The Project Gutenberg EBook of Facecies et mots subtilz, d'aucuns
excellens esprits et tresnobles seigneurs, by Lodovico Domenichi

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Title: Facecies et mots subtilz, d'aucuns excellens esprits et tresnobles seigneurs

Author: Lodovico Domenichi

Translator: Bernard de Girard Du Haillan

Release Date: May 7, 2008 [EBook #25382]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK FACECIES ET MOTS SUBTILZ ***




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FACECIES,
et motz subtilz, d'aucuns excellens
espritz et tresnobles
seigneurs.

En Francois, et Italien.

EX AEQVITATE ET PRVDENTIA, HONOS.

A Lyon,
Imprimé par Robert Granjon.
Mil. vc. Lix.
Aueq priuilege du Roy.

Extrait du priuilege du Roy.

Par grace et priuilege du Roy, est permis à Guillaume Rouille, d'imprimer ou faire imprimer, vendre et distribuer, vn liure Intitulé, (Facecies, et motz subtilz: En Francois, et Italien.) Et defendu à tous autres Libraires, Imprimeurs, et personnes quelconques de ce Royaume: de non imprimer, ou faire imprimer, vendre ne distribuer lesdits liures, sans le congé & consentement dudit Rouille. Et ce iusques au temps et terme de dix ans, sur peine d'amende arbitraire, et confiscation des liures qui seroyent imprimez.

Ledit priuilege ha esté donné à saint Germain en Laye le xxix. de Nouembre, L'an Mil cinq cens cinquante sept, signé, De Lomenic, et séelé du grand seau en cire Iaune à simple queuë.

Par le Roy, M. Ian Nicot, maistre des requestes de l'hostel, present.

Epistre.

A Tresmagnifique et noble seigneur,
Sebastien Cruz.

Loys Dominique.

Nul est entre nous qui doute, la nature humaine auoir esté tellement creée de Dieu tresbon et tresgrand, qu'elle ne puisse (aueq vn si debile corps subiet à diuerses infirmitez et passions) souffrir les continuelles fatigues. Et tout ainsi que dieu par vne supreme prudence, ordonna dés le commencement du monde (aueq vne certaine douce harmonie) que ores resplendist le Iour serain, commode aux trauaux, par lesquelz s'acquierent les nourrissemens de la vie: ores suruient la nuit obscure, aymant le repos, et reparant les forces perdues, semblablement aussi au cueur des hommes, lors que le perseuerant estude, leur apporte melancholie, on void l'heure qu'il est opprimé de la machine et pesant faiz de diuers pensemens, et l'heure qu'il est plein d'allegresse, et toutellement deliure de trauail: pourautant qu'en nous sont, par vn certain moyen plantez, la tristesse et douleur, comme aussi la liesse & contentement, mais c'est aueq vne douce temperance et egal contrepois des choses. Il est donques besoin, que la pensée humaine, aucunefois se procure, quelque peu de recreation aggreable, pour ne succomber souz les continuelz desplaisirs, ou bien pour ne mourir entre les perseuerantes fatigues. Attendu mesmement que, selon les prophetes l'esprit triste deseiche les os. Et celuy qui ne prend repos, ne pourra longuement durer. A ces causes se trouue par escrit, que les plus sages pour se recreer, en quelque sorte, et pour n'anichiler la vertu, souuentefois ont discontinué les affaires de la Republique, se retirans en lieux delectables & de repos. Lon lit de Scipion, et Lelius, que quand ilz se trouuoyent lassez des manimens publiques, s'occupoyent à recueillir des coquilles, et des petites pierres sus le sablon du riuage de la mer. Et Sceuola pour se recreer iouoyt quelquefois à la paume: Socrates aussi, homme tresgraue, mettant vne canne entre ses iambes, simuloit de piquer vaillamment vn cheual entre les petis enfans. Saint Augustin consoloit son amy Licencius, luy persuadant de se retirer en l'habitation des Muses. Or en suiuant les mieux renommez, pour me deliurer en partie de mes plus molestes pensemens, ces Iours fascheux, à l'occasion du temps d'esté (durant lequel assez proufité, et apprend, qui se conserue en sa santé) ie me suis addonné à lire vn petit liure de Facecies, et motz exquis, extraitz de plusieurs tresnobles et excellens espritz: lequel ie recouuray de tresciuil & gentil mon honnoré amy M. Ian Massuoli de strata, autrement nommé l'Estradin, habitant de Florence. A la courtesie et diligence duquel sont grandement attenuz les hommes doctes et vertueux. Pourautant que durant le temps de toute sa vie, en allant par diuers païs, n'ha iamais espargné, ny sa poine, ny sa course, pour reassembler de toutes les parties du monde, les plus antiques, et plus exquis liures qu'il ha peu trouuer, en langue Tuscane: de sorte que faisant harnois de telz bons liures seulement, en ha congregé plus ensemble, que non seulement dans Florence, ains aussi, en toute l'Italie ne s'en pourroit trouuer si grand nombre. De ces tresors, se monstre tant liberal et amiable dispensateur, que sans attendre aucune priere, souuentefois ha preuenu le desir des hommes curieux. Apres donques que i'ay receu ledit liure de ses mains, et que i'en ay retiré le plaisir que ie desirois le plus, i'en ay bien voulu faire part à vostre Seigneurie, à celle fin que se trouuant quelquefois deliure de ces solicitudes (que ie say estre de plus grande importance, que ces soulacieux propos, et Ioyeuses fables) puissiez recouurer quelque plaisir delectable. Et ne vueille s'esmerueiller icelle vostre Seigneurie, si I'ay prins hardiesse de ce faire. Car ayant ces iours passez (par le moyen de mon trescher et honnoré amy M. Marco Anthonio Passero de Naples) prins amitié et demeurance domestique, aueq mon tresnoble seigneur Messire Leonard vostre frere, et sachant que comme vous estes coniointz de sanguinité, ainsi l'estes vous par charité et bon amour, pour reconnoistre en partie la debonaireté d'iceluy vostre trescordial frere: et pour ne mesconnoistre la beniuolence, qu'il me porte, i'ay voulu enuoyer à vostre Seigneurie, ces parolles recreatiues, lesquelles neantmoins me semblent estre vn petit don, et peu de cas: mais c'est pour faire quelque moyen de tesmoignage, de l'affection que ie porte à l'un et à l'autre, qui est la cause pourquoy i'y ay adiousté plusieurs autres plaisanteries, en partie par moy recueillies de diuers autheurs, partie entendues d'aucuns mes amis. Et par ainsi i'espere par vn mesme don conseruer l'amitié du seigneur Leonard, et aussi acquerir la vostre: estant certain que la rare concorde regnant en voz espritz et pensemens, (tout ainsi qu'aux ieunes enfans de Leda) egalement estime son propre, ce qu'est en la puissance d'autruy, Au moyen de quoy telle est vostre bonté, que ie me pourray vanter d'auoir esté agreable à tous deux, faisant vn petit seruice à l'vn de vous. Et à vostre Seigneurie ie baise la main aueq honneur et reuerence.

Facecies, et motz subtilz, d'aucuns
excellens espritz et tresnobles
Seigneurs: En Francois
et Italien.

Laurens de Medicis fut requis de fauoriser en l'election des seigneurs, Ie ne say quel citadin, aucunement suspect à l'estat, pourautant qu'il estoit homme à qui plaisoit le suc de la vigne: et disant celuy qui luy parloit, Tu luy feras faire, aueq vn verre de vin, tout ce qu'il te plairra, respondit Laurens, Et si vn autre luy en donnoit vn flascon, ou me trouuerois ie? Lorenzo di Medici fu richiesto di fauorire nella electione di signori non so chi alquanto sospecto allo stato, perche era huomo a cui piaceua il succo della vitte, e dicendo gli chi gliene parlaua, Tu gli farai fare ciò che tu vorrai con vn bicchiere di vino: Rispose, che se vn altro gliene desse vn fiasco, doue mi trouerai io?
Cosme de Medicis Pere et gouuerneur du païs de Florence, grand pere d'iceluy Laurens, requis de l'arceuesque Antonin, de luy donner faueur, quant à vne prohibition qu'il vouloit faire, pour empescher les prestres de iouër aux cartes, ny aux dez, respondit, commencez à faire quelque peu par vous, premier que les meschans dez soyent iettez. Cosmo di Medici padre de la patria Fiorentina, auo di predetto Lorenzo, richiesto de l'Arciuescouo Antonio de gli far fauore, circa vna prohibitione che voleua fare, che i preti non giocassero a li carte ni dati, gli disse, Cominciate a fare vn poco prima da voi, che si mettano cattiui dati.
Laurens filz de Pierre qui fut filz d'iceluy Cosme, deuisant entre plusieurs prestres dont l'vn dit, que les hommes ne peuuent se deffendre d'eux, dit Il, ne s'en faut point esmerueiller: pource que les prestres qui ont les accoustremens longs, ont plustost baillé vn coup de pied, que les autres ayent veu remuer la iambe. Lorenzo di Pietro di Cosmo predetto ragionando in vna compagnia di preti, e dicendo l'vn, che l'huomo, non si potea guardare di loro, disse, non esser marauiglia: perche hauendo essi i panni luonghi, hauean datto prima il calcio, che altri vegga loro muouere la gamba.
Braccio Martelli voulant donner à connoistre que René de Passi estoit paureux et de petit courage, pourautant qu'il n'auoit voulu iouster à vnes ioustes lors ordonnées, dit, que la cause pourquoy il absentoit, estoit qu'il auoit peur dans son armet. Braccio Martelli volendo mostrare che Rinato de Pazzi era pauroso, non hauendo egli voluto giostrare ad vna giostra ordinata, disse, che lo faceua per che egli haueua paura nell'elmo suo.
Puccio d'Antoine Pucci confortant vn ie ne say quel citadin pour accepter l'office de Gonfalonier de la iustice, en temps d'importance et respondant Iceluy, qu'il ne se connoissoit assez sauant pour exercer tel office, luy demanda, s'il luy suffisoit point estre autant sauant comme Cosme. Il me souffiroit (dit il) de la moitié, pour bien y satisfaire. Or ie t'enseigneray dit Puccio, à estre plus sage que luy. N'as tu point d'entendement, de toy mesmes? Ouy dit il, i'en pense auoir quelque peu. Apres, dit Puccio, fay donques ce que Cosme te dira, & par ce moyen tu auras en cest endroit tout son sens et tout le tien. Parquoy tu en auras plus que luy. Puccio di Antonio Pucci, confortando non so che cittadino ad accettare l'vfficio del Gonfaloniere di Iustitia in tempo importante, e rispondendo egli, che non gli pareua esser tanto sauio quanto a quello vfficio s'aspectaua, gli domandò se gli bastaua esser sauio come Cosmo. E dicendo gli che se fusse la metà sauio, che egli crederebbe assai bene sodisfare. Oh io t'insegnero, disse Puccio, ad esser piu fauio di lui. Non hai tu punto senno da te? E dicendo che pur credeua hauere ne qualche poco, subiunce Puccio, fa dunche cio che Cosmo ti dice, e harai a questo modo tutto il suo, e cossi ad essere piu sauio che Cosmo.
Matthieu Franco, estant à voir vne dispute qui se faisoit à Pise, laquelle auoit esté desia poursuiuie iusques à la nuit, & assez tard, dit aux disputans, qu'ilz feroyent bien de la laisser, pource qu'en ne voyant point de lumiere, leur argument se pourroit verser dehors, ou à tout le moins qu'ilz se tinssent assis, de crainte que leurs argumens ne tombassent au bas par le fondement de leurs chausses. Matteo Franco stando a vedere a Pisa vna disputa, laqualle era già condutta a tardi, disse, che farebbeno bene a lasciar la stare, che non si vedendo lume, l'argumento si verserebbe fuori: e che al meno sedessero accio che l'argumenti sen'andesseron giù per le calze.
Laurens de Medicis susnommé, estant à Florence. Bernard Benuolenti, Ambassadeur Senois, en le rancontrant vn certain iour par son chemin, luy print le bras & luy tasta le poulx, luy demandant comme il se trouuoit, touchant sa disposition. Lors Laurens escoust le bras, & l'empoigna par le poulx, en luy disant, C'est à moy de sauoir comment vous portez. Car ie suis des Medecins, et vous estes des malades. Lorenzo de Medici predetto, essendo in Firenze Bernardo Benuollenti, Ambasciadore Senese, il quale trouatolo per vn certo andamento, gli tocco il polso, domandando come si sentisse. Scosso il braccio Lorenzo, riprese il polso di detto Bernardo, dicendo, Questo tocca a me, che sono de Medici, e voi siete de gli Infermi.
Ambroise Pannochi deuisant aueq Laurens de Medicis du gouuernement des Sienois, dit, ie croy qu'ilz sont saintes gens, en qu'ilz viuent de miracles. Ambrosio Pannochi, ragionando con Lorenzo di Medici del gouerno de Senesi, gli disse, io credo che sono tutti santi, e che viuono de miracoli.
Vn Paisan des montaignes auoit vn iour disne aueq Laurens et en sa table: despuis reuenu en sa maison, dit à sa femme. I'ay auiourd'huy plus fait, que iamais ne feit Iesus Christ. Et interrogué d'elle par quel moyen, luy respondit, Iamais Dieu ne mangea, aueq plus grand seigneur que soy, et i'ay auiourd'huy mange aueq le seigneur Laurens, qui est mile fois plus grand seigneur que moy. Vn Contadino de gli Alpi haueua vn giorno magnato nella tauola di Lorenzo, e con esso lui: dapoi venuto in casa, disse à la donna sua. Vedi moglie, io ho hoggi fatto piu che mai non fece Christo, e domandatogli in qual modo, rispose: Mai Christo non ha magnato con piu gran Signor di se, e io ho magnato hoggi con il Signor Lorenzo, il quale è mileuolte piu gran signor di me.
Messire Agnel de la Stufa ayant receu vne lettre du Duc Galeas de Milan, laquelle estoit pleine de plusieurs presens, entre lesquelz estoyent ces parolles, ce que i'ay, est du tien. Messire Agnel luy respondit ainsi, Or mon seigneur ne le dites plus. Car si lon sauoit icy que ie fusse si riche, on me desferoit à force d'impostz et charges. Messer Agnolo della Stufa hauendo riceuuto vna lettera dal Duca Galeasso di Milano, laqual era piena di molte offerte, fra lequali erano queste parole, cio che io ho, è del tuo. Messer Agnolo gli rispose cossi: Oi me Signor, non lo dicete, che se qua si sapesse, che io fusse si ricco, mi disfarebbeno con le loro grauesse.
Cosme de Medici auoit coustume de dire que Francois Sacchetti, qui tousiours frequentoit aueq les gens sauans, et ne sauoit rien, estoit comme l'arnion qui est vne petite beste qu'en tous temps, se tient en lieu gras, & iamais n'est grasse: mais tousiours maigre. Cosmo di Medici soleua dire, che Francesco Saccheti (ilquale sempre vsaua con dotti, e non sapeua niente, era come l'arnione, che sempre sta nel grasso, e sempre è magro.
Laurens de Medici en parlant d'vn soupper qu'on luy auoit fait, dit qu'entre les autres choses estans en la maison, on auoit esté fait ledit souper. le lieu plus froid estoit la cheminée, et le plus chaud estoit le puys. Lorenzo di Medici ragionando d'vna cena che gli fu fatta, disse che fra le altre cose, che erano in detta casa, doue detta cena fu fatta, il piu fredo luogo che fusse era il camino, e il piu caldo luogo era il pozzo.
Martin dit Scarpha, en pissant vne fois, et voyant vn ieune gars qui le regardoit, pource qu'il estoit fort gras, se retourna par deuers luy en disant: Si tu le vois salue le de ma part, car il y ha dix ans que ie ne l'ay veu. Martino detto Scarfa, orinando vn tratto, e vedendo vn fanciullo che lo rigardaua, perche era grassissimo, voltosi a lui dicendo, se tu lo vedi salutalo da mia parte, che son dieci anni, che io non l'ho veduto.
Quelcun se lamentoit à Strosse pource que vne antique colonne erigée en memoire d'vne certaine victoire luy ostoit la veuë d'vne sienne fenestre. Auquel Strosse dit qu'il sauoit bien vn bon remede. Et interrogué quel Il estoit, respondit, Il te faut murer la fenestre. Strosso aduno che si lamentaua che vna colomna antiqua fatta in memoria d'vna certa vittoria, gli tollieua la veduta di non so qual finestra, disse, io so vn buon rimedio. E domandando colui, Qual? rispose Strozzo, murate questa finestra.
Venant à Cosme vn de Pistoye, appellé le Balafré, qui pour estre enrolé au nombre des soldats, se vantoit de iamais ne fuir deuant les coups: et en tesmoin de ce monstroit son visage plein de balafres. Cosme luy dit: Encores moins prenoit la fuitte celuy qui te frappoit ainsi. Venendo à Cosmo vn Pistolese, chiamato lo Bardellato per acconciarsi al soldo, si vantaua che non fuggiua mai, mostrando in segno di ciò, il viso tutto frappato. Alquale Cosmo rispose, E ancora colui che ti daua nel viso, non deuea fuggire.
Bernard Gerard estant Gonfalonier de iustice, respondit au pape Pie, qui par plus grand magnificence se vouloit faire porter aux seigneurs de Florence, comme il auoit esté porté par les Sienois, & luy dit, Il est meilleur Pere saint, que vous fassiez porter par voz Capitaines que voicy. Car nous auons les accoustremens trop longs. Bernardo Gherardi essendo Gonfaloniere di giustitia, rispose a Papa Pio, ilquale voleua per gloria esser portato da i Signori Fiorentini, come era stato portato da Senesi, Santo padre, disse, meglio è che vi portino questi vostri Capitani: che noi habbiamo i panni troppi luonghi.
Iceluy Pape Pie vouloit faire son neueu Arceuesque de Florence, disant, pource qu'il n'estoit natif de la ville, que saint Pierre fut bien Euesque de Rome, combien qu'il feust estranger et Hebrieu. Auquel respondit Iceluy Bernard, Aussi y fut il crucifié. Il medesismo a Papa Pio, che voleua fare il nipote Archiuescouo di Firenze, e allegaua che a Roma era stato santo Pietro, ilquale era forestieri e Hebreo, rispose, E però vi fu egli crucifisso.
Ian Antoine de Siene, Ieune homme et de tresbon esprit, fort familier du Cardinal de Pauie, alla vn iour visiter le Pape estant à table, aueq Iceluy Cardinal de Pauie, et le Cardinal de Siene, Auquel demanda le Cardinal de Siene s'il auoit quelque querelle contre luy, attendu, qu'il ne le venoit plus voir. Et respondant que non, pource qu'il estoit atout à sa seigneurie, le Cardinal de Pauie dit: Or donques n'es tu plus à moy? Auquel il respondit, Ie me nomme Ian Antoine. Ian est à vostre seigneurie, et Antoine, au Cardinal de Siene. Lors dit le Pape Pie, Ie n'y ay donques rien pour moy. Auquel il respondit: Ian et Antoine est entierement tout de vostre sainteté. Giouan Antonio da Siena giouano d'ottimo ingegno, e familiare del Cardinale di Pauia, andando vn tratto a visitar il Papa, che era a mensa con esso Cardinale di Pauia, e con Senese: fu domandato di quel da Siena, se haueua con lui questione, che non andaua a lo vedere piu, e rispondendo lui che non poteua con lui fare questione, perche era tutto di sua Signoria. Il Cardinale di Pauia disse, dunche non sei tu mio? E egli: Io ho nome Giouan Antonio. Giouan è di vostra Signoria, e Antonio di Siena. Al'hora Papa Pio disse, Io dunche non ci ho d'affare nulla. Rispose, e Giouan e Antonio è tutto di vostra Santita.
Vn Senois auquel fut dit que les Florentins, estoyent Mercurialistes, pource que Mercure leur auoit appris à bien parler & ornément, & à bien traitter leurs marchandises, Ouy respondit il, et à bien desrober aussi. Vn Senese alqual fu detto, che i Fiorentini sono Mercuriali, perche da Mercurio hanno apparato il parlare ornato, e il fare mercantie, rispose, E anchora di rubare.
Sante, qui ne risoit, ainsi appellé, pource que iamais on ne le put faire rire, allant voir vne dame qu'on luy auoit promis de donner en mariage, laquelle estoit laide comme par despit, quand il la veid si treslaide, se print à rire. Lors elle luy dit, Mais comme Sante, lon dit que vous ne riez iamais. Et il luy respond, Mais qui se garderoit de rire, voyant vn tel caquesangue de visage. Santi, che non ride, cosi detto, perche mai non era stato potuto far ridere, andando a vedere la sposa sua, laqual'era brutta comme per dispetto, vedendo la bruttissima, comincio a ridere, e dicendogli essa, Oh tu ridi? rispose, Oh chi diauol non riderebbe a vedere cotesto cacasangue di viso?
Le Poltron Caualcant, et Henry Rucellay, estoyent par ensemble grands compaignons, & mutuelz amis, et tousiours iouoyent, dancoyent, & faisoyent bonne chere ensemble, De sorte qu'ilz ne pouuoyent obtenir office aucun de la ville. Henry estimoit que la cause procedast par faute d'estre bien conneuz des seigneurs du Consulat. Or aduint que comme de costume les seigneurs et gouuerneurs furent changez, et quelques vns subroguez, qui connoissoyent assez le Poltron, & Henry. Ce que venant à la connoissance de Henry, il fut fort ioyeux, & vint hurter à la porte du Poltron luy disant, Bonnes nouuelles, mon amy, Tel & tel, qui bien connoissent, & sont gens de bien, sont esleuz Seigneurs de la ville. Loué soit Dieu. Car nous serons ores conneuz. Respondit le Poultron, Ouy bien Henry: mais tu n'entens pas. Ce seroit le meilleur pour nous d'auoir affaire à gens qui ne nous conneussent point. Il Poltrone Caualcanti, e Arrigo Rucellai erano insieme gran compagni, e sempre giocauano e papauano, onde non poteuano hauere vfficio nessuno de la terra. Arrigo pensaua (che piu simplice era) che cio nassesse per non esser conosciuti de gli Signori del concilio. Auenne che mutati furono gli Signori, e altri commessi nel luogo loro, donde alcuni cognosceuan Arrigo e il Poltrone. Di che certificato Arrigo subito se n'andò a casa del Poltrone, e picchiato l'vscio, e egli fattosi alla finestra, disse, Arrigo buone nouelle: è son fatti tal e tal, che ben cognoscono, Signori de la terra. Laudato sia Dio, che noi seremo hora cognosciuti. Rispose il Poltrone, Hoi me Arrigo, tu non te n'entendi. Per noi si farebbe di hauere affare con persone che non ci cognoscessero.
Messire Ian Tingi Prestre de Sainte Reparée, estant vieux et tout chenu, confessoit vne Dame. Aduint que luy feignant de dormir, elle se hasta de dire vn peché, qu'elle auoit vergogne de declarer. C'estoit qu'elle s'estoit vn iour separée de ses damoiselles pour secrettement mieux se retirer en vne chambre secrette. A ce propos messire Ian luy demande, si elle eust lors consenti à vn homme, s'il se feust illec trouué: et elle disant, que ouy, Messire Ian respond, O Dieu, que ne me trouuay ie là! Apres, dit la dame, ie n'entendois pas de vous Monsieur. Ser Giouan Tingi prete in Santa Riparata, sendo vecchissimo e tutto canuto, confessaua vna donna: auenne che facendo esso vista di dormire, la buona donna presto disse vn peccato di che si vergognaua. E questo è, che vn tratto se era separata delle sue domigelle, e andata d'intro vna camera suola. A questo la domandò ser Giovanni, se glei harebbe consentuto ad un huomo, se al'hora vi fusse stato, e dicendo glei che si, risponde il ser Giouan, Stato vi, fusse io. Poi disse la donna, io non intendeua di voi.
Vn seruiteur en ioustant à selle basse dans Florence sans iamais tomber, de sorte que ceux de la compagnie estimoyent qu'il feust lié aueq son cheual: aduint ce neantmoins, vn coup qu'il fut rué par terre. Or là estoit present le Seigneur Ludouic Viscomte, auquel fut demandé, lequel des coups estoit le plus beau, que ce seruiteur auoit fait: C'est, dit il, quand il est tombé. Giostrando vn famiglio a sella bassa in Firenze, e non cadendo mai, stimaua la brigata che lui fusse ligato, Auenne che per vn tratto fu gittato in terra. Era presente il Signor Ludouico Visconte, il quale nel fine de la giostra, domandando qual fusse stato meglior colpo che colui auesse fatto, rispose, quando è cadduto.
Semblable fut vn mot de Donatel Sculteur, qui interrogué quelle fut la meilleure oeuure que iamais feit Laurens de Bartoluccio, respondit, ce fut lors qu'il vendit Leprian. Pource que leprian estoit vne petite maison champaistre, de laquelle ne pouuoit retirer grand fruit. Simile fu il motto di Donatello, scultore il quale domandato qual fusse la meglior cosa, che facesse mai Lorenzo di Bartoluccio, rispose, a vendere Lepriano. Imperò che questo era vna sua villa, de trarne poco frutto.
Le susdit Donatel faisoit à Venize vne statue de cuiure du Capitaine Gattamellata, par le commandement de la seigneurie de Venize, et estant trop importunément solicité d'icelle Seigneurie, print vn marteau et aueq courroux, meit par pieces la teste d'icelle effigie. Et venant cecy à la notice des Seigneurs, le manderent venir deuant eux, et entre plusieurs autres corroux et menasses, luy dirent, que tout ainsi qu'il auoit rompu la teste à la statue, & tout ainsi on luy romproit la sienne. Lors il respondit, I'en suis (mes Seigneurs) content: Pourueu qu'en vous soit la hardiesse de me promettre de refaire aussi tost ma teste, comme ie referay à vostre statue la sienne. Il predetto Donatello faceua in Venecia vna statua di bronso del Capitano Gattamellata, per comandamento de la Signoria di Venecia, e essendo troppo solecitato di essa Signoria, prese vn martello, e con furia, eschiacciò il capo a detta statua. Inteso questo la Signoria di Venecia, fattolo venire a se, e fra piu altre minacie gli disse che come haueua fatto a quella statua, cossi voleuano schiacciare il capo a lui. A iquali rispose Donatello, Signori, io son contento, se vi da il cuore, di rifarmi il capo, come io lo riffarò, a la vostra statua del vostro Capitano.
Messire Andrieu Prieur de Lucarde interrogué de quelcun, s'il y auoit rien de nouueau. Auquel il respondit, Non: tout est vieux, & principalement mes habillemens. Messer Andrea Priore di Lucardo, domandando da vn, Ecci nulla di nuouo? rispose non, e massimo di panni mei.
Vn Lucquois disoit que à Lucques estoit vn aueugle qui iouoyt bien aux eschaitz, et les remuoit et conduisoit bien. Auquel respondit Marabet Manetti, Ie le croy fort bien, pource que nous auons à Florence vn aueugle, auquel quand on luy presente vne lettre, apres l'auoir maniée deux ou trois fois, il la lit aussi bien que s'il auoit de la lumiere. Vn Lucquese diceua che in Lucqua era vn cieco che giocaua a scacchi, e muoueua bene gli scacchi, Marabbeto Manetti gli rispose, Io lo credo molto bene, perche noi habbiamo in Firenze vn cieco, che quando gli è dato vna lettera, toccandola due, ò tre volte, poi la lege come se hauesse lume.
Denis Pucci souloit dire, que Ian Francois Venturin, pour n'estre sans affaires iamais n'en expedioit vn. Dionigi Pucci era costume di dire, che Giouan Francesco Venturin per hauer sempre qualche facenda, non expediua mai niuna.
Laurens de Medicis interrogué par Vgolin Martelli pourquoy il se leuoit le matin à heure si tarde, respondit en demandant, que c'est qu'il auoit fait la matinée? Et apres qu'il luy eut recité quelques petits affaires legers qu'il auoit expediez, luy dit, Mieux vaut ce que i'ay pensé ce matin dans mon lict, que tout ce que tu as fait auiourd'huy. Lorenzo di Medici domandando da Vgolino Martelli perche si leuasse la mattina tardi, rispose domandando gli che cossa hauesse fatto quella mattina: e contando gli alcune cosse legiere gli disse, E val piu quello che io ho pensato fra il letto, che quello che tu hai fatto tutto hoggi.
Dante disnant vne fois aueq vn, qui estoit tellement eschaufé du vin, & de parler, qu'il en suoit de tous coustez, et disant en certain propos, que iamais lon ne se lasse à dire verité, luy respondit, Ie m'esmerueilloye grandement aussi de ce que tu suois en si grand' abondance. Dante essendo vna volta à desinare con vno, il quale era riscaldato dal vino e dal fauellare, in modo, che tutto sudaua, dicendo egli a certo proposito, Chi disse il vero, non se affatica, Rispose Dante, Io mi marauigliaua ben d'el tuo sudare.
Vn pauure homme et tout nud, dés qu'il auoit vn solz le despendoit à la tauerne: & estant reprins de cela, dit à ceux qui le reprenoyent: Puis que dieu veut, que ie doiue monstrer le cul, ie le veux monstrer gros et gras. Vn pouer' huomo e ignudo come haueua vn grosso, lo spendeua à la tauerna: e ripreso d'alcuni, disse, Poi che Domenedio vuole che io habbia a mostrare il culo, io lo voglio mostrare grosso e grasso.
Il y auoit deux hommes qui se perforcoyent à dire choses merueilleuses, et disant l'vn qu'il auoit veu en certain païs vn chou, souz lequel pouuoyent demeurer, mil et cinq cens hommes à cheual, dit l'autre, i'ay veu en vn païs vne chaudiere, laquelle cent maistres forgeoyent, et estoit si grande, que l'vn n'entendoit pas l'autre, tant estoyent separez, Et disant le premier, Que diable vouloyent ilz faire de ceste chaudiere? L'autre respond, pour cuire ton si grand chou. Eran duoi che faceuano a dire miracoli, e dicendo l'vno che haueua veduto vn cauollo in vn paese, che vi stauan sotto, mille cinque cento huomini a cauallo, disse l' altro, E io vidi in vn paese vna caldaia che la fabricauano cento maestri, e era tanto granda, che l'vno non sentiua l'altro, tanto erano discosti. E dicendo gli il primo, che diauolo voleuan fare di cotesta caldaia, rispose, Cuocere cotesto Cauollo.
A vn qui se grattoit les reins disant, Si ce n'est Amour qu'esse donq que ie sens, luy fut respondu, Amour est vn pou, pourautant qu'il mord son maistre. A vno che si grattaua le reni, diceua, s'Amor non è, che dunche è quel che io sento, gli fu riposto, è vn pidocchio Amore perche morde il patrone.
Messire Otto exposoit à Rome dans le consistoire, vne Ambassade, et estant du Cardinal In portico (homme toutefois curieux & fort estrange en ses demandes) par plusieurs fois interrogué de la cause pourquoy il auoit perdu vn bras, poursuiuoit ce nonobstant le propos de ce pourquoy auoit esté mandé, disant au Cardinal, Bien tost ie vous respondray, & en poursuiuant sa parole, tomba sus le moyen de dire, Pere saint, à l'vn deffaut vne chose, à l'autre vne autre, L'vn naist sans vn pied, L'autre sans vn doigt. Quant est de moy ie nasqui sans vn bras, mais plusieurs sont naiz sans cerueau: et tellement accommoda sa responce, que son propos fut entendu d'vn chacun. Messer Otto esponeua a Roma nel consilio vna Ambasciata, e essendo dal Cardinale in Portico (huomo pur curioso, e strano nella domanda) piu volte domandato che cossa fusse stata quella perche esso hauesse mosso vn braccio, seguitaua pure la sua Ambassiata, dicendo al Cardinale, tosto vi daro risposta, e nel processo del parlare, induce a proposito queste parole, Santo Padre a chi mancha vna cossa, a chi mancha vna altra. Altri nasce sensa vn piè, altri sensa vn dito. Io nacqui sensa mano, e altri sensa cervello. E in modo accommodò la risposta, che fu inteso il suo proposito da ongniuno.
Dante interroguoit vn païsan quell'heure estoit: qui assez rudement luy respondit, qu'il estoit heure d'aller mener les bestes boire. Dante luy dit, Et toy, pourquoy n'y vas tu donq? Domandaua Dante a vn contadino qual hora fusse, il quale grossamente rispondendogli, che era hora d'andar dare a bere a le bestie, dice, E tu perche non vai bere?
Vn, toutes les fois que son cheual choppoit, disoit, Diable ayde luy, et reprins d'vn autre, pource qu'il n'inuoquoit plustost Iesus Christ, dit, Ie connois bien, que tu ne scais encores le teste, qui dit, In nomine Iesu omne genu flectatur. Vno certo quando il suo cauallo inciampaua, diceua, Diauolo aiutalo: e riprese da vn altro, che lo confortaua de dire piu tosto Giesu, dice, tu non dei sapere force questo testo. In nomine Iesu omne genu flectatur.
Lon dit que Messire Bernard Renaud perdit quelque fois l'entendement. Au moyen dequoy vne simple femme ayant son filz fol, cherchoit conseil et remede pour luy. Et elle fut enuoyée par deuers luy. Auquel elle dit: Messire Renaud, i'ay ouy dire qu'autre fois vous auez esté fol, parquoy ie vous prie de m'enseigner les moyens par lesquelz vous receutes guerison: pource que i'ay vn filz qui est fol comme vous estiez. Entendue par messire Bernard la simplicité de la femme, luy respondit, Voy ma bonne Dame, gardez vous bien de le faire guerir: car ie n'eu iamais le meilleur temps, que quand i'estois fol. Dicesi che Messer Bernardo Rinaldo impazzò vna volta, onde consigliandosi con alcuni, vna semplici donna, che haueua vn figliuolo impazzato, qual rimedio fusse a guarirlo, fu mandata al detto messer Rinaldo. La donna trouatolo gli disse, messer Rinaldo, io ho intezo, che voi impazzaste vna volta, e però vi prego, che voi m'insegnate, come voi faceste a guarire, perche, io hò vn figliuolo impazzato. Inteza messer Rinardo, la semplicità della donna, rispose, Oi me buona donna non lo fate guarire, che io non hebbi mai il piu bel tempo, che quando io era pazzo.
Messire Barthelemy medecin de Pistoye, homme singulier, estant en disposition de se marier, on luy presenta deux femmes, L'vne que luy donnoit petit mariage, mais elle estoit sage: L'autre n'estoit si sage, mais elle luy donnoit trois cens escus de dote, plus que la premiere. Or il respondit, à ceux qui luy en parloyent, De la plus sage femme du monde, à la plus fole, n'y ha difference d'vn petit grain de millet. Ie ne veux pas acheter ce petit grain trois cens escus, ou bien perdre trois cens escus, pour vn grain de millet. Messer Bartolomeo medico Pistolese, huomo singulare, essendo per torre moglie, e essendogli messo in anzi due donne, l'vna che gli daua poca dote, ma era sauia, l'altra che non era tanto sauia, gli da trecenti ducati di dote piu che l'altra. Rispose che de la piu sauia del mondo a la piu pazza, non ci era differenza d'vn grano di panico: e che non voleua, questo granello comparar trecenti ducati: o veramente, perdere trecenti ducati per hauer questo granello.
Iceluy mesme fut interrogué de la cause pourquoy, en sa vieillesse auoit prins femme, il respondit: En la vieillesse les sens commencent à diminuer, & qu'au temps qu'il estoit Ieune, & qu'il auoit bon iugement, s'en estoit gardé: mais estant apres venu vieux et moins sage, y estoit tombé. Il supradetto domandato, perche in vecchieza haueua tolto moglie, disse, che a vecchi comincia a mancare l'intelletto: e mentre che fù giouane, e di buon sentimento, se n'era guardato: poi vecchio come men sauio vi era inciampato.
Estant requis de la part du Roy de France et de l'Empereur le Duc de Bouloigne, de faire ligue aueq eux, leur feit ceste responce, Fut vne fois requis le Liëure de faire ligue aueq le Lyon & l'Ours, et pensant à leur qualité delibere de ne la faire aucunement, et leur feit ceste responce disant ainsi, Il est vray qu'ilz sont grands maistres, et plus puissans que moy: Mais ilz ont besoing de chercher à manger, et moy ie n'ay necessité que de paistre l'herbe. Semblablement le Roy et l'Empereur sont l'Ours & le Lyon, qui sont plus grands princes que moy qui suis le Lieure me contentant de peu, au moyen dequoy trouueray assez à pasturer en tous lieux, pour honnestement entretenir mon estat. Essendo dal Re di Francia, e dall'Imperadore richiesto il Duca di Bologna, di fare lega con essi, fè questa risposta: Fu richiesta la Lepre di fare lega con l'Orso, e col Lione, e l'Aquila, pensando a loro qualita: la Lepre deliberò de non la fare, dicendo, Questo e vero che loro son maggiori di me, ma a loro bisogna cercare di magnare, a me non mancherà mai che pascere, Cossi l'Imperadore e il Re, sono l'Orso, e il Lione, perche son gran maestri: io son la Lepre, e perche mi contento di poco, trouerò che pascer in ogni luogo.
Vn Paisan auoit deux enfans d'ont l'vn estoit fort paresseux, et l'autre fort diligent. Aduint vn matin, que le diligent allant au labourage, trouua en son chemin vne bourse de cinq cens ducatz. Au moyen dequoy, retourne en arriere, pour les porter en la maison. Son pere le voyant l'interrogue s'il auoit ia acheué son oeuure: auquel il respond: Mon pere ne vous souciez plus de rien, I'ay fait vne bonne iournée: donnez moy seulement à disner. Tenez voilà que i'ay gaigné à ce matin. Le pere voyant tant de ducatz ensemble, remply d'vne grand' liesse, s'en va à son autre filz qui estoit encores au lict, luy disant: Va poultron, forfant, seras tu tousiours ainsi paresseux. Ton frere ha desia auiourd'huy trouué vne bourse de cinq cens ducatz, et tu es encores au lict. Respond le filz encores tout endormy, Meilleur seroit à celuy qui les ha perdus, qu'il feust encores au lict endormy comme moy. Vn contadino haueua duoi figliuoli, l'vno pigrissimo da se leuar la mattina, l'altro diligente in ogni cossa. Auenne vna mattina che lo diligente andando al lauore, trouò nella strada vna borsa, doue eran cinque centi ducati, perche ritornò drieto in casa, e domandato dal padre, si hauesse fornito l'opra sua, disse, non dubita niente, padre, io ho fatto giornata, date mi pur a magnare. Vedete che io ho guadagnato questa mattina. Il padre vedendo tanti ducati insieme, che mai non haueua veduti, pieno di allegressa, sene va al figliuolo, ilquale era nel letto, dicendo, Oi poltron, forfant, serai tu sempre mai cossi paressoso? Ecco il tuo fratello ha trouato cinque cento ducati in vna borsa. Rispose il figliuolo, ancora sopito, Meglio fusse a colui che gli ha perduti, che fusse ancora nel lecto come io.
Vn Medecin fut vne fois interrogué de la cause pourquoy il interroguoit les dames qu'il voyoit auoir bon visage et frais, de leur portement. C'est (dit il) pourautant, que i'ay veu plusieurs flascons ayans la robbe toute neufue, et le verre estoit rompu dedans: et plusieurs pommes desquelles l'escorce reluisoit, et le dedans estoit tout mangé des vers. Vn Medico fu domandato per qual causa domandaua alle donne come stauano, vedendo le hauer buon viso, disse, Perche io ho veduto molte volte de fiaschi rotti con la veste nuova, e molte pome bellissime nella pelle, ma dintro magnate di vermi.
Frere Blaise des Carmes estoit coustumier de dire, que qui doit estre laboureur, il naist aueq la sarpe en main. Fra Biagio di Carmelite soleua dire, che chi doueua essere zaniolo, nasceua con manico in mano.
Messire Pierre de Nocere, voulant seurement transporter de Lyon à Florence vne grand somme de deniers, les commit en la banque des Medicis, en prenant vne lettre de change. Or en s'en venant commenca par les chemins fort à soupsonner que ses escus ne luy feussent entierement renduz. Toutesfois dés aussi tost qu'il fut arriué à Florence, et en la maison des Medicis, ses escus luy furent entierement renduz. Au moyen dequoy s'en alla à Cosme, et luy dit (apres l'auoir honorablement remercié) O Cosme, Magna est fides tua! Et Cosme luy respond, Messire Pierre, le plus riche tresor des marchands est la foy. & plus de fidelité ha le marchand, plus est il riche. Messer Pietro da Nocera hauendo a transferire vna gran somma di scudi, de Lione in Firenze gli commesse al banco di Medici, e con lettre di Cambio sene venne a Firenze. Hor per la via cominciò a sospectare assai che gli danari non gli fussero restituiti: Ma come giunse al banco, tutti gli furono subito numerati. Onde andatosene a Cosmo disse, O Cosmo, Magna est fides tua. E egli, M. Pietro, il tesoro de mercadanti è la fede, e piu fede ha il mercadande, tanto piu è ricco.
Disoit souuent le Comte Francois, que quatre choses sont necessaires à bien parfaire quelque cas. A sauoir, penser, se conseiller, deliberer, et faire. Diceua il Conte Francesco, che quattro cosse bisognauano a far ben vna cossa, pensare, consigliare, deliberare, e fare.
Le Duc de Milan (Galeas Marie) souloit dire, que trois choses sont necessaires à faire vne bonne tourte: C'est, sauoir, pouuoir, et vouloir. Il Duca di Milano, Galeasso Maria, soleua dire, che tre cosse bisognaua hauere a fare vna buona torta: sapere, potere, e volere.
Messire Marcel recitoit, que luy estant en France, il auoit ouy dire à vn fol, que lon trouuoit quatre bonnes meres, lesquelles auoyent quatre mauuais enfans. La premiere estoit Verité, et son filz estoit courroux. L'autre estoit Prosperité, et son filz se nommoit Orgueil. La troisiesme s'appelloit Seureté, et son filz estoit Peril. Il disoit la quatriesme estre, Familiarité, laquelle enfantoit Contemnement. Messer Marcello racontaua da vn matto hauere vdito dire in Francia questa sentencia, che sono quattre buone madri che hanno quattro cattiui figliuoli, e diceuale in latino in questo modo: Veritas, quæ parit odium: Prosperitas, Superbiam: Securitas, Periculum: Familiaritas, Contemptum.
Iceluy mesme parloit d'vn vieux homme qui portoit les iambes en sa main, les aureilles au sein, et les yeux en sa ceinture. Il medesimo, disse d'vn vecchio, che portaua, le gambe in mano, le orecchie in seno, e gli occhi a la cintura.
Vn Sienois auoit de coustume de dire en leur conseil, Messieurs les Citadins, gardez vous des Florentins. Car eux vous garderont bien des autres. Vn Senese soleua dire in consiglio: Cittadini mei guardateui da Fiorentini, che di altri vi guarderanno essi.
Vn iour Cosme se courroussoit alencontre de ses seruiteurs, qui le portoyent dans vne chaire, parquoy l'vn luy disoit, Quoy monsieur vous criez, deuant que lon vous fasse aucun mal, respond, Il m'est besoin de crier deuant que tu me fasses mal, car de crier apres, ne me seruiroit de rien. Gridaua vna volta Cosmo contra da gli suoi famigli, e dicendo vno, Oh, che hauete voi? Voi gridate, inanzi che habbiate nulla. Rispose Cosmo, Oh prima bisogna che io gridi, che poi non mi varebbe nulla.
Combien de choses doit auoir vne femme, pour estre belle en perfection? Trois noires, trois blanches, trois petites, trois longues, trois grosses. A sauoir, les trois noires, les surcilz, les yeux, la nature; les blanches sont les cheueux, les dents et la chair: les petites sont la bouche, le nez, les aureilles: les longues, sont les doigts, le bust, et le col: les grosses, sont les bras, les iambes, et les cuysses. Quante cosse voglia hauere vna donna per esser bella a perfettione? Tre nere, tre bianche, tre piccole, tre luonghe, tre grosse: Cio è, nere, ciglia, occhi, natura: Bianche, capilli, denti, carne: Piccole, bocca, naso, orecchie: Luongue, ditta, busto, collo: Grosse, braccia, gambe, coscie.
Iaques Bini me disoit vn de ces iours, que ceux de Florence, ont tousiours esté de trois raisons en leurs gouuernemens. Pource que l'vn ha presté la reputation, l'autre les deniers, et le troisiéme, ha pendu vne sonnette. Ie luy demanday que vouloit dire ce pendement de sonnette. Lors il me dit, que vn certain nombre de rats deliberarent vne fois parensemble de pendre vne sonnette à la queuë d'vn chat, pour mieux le sentir venir. Mais apres la conclusion, il ne se trouua vn seul de ces rats qui voulust commencer le premier à pendre ceste sonnette. Iacobo Bini mi disse a questi di, che quelli di Firenze, sempre sono stati di tre ragioni nel gouerno: perche vno ha prestata la riputatione: l'altro i danari: e il terzo ha appicato vn sonaglio. Io domandai questo appicare il sonaglio che voleua dire. Contomi all'hora che certi topi deliberarono, vna volta insieme de appicare vn sonaglio a la coda de la Gatta per sentirla: Ma la conclusione fatta, non si trouò nessun di questi topi, che volesse esser il primo ad appiccarlo.
Vn homme vieux me dit ces iours passez, que les choses iniustes ne peuuent durer, et que la iustice ressemble à l'eau d'vne riuiere, laquelle quand on luy donne quelque obstacle, ou empeschement à son cours, elle rompt son rampar, ou bien elle croist tellement, et s'engrossit qu'elle rengorge par dessus. Vn vecchio mi disse a questi di, che le cosse iniuste non possono durare, e che la iustitia è fatta come l'acqua, che quando è impedita da suo corso, ella rompe quel riparo e impedimento, o vero tanto cresce e ingrossa che ella schocca poi disopra.
Disoit Cosme que trois bourses sont necessaires à qui veut plaidoyer, l'vne plaine d'argent, l'autre de cautelles, et la troisiéme de finesses. Diceua Cosmo, che bisogna hauere tre borse piene a quelli che vogliono litigare, l'vna di danari, l'altra di cautele, e l'altra di diligentie.
Estant venu vn Ambassadeur du Roy d'Aragon au temps de Cosme, demandant pour tribut aux Florentins tous les ans vn faucon, s'offrant par ce moyen garder et conseruer l'estat des Florentins, fut commise la responce à Puccio filz d'Antoine de Pucci, homme tresprudent et de grand hardiesse, lequel respondit à l'Ambassadeur par telles parolles: Combien que le Comte Galeas nommé, Comte de vertu, eust requis vn Esparuier aux Florentins pour tribut annuel, aueq offre de deffendre nostre estat, si est ce que les Florentins ne s'y voulurent aucunement accorder. Par quoy ilz ne luy bailleroyent point non seulement vn faucon, mais qu'ilz ne luy mostreroyent pas vne Pie. Mais toutes les fois qu'il plaira à vostre Roy, de se mettre en deuoir, et en bon ordre, pour estre nostre Capitaine, nous luy donnerons quarante ou cinquante mil ducatz. Et de ceste offre ne se doit rendre vergogneux en l'acceptant. Pourautant que plusieurs autres plus grands que luy, auoyent esté leurs Capitaines. Essendo venuto vn Ambasciadore dal Re di Aragona, a tempi di Cosmo, il quale chiedeua tributo d'vn falcone ogni anno, offerendosi per quello conseruare lo stato a Fiorentini, fù commessa la risposta a Puccio di Antonio Pucci huomo prudentissimo e di grand'animo. Il quale rispose in questo modo: Che con ciò fusse, che il Conte Giouan Galeazzo, detto Conte di Vertu, hauesse chiesto vno sparuiere per tributo a Fiorentini, con simili offerta di conseruare lo stato, e che i Fiorentini non gli haueuan voluto concedere che a lui, non solamente, non darebbono vn falcone, ma non pure gli mostrarebbono vn Gheppio. Ma si quando volesse acconciarsi per loro Capitano, che gli darebbeno quaranta o cinquanta mille ducati. E di questo non si dourebbe vergognare. Perche molti altri piu grandi che lui eran stati loro Capitani.
Ce mesme Puccio disoit que la verité ressembloit à l'huile qui tousiours nageoit au dessus de l'eau: de sorte que qui mettroit l'huile dans vn vaisseau de fer lequel feust ietté au plus profond de la mer: par long espace et varieté du temps, le vaisseau se romproit, et l'huile reuiendroit au dessus de l'eau. Diceua questo Puccio, que la verità è simile a l'oglio, il quale sempre nata supra l'acqua, di modo, che mettendo l'oglio dentre vn vaso di ferro, il quale fusse gittato nel piu profundo d'il mare, il vaso consumando se per la varietà del tempo, l'oglio riuenerebbe sopra di l'acqua.
Estant iceluy Puccio Ambassadeur enuoyé au Duc Philippe à Milan, demeura par espace de temps attendant d'auoir audience. Pource que le Duc se gouuernoit assez par les points d'Astrologie. Or ayant entendu par son Astrologue vne heure propice pour luy, enuoya querir Puccio, disant, qu'il estoit prest de luy donner audience. Auquel feit responce Puccio, qu'il n'y vouloit lors aller. Pource que si c'estoit l'heure du Duc, ce n'estoit point encores la sienne. Essendo Puccio predetto Ambasciatore al Duca Filippo a Milano soprastete assai, ad hauere vdientia, perche il detto Signore se gouuernaua assai per punto di astrologia. Hora hauendo inteso dallo Astrologo vna hora accommodata, mandò per il predetto Puccio, dicendo che era presto a dargli vdientia; a cui Puccio fesse rispondere, che non voleua andarui all'hora Perche si in quell'hora vi era il punto del Duca, non vi era il suo.
Deux cordeliers venoyent de Florence, et arriuant au logis de l'Escalle trouuarent deux autres freres dudit ordre, et tous quatre n'auoyent autre chose à manger qu'vn poisson, qu'auoit vn d'iceux freres, qui le meit en trois tronsons, et luy disant l'hoste pourquoy il n'auoit fait quatre parties d'iceluy poisson, respondit, I'ay fait cecy pour ceste cause que celuy, qui ne saura dire quelque bonne sentence de l'escriture, n'en mangera point. A quoy s'accordarent tous les autres religieux. Et mis le poisson dans vn plat, l'vn print la teste disant, In capite libri scriptum est de me: l'autre print le tronson du milieu, en disant, Stetit Iesus in medio discipulorum suorum: le troisiéme print la queuë en disant, Qui perseuerauerit vsque in finem, hic saluus erit: le quatriesme se voyant sans auoir part au poisson, prent la casse par le manche ou auoit esté frit le poisson, & respanchant l'huile toute chaude par dessus la teste des autres trois, dit, Et non est qui se abscondat à calore eius. Doi frati di san Francesco venean di Fiorenze, e adiungendo a l'ostaria della Scalla, trouarono duoi altri frati di detto ordine, e tutti quatri non hauean altra cossa da magnare que vn pesce, il quale haueua l'vn di questi frati messo in tre parte, e dicendo l'hoste, perche non haueua diuiso in quatre parti, disse, io hò fatto questo perche nessun non magnara d'el pesce, che non disse qualque buona autorità de la Scritura, Di che furono d'accordi, tutti gli altri frati. E messo che fu il pesce dentro lo piato, l'vn piglia la testa dicendo, In capite libri scriptum est de me: l'altro disse, Stetit Iesus in medio discipulorum suorum: il terzo disse, Qui perseuerauerit vsque in finem, hic saluus erit: e dicendo queste parole il secondo pigliò la parte del mezo e l'altro pigliò la coda: il quarto vedendosi sensa hauere parte nessuna del pesce pigliò la patella per lo manico e risparge l'olio sopra la testa de gli altri, dicendo, Et non est qui se abscondat a calore eius.
Vint en Florence Messire Antoine dal forli, pour mettre sus aux prestres certaines impositions, aueq commission de messire Falco de traitter le Piouian comme sa propre personne, Au moyen dequoy dés aussi tost qu'il fut à Florence le feit venir disner aueq luy le faisant seoir au haut bout de la table luy faisant autant d'honneur et seruice, comme il eust fait à messire Falco s'il eust esté là, Or apres le disner quand le Piouian se preparoit de se retirer dit à Messire Antoine, Mon seigneur ie ne voudrois, qu'il m'en print comme à Iesus Christ, Auquel les Iuifz allerent au deuant aueq branches d'oliuiers et de Palmes, luy mettant leurs vestemens souz les piedz, et apres le crucifierent, I'ay grand peur, que apres tant d'honneurs et si bons morceaux, vous ne me chargez trop de voz impositions. Venne in Firenze Messer Anthonio dal forli, a porre imposte a Preti con comissione di messer Falcone di trattare il Piouiano come la sua persona propria, Onde come fu in Firenze tantosto l'hebbe a disinare, e messolo in capo di tauola, fecegli honore come fusse Messer Falcone, E quando si partiua gli disse, Messer Anthonio mio, no vorrei che mi interuenisse come a Christo, al qual gli Giudei andarono incontra con Oliue e Palme, mettendogli le vesti sotto i piedi, e poi lo crucifissero, Accenando hauer paura di non beccare maior grauesse dappo tanti honori.
Trois ieunes corsaires de mer, proposarent d'habiter à Siene, et meirent entre les mains d'vn banquier quarante mil ducatz, disant, n'en demander aucun proufit seulement qu'il le leur rendit sinon qu'ilz feussent tous trois ensemble, Vn d'eux et qui estoit le plus fin, feit semblant de connoistre quelcun qui vouloit vendre quelque maison et autres biens qu'ilz pourroyent achepter par ensemble, parquoy dirent que dans peu de iours ilz retireroyent leur argent. Apres il espia vn iour que les autres montoyent à cheual pour aller à la chasse aueq quelques autres ieunes gens et leur dit, que necessairement en attendant leur retour luy falloit cinquante ou soixante escus pour auancer au vendeur de la maison, pour l'empescher de ne la vendre à quelque autre, les deux autres compaignons, pour ne rompre leur voyage, vont tout à cheual à la banque, disant qu'on luy donnast tout ce qu'il demanderoit, Au moyen dequoy cestuy print toute la somme entiere, d'icelle faisant quittence au Banquier, puis monte à cheual et s'en va en France. Les autres deux estans reuenuz de la chasse, aduertis du cas, donnoyent le tort au Banquier luy demandant leurs deniers, au moyen de la conuention aueq luy faitte de ne les bailler sinon à eux trois tous ensemble, le Banquier entendu la renommée de messire Gelio da Resso homme fort naturel s'en va à luy pour se conseiller de ce qu'il auoit à faire. Il luy dit: Puis que ainsi est que tu leurs as promis de rendre leur argent à tous trois, dy leur, que tu n'es tenu de leur rendre, qu'ilz n'y soyent tous trois: mais obseruer ce qui est promis, qu'ilz s'assemblent tous trois, et tu les payeras derechef. Tre giouan corsari feceron pensiero d'habitar in Siena e poseron fra le mani d'vn banchieri quaranta miglia ducati, dicendo none volere discretione nessuna, ma suolo che gli promettesse, non dare denario nessuno, se non in presentia di tutti tre, Vno di loro piu cattiuo penso da egli dare la bosia e finge d'hauere a le mani de comparar poderi, case e beni in comune, Fe dare un tocco da gli altri giouani al banchieri, che stesse in punto, perche in breui giorni gli leuerebeno il denario intero, Poi obserue vn di che quelli duoi caualcauano in caccia, con altri giouani, e mentre erano a cauallo, disse loro che bisognaua dare cinquanta scudi a colui che voleva vendere essa casa, per dargli impedimento de non la vendere a vn altro. Questi duoi altri per non restare suoli, anderono a cauallo fin all' banchieri dicendogli che donasse a l'altro compagnon loro, quello che domandasse, lui subito, piglo tutti gli quarante mille ducati, poi monte a cauallo, e se ne va in Francia, gli altri duoi venuti de la cassia, intendendo la cossa muono lite con il banchiere dandogli il torto, dicendo che non deuea dare questi dinari sino in presencia di tutti tre, Il banchieri intesa la fama di Messer Gelio da Resso, huomo naturale, sene va a lui per consigliarsi, di quello che haueua da fare, il qual gli disse, va confessa la somma esser mal pagata, ma per obseruare, quello promesso, siate tutti tre insiemo è di nuovo vi pagaro tutta la somma.
Matthieu gras perdit vne bourse de velours, dans laquelle y auoit cent ducatz: apres fut trouuée par vn pauure compaignon, qui print vn d'iceux ducatz, & achepta vn bonnet. Ce que venu à la notice du perdant, vint à celuy qui l'auoit trouuée, luy priant de la rendre: ce qu'il feit, et soudainement, disant: voila vostre bourse il ne s'en faut qu'vn ducat. Le Gras se commence grandement à se courrousser, et disant en grand' colere: tu m'as desrobé mon argent, ie ne prendray pas la bourse, que tout n'y soit, et à la fin le feit citer par deuant le Iuge, lequel apres auoir ouy l'vne et l'autre des parties, dit à Matthieu gras: tu as perdu ta bourse, ou il y auoit cent ducatz, Ouy dit Matthieu. Or ceste cy n'est pas la tienne, car il n'en y ha que nonante neuf, disant aussi à celuy qui l'auoit trouuée: tiens garde la, ce n'est pas la sienne, qu'il la voise chercher s'il veut. Matteo grasso perdè vna borsa di veluto, doue eran cento ducati, dapoi fu trouata da vn pouero compagno, il qual piglò vn di quelli ducati, e comprosi vna barretta, sapendo colui che haueua perduta la borsa doue essa era, vene a lui chiedendo: che la gli rendesse, subito la rende, dicendo: eccoui la borsa vostra, non si mancha che vn ducato, il Grasso s'infuria, dicendo: tu m'ai rubbato gli danari, non piglero la borsa che non si sia ogni cossa: e in fin' lo fesse citare inanzi del Iudice, ilquale vdita l'vna e l'altra parte, disse a Matteo: tu hai perduto vna borsa doue eran cento ducati, e Matteo respondendo, si: Disse, questa non è la tua perche non ci è che norante noue, e dicendo a colui qual l'haueua, guarda la, perche non è la sua, che la vada cercar s'el vuole.
Sattan chastioit vn diable, pource qu'il auoit perdu son temps à solliciter vn homme, de ne faire restitution de quelque argent qu'il auoit desrobbé, et disoit Sattan: ne te suffisoit il pas de l'auoir induit à faire ce larrecin? ne scay tu pas, qu'il est homme & encores Florentin, qui de soy mesme se contregarde assez de iamais ne rendre, ce qu'il ha vne fois desrobbé. Sattanasso gastigo vn diauolo che haueua perduto tempo dietro a vn che haueua rubbato, accio che non rendesse i dinari. Dicendo Sattanasso, che bastaua hauerlo condutto a rubbare, e che era huomo, e Firentino, che da lui medesimo si guarda assai di rendere quello che ha rubbato.
Vn prestre feit vne sepulture au symetiere, et feit les obseques funebres d'vn chien qu'il auoit: apres qu'il fut mort. dequoy informé l'Euesque le feit citer deuant luy, ou il se comparut, et repris, confessa le cas, disant par ses excuses: Monseigneur ie luy ay fait honneur, pourautant qu'il le meritoit, car il estoit chien de grand entendement, de sorte qu'il ha fait testament, et entre ses autres Legatz, Il vous ha donné ce qui est dans ceste boursette, c'estoyent dix ducatz, Lesquelz ayant receu l'Euesque, donna l'absolution au Curé. Vn Prete a vn suo Cane morto fece la sepultura, e dissegli l'vfficio: perche l'haueua caro. Fu accusato al vescouo e citato, compari, ripreso, confessa, e hauendo in vn saccheto dieci ducati, disse: Monsignor io gli feci honore perche egli haueua vn gran sentimento, e fra le altre cosse fece testamento, e lascioui questi dinari, vedendo questo il vescouo, gli da l'absolutione.
Messire Francois malle chair, ayant vne tache d'huile en sa robbe au deuant de l'estomac, fort fasché de ce que chacun luy demandoit que c'estoit, print coustume de dire à tous ceux qui venoyent à luy, premier que de les ouyr parler: Taisez vous, c'est vne tasche d'huile, apres disoit, Or dittes ores ce qu'il vous plaira. Ce mot dure encores auiourd'huy en prouerbe, de quelque mauuais bruit qui ne se peut perdre. Messer Francesco malacarne, hauendo vna macchia d'oglio in sul petto, essendogli venuto a noia, d'essere da ogniuno domandato qual cosa fusse: s'acostumo a dire a ogniuno che gli veniua a parlare, inanzi che d'ascoltargli: sta saldo, questa è vna macchia d'oglio, di hora cio che tu voi. Questo motto ancho è hoggi in prouerbio, di qualche rumore cattiuo che non si puo cauar.
En se complaignant vn à Puccio, d'vne charge qu'on luy auoit commis contre son gré: dit Puccio, tu pourrois bien tellement blasmer, ceste charge, que ne trouueras homme qui la vueille. Dolendosi vno con Puccio, di una carga qual gli fu data contra la sua volunta, rispose Puccio: Tu biastimerai tanto questa grauessa, che tu non trouerai huomo che la voglia.
Vn criminel fut mené en prison, et entendant lire son proces, confessoit tout, disant: encores ay ie pis fait, Et à la fin on l'interrogue, qu'estoit ce qu'il auoit pis fait, Helas, (dit il) c'est que ie me suis laissé amener ceans. Vn malfattor tratto in prigione, sentendosi leggere il processo, confessaua tutto, e diceua io ho fatto anchora peggio, e in fine domandato, qual era questo peggio, rispose, a lasciarmi condur qui.
Vn Cardinal, monstroit son argenterie à messire Angelo de la Stuffa, disant: ie ne puis pas dire comme saint Pierre: Argentum et aurum non est mihi. Auquel il respondit, aussi ne pourriez vous faire ce qu'il feit, l'ors qu'il dit: Surge et ambula. Mostrando vn Cardinale, a Messer Agnolo della Stuffa, la sua argenteria, e dicendo: io non posso dire come san Pietro, Argentum & aurum non est mihi. Rispose, Voi non potete ancor dire, Surge & ambula.
Vne Ieune fille passoit par la rue, à laquelle disant Puccio: A dieu belle fille. Elle respondit, lon ne pourroit pas ainsi dire de vous. Si feroit on bien (dit il) qui voudroit mentir par la gorge, comme i'ay fait. Passaua vna fanciula per via, e dicendo il Piouano: Adio bella fanciula, rispose ella: è non si po ia cossi dire di voi. E il Piouano, si poterebbe bene, che volesse mentire per la gola, come ho fatto io.
Estant nay vn filz, vn mois apres que la mere s'estoit remariée, Martin dit au pere de la femme: il sera bon que tu fasses ce garson corrier, car il ira tousiours deux ou trois milles deuant les autres. Essendo nato vn fanciulo, circa vn mese poi che la madre si rimarito, disse Martino al Padre de la donna: saria buono che tu lo facesse corriere questo putto per che sara sempre due o tre millia inanzi a gli altri.
Laurens persuadoit à vn Gentil homme d'accoustrer vn soldat et le prendre à son seruice, Qui luy respondit: ie le prendrois volontiers, mais quand on les ha bien accoustrez, ilz s'en vont & me laissent. Laurens luy respond, ie vous scay vn bon remede: Quand vous les aurez bien habillez, chassez les d'aueques vous. Lorenzo voleua acconciare vn soldato con vn Signore, E dicendo esso Signore: io lo torrei, ma essi vanno poi con Dio, disse Lorenzo: eccoui vn buon rimedio a cotesto, Domando il Signore, e quale? che voi lo cacciate via inanzi che se ne vada.
Vn pere estoit de coustume de monstrer à son filz quand lon executoit quelque iustice, disant: Ces estandars, et ces bastons, et ces armeures que tu vois, sont les gens de iustice: & celuy que tu vois ainsi lié, est le larron que lon maine pendre. Aduint vn iour que lon faisoit l'offrande sollennelle à saint Ian, en forme d'vn Royaume, ou estoyent gens armez, estandars, & tabourins: lesquelz auoir passez les premiers, les seigneurs de la ville suiuoyent apres, lesquelz voyant le ieune gars, dit à son pere: O mon pere que de larrons! mais ilz ne sont point liez. Vn padre soleua mostrare al figliuolo la Giusticia, e dirli, vedi tu quelle bandiere? quella è la Giusticia, e quello che tu vedi dietro, è il ladro. Auenne vn di che si faceua l'offerta a san Giouanni, e dietro a gli bandieri seguitauano molti Citadini: ricordosi il fanciulo di quello che gli haueua mostrato il padre, e grido a vn tratto: o Babbo quanti ladri, ma non son ligati.
Vn prescheur, en parlant de l'Annonciation, dit entre autres folies: Que croyez vous, Dames, que faisoit la vierge Marie quand l'Ange vint à elle luy apportant les nouuelles du salut des hommes? Croyez vous qu'elle se peignasse, ou fardasse? non faisoit non, elle estoit à genoux au deuant d'vn crucefix ou elle disoit les heures de nostre dame. Vn predicatore parlando della Annunciatione, disse fra le sue altre sciochesse: che credete voi donne che facesse all'hora la Virgine Maria, quando l'Angelo veni a essa apportandogli le nuoue de la salute de gli huomini? Credete che ella se imbiondisse? Madonna non: anzi staua dinanzi vn crucifisso, e diceua l'vfficio de la Madonna.
Vn Aduocat promit à vn Païsan de luy apprendre à plaidoyer, tellement qu'il ne perdroit iames sa cause: Au moyen dequoy le païsant luy promit vn ducat: le Docteur se fiant en sa promesse luy dit, prens toy garde de nier tout ce que lon te demandera: Apres il demande son ducat à luy promis, le païsant commencant à praticquer sa doctrine luy nie tresbien de luy auoir rien promis. Vn Dottore promesse a vn Contadino, che gli vuoleua insegnare a piadire, se gli donasse vn ducato, per modo che sempre vincerebbe, colui promesse: e il Dottore fidandosi nella sua promessa, dicegli: nega sempre mai tutto quello che ti verra domandato. Poi chiese il ducato promesso, e il contadino subito nego, praticando quello che haueua imparato del Dottor.
Les Veniciens enuoyerent deux ieunes Ambassadeurs par deuers l'Empereur, qui ne leur vouloit donner audience. Iceux faschez de tant attendre, voulurent sauoir la raison de leur prolongation, et seurent que c'estoit la coustume d'enuoyer pour Ambassade, gens aagez, & non si ieunes. Au moyen dequoy, priarent l'Empereur qu'il luy pleust entendre quelque parole d'eux, sans dire chose aucune de l'affaire à eux commis. Receuz de l'Empereur, luy dirent: Sacrée Maiesté, si la Seigneurie de Venize eusse estimé que la science demeurast aux barbes, Ilz vous eussent enuoyez des boucz & des cheures pour Ambassadeurs. I Venitiani mandarono duoi giouani Ambasciatori a l'Imperador, Ilquale non daua loro vdientia, Vollerono intendere perche. Inteso che era vsanza mandare huomini vecchi e non cossi giouani e senza barbe alcuna. Essi pregarono l'Imperadore, che fusse contento vdire alcuna parola, senza dire nulla circa la commissione loro, Riceuuti, dissero cossi: Sacra Maiesta, se la Signoria di Venetia hauesse creduto che la sapienza stesse nelle barbe, harebe mandato qua per Ambasciatori, becchi e cappre.
Le Piouan dit à vn qui s'esmerueilloit fort de ce que deux siens compaignons auoyent vuydé vn flasque plain de vin. Ho, ho, dit il: i'en ay bien veu deux qui vuyderent vn puits. A vno che si faceua marauiglia, che duoi suoi compagni haueuan voto vn fiasco, disse il Piouano: oime duoi votano un pozzo.
En vnes nopces, certains compaignons se battirent contre quelques autres ieunes gens, faisant telle esmoution que lon osta vn anneau à l'espousée, et donnerent vn grand soufflet au mary: Cest affaire se recitoit en presence de Laurens de Medicis, ou quelcun dit, que c'estoit la coustume de donner des soufflets aux nopces. Ouy bien (respondit Laurens) mais c'est quand lon donne l'anneau, et non pas quand on l'oste. A vne certe nozze, certi giouani scherri, diedero de le buffe, a certi altri giouani, e a sonatori che si trouaron' a quelle nozze: e fra altre cosse rubbarono vn annello alla sposa. Contauasi questa nouella, in preferenza di Lorenzo di Medici, e vno certo dicendo che era costuma de dare le buffe quando se fanno le nozze, rispose Lorenzo: questa vsanza è quando si da l'annello non quando si toglie.
Vn Iuif interrogué, s'il trouuoit (vn Sabmedy) dix mil ducatz, à sauoir mon s'il les transporteroit en son logis, respondit: Il n'est pas Sabmedy et moins y sont les ducatz. Vn Giudeo domandato: se trouando vn Sabbato dieci miglia ducati, gli toccharebbe, rispose: Sabbato non e, e ducati non si sono.
Tu fais comme l'agneau de Dicoman: C'est à dire, tu fais peu & mal: Extrait d'vn Païsan de Dicoman, qui pour tromper la Gabelle, cacha dans vn sac de bled, vn petit agneau, qui onques ne se remua et ne sonna mot: sinon lors qu'il fut aux portes de la ville. Tu fai come l'agnelo de Dicomano: cioe puoco e male, tratto da vn contadino da Dicomano il qual per fraudar la gabella, nascose in vn saccho di grano, vn picolo agnelo. Il quale non haueua mai fatto vn grido per tutta la via, sinon quando fu alle porte de la Cita.
Il en y aura de trompez, cecy fut dit par vn que lon menoit couper les aureilles, & il les auoit desia coupées. E ci saranno de ingannati, disse colui a chi si andaua a mozzare gli orecchie, e haueuagli gia mozzi.
Messire Ierosme de la Stuffe auoit guery le Pape Pie d'vne maladie, de tous autres medecins estimée incurable. Et interrogué du Pape qu'il vouloit pour recompense, luy dit: Tressaint Pere Ie ne veux autre chose de vostre sainteté, sinon qu'il vous plaise me donner permission de prendre de tous et chacun les medecins et cirurgiens de Rome, vn Carlin: ce que le Pape luy ottroya liberalement. Apres se reuest messire Ierosme d'vn grand bonnet à aureilles, prent vn baston en sa main, & se lie la iambe en forme d'vn homme gouteux: et en telle sorte accoustré s'en va par Rome, là ou toux ceux qui le rencontroyent luy disoyent: Voy messire Ierosme, qu'auez vous trouué? Il vous fait mal veoir, ausquelz respondoit: Helas i'ay vne goutte chaude qui me tue. Lors chacun luy enseignoit vn remede, l'vn d'vn, l'autre d'vn autre, ausquelz il disoit: certes vous estes bon medecin, si est ce que vous me deuez vn Carlin, Et leur monstrant la Bulle du Pape, les contraignoit feust par bon, feust par force, de luy donner vn Carlin pour teste: de sorte qu'il assembla plus de trois cens ducatz. Despuis se prouerbe se dit à ceux qui veulent apprendre les choses desquelles sont ignorans, à ceux qui en sont bons maistres: Tu es bon medecin, mais tu me dois vn Carlin. Messer Gieronimo de la Stuffa haueua sanato il Papa Pio d'vna infirmita, da tutti gli Medici estimata irremediabile: e domandato dal Papa qual cossa voleua per ricompensa, disse, Padre Santo, non voglio altro de la Santita vostra, si non che mi date liberta de pigliare da tutti gli Medici e gli Cirurgici di Roma vn carlino: gli concede il Papa, Dappoi sene va messer Gieronimo in casa, stando là vn' o dua giorni senza vscire fuora, dappoi piglio vna gran baretta con orecchie ligata in capo, vn baston in mano, ligasi la gamba fingendo d'hauere la gotta, e cossi sen'ando per Roma, doue ogniuno che l'incontraua gli diceua: Oh messer Gieronimo, ch'hauete, che vi fa cossi mal veder', e lui rispondeua, la gotta calda, e tutti se ingegnauano d'imparargli e dirgli qualche rimedio, chi d'vn, chi d'altro: e lui diceua, certo voi siate buon medico, ma voi mi douete vn carlino, e mostrando la bulla del Papa, pigliaua di ogniuno vn carlino, e delle donne anchora, di modo che accampi piu di trecenti ducati. Dapoi questo prouerbio se disse di coloro che vogliono imparar le cosse che non san', a gli maestri di tal cosse: Tu è buon medico, ma tu mi debe vn carlino.
Bernardin de Pistoya demeurant à Lyon à la banque de Bonuise, auoit ouy dire, que vne broche, estoit meilleur Francois, que vn haste: et apres vint entre ses mains vn pacquet de lettres allant à Paris, sus lequel estoit escrit: A l'haste, A l'haste. Bernardin pensant que ces lettres feussent enuoyées à l'hostellerie de l'haste, Print sa plume & effassant, A l'haste, à l'haste: escrit, A la broche, à la broche. Bernardino di Pistoia stando in Lione nella bancha di Buonuiso, haueua vdito dire che, vne broche, era meglior Francese che, vn haste. Dapoi veneron certe lettere mandate in Parigi, e sopra era scritto, A l'haste à l'haste. Bernardino credendo che queste andauano a l'hostaria di l'haste, con la penna rade à l'haste, à l'haste, e scriue, A la broche, à la broche.
Vn Pasteur de brebis de la region du Royaume de Naples, (les habitans de laquelle, dés long temps ont de coustume de s'addonner à pillages et desrobemens) Alla vne fois trouuer vn prestre pour confesser ses pechez, et estant à genoux au deuant de luy, commenca à dire en plorant, pardonnez moy mon pere, car i'ay fait vn grand peché: le prestre luy persuada de declarer quel peché estoit celuy qu'il auoit ainsi griefuement commis: Par plusieurs fois reiteroit iceluy Pasteur, ce propos, disant auoir commis vn tresgrand peché: finallement par les douces persuasions que luy feit le prestre, dit, que vn iour de ieusne (luy faisant les formages) il auoit gousté vne goutte de laict pour experimenter s'il estoit bon, & par friandise l'auoit auallée: lors le prestre en se souzriant, sachant la coustume des Pasteurs de Naples, l'interrogua, s'il n'auoit point commis autre plus grand peché que d'infringer les ieusnes de Caresme: le Pasteur dit tresbien que non. Parquoy le prestre l'interrogua de nouueau, si luy aueq les autres auoyent iamais destroussé ou tué quelque viateur, comme la coustume de son païs estoit telle. Souuentefois (respondit le Pasteur) me suis trouué aueq les autres pasteurs, pour faire telles actes. Mais (come il dit apres) cecy est tant entre nous accoustumé, que nous n'en faisons conscience aucune. Et disant le confesseur que l'vn & l'autre peché, estoit fort graue. Le pasteur reputoit les homicides chose legere, pourautant qu'entre eux y estoyent tant accoustumez, qu'ilz n'en faisoyent aucun scrupule: & seulement demandoit l'absolution de ce qu'il auoit rompu les ieusnes de Caresme. (Tresmauuaise chose est l'accoustumance & l'habitude de pecher, pourautant qu'elle fait sembler legers, les plus grands et inormes pechez.) Vn pastore di pecore di quella contrada del regno di Napoli (laquale soleua gia attendere a le rubberie) ando vna volta a ritrouare vn prete per confessare i suoi peccati: doue essendosi gli posto in ginocchioni inanzi, comincio a dir piangendo, perdonatemi padre, perche io ho fatto vn gran peccato. Commandando dunche che egli dicesse cio che haueua fatto, e replicando spesso il pastore questa parola, d'hauer commesso vn gran peccato. Finalmente confortato dal prete, disse, che vn giorno che si iegiunaua, facendo formagi, egli haueua assagiato alcune puoche gocciole di latto, lequale s'haueua lasciato intrare in bocca: a l'hora il prete che molto ben saueua l'vsanza de i pastori di quella patria sorridendo, disse. Se non haueua commesso altri peccati che rompendo la quadragesima. Nego il pastore, perche il prete di nuouo gli domando, se egli insiemo con gli altri pastori haueua mai spogliato o amassato qualche viandante, si come è l'vsanza di quel paese? Spesse volte, rispose il pastore, con gli altri mi son trouato, a fare di queste cosse. Ma cio soggiose, egli è tanto in vsanza apresso di noi, che non se ne fa coscienza alcuna, Dicendo il confessore che l'vn e l'altro era gran peccato. Egli riputaua cossa ligiere, gli huomicidi, per cio che appo loro erano in vso, domandando solamente l'absolutione d'hauer rotto la quaresima.
(Pessima cossa è l'vsanza è habito di peccare, poi che ella fa parer legieri, i piu grauissimi peccati.)
Lors que fut interrogué l'Empereur Gismonde, quelz hommes luy sembloyent mieux meriter d'estre Roys en quelques Royaumes, ceux (dit il) qui pour les choses prosperes, ne s'orgueillissent point, et qui n'abaissent point leurs couraiges pour les aduersitez. Essendo domandato a Gismondo Imperadore, qual persone gli pareua che meritassino meglio i Regni, quelli huomini, rispose egli, che per le cosse prospere non s'inalzano in Superbia, e per le disgratie manco si abassano l'animo loro.
Le trespatient Socrates, apres plusieurs iniures & villanies à luy improperées de par sa femme Santippa, fut outre ce vn iour tout arrosé d'vrine qu'elle luy repancha sus la teste, Parquoy il dit apres: I'estoys fort esmerueillé, que apres tant de tonnerres, ne feust venu la pluye. Quel patientissimo Socrate, dopo le molte iniurie e villanie che gli disse la sua moglie Santippa, fu da lei anchora tutto bagnato d'orina, perche lui disse: io mi marauigliaui bene, che dopo tanti tuoni non venisse anchora piouere.
Vn certain Gentilhomme Florentin, consommant son temps sans aucun fruict, dans les Colleges de Pauie: fut reappellé par son pere en sa maison, sans ce que premierement il eust apprins art ny science aucune. Or luy, apres auoir entrepris son voyage, premier que monter à cheval feit appeller vn notaire, et quelques tesmoins aueq luy: deuant lesquelz feit passer vn contract iurant et protestant per sa foy et sus les saints Euangiles, qu'il n'emportoit ny lettre, ny science aucune, hors l'Academie ou College de Pauie, tendant lesdites protestations aux fins, que si quelques autres Escoliers auoyent perdu quelque science, ou doctrine qu'ilz ne la luy vinssent rechercher, ny eussent aucune soupson sur luy. Vn certo gentilhuomo Fiorentino, consumando il tempo senza frutto nel studio di Pauia, essendo richiamato a casa dal padre senza hauere imparato scientia ne disciplina alcuna: vuolendosi mettere in viagio prima che montasse a cauallo, chiamato un notaio e alcuni testimoni fesse passare vno contratto, e giuro: che egli non portaua lettere ne scientia nessuna fuor di quella Achademia. Onde se per l'aduenire, quelli Scolari hauessero perduto per negligenza, dottrina veruna, protestaua loro diligentemente che non douessero sospettare che cio per sua colpa fusse accaduto, e che per tempo alcuno non la douessero mai cerchare apresso di lui.
Thaletes Milesien, qui estoit l'vn des sept sages de la Grece, sortant vn seoir hors son logis pour contempler le cours des Planettes au ciel serain, tomba par cas fortuit dans vne fosse qu'il rencontra en son chemin: Parquoy vne sienne vieille chambriere luy dit, en se moquant de luy: Par quel moyen penses tu connoistre (O Thalete) les choses futures et aduenir, par la speculation des astres du Ciel: quand tu ne connois celles qui sont en terre deuant tes pieds. Thalete Milesio, ilquale era vno de sette saui de la Grecia, vscendo vna volta fuor di casa su la sera per vedere e obseruare nel ciel sereno i moti delle stelle, cade per caso in vna fossa che trouo inanzi a i piedi. Perche vna sua fante vecchia vedendolo caduto e sancendosi di lui gli disse in qual modo: creditu, o Thalete, conoscere quelle cosse ch'hanno a venire per obseruatione delle stelle del cielo, non potendo vedere quelle che sono in terra dinanzi i tuoi piedi.
Me semble grand' occasion de rire ce que lon dit de Thimothée Musicien, qui demandoit double payement aux Escoliers qui venoyent à luy, apres auoir esté souz quelques autres maistres, l'vn des payemens, demandoit il, pour leur apprendre le bon et vray art, l'autre pour leur desaprendre les erreurs qu'ilz auoyent appris aueq les autres maistres. Parue mi cossa da ridere quel che si disse di Timotheo musico, ilquale domandaua doppio pagamente da gli scolari iquali erano prima stati ammaestrati male, per altri maestri: L'vno per insegnar loro il buono e vero arte, l'altro per fargli disimparar le falle e errori che haueuano imparato da gli altri maestri.
Diogenes disoit, que moins estoit dommageable l'habitation entre les corbeaux, que entre les adulateurs: Pource que les corbeaux mengent seulement les corps morts, et les adulateurs destruisent les vifz. Diceua Diogene che egli è manco male, essere fra i corui, che fra gli adulatori, per cio che quelli mangiano suolamente i corpi morti, e gli adulatori consumono i viui.
Le premier Denis de Siracuse, reprenoit son filz, de ce qu'il auoit violé vne gentil femme par force: Et entre les autres propos qu'il luy tint, dit: ie suis certain (mon filz) que de moy tu n'entendis iamais dire vne telle folie: Auquel soudain il respondit, Aussi n'auez vous eu vn Roy pour pere comme moy, respond le pere: Aussi n'auras tu enfant qui ait Royaume, ny qui ait Pere Roy, si tu perseueres en ceste mauuaise vie. Il primo Dionigio Siracusano riprendo il figliuolo ch'haueua sforzato vna gentil donna di Siracusa, tra le altre cosse gli dice, Io so figliuolo che di me non hai sentito vna brutezza tale, Alquale subito rispose, Ne tu hai hauuto padre vn Re come ho io. Ne tu (soggionse il padre) harai figliuolo alcuno che habbia regno, ne che habbi padre Re, se tu vai perseuerando questa tua mala vita.
Galleot Cardinal nommé de saint Pierre in vincula, nepueu du Pape Iulle deuxiesme, fut en son Ieune aage de telle esperance, et tellement remply de cortesie, et magnanimité, que on l'estimoit autant que nul autre Cardinal du College: Et neantmoins, la fortune lors qu'elle sembloit mieux luy rire, elle luy torna le dos, iusques à faire mettre et seoir vn autre en sa place, par la mort du Pape Iulle: que fut la vie de Sixte, que bien encores qu'il succeda au siege, à la dignité, et richesses de Iulle: non toutefois à ses vertuz et bon sauoir, ny aux autres bonnes parties de son esprit: Au moyen dequoy, le Cardinal de Portugal disoit souuent, que le College des Cardinaux (en ce cas cy) auoyent ensuiuy le païsan, qui apres auoir perdu son bon cousteau, pour ne laisser gaster la gueine, en mettoit dedans vn de bois, au lieu du bon. Galeotto Cardinale, detto san Pietro in vincula, nipoto del Papa Giullio secondo, fu iouane di tanta speranza e pieno di tanta cortesia e magnanimita quanto alcun' altro del collegio di Cardinali, e non dimeno la fortuna, al'hora quando piu monstraua di ridergli in viso, gli volto le spalle per mettere altri a sedere nel luogo suo: impero che morendo il Papa Giullio, la morte fu la vita di Sisto ilquale ancora que fusse fatto herede e de la dignita e de le richezze di Giullio, ma non gia de la virtu dell'animo ne delle altre sue parti ottime: Onde il Cardinale di Portugalo soleua dire, che il collegio de i Cardinali in quel caso haueua imitato il Contadino, ilquale hauendo perduto il coltello, per non lasciar guastar la guaina, ne metteua vn di legno in luogo di quello.
Denis inuite vn Ioueur d'instumens pour toucher à vnes nopces, et aueq luy fut d'accord, que tant plus il toucheroit magistralement, mieux seroit recompencé et satisfait. Au moyen dequoy se perforca le tabourineur de mieux toucher qu'il luy estoit possible, esperant d'auoir à ceste occasion tresgrand payement. Le Iour ensuiuant, lors qu'il demandoit son sallaire, Denis luy respond, que ia il auoit esté payé, de ce que luy auoit esté promis: Pourautant que comme tu as bien touché, i'ay aussi bien dancé: et par ainsi ie t'ay donné paisir pour plaisir. Dionigio haueua inuitato vn sonatore di stromenti perche egli sonasse a le nozze, e co lui s'accordo che quanto egli sonasse piu dotamente e meglio, tanto hauesse meglio pagamento. Sforzosi con tutto suo ingegno il sonatore di sonare il meglio che potesse e sappesse, sperando d'hauere percio grandissimo premio. L'altro giorno domandando egli il promesso pagamento, rispose Dionigio, che gia l'haueua pagato di quel che gli era promesso, perche come tu hai ben sonato, io ho ben dansato, e cossi te ho dato piacere per piacere.
Vne viande fors delicate, fut presentée à trois Ieunes Theologiens dans Paris, mais le pis est, qu'elle estoit si petite & en si petite quantité, que l'vn d'eux l'eust bien facilement mangée en vn morceau. Au moyen dequoy s'accorderent par ensemble, disant: que mieux seroit que vn d'eux seul la mangeast que si elle estoit diuisée en trois: et qu'elle feust donnée, à celuy qui trouueroit en l'Euangile, ou bien en l'Escriture sainte, plus belle et conuenante sentence, cadante à ce propos. Or donq le premier dit: Desiderio desideraui hoc obsonium manducare. Le second dit, Domum quampiam ingressi comedite quae apponuntur vobis. Le troisiesme mettant la main sus la viande dit, en la mettant dans la bouche, et l'auallant: Quand vous auriez bien cherché toute la sainte Escriture, ne sauriez trouuer vne plus belle parole mieux accommodée, que celle que Iesus Christ profera en la croix, disant: Consummatum est. Fu presentata vna viuanda molto delicata in Parigi a tre nuouici di Theologia, ma tanto pocha che chiascuno di loro facilmente in vn' bocon' solo se l'hauerebbe potuto magnare. S'accordarono dunche insieme, dicendo: che era meglio che ella fusse d'vn solo, che farne tre parti: e che ella si desse a colui, che ritrouasse nell'Euangelio o nella Scrittura sacra, piu bella e piu conueniente sententia accommodata a questo proposito. Il primo dunche disse: desiderio desideraui hoc obsonium manducare. Il secundo soggiunse: Donum quampiam ingressi comedite quæ apponuntur vobis. Il terzo dando di mano a la viuanda, e ingiottitala in vn bocone disse: Si voi riuolgete tutto l'Euangelio non trouarette parolla piu accommodata al nostro proposito che quella vltima che disse Christo in croce, cioe: Consummatum est.
Vn prestre, de bien petit sauoir, ignoroit quel Office deuoit dire pour la messe du iour de Pasques, parquoy enuoya son clerc, à vn autre prestre son voisin, qui luy dit, que failoit prendre Resurrexit: le clerc qui estoit aussi ignare que son maistre, ne sceut retenir de ce mot que Re, & le disoit continuellement pour ne l'oblier par son chemin, & le referant ainsi à son maistre, dit incontinent ie say bien que tu veux dire, c'est de Requiem: mais tu ne l'as pas sceu retenir par ainssi le bon homme de prestre chanta de Requiem au iour de Pasques, non sans faire rire les assistans et les autres prestres plus sauans que luy. Non sapeua, vn certo prete assai ignorante, quello che si hauesse a cantar il giorno di Pascha: pero mando vno suo clerico da vn altro prete suo vicino, ilquale hauendogli detto che si cantaua de, Resurrexit: il clerico che non sapeua lettere, si tene suolo a mente Re, e lo dice per la via molte volte, per non dismenticarlo. Il che intendendo il prete grozzo e simplice, disse io so meglio di te quello che tu voi dire tu non hai saputo retenire, te ha detto, di Requiem. Cossi il buon huom di prete, canto di Requiem el di di Pascha, non senza dar' da ridere a quelli che l'vdiuano cantare insiemo gli altri preti non dal tutto tanti ignoranti di lui.
Il fut vn prestre vsurier, qui (outre les benefices dont il en auoit acquis vne partie par Simonie) aueq plusieurs artificieux moyens, et vsure, acquit plusieurs biens & richesses: & à la fin commenca à penser au salut de son ame, parquoy de nouueau fonda certains seruices et messes, en vne chapelle qu'il auoit fait edifier: il fonda aussi la nourriture & entretenement d'vn prescheur en sa parroisse, et outre ce plusieurs biens, Ce que vne fois quelcun recitoit en vne bonne compagnie, ou l'vn d'eux dit: que ce prestre ressembloit fort au Cordonnier que l'on appelloit, le Cordonnier de Dieu, pourautant qu'il desroboit le cuir, puis les soliers qu'il en faisoit les donnoit aux pauures, pour aumosne. Et dit vn autre, que de bien peu sert de faire sacrifice à Dieu du sang des pauures gens: car à Dieu plaist plus l'obedience, et obseruation de ses commandemens, que non le sacrifice, mesmement quand il est amassé et recueilly de rapine, & des biens des pauures. Fù vn prete vsurario ilquale oltra i benefici ecclesiastici (de i quali alcuni n'haueua acquistato per simonia) con varij artifici e vsura, si guadagnò grande richezze, e al fine comincio anchora a pensare alla salute de l'anima, e de nuouo fondo benefici, cappelle, messe, e per intratenire vno predicatore ne la sua parochia: laqual cossa hauendo vdito alcuna volta certi galanti huomini, soggiunse vno che disse che questo prete assomigliava molto a vn Calzolaio ilquale fu chiamato il Calzolaio di Dio, per che rubaua il cuoio, e daua li scarpe per elemosina ai poueri: ma dice vn'altro che puoco gioua fare sacrificio a Dio, del sangue de poueri ilquale vuole piu tosto l'vbediencia e l'osseruancia di suoi precepti: che il sacrificio, massimamente quando egli è raccolto di rapina e del sangue di poueri.
Ayant vne bonne commere (laquelle hantoit chez vn prestre) enfanté vn petit enfant, et se resiouïssant de ce aueq certaines autres femmes ses voisines dont les aucunes disoyent (comme l'on ha de coustume) que cest enfant ressembloit fort à son pere: il est bien vray dit vne, encores luy sembleroit il mieux, s'il auoit vne couronne sus la teste: voulant dire qu'il estoit filz d'vn prestre. Hauendo vna certa buona compagna di donna partorito vn fanciulo e rallegrandosi con alcune altre donne, suoe vicine, alcune diceuano (come si suol fare) che il figliuolo assomigliaua molto al padre, è ben vero disse vna ma l'assomigliarebbe ancora meglio se egli hauesse la cherica in capo, volendo dire per questo che era figliuolo d'vn prete.
Seruile Geminian souppant vn iour en la maison de Lucien, tresexcellent peintre, pour lors residant à Rome, et qui auoit vne tresbelle ieune femme, mais ses enfans estoyent tous laidz, parquoy luy dit: Mallie ie m'esbahis de ce que tu ne fais d'aussi beaux enfans, comme tu peints de belles images, auquel il respond: ie fais mes enfans de nuit, et en lieu obscur: et ie peints mes images de iour, et en lieu clair. Seruilio Geminio cenando vn giorno in casa di Lucio Mallio, excellentissimo pittore, ilqual staua in quel tempo a Roma, e haueua vna bellissima giouena per donna, ma i figliuoli erano brutti, per che gli dice: O Mallio, io mi smarauiglio che tu non fai de cossi belli figliuoli, come tu fai delle belle pitture, alqual rispose Mallio: io facio i figliuoli la notte a l'oscuro, e al contrario dipingo le mei pitture il giorno, e in luogo chiaro.
On vint dire au Pape Boniface, qu'vn pelerin du païs de Bauieres, estoit venu à Rome, pour visiter les saints lieux, lequel luy ressembloit de corps et de visage. Boniface l'ayant fait venir en sa presence, luy demanda si sa mere estoit autrefois venue à Rome? Le pelerin se sentant taxé luy respondit: Pere saint, ma mere ne vint iamais en ce païs, mais mon pere y est venu plusieurs fois. Fu riferito al papa Bonifacio, ch'vn pelegrino del paese di Bauieres era giunto in Roma, per visitare i luoghi santi, ilquale, e di corpo e di viso l'assomigliaua. Bonifacio, hauendolo in presenza sua fatto venire, gli domandò se mai la madre sua era stata in Roma. Il pelegrino sentendo il suttile de la punta gli rispose. Padre santo, mai mia madre non fu in questo paese: ma il mio Padre ci è stato parechie volte.
Estans les Cardinaux assemblez en la ville de Bolongne la grasse, dans le conclaue, pour eslire vn Pape, apres le trespas d'Alexandre: le Cardinal Baltazar Cossa Euesque d'icelle ville de Bologne s'y trouua aueq puissante armée, et dit franchement aux autres Cardinaux, que s'ilz n'eslisoyent vn Pape qui luy feust agreable, ilz s'en repentiroyent. Les Cardinaux estonnez de ses menasses, et voyans sa gendarmerie autour du conclaue, luy en nommerent plusieurs, desquelz il ne se contenta. Eux saisiz de plus grande crainte, luy dirent: qu'il en nommast vn luy mesme, et que s'il estoit capable ils le receuroyent. Cossa adonques leur demanda la chappe Papale pour la mettre sur celuy qu'il vouloit eslire: Et prenant la chappe la mit sur ses espaules, disant, Ego sum Papa. Les Cardinaux (combien que l'acte feust contre la coustume) furent contrains de consentir à l'election, et le nommerent Ian vint et troisiesme. Essendo congregati in conclauio i Cardinali nella cità di Bologna la grassa, per far elettion d'vn Papa, dopò la morte di Alessandro: il Cardinal Baldazar cossa, vescouo dalla terra istessa, vi si truouò con possente esercito. E a gli altri Cardinali liberamente disse, che se non elegeuano vn Papa che gli fosse grato, sene pentirebono. I Cardinali sbigotiti di sue minaccie, e vedendo il Conclauo auoltato di tanti armati, gli ne nominarono parechi: de iquali pur lui non restò contento. Loro assaltati di maggior timore dicerogli, che da se stesso ne volesse nominar vno, e che essendo quello capace lo accettarebono. Cossa adunche domandò loro la Cappa Pontificale, per porla in su a colui che vuoleua eleger. E prendendola la messe in su le spalle suoe, dicendo, Ego sum Papa. I Cardinali (benche l'atto fosse contra i costume) furono costretti di consentire a l'elettione. E fu nominato questo Papa, Giouanni vigesimoterzo.
Le Pape Iules deuxiesme du nom, auoit ses seruiteurs domestiques de diuerses nations: Quand il prenoit sa refection en priué, par recreation, il appelloit les Espagnols, Volucres coeli: par ce qu'il les estimoit glorieux, et vouloyent tousiours auoir le dessus. Il nommoit les Venitiens & Geneuois, Pisces maris: par ce qu'ilz hantent les mers, et que les poissons souuent sont repeuz de leurs corps. Il nommoit les Allemans, Pecora campi: les iugeant rudes d'entendement. Et appelloit les Francois, Pisse vin. Mais vn sien eschansson Normand, ioyeusement luy dit, pere Saint vous estes vray Francois. Pourquoy (dit le Pape) pource (dit il) que vous estes le plus grand pisse vin qu'on pourroit trouuer entre les autres, et y feussent tous les Francois. Papa Giulio secondo haueua i seruitori suoi domestichi de diuerse nationi: e quando in priuato pigliaua sua rifettione, per rallegrarsi chiamua gli Spagnuoli, Volucres cœli: estimandoli voriosi, e che voleuano esser sempre in su la cima. Nominaua i Venitiani e Genouesi, Pisces maris: perche couersono circa il mare, e i pesci spesso si pascono d'i corpi loro. Gli Alamani chiamaua Pecora campi: giudicandoli goffi e inculti d'ingegno. A gli Francesi diceua, Pissa vini. Ma vn suo piucerna Normano lietamete vn di gli disse. Pater sancte, voi siate vero Francese. A che modo (disse il Papa.) Perche (rispose) voi siate il maggior pissauino che tra gli altri puotrebbe ritrouarsi, benche vi ci fossero tutti i Francesi.
Le Roy Loys vnziesme voyant quelque fois Miles Euesque de Chartres, monté sur vne mulle harnachée de veloux, aueq les frains dorez, luy dit: que les Euesques du temps passé se contentoyent d'vn asne ou asnesse aueq vn simple licol. C'estoit du temps (dit l'Euesque) que les Roys estoyent bergers, et gardoyent les brebis, Le Roy repliqua. Ie ne parle point de ceux du vieil Testament, ie dy du nouueau. L'Euesque respondit, C'estoit lors que les Roys estoyent grands aumosniers, qu'ilz faisoyent asseoir les ladres à leur table, et lauoyent les pieds aux pauures. Il Re Luigi vndecimo, vedendo qualche volta Miles vescouo di Chartres, portato sopra vna mulla aconciata di veluto, con freni dorati, lui disse: che gli vescoui del tempo anticho contentauansi di caualcare vn asino co'l semplice capestro. Fù nel tempo (rispose il vescouo) ch'i Re erano pastori, e gardauano le pecore, Replicò il Rè. Io non parlo de quelli del testamento vecchio: dico del nuovo. Soggiunse il vescouo: fu nel tempo che i Rè erano grandi elemosinari, che faceuano star a seder i leprosi nella lor mensa, e che lauauano i piedi agli poueri.
Estant le Pape Adrian interrogué, quelle plus grande fascherie ou punition il souhaitteroit à vn sien ennemy sans mort, il respondit: Le plus grand mal que ie luy voudrois, ce seroit qu'il feust Pape: car c'est vne merueilleuse affliction d'esprit. Interrogato Papa Adriano quinto, qual piu gran fastidio o punitione desiderarebbe a qualunche suo nemico, della morte in fuora, rispose. Il piu gran male che per lui vorrei, sarebbe ch'egli fosse Papa, essendo quella mirabile afflictione de spirito.
Emanuel Roy de Portugal, osta à vn Euesque le reuenu de son benefice, dont il feit complainte au Pape. Le Pape en faueur de l'Euesque enuoya vn Legat vers le Roy de Portugal pour l'excommunier: et de fait proclama la sentence, puis se mit en chemin pour retourner. Le Roy courroucé de ceste censure monta à cheual, et ayant aconsuyui le Legat, tira l'espée nue, le menassant de mort s'il ne l'absouloit. Ce qu'ayant obtenu se retira en son palaix, et le Legat paruint à Romme: lequel faisant le recit au Pape de ce qui luy estoit aduenu, le Pape le redargua et reprint grandement, d'auoir absouz le Roy: mais le Legat luy respondit, Pere Saint, si vous eussiez esté au danger ou ie me suis veu, prest de perdre la vie: vous eussiez donné au Roy de Portugal double absolution, voire triple. Emanuel Rè di Portugallo tolse a certo vescouo l'intrata del beneficio suo onde costuy sene lamentò al Papa. Il Papa in favor del vescovo mandò vn Legato al Rè di Portugallo, per iscomunicarlo: di modo che costui proclamò la sententia poi si messe in camin per ritornare. Il Rè sdegnato di questa censura montò a cauallo, e hauendo auentato il legato, sfodrò la spada sua, minacciandolo di morte se non l'assolueva. Assoluto che fù, rittirosi in suo palazzo, e il Legato a Roma. Ilquale recitando al Papa quanto eragline imbatuto, fù grandamente ripreso d'hauer data assolutione al Rè. Pater sante, (disse il legato) se la santita vostra fosse stata al pericolo doue mi ritrouai, presso di perder la vita: haueresti data al Rè di Portugallo doppia assolutione, e anco trippia.
L'Empereur Sigismond et vn sien valet de chambre, passoyent sur leurs cheuaux quelque riuiere à gué: et comme le cheual de l'Empereur fut au milieu de l'eau, il se print à pisser. Quoy voyant le valet de chambre, dit à l'Empereur: Sacrée maiesté, vostre cheual est mal apris, et si vous ressemble bien. L'Empereur ne respondit mot, et cheuaucherent iusques au logis. Quand ilz furent arriuez, se faisant desbotter interroga son valet de chambre, à quel propos il luy auoit dit, que son cheual luy ressembloit? Pource (dit le valet de chambre) que la riuiere n'ha aucun besoin d'eau, et toutefois vostre cheual en vrinant ha mis de l'eau aueq de l'eau. Ainsi faittes vous: car vous donnez des biens, à ceux qui en ont: et à ceux qui n'en ont point, vous ne leur donnez rien: Il y ha assez de temps que ie suis en vostre seruice, et ne me suis encores senty de vostre liberalité. Le lendemain matin l'Empereur print deux petits coffres d'acier d'vne grandeur et mesme poix: l'vn plein de ducatz, et l'autre plein de plomb: et les mettant sur vne table dit à son homme de chambre: Choisis lequel que tu voudras des deux, et le prens pour tes gages & salaires. Le valet de chambre esleut et print celuy plein de plomb. L'Empereur luy dit: Ouure et voy ce qu'est dedans, Ce qu'il feit, et trouua le plomb. Lors dit l'Empereur: Tu connois ta fortune, Il n'ha pas tenu à moy que tu n'ayes mieux choisi, et ne te sois fait riche: car tu as refusé la bonne fortune, quand elle te venoit. L'Imperator Gismondo, e certo suo varleto di camera passauano a cauallo qualche fiume a guado. Come il caual de l'Imperator fù in mezzo de l'acqua, cominciò a pissare. Qual cossa vedendo il Cameriere disse al patron. Sacra maesta, il caual vostro è mal ammaestrato, e ben vici rassomiglia. L'Imperatore non rispose moto: e caualcarono per sino al logiamento. Gionti che furono, al cauar de gli stiuali interrogò il Cameriere, a che proposito gli haueua detto ch'il caual suo lo rassomigliaua. Per ciò (disse il Cameriere) ch'il fiume non ha bisogno d'aqua: e pur il caual vostro vrinando ha accumulata aqua con aqua. Cossi fate voi: perche date beni a chi assai gia ne possede: e a chi n'ha nessuni, voi no ne date nulla. Gia luongo tempo fa ch'io vi seruo: ne pur me son anchora punto preualuto dalla liberalità vostra. La matina del di seguente l'Imperatore prese duoi coffreti d'acciaio d'vguale grandezza e medesimo peso, l'vn pieno di ducati, e l'altro di piombo: e ponendoli sopra vna mensa disse al suo Cameriere: Hor piglia a tua elettione quel che ti piace delle duoi, e quel fia per tuoi gagi e salario. Il Cameriere elesse e pigliò il ripieno di piombo. Disse l'Imperatore apri, e vedi quel che v'è dentro, qual cossa fesse, e truouò il piombo. All'hora disse l'Imperator. Ricognosci tua ventura. Per me non è stato che tu non habbi eletto il meglio, facendoti in vn tratto ricco: perche hai riffiutata la buona fortuna quando essa ti veniua.
Estant le siege mis deuant la ville de Nus, par Charles Duc de Bourgongne, laquelle fut secourue par l'Empereur Frideric troisiesme, et par les Allemans: Le Roy Loys vnziesme, qui ne tendoit à autre fin qu'à ruyner ce Duc de Bourgongne, enuoya son Ambassadeur vers Iceluy Empereur Frideric, pour le prattiquer, à ce qu'il voulust mettre en ses mains, et confisquer les terres & seigneuries que le Duc de Bourgongne tenoit de l'Empire, et que de son costé il en feroit le pareil, des terres de Flandres, Artois, Bourgongne, et autres mouuans de la couronne de France. L'Empereur respondit à l'Ambassadeur ainsi: Pres d'vne ville d'Allemaigne, conuersoit vn Ours cruel et dangereux, qui faisoit beaucoup de maux à tout le voisinage. Trois compagnons beuuans en vne tauerne, et aueq peu d'argent: conuindrent aueq l'hoste, de le payer de la pecune qui prouiendroit de la vente de la peau de l'Ours, lequel ilz alloyent prendre et s'en faisoyent forts. Le marché fait et le disner acheué, se mirent en queste. Et approchans de la cauerne ou il seiournoit, saillit sur eux: lesquelz surprins de subite frayeur, l'vn fuit vers la ville, l'autre se sauua sur vn arbre, & le tiers fut acablé de l'Ours, qui le foula souz luy comme mort, sans autre mal luy faire: sinon qu'il mettoit souuent son museau pres de l'aureille du pauure homme, lequel s'abstint d'aspirer et respirer: car telle est la nature de l'Ours de ne toucher ny offenser les corps morts. Apres que l'Ours s'en fut allé, l'homme se leue et se met en voye. Celuy qui estoit sur l'arbre descendit, et ayant attaint son compagnon luy demanda, quelle chose luy auoit dit l'Ours en l'aureille. Il me disoit (respondit cest homme) que iamais ie ne marchandasse la peau de l'Ours, iusques à ce que la beste feust morte. Essendo la terra di Nus assediata da Carlo duca di Borgogna, alqual diedero soccorso, l'Imperatore Friderico terzo, e gli Alamanni. Il Rè Luigi vndecimo, non disegnando altro che rouinare questo duca di Borgogna, mandò suo Imbassiatore al sopradetto Imperator Friderico, per pratticarlo a ciò che egli volesse ridurre in man sue, e confiscare le terre e signorie ch'il Duca di Borgogna teneua da lo Imperio: e che esso da suo canto ne farebbe parimente delle terre di Fiandra, Artois, Borgogna, e altre feudali della corona di Francia. L'Imperator a l'Imbasciator rispose a questo modo. Apresso vna terra di Alamagna conuersaua vn Orso crudele e pericoloso, facendo assaissimi mali per tutta la vicinenza. Tre compagni con puochi dinari beuendo in una taberna, restorono d'accordio con l'hostiere di pagarlo colla pecunia che si riscuoterebbe per la vendita dalla pelle di l'Orso: qual andauano pigliare, e cossi lo teneuan per preso. Fatto il mercato, e finito che fù il disnare, cominciorono d'andar in volta a ricercar l'Orso: e accostandosi della giota doue egli soggiornaua, saltò loro a dosso, di modo che essi presi di cosi subita paura fuggirono: l'vno verso la terra, l'altro saluosi in vn albero, il terzo fù achiampato da l'Orso, che sotto di se lo calcaua come morto, senza farli pur altro male, eccetto che spesso poneua il naso suo appresso l'orechia del pouero huomo, ilquale ben a proposto s'asteni d'aspirare. Perche questa è la natura di l'Orso, non toccare ne offendere i corpi morti. Come la bestia se ne fù ita, leuò si l'huomo, e andaua via: quando quel ch'era sopra l'albero giu se discese: e auentato suo compagno domandò, che cossa gli era stata detta da l'Orso ne l'orechia. Mi diceua, rispose questo huomo, ch'io non facesse mai il mercato della pelle di l'Orso, fino che la bestia fosse morta.
L'Empereur Maximilian estant à Boulongne la grasse, vn citadin d'icelle ville, riche de biens, mais de basse lignée: se presenta deuant luy, disant: Sacrée maiesté, vostre bon plaisir soit de me faire et creer noble, car i'ay richesses assez pour entretenir l'estat de noblesse. L'Empereur luy respondit, Ie te puis faire beaucoup plus riche que tu n'es: mais ie ne te puis faire noble. Il faut que tu acquieres cest honneur par ta propre vertu. Essendo l'Imperatore maximiliano in Bologna la grassa, vn citadino di quella terra, ricco di robba, ma di basso linaggio, s'appresentò dinanzi a lui, dicendo. Sacra maesta, piacia vi di farmi e crear nobile: perche ho richezze assai per tratenir lo stato di nobiltade. L'Imperatore gli rispose. Io posso farti molto piu ricco: ma farti nobile non lo posso. Bisogna che questo honor aquisti con tua propria virtù.
Vn pauure homme assez mal en ordre, entra au palaix de l'Empereur, requerant qu'il peust parler à luy: ce que luy estant refusé, importuna tant les huissiers, que par le consentement de l'Empereur, fut permis au pauure homme de parler à luy, auquel il dit: Sacrée maiesté, nous sommes tous freres d'vn pere Adam, et d'vne mere Eue: Vous voyez ma pauureté, plaise à vostre excellence m'eslargir et faire donner quelques biens, comme chacun doit faire à son frere. L'Empereur voyant la temerité de ce pauure homme, luy feit bailler vne petite piece d'argent: Et comme le pauure monstra signe de mescontentement, frustré de l'esperance qu'il auoit eue de plus grande liberalité Imperiale, l'Empereur luy dit: Tu dois estre content de ce que ie te baille: il est vray que nous sommes tous freres, comme tu as dit, au moyen dequoy si tous noz freres te donnent autant que moy, tu seras plus riche et plus grand seigneur que ie ne suis. Vn pouero huomo, assai mal in ordine, entrò nel palazzo de l'Imperatore, chiedendo di puoter parlar a lui. Ma essendoli quel riffiutato, importunò tanto gli huissieri, che per consentimento de l'Imperatore in fine gli fù permesso di parlarli, a cui disse: Sacra maesta, noi siamo tutti fratelli d'vn padre Adamo, e d'vna madre Eua voi vedete la pouerta mia: piaccia a l'eccellentia vostra dispensarmi e farmi dar qualche beni, come ciascuno dè far a fratelli. L'Imperatore vedendo la temerità di questo pouero huomo, gli fece dar vna piccola pezza d'argento. E come il pouero mostrò segno di malcontento, truouandosi frustrato dalla speranza che haueua gia di maggior liberalità Imperiale, l'Imperatore disse. Tu dei esser contento da quello ch'io ti dono: perche essendo vero che tutti siamo fratelli, come hai detto, si tutti i fratelli nostri ti danno tanto quanto ho fatto io, tu sarai piu ricco e piu gran signore che non son io.
Roboald duc de Frise, à la predication de Vualfran Archeuesque de Sens, delibera de soy faire baptiser: lors quand il fut despouillé nud, et ià auoit vn pied dedans les fons, il s'aduisa et demanda aux assistans, en quel lieu y auoit plus de ses parens et amys trespassez: en Paradis, ou en Enfer. On luy respondit, qu'ilz estoyent tous damnez en Enfer, et qu'il n'y en auoit vn seul en Paradis, parce qu'ilz n'auoyent esté chrestiens. Tout aussi tost il retira son pied des fons, et contre l'esperance de tous, va dire, qu'il ne vouloit estre baptisé, et qu'il vouloit aller, apres sa mort, là ou il sauoit qu'il auoit plus d'amys. Et en ce mesme iour il mourut subitement, et les alla trouuer. Roboaldo Duca di Frisa al predicare di Vualfrano Archiuescouo di Sens, deliberò di farsi battezare. E come fu spogliato ignudo, e hauendo gia vn pie dentro a sacri fonti, si soprastete interrogando gli assistenti, in qual luogo v'erano piu di suoi parenti e amici passati di questa vita, in Paradiso, o in inferno? gli fu risposto, che tutti erano in inferno dannati, e che non ce n'era vno solo in Paradiso, perche non eran fatti Christiani. Subito ritrasse il pie di fonti, e contra la speme di tutti disse, che no voleua esser battezzato, e che dopò la morte sua voleua andare là doue sapeua d'hauere piu amici. E in quel medesimo di si mori subitamente, e andoli a trouare.
Thierry fut par aucuns enuieux accusé vers l'Empereur Zenon, qu'il affectoit l'Empire. L'Empereur le manda en Constantinoble, le retint prisonier: & faisant son proces, il se purgea. Quelque temps apres fut de rechef accusé par ses enuieux sur le mesme fait: & estant mandé par l'Empereur venir vers luy, à fin de le faire mourir, il enuoya vn messager en la Court de l'Empereur vers vn sien grand amy & familier, nommé Tolomée, pour sauoir de luy s'il trouuoit bon qu'il allast en court. Tolomée, pour le serment qu'il auoit fait à l'Empereur, n'osa reueler le secret au messager de Thierry, ains luy donna assignation de se trouuer au disner de l'Empereur, luy enchargeant de bien retenir ce qu'il luy orroit dire, à fin de le reciter à son maistre. Le lendemain l'Empereur estant à table, tenant court ouuerte, Tolomée, qui estoit de ses plus fauoris, deuisant aueq luy, parmy les vins et viandes, feit tomber ceste fable à propos. Thierri, Luogotenente di Zenone Imperatore, fù da certi inuidiosi appresso il patron accusato ch'egli affettaua l'Imperio. Lo chiamò l'Imperatore a Constantinopoli, e iui lo ritiene in prigione: doue pur facendo il suo processo restò purgato. Qualche tempo dopò questo fu vn'altra volta accusato da gl'inuidiosi suoi sopra quel medesimo fatto. E mandatoli da parte de l'Imperatore che venisse a lui (ch'in verità lo voleua far morire) inuiò vn messo alla corte d'esso Imperatore, verso vn suo gran amico e familiare (nominato Tolomeo) per sapere di lui se trouarebbe buono ch'eli andasse alla corte. Tolomeo, per il sacramento che haueua fatto a l'Imperatore, non hebbe hardir di reuellare il secreto al messo di Thierri: anzi gli diede assignatione da ritruouarsi domane nel desinare de l'Imperatore, esortandolo di ben tener' a mente quel ch'a lui vdirebbe dire, per puoterlo poi referire al suo patrone. Il di seguente essendo l'Imperatore a mensa, e tenendo corte aperta, Tolomeo ch'era l'vn di suoi piu fauoriti, seco tra vini e viuande ragionando, fece vscir a proposito questa fauola.
Le Lyon (dit il) ayant esté esleu Roy par les autres animaux, tous luy vindrent faire la reuerence. Le Cerf, qui est vne assez belle beste, s'approcha pour le saluïr comme les autres: et s'enclinant deuant luy, le Lyon le print par les cornes pour le deuorer: mais le Cerf escouyt si fort la teste qu'il eschappa et se sauua, Le Renard voyant que le Lyon rugissoit en fureur par ce que le Cerf luy estoit eschappé, promit audit Roy Lyon de faire reuenir le Cerf, et de fait flata le Cerf de tant douces parolles, qu'il le remena vers le Lyon, auquel faisant la reuerence, le Lyon le saisit par le cornes: les autres bestes se getterent dessus, et fut deuoré. Le Renard luy arracha le cueur, et le mangea secrettement. Chacun feit inquisition du cueur, pour en faire present au Roy, mais n'estant trouué, la coulpe en fut donnée au Renard aueq menasses et battures. Helas, dit le Renard, ie suis affligé à tort, le Cerf n'eut onques de cueur: car s'il en eust eu, il ne feust pas reuenu pour estre occis & deuoré. Le messager ayant entendu l'histoire retourna vers Thierry, auquel il recita tout ce qu'il auoit ouy, qui luy donna aduertissement de non retourner vers l'Empereur: et se feit Roy d'Italie. Il Lione, disse, essendo eletto rè per gli altri animali, venero tutti vn di far la riuerenza. Il ceruo ch'è vn'assai bella bestia s'accostò per salutarlo come gli altri: e nello inchinare che faceua dinanzi a lui, il Lione lo prese a le corna per diuorarlo. Ma il Ceruo tanto il capo scuosse che scampò, e se saluò. La volpe vedendo ch'il Lione rugiua per furore del ceruo scampato, promisse al detto Lione di far ch'il ceruo ritornarebbe. E con tante dolci parolle fece ritornare il Ceruo verso al Lione: a cui facendo la riuerenza, il Lione s'attaccò alle corna, l'altre bestie gli saltorono a dosso, di modo ch'egli fu diuorato. La volpe gli tiro il cuore, e secretamente se lo mangiò. Chiascuno fè inquisition del cuore, per puoterne far presente al Rè. Ma non ritrouandolo, la colpa ne fù data alla volpe, con minaccie e bastonate. Hoime, disse la volpe, io son a torto afflitto. Il Ceruo non hebbe mai cuore: perche se egli ne hauesse hauuto, ritornato non sarebbe mai per esser vcciso e diuorato. Il messo intesa l'historia se ne ritornò verso a Thierri suo patrone: a cui recitò tuto quello che haueua vdito. Il che gli diede auertimento di non ritornare da l'Imperatore: e fecesi Rè de l'Italia.
Philippe le Bel Roy de France, ayant quelque desbat contre le Pape Boniface huitiesme, et estant sollicité d'aucuns de se venger de l'Euesque de Palmiers, principal autheur de leur querelle, Respondit: que plus grande estoit la gloire à vn Prince de magnanime courage, de pardonner à ceux dont il se pourroit bien venger, que de prendre vengeance contre eux. Philippo il bello, Rè di Francia, hauendo qualche tensione contra il Papa Bonifacio ottauo, e essendo solecitato d'alcuni di vendicarsi del vescouo di Palmieri, principale autore della questione, rispose che magior era la gloria a vn principe di magnanimo coragio perdonar a quelli da i quali se puoterebbe ben vendicare che di pigliare vendetta contra essi.
Apres que le Roy Edouard d'Angleterre eut ioint les armes de France à celles d'Angleterre, et les eut escartelées de fleurs de liz en champ d'azur, et de trois Leopards d'or en champ de gueules, on dit qu'il enuoya au Roy Philippe de Valois ces quatre vers, lesquelz comme faits, de ce temps là, se trouuent auiourd'huy barbares. Dopo che il Rè Edoardo d'Inghilterra hebbe congiunte l'arme di Francia a quelle d'Inghilterra, e le hebbe squartate di Fior de liggi in campo d'azuro, e di tre Leopardi d'oro in campo rozzo, dicono che mandò al Rè Philippo di Valois, questi quatro versi: i quali (come fatti in quel tempo) si truouano hoggidi barbari.
Rex sum regnorum bina ratione duorum,
Angelorum regno sum rex ego, iure paterno.
Matris iure quidem Francorum nuncupor idem.
Hinc est armorum variatio facta meorum.

Rex sum regnorum bina ratione duorum,
Anglorum regno sum rex ego, iure paterno.
Matris iure quidem Francorum nuncupor idem.
Hinc est armorum variatio facta meorum.

Le Roy Philippe repliqua au Roy Edouard par ces autres six vers, d'aussi bonne taille que les autres. Il Rè Philippo replicò al Rè Edoardo per questi altri sei versi, da cossi buon taglio che gli altri.
Prædo regnorum qui diceris esse duorum,
Francorum regno priuaberis atque paterno.
Matris vbique nullum ius proles non habet vllum.
Iure mariti carens alia, mulier est prior illa,
Succedont mares huic regno, non mulieres.
Hinc est armorum variatio stulta tuorum.

Prædo regnorum qui diceris esse duorum,
Francorum regno priuaberis atque paterno.
Matris vbique nullum ius proles non habet vllum.
Iure mariti carens alia, mulier est prior illa,
Succedunt mares huic regno, non mulieres.
Hinc est armorum variatio stulta tuorum.

Durant les trefues gardées entre le Roy Ian de France, et Edouard Roy d'Angleterre, les Anglois par composition d'argent prindrent le chasteau et la ville de Guines: dont le Roy Ian se complaignit, disant que le Roy d'Angleterre auoit rompu les trefues, et contreuenu à icelles. Le Roy d'Angleterre feit ceste responce, Ie n'ay point enfraint les trefues: car il n'y ha aucun article au contenu d'icelles, par lequel il soit deffendu de traffiquer ensemble et faire train de marchandise. Mentre che durauano le tregue seruate tra il Rè Giouanni di Francia e Edoardo Rè d'Inghilterra, gli Inglesi per compositione d'argento pigliorono il castello e la terra di Guines. Onde il Rè Giouanni si lamentò, dicendo che il Re d'Inghilterra haueua rotte le tregue, e contrauenuto a quelle. Il Re d'Inghilterra fece questa risposta. Non ho punto rotte le tregue: perche non v'è alcuno articulo nel tenor d'esse, per ilqual sia difeso il traficare insieme, e far facende di mercantia.
Iceluy Roy Edouard s'estant mis sus mer aueq quatre mil lances et vnze mil archers, pour venir leuer le siege des Francois deuant Thauras en Aquitaine, eut le vent si contraire qu'il ne peut faire voile en France: parquoy retournant tout despité en Angleterre, dit telles parolles du Roy Charles cinquiesme, Il n'y eut iamais Roy en France, qui moins portast les armes que cestuy cy, et qui, sans bouger de sa garderobbe à expedier et escrire lettres, donast tant d'affaires à ses ennemis, et à moy mesmes, qu'il fait. Questo Re Edoardo essendosi posto sul mare con quatro millia lancie, e vndeci millia archieri, per venire torre l'assedio d'i Francesi d'inanzi Thoras in Aquitania, hebbe il vento si contrario, che non puote far vela in Francia. Onde ritornando tutto dispietato in Inghilterra, disse cotal parole del Re Carolo quinto. Non fu mai Re in Francia, ilquale manco portasse l'arme che questo qui, e ilquale senza muouersi di sua guardarobba a espedire e scriuere lettere, desse tante fatighe a suoi nimici, e a me medesimo, quanto fa costui.
Le Roy Loys vnziéme, apres la bataille de Montlehery contre le Comte de Charrolois, se souuenant de l'appennage du Duché de Bourgongne, dit, On appelle Charles le quint Charles le sage, mais c'est à tort: car il feit folie d'auoir baillé à son plus ieune frere la duché de Bourgongne pour son appennage, luy donnant aueq cela Marguerite heretiere de Flandres pour sa femme. Apres icelle bataille, on luy vint dire que son ennemy le Comte de Charrolois, passoit la nuit en son Camp. Il ne se faut esmerueiller (dit le Roy) s'il demeure aux champs, attendu qu'il n'ha ville ny chasteau pour se retirer. Il Re Lodouico vndecimo dopo la bataglia di Monteleheri contra il Conte di Charrolese, ricordandosi dello appennagio d'il ducato di Borgogna, disse. Chiamano Carolo quinto Carolo saggio: ma questo è a torto: perche egli fece pazzia d'hauer dato al suo piu giouene fratello il ducato di Borgogna per il suo appennagio, dandoli con quello Marguerita herede di Fiandres per sua moglie. Finita quella bataglia, gli fù riferito ch'il suo nimico il Conte di Charrolese, passaua la notte al suo campo. Non è marauiglia (disse il Re) se egli sta nelle campagne, atteso che non ha terra ne castello per ritirarsi.
Oyant la messe en vne Eglise de Chanoines, il seut, qu'en ce iour estoit trespassé vn Chanoine de leans: lors aduisant vn simple prestre qui dormoit dans vne chappelle, dit: Ie donne la prebende à cestuy là, à fin qu'il puisse dire à l'aduenir, que les biens luy sont venuz en dormant. Vdendo la messa in vna chiesia di Canonici, seppe ch'in quel giorno era di vita passato vn Canonico de là dentro. Al'hora guatando vn semplice prete, il qual dormiua dentro vna capella, disse. Io dono la prebenda a quello là: a ciò che egli puossa dir a l'auenire, che i beni gli sono venuti dormendo.
Le Capitaine Maran venant vers iceluy Roy Loys pour l'aduertir des expeditions par luy faittes à Cambray, portoit au col vn riche collier d'or, qu'on disoit auoir esté fait des reliques des Eglises dudit Cambray: et comme vn gentilhomme voulut manier ledit collier, le Roy luy dit, Garde toy bien d'y toucher, car c'est chose sacrée. Il Capitanio Maran, venendo verso quello istesso Re Lodouico, per auertirlo delle espeditioni per lui fatte a Cambrai, portaua al collo vn riccho colario d'oro, che diceuano esser stato fatto delle reliquie delle chiesie del detto Cambrai. E come vn Gentilhuomo volle maneggiare il detto colario, il Re gli disse. Guardate bene di toccarci, perche questo è cossa sacra.
Ayant ouy reciter (iceluy mesme Roy Loys vnziéme) que Nicolas Raulin, Chancellier du Duc de Bourgongne homme tresriche, auoit fondé à Beaune en Bourgongne vn hospital excellent en edifice et en meubles, il dit: C'est raison que le Chancellier de Bourgongne, qui en son temps ha fait plusieurs pauures, fasse à la fin de ses iours vn hospital pour les nourrir et loger. Hauendo vdito recitare (il sopradetto Re Lodouico) che Nicolao Raulino, Cancelliere del Duca di Borgogna, huomo ricchissimo, haueua fondato a Beauna in Borgogna vn'hospedale eccellente in edificio e in beni mobili, disse. Questo è ragion, ch'il Cancellier di Borgogna, qual in suo tempo ha fatti parechi poueri, faccia alla fine di suoi di vn hospedale per nutricarli e alloggiare.
Le Roy Loys vnziéme Interrogant quelqu'vn de basse condition, suiuant sa court, lequel ne connoissoit point le Roy, combien il gagnoi