d'approche_,--_l'ouvrier a_ EMMANCHÉ _le tuyau du poële_, etc. Cependant le verbe réfléchi, _s'emmancher_, s'emploie figurément pour signifier _s'arranger_, _s'ajuster_;--_cela ne_ S'EMMANCHE _pas ainsi_. EN QUELQUE PART, locution ridicule: _il est allé_ EN QUELQUE PART: retranchez EN. ENCANTER, ou, _mettre sur le_ CAN, sont des expressions barbares que l'on doit remplacer par l'adverbe _de champ_, qui signifie posé horisontalement sur le côté le plus étroit. Ainsi placer une brique _de champ_, c'est la placer sur la face la plus étroite: mettre des solives _de champ_, c'est les poser sur la partie la moins large. ENGRENER; _Laisser_ ENGRENER _le mal_, pour signifier _laisser augmenter la maladie_, est un solécisme. ESCOUSSE veut dire course pour mieux sauter. On confond souvent ce mot avec _fois_, et l'on dit, _essayez encore une_ ESCOUSSE, pour, _essayez encore une_ FOIS:--_à une autre_ ESCOUSSE _je serai plus heureux_, pour, _une autre_ FOIS _je serai plus heureux_. ÉTANCHE pour signifier qui ne coule pas, n'est pas français. _Un baril_ ÉTANCHE,--_un navire_ ÉTANCHE, sont donc des locutions vicieuses. Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trévoux. «On dit d'un vaisseau qui ne prend point eau, qu'il est _étanché_: on dit aussi que les soufflets d'un orgue sont bien _étanchés_, lorsque le vent ne se perd pas.» EXAMEN. On prononce _examène_ et _examin_. Cette dernière prononciation est préférable. FARD. On désigne souvent par le mot _fard_ les viandes et herbes hachées mince pour mettre dans la volaille, etc. C'est une faute; il faut dire _farce_. FER. C'est abusivement qu'on nomme _marchands de fer_, ceux qui exercent la profession de _taillandier_ et de _ferronnier_. FIÈREMENT. C'est peu connaître la valeur de ce mot que de l'employer comme suit; _cet homme est_ FIÈREMENT _laid_ (très-laid); _cet enfant est_ FIÈREMENT _gauche_ (très-gauche), etc. FIXEMENT. Prononcez _fixce-ment_, et non pas _fix-é-ment_. FLÉAU, instrument pour battre les grains, se prononce _flé-ô_ et non pas _flô_. FORT est souvent, mais abusivement, employé pour village, bourg, bourgade: _allons au_ FORT _de Varennes_. L'existence jadis de forts bâtis par les premiers colons du pays, pour se mettre à l'abri des incursions des indigènes, a donné lieu à cette locution vicieuse. FOURRIÈRE est le lieu où l'on enferme les chevaux, le bétail saisis: on dit, _mettre en fourrière_, _être en fourrière_. _Enclos public_ pour signifier _fourrière_, est une faute grossière. FRAÎCHE. _Prendre la_ FRAÎCHE est un barbarisme; dites, _prendre le_ FRAIS. FRICASSER _des coups à quelqu'un_,--_fricasser son camp_,--_je m'en fricasse_, sont des expressions si basses que la plume refuse presque de les tracer. FRICOT, terme bas et populaire, que ne profèrent jamais les personnes d'éducation. FRINGALE, mot vulgaire employé pour signifier faim pressante, n'est pas dans les dictionnaires. GAUSSER, pour signifier couper menu du bois, ou autre chose, comme font les enfans pour s'amuser, n'est pas français. GENRE de certains substantifs. Les erreurs populaires relativement au genre de certains substantifs, doivent être évitées avec une attention, toute particulière. Quoi de plus révoltant que les expressions, _l'angelus est_-ELLE SONNÉE?--UNE _appétit_ DÉVORANTE:--CETTE _ouvrage est très_-BELLE: _on donne de_ FORTES _gages à ce domestique_, etc. GERMAGE: barbarisme, dont nos paysans se servent pour exprimer l'état des grains qui, après avoir été sciés et mis en javelle, ont germé sur le sillon. GINGUER, ÊTRE EN GINGUE: expressions barbares pour signifier faire des gambades, en parlant des quadrupèdes, et même des personnes. GOUTTIÈRE est un canal pour les eaux de pluie des toits: c'est à tort que l'on emploie comme synonymes de _gouttière_ les termes _dalle_ et _dallot_, qui signifient, le premier, _canal de pompe_, ou, _tablettes de pierres dures_, _dont on revêt les trottoirs_, _les terrasses_, etc.: le second, _canal pour l'écoulement des eaux d'un navire_. Le mot _gouttière_ est, à son tour, employé improprement employé pour signifier, _petite fente_ ou _trou_ dans un toit, une voûte, etc., par lequel les eaux suintent. GRAINS _de pluie_, faute grossière: dites, _gouttes de pluie_. GRÉER, que le peuple prononce _grayer_, signifie _équipper un vaisseau_. Les locutions suivantes prouvent jusqu'à quel point le vulgaire abuse du mot _gréer_. _C'est un homme bien_ GRAYÉ _en chevaux_:--_je me_ GRAYE _pour aller à la chasse_,--_vous n'êtes pas_ GRAYÉ _pour loger tant de monde_, etc. GROCERY. Rejettez ce mot anglais, et dites _épicerie_. D'ailleurs la prononciation du mot _grocery_ donne lieu à une équivoque, en ce que l'on croit entendre le mot français _grosserie_, qui signifie commerce en gros, ou gros ouvrages de taillandiers. Groseille d'après le Dict. de l'Acad. est une espèce de _petit fruit..qui vient par grappes. Il y a groseille rouge et blanche._ _Groseille à maquerau ou groseille verte_, d'après la même autorité, est un _fruit vert ou rougeâtre, plus gros que les groseilles ordinaires, qui vient sur un arbrisseau épineux_. Ces descriptions de la groseille s'accordent avec celles des naturalistes. Quant au mot _gadelle_, par lequel nous désignons d'ordinaire la groseille à grappes, il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad. ni dans celui de l'Hist. Nat. de Valmont-Bomare. Boiste dit que _gadelle_ est une espèce de _groseille_: et on lit dans le Dict. d'Hist. Nat. par une société de savans, que _gadelle est le nom que portent les groseilles dans la ci-devant province du Perche_ en France. De ces observations il résulte, que c'est une erreur de nommer _gadelle_, le fruit à grappes, dont il est question. GUELLARD prononcez _gheu-lar_ et non pas, _gu-el-lar_. Celle dernière prononciation est vicieuse, et elle doit être evitée également dans les mots suivants. Gueule, _prononcez_ gheule. Gueulée, ---- gheu-lé. Gueuler, ---- gheu-lé. Gueules, ---- gheule. Gueulette, ---- gheu-lette. Gueusaille, ---- gheu-saille. Gueusailler, ---- gheu-sail-lé. Gueusant, ---- gheu-san. Gueuse, ---- gheuse. Gueuser, ---- gheusé. Gueuserie, ---- gheu-se-ri. Gueux, ---- gheu. Dégueuler, ---- dé-gheu-lé. HONTEUX. L'_h_ de ce mot est aspiré. Qu'il est pénible d'entendre dire _cè-tonteux_,--_il è-tonteux_, pour, _c'est-honteux_,--_il est-honteux_! ICI. Ne dites pas, _ces jours-ici_,--_ces livres-ici_: ce sont des fautes: il faut dire, _ces jours-ci_,--_ces livres-ci_, etc. IL N'A QU'À _pleuvoir_; _Paul n'a qu'à tomber_; solécismes; dites, _s'il vient à pleuvoir_,--_si Paul vient à tomber_, ou, _s'il pleut_,--_si Paul tombe_. ILS employé pour ELLES, est un solécisme révoltant. Quel pitoyable langage que celui qui suit! _Où sont ces Demoiselles? ont-_ILS _oublié l'invitation à dîner chez notre tante?--non, Monsieur,_ ILS _ne l'ont pas oublié;_ ILS _sont au jardin, et vous y attendent._ Les mêmes remarques s'appliquent à _eux_ et à _eux-autres_, qu'on emploie fréquemment pour _elles_. IMPERTINENCE. _Donner des impertinences à quelqu'un_, est une locution barbare. INFLAMMATION. Gardez-vous de prononcer avec le peuple AN-_flâ-mâ-tion_: dites, _in-flamme-mace-i-on_. INGÉNIEUR. C'est une erreur de désigner par ce terme celui qui dirige les machines d'un moulin à vapeur; d'un bateau-à-vapeur, etc.: _machiniste_ est le mot propre. INVECTIVER _quelqu'un_, n'est pas français: il faut dire, _invectiver contre quelqu'un_. JOLIMENT. On fait quelquefois un étrange abus de ce mot; comme quand on dit, _cet homme est_ JOLIMENT _laid_:--_il fait_ JOLIMENT _froid_. LARD. _Lard salé_, _lard frais_, _manger du lard_; expressions barbares; dites, _porc salé_, _porc frais_, _manger du porc_. _Lard_ est la graisse ferme qui est entre le cuir et la chair du porc, de la baleine, etc. _Porchet_ pour _jeune porc_ n'est pas français. LARGUER. On emploie souvent, mais abusivement, ce terme de marine, pour signifier, lâcher prise, laisser aller, détendre, etc. LENDEMAIN. _Du jour au lendemain_ est une locution incorrecte: dites d'un jour à l'autre: ou, de la veille au lendemain. LETTRE MOULÉE est une lettre imprimée: c'est aussi une écriture à la main qui imite l'imprimé. Dans ce dernier sens on dit, _écriture en_ LETTRES MOULÉES:--_écrire un compliment en_ LETTRES MOULÉES: et non pas _écriture_ IMPRIMÉE:--IMPRIMER _un compliment_. LOCUTIONS LATINES. Les locutions latines, _exempli gratiâ_--_verbi gratiâ_,--_id est_,--_anno Domini_,--_ante meridiem_,--_post meridiem_,--_junior_, _senior_, etc. n'ayant pas été incorporées à la langue, doivent être rejettées. LONGUE-VUE employé pour signifier _lunette d'approche_, ou _lunette à longue vue_, est un solécisme. LORSQUE. Faites sonner l'_s_ de ce mot: mais garder-vous de faire entendre trois syllabes en prononçant _lor-se-que_. MACONNE n'est pas un substantif. C'est une erreur très-commune d'employer ce moi pour _maçonnage_, qui est le travail du maçon: et pour _maçonnerie_, qui est l'ouvrage achevé. MAL. _J'ai mal à_ MA _jambe_,..._à_ MON _bras_: dites, _j'ai mal à_ LA _jambe_,...AU _bras_. MAL COMPLAISANT. Dites, PEU _complaisant_. Les locutions _mal appris_, _mal éduqué_ sont incorrectes; il faut dire _mal élevé_. MANCHONNIER. Dites, _foureur_, car _manchonnier_ ne se trouve pas dans les dictionnaires. MARBRE. _Bille_ est le nom de la petite boule de marbre, qui sert de jouet aux enfans. Il faut donc dire, _jouer aux_ BILLES, et non pas, _jouer aux_ MARBRES. MARIER (se). On ne se marie pas AVEC quelqu'un, mais À quelqu'un. La locution, _Mons. N. a marié Mlle N._ pour signifier _a épousé Mlle N._, est révoltante. MÉGARD. Le vrai mot, est _mégarde_: ainsi ne dites pas, _j'ai fait cela par_ MÉGARD, mais..._par_ MÉGARDE. MEILLEUR. _Au_ MEILLEUR _de mon jugement_,--_au_ MEILLEUR _de ma connaissance_,--_Monsieur vous offre ses_ MEILLEURS _complimens_, --_Madame vous présente ses_ MEILLEURS _respects_, sont des anglicismes que la langue française repousse. MENOIRES, TRAVAIL, pour désigner les deux pièces de bois d'un traîneau, entre lesquelles le cheval est attelé, sont des barbarismes. Dites _limonière_. _Limon_ est l'une des branches de la _limonière_, et ne doit pas être confondu _avec timon_, qui est la longue pièce d'un chariot ou d'un carrosse, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux. MENTHE se prononce _mante_. Gardez-vous de dire avec le vulgaire, _une décoction de_ MINTHE,--_je bois de la_ MINTHE,--_la_ MINTHE _est un fébrifuge_, etc. Cette prononciation est insupportable. MER n'est pas synonyme de _vague_. Ne dites pas, _il fut emporté par une_ MER: dites, _il fut emporté par une lame_, _par une vague_, ou _par un coup de mer_. MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel. _Je sors tous les_ MIDIS;--_je m'éveille tous les_ MINUITS, sont donc des locutions incorrectes: dites, _je sors tous les jours à_ MIDI:--_je m'éveille toujours à_ MINUIT. MITOUCHE (sainte). Dites, _sainte_ NITOUCHE,--_faire la sainte_ NITOUCHE. MOINDREMENT ne se trouve dans aucun dictionnaire. MOUILLER. _Il_ MOUILLE,--_il va_ MOUILLER, pour, _il pleut_,--_il va pleuvoir_, sont des fautes grossières. MOYENNANT QUE n'est pas français: dites, _pourvu que_. NAVIRE. C'est une erreur de désigner par ce mot les seuls vaisseaux à trois mâts. _Navire_ signifie en général, _bâtiment de mer_: et l'on dit, _un navire à trois mâts_,--_à deux mâts_. NEIGE. _Chute de neige_,--_abat de neige_,--_bordée de neige_, sont des solécismes; aussi bien que ces autres expressions, en parlant de neige: _il poudre_,--_il fait une grosse poudrerie_, etc. ORDRE. _J'ai_ ORDRE _de vous notifier_; dites, _j'ai_ REÇU _ordre_,.... ORGE est féminin, excepté dans ces mots, _orge mondé_,--_orge perlé_. _Orge mondaine_ est une faute grossière. OUBLIE est une sorte de pâtisserie, et c'est une faute d'employer ce mot pour signifier _pain à cacheter_. OUSSE _qu'il est?_ expression barbare: dites, _où est-il?_ OUVREZ. Quand on frappe à votre porte, dites, _entrez_, et non pas _ouvrez_. PAGAIE est le terme propre pour désigner la rame dont les Indiens se servent pour faire aller leurs pirogues et canots d'écorce. _Aviron_ pris dans ce sens est une faute, parce que _aviron_ est une sorte de rame de batelier. PAGAYEUR, celui qui tire à la pagaie. PAGÉE de clôture. Le mot _pagée_ n'est pas français. PAIRE _de vache_, faute grossière: dites, _Pis de vache_, PIS _de brebis_, PIS _de truie_. Considéré comme bon à manger, _pis_ prend le nom de _tétine_. _Manger d'une tétine_. PARAPET. On désigne souvent par ce mot le chemin élevé, pratiqué le long des rues, des ponts, etc., pour les gens à pied. C'est une faute: _trottoir_ est le terme propre. PARCE QUE, conjonction, se prononce en deux syllabes, et non en trois. PARFAIT. _Il chante au_ PARFAIT,--_cela va au_ PARFAIT.--Dites, _il chante parfaitement_,--_cela va parfaitement_. PAR RAPPORT QUE, employé pour _parce que_, ou _par la raison que_, est une locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire: _je ne puis encore répondre à votre question_ PAR RAPPORT QUE _je n'ai pas eu le temps de l'examiner à fond_:--dites.._parce que_, ou, _par la raison que je n'ai pas eu le temps_, etc. PAS MAL est une expression incorrecte, lorsqu'elle est employée pour signifier une certaine abondance, une quantité ou un nombre passable, comme dans ces locutions: _il pleut_ PAS MAL,--_il y avait_ PAS MAL _de monde à l'assemblée_:--_il reste_ PAS MAL _de vin dans cette caraffe_,--_son discours a été_ PAS MAL _long_. _Pas guère_ est un barbarisme. PASSÉ, contraction ridicule des mots _pas_ et _assez_. _Je n'ai_ PASSÉ, (pas assez) _d'argent pour faire cette emplette_. PELLETER, qu'on emploie pour signifier, jetter quelque chose avec une pelle, n'est pas français. On doit donc éviter les expressions: PELLETER _la neige_,--PELLERER _la terre_, etc. Mais on dit, _pellée_, _pellerée_ ou _pelletée de neige_,--_de terre_, etc. PELOTE. _Jeu de_ PELOTE;--_jouer à la_ PELOTE, sont des expressions vicieuses: dites: _jeu de_ PAUME,--_jouer à la_ PAUME. C'est avec une _balle_, et non avec une _pelote_, qu'on joue à la paume. Mais on dit, _se battre à coups de pelotes de neige_..._de boules de neige_. Le verbe neutre _peloter_, signifie, jouer à la paume, sans faire de partie réglée. PICOTE, PICOTE-VOLANTE, sont des barbarismes. Il faut, VARIOLE, VARICELLE: ou PETITE-VÉROLE, PETITE-VÉROLE VOLANTE. Mais on dit, _picoté_ pour signifier _marqué de petite vérole_. PIEDS. _Il a ses souliers_ DANS _ses pieds_;--_il a ses bas_ DANS _ses jambes_: dites, _il a ses souliers_ AUX _pieds_..._ses bas_ AUX _jambes_. PLANCHE. La table peinte en noir pour écrire, tracer des figures, etc., dans les écoles, se nomme TABLEAU et non pas PLANCHE. PLANCON. On désigne ainsi une longue et forte pièce de bois écarrie: c'est une faute: _plançon_ est une branche de saule, ou d'un autre arbre, qui vient de bouture. POCHETÉE. _Une_ POCHETÉE _de blé_:--_une_ POCHETÉE _de sel_, sont des barbarismes: dites,--_une_ POCHE ou _un_ SAC _de blé_:--_une_ POCHE ou _un_ SAC _de sel_. POIGNÉE. C'est à tort que l'on emploie ce mot pour désigner les _anses_ qui servent à porter un coffre, une casette, une malle. _Portant_ est le mot propre. _Poignée de serrure_ est aussi une faute: dites, _bouton de serrure_. On dit cependant _poignée d'une épée_. POIS CHICHE est une sorte de gros pois. Le peuple dit _pois_ CHIQUES: et il emploie cette expression pour désigner de mauvais pois. PORTANT, participe du verbe _porter_, ne doit pas être employé comme adjectif verbal. Il ne faut donc pas dire, _je suis bien_ PORTANT,--_elle est bien_ PORTANTE: mais, _je me porte bien_,--_elle se porte bien_. PRENDRE _du froid_,--_un rhume_, sont des anglicismes que l'on doit éviter: il faut dire, _attraper_ ou _gagner du froid_, _un rhume_, _la fièvre_, _une maladie_. PRÊT. Au lieu de _prêt_ et _prête_, le peuple emploie souvent les mots _paré_ et _parée_. Delà des expressions pitoyables, telles que,--_êtes-vous_ PARÉ _à commencer_?--_cette Dame est-elle_ PARÉE _à partir_? etc. PROMETTRE. _Je vous_ PROMETS _qu'il est arrivé_; expression vicieuse, qui doit être remplacée par, _je vous_ ASSURE _qu'il est arrivé_. PROMOUVOIR (qui n'est guère employé qu'à l'infinitif et aux temps composés) signifie _avancer à quelque dignité_: il se dit principalement d'un ordre, d'une dignité ecclésiastique. PROMOUVOIR _les intérêts de quelqu'un_;--PROMOUVOIR _la prospérité du pays_; etc., sont donc des barbarismes. QUASIMENT: dites, _quasi_, _presque_. QU'EST-CE QUE T'AS?--T'AS _mal agi_;--QU'EST-CE _qui appelle_? sont des expressions barbares. QUEUE. Prononcez, _keu_ et non pas _qu-eu_:--_la queue de votre robe_;--_Pacha à trois queues_: dites, _la_ KEU _de votre robe_:--_Pacha à trois_ KEU. RAIDE n'est jamais substantif. Il faut donc éviter l'expression vulgaire, _avoir son_ RAIDE _à_, comme dans cette phrase, _il a eu tout son_ RAIDE _à soulever ce fardeau_. RAISONS. Ne dites pas, _avoir des_ RAISONS avec quelqu'un: mais, _avoir dispute_, ou _querelle avec quelqu'un_. RAMANCHER, RAMANCHEUR, mots barbares, dont l'emploi est fréquent. Ou dit RAMANCHER pour _remboîter_:--RAMANCHEUR pour _rebouteur_:--RAMANCHER _une affaire_ pour, _raccommoder une affaire_: RAMANCHER _un instrument_, pour, _remettre un manche à un instrument_, etc. RANCUNEUX, EUSE, n'est pas français: dites, _rancunier_, _ère_. RASE, pour signifier _radoire_ ou _racloire_ n'est pas français. RASER _le grain_, pour signifier, passer la racloire par dessus la mesure de grain, est une double faute de langage; d'abord parceque _raser_ est employé ici improprement pour _rader_ ou _racler_; et ensuite parce qu'on ne racle pas le grain, mais bien la mesure du grain. Il faut donc pour parler correctement, dire, _rader_ ou _racler la mesure du grain_, _du sel_, etc. Quelques grammairiens emploient les mots _rader_ et _radoire_ seulement pour la mesure du sel, et _racler_ et _racloire_ pour celle des grains. On dit, _acheter_ et _vendre à mesure rase_. RÉFÉRENCE est un mot anglais, qu'on emploie abusivement pour _renvoi_, en parlant, d'un signe, qui dans un livre renvoie à un pareil signe hors du texte. C'est également une faute grave d'employer le verbe actif _référer_, dans le sens de _renvoyer à une autorité_, etc. REFROIDIR. FROIDIR, FROID. Évitez de prononcer _refraidir_, _fraidir_, _fraid_; aussi bien que de dire, _il fait frette_, pour, _il fait froa_. REMERCIER POUR. ÊTRE OBLIGÉ POUR. _Je vous_ REMERCIERAI POUR _du pain_:--_je vous serai_ OBLIGÉ POUR _de l'eau_, sont des anglicismes qui doivent être bannis de la bonne société: dites, _je vous prie de me passer le pain_,..._de me donner l'eau_. RÉSOLU. C'est une faute de dire qu'un homme est RÉSOLU, pour signifier qu'il est _gros_, _robuste_, etc. RESTER, pour signifier, faire sa demeure, n'est pas français. Ainsi au lieu de, _où_ RESTEZ-_vous_? dites, _où_ DEMEUREZ-_vous_? Ne dites pas, _ce cheval est_ RESTÉ; mais, _ce cheval est_ RENDU. REVOLIN, terme de marine, est l'action du vent qui réfléchit d'une voile à l'autre. Le vulgaire emploie improprement ce mot pour RESSAC, qui est le retour des vagues vers le large, après qu'elles ont frappé violemment un obstacle. RIEN. Ce mot est employé abusivement dans plusieurs locutions. Ainsi l'on dit, _un morceau de_ RIEN, pour _un très-petit morceau_:--_une maison de_ RIEN, pour _une maison de très-peu de valeur_, etc. RONDIN est bien un gros bâton; mais il signifie aussi un morceau de bois de chauffage qui est rond. Ainsi une grosse buche ronde est un _rondin_. C'est donc une erreur de n'employer ce mot que pour désigner le menu bois rond de chauffage. RUETTE, pour _petite rue_, n'est pas français: dites, _ruelle_. SALOPER, pour _salir_, ne se trouve pas dans les dictionnaires. SALOPERIE. Le peuple donne souvent à ce mot des significations qui lui sont étrangères, comme dans ces phrases: _il s'est vendu beaucoup de_ SALOPERIES _à cet encan_, pour _il s'est vendu beaucoup d'_EFFETS DE PEU DE VALEUR _à cet encan_:--_je ne lui dois plus qu'une_ SALOPERIE, pour, _je ne lui dois plus qu'une_ TRÈS-MODIQUE SOMME D'ARGENT, etc. SAINT-CAJETAN. Il n'y a point de saint de ce nom. Écrivez, SAINT-GAÉTAN. SARABANDE. _Donner la sarabande à quelqu'un_, pour signifier, _gourmander quelqu'un_, est une locution vicieuse. SAUVAGESSE ne se trouve dans aucun dictionnaire. Dites avec l'Académie, _un sauvage_; _une sauvage_. SAVOIR. _On fait à savoir_, est une locution ridicule. Retranchez l'_à_: ou mieux, retranchez cet absurde préambule, et énoncez simplement l'objet de la publication. SOBRIQUETS. Évitez ces phrases vulgaires et incorrectes; _donner des noms_; _appeler des noms_, et dites, _donner des sobriquets_,--_donner des surnoms_. SOLEIL. _Il fait_ SOLEIL, est une locution vicieuse. Il faut dire, _il fait_ DU _soleil_, comme on dit, _il fait_ DE LA _pluie_; DU _vent_; DE LA _neige_. SOLIDITÉ. Quoiqu'on dise, _un homme solide_, on ne dit pas, _la_ SOLIDITÉ _d'un homme_: mais bien la _solidité_ de son esprit,--de son caractère,--de ses principes. SOMME. Cette phrase, _dormir un somme_, pèche contre la grammaire, parce que _dormir_, verbe neutre, n'a point de régime: dites, _faire un_ SOMME. SORTIR. Ne dites pas, SORTEZ _cet homme de la maison_:--SORTEZ _ce cheval de l'écurie_: dites, _faites sortir cet homme_,...._faites sortir ce cheval_,.... STEAM-BOAT. Ce mot dur et étranger, qui ne se trouve guère que dans le Dict. de Boiste, est devenu tellement à la mode chez nous, qu'il semble qu'on ait oublié que nous avons en français son équivalent, _bateau-à-vapeur_,--_navire-à-vapeur_,--_bâtiment-à-vapeur_. Si le néologisme est un mal nuisible à une langue, l'emploi de mots purement étrangers, hors une nécessité urgente, est un abus intolérable. SUD. Prononcez _sude_, et non pas _çu_. SUI, POURSUI, mots employés abusivement pour les participes passés SUIVI, POURSUIVI. SUPPORTER, dans le sens _d'aider_, _d'appuyer de son influence_, comme dans cette phrase, _je_ SUPPORTERAI _mon ami N aux prochaines élections_, est un anglicisme que l'on doit repousser. SUR. Ne dites pas, _les cheveux me dressèrent_ SUR _la tête_: _mais_, À _la tête_. TASSER se dit des choses, et non des personnes. L'expression, _nous sommes_ TASSÉS _ici_, est donc incorrecte. Il faut dire, _nous sommes_ TRÈS-PRESSÉS _ici_; ou mieux, _nous sommes_ ENTASSÉS _ici_. TIRER signifie quelquefois faire le portrait de quelqu'un: TIRER _un homme au naturel_:--_il s'est fait_ TIRER _par un excellent peintre_:--_on l'a_ TIRÉ _en cire_. Mais, TIRER _un portrait_:--_faire_ TIRER _son portrait_, sont des locutions absurdes. TOURTIÈRE. Le peuple dit, TOURTIÈRE _à la viande_:--TOURTIÈRE _aux pommes_, au lieu de, TOURTE _à la viande_:--TOURTE _aux pommes_. _Tourtière_ est l'ustensile qui sert à faire cuire des _tourtes_. TOURTRE (qu'on écrit et qu'on prononce abusivement _tourte_) est un terme de cuisine qui signifie, _tourterelle bonne à manger_. C'est donc une erreur grave que de désigner par ce mot le _pigeon sauvage_, ou le _pigeon de passage_, qui nous visite régulièrement chaque été, et que les naturalistes nomment _palumbus migratorius_. TRAIN. _Être en_ TRAIN, pour signifier, _être ivre_, ou _être à demi-ivre_, est un solécisme. _Être mal en train_, est également une expression incorrecte. TRAÎNERIES, qu'on emploie pour signifier les effets déplacés, écartés et épars, n'est pas français. Mais le verbe _traîner_ est usité en ce sens, et l'on dit, _les livres_ TRAÎNENT, etc. TRAMONTADE. Dites _tramontane_, _perdre la tramontane_. TRANSVIDER n'est pas français: _transvaser_ l'est. TROT. Gardez-vous de dire avec le peuple, _trotte_,--_aller le trotte_: prononcez _trô_,--_aller le trô_. USURIER-RE pour signifier une personne qui use beaucoup ses habits, n'est pas français. VALEUR. _C'est de valeur_, pour signifier, _c'est malheureux_, _c'est fâcheux_, est un non-sens ridicule. VIZ. Abréviation ridicule du mot latin _videlicet_, dont les anglais se servent pour signifier _c'est à savoir_. Ce mot n'est point français. VOIX de Centaure est une faute grave: dites, _voix de Stentor_, et prononcez _Stan-tor_. VOYAGE _de bois_,--_de pierre_,--_de foin_ sont des barbarismes. Il faut dire _charge_, _charretée_, ou _voie de bois_,--_de pierre_,--_de foin_. On appelle _voie d'eau_ les deux seaux d'eau que porte un homme. Quelquefois le terme _voyage_ est employé pour signifier les allées et venus, que l'on fait pour transporter des faix, comme dans cette phrase, _ce chartier a fait trente_ VOYAGES _pour transporter cette pierre_. Il faut se garder de conclurre de là que l'on puisse dire; _voilà trente_ VOYAGES _de pierre que ce chartier a transportés_: dites, _voilà trente voies de pierre_.... PRONONCIATION FIGURÉE. DE PLUSIEURS MOTS QUI PEUVENT EMBARRASSER LES JEUNES ÉLÈVES. Abbaye, _prononcez_, a-bé-i. Abruzze, ---- ab-russe. Abject, ---- ab-jecte. Agnat, ---- agh-na. Aiguade, ---- é-gade. Aiguail, _mouillez l'l_, é-gail. Aiguayer, ---- é-ghé-i-er. Aiguière, ---- é-ghi-ère. Aiguiérée, ---- é-ghi-é-ré. Aiguillade, _mouil. les ll_, é-gu-i-llade. Aiguillon, _mouillez les ll_, é-gu-i-llon. Aiguillonner, _mouil. les ll_, é-gu-i-llo-né. Aiguiser, ---- é-gu-i-sé. Aix, ---- aisse. Aix-La-Chapelle ---- aisse-La-Chapelle. Aoriste, ---- ô-rîste. Août, ---- ou. Appendice, ---- ap-pin-dice. Arc-boutant, ---- ar-boutan. Arcs-boutans ---- ar-boutan. Arc-bouter, ---- ar-bouter. Arc-doubleau, ---- ar-dou-blô, Arcs-doubleaux, ---- ar-dou-blô. Archéologie, ---- ar-ké-o-logie. Archéologue, ---- ar-ké-o-logue. Archétype, ---- ar-ké-type. Aspect, ---- as-pek. Aucun, ---- ô-kun. Aucune, ---- ô-kune. Auxerre, ---- ô-cère. Auxerrois, ---- ô-cé-ro-a. Avril, ---- _mouillez l'l_. Babil, ---- _mouillez l'l_. Balai, ---- ba-lè. Bastonnade, ---- basse-ton-nade. Beset, ---- be-zè. Boeufs, ---- beu. Bourg, ---- bour. Bruxelles, ---- bru-celle. Cadix, ---- ca-dice. Cep, ---- cè ou cèpe, Cataplasme, ---- ca-ta-plasse-me. Cerf, ---- cer. Ceylan, ---- cé-y-lan. Cheptel, ---- ché-tel. Chiromancie, ---- ki-ro-man-cie. Cil, ---- _mouillez l'l_. Circonspect, ---- cir-con-spek. Cognation, ---- kogh-na-tion. Consanguin, ---- con-san-ghin. Consanguinité, ---- con-san-gu-i-ni-té. ou, con-san-ghi-ni-té. Curaçao, ---- cura-çô. Coquin, ---- ko-kin. Czar, ---- kzar. Czarine, ---- kza-rine. Czarowitz, ---- kza-ro-vitz. Distinct, ---- dis-tink. District, ---- dis-trik. Éden, ---- e-denne. Emmancher, ---- an-man-ché. Enchiridion, ---- an-ki-ridion. Enorgueillir, _mouil. les ll_, a-nor-gheu-llir. Ennoblir, ---- an-no-blir. Équarrir, ---- é-ka-rir. Équarrissage, ---- é-ka-ris-sage. Équarrissement, ---- é-ka-rissement. Équarrisseur, ---- é-ka-risseur. Équarrissoir, ---- é-ka-ris-so-ar. Équateur, ---- é-kou-a-teur. Équatorial, ---- é-kou-a-torial. Équestre, ---- é-ku-ès-tre. Équiangle, ---- é-ku-i-angle. Équidifférent, ---- é-ku-i-différent. Équidistant, ---- é-ku-i-distant. Équilatéral, ---- é-ku-i-latéral. Équilatère, ---- é-ku-i-latère. Équilboquet, ---- é-kil-boquet. Équimultiple, ---- é-ku-multiple. Équipollence, ---- é-ki-pollance. Équiponderance, ---- é-ku-i-pondérance. Équitation, ---- é-ku-i-tation. Est (_Orient_), ---- este. Faon, ---- fan. Fat, ---- fatte. Faubourg, ---- fau-bour. Fenil, ---- _mouillez l'l_. Gentilhomme, _mouillez l'l_, gen-ti-l-ome. Gentilshommes, ---- gen-ti-zome. Geolage, ---- jo-lage. Geole, ---- jole. Geolier, ---- jo-li-er. Georges, ---- jorge. Gisent, (_ils_) ---- gisse. Gluten, ---- glu-tenne. Hennir, ---- han-nir. Hymen, ---- hy-menne. ou, hy-min. Igné, ---- igh-né. Impregnation, ---- in-pregh-nation. Impregner, ---- _mouillez le gn_. Incognito, ---- _mouillez le gn_. Indemniser, ---- in-deme-niser. ou, in-dame-niser. Inexpugnable, ---- in-ex-pugh-nable. Inextinguible, ---- in-ex-tin-gu-i-ble. Ingrédient, ---- ingrédi-an. Juillet, _mouillez les ll_, jui-llé. Lacs, (_pièges_), ---- là. Laon, ---- lan. Lingual, ---- lin-gou-al. Madrid, ---- ma-dri. Maïs, (_blé d'inde_), ---- ma-ice. Malesherbe, ---- mal-zerbe. Mamluk, ---- mame-louk. Mérinos, ---- méri-noce. Mezzo-termine, ---- med-zo-termine. Mezzo-tinto, ---- med-zo-tinto. Michel-Ange, ---- mi-kel-ange. Munich, ---- mu-nik. Mil, (_grain_), ---- _mouillez l'l_. Nerf, (_au sing._) ---- nerffe. Nerfs, (_au plur._) ---- ner. Nord-Est, ---- nor-deste. Nord-Ouest, ---- nor-dou-este. Norwege, ---- nor-vège. Orang-Outan, ---- oran-gou-tan. Orchestre, ---- or-kes-tre. Os, ---- ô. Ouest, ---- ou-este. Ours, ---- ource. Paon, ---- pan. Péril, ---- _mouillez l'l._ Porc, ---- por. Pouding, ---- pou-dingue. Prétérit, ---- prété-ri. ou, prété-ritte. Progné, ---- progh-né. Punch, ---- ponche. Quadrat, ---- ka-dra. Quadrille, ---- kou-a-drille. Quaker, ou Quacre, ---- kou-a-cre. Quasimodo, ---- ka-si-modo. Quartz, ---- kou-art-ce. Quartzeux, ---- kou-art-zeux. Quaternaire, ---- kou-a-ternaire. Quaterne, ---- kou-a-terne. Quaterné, ---- kou-a-terné. Quatriennal, ---- ka-triennal. Quercy, ---- ker-ci. Quérimonie, ---- ku-é-ri-monie. Questeur, ---- ku-es-teur. Questure, ---- ku-es-ture. Quidam, ---- ki-dan. Quidane, ---- ki-danne. Quiétisme, ---- ki-é-tisme. Quinconce, ---- kin-conce. Quinquennal, ---- ku-in-ku-ennal. Quintuple, ---- ku-in-tuple. Radoub, ---- ra-doube. Rédempteur, ---- ré-damp-teur. Regnard, (_le poëte_) ---- re-nard. Regnaud, ---- re-nô. Regnicole, ---- regh-ni-cole. Respect, ---- res-pè, ou, respek. Roide, ---- raide. Roideur, ---- rai-deur, ou, roa-deur. Rhrumb, ---- rombe. Saône, ---- sône. Sens, (_ville_,) ---- sance. Serf, ---- serffe. Séquelle, ---- sé-kelle. Séquestrer, ---- sé-kes-tré. Signet, ---- si-nè. Sloop, ---- sloupe. Solemnel, ---- so-la-nel. Stagnation, ---- stagh-na-tion. Stentor, ---- stan-tor. Strasbourg, ---- stras-bour. Sud, ---- sude. Suspect, ---- sus-pecte. Tandis que, ---- tan-di que. Taon, ---- ton. Transir, ---- tran-cir. Trot, ---- trô. Valens, (_empereur_), ---- va-linze. Vermicelle, ---- ver-mite-chelle. Violoncelle, ---- vi-o-lonte-chelle. Wahabis, ---- oua-a-bice. Wallon, ---- val-lon. Walse, ---- valse. Walser, ---- val-sé. Westphalie, ---- vesse-fa-li. Whig, ---- ou-ighe. Whisky, ---- ou-is-ki. Wilna, ---- vil-na. Wolga, ---- vol-ga. Wolverenne, ---- vol-ver-enne. Wurtemberg, ---- vur-tin-berg. Yacht, ---- i-aque. MOTS BARBARES ET DÉNATURÉS, USITÉS CHEZ LE PEUPLE, AVEC LE CORRIGÉ. À l'étouffée, _dites_, à l'étuvée. Abryer, ---- couvrir. Ambiber, ---- imbiber. Anflâmâtion, ---- inflammation. Apertement, ---- évidemment. Arêche, ---- arête. Arridelles, ---- ridelles. Arsena, ---- arsenal. Aujord'hui, ---- aujourd'hui. Bagoulard, ---- bavard. Bagouler, ---- bavarder. Balier, ---- balayer. Baliures, ---- balayures. Belsamine, ---- balsamine. Bère, ---- berçeau. Blague, ---- blaque. Boulvari, ---- bourvari. Brouillasse, (_il_,) ---- bruine, (_il_). Brousquailier, ---- brusquer. Cabrouet, ---- cabriolet. Causette, ---- causeri. Cahottement, ---- cahotage. Calimaçon, ---- limaçon. Calonier, ---- canonier. Canneçon, ---- caleçon. Castonade, ---- cassonade. Chevreu, ---- chevreuil. Cité de temps, ---- beaucoup de temps. Clairté, ---- clarté. Coléreux, ---- colère. Colidor, ---- corridor. Conté, ---- en même temps que. Copérer, ---- coopérer. Corporance, ---- corpulence. Cranque, ---- crampe. Crasserie, ---- ladrerie. Désabiyer, ---- découvrir. Désole, ---- désolation. Désoublier, ---- oublier. Ébourifflé ---- ébouriffé. Écharpe, ---- écharde. Écoeurer, ---- faire soulever le coeur. Écopeau, ---- copeau. Écosse _de légume_, ---- cosse. Écroc, ---- accroc. Écureu, ---- écureuil. Embrouillamini, ---- brouillamini. Égrandir, ---- agrandir. Émouvé ---- ému. Émouver ---- émouvoir. Envlimer, ---- envenimer. Épatienter, ---- impatienter. Éplan, ---- éperlan. Errhes, ---- arrhes. Escloppé, ---- écloppé. Espadron, ---- espadon. Esquilancie, ---- esquinancie. Estatue, ---- statue. Falbana, ---- falbala. Fani, ---- fenil. Fil d'arréchal, ---- fil d'archal. Fil d'alton, ---- fil de laiton. Ganif, ---- canif. Gigier, ---- gésier. Gonce, ---- gauche. Goule, ---- gueule. Gouleron, ---- goulot. Gouailler, ---- railler. Les celles, ---- celles. Les ceux, ---- ceux. Luméro, ---- numéro. Mais que, ---- dès que. Matéraux, ---- matériaux. Mauvaiseté, ---- méchanceté. Merlesse, ---- merle. Naveau, ---- navet. Ostiner, ---- obstiner. Pacan, ---- paysan. Pacanner, ---- Pain enchanté, ---- pain à cacheter. Pans d'oreilles, ---- pendans d'oreilles. Passé, ---- pas assez. Picotte, ---- petite-vérole. Picotte volante, ---- varicelle ou petite-vérole volante. Pimbina, ---- pémina. Plumat, ---- plumeau. Pogne, ---- poignet. Poigner, ---- empoigner. Pommes calvilles, ---- pommes calvines. Porichinelle, ---- polichinelle. Poumonique, ---- pulmonique. Pousailler, ---- pousser. Quasiment, ---- quasi. Quek chose, ---- quelque chose. Raboudinage, Rabondiner, Rachever, ---- achever. Racoin, ---- recoin. Radouer, ---- radouber. Regoulade, Rancuneux, ---- rancunier. Raplisser, ---- rapetisser. Respir, ---- respiration. Ressaurer, ---- sécher. Routi, ---- rôti. Routir, ---- rôtir. Salop, ---- malpropre. Sapinage, Savater, ---- saveter. Secoupe, ---- seucoupe. Siau, ---- seau. (_ço._) Solitude, ---- solidité. Sorcilège, ---- sortilège. Soubriquet, ---- sobriquet. Soupoudrer, ---- saupoudrer. Surir, ---- s'aigrir. Tairir, ---- tarir. Tapé de monde, ---- beaucoup de monde. Tétière, ---- téière. Tralé de monde, ---- beaucoup de monde. Trémue, ---- trémie. Tricoller, ---- chancelier. Turbenthine, ---- térébenthine. ERRATA Page. Ligne. 8,--7, Biffez les mots suivans; _quand il est suivi des mots y-en_: _vas-y voir_: _vas en chercher_. _On dit va-t-en_;--et à leur place écrivez;--quand il est suivi du pronom relatif _y_: _vas y_. Mais si après l'_y_ il suit un _verbe_, l'Académie veut que l'on supprime l'_s_. _Va y mettre ordre._ Page. Ligne. 128,--6, Biffez tous les mots depuis _très ne peut_ jusqu'à _très grand matin_, et à leur place écrivez: L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre adverbe, mais jamais un substantif. On doit donc éviter les locutions suivantes si communes et si vicieuses: _J'ai_ TRÈS-_faim_:--_il a_ BIEN _soif_:--_il est parti_ TRÈS-_matin_:--_il fait_ TRÈS-_chaud_:--_j'ai_ EXTRÊMEMENT _froid_:--_il ne fait pas_ BIEN _froid_. Il faut dite: _J'ai une très_-GRANDE _faim_:--_il a une bien_ GRANDE _soif_:--_il est parti de très_-GRAND _matin_:--_il fait_ GRAND _chaud_:--_j'ai un_ TRÈS-GRAND _froid_:--_il ne fait pas un bien_ GRAND _froid_. End of the Project Gutenberg EBook of Manuel des difficultés de la langue française adapé au jeune âge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire *** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTÉS DE LA *** ***** This file should be named 38913-8.txt or 38913-8.zip ***** This and all associated files of various formats will be found in: https://www.gutenberg.org/3/8/9/1/38913/ Produced by Gill Martin, Jean-Adrien Brothier, Hugo Voisard, the proofers at Distributed Proofreaders International and the Online Distributed Proofreading Canada Team at http://www.pgdpcanada.net (This book was created from images provided by Bibliothèque et Archives nationales du Québec (http://www.banq.qc.ca/).) Updated editions will replace the previous one--the old editions will be renamed. Creating the works from public domain print editions means that no one owns a United States copyright in these works, so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United States without permission and without paying copyright royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive specific permission. If you do not charge anything for copies of this eBook, complying with the rules is very easy. You may use this eBook for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports, performances and research. They may be modified and printed and given away--you may do practically ANYTHING with public domain eBooks. Redistribution is subject to the trademark license, especially commercial redistribution. *** START: FULL LICENSE *** THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free distribution of electronic works, by using or distributing this work (or any other work associated in any way with the phrase "Project Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project Gutenberg-tm License (available with this file or online at https://gutenberg.org/license). Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm electronic works 1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to and accept all the terms of this license and intellectual property (trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8. 1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be used on or associated in any way with an electronic work by people who agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works even without complying with the full terms of this agreement. See paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic works. See paragraph 1.E below. 1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual works in the collection are in the public domain in the United States. If an individual work is in the public domain in the United States and you are located in the United States, we do not claim a right to prevent you from copying, distributing, performing, displaying or creating derivative works based on the work as long as all references to Project Gutenberg are removed. 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The Foundation makes no representations concerning the copyright status of any work in any country outside the United States. 1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg: 1.E.1. The following sentence, with active links to, or other immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed, copied or distributed: This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org 1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived from the public domain (does not contain a notice indicating that it is posted with permission of the copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in the United States without paying any fees or charges. If you are redistributing or providing access to a work with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9. 1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted with the permission of the copyright holder, your use and distribution must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the permission of the copyright holder found at the beginning of this work. 1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm License terms from this work, or any files containing a part of this work or any other work associated with Project Gutenberg-tm. 1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this electronic work, or any part of this electronic work, without prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with active links or immediate access to the full terms of the Project Gutenberg-tm License. 1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary, compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any word processing or hypertext form. However, if you provide access to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org), you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1. 1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying, performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9. 1.E.8. 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If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing from both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the Foundation as set forth in Section 3 below. 1.F. 1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread public domain works in creating the Project Gutenberg-tm collection. 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It exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from people in all walks of life. Volunteers and financial support to provide volunteers with the assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will remain freely available for generations to come. In 2001, the Project Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4 and the Foundation web page at https://www.pglaf.org. Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit 501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by U.S. federal laws and your state's laws. The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered throughout numerous locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact information can be found at the Foundation's web site and official page at https://pglaf.org For additional contact information: Dr. Gregory B. Newby Chief Executive and Director gbnewby@pglaf.org Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide spread public support and donations to carry out its mission of increasing the number of public domain and licensed works that can be freely distributed in machine readable form accessible by the widest array of equipment including outdated equipment. Many small donations ($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt status with the IRS. The Foundation is committed to complying with the laws regulating charities and charitable donations in all 50 states of the United States. Compliance requirements are not uniform and it takes a considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up with these requirements. We do not solicit donations in locations where we have not received written confirmation of compliance. 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Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be freely shared with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper edition. Most people start at our Web site which has the main PG search facility: https://www.gutenberg.org This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, including how to make donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.